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LE JUIF
p.
JUDAÏSME ET LA JUDAÏSATION
DES PEUPLES CHRÉTIEINS
paris, ^
HENRI PLON, IMPRIMEIIR-ÉDITEUH,
RL'K GARAXCIÊRE. |0.
I8G9
(Toos droit* r^wrrd*.)
T«oogenot des mousseaux,
Jlnlcor du litre Disc it les dirox. etc., elc.
ruTOT uomtii oui »i ru iuvih!
• La aoada Ht gevvrnid par d» t««t a«lrr« prrtepBign <pa at te
nM|la«el rroi deat l’ttil sa plongr paa d««a Ira cnaliMH...
Celte dlplOBalit n|tIêrie«M de U Ruaia, ^ eat la Imrar de
TRan'pa orcideatale, etl ergaeiade par Ih daJf». et tU «a aoat tn
priarïpaat ageala C«tta patMaal* réeetaUaa, qai . wlarUa>
■eat »<■«, te prépare r< aa bcaaaa «a Altcatagna, aé ella tara,
da fait, aaa laeoada réfonae plaa roatidrra^lr que U prrnÜre,
«I doat rAaglrlarre aail eacare al pra de dwar . aa déteteppa
loai ealldre loaa In aaapkaeda dall..., ele. ■ — tMeraelt. ai*pr«*
■ier ■iaUtrc da la Graade^Brcligae, fila d'Iaraélil*. Vu» ra cH
oarragA. ch. x.
Thf World M goteraed bp difTerrnl peraoaaiae la whal la implaad
bj ihoM «ha ara aat babiad Ibaaeaaa... Tbat. ■filrriaae HaMUa
diptoaMCf wbicli lo alaraa «ealara Earopa, la..., aie.
\
LE JUIF.
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1/auteur et l’iklitcur se réserrent le droit de traduction et de repro-
duction & l'étran<{er.
Ce rolumc a été déposé au ministtVe de l’intérieur (section de la
librairie) en novembre 1860.
r^His. — Tvi'ocRArms nr Br.Nni pixi.v iuiriukir de L'üurESEis. ncs rASAXcièas. 8.
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\jAi AbZ^<oA?>
LE
JUDAÏSME ET
DES PEUPLES CHRÉTIENS
FâR LB CHBVALIKR
Goügenot des mousseaux,
Auteur du livre Dieu et us dibox . etc., etc.
JUIF
LE
LA JUDAISATION
TUTAt UOL'RIR qub ne pas skrvib!
« Le nonde mI goavrroé ptr d« tout islrei peri9DU|e« qae o» •»
l'iatglaeol cen don( r<eil &■ plos|« pa* daoa lei coglÎMCi...
Cel> diplomalia myatérienaa de 1a Rouie, qoi eal la (erreor de
l’Ean pe occtdaalale, e*t orfaniiéc par Ira Jüfr, et iU ro aoni Ira
prÎDCipaus agrnta Cette poiiaaole rérololiou , qoi . aelatllc-
Birnt même, ae prépare et ae braate rn AHemagee. où elle aéra,
de fait, ooe aecoode réforme piaa rooaidrrablc qoe Ia première,
et dont l'Asglaterre aait encore ai pao de eboae , ae dëtreioppr
toBi enlière aooa Ira antpkra do Joif..., etc. • — Diaraeli. ei*prr-
miei mioiatre de ia tiraoda-Rielagoe, SU dTaraélile. Voir ru cet
oorrage , cb. t.
Tbe wortd la goferaed bf different peraonagaa to wbat ia imaginad
by thoae who are not beblnd tbe Keoe... Tbat myaterioaa Roaaian
diplomacy «bîch lo alarma wealrro Eorope , la..., etc
PARIS,
HEXRl PLON, IMPRlMEPR-ÉDlTEtn,
10, RUK GlRAXClilie.
1869
(Tega droila réaereèt.)
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Le R. P. Voisin, directeur du Séminaire des missions étran-
gères à Paris, ancien Missionnaire à la Cliine, est l’un des théolo-
giens les plus versés dans les sciences profanes et l’un des reli-
gieux les plus humbles que nous connaissions. Nous lui avons
remis le manuscrit de cet ouvrage , que nous voulions publier
vers l’ouverture du Concile œcuménique, et nous l’avons prié de
nous le renvoyer avec ses observations. Voici la lettre dont il
l’accompagne , et que , dans l’intérêt de notre lifre, nous croyons
devoir livrer à nos lecteurs :
« J’ai lu aree le plus ri/ iniérét votre manuscrit intitule le Juif,
le judaïsme, la judaisation des peuples chrétiens , et je VOUS le ren-
voie sans critique. J’y apprends une multitude de choses que
j’ignorais, et dont l'importance me semble extrême. Peu de sujets
sont plus dignes de l’étude non-seulement des catholiques, mais
de tous les hommes de bonne foi indilTérentsou hostiles au catho-
licisme. Il est temps, grand temps, plus que temps d'ouvrir les
yeux sur les faits que vous avez su mettre en lumière, et sur leurs
consé()uences prochaines et immenses! L’intérêt extraordinaire
qui s'attache à la lecture de vos chapitres n'est pas moindre que
celui qui s’attache à vos ouvrages sur la magic, et votre long
appendice sur les deux Cabales jette incidemment un très-grand
jour sur cette dernière question. Votre livre, enfin, convient à
toutes les classes de lecteurs, et j'aime à lui présager le grand et
long succès que je lui souhaite.
Voisin.
S octobre isot).
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AVIS
Une objection nous fut quelquefois posée; il nous semble de-
voir y répondre, et la voici : Est-ce que, depuis la publication de
l'un de vos ouvrages intitulé Dieu et les dieux [momentanément
épuisé), et roulant sur certaines antiquités idolâtriques et chré-
tiennes, le magnétisme et le spiritisme ne vous comptèrent pas
au nombre de leurs champions? — Non certes ; non très-carré-
ment, et tout au contraire I Nous n’avons abordé ce sujet que
pour en combattre les folies et les dangers, mais en nous gardant
bien de nier quelques-unes des grandes vérités que ces manifes-
tations nouvelles d’un mal bien anciennement connu remettaient
au jour. La théologie daigna non- seulement approuver ces écrits,
mais elle les cita fréquemment, elle leur fit d’honorables em-
prunts; et la science médicale, représentée par quelques-uns de
ses docteurs éminents, ne les traita point sans quelque faveur.
Être d’accord avec l’Église, professer sa foi , tenir et justifier son
langage sur les questions scientifiques où elle se prononce, ce
n’est aujourd’hui, dans aucun lieu du monde, se donner un titre
à ne point être pris au sérieux.
Dans l’intérét de notre livre, nous regarderons donc comme un
devoir d’informer nos lecteurs que l’un des plus sûrs et des plus
illustres théologiens de l’époque actuelle, le R. P. Perrone, du
collège Romain , a cité nombre de fois nos ouvrages sur la magie
dans sa publication Prœlectiones theologicœ, et qu’il a dit en par-
lant de notre ami le marquis de Mirville et de nous : Prœeipui
auetores quos uti duces et antesignanos , ex reeenlioribus , secuti su-
muj, et quorum opéra prof ecimus,... etc., p. 158. — Vol. de 1866.
— Nous rappellerons que la première et la plus grande revue des
temps modernes, la Ckilià cattnlica, a dit de nos quatre ouvrages
sur la magic : In tutti questi seritti, l'autore mostra l'istessa abbon-
danza di erudizione, la medesima sicurezza di giudizio, il medesimo
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eonra/enameiilo <li raziocinii; ehe anna uj TnE qualità ili queali acrilli
tanto loâaU dall. Km. cardinale arrirearoro di Bcaanzone. 374* li-
vraison, série vi, v. IV, 21 octobre 186S.
On a" vu que les premières pages de ces livres portent d'assez
puissantes recommandations pour que nous n’ayons point à rou-
gir de celte œuvre éminemment catholique, et que nous avons
soutenue de la parole à la tribune du congrès de Malines (18G4).
Nous laissons enfin ces dernières lignes répéter l’épigraphe de nos
volumes : a Les livres de JIM. de Jlirville et dos Mousseaux sur le
monde supra-sensible des esprits offrent une lecture extrêmement
curieuse etintéressante non-seulement par les faits, mais encore
par le talent, et, ce qui pourra aurprendre, par le bon sens de ces
écrivains. » — Gazette médicale, 25 février 1834.
« Ce que l'on peut dire sans risque de se tromper, c’est que
JtM. de Mirville et des Mousseaux sont à la tète, s’ils ne sont pas
les seuls de ces écrivains, qui déroulent une page d'histoire catho-
lique et constatent que les phénomènes étranges dont ils sont les
témoins ne sont pas dos illusions. » — Rerue médicale françaiaeet
étrangère, 31 mai 1861 , Paris.
AVLS DF. LIBIIAIIUE.
Chez certains libraires, autres que l’éditeur, il arrive, et sur-
tout en province, que l’on répond : Kpuiaéa , à la demande
d’ouvrages qui ne le sont pas. Par quelle raison cette défaite?
nous ne saurions le dire, mais nous certifions le fait. — C’est
pourquoi, si ce livre venait à manquer, nous en donnerions un
avis public. Jusque-là, quiconque le demandera doit l’avoir.
JJigilizeclby
CAUSERIE
Quiconque nous fera l’honneur de lire cet ouvrage
en voudra sans doute et d’abord parcourir la table,
et fera bien, car elle révèle à la fois les éléments, les
richesses et le plan de nos chapitres. De là notre espoir
est que le lecteur daignera s’engager avec nous dans
une causerie que nous croyons indispensable à sa
prompte initiation; et, du premier mot, nous prenons
la liberté de lui dire , en lui montrant du doigt un por-
trait du Juif :
Qui quo tu sois, voici ton maitre;
Il l’est, le fut, ou le doit étrel
Chacun de nous a lu ces vers tracés au bas d’un
portrait de l’Amour, mais quel rapport imaginer entre
l’Amour et le Juif? aucun, aucun vraiment! Ces lignes
auront donc à signifier tout simplement que le Juif
est, ou plutôt qu’il sera bientôt notre maître! Veuillons
y penser, et pensons-y bien ‘ !
Notre maître, lui? lui-môme, et nous ferons remar-
quer qu’une chose entre toutes distingue le Juif et
plus que jamais le caractérise : c’est un besoin de domi-
nation qui remplit son cœur, et prend sa source dans
l’orgueil de ses instincts nationaux, que nourrit sa foi
religieuse. Or ce qu’espère, ce que veut, ce que pré-
pare et machine le Juif, empressé d’atteindre ce terme
' Voir celle vérité rappelée, Archives israéliles, XVI, p. 487; 1869.
a
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X
CAUSERIb'.
des désirs et de Vinfaligahle attente de sa nation, c’est
là ce que notre public ignore d’une profonde et inexpli-
cable ignorance. Les plus intimes et les plus pressants
intérêts de ce public exigent cependant qu’il le sache,
et qu’il l’apprenne au plus tôt, car le temps presse, et,
s’il ne le savait tout à l’heure, un moment plus tard il
le saurait trop tard; il ne l’apprendrait plus en temps
utile! Mais, disons-le bien , il ne s’agit point ici du Juif
de France, il s’agit de la nation juive.
Cette étude, qui devient de jour en jour plus indis-
pensable, est d’ailleurs plus attrayante que peut-être
on ne se le figure; et, nous pouvons le dire, elle équi-
vaut à un voyage de long cours dans des régions
inconnues et quelquefois sauvages; régions inconnues
parce qu’on a cessé de les connaître, de les visiter, d’y
porter un œil curieux, et que, pour savoir quel est le
Juif, on va le lui demander à lui-même, on accepte
sa parole comme un récit d’histoire! Mais régions sau-
vages, ajoutons-nous, et comment? parce que, jusque
vers ces derniers temps, toutes les lois delà civilisation
y furent violées! Que ceux qui s’imagineraient con-
naître le Juif parce qu’ils fréquentent à Paris, ou dans
quelques-unes des grandes villes de l’Europe, d’hono-
rables et très-dignes rejetons du judaïsme, ne se hâtent
point de nous juger; qu’ils attendent, qu’ils veuillent
bien nous suivre pas à pas, tout prêts à nous repousser
s’ils trouvaient en nous un guide infidèle.
Mais, à quiconque daignerait nous suivre, ne lais-
sons pas ignorer que notre première étape est sur le
flanc de la montagne, souvent aride et rocailleuse. Elle
nous porte vers des traces antiques qu’il s’agit do
relever, vers des ruines dont il est indispensable de
déchiffrer le plan, si l’on tient à comprendre le spec-
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CAUSERIE.
XI
lacle qui l’instant d’après provoque et dédommage
les regards. Lors donc que notre parole de cicerone, sai-
sissant l’oreille du voyageur, le relient sur le théâtre
où circulent et prennent naissance les traditions ju-
daïques, où se traîne d’un pas étudié le pharisien que
le Christ apostrophe, et dont les fils sont les orthodoxes
de la synagogue actuelle; lorsque nous y signalons là-
bas ces aubergistes, ces bouchers, ces revendeurs
d’habits-galons qui sont à la fois des rabbins; lorsque
nous y surprenons, frappant à la porte des consistoires,
des ministres du culte dont l’aulorilé, quelquefois sé-
rieuse, cède à l’autorité du Juif laïque, qui, loin d’être
gouverné par le sacerdoce de Juda, le gouverne, le mo-
dère, et n’est souvent pour lui qu’un objet de risée,
certains voyageurs touristes trouveront peut-être le
temps un peu long. Mais il leur est facile de l’abréger
et de franchir d’un pas rapide cette première étape.
Elle est celle qui nous conduit au sommet d’un pic d’où
se déroulent, sous un flot de lumière, des perspectives
sans fin, et, nous croyons pouvoir l’aflirmer, des sur-
prises sans bornes.
La dernière, si nous ne nous trompons, est celle
qu’éprouvera le spectateur en reportant les yeux sur
lui-même, en s’épouvantant de l’insouciance qui lui
laissait ignorer un monde au milieu duquel il vivait, et
dont voici que les destinées entraînent les siennes à
train de vapeur!
Oui, voici que le monde judaïque est devant nous
avec ses sombres et désolées hauteurs, avec ses plats
pays, ses marais putrides, ses arides et brûlants dé-
serts, patrie de la soif dévorante et d’affreuses ardeurs;
il est devant nous avec ses fraîches et riantes vallées
dont les sinueux replis fuient devant le regard; il nous
a.
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XII
CAUSERIE.
séduit et nous saisit par le leurre de ses perspectives,
par l’illusion de ses mirages, par l’horreur de précipices
d’où s’échappent tantôt de silencieuses et mortelles va-
peurs, et tantôt des vents de tempêtes; il nous épou-
vante du spectacle de soudains abîmes où plongent des
sentiers que foulent les pieds d’Israël, souvent plus
exercés que ses yeux, et infatigables à suivre les témé-
rités de leurs guides. Voilà donc devant nous, hommes
et choses, voilà ce monde judaïque, ce monde où dix-
huit siècles d’immobilité viennent tout à coup, et
comme au signal d’un machiniste d’opéra, de céder
aux désordres d’une fiévreuse agitation que mille bou-
ches appellent avec ravissement l’activité du progrès!
Le voilà se soulevant comme une mer que poussent des
feux souterrains; grossissant, envahissant et lançant
sur ses flots de nouveaux flots comme pour engloutir
nos royaumes. Voilà ce monde et voilà le Juif.
Le Juif? le Juif, osons-nous dire, en provoquant des
tourbes judaïques à faire retentir mille cris aigus autour
de ce nom que répudient avec une sorte de fureur les
fils de Benjamin et de Juda, honteux sans doute des
taches dont il fut couvert. Et cependant le respect que
nous devons à l’histoire nous ordonne de le conserver
et de rejeter celui d’Israël; mais eu protestant avec
énergie contre toute intention blessante et hostile, sim-
plement résolu que nous sommes de laisser à chaque
personne et à chaque chose son titre historique et légi-
time ' .
■ Tout Juif descend d'Israël, c’est-à-dire de Jacob; mais l’his-
toire, en parlant des fils de ce patriarche qui peuplent l’Occident, ne
leur a point donné le nom d’Israélites, et pourquoi? Parce que l’his-
toire parle vrai. Elle les a nommés Juifs, du mot latin Judœi, parce
que le patriarche Juda, fils de Jacob, fut leur père, et qu’ils sont les
dispersés du royanme de Juda. Hais que sont devenus les Israélites,
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CAUSERIE.
XIII
Le Juif cependant, lorsqu’une qualification spéciale
ne modifiera pas notre sens, ce sera pour nous non pas
tout rejeton quelconque de la race de Juda, mais
l’homme de l’orthodoxie pharisaïque, le fidèle des sau-
vages et des insociables traditions du Talmud; s’agira-
t-il, au contraire, de tout autre membre de la famille
judaïque, le nom do Juif ne le désignera dans nos
pages que lorsque nous l’attacherons à sa personne en
termes exprès ; que lorsque nous dirons, par exemple,
le Juif de l’orthodoxie bâtarde, le Juif réformiste, le
Juif de la libre pensée. En un mot, nos formelles inten-
tions sont de ne comprendre sous le nom pur et simple
du Juif que le pur sectateur du Talmud'.
Que si le tour de notre phrase semble quelquefois
nous démentir et trahir notre volonté, nous supplions
le lecteur de vouloir bien résister fortement aux appa-
rences, ou nous redresser, car nos intentions restent
debout. Quiconque y regardera de près verra d’ail-
leurs que nous n’attribuons à ceux que notre parole
atteint rien qu’ils ne se soient eux- mêmes attribué.
c’est-à-dire le mélange hétérogène des dix tribus et des étrangers
dont se formait le royaume d'Israël? Grande question, qui, tant à
Genève qu’ailleurs, occupe quelques savants du catholicisme, entre
autres M. le marquis de *'’*. Nous supplions cependant le Juif de ne
point voir une insulte dans ce nom contre lequel son orgueil se sou-
lève, car nous parlons, en le conservant, le langage que doit à jamais
consacrer l'histoire.
Voir la joie sauvage des Archives à propos de la condamnation de
M. do Villemessant, rédacteur en chef du Figaro, pour avoir donné au
mot Juif l’acception blessante que lui valurent les mœurs talmudiques.
Arch. israél., XV, p. 469; 4869. — Le Normand ou le Gascon au-
raient-ils, dans un cas analogue, cette maladroite susceptibilité?
‘ Nous admettons, et de tout cœur, jusque dans cette catégorie des
purs orthodoxes, des exceptions aussi honorables et aussi nombreuses
que la raison du lecteur lui permettra de le faire. Juif ou non, il est
impossible en effet de ne se ressentir point du milieu dont l’atmo-
sphère nous pénètre.
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XIV
CAUSERIE.
rien que ce qu’ils s’attribuent les uns aux autres, rien
au delà de ce que leur attribuèrent des publicistes qui
prirent devant le public la responsabilité de leurs pa-
roles; et ceux-ci, pour la plupart, sont issus de sang
judaïque. De temps en temps, il est vrai, nos armes
portent des coups sensibles et quelquefois terribles.
Oui, sans doute, mais, on voudra bien le remarquer,
ces coups ne sont portés que dans les rencontres où
l’homme de la civilisation ne doit reculer devant au-
cune lutte pour én soutenir les principes et les bien-
faits contre ses plus habiles et ses plus implacables
agresseurs.
C’est là pourtant ce que le Juif, qui commence à
prendre son nom pour une insulte, ne veut tolérer à
aucun prix; et chaque jour il devient, en quelque lieu
du monde que vous frôliez sa personne, plus chatouil-
leux et plus rogue , plus dominateur et plus prompt au
défi. Déjà même, au nom de cette liberté des cultes
dont sa bouche fait un si étrange et audacieux abus,
défense au chrétien non-seulement de lutter contre ses
prétentions, mais de s’occuper des fils de Jacob, si ce
n’est pour leur offrir l’or et l’encens. Un incident vrai-
ment incroyable va nous montrer à ce propos ce que
deviendra notre liberté devant le Juif; disons mieux,
ce que sera sur la terre de France la simple liberté de
la parole et de l’histoire, si l’arrogance judaïque n’y
rencontre quelque éclatant échec.
Le 1 " juin 1 869 , la Revue des deux mondes publiait,
sous ce titre : Le clan du vol à Paris, un article du plus
haut intérêt, et qu’avait signé M. Maxime du Camp.
Cet article laissait-il entrevoir le dessein d’outrager le
Juif? Non certes, et de toute évidence; mais nous vou-
lons que le lecteur juge les choses de ses propres yeux,
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CAUSERIE.
XV
et nous lui soumettons le texte même de la Revue', le
suppliant de parcourir d’abord les passages les plus re-
marquables de la lettre que le consistoire de Nancy écri-
vit à ce grave sujet au Consistoire central de France.
» Monsieur le Président, il nous a semblé que cet
écrit constitue le délit diexcitation à la haine et au mépris
des citoyens entre eux, et qu’il mérite à cet égard d’être
dénoncé au parquet de Paris.
« Tous ceux de nos coreligionnaires qui ont lu cet
article ont été péniblement frappés, comme nous, de
l’esprit malveillant, hostile même qui règne d'un bout
à l’autre dans ce travail , où le mot juif est répété à
satiété* sans aucune nécessité de style, comme à plaisir,
sans preuves à l’appui. »
De pareilles attaques « blessent profondément le senti-
ment public Israélite; et , en son nom , nous venons de-
mander que de tels écarts soient déférés à la justice du
pays. Le gouvernement de l’Empereur’, nous eu
sommes convaincus, s’il était touché de cette plainte,
ne souffrirait pas davahtage qu’un écrivain, quelle que
soit sa valeur, s’abritant derrière la liberté de penser
et d’écrire, nous jetât à la face d’outrageantes asser-
' Voir note finale, apré,s la CausarVe.
^ Six fois clans trente-cinc] longues pages de la Revue I
3 Nous voyons dans les mêmes Archives israélites, numéro XV,
1869, qu’aux yeux du Juif le gouvernement de l’Empereur est immoral,
que lu drapeau de la France est souillé ; il est souillé pour avoir sou-
tenu dans ses droits séculaires, et d'après les vœux formels de l’im-
mense majorité des représentants du pays, le chef de la religion que
professe l’immense majorité des Français. Quelle insultel Mais lisons ;
Je voudrais « qu’au dehors, étant un appui ü ce gouvernement immo-
ral, qui ne vaut pas mieux que celui des Bourbons, on purifiât te
drapeau de la France de la honte de Mentana en délivrant l’Italie, qui
pourrait être la meilleure amie de la France, » etc. P. i64-8. — Ana-
thème donc à tout gouvernement qui ne judaïsera point tambour
battant la France catholique I
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XVI
CAUSERIE.
lions, et déversât l'ignominie et le mensonge sur les
sectateurs d’un culte reconnu par l'État » .
Nous espérons que, « grâce à votre intervention au-
près de l’autorité, une répression judiciaire mettra fin
à des abus qui ne tendent à rien moins qu'à entretenir
dans les populations ces odieux préjugés dont nous
avons tant soulTert dans le passé, et dont il faut, à tout
prix, empêcher le retour dans l’intérêt de la paix pu-
blique et delà civilisation ». Ont signé les membres
du consistoire israélite de Nancy
Telle est la requête du judaïsme lorrain, et la rap-
procher du texte qu’il ose incriminer, c’est en tirer
justice et vengeance! Rien certes, quant à nous, ne
révolterait autant notre pensée que « d’exeiler à la haine
et au mépris des citoyens entre eux » ; et, si nous nous
permettons quelquefois de manier avec vigueur la
plume de l’historien et du critique à l’endroit du Juif,
ce n’est nullement, ainsi que ses publications démon-
trent qu’il se le permet lui-même, pour attenter « à
la paix publique et à la civilisation »; c’est, au con-
traire, afin de nous en constituer le vigilant et sérieux
défenseur. Ayons donc les yeux ouverts et hâtons-
nous d’ouvrir ceux de la France sur un fait qui tend à
se répéter sans cesse et que voici :
Parce qu’un homme honorable a froissé l’amour-
propre ou les prétentions judaïques, une tempête se
soulève, tm État se dessine dans l’État et se dresse
pour lui écraser la tête : et cet homme, citoyen d’une
seule nation , va se trouver seul ; seul à lutter contre
des adversaires qui se réunissent en corps, et qui se trou-'
vent être à la fois des citoyens français et des citoyens de
* Archives israélites, XIV, p. 430, 431 ; 1869.
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CAUSEIUE.
XVII
la nation juive! Seul donc contre tout un peuple repré-
senté par un de ses puissants conseils, usant des droits
et des forces de deux peuples , et pesant sur lui de tout
son poids du dedans et du dehors de la France' !
Voilà quel est le simulacre d’égalité devant la loi que
laissent au Français les droits civils et politiques que le
Juif a conquis ! Et, soit dit avec la qualité de respect que
chaque citoyen doit à la loi bonne ou mauvaise qui le
régit : si la vitalité de nos mœurs nationales n’opposait
un certain équilibre encore aux abus de droit et de
pouvoir que rêve la race judaïque, l’organisation des
forces dont celte race dispose ne placeràit-ellc pas de-
vant le fils de Juda chaque individu de notre nation
sous le coup d’un régime de terreur’?
Déjà , quoique dans des circonstances bien moins cri-
tiques, à coup sùr, la république romaine elle-même
avait connu quelque chose de cette terreur! et dans
cette Rome, où jamais la fierté des lois n’eùt admis
qu’un Juif pût s’élever au rang de magistrat, et voir à
ses pieds comme justiciable un citoyen du peuple-roi,
ni l’opinion publique, ni la majesté du peuple n’arrê-
taient l’audace de ce redoutable locataire assis au foyer
de la grande ville. Certes, nous ne pouvons, nous ne
devons pas ignorer que devant le Juif, habile en tout
temps à préparer, à travailler, à manier la multitude,
le prince des orateurs se sentait pris de frisson, lui
devant qui Catilina tremblait à la tète des forcenés
conspirateurs dont il avait rempli la ville. Nous ne pou-
vons ignorer que Cicéron, sur le siège même de sa puis-
' « Toute la religion juive est fondée sur l’idée nationale. ■> Arch. .
israil., p. 333, etc.; 1864; Lévy-Bing. *
^ Ne pas confondre avec Judas le traître, Juda le patriarche, chef
de la tribu de ce nom.
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XVIII
CAUSERIE.
sance, que Cicéron à la tribune mettait une sourdine
à sa parole lorequ’il avait à craindre que sa parole n’ic-
ritàt la nerveuse susceptibilité du Juif, ce puissant
et habile excitateur ( quantum valent in concio-
nibus!).
Eh bien, écoutons, écoutons, car Flaccus est incri-
miné. Le défenseur qu’il s’est choisi, c’est Cicéron , et
pour accusateurs il a les Juifs. Lélius, qui parle en leur
faveur, a l’adresse, afin de se ménager un facile moyen
d’étre soutenu par ces hommes entreprenants, de se rap-
procher du foyer qui les concentre... « Ah! je te com-
prends, Lélius : Voilà pourquoi cette cause est plaidée
près des degrés Auréliens I c’est pour cela que lu fis
choix de ce lieu , et que tu t’entouras de cette tourbe!
Tu sais quelle est la multitude de ces Juifs, quelle est
leur union, leur entente, leur savoir-faire et leur em-
pire sur la foule des assemblées. Mais je baisserai le
ton pour n’étre entendu que des juges; car je ne sau-
rais ignorer qu’au milieu d’eux se tiennent leurs me-
neurs, toujours prêts à les diriger ou contre ma per-
sonne, ou contre l’élite des citoyens; ne pense donc
pas que je me prête d’aucune sorte à leur faciliter
celte besogne*. »
La crainte dont ne peut se défendre Cicéron devant
le camp judaïque, à demi retranché dans le sein de la
multitude romaine, l’éprouverait-il moins vive aujour-
d’hui devant les jurisconsultes ou devant les conseils
' Hoc nimirum est illud quod non longe a gradibus Aurelianis hæc
causa dicitur; ob hoc crimen, hic locus abs te, Leli, alque ilia turlia
quœsita est. Scis quanta sit manus, quanta concordia, quantum mlent
in concionibus. Summissa voce agam, tantum ut judices audiant!
Neque enim desunt qui istos in me, alque in optimum quemque inci-
tent; quos ego, ut facilius facianl, non adjuvabo. Ciceao, Pro h'iaccu,
§ XXVllI.
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CADSERIE.
SIX
et les associations qui représentent, au milieu de chaque
nation moderne, et devant chacim de ses citoyens iso-
lés, la nation juive tout entière? Et sa parole ne per-
drait-elle pas quelque chose encore de ses formidables
retentissements s’il sentait la tourbe judaïque (turbam)
se mouvoir, se remuer ici sous la main des consistoires,
ou là-bas à la voix des chefs de ï Alliance israélite uni-
verselle, cet immense réseau dont les mailles se res-
serrent chaque jour pour envelopper la terre? Car, de-
puis ce prince des orateurs habitué tantôt à soulever
des tempêtes, tantôt à se jouer des flots irrités du Fo-
rum , et qui , cependant , baisse avec circonspection la
voix devant les menées du Juif, ignorc-t-on ce qui se
dit d’un bouta l’autre de notre Europe?
Ahl vous l’ignorez peut-être, vous, courageux ci-
toyen qui, dans votre simplesse , dans votre ingénuité,
vous croyez de taille à lutter seul dans les champs clos
de la justice contre celui derrière lequel se tient tout
un peuple. Eh bien, il se dit, il se disait que quiconque
appelle le Juif, ou défend contre lui sa cause devant le
juge, — si cette cause n’est insignifiante, — est perdu
d’avance, et perdu sans ressourçai II se disait que le
Juif, fort des innombrables moyens que met en jeu sa
nation (voir chap. x), écrase sans efforts le téméraire
qui l’attaque ou qui lui résiste, si ce téméraire n’est
une puissance. Et, depuis que ces choses se disaient, est-
ce que les Juifs ne se sont pas introduits en files serrées
dans les rangs de la magistrature européenne? Est-ce
qu’ils ne comptent pas dans leur sein des gens de jus-
tice de tous degrés ? Est-ce qu’ils ne fourmillent pas
dans les administrations, dans les conseils, et dans les
hautes fonctions de l’État? Enfin, s’ils ont conservé le
respect de la pure orthodoxie; s’il leur reste quelque
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XX
CAUSERIE.
tendresse pour les dogmes et les adhérents de leur foi,
est-ce que le Talmud a cessé de leur dire : « Lorsqu’un
Israélite et un non-Juif ont un procès, tu donneras gain
de cause à ton frère. » Et, sinon, si la chose est impos-
sible, « il faut harasser de chicane (le non-Juif), jus-
qu’à ce que le gain de la cause reste à l’Israélite. »
(Infra, p. 180.)
Ce qui se disait, et ce qui peut se dire, nous croyons
ne le point trop ignorer; mais, tout remplis d’Israélites
que l’on suppose nos tribunaux, la magistrature de
notre pays nous inspire une saine et juste confiance.
Et, ce dont il nous est impossible de conserver un
doute, c’est que, sur notre loyale terre de France et
sous la sauvegarde de ^honneur public, l’écrivain sé-
rieux continuera sans crainte de se livrer aux exigences
de ses travaux, que le Juif fronce ou non le sourcil en
abattant sur lui ses regards; c’est que, placé comme
dans la force d’une tour au milieu de ses concitoyens,
il pourra braver pacifiquement toute puissance assez
téméraire pour vouloir refouler dans son cœur le cri de
l’indignation provgquée par des énormités de croyance '
ou de mœurs. Non, jamais nul privilège, nul artifice,
nul art de cacher Vêtre collectif sous le visage de l’indi-
vidu, ne donnera pouvoir au Juif de briser la plume
d’un écrivain, et de susciter contre lui la nation juive
tout entière au nom des principes de la législation mo-
derne. La conscience publique, en un mot, voudra
que chaque Français discoure aussi librement du Juif
* Ces croyances se fondent aujourd’hui, chez les Juifs du progrès,
avec les principes de la philosophie du dix-huitième siècle ou de la
franc-maçonnerie, ainsi qu’ils commencent à s’en vanter ouvertement,
en môme temps qu’ils établissent eux-mêmes les raisons de l’influence
prépondérante et de l’empire que nous leur attribuons dans l’Ordre
maçonnique. Voir dans nos chapitres.
CAUSERIE.
XXI
qu’il est libre au Juif de discourir du Français ou de
l’Arabe, du puritain ou du mormon.
Singulière audace, en vérité, que l’audace du Juif,
qui, faisant marcher devant lui, comme la colonne de
ténèbres du désert, nous ne savons quel prestige d’inti-
midation, lève la main non-seulement contre la liberté
de la presse ', mais contre la liberté même de l’histoire,
aussitôt qu’il y sent des pointes qui le blessent, et qui,
se pavanant dans toute la jactance et le mauvais goût
du parvenu, se pose en effronté champion de la licence
partout où, militant à son profit, elle mine, renverse
et bouleverse les institutions des peuples chrétiens.
(Lire toutes les revues judaïques.)
Car, si le but du chrétien vivant de la vie active est
de christianiser le monde, c’est-à-dire d’y semer les
institutions chrétiennes, les seules qui puissent maintenir
et répandre au sein des sociétés humaines les bienfaits de
la civilisation, et fonder le règne de la paix sur la terre,
le but du Juif, dont la conviction marche en sens in-
verse de celle du chrétien, c’est de judaïser le monde
et d’y détruire cette civilisation chrétienne. Telle est
la raison qui nous fait appeler le Juif actif le mission-
< Exemple : « Le moment est venu, Prince, de faire acte de légitime
autorité en brisant celte odieuse trame... Poursuivre sans faihlesse les
journaux qui, depuis un an, ne cessent de provoquer à la haine, au
mépris, à l’assassinat, à l’expulsion des Juifs ; révoguer tous ces Idches
fonctionnaires qui ont violemment prêté la main à l’affreuse persécu-
tion, » etc. Tel est le mignon petit coup d’État que sollicite contre les
libertés publiques, et pour lequel réclame Fintervention des ptiissances
étrangères en Roumanie, l’bonorable M. Crémieux, assisté de sir Mon-
lefiore, à qui l’un des ministres du gouvernement coupa6/« de défendre
ses sujets contre les Juifs répond que, « d’après les données de F en-
quête, scs coreligionnaires auraient malheureusement occasionné, sinon
provoqué, le mouvement dont il s’agit >. Lettre au Prince du 8 juillet;
Arch. israél., XIX, p. 88Ï-3 ; 1867. — Univers israélite. VIII, p. 37t ;
1868.
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XXII
CAUSERIE.
naire du mal', quelque honorable que d’ailleurs il se
puisse montrer au point de vue domestique et civil*.
Il est vrai que nos judaïsants commencent, pour la
plupart, à ne plus vouloir s’imposer au monde par les
doctrines du Talmud, qu’une ardente propagande rem-
place aujourd’hui par les doctrines philosophiques du
dix-huitième siècle. C’est pourquoi, du haut de l’année
1869, au bas de laquelle va s’ouvrir le concile œcumé-
nique de l’Église, le concile œcuménique d’Israël nous
' Voir la noie sur la civilisalion, plus bas, p. 458. — Saint Jean dit
[Evangile, viii, ii) ;'l'os ex pâtre diabolo. * Vous êtes les entants
du diable , et vous voulez accomplir les désirs de votre père » —
Sous notre plume, le mot de l'Evangile sera restreint à notre sens,
à moins que nous n’exprimions le contraire.
^ Les elTorts antireligieux, mais surtout antichrétiens, qui distinguent
l’époque actuelle ont un caractère de concentralion et d'universalité
où se reconnaît le sceau du Juif, le patron suprême de runi^cation
des peuples, parce qu’il est le peuple cosmopolite par excellence;
parce que le Juif prépare, par les licences de la libre pensée, les
temps qu’il appelle messianiques, c’est-à-dire les jours de son triomphe
universel. Il en attribue la réalisation prochaine aux principes ré-
pandus par les philosophes du dix-huitième siècle : ces hommes à la
fois incrédules et cabalistes dont 1e travail a préparé la judalsalion de
ce monde.
On remarquera le caractère d’universalité que nous signalons dans
l’Alliance Israélite universelle, dans l’association universelle de la
franc-maçonnerie, et dans les auxiliaires de plus fraîche date intitulés
l’Alliance religieuse universelle, ouverte à ceux que le nom d’Israélite
effaroucherait encore, quoiqu’elle dise :
Nous tondons L main sans insultes
Au Juif par delà tous les cultes,
A l'athée, au-dessus des dieux;
enfin, dans la ligue universelle de l’enseignement, dont le but prin-
cipalcsl la captation de la femme. Car la Révolution, malgré l’éclat de ses
succès et de sesconquèles, nous dit : Sans la femme point de triomphe! Il
faut, pour venir à bout de Dieu, s’emparer de la femme et la posséder.
— La femme est à la fois l’ange de la famille et la famille elle-même I
Lire pour connaître et comprendre ces choses : Les libres penseurs et
la ligue de renseignement; Saint-Albin; Paris, 4867; Waltelier; —
Les alarmes de l'épiscopat, par Mgr Dupanloup, 4* édit., 4868 ; Paris,
Douuiol, etc., etc.
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CAUSERIE.
XXIII
déclare que ces « principes modernes », devenus à la
fois la philosophie, la politique et la religion du Juif
progressif, sont « les conditions vitales de l'existence du
judcüsme et de son plus haut développement », le levier
même de sa puissance! L’entendons-nous? Le com-
prenons-nous ? Ne voyons-nous pas ces doctrines aussi
nettement formulées par les organes officiels de l’Al-
liance israélite universelle que par les organes de la
franc-maçonnerie ? Et, chaque fois que l'une de ces asso-
ciations universelles s’exprime, ne la surprenons-nous
pas à répéter, en variantes, le langage de ses sœurs?
Voilà donc la philosophie antichrétienne du dix-hui-
tième siècle, l’alliance israélite universelle et la société
universelle de la maçonnerie vivant d’une seule et
même vie, animées par une seule et même âme ! Et la
maçonnerie des hauts adeptes, celle des initiés sérieux,
nous permet enfin de voir au travers du sens de ses
manifestes qu’elle n’est en définitive que l’organisation
latente du judaïsme militant , de même que l’alliance
israélite universelle n’est qu’une de ses organisations
patentes.
Il se verra donc, sur tous les points de ce globe où
palpite un cœur de Juif, que ce Juif témoigne de ses
sympathies les plus ardentes à la maçonnerie, sur la-
quelle l’Église du Christ a lancé les foudres de ses ana-
thèmes. Car la maçonnerie, issue des mystérieuses
doctrines de la cabale, que cultivait derrière l’épaisseur
de ses murs le philosophe du dix-neuvième siècle, n’est
que la forme moderne et principale de l’occultisme,
dont le Juif est le prince, parce qu’il fut dans tous les
siècles le prince et le grand maître de la cabale. Le
Juif est donc naturellement, et nous ajoutons qu’il est
nécessairement l’àme, le chef, le grand maître réel de
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«IV CAUSERIE,
la maçonnerie, dont les dignitaires connus ne sont, la
plupart du temps, que les chefs trompeurs et trompés
de l’ordre
Au sein de ces hauts et impénétrables conseils de
l’occultisme, dont le but spécial est de déchristianiser
le monde et de refondre dans un moule unique les
institutions de toutes les sociétés humaines, le Juif
devra donc siéger en majorité? Oui sans doute, et
l’empire, dans ces régions de ténèbres sociales, lui est
assuré par le nombre des voix. Ainsi le veut la consti-
tution de l’Ordre; ainsi le veulent les statuts, et ces
statuts sont le secret suprême du véritable adepte. Voilà
ce que nous devons dire, et c’est là ce que le monde
ignore, ce que les initiateurs lui cachent comme le plus
important de leurs mystères; raison pour laquelle don-
ner au public les preuves matérielles de la suprématie
maçonnique du Juif, ce serait tenter à peu près l’im-
possible. Et nous le reconnaissons avec un empresse-
ment d’autant plus vif que les preuves de cette domi-
nation judaïque se sont inscrites d’elles-mémes dans les
faits qui sont la richesse de nos pages *.
Appuyé que nous sommes d’ailleurs sur la somme
de nos recherches, nous accordons, pour notre part, à
cette assertion le nom de certitude; certain sommes-
nous, en effet, qu’elle fut établie de nos jours par une
bouche éminemment véridique, et ce fut celle d’un
< Preuves plus bas ; nous les disons trompeurs pour le public, qui les
croit des chefs réels. Notre parole ne s'adresse donc point aux chefs
apparents de l'Ordre.
^ Beaucoup de loges sont ou plutôt étaient fermées au Juif, parce
qu'il était impopulaire dans la maçonnerie comme ailleurs. Mais ce
qui est vrai pour la plèbe de l'Ordre ne l'est nullement pour ses chefs
réels, qui sont les amis, les auxiliaires, les hommes liges du Juif, et
qui l’accueillirent toujours en seigneur suzerain.
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CAUSERIE.
XXV
religieux au lit de la mort. Mourant dans la plénitude
de ses facultés, et scrupuleux historien, ce docte per-
sonnage énonçait une vérité dont il devait la conquête
à ses investi ff allons opiniâtres^ Mais peut-être, et nous
le croyons , la devait-il plus sûrement encore à la tor-
ture de ces remords qui conduisent tant et de si grands
coupables devant le tribunal de la pénitence, et qui,
par le confessionnal, objet de la juste fureur des enne-
mis de l’Église, ont sauvé tant de fois les sociétés hu-
maines en guérissant l’âme des individus. Car souvent
il arrive que, satisfait d’abriter son nom à l’ombre d’un
inviolable mystère, l’homme que le vrai repentir a tou-
ché tient à ne point quitter la vie sans réparer ses fautes,
et qu’il impose au ministre de l’Église la révélation de
secrets dont la connaissance est le salut des États.
Le Juif enfin ne cesse, dans les pages de ses Revues,
de se déclarer l’enthousiaste admirateur de tous les
révolutionnaires qui troublent et bouleversent le monde,
mais surtout de ceux dont la haine inassouvissable
menace de la manière la plus directe l’existence de
l’Église. Devant ses sympathies ardentes, devant ses
implacables doctrines, devant les associations de toute
nature destinées à les faire passer de la théorie dans
les actes, il faudrait donc être frappé de la plus étrange
myopie pour ne point reconnaître dans le Juif le prépa-
rateur, le machinàteur, l’ingénieur en chef des révolu-
tions. Car elles seules, en déchristianisant le monde,
elles seules en le judaïsant, en le transformant à son
profit, peuvent conduire le Juif à ses fins; seul, ici-bas,
serait-il assez simple, lorsqu’il veut et se propose une
fin, pour en repousser les moyens?
Mais ce Juif, dont le nom revient sans cesse sous
notre plume , ce n’est pas le premier venu de sa race ;
b
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XXVI
CAUSERIE.
ce n’esl pas , et nous tenons à le déclarer une fois en-
core dans les termes les plus courtois, celui qui forme
majorité dans sa nation. Il est pour nous l’homme de
la foi talmudique , celui que son zèle et que d’implaca-
bles rancunes animent contre la civilisation chrétienne;
l’homme actif, sagace et audacieux qui se dévoue au
soin de discipliner et de guider le judaïsme militant.
Voilà celui que nous combattons, parce que nous le
redoutons; et nos pages ont dit s’il est ou non redou-
table ! Mais la terreur légitime que nous éprouvons à
sou aspect nous est-elle une raison de le couvrir de
nos mépris? — Non, s’il n’existe pour les provoquer
une cause individuelle et spéciale !
Au nombre de ceux avec qui les hasards de ce monde
nous mêlent de temps en temps se trouvent de francs
révolutionnaires, des auxiliaires ardents de ce Juif ma-
chinateur des révolutions, et qui la plupart le sont à
leur insu. Presque tous ces hommes sont égarés, mais
ils ne sont rien moins que méchants. Quelques-uns
même nous sont très-sympathiques, et leur nature est
excellente; nous ne trouvons de détestable en eux que
les doctrines. Un milieu regrettable, une éducation
viciée, certaines pauvretés d’intelligence, dont rien au
monde ne parvient à leur donner le sentiment, les ont
faits ce qu’ils sont et ce que tant d’autres fussent deve-
nus à leur place 1 Aussi nous gardons-nous bien de les
mépriser ou de les haïr; et, sauf raison toute particu-
lière, il nous suffit de les plaindre, lors même que nous
nous trouvons réduits à les combattre. Ce même mou-
vement de compassion fraternelle est en vérité le seul
que nous inspire celui que nous appelons /e nous
ne nous lasserons jamais de le redire. Si rudement donc
que notre conscience nous oblige à l’attaquer, nous
CAUSERIE.
xxvn
nous reprocherions d’avoir dirigé contre lui nos atta-
ques sans une intention sincère de le servir, et nous le
servons en ruinant ses projets ; car son triomphe serait
sa ruine par celle de l’ordre social, dont nous, soldat
DU CHRIST, nous somDies par conséquent le soldat.
Animé d’ailleurs du sentiment de froid respect que
tout citoyen doit aux lois dont il est loin d’approuver
l’esprit, mais contre lesquelles sa religion et sa con-
science ne lui ordonnent pas de se soulever, nous usons
du droit de légitime critique contre celles où le Juif a
puisé l’audace qui le caractérise, celles qui le rendent
notre maître, en se bornant à le déclarer notre égal.
On pourra nous entendre dire en les signalant : Dura
lew, mais nous ajouterons sed leæ, et nous n’irons pas
au delà! D’autant moins serions-nous porté à nous
insurger contre ces lois, que, leur déclarer la guerre,
ce serait aujourd’hui peine inutile ; et que, dans le fait
et l’histoire de leur existence nous croyons reconnaître
une disposition spéciale do la Providence, soigneuse de
tracer aux événements une marche conforme à l’attente
séculainc de l’Église.
Nous professons pour le Juif honorable, pour le Juif
honnête et pacifique, un sincère esprit de tolérance, et
qui s’étend de sa personne à son culte; et, dans la bien-
veillance que nous éprouvons pour cet homme mal-
heureux, surabonde la compassion la plus étran^re à
l’insulte. Nous croyons, nous soutenons que ce Juif est
de tous les pays, mais qu’il est particulièrement du
nêtre, parce que nul n’échappe à la pression du milieu
dans lequel plonge et où se débite sa vie. Que si pour-
tant, malgi'é nos soins, il nous était échappé contre lui
quelque offensante ou douteuse affirmation, nous som-
mes prêt, au premier avis, à nous tourner de tout
b.
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XXVIII
CAUSERIE.
cœur contre nous-inème, à nous condamner, à redres-
ser sans ménagement les torts de notre plume. Nous
pensons d’ailleurs que toute imprudence, que toute
injustice , loin de nous servir, tournerait contre notre
but et nous empêcherait de ramener Juifs et Chrétiens
dans les voies de la raison et de la connaissance utile
des choses. Quant à celui dont les croyances et les
mœurs sont un des fléaux de la civilisation, s’il nous
arrive de faire saigner son âme, nos violences néces-
.saires seront celles que l’humanité commande au chi-
rurgien qui, dans l’unique intérêt du mal à guérir,
porte le fer sur des chairs vives. — l.a société nous
remerciera, s’il né nous pardonne. Mais, dans l’accom-
plissement de notre tâche, notre modération jettera
sans doute autourd’elle un jour d’autant plus favorable,
(]ue, laissant intacts et à notre portée des monceaux de
documents dont nous nous sommes interdit l’usage,
nous avons voulu n’emprunter nos pièces qu’à des
publications ayant force d’histoire, ou ne les accepter
que de la main du Juif.
Lors donc que nous avons à traiter quelqu’un de
ces sujets divers : les pharisiens ou les rabbins, les
talmudisants ou les réformistes, le Talmud, la Cabale;
ou bien lorsque nous prononçons des mots aussi durs
que ceux-ci : l’hypocrisie du pur orthodoxe, le fa-
natisme de Juda, nous doutons que l’on nous sur-
prenne en porte-à-faux , et sans que notre point d’ap-
pui soit la parole même du Juif, du pharisien, du
rabbin. Encore sommes-nous loin de redire tout ce
que, dans leur inconséquence merveilleuse, ces per-
sonnages de notre drame nous ont appris; et mille
fois moins nombreux sont les traits jetés par nous sur
le champ du débat que les armes dont leurs mains
CAUSERIE.
XXIX
nous offrent le secours. Mais disons mieux ; disons que
si, dans la confusion et le désarroi qui régnent au sein
des croyances et des mœurs du judaïsme, nous avions
à répondre de nos paroles, ce sont des Juifs eux>mèmes
qui nous prêteraient l’appui de nos plus irrésistibles
documents; ce sont des Juifs, ce sont peut-être des
rabbins libres-penseurs qui, par haine pour le fanatisme
des leurs, se chargeraient devant le public du soin de
nous justifier !
Cependant, si de quelque coin de ce judaïsme s’éle-
vait un cri pareil à celui qui retentit et vibre encore
contre le sobre et piquant jécrivain de la Revue des
Deux-Mondes (M. M. du Camp), nous pousserions à
l’instant le contre-cri, et la situation deviendrait sé-
rieuse; car la guerre serait audacieusement déclarée
par le Juif, et dans l’exclusif intérêt de son despo-
tisme, non-seulement à la liberté de la discussion,
mais à la liberté même de l’histoire. Incapable que se-
rait un écrivain quelconque de lutter, dans son isole-
ment, contre une nation qui possède à elle seule les
forces vives de la plupart des nations, et celle de la
presse en première ligne ‘, il faudrait, à l’instant même
et dans l’intérêt de la publique indépendance, opposer
aux associations patentes et latentes du judaïsme la
force d’une association contraire. Il faudrait, aux con-
seils permanents de ses jurisconsultes, opposer la per-
manence de conseils analogues; il faudrait, aux jour-
naux de Juda, opposer de distance en distance, sur le
sol où nous prétendons marcher d’un pas sûr, un jour-
nal dont la spécialité serait de s’occuper de Juda; il
faudrait, et sur-le-champ, en attendant la naissance et
' Voir les cinq divisions de notre chapitre X.
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XXX
CAUSERIE.
le succès de ces feuilles, remplir, deux ou trois fois la
semaine, de documents et de correspondances étrangères
les colonnes spécialisées de deux ou trois journaux,
que répéteraient à l’envr les plus proches et les plus
lointains échos de la presse populaire'. Les réserves
de notre portefeuille*, en se prêtant aux modifications
et aux développements dont les circonstances dicte-
raient le conseil, y prendraient place en variantes avec
un succès proportionnel au tapage des persécutions
dont le despotisme envahissant du Juif à l’endroit de la
presse non judaïque aurait soulevé la tempête.
Que si donc la nation juive, sous le faux prétexte de
cette liberté religieuse que nul ne menace, si ce n’est
ses propres organes et ses auxiliaires lorsqu’il ne s’agit
que du chrétien (Ch. VIII infra), jugeait le moment
venu d'inaugurer dans les régions de la presse l’exclu-
sive domination de Juda, et d’écraser sous le pied de
ses légistes toute plume assez osée pour signaler ses
tendances et sa marche, un être collectif se formerait
en un clin d’œil au milieu de nous sur l’un des plans
' Autres échos seraient les feuilles qui renseignent les pauvres spé-
culateurs et les actionnaires !
* L’expérience d’autrui nous a dit, en matiits pays, de quelle insigne
imprudence il est de conserver à domicile certains écrits, et tout par-
ticulièrement ceux qui pourraient intéresser les sociétés secrètes. Il
est, et nous le savons, pour s’en emparer, mille audaces, mille nises
impossibles à prévoir, sans rien dire ni des fausses polices, ni des
fonctionnaires de contrebande, ni des polices spéciales ou dos voleurs
spéciaux. Nous ne voulons certes aucunement soupçonner le Juif de
se prêter à ces escamotages ; mais, en ce point, ceux qui se constitue-
raient ses auxiliaires et ses amis sauraient agir spontanément, si peu
qu’ils y entrevissent un intérêt de secte, et rarement ont-ils manqué
leur but. Nous en savons des exemples à peine croyables. Avis donc,
et bien que nous soyons en des temps où les mystères semblent cher-
cher le jour, avis à ceux qui conserveraient à domicile ces feuilles
destinées à la publicité, des pièces autres que celles dont la perle
serait d’une parfaite insignifiance!
CAUSERIE.
xx:u
dont sa propre organisation nous offre le modèle et le
choix. Et nous, à notre tour, Alliance chrétienne uni-
verselle s'il le faut, vivant du même droit que l'Alliance
israélite universelle, et cheminant ’à ses côtés, nous
demanderions compte à chacune des publications du
judaïsme, à chacun des numéros de ses Revues*, des
attaques si souvent mensongères et brutales que leur
implacable haine du christianisme suscite contre nos
croyances, contre notre culte, contre notre clergé,
contre nos ordres religieux et notre Sodverain Pontife,
souvent même contre notre magistrature et nos fonc-
tionnaires, lorsque ceux-ci ne fonctionnent pas au gré
des 61s de Jacob
Mais, Dieu soit louél nous avons parlé trop vite; et
trop vite s’est échappée de notre plume la déclaration
des nécessités belliqueuses où nous entraînerait le droit
de défense dans un pays hostile à tout despotisme, et
où il s’en faut encore que le Juif ait acquis sa suffisance
de popularité chez ceux mêmes qui, par aversion pour
le catholicisme, patronent les intérêts judaïques. Hâ-
tons-nous donc de revenir sur nos pas; et, loin de haus-
ser le ton, félicitons-nous d’avoir à rendre justice aux
honorables membres du Consistoire central de France,
dont le tact et la sagacité calment notre sang et répri-
ment les effrayantes impatiences du Consistoire lorrain
à l’endroit de la Itevue des deux Mondes :
a Messieurs, l’article de M. Maxime du Camp, inti-
tulé le Clan du vol à Paris , que vous signalez à notre
attention, a fait l’objet de notre part d’un examen
approfondi. Nous apprécions l’émotion légitime (relire
l’extrait) que cette publication a fait naître parmi nos
* La publicité de notre livre en décuplera peut-être les abonne-
ments, et nous le souhaitons.
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XXXII
CAUSERIE.
coreligionnaires; mais vous devez avoir la certitude
que nous nous en étions déjà préoccupés avant d'avoir
reçu votre communication ' .
« Le consistoire central n’a jamais failli au premier
de scs devoirs, celui de défendre l’honneur du nom et
du culte Israélite lorsqu’il est sérieusement attaqué.
Nous ne croyons pas qu'il le soit dans la circonstance
présente,... et ce serait manquer à notre dignité que
d’en faire même la supposition. D’ailleurs, le travail de
M. Maxime du Camp ne renferme pas un seul passage
qui offre d’une manière incontestable le caractère légal
du délit d’excitation à la haine et au mépris des citoyens
entre eux. Il est donc impossible que nous demandions
l’autorisation de traduire l’auteur devant les tribunaux.
Paris, 20 juin 1869. Ont signé les membres du consis-
toire des Israélites de France. »
La Revue du Progrès, les Archives Israélites ont cru
devoir doubler des paroles suivantes cette réponse
catégorique, et nous leur en adressons nos compliments
sincères ; « A cette attaque partie de la presse, la presse
seulcj à notre avis, doit répondre. »
« Aux écrivains qui nous méconnaissent, ou qui nous
déprécient injustement, c’est par la discussion et par les
chiffres qu’il convient de répondre... Tel a été aussi
l’avis du Consistoire central... qui compte dans son sein
d’éminentsjurisconsultes. » Arck. tîrae'/., XIII, p. 395-6,
1869.
Tel fut, tel restera donc notre propre avis; et la ques-
tion, de la sorte, sera posée sur son véritable terrain.
Sinon, qui nous dira le numéro des Archives, et de
' Quelle menaçante vigilance chez cette nation sur les mouvements
de tout homme étranger à leur race, et quel tapage dans le monde si
celle du Français catholique s’élevait au centième seulement I
Di'V Google
CAUSERIE.
XXXIII
r Univers israélite, où nous ne serions pas en droit de
poursuivre le délit qui nous aurait été reproché par le
Juif contre le Juif. Mais, soldat que nous sommes, nous
ne sommes rien moins que dénonciateur; la délation
répugne à nos mœurs; elle est chez nous une lâcheté,
une ignominie. Le fils d’Israël a le bon goût de le recon-
naître, et déclare par son plus honorable organe vouloir
se tenir franchement sur la ligne de l’honneur, qui est à
la fois celle de l’habileté suprême. Eh bien, nous bat-
tons des mains , et , sans qu’il arme sa bouche des me-
naces de la loi, nous le tenons pour notre égal ailleurs
que devant un article du Code. Que s’il nous faut ce-
pendant le combattre , et si rude que soit la lutte , nous
lui accorderons avec empressement et de grand cœur,
comme à l’adversaire qui nous inspire non point le mé-
pris, mais l’estime, le chevaleresque salut des armes,
et nous avons l’espoir de le compter un jour parmi les
nôtres en l’amenant à bénir sa défaite.
Au moment où se termine l’impression de notre
livre, parait l’excellente brochure de MM. les abbés
Lémann ; La question du Messie elle concile du Vatican,
8 novembre 1869; Albanel, Paris; 159 p. in-8“.
Nulle contradiction réelle n’existe entre cet écrit et
le nôtre sur la question du Messie, où ces messieurs se
cantonnent. Lorsqu’ils la localisent et que nous la géné-
ralisons, il se comprend toutefois que nos paroles peu-
vent différer l’une de l’autre sans qu’il y ait entre
nous désaccord.
Ajoutons, à propos de cette brochure, que s’il nous
arrive d’attribuer telle ou telle croyance au Juif talmu-
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XXXIV
CADSERIE.
disant, nous ne prétendons point établir que cette
croyance se trouve explicitement dans le Talmud; nous
voulons dire tout simplement qu’elle habite le cœur et
l’esprit du pur orthodoxe, de celui qui forme, selon le
mot de M. l’abbé Goschler, né dans le judaïsme, « l’in-
destructible noyau de la nation. »
Les dernières pages de MM. Lémann s’accordent de
la manière la plus complète avec la première partie de
notre ouvrage, celle que nous avons supprimée , et où
nous nous trouvions en pleine concordance avec le
célèbre Duguet {Rhgles pour l'intslligence des Écritures
saintes; et ; Vérité sur le retour des Juifs, 377 pages
in-12; un vol .; Paris, 1716).
Observons enfin, et toujours à propos du même écrit,
la grande différence qui existe souvent entre ce que
croit et dit le commun des Juifs, et la secrète pensée
des chefs ou des meneurs mystérieux de la nation juive.
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CAUSERIE.
XMT
NOTE DE LA CAUSERIE.
Le Clin uu vol a Paris. Revu t des DeuX'Mondetf 1*' juin 1869, telle.
Dans un article de trente-cinq grandes pages de la Revue des
Deux-Mondes, intitulé le Clan du vol, et décrivant toutes les catégo-
ries imaginables de voleurs, les Juifs sont nommés six fois seulement.
Sur ces trente-cinq pages, dix-sept lignes, c'est-à-dire un peu plus
d’un tiers de page, ou la centième partie de l’article environ, forment
la part qui leur est consacrée. Tous les autres malfaiteurs sont Fran-
çais. Mais produisons devant le tribunal de nos lecteurs le texte même
des passades qui concernent le Juif.
• Le voleur qui entasse et thésaurise est une anomalie qu’on ne
rencontre que chez certains Juifs receleurs. » P. 630. — « Un vieux
Juif nommé Cornu, ancien chauffeur, se promenait un jour de beau
temps aux Champs-Élysées. Il est rencontré par de jeûnas voleurs
grands admirateurs de scs hauts faits, qui lui disent : Eh bien, père
Cornu, que faites-vous maintenant? — Toujours la grande soûlasse,
mes enfants, répond-il avec bonhomie... La grande soûlasse, c’est
l’assassinat suivi de vol. » P. 631 . — Il y a des familles qui semblent
vouées au vol do génération en génération ; « ce sont les Juifs, princi-
paleinenl, qui, se livrant à des méfaits humb'cs, mais incessants,
accomplissent ces sortes de fonctions héréditaires. Ils sont à craindre,
non par leur audace, car rarement ils assassinent, mais par leur per-
sistance dans le mal, par l'inviolable secret qu’ils gardent entre eux,
par la patience qu’ils déploient et les facilités qu’ils trouvent pour se
cacher chez leurs coreligionnaires. Les voleurs juifs se mettent rare-
ment en guerre ouverte contre la société ; mais ils sont toujours en
état de lutte sourde ; on dirait qu’ils prennent une revanche, qu’ils
sont dans leur droit, et qu’après tout ils ne font que ressaisir, lorsque
l’occasion se présente, un bien dont leurs ancêtres ont si souvent et
si violemment été dépouillés par les autres. Parfois ils se réunissent
en bandes et font le vol on grand, comme on fait le négoce; ils ont
leurs correspondants, leurs entrepôts, leurs acheteurs, leurs livres de
commerce. C’est ainsi que procédaient les Nathan , dont je viens do
parler, les Klein, les Blum, les Cerf, les Lévy. Tout leur est bon ; les
plombs détachés des gouttières aus.<i bien que les mouchoirs en'evés
d’une poche. Le chef prend généralement le titre de commissionnaire
en marchandises, et fait des expéditions vers l’Amérique du Sud,
l’Allemagne et la Russie. Le jargon hébrafeo-gormain qu’ils parlent
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XXXVI
CAUSERIE.
entre eux est incompréhensible et sert encore à égarer le.s recherches.
Ils sont les premiers receleurs du monde et dissimulent leurs actions
derrière un métier ostensiblement exercé. » P. 634.
« Les chauffeurs étaient nommés suageurs, ceux qui font suer;
rhuile, c’est le soupçon ; judacer, c’est dénoncer quelqu’un en faisant
semblant d’étre son ami. o P. 636.
« Moins brutaux sont les carreurs (escamoteurs de diamants), Juifs
d’origine presque tous, et qui, humbles, polis, élégants même, évi-
tent d’employer les moyens excessifs qui peuvent conduire à d’irré-
missibles châtiments. » P. 642. — Il est une catégorie de voleurs qui
s’attaque spécialement aux voleurs, ce sont les fileurs. a Un fait digne
de remarque : les voleurs juifs excellent à filer les voleurs chrétiens;
mais ils ne se filent jamais entre eux. » P. 648.
Où donc, s’il vous plaît, la malveillance dans celte énumération de •
trente-cinq pages si riches en détails? Où donc, et surtout si nous
comparons ce qu’elle nous apprend à ce que nous a dit des Juifs
M. Cerfberr, issu de race judaïque? Où donc, et si nous le rappro-
chons des Archives Israélites elles-mêmes, qui reconnurent, il y a
deux ans, que les femmes de mauvaise vie de sang juif l’emportaient
en nombre sur celles de tout autre peuple* 1 Comme si ces femmes ne
figuraient point, pour la plupart, et dans tous les pays du monde, au
rang des voleurs; comme s’il ne fallait point voir en elles l’âme du
crime et les auxiliaires des malfaiteurs do toutes catégories?
Le Juif de France s’éloigne du pur Talmud ; il n’en suit plus la mo-
rale, soit; et déjà nous avons fait sa part aussi belle que l'histoire
nous le permet; mais il a, dix-huit siècles durant, professé les dogmes
talmudiques, qui lui faisaient un mérite de dépouiller les chrétiens de
leur avoir. Est-ce que, dans la lie d’un peuple, de telles habitudes se
perdent du jour au lendemain?
Toutes les autres catégories de malfaiteurs ont des Français pour
remplir leurs cadres. Au point de vue du judaïsme lorrain, M. du Camp
n’a-l-il pas, en les signalant, insulté la France? Et pourquoi donc,
alors, les Juifs de notre pays ne se sentent-ils pas attaqués dans ces
autres pages en qualité de Français?
S'il se fût dit que les catégories de voleurs attribuées au Juif se
composaient de Normands, de Gascons, d’Auvergnats, qu’elles se
recrutaient surtout parmi les serruriers, les charpentiers et les maçons,
qui se fût jamais avisé de se plaindre de cet outrage en Auvergne, en
Normandie, en Gascogne, ou dans le corps des arts et métiers? Quel
homme en France, et surtout chez les Juifs français, se fût mis en
* Voir notre chapitre V, p. 124-142, etc., et Archivtt israélileSf XV , p. 71.
1867.
CAUSERIE.
XXXVII
tête d'accuser l'écrivain < du délit d'excitation à la haine et au mépris
des citoyens entre eux »? Quel redresseur de torts judaïque l'eût, à
ce propos, haineusement t dénoncc au Parquet de Paris », réclamant
à grands cris « la Justice du pays contre de tels écarts », et soute-
nant que Us chrilims ses frères seraient en droit d'y voir une insulte
à la foi qu’ils professent?...
NOTE DESTINÉE AU CHAPITRE XI, p. 4S8.
.Les lignes suivantes semblent être à la fois le résumé et la confirma-
tion de l'un de nos plus importants chapitres, le chapitre xi, et de-
vraient le terminer, mais nous les recevons trop tard. Nous les emprun-
tons au Golos de Saint-Pétersbourg , à la date du 3 (15) octobre 4869.
On y verra si le rôle politique et prépondérant que se donnent et que
sont résolus de jouer les Juifs n'y est pas indiqué tel que nous l'avons
décrit.
Le colosse russe se crispe, se convulse, sous les traits de l'insolence
juda'ique; mais, quelle que soit la hauteur ou la dignité de son lan-
gage, le Juif, dont il foule aux pieds la plèbe, est déjà l’un de ses maî-
tres, et le texte même de cet article reconnaît en termes furtifs qu’il
lui faut savoir compter avec les princes de Juda. (Lire sur la couver-
ture de ce livre 1« mot de if. Disraeli sur la Russie.)
« A en croire les journaux, H. Crémieux, se rendant à Saint-Péters-
bourg, va présider à Berlin une assemblée générale de Alliance
israèlite universelU, qui se propose de traiter de la situation malheu -
reuse des Juifs dans la Russie occidentale.
» Cette fameuse Alliance s’est considérablement écartée de sa desti-
nation primitive, qui est de s'occuper exclusivement du développement
moral de la race juive ! Placée sous la direction d’un ex-ministre répu-
blicain, elle a donné fort mal à propos dans la politique, etM. Crémieux
s’est mis à jouer sérieusement le rêle de président de la république
juive universelle. Il se met directemerU en rapport avec les gouverne-
ments des autres pays, tout comme s’il était lui-même le chef d’un
gouvernement. Et, ce qui est plus étrange, certains gouvernements lui
répondent comme à un homme investi d’un pouvoir souverain!
» Tout le monde se rappelle quel orage a soulevé M. Crémieux à
propos (de la prétendue persécution des Juifs dans les principautés
danubiennes. Il a même osé adresser des questions é notre gouverne-
ment quand on a expulsé de Saint-Pétersbourg des Juifs qui n’avaient
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xxxviit CAUSERIE.
pas le droit d’y demeurer, et il est parvenu à obtenir des explications
DBTAILLÉBS (ur cc Sujet.
a Quel est donc enfin ce M. Crëmieux? un chef d'Élat ou un simple
particulier? Il nous semble que traiter avec lui comme avec un
personnage officiel n’est conforme ni h notre dignité , ni à notre bon
sens. Il n’y a pas, comme on sait, d’Ëtat juif en ce tnonienl. Il ne peut
donc être question d’un gouvernement juif, et moins encore d’un gou-
vernement universel I
a Ses succès en Roumanie l’encouragent peut-être à intervenir dans
les alTalrcs de nos Juils A Bucbarest, les conseils amicaux de Napo-
léon III peuvent être reçus commodes ordres; maisà Saint-Pétersbourg?
— Que M. Crémieux se rappelle à quoi sont arrivées des personnes
beaucoup plus puissantes que lui, quand elles ont voulu intervenir dans
les affaires de nos Polonais. >
.\insi parle le Russe; soit; mais la puissance de maître Crémieux ne
réside nullement dans sa personne. Elle est dans cette république uni-
verselle nommée par le Golos, et qui, chez les Juifs, porte le nom
mystique & Alliance israélite. C’est elle que le Golos accuse de prélu-
der au gouvernement universel que Juda se propose d’établir sur les
ruines des États chrétiens judalsés.
Cependant détournons-nous du czar , et revenons au prince de la
Roumanie. Ce prince fait une visite à Paris , où MM. les barons
Alphonse et Gustave de Rothschild l’irutruisani de l’étal des Juifs
soumis à son sceptre. Il est, se dit-il, a vivement touché du tableau des
souffrances auxquelles les Israélites de la Roumanie sont en butte de
la part d'une population fanatique, et veut bien déclarer qu'il usera
de toute son autorité pour prévenir le retour de faits si profondément
regrettables ».
Or, il arrive que, quelques jours après, les mêmes instances sont
faites au prince , à Paris encore , par l’Israélite Bamberger , consul de
Prusse : Allons, « pour vous prouver que Je n'ai aucune espèce de pré-
jugé contre les Juifs, reprit le prince, je m’invite moi-même chez vous...
demain je dînerai chez vous. »
< M. Bamberger rougit jusqu’aux oreilles » et finit par dire : « De-
puis plusieurs années je suis protestant; car, comme Israélite, le gou-
vernement prussien ne m’eiit jamais nommé consul I — Eh bieni
répliqua le prince;... pourquoi donc les puissances exigent-elles que
moi, en Roumanie, je sois plus tolérant et plus libéral que ne l’est le
chef de ma famille dans la Prus.se tolérante? a Archives israélites, XXI,
p. 643, 646; novembre 4869. Lire notre chapitre xi et y rapporter
cette note, qui pourtant ne verse point ici même un jour inutile.
En Gallicie, comme en Roumanie, « on peut (lire sans rxagé-
CAUSERIE. XXXIX
ration que les enfants d’Israël sont un véritable fléau. » Il s'y est
d’ailleurs organisé des spéculateurs de cette nation qui < se marient
plusieurs fois, dans des localités différentes, avec de belles et jeunes
Juives, pour les vendre ensuite en Orient et en Afrique », et les livrer
à des maisons de débauche (Tribunal de Neusande.) Puis, qu’une pau-
vre fille juive, pour se soustraire aux mauvais traitements de parents
dénaturés, cherche un refuge passager dans un couvent catholique, et
la population, soulevée par les Juifs, ira forcer cet asile pour en arra-
cher la jeune fille ' I
I Uermann Rtihn, Monde^ l*' noTctnbre 1869, et Corru})ondanee aUcmandet U. le
l'IaDC, pseudonyme uès-bieu posé pour voir et pour savoir.
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s
LES JUIFS
PREMIÈRE PARTIE
OU PRÉMISSES D'OU NOUS VERRONS DÉCOULER LES MOEURS DU JUIF.
C'EST-A-DIRE LA MORALE EN ACTION DU JUDAÏSME.
CHAPITRK PREMIER.
LES TRADITIONS.
Le Juif est le dernier des hommes, — Au contraire, le Juif est le pre-
mier des hommes! — Temps anciens; traditions pharisalques des
Rabbins ; elles sont la source d«i Talmud. — sont les
croyances, et par conséquent quelles sont les mœurs des Juifs? —
Le peuple juif distinct de tout autre peuple. — Le c.araclère qui le
distingue varie dès que se manifeste la décadence de sa loi religieuse.
— Celle loi éL il celle de Moïse. — Klle fut attaquée par l’idolâtrie,
dont les doctrines sont celles de la cabale sabévife primitive (voir à
la fin de ce livre), elpar-les t'aduions rabbiniques dont se forme le
Talmud. — Il y a donc un abime entre ces traditions talmudiques
et la loi de MoLse, que. depuis >e Christ, le Juif no peut appeler sa
loi religieuse sans mentir a l’hisloire et à sa foi.
O Juif, recule, et vile! car, un peu plus, et lu risquais
de nous toucher, loi le dernier des hommes! Ce que
rOrienl, lorsque nous l’avons parcouru, nous a fail voir,
c’esl que quiconque se respecle et le renconlre le crache
au visage, le louche de son bàlon, ou le caresse du bout
de son pied. Cependant, nos paroles te font sourire de dé-
dain, car l’or abonde dans tes coffres-, el qu’y a-l-il au-des-
sus de l’or? Ainsi raisonnes-lu^ nous le savons, et, vrai-
ment, lu raisonnes à merveille pour un Juif. Mais va, tous
n’ont pour le dire qu’une bouche^ l’or que lu caches et
1
* LES JUIFS,
celui dont tu fais étalage, a l’odeur du sang ou de la boue;
c’est pourquoi l’ennemi meme du prêtre catholique, M. Mi-
chelet, vient de le crier par dessus les toits : tu es l'homme
sur lequel tout le monde crache! Au large, Juif, au large!
et garde- toi bien de nous approcher : que ton vêtement ne
touche point le nôtre ' !
... Que disons-nous, mon Dieu! et quelles paroles indi-
gnes s’échappent de nos lèvres! Oh non, Juif, avance, toi
le premier, le plus parfait des hommes, l’élu du Ciel;
avance, et ne nous humilie point en reculant, si nous nous
approchons de ta personne. Antique adorateur du vrai Dieu,
quel sang plus pur et plus noble que celui du fds d’A-
braham, dont la généalogie écrite dans les pages de la
Bible, la plus certaine et la |>lus ancienne des histoires,
traverse sans s’y perdre les eaux du déluge, et remonte, par
une suite d’ancêtres connus, au premier des hommes. Nous
autres chrétiens, fils d’Abraham par adoption, et devenus,
depuis le Christ, les nobles devant Dieu et devant les hom-
mes, les maîtres de la terre et les héritiers du ciel, nous
voici choir dans l’ère de notre décadence; voici que nous
allons te céder la terre et Dieu. Prends-les vite, toi qui sais
si bien prendre, et rentre dans tes droits. Aux perfections
supérieures de ta constitution physique et. de tes facultés iiucllcc-
tueUes, qui nous étonneront tout a l’heure, ajoute, après
l’èrc de tourmente qui menace le monde, les perfections qui
te manquent. Missionnaire historique de la cité du mal , et
missionnaire futur de la cité du bien ‘, permets cependant,
ô Juif, notre maître déjà, notre seigneur bientôt, permets
qui) nous nous rapprochions de toi pour te traiter en frère
allié", ne nous crache pas au visage et ne nous crie pas :
Heenle !
Qcs deux mots, qui prétendent te résumer, nous ont fait
■ Ces mœurs sauvages disparaissent de l’Afrique française, où nos
lois les ont dt’jà réprimées.
^ Nous allons dans un moment expliquer ce qu’il y aurait d’énigma-
tique dans notre langage.
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CHAPITRE PREMIER. 3
entendre le pour el le contre. Enfant béni du grand pa-
triarche, problème dont l'inconnue commence à se dégager,
qu’es-tu donc, en définitive? Quelle vie menas-tu depuis le
Christ jusqu’à ce jour.? Que sont tes frères? Sont-ils un peu-
ple distinct et pur d'alliage? Sont-ils une race qui s’est mé-
salliée, fondue, ou qui se fond dans la masse des peuples?
Sont-ils les hommes d’un culte qui repousse comme impur
et maudit tout autre homme et tout autre culte? Où mar-
chent-ils? Quelle est leur mission? Que veulent-ils? Où les
porte, où les pousse le vent qui souffle sur ces vagues mo-
biles que des bouches éloquentes ont appelées l’océan des
peuples?
Réponse : — Malgré la différence énorme du jour pré-
sent aux siècles qui ne linirent qu’hier, les Juifs sont un
peuple tout autre que tout autre peuple qui vécut ou qui
vit. Leur foi, leur loi, leur cœur, se refusent à toute fusion,
la repoussent , et tout alliage leur est dégoût. Cependant
les Juifs sont une race d’hommes qui se répand au milieu
de toutes les races humaines ^ mais ce mélange apparent,
gardez-vous de l’appeler une fusion ; car nulle puissance en-
core ne saurait combiner l’élément juda'ique avec l’élément
humain que distingue un sang étranger, une foi qui tran-
che sur le Talmud. Et pourtant on les dit citoyens, ces
Juifs qui commencent à fouler aux pieds le Talmud, ce
code religieux du Judaïsme; ils se parent avec empresse-
ment de ce titre, chez les peuples où leur génie parvint à
conquérir le droit de cité. Déjà donc on peut commencer à
le dire : Il n’y a plus de Juif; le Juif disparaît de la scène,
le Juif s’en va
Plus de Juifs? Quelle bouche oserait l’affirmer? Non; ja-
mais, au conti'aire, il n’y eut plus de Juifs, et jamais le Juif
ne s’affirma plus hautement. Le Juif est partout, il va se
faire voir, il va nous expliquer l’énigme de sa marche et de
scs contradictions... Oui, qu’un incident semble un instant
lui annoncer celui qu’il ne cesse d’attendre pour Messie, et
soudain l’Europe verra ce que sont ces citoyens à nationa-
I.
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LKS JUIFS.
{
lilé double Ou bien, éclate une guerre, a|>rès que, se
pliant aux exigences de leur culte, rKurope libérale aura
séparé dans ses armées les légions judaïques des légions
cbrétiennes, et, si la question par un de ses côtés intéresse
Israël, lancez l’un contre l’autre les Juifs des Etats belligé-
rants. Cette éjireuve vous dira si les frères s'entr’égorgent;
si la foi du soldat l’emporte sur celle du croyant; en un
mot. si les descendants des douze tribus sont citoyens des
Etats chrétiens ou de la tiaiinn juive.
Une même et invariable croyance unirait donc l’un a l’au-
tre, chez tous les peuples qui les ont faits citoyens, ces hom-
mes d’un même sang, ainsi qu’une même foi joint et unif
l’un k l’autre, dans le sein de l’orthodoxie catholique, des
hommes de toutes nations?... Non! loin de là, maintntaut .
Cette union dans leur foi, qui fut invincible, et dont la du-
rée atteignit nos jours, a cessé d’être. Et, cependant, les
plus orthodoxes et les plus dissidents en Israël, c’est-à-dire
les deux extrêmes, ceux qui croient fermement et ceux qui
ne croient plus, fidèles à une mission qu’ils appellent di-
vine et dont ils sont les aveugles instruments, se rangent
sous le drapeau d’un même culte, reconnaissent pour chefs
les memes hommes, et se rencontrent fraternellement dans
les mêmes temples. Le sol du temple est pour eux le sol de la
patrie al senic; et cette patrie d’autrefois, cette patrie aprè.s
laquelle ils soupirent , celte terre sainte arrosée du sang des
fils de Chanaan, les uns la rêvent ce qu’elle fut ; les autres,
que dévore uue ambition sans limites, l’élargissent dans
leur insatiable convoitise et veulent qu’elle soit pour eux le
monde entier; car le Messie réel, ou symbolique, qu’ils at-
tendent, leur a promis la domination de la terre, l’oppres-
sion de l’Eglise du Christ, la sup|)res.sion du nom chrétien,
le prochain et universel assujettissement des peuples ; —
qui le croirait? Mais le Juif lui-même va nous l’allirmer.
Voilà donc quelle est encore la ferme attente du Juifl Assis
dans sa patience féline, il attend; il attend, aidé <le faction
de sociétés puissantes et occultes; machines irrésistibles de
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CHAPITRE PREMIER.
destruction, que la Cabale et le pliilosnphisine, dont il fut
et lie cessa d'être l’dme, organisèrent pour son triuinplie d’nn
bout k l’autre des siècles et des empires
Mais ce peuple unique dans son genre, ce peuple à la fois
exclusif et cosmopolite, ne le jugeons que sous le jour décisif
de l’évidence, et que sa propre parole soit celle de nos
principaux arrêts. Hardis soyons donc à nous enfoncer pour
quelques instants dans le passé , c’est-k-dire k remonter
quelques échelons de l’échelle des siècles, alin de do-
miner le cours des choses et d’étendre sans efforts nos
regards.
Avant tout, cependant, usant d’une utile précaution de
discours, nous nous tournerons vers le lecteur et nous lui
crierons : Qui que tu sois, homme qui passes k la portée de
notre plume, juif ou chrétien, si tu nous dis qui tu hantes,
nous te dirons qui tu es. Rien de plus incontesté que cet
adage, car un secret ressort pousse k l imitation ta nature-,
et ceux que, de préférence, nous te voyons rechercher, ce
sont ceux du côté desquels versent tes penchants. Le cœur
nous entraîne et si vite et si loinl le cœur fausse et tord si
puissamment notre intelligence! .Mais nous dirons aussi
carrément k tout inconnu : Si nous savons ce t/ue tu crois,
nous t’apprendrons ce que tu fais. Car l’homme agit d’après
sa croyance; sa foi gouverne et façonne ses mœurs. Il croit
k l’excellence de telle nourriture, il la fait entrer dans son
régime; il croit que. tel chemin conduit k tel but, il engage
ses pas dans ce chemin s’il veut arriver k ce but. Donc telle
sera la croyance religieuse d’un homme, telle sera la règle
de ses mœurs, sa morale, tels seront ses actes, sa vie; et
c’est l'a ce que les siècles ont prouvé.
N’avons-nous point vu les dogmes et les mystères du
paganisme souiller dans sa lleur la jeune fille, instruite k
croire, et, par l'a même, k pratiquer les leçons d’un culte
immonde? Ne les avons-nous pas vus flétrir et ravaler la
' Nos recherches nous obligent à voir dans la cabale tout autre chose
que ce qu'y vit Bergier. Voir plus bas.
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6
LES JUIFS.
matrone, remplir les temples de prostitiides au nom des
dieux du ciel, introduire et fonder, sous mille formes, la
servitude morale à côté de l'esclavage corporel et du culte
homicide?
La loi du Christ, au contraire, la foi chrétienne n’a-
t-elle pas fait germer les vierges? n’a-l-elle pas relevé par
la pénitence la virginité déchue des Madeleine? n’a-t-elle
pas humanisé les bêtes féroces qni hurlaient les idiomes
du Nord? n’a-t-elle pas dissous, plutôt que brisé, les
fers des ergastules? Et, jusque dans la boue de sang des
amphithéâtres, remuant la pourriture du cœur romain,
n'a-t-elle pas fait sortir des ardentes moiteurs de ce fumier
les perles vivantes de la charité, du dévouement et du
martyre?
Or, ce que l’histoire a dit de l’idolâtre et du chrétien,
qui de nous oserait le nier du Juif? Si donc nous retournons
l’ordre des choses, comment, â prendre le Juif d’âge en
âge, â suivre les parfums, les senteurs de vices ou de vertus
dont il sature autour de lui l’atmosphère -, â le juger jadis et
aujourd’hui par ses actes, par scs mœurs, par les irrésis-
tibles colères ou par les sentiments excessifs qui de toutes
]iarts ont éclaté sur scs pas , comment ignorer ce que fui et ce
que devient sa foi ?
Source et mesure de ses actes, sa croyance dut être et fut
en effet, la raison, la source et la mesure de sa moralité.
Tant valait celle foi, tant valut le Juif. Eh bien, que crut-il
donc, et que croit-il aujourd’hui? quelle est sa loi, c’est-
à-dire, en d’autres termes, quelle est sa foi?
Vous qui l’écoutez, chapeau bas! car, s’il dit vrai, ce
Juif, sa foi, c'est la loi de Moïse! Dieu la traça de son doigt
sur la pierre de la montagne, lorsqu’elle s’était effacée de la
pierre du cœur humain. Et c’est en serrant le Décalogue
contre sa poitrine avec les démonstrations de l’amour que le
Juif s’écrie : Voici le code immortel de ma croyance! (espé-
rant donner le change an chrétien et défier sa critique). A.
Mo'ise donc de nous dire ce que croit Israël.
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CHAPITRE PREMIER.
7
Un seul Dieu créateur sera ton Dieu; — Tu ne tueras
point; — Tu ne commettras pointée fornications; — Tu ne
déroberas point; — Tu ne porteras point de faux témoignage;
— Tu ne convoiteras ni la maison de ton prochain, ni sa
femme , ni son serviteur, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune
des choses qui lui appartiennent... Voilà, voilà la foi, voilà
la loi du Juif! Respect et honneurà ce digne croyant , et que
la porte des alcôves , que celle des plus secrets coffre-forts
restent ouvertes devant la main de cet homme; car, au
simple énoncé des préceptes de sa religion et des règles de
sa morale, qui ne croirait voir en lui le modèle, la foice et
la joie de l’humanité?
Telle est en effet la conclusion à laquelle nous amène en
faveur du Juif l’Israélite Bédarride. Et que notre étonnement
soit de courte durée, car si tout s« voit en France^ tout, à
plus forte raison, doit se dire. Sachons donc prêter une
oreille complaisante à ce tils de la race judaïque.
« Le monde, nous dit-il , a découvert qu’il est impossible
de détruire les Juifs... Pharaons égyptiens, rois assyriens,
empereurs romains, croisés, Scandinaves, princes goths,
saints inquisiteurs, tous ont déployé toute leur énergie pour
arriver à ce but. » Et cependant, « les Juifs, après ces coups,
sont probablement encore plus nombreux aujourd'hui qu’ils
ne l’étaient à Jérusalem à l’époque du règne de Salomon '. [.a
conséquence à tirer de ces faits, c’est que l’homme ne peut
manquer d’échouer quand il tente de violer l’immuable loi
naturelle qui veut </u’une race supérieure ne soit jamais détruite
ou absorbée par une race inférieure. »
Cependant, « il ne faudrait pas se méprendre sur le sens
de ces mots : race supérieure. Les Juifs ne sont pa.«, ne
prétendent pas être, indwidudlemeni , supérieurs au reste des
hommes ; mais ils sont dépositaires d’une loi qui, remontant
au berceau du monde, se trouve, quand on la considère
' Même pensée dans Coninqsby, de M. d'Israëli, homme d’Êlal bri-
tannique d’origine juive; elle y est plus insolemment exprimée : Oo
you Ihink thaï the quiet humdrum, etc., p. 183. — Paris, 1844.
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8
LES JUIFS.
dans son essence, quand on l’examine dans sa pureté,
au niveau de la civilisation la plus avancée... Voilà l’écueil
contre lequel les persécutions sont venues se briser-, voilà ce
qui explique la merveilleuse résistance des Juifs '. »
Oh non! tel n’est certainement pas l’écueil contre lequel
les persécutions sont venues se briser , car de longs siècles se
sont écoulés depuis que le code religieux de Moïse a cessé
d'être le régulateur de la nation juive-, et d’ailleurs, le fût-
il encore, ce serait faire une brutale insulte à la raison de
l’homme que de comparer à la loi magnifique, mais ter-
rible, qui porte le nom de Moïse, la loi d’amour ou de cha-
rité du Christ, la seule, si l’iiistoire est un témoin fidèle,
dont la vertu parvint à civUUer le monde des nations policées
et le monde des hordes barbares. .
Afiirmer que la loi de Moïse est la loi du Juif, ce serait
tromper les peuples disposés à le juger d’après sa foi-, ce
serait jeter au milieu du monde social l’assertion la plus
dangereuse par ses conséquences, et la plus fausse en réa-
lité^ cependant, la ténacité caractéristique des fils de Jacob
ne se lasse point de la reproduire au milieu des nations
chrétiennes, et toujours elle s’y reproduit avec un étonnant
succès^ telle est, au'ourd'hui^ la singulière et calamiteuse
ignorance des peuples sur les personnes et les choses du
judaïsme. Aussi voyons-nous cette monstrueuse et grotes-
que erreur tourner au très-grand et singulier avantage du
Juif le cours des relations d’homme à homme, les disposi-
tions du législateur et les plans de la politique européenne,
tandis qu’elle facilite l’œuvre des philosophes, qui, devenus
les docteurs infaillibles de l’humanité, se sont faits les auxi-
liaires des ennemis de la foi chréiienne, les hommes du Juif.
Entre les autorités sans nombre dont la parole a tranché
‘ Page 434. Les Juifs en France, en Italie, en Espagne, 2' édit., par
Bédarride, avocat à la Cour impériale de Montpellier, chevalier de la Lé-
gion d’honneur, ancien bâtonnier, Paris, 1861. Nous ne voulons nulle-
ment douter de l’honorabiliié de M. Bédarride, mais il est avocat, il est
Juif, et nous verrons, chemin faisant, de quelle encre les Juifs écrivent
l'histoire...
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CHAPITRE PREMIER.
!♦
cette question, l’illustre hébraïsant Buxtorf nous a tenu ce
langage ' : « Les Juifs ont puisé les fondements de leur
croyance, et de toute leur religion, non pas dans /es /tires de
Moïse, mais dans des traditions monstrueuses, fausses, frivoles,
et dans des fab/es racontées par des séducteurs de la sccte pha-
risaîque*. » Cependant une Irès-lionorable exception à ce
prodigieux écart du bon sens judaïque s’olfre b nous dans la
secte imperceptible des Caraïtes, dont l’existence est la con-
firmation vivante des paroles de Buxtorf. Mais le nom de ces
fidèles sectateurs de Moïse nous est probablement inconnu^
demandons-nous donc ce que sont ces Juifs dissidents, et
quel est leur nombre?
n.lJiie seule secte, celle des Caraïtes, ne reconnaît que la
loi de Moïse, et rejette le Ta/mud; mais cette secte ne
compte pas au delà de douze cents jidè/es' . »
Les Caraïtes, en effet, rejettent tout /e système traditionnel
des Pharisiens; et c’est h ce système que fut et que reste
étroitement attachée la presque totalité des membres judaï-
sants de la nation juive, dispersée sur la surface du globe.
Car II l'entêtement pour les prétendues traditions a passé des
Pharisiens anciens aux modernes. » Ceux de nos jours sou-
ticniieut donc que le Juif « qui rejette /a /oi ora/e, — c’est-
à-dire la loi traditionnelle ou pharisaïque, — devient apo-
stat, et qu’il mérite /a mort sans aucune forme de procès. » Il
' Professeur à Bâle, né en (554, mort en (649.
5 Synay. Judaïc., eap. xxxvi.
^ Douze cents sur quatre millions de Juifs! //ist. des affaires de
Syrie, eic., par Ach Liiurenl, membre de la Société orieniaie, i vol.
in -8». Paris, (846, Gaume, t. Il, p. 353, et iuiires auteurs.. t a Les
Karattes, dit le H. P. Bonaveniure du Maine, ont pour auteur un
ceriaiii Anen, qiii vivait à Babylone vers l'an 740 de notre ère. Le
savant Israélite Samuel David Luzzato. de Trieste, professeur à Padoue,
démontre avec sa lucidité ordinaire dans ses l’rotogemeni ad una
grammatica ragionata délia lingua Ilebraica, p. (5, que Triglandius
s'est trompé en soutenant l'antiquité prétendue de cette secte... »
Congrès de Malines, 4* session, 1864, M., t. I'% p. 4(4. — Les
Karaltcs, dit M. l'abbé Blanc, dans son excellent Cours d'histoire
ecclésiastique, les Karattes, dont l’origine n'est pas moins incertaine,
Mraisseni toutefois remonter à un siècle et demi avant l'ère chrétienne.
T. I", p. 9. (867.
*
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40
LES JUIFS.
est en outre de notoriété que leur haine ne connaît aucune
borne « contre les Caraïtes, religieusement attachés au texte
de U aise cl à la parole de Dieu »
Cependant, les changeracnis les plus étranges, cl de la
plus singulière rapidité, s'opèrent depuis quelques années
dans le sein de l'immuable Judaïsme, et nous lisons sans
trop d’étunnement, dans la Iteme libérale des Judàisants
français, cette nouvelle, b laquelle, il y a moins d’un siècle,
tout Juif (le bon sens eût refusé de croire : « La commu-
nauté juive des Karaïtes de la Turquie d’Europe forme un
chiffre d’environ quatre-vingt-dix familles, et tous ses mem-
bres viennent de se joindre b l’Alliance Israélite univer-
selle *. »
La Synagogue, avant l’époque de décadence actuelle,
avait donc presque universellement osé mettre Moïse b l’in-
dex; elle avait fait des livres sacrés de la Bible l’escabeau
de scs docteurs; et Pfetfercorn , Victor de Cobden, Jér(‘)me
de Sainte-Foi, devenus chrétiens après avoir doctement
vécu dans les doctrines du Talmud, c’est-b-dire dans l'obéis-
sance aveugle aux traditions rabbiniques, démontrèrent que les
Juifs modernes ont « non-seulement abandonné la loi de
Moïse » pour se livrer b des doctrines orales et b de capri-
cieuses interprétaiions, mais qu’en outre « ils ont introduit au
' Histoire des Juifs, pour servir de supplément et de continuation à
celle de Joseph, Paris, 4710, t. I. p. 389 : citée désormais. Histoire des
Juifs, continuation. — Id. Oes Juifs au dix-neuvième siècle, etc.,
par M. Bail, ancien inspecteur, etc., très-favorable aux Juifs. î'édit.
Paris, 1816, in-8“, p. 89, etc.
t Archives israélites, n” XVI, 48 août 4867, p. 766-7. Un autre
chapitre nous apprendra ce qu'est celte alliance universelle. — Iæs
mêmes Archives venaient de nous dire: « Toulefoi-les Karatles. secte
Israélite très-orthodoxe, refurcrent de suivre leTalmudau di làdu sens
littéral de la Bible; ils traitèrent les autres Juifs d'héré ique-, parce
que, disaient-ils, ils avaient commis une ii frartion à la loi ; Tu n'aug-
menteras pas sur lui, lu ne diminu'ras pas sur lui. üeuléronume.
XIII, I, et IV, 2, Ib. A'chives, n“ .\I.X, I" octobre " 866, p. 814-5.
Il faut que la doctrine du pru;iré.s , adoptée d'hier dans notre ju-
daïsme, rende un joda'i'.-anl bien libéral p >ur lui faire qualifier de l'ad-
jectif orthodoxes les conlempieors des ira iilioiis talmudiques, ceux
qu'un si grand crime rendait naguère, et continue de rendre en tant
de pays, dignes de mort sans forme de procès.
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CHAPITRE PREMIER.
sein de la Synagogue des maximes entièrement opposées au
Mosaïsme et a la raison naturelle. » Déjà même Adrien
Fini comptait « douze dogmes pharisaïques combattus par
Notre-Seigneur dans l’Évangile comme contraires h l'esprit
des lois de Moïse et au droit des gens; et il ajoutait que
cette doctrine s’était maintenue jusqu’à nos jours parmi
tous les Juifs dispersés dans le monde '. »
Que si donc nous remontons au moment où ces traditions
menteuses étaient devenues vulgaires, nous rencontrons le
Juif lalmiidisant dès avant le Talmud et le Christ. C’était l’é-
poque où Juda commençait à changer d’aspect, où sa beauté
pâlissait, où la pureté de la croyance allait cesser d’être le
trait caractéristique entre le Juif et le Gentil : calamité que
le législateur s’était eflbrcé de prévenir. Car, tant de rites
minutieux de la loi Mosaïque, tant d’usageset de restrictions
ridicules aux yeux de ces observateurs superficiels dont l’es-
prit ne peut faire une halte auprès d’un sujet sérieux sans
donner cours à sa verve puérile et railleuse-, tant de pres-
criptions accumulées et pénibles, n’avaient eu pour objet
principal que de préserver le Juif des corruptions de l’idolâ-
trie*, en l’isolant de l’idolâtre par les obligations d’un com-
merce avec la loi divine dont la fréquence égalât l’intimité.
De ce commerce étroit et incessant étaient nés l’intelli-
gence et l’amour des choses justes et saintes, haute distinc-
tion d’un peuple d’élusî Mais le temps n’était venu que
trop tôt où les séductions de l’idolâtrie payenne avaient en-
vahi le peuple saint-, où la malice humaine, mêlantaux doc-
trines patriarcales le venin de ses doctrines, ne laissait plus
subsister de la loi religieuse que la lettre morte; froid cada-
vre que des mains sacrilèges ne venaient remuer auprès de
l’autel (jue pour provoquer le courroux céleste.
Deux siècles environ avant le Christ (175 ans), on voit le
• L. IX, cap. in, l’Église et la Synagogue, par L. Rupert. Caslcr-
man, Paris, 1859, in-18.
2 DU gentium dœmonia, Ps. xcv, 5. El tels étaient les dieux sa*
béisles de la cabale, c’est-à-dire les dieux de la tradition démoniaque.
Voir ailleurs dans mes chap.
12
I.ES JUIFS.
commerce des Grecs corrompre les Juifs, el « des enfants
d'ini(|uitc sortent d’Israël ». «.\llons, disent-ils, et faisons
alliance avec les nations qui nous environnent; car, depuis
que nous nous sommes retirés d’elles, nous sommes tom-
bés dans un grand nombre de maux »... Et ces Juifs de-
viennent sans doute pour leurs frères un objet de scandale
et d’horreur.^ — Oh non! nullemenl. Le progrès dans la
décadence, dont le dix-neuvième siècle nous offre chez le
Juif moderne un nouvel exemple, avait trop largement en-
vahi Juda pour que le cri public s’élevât contre ces préva-
ricateurs; et loin que l’excès d'audace qui les rapprochait
des nations étonnât la multitude, elle se prêtait â ces indi-
gnités. Jeshna, le frère du grand prêtre, osa refondre son
nom parce qu’il était hébraïque, le transformer au nom de
Jason, et partit à la tête d’une députation chargée de solli-
citer la sanction d’Antiochus Ëpiphane, celui que l’Ëcriture
nomme une racine d’iniquité. Ce prétendant convoitait avec
ardeur la grande sacrificature; il offrit au roi des sommes
immenses afin de l’obtenir, et d’engager Antiochus h lui
permettre d’établir à Jérusalem nue académie pour la jeu-
nesse, en même temps qu’il rendrait les habitants de cette
ville citoyens d’Antioche '.
Or, n le roi lui accorda ce qu'il demandait, et le nou-
veau pontife n’eut pas plutôt obtenu la principauté qu’il
lit prendre b ceux de son pays les mœurs et tes coutumes des
Gentils Il renversa les ordonnances légitimes de ses
concitoyens pour en établir d’injustes et de corrompues ; il
eut la hardiesse d’établir un lien d’exercices jusque sous la
forteresse, et d’exposer les jeunes hommes les plus accom-
plis dans des lieux infâmes Les prêtres mêmes ne s’atta-
chant plus aux fonctions de l’autel , méprisant le temple et
négligeant les sacrifices, couraient aux jeux de la lutte et
aux spectacles. Us ne faisaient plus aucun cas de ce qui était
en honneur dans leur pays, et ne voyaient rien de plus
' Machabées, Bible, liv. 1", rhap. C, v. t 2 à 16.
CHAPITRE PREMIER.
i;t
grand que d’exceller en tout ce qui était en estime ekez les Grecs.
Une dangereuse éinulalion s'y excitait entre eux, car iis
étaient jaloux des coutumes de ces payens, et affectaient
d'être en tout semblables à ceux qui avaient été les mortels en-
nemis de leur pays »
Or, chez les Juifs, la religion et la loi n’étaient qu'une
seule et même chose! S’adonner aux mœurs abominables
des Gentils, toucher aux prescriptions des livres Mosaii|ues,
modifier les usages dont ils étaient le code sacré, c’était
profaner et violer la loi. L'a|)ostasie commença donc, vers
l’époque où nous sommes remontés, ’a devenir commune^
et, malgré le nombre des vrais adorateurs, malgré les saints
et les martyrs qui témoignèrent de leur fidélité par l'effu-
sion de leur sang, tout se corrompit dans la nation. Puis,
grâce à cette bonteuse décadence du sacerdoce et du peu-
ple, grâce 'a l’étrange savoir-faire et à la magistrale hypo-
crisie des Pharisiens, les traditions et les doctrines de ces
novateurs se mêlèrent jour h jour aux traditions sacrées des
patriarches et des prophètes.
Et cependant ces doctrines, ces constitutions que l’his-
toire ne peut nommer tradiiionnelles sans ajouter et répé-
ter aussitôt qu’elles découlent d’une source exirajudaïque
et impure ‘, les Pliarisiens prétendirent les avoir reçues des
mains de leurs ancêtres, et ils en infectèrent l’esprit du
peuple. Mais « les Saddiicéens les rejetèrent, parce qu’elles
n’étaient point comprises dans les lois que donna Moïse, les
seules, soutenaicr.t-ils, que l'on fût obligé de suivre. De
cette contestation se formèrent des sectes diverses » -, et le
petit nombre, c’est-’a-dire « les personnes de condition, em-
brassèrent le parti des Sadducéens, tandis que ce fut du
côté des Pharisiens que se rangea le peuple >■
Un zèle sans bornes pour ces vaines ou détestables tra-
> Bihie, Machabêrs, liv. II, cli. iv, v. 7, de. Id. Jofèplie, Hist.,
liv. XII, c. VI.
* Le t;hrist leur disait : Vas ex paire diabolo. S. Jean, viii, 44.
^ Josèphe, J/is/., liv. XIII, ch. xviii.
44
LÈS JUll'S.
dilions forme le trait caractéristique de ces sectaires. Outre
la loi donnée sur le Sinaï, Dieu, s’il eût fallu les croire,
« avait confié verbalement à .Moïse un grand nombre de rites
et de dogmes qu'il avait fait passer à la postérité sans les
écrire ». Ils nommaient les bouches par qui s’élaient con-
servées ces prétendues traditions, auxquelles ils attribuaient
la meme autorité qu’ii la loi, et leur entêtement pour elles
a a passé des Pbarisiens anciens aux modernes », c’est-à-dire
aux sectateurs des écoles rabbiniques '.
Que la Synagogue Mosaïque, ainsi que l’Église du Christ,
ait eu ses ti'aditions légitimes à côté de ses saintes Écritures,
c’est ce que nous sommes loin de nier^ au contraire! Et ces
traditions qui se lient aux textes sacrés, pour les interpréter
et les soutenir, sont celles mêmes du catholicisme; elles ne
sont donc ni les doctrines des Pharisiens ni celles d'une
secte quelconque. Écoutons :
« Outre la loi écrite, nous dit une des grandes autorités
de l’Église, saint Hilaire , Moïse enseigna séparément les
mystères les plus secrets de la loi aux soixante et dix an-
ciens, institués dans la Synagogue en qualité de docteurs
chargés spécialement d’en transmettre la connaissance *. »
Mais rien de pareil , rien de divin dans les doctrines tradi-
tionnelles des Pharisiens. Au contraire, ajoute un ancien
docteur du judaïsme, noire contemporain; et i' comme les
, rabbins, c’est-à-dire les Pharisiens, audacieux falsificateurs
de la véritable tradition, exagèrent tout de la manière la plus
extravagante, ils prétendent que Dieu révéla à .Moïse non-
seulement tout l’Ancien Testament, mais encore laMischna
et les deux Ghemara (c’est-à-dire le Talraud) telles qu’elles
ont été rédigées par la suite, avec toutes les contestations de
Hillel, de Schammaï et autres docteurs, voire tout ce qui
devait passer par le cerveau fiévreux du moindre rabbin
jusqu'à la fin du monde ’ I »
' Uistoire.des Juifs, contin., p. 389. 76.
5 éium idem Moyse.s,quamvis, etc. Tract in. xi Ps., edil. Bencd.,p. Î8.
^Talmud, Traité JdeghWa, fol. 19, v“. ht. Medrascli-yalcul,
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CHAPITRE PREMIER. , la
Il existe donc en fait un abimc, — et no(ons-lc bien pour
l’inlclligcnce de notre sujet , — entre les traditions de Moïse et
la traditions humaines ou pharisaïques, dont le Cbrist flagelle
l’orgueil et le mensonge par ces paroles ; « O Pharisiens !
pourquoi vous-roêmes violezuous le commandement de Dieu
pour suivre votre tradition!' Hypocrites! Isaïe a bien pro-
phétisé de vous quand il a dit : Ce peuple m’honore du
bout des lèvres, mais son cœur est loin de moi; et c’est en
vain qu'ils m’honorent, enseignant des maximes et des ordon-
nances humaina '! » « Laissant là le commandement de Dieu,
vous observez avec soin la tradition des hommes N’êtes-
vous pas des gens bien religieux , de détruire le commande-
ment de Dieu pour observer eo/re tradùion tradition que
vous avez vous-mêmes é.ablie * !
Que dire, après de telles paroles, des traditions pbarisaï-
ques, qui, déjà même avant le Cbrist, et de son vivant, com-
mençaient à détruire la loi de Moïse? Que dire du pêle-mêle
de ces puériles et abominables traditions, accrues de celles
qu’y ajoutèrent les Pharisiens postérieurs au Christ, et que
leurs docteurs, créés pour rendre illusoire et vaine la loi de
Moïse, enseignèrent aux Juifs jusqu'à nos jours sous le titre
de doctrine talmudique? Que dire en vérité? Nous le sau-
rons un peu mieux tout à l’heure, lorsque nous apprendrons,
en prêtant l’oreille à quelques-unes de ces traditions talmu-
diques, à quel point il s’en faut que le Juif orthodoxe depuis
le Christ soit le Juif de l’orlhodoxie Mosaïque.
Ce premier mot était indispensable à nous préparer aux
intéressants chapitres des mœurs talmudiques et de la Ca-
bale, tandis que, de page en page et de mieux en mieux, va
désormais se découvrir à nos yeux cette audacieuse et insi-
gne fausseté, sans cesse répétée par les rabbins modernes
1™ partie, n" 105. Harmonie entre V Eglise et la Synagogue, 1. 1, p. tî6.
Pans, 48il, Drach.
* S. Mailh. Evang., chap. xv, v. 3, 7, 8,9. — Id. S. Marc. Evang.,
cliap. VII, V. 6, 7.
“ Evang. S. Marc, vu, 8, 9, 13, Docentes doctrinas et prcecepta bo-
minum, etc.
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IG * LES JUIFS.
au grand bénéfice du judaïsme : que la loi de Moïse est la
loi du Juif.
Et lorsque nous saurons ce que croit le Juif, quelle est sa
foi, quelle est sa loi, ce que sont ses docteurs, nous saurons
ce que doit faire et ce que fait le Juif; nous saurons ce qu’il
est, et nous avons tout prolit à le savoir!
CHAPITRE DEUXIÈME.
LE PH.VRISIEN ANCIEN, PÈRE ET TYPE DU PHARISIEN
MODERNE,
Ou temps anciens, qu’il est indispensable de connaître pour comprendre
l'époque actuelle.
Ce que sont les Pharisiens. — Dévolions, macérations, hypocrisie,
faveur populaire, orgiied, pnidige de leur puissance, exemple. —
Leur pant’gvrique dans la bouche du rabbin mooerno. — Leur por-
trait, hideux dans l’Evangde, qui nous dit : Faites ce qu'ils disent,
et ne faites point ce qu’ils font I — Pourquoi? — Etrange vertu de
la chaire de vérité. — Pour le Juif l'Evangile n’est que h’gende
malsaine, et c’esi gloire pour le Pharisien que d'èire flétri dans ses
[lages — Le fondateur de la loi d'amour et de fra ernité, après les
prophètes, ce n’est pas Jésus, c’est Hillel, et les Pharisie is -on' ses
disc.iple-i. — Leur portrait par eu\-mém"s. — Pr diges de leur
avcugioinenl. — Puisipie le Pharisien repousse l’Evangile, laissons
de côté lesévangéli'les, et n’inlei rogeons à son endroit que l’hisloire
profane. — Les Juifs seraient-ils de grands mist>rdbles? — On est
loin de généraliser une telle afliruialion. — Conclusion : le lecteur
est en mesure de la tirer.
Juif orthodoxe, Juif des iradilioiis talmudiques, on vient
de nous tlire, et le bruit court, que tu te meur.s. S’il y a
quelque vérité dans cette nouvelle, daigne en recevoir notre
compliment sincère, et s’il te reste un filet de voix, jtarle;
dis-noiis, avant de rendre le dernier souffle, dis-nous quel
est ton âge, dis-nous quelle est ta date, quel est Ion maître?
— Je me porte assez bien pour te répondre, curieux inter-
rogateur, et ma bouche fera plus d’une réponse encore à les
survivants! Eb bien, le Pharisien est mon maître, il est mon
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I
CHAPITRE DEUXIÈME. ^
père, la famille pharisaïque date de Moïse, et nous avons
reçu de sa bouche nos traditions, c’est-à-dire les splendeurs
sinaïques de ia loi orale, dont il nous a faits les dépositaires et
les interprètes. — Erreur, erreur. Pharisien; car, d’après
l’historien Josèphe, membre de ta secte, et d’après saint
Jérôme, ce docte hébraïsant qui vécut dans l’intimité de tes
docteurs, l’origine du pharisaïsme ne remonte point au delà
d Hillel , ou de Jonathan, i un des Machabées; elle ne sau-
rait s’élever d’un siècle et demi au-dessus de la date du
Christ
Mais de la question de temps passons à celle de la per-
sonne. Le livre sacré de Juda, le Talmud, si tu lui laisses la
parole, nous apprendra que la secte pharisaïque se divi-
sait en sept ordres, reconnaissables à leurs pratiques de dé-
votion. « L'un mesurait l’obéissance selon le profit et la
gloire; l’autre s’étudiait à ne point lever les pieds en mar-
chant; le troisième frappait sa tête contre les murailles, afin
d’en tirer du sang; un quatrième la cachait dans un capu-
chon, et, de cet enfoncement, abaissait ses regards sur le
monde comme du fond d’un mortier ; le cinquième s’écriait
d’une voi.x fière : Que faut-il que je fasse, et je le ferai.?
Qu’y a-t-il déjà que je n’aie fait? Le sixième obéissait par
amour de la vertu et de la récompense; enfin le dernier
n’exécutait les ordres de Dieu que par la crainte de la
peine *. »
Ces ordres, observons-le bien, en jetant ce coup d’œil in-
dispensable sur les temps antiques, ne formaient que les
insignifiantes nuances d’une masse homogène; et, simples
particuliers, les Pharisiens, composés de lévites et d’hom-
mes de toutes les tribus, comptaient quelquefois dans leurs
rangs les grands sacrificateurs, vivaient sans vœux, sans rè-
gles déterminées , et semblaient n’avoir pour but que d’ai-
‘ Voir plus bas sur Hillel ; mais les rabbins « me débitent que des
conjectures sur l’âge de ce fameux défenseur des traditions, d Hi$t
des Juifs, suppl, t. I", p. 358. Paris, 1710.
* Ibid, p. 379.
2
48 LES JUIFS,
teindre une vertu plus haute dan» la voie de leurs tradi-
tions
Avides des louanges et de l’estime du peuple, les Phari-
siens embrassaient avec empressement les grandes austéri-
tés de la vie. Ils se livraient aux jeûnes, aux veilles et h la
mortiflcation des sens^ mais l'orgueil s’unissait en eux aux
exigences d’une hypocrisie sans bornes. Ils avaient l’art de •
ne se laisser voir au dehors que sous le masque d'un visage
pâle et que l’exténuation défigurait. La trompette annon-
çait dans les synagogues et dans les places publiques la
solennelle distribution des largesses qu’ils laissaient tom-
ber dans le sein du pauvre. Voyez , voyez ces hommes de
bonnes œuvres et de méditation s’arrêter au coin des rues,
et paraître s’oublier sous l’œil admirateur des foules-, on les
dirait anéantis dans les extases de la prière!...
Mais le for intérieur de leur maison s’oITre à nous-, la
porte nous en est ouverte, et leur lit s’avance pour frapper
nos regards. Ce lit, c'est une planche étroite et disposée de
manière â ménager une chute dangereuse au dormeur dont
le sommeil aurait ses franchises. Les épines et les cailloux
dont une main savante le jonche sont un remède contre la
volupté j et ces fouets terribles dont la muraille fait parade
servent aux flagellations qui leur méritent le nom flatteur de
tire-tang; d’autres obtiennent, il est vrai, ce titre par leur
marche dans les rues les yeux baissés ou fermés; car ils
doivent h ce recueillement de se heurter et de se meurtrir
sans cesse contre les murailles. Ceux que vous voyez un peu
plus loin s’avancent tête basse et le dos voûté. La pensée
de respect qui les anime est celle-ci ; leurs tradition» ensei-
gnent que ce qu’ils appellent les pieds de Dieu ne s’élèvent
que de quatre pieds au-dessus de la terre; ils se courbent
donc i>our ne point les profaner en les touchant. Que si leur
pas traînant rabote le pavé des rues, sachons que cet oubli
de leur personne et de leurs actes n’a pour but que de
marquer au peuple la sainte et consolante élévation de leur
I Ibid., p. 359-380.
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r.llAPITRK DEUXIÈME. 19
%
esprit vers les choses du ciel. Le bas de leurs robes est
d'ailleurs armé d’épines, et le bord de leurs vêtements, non
moinsque leurs manches, se garnissentde phylactères, c’est-
à-dire de petites bandes que couvrent, à leur usage et à l’usage
des passants, les plus belles sentences. Mais le catalogue de
leurs observances est interminable ; aussi , jusque devant
Dieu, leur conscience se rend-elle un éminent témoignage,
et les proclame-t-elle supérieurs au reste des hommes!... Le
Pharisien se séparera donc de la foule, car ce qu’il dit, il
le croit ; il s’en isolera comme si l’attouchement d’une per-
sonne étrangère à sa secte lui était une souillure ; et si le Fils
de Dieu lui devient un sujet de scandale, c’est surtout lors-
qu’il commet l’indignité de se laisser approcher et toucher
j>ar des pécheurs.
Ces Pharisiens, i|ui peut-être ne nous sédui-sent guère, et
qui furent les premiers à s’arroger le nom doctoral de Maître ,
ou de rabbin , surent mêler assez d’adresse aux grossièretés
de leur hypocrisie pour s’emparer de l’esprit du peuple et
le manier à leur gré. Les princes mêmes et les rois avaient
fini par trembler devant eux , et le plus souvent la puissance
du souverain était trop légère pour faire équilibre à leur
crédit. Un seul exemple que nous empruntons aux temps
reculés répandra sa lumière jusqu’à notre époque et nous
dispensera de tout autre.
Un beau jour, l’un des rois de la nation juive, Alexandre,
après avoir bravé quelque temps la haine et les outrages du
peuple, repousse l’insulte par le carnage. La guerre civile
naît de ce sang. .Mais, au bout de six ans de combats et
de massacres, le prince fatigué s’adoucit : « Réconcilions-
nous, dit-il à scs adversaires; parlez, et (|ue faire jwur ob-
tenir vos bonnes grâces? — Te tuer! voilà quelle fut la ré-
ponse. — La guerre, la guerre donc, et la guerre à outrance, »
reprit Alexandre. Or, un jour qu'il avait obtenu quelque suc-
cès, il lui prit fantaisie de se donner un pas,se-temps d’iiu
goût tout oriental. Ordre fut donné par ses gens de réunir
pour un festin champêtre ses concubines. L’obéissance fut
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în
LES JUIFS.
promple, et, du haut de réminence où ces femmes étaient
assises, il dirijiPa leurs regards vers un espace où se dressaient
huitcentscroix. Ces instruments de supplice étaient inoecu-
pés; mais, l'instant d'après, et sur un signe de sa main, un
nombre égal de vaincus, c’est-'a-dire huit cents pharisiens,
y furent attachés. C'était ([iielque chose déjà que cette ven-
geance. Cependant, atin de donnera la terrible agonie de
ces malheureux un relief qui semblait y manquer, leurs
femmes et leurs enfants amenés au pied de ces croix eurent
'a tendre la gorge au fer des bourreaux, et tombèrent égorgés
sous les yeux de leurs maris '.
A quelque temps de là, ce même prince git étendu sur son
lit de mort. 11 est entouré de ses enfants, et sa femme
Alexandra laisse éclater auprès de lui sa désolation et ses
terreurs... « Calmez- vous, écoutez-moi ; suivez mes conseils,
et cessez de craindre, lui dit le mourant, qui sait son
monde. Tout à l'heure , la place que mes soldats assiègent va
tomber entre leurs mains. Allez, partez aussitôt, rentrez
vietorieuse 'a Jérusalem, flattez, bonorez les Pharisiens, et,
de vos mains, déposez dans les leurs une large part de votre
pouvoir, car tel est le prodige de leur empire sur l’esprit du
peuple, qu’ils lui font aimer ou haïr quiconque est l'objet de
leur amour ou de leur haine. Que vous les entendiez mé-
dire ou calomnier, ne donnez aucun crédit à leur parole; et,
sachez-le bien, l’orgueil et rinlérét sont le mobile unique de
leurs actes. Mais la multitude ne démêle rien à ces choses.
Convoipiez donc les principaux de la secte; et, devant mon
corps refroidi, dites-leur, comme si ces sentiments s’échap-
paient du fond de votre âme : Le voilàl le voilà donc enfin I
O bonheur! je puis vous le livrer, vengez-vous! Point de
sépulture à ce cadavre ; qu’il soit couvert d’outrages, et que
vos désirs soient satisfaits. Ce sera justice , et je le veux ; je
veux aussi prendre vos conseils pour guides; je veux ne
me conduire et ne régner que par votre sagesse... »
.4insi fut-il fait; et les Pharisiens de dire au peuple:
' Joscplic, llist., liv. XIII, cli. xxi-xxii.
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CHAPITRE DEUXIÈME.
21
« En vérité, ce prince était un grand homme, un excel-
lent roi ; il était digne de tous nos regrets ; et nul
de ses prédécesseurs ne mérita de si magnifiques funé-
railles 1 »
La prévision d’Alexandre se réalisa de point en point, et
sa femme se concilia le cœur du peuple-, mais elle n’eut de
reine que le nom; et les Pharisiens, c’est-à-dire toujours
les chefs et les docteurs de la secte, cumulèrent sous son
nom les profits et les honneurs de la royauté ' !
Ainsi parle l’histoire, écrite pourtant de la main d’un
Pharisien, au moment où vient de naître le Sauveur. Et
telle était on ces jours lointains la secte, guidée par ses
docteurs, par ceux que nous appelons aujourd’hui des rab-
bins. Mais que seront au témoignage de Notre-Seigneur ces
hommes épris d’eux-mêmes, qui perverti.ssent le peuple par
leurs traditions controuvées et par les fausses interprétations
de la loi; ces saints qui s’apprêtent à fouler aux pieds .Moïse
et les prophètes, et qui vont se constituer k jamais les lé-
gislateurs et les arbitres de Jiida? .Au Christ seul , en effet,
il appartient de nous le dire; et, sur ce point historique,
nous devrons la lumière k sa parole précise, incisive et cha-
ritahle, cette fuis, par scs duretés salutaires, mais non point
par les mollesses et les condescendances d'une lâche modé-
ration. Oh ! si tout autre que le Sauveur nous tenait ce lan-
gage, qui ne crierait de nus jours k l’intolérance et k l'hy-
perbole? Mais l’Évangile parle, écoutons; car le Juif
orthodoxe se fait gloire aujourd’hui même d’être le disciple
et le continuateur de ce Pharisien ;
i< Ueux hommes montèrent au temple pour prier; l’un
était Pharisien, l’autre puhiicain. Le Pharisien se tenant
debout, priait ainsi en lui-même : Mon Dieu, je vous rends
grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes,
qui sont voleurs, injustes et adultères; ni même comme ce
puhiicain *. »
‘ Josèplie, Hisl., liv. XIII, cli. xxiii-xxiv.
^S. Luc, Évang., xvni, lO-II.
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it LES JUIFS.
Telle esl l’opinion du Pharisien sur lui-même, telle est
son humilité, sa charité. Mais lorsqu’il s’agit de la multi-
tude dont il est l’idole, les termes par lesquels il la qualifie
deviennent à l’instant moins flatteurs, et le texte évangéli-
que nous les rapporte... Ces docteurs ont juré de s’emparer
de la personne du Chri.st, mais le peuple qui le voit h l’œu-
vre est divisé sur son sujet Les archers qu’ils ont en-
voyés pour le saisir « s'en retournent donc vers les princes
des prêtres et les Pharisiens, qui leur disent ; Pourquoi ne
l’avez-vous pas amené? Les archers répondent ; Jamais
homme n’a parlé comme cet homme-l'a. — Et les Pharisiens
leur répliquent ; Êtes-vous donc aussi vous-mêmes séduits?
Y a-t-il quelqu’un des sénateurs ou des Pharisiens qui ait
cru en lui? — Pour cette populace, qui ne sait ce que c’est que
la loi, ce sont des gens maudits de Dieu! »
« Sur cela, Nicodèrae, l’un d’entre eux, et le meme qui
était venu trouver Jésus la nuit, leur dit : Notre loi permet-
elle de condamner personne sans l’avoir entendu et sans
s’être informé de ses actions? » A ce docteur de leur propre
école, qui se mêle de signaler cet outrageux oubli de la loi,
prompte sera leur réponse : « Est-ce que vous êtes aussi
Galiléen? Lisez avec soin les Écritures, et apprenez qu'il
ne sort point de prophète de la Galilée ’! »
Gens maudits de Dieu! Galiléens! ainsi donc se trouve
qualifié le peuple! Auisi se voit traité tout docteur qui se
permet de défendre la justice et la loi contre l’orgueil ho-
micide du Pharisien. Et cette implacable malice était indis-
pensable à leur domination sur ces foules timides qui les
vénéraient. — Car « plusieurs sénateurs croyaient en Jésus ;
mais, à cause des Pharisiens, ils n’osaient le reconnaître
publiquement, de crainte d'être expulsés de la synagogue,
les Juifs ayant déj'a résolu que quiconque reconnaîtrait Jésus
pour être le Christ serait chassé * . »
Jusqu’ici, nous nous bornons ii peu près h souffler sur la
' Évang. S. Jean, vu, i') à o3.
S. Jean, Evang., xii, 42; ix, 22.
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CHAPITRE DEUXIÈME. 2i
poussière de l’histoire ancienne; nous ne nous permettons
point encore, quelle que soit notre impatience, d’éloigner
nos pas de ces premiers jalons, et le meneilleux trait d’u-
nion que tire entre ces temps et le nôtre la main de l’un de
nos modernes rabbins, fera sentir, nous l’espérons, l’utilité
de notre excursion dans les siècles passés. Voici donc , en
l'an de grâce 1867, le mot de M. le grand rabbin Trenel,
directeur du séminaire rabbinique , et dont la plume réclame
entre le pharisaïsme antique et le pharisaïsme moderne une
solidarité glorieuse ;
« Reconnaissons-le, ces Pharisiens qu'on s’est plu, dans
des portraits de fantaisie, â dépeindre si violents et si or-
gueilleux, avaient bien des qualités, bien des vertus. Ils
ont été beaucoup calomniés; ils ont été de bonne heure
victimes de cette étrange théorie si souvent appliquée aux
Juifs, et qui attribue à toM les défauts et les torts d’une
faible minorité ' . »
Quoique pour les Juifs dudix-neuvième siècle, disciples des
Pharisiens, les Pharisiens bourreaux du Christ soient encore
ses victimes, et que les Évangiles ne soient rien moins que
de l’histoire, permettons- nous, en attendant des pages plus
récentes, d’opposer 'a leur parole celle de Jésus, rangé par
eux , ainsi que leur propre historien Josèphe , ‘tout Pharisien
qu'il était lui-méme, au nombre des insignes calomniateurs de
leurs ancêtres.
Votre prophète Isaïe vous voyait de loin , et « c’est avec
raison qu’il a fait de vous autres, hypocrites, cette prophé-
tie ; Ces gens s’approchent de moi de bouche et me glori-
fient des lèvres, mais leur cœur est bien éloigné de moi*.
C’est en vain qu’ils m’honorent, parce qu'ils enseignent des
maximes et des ordonnances humaines. Race de vipères,
comment peuvent-ils dire de bonnes choses? Car c’est de
la plénitude du cœur que la bouche parle ’. »
* Univers Israélite. Paris, 1867, p. 454.
Bible, Isaïe, xxix, 1.3.
^ Evang. S. Marc, xn, 6 à 9. S. Matthieu, Évang., xii, 34.
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ît
LES JUIFS.
)i Ce sont (les aveugles qui conduisent des aveugles; cl si
un aveugle en conduit un autre; ils tombent tous deux dans
la fosse
I) Ayez soin de vous garder du levain des Pharisiens et des
Sadducéens; car je vous déclare que si votre justice n’est
plus abondante que celle des Scribes et des Pharisiens,
vous pa* dans le royaume des deux »
Ah! ces Pharisiens, qui croupissent avec délices dans
l’esprit et les pratiques de leur secte, connaissez -les donc
enfin ; car si la parole de l’bistoire et la parole de l’Évangile
ne sont point autant de mensonges , ils lient , ils attachent
aux épaules des hommes des fardeaux si pesants qu’on ne
les saurait porter, tandis que pour eux ils ne veulent
(K)inl les remuer du bout du doigt! Toutes leurs actions, ils
les font pour être vus du reste des hommes ; et les premiè-
res places dans les festins, les premières chaires dans les
synagogues, ce sont celles qu'ils recherchent, de même
qu'ils aiment h être salués dans les places publiques et à
s’entendre appeler maîtres ou docteurs (Habbi, Rabbins).
« Malheur à vous. Scribes et Pharisiens hypocrites, qui
formez aux hommes le royaume des deux; (ar vous n’y entre-
rez point vous-mêmes , et vous vous opposez encore a ceux
qui désirent y entrer. Malheur h vous. Scribes et Pharisiens
hypocrites, parce que, sous prétexte de vos longues prières,
vous dévorez les maisons des veuves; c’est pourquoi votre
condamnation sera plus rigoureuse. Malheur h vous. Scri-
bes et Pharisiens hypocrites, parce que vous parcourez la
Vier et la terre pour faire un prosélyte, et que, lorsqu’il l’est
devenu, vous le rendez deux fois plus digne que vous de Cenferl
Malheur k vous, conducteui’s aveugles qui dites : Lorsqu’un
homme jure par le temple , son serment n’est rien ; mais
s’il jure par l'or du temple, ah! celte parole l'engage! In-
sensés, aveugles, lequel des deux l’emporte donc sur l’autre,
ou de l’or, ou du temple qui sanctifie l’or? Malheur k vous.
Scribes et Pharisiens hypocrites, qui payez la dîme de la
' Évang. S. Matthieu, xv, xvi, 6; v, 20.
CHAPITRE DEUXIÈME.
mentlie, de l’anet et du cumin, mais qui négligez ce qu'il
y a de plus important dans la loi : la justice , la miscricordc
et la foi. Ce sont l'a les choses qu’il faut pratiquer, sans
néanmoins omettre les autres. Guides av eugles, qui recueillez
au filtre le moucheron et qui avalez le chameau! Malheur 'a
vous, Scribes et Pharisiens hyqiocriies, qui nettoyez le de-
hors de la coupe et du plat, tandis que le dedans est plein
de rapines et de souillures. Malheur 'a vous, Scribes et Pha-
risiens hypocrites, vous êtes semblables 'a des sépulcres
blanchis , qui semblent beaux par le dehors aux yeux des
hommes, mais qui, dans l'intérieur, ne sont qu’ossemeuls
de morts et pourriture. Ainsi, par le dehors, semblez-vous
justes aux yeux des hommes^ mais, au dedans, u’êtes-vous
qu’Uypocritie et qu’iniquké. Malheur 'a vous. Scribes et Pha-
risiens hypocrites, qui élevez des tombeaux aux prophètes,
et qui ornez les monuments des justes, disant : Si nous
eussions été du temps de nos pères, nous ne nous fussions
point unis à eux pour répandre le sang des prophètes »
Vous? vous n’eussiez point versé le sang des justes et des
propliètes, reprend le Christ. « Serpents! race de vipères!
comment vous déroberez-vous au jugement, au feu de
l’enfer? Car voici que je vais vous envoyer des prophètes,
des sages, des docteurs, et vous tuerez ceux-ci , vous sacri-
fierez ceux-là; vous fouetterez les autres dans vos syna-
gogues, et vous les persécuterez de ville en ville, achevant
ainsi de combler la mesure de vos pères, afin que tout le
sang innocent qui a été répandu sur la terre retombe sur
vous, depuis le sang d’Âbel le juste, jusqu’au sang de
Zacharie fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple
et l’autel I •
« Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides
ceux qui sont envoyés vers toi, combien de fois ai-je voulu
rassembler tes enfants comme une poule rassemble scs
petits sous ses ailes, et tu ne l’as pas voulu’! »
' S. Matthieu, Évang., cliap. xxiii.
^ 5. Matthieu, Évang., chap. xxiii. •
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26
LES JülES.
Ainsi s’animait contre ces fourbes, contre cette peste de
Juda, la bouche si douce et si miséricordieuse du Clirist-,
mais quoique les Pharisiens soient les élus de sa colère ,
ses foudres ne tombent point exclusivement sur eux seuls;
elles frappent à chaque instant les Scribes, c’est-à-dire les
docteurs de la nation à quelque tecte que leur croyance les
attache. Et cependant c’est encore le Christ qui dit à la
foule : « Les Scribes et les Pharisiens sont assis sur la
chaire de Moïse, observez donc et faites ce qu’ils vous
disent, mais ne faites pas ce qu’ils font'. »
Au moment même où retentissent contre la secte phari-
saïque les apostrophes tonnantes du Christ, que signilient
donc ces paroles qui semblent contradictoires, et dont le
but est d’ouvrir l’oreille du peuple à ceux que le Fils de
Dieu lui-même vient de frapper de ses plus sanglants ana-
thèmes?
(iette énigme, saint Augustin, le savant évêque, la tra-
verse de sa parole lumineuse et nous en fait transparaître
le sens : u Les méchants mêmes, atsis dam ta chaire de
Moïse, étaient contraints d’enseigner de bonnes doctrines*. »
Infaillibles lorsqu'ils exerçaient l’autorité légitime de l’Église,
qui portait alors le nom de synagogue, ces docteurs n’étaient
nullement im|>eccables ; et, hors de cette chaire, ils cher-
chaient les intérêts de leur orgueil ; mais là, leur audace ne
pouvait s’élever jusqu’à enseigner la doctrine qui leur était
propre, c’est-à-dire que l’enseignement de l’erreur leur
devenait chose impossible : sua dicerenon audeni...
O miracle éternel et trop inaperçu ! Cette chaire qui était
celle de Moïse avant d’être la chaire de saint Pierre, et qui
n’était, par conséquent, ni celle des Pharisiens ni celle des
Scribes, eût fait violenée à ces docteurs s’ils se fussent
révoltés contre la doctrine orthodoxe. Elle eût, non point
bouleversé leurs sens ainsi que l’esprit du trépied antique
' S. Mallliieu, ftvang., xxill, 2-3.
^ fiona dicere cogebantur. De doclrin. Christ., iv, •27, S. Au-
gustin.
Dioili7P<1 bv
CHAPITRE DEUXIÈME. i7
boulevcreait les sens de la Pylhonisse', mais elle eût con-
traint a sortir de leur bouche les paroles de justice et de
vérité. Ainsi la langue de Balaam s’éveriuanl h maudire Israël
était-elle forcée de le bénir!' Car cette chaire, que, dans
leur exacte et profonde définition, les siècles ont nommée la
chaire de vérité, ferme la bouche au mensonge, et l'intelli-
gence à l'erreur. Liée depuis les plus lointains patriarches
jusqu’à .Moïse, et depuis Moïse jusqu’à la consommation des
temps, aux enseignements et aux doctrines du catholicisme,
elle nous transmet lei dictées de l’ Esprit-Saint par la langue
des hommes qui l’occupent, quelque divine ou impure que
cette langue se trouve être par elle-même! Mais ne s’agit-il
plus que de l’homme, que du simple pharisien, oh! c’est
alors que nous entendons le Christ tenir le langage de la
vérité la plus foudroyante, celle qui sauve les peuples en
dessillant leurs yeux. C’est-à-dire que nous voyons alors
Jésus exercer dans toute l’âprcté de leur rigueur les actes
de la grande et sii|)réme charité : œuvre incomprise cl
détestée aux époques d’alTaissement moral où triomphent
les principes de l’égoïste et calamiteuse mollesse qui, sous
le titre hypocrite de modération, ne cherche qu’à se dérober
à tout péril et à se concilier tous les suffrages.
Mais nous le disions tout à l’heure : guerre pour guerre,
et le langage de l’Évangile, loin d’être pour le Juif judaïsanl
de nos jours la parole même de la vérité, n’est encore que
le mensonge de la légende. « La question de l’authenticité
historique de la vie de Jésus, nous dit-il , ne devrait pas, à
vrai dire, être sujette à controverse, pas plus que l’authen-
ticité des mythes que Virgile nous donne sur l’origine de
Rome. Tout homme tant soit peu instruit qui lit les Évan-
giles sans parti pris reconnaît leur caractère légendaire'. »
C’est pourquoi le nom de Pharisien que flétrissent les pages
évangéliques, ce n’est nullement pour le Juif le nom du
* Voir notre livre la Magie au dix-neuvième siècle, chap. vu : I.es
vapeurs oraculaires, Delphes et autres lieux.
“ Arch. israél., 1867, p. i07, a" V.
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I.KS Jl’lKS.
dévot hypocrite, du séiuilcre l)laiiclii, du fourbe ambitieux;
lion! c’est un titre d’honneur qui ne doit se placer que sur
le front du mérite et de la vertu, car le judaïsant moderne
est le fils spirituel des Pharisiens du temps de Jésus; il
veut croire à la vertu de ses ancêtres, il la proclame avec
faste et s’en glorifie.
Aussi .M. le rabbin Lazard nous apprend-il que M. T.re-
nel, l'admirateur passionné du chef de la doctrine phari-
saïqiie, repousse avec énergie « l’arrêt inique que les Évan-
giles ont prononcé contre les Pharisiens. » Ce prince du
pharisaïsme occupe b ses yeux la place même que nous
donnons à Jésus! Oui! que toutes les oreilles l’entendent,
Hillcl, — cet homme dont le Juif seul ici-bas sait le nom
— « est destiné b grandir dans l’opinion. Sa place est mar-
quée dans le Panthéon des hommes illustres, bienfaiteurs
de l'humanité. C'eut lui, lui seul, après la Thora et les pro-
phètes, qui a révélé au monde la loi d'amour et de frater-
nité'. »
Vous l'entendez, peuples de ce monde et de ce siècle!
c’est lui seul, après les prophètes, qui nous initie b la vie du
cœur. C’est lui , cet homme dont il est probable que notre
plume vous apprend l’existence , ce n’est nul autre, et sur-
tout ce n'est point le Christ, b qui, loin de Ib, les Juifs, au-
jourd'hui vainqueurs de la civilisation chrétienne, attachent
la honte éternelle d'avoir calomnié les Pharisiens, disciples
de ce grand révélateur de la loi d’amour et de fraternité!
Et si tels sont les Pharisiens, il importera sans doute
d'arrêter un instant nos yeux sur quelques traits du phari-
' P. 610, Arch. israél.. XIII, l" juil. 1867. Hillel, l'Ancien, Juif il-
lustre de Babylone, chef du sanhédrin, vécut plus de cent ans avant
le Christ. Josephe l'appelle Pollion. Il soutint avec zèle les traditions
orales des Juifs contre Schammal, son collègue, qui voulait qu'on s'en
tint littéralement au texte de l’Iicriture. Cette dispute fut, selon saint
Jérome, l'origine des Scribes et des Pharisiens. Hillel est peut-être
le premier auteur de la partie du Tahnud qui se nomme la .Mischna.
?uels hommages ne lui doivent point les Pharisiens . disciples de ce
ahnud auquel nous allons consacrer un chapitre! La Thora est la lui
écrite.
. Dj2ilizeQi2>', k
CHAPITRE DEUXIÈME.
Ï9
saisme moderne, c’csl-à-dirc sur (luelqnes dohamillons des
sentiraenls, de la science el de la critique du Juif judaïsanl
de nos jours. Précieux morceaux qui nous peignent par leur
propre pinceau ces hommes dans la physionomie desquels
nous nous refuserions voir autre chose qu’une plate et
odieuse caricature, si la main qui les trace était autre qu’une
main judaïque.
Il Deux choses, nous dit en l’an de grâce 1867 l’organe du
Judaïsme libérât et progressiste, distinguent le livre de M. Rah-
binovvicz, docteur en médecine de la Faculté de Paris. Pre-
mièrement, il réhahilile les Pharisiens jusqu’alors toujours
et par tous maltraités; secondement, il fait de Jésus un agi-
tateur purement politique. — Nous avons lu la thèse de
M. Rahhinowicz; la honne foi la plus grande s’y manifeste
d’une façon très-claire... l,’ Israélite, animé d’autant d’atta-
chement pour «es anrétres que de respect pour leurs traditions,
s’y laisse bien deviner, mais l'homme de la vérité s’y fait
sentir tout aussi fortement', u
En effet « la tolérance des Pharisiens envers les chrétiens
fut parfaite', » nous dit-il, et quand une hostilité se produisait ,
elle était toujours « provoquée par des miracles que les
Israélites (disons les Pharisiens) jugeaient être des super-
cheries employées pour séduire el égarer le peuple*. »
• P. 113-114, Arch. israélites, l" février 1867.
^ Ibid. Archives, p. 115, n" Vlll; l'Cnicers Israélite, mars 1867,
p. 326. Nous prenons à témoin de celle vérité pliarisatque, entre une
multitude d'assassinats, les deux premiers qui furent commis par les
Pharisiens: l'assassinat juridique du Christ, et celui de son premier
martyr, saint Etienne. Parlons ensuite du chapitre xxiii de l'Evangile
de saint Matthieu, et nous arriverons, en suivant cette roule, au drame
sanglant du Père Thomas, objet de l'un de nos chapitres.
“ Ces hostilités sanglantes étaient-elles de la tolérance, une tolérance
parfaite? n’élaienl-elles pas l’expression féroce du dépit que causaient
des miracles tels que la multiplication des pains, la résurrection de La-
zare, les prodiges sans nombre qui dévoilaient â la fois la divinité du
Christ et les mensonges des Pharisiens? i De nombreux passages tirés
desEvangilesprouvent que Jésusn'ajamais voulu réformer le Judaïsme
ni modifier la moindre des cérémonies pratiquées par les Pharisiens,
ajoute .M. Rabbinowicz, et il reste à expliquer comment on est arrivé
à la divinité de Jésus et aux autres dogmes, s 1867, i6.. Archives
israélites, p. 115, n° viii.
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!0
Li;s JUIFS.
L’auteur de l’article des Archives israéliies que nous
citons, M. Pierre Mazerolle, est qualifié de chrétien par cette
feuille judaïque, et termine son appréciation par les lignes
suivantes. « Ce qu’a fait M. Rabbinowicz, répétons-le, est
courageux, et était nécessaire. Que ses coreligionnaires
l’imitent ; nous avons droit à cet honneur, à cette confiance
de leur part... Il est particulièrement beau de voir le modèle
de la discussion en matière religieuse donné par un homme
appartenant ’a une race à laquelle si longtemps on n’accorda
que la calomnie et l’injure'. »
Nous ne saurions , pour notre part, afficher cette auda-
cieuse admiration pour une science qui se réfute d’elle-
mèmc, et qui se déconsidère par le prodige de ses impu-
deurs-, mais nous lui trouvons le mérite de mettre en relief
la déplorable et insigne faiblesse des grands docteurs du
judaïsme, et les incurables sentiments de haine contre le
christianisme de leurs ouailles et de leurs auxiliaires. Nous
continuerons donc un instant encore les simples citations
i|ui les tournent ^ notre profil et confirment la parole du
Christ ;
Autant dans les pages de MM. Strauss et Renan, ces dou-
cereux contempteurs de la divinité du Christ, « Jésus est
élevé h la hauteur de l’idéal du dix-neuvième siècle, autant,
nous dit l'Israélite Graetz, le peuple qui lui est op|K)$é (le
Juif) est resté la caricature qu’en avaient faite scs adversaires,
payens et chrétiens. » Mais « il ne suffit pas d’avoir lu Josèphe,
qui n’a écrit une histoire juive qu'à l’usage des Romains, ni
de connaître des écrivains évangéli(|ucs qui ont vécu à une
époque bien ]K)sléricure h celle de Jésus, et qui ont, au
surplus, écrit dans un esprit manifestement hostile aux
Juifs et au judaïsme’ ; il ne suffit pas non plus d’avoir glané
quelques phrases mal comprises de la littérature talmudi(|uc
pour faire un portrait exact des sentiments et des idées dont
■ .trcAiecs israéliies, p. H7, t" février 1867.
t Hostile aux Juifs, qu’ils s'efforçaient d'attirer à eux, et pour qui
leur maître était mort?... Hostile au pharisaïsme, soit!,..
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CHAPITRE DEUXIÈME. .11
la société juive était animée pendant le siècle qui a précédé
la destruction du temple. » Non, et quiconque veut donner
à sa parole quelque autorité, doit « être profondément versé
dans la littérature talmudique et agadique contemporaine
de Jésus'. »
Ainsi , pour être doué de quelque science et savoir ap-
précier le judaïsme; pour donner quelque poids et quelque
crédit h sa parole , voilà le moyen critique que nous impo-
sent les Juifs, disciples et admirateurs des Pharisiens :
Tourner le dos à ITiistoire écrite par les payens, par les
Évangélistes, et par l’historien juif Josèphe, PharUien lui-
même; vanter, exalter sans mesure les traditions rabhi-
niques, que Jésus attaque d’un bout à l’autre des Évangiles
devant le peuple juif, qui ne cesse de l’acclamer à l’éter-
nelle confusion des Pharisiens; oublier que saint Paul, le
plus ardent et le plus implacable persécuteur des chrétiens
avant sa miraculeuse conversion, était le disciple du savant
rabbin Gamaliel ; oublier enfin que les savants et profonds
rabbins qui délaitsèrent la secte pharisaïque pour se convertir
au.v vérités du christianisme, avaient pâli dès leur enfance
sur celte triste littérature du Talmud’l
.Mais ne serait-ce point là vraiment demander au bon
sens de se renier lui-même? El puisque le miraculeux aveu-
glement des Juifs est une des plus splendides démonstra-
tions de la vérité que l’bistoire nous a transmise sur les
faits du christianisme, n’avons-nous pas à remercier les
Pharisiens de leur invariable persévérance à tracer des
pages qui témoignent aussi fortement contre eux-mêmes
que celles où se lisent des énormités historiques semblables
à celle dernière :
« L’apparition de Jésus et de ses disciples n’a fait aucun
* Archives israélites, 1"' mars 1867, n" V, p. J05. Ayada signifie la
prédicalion populaire, Halaca l'étude de la loi.
2 On nous permettra de nommer entre les plus doctes le rabbin Dracb,
qui nous Ut l'bonneur de citer un de nos écrits dans son Harmonie
entre iEylise et la Synaqoç/iie, p. 446, t. 11, 18 44, cl dont nous avons
si souvent recueilli la jiarole dans nos conu-rsalions.
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LES JUIFS.
:tî
bruit dans la Judée et à Jérusalem; au contraire, elle est res-
tée inaperçue, ignorée, el tous CCS récits qui en fout un évé-
nement considérable à la fois aux yeux des classes élevées
el du peuple, sont de pures inventions. Cependant, grâce h
nos évangélistes modernes', on est aujourd'hui forcé de dis-
cuter dans une histoire des Juifs les moindres détails de ce*
légendes évangéliques' . »
Nous interrogeons ces détails, el, à propos de l’acte san-
glant du Calvaire, à propos des prodiges historiques qui,
dans l'instant meme où le Christ expirait, ébranlèrent la
cité sainte, l’évangéliste saint Luc nous transmet la réponse
de l'un des disciples d’Emmaüs au voyageur qu’il n’a point
reconnu el qui lui adresse cette question : Pourquoi donc
êtes-vous irislesi’ — Tristes? Vraiment, « êtes-vous donc le
seul étranger dans Jérusalem qui n’ait point su ce qui vient de
s'y passer en ces jours’? »
.Mais puisque ce Pharisien repousse l’Evangile i|ui le
flétrit, laissons nous-mêmes à l’écart ce livre sacré. L’his-
toire des peuples les plus profanes nous suftit. Est-ce donc
que la vie et la mort du Christ n’ont |)oint révolutionné la
synagogue, la Judée, l’empire romain, le vieux monde
d’un bout a l’autre? ce monde qui, persécutant, mettant à
mort les disciples de Jésus, à l’exemple des Pharisiens, cou-
vrit ses arènes, avant de se rendre au Christ, du sang de
plus de tUx millions de martyrs! Et c’est «levant l’événement
le plus authentique et le plus considérable des annales de
l’humanité -, c’est devant ce fait qui changea la face du
monde et força les siècles de briser leur marche, pour se
ranger sous la date d’une ère nouvelle , que se dresse aujour-
d’hui comme alors, l’orgueil aveugle et paradoxal du phari-
saïsmcl Gardons-nous donc de nous afliigersi nous voyons
la justice de Dieu condamner le pharisien des temps an-
' MM. Strauss et Renan 1 que nous renvovons au savant docteur
Sepp.
^ /b., p. 209, Archives Israélites, 1867, n" V.
^ ïu solus pcre;.;rintis es in Jérusaiem, et non cognovisti quæ facta
sunl in ilia liisdiebus? Luc, xxiv, 18.
33
CHAPITRE DEUXIÈME.
ciens à revivre, el h venir se peindre tout enlier sous nos
yeux dans le pro<ligieux illogisme de sa parole -, gardons-nous
de nous étonner si nous le voyons, marchant d'attentats en
attentats contre l'histoire, étaler contre les splendeurs de la
vérité cette audace qui caractérise le Pharisien moderne.
Le dix-neuvième siècle nous pardonnera peut-être de nous
associer au tangage calomniateur du Christ, contre ces mo-
dèles de candeur et de véracité que le judaïsme ose réha-
biliter aujourd'hui même en ces termes : « Lorsqu’on voudra
connaitre ces dignes et austères représentants du sentiment et
de la pensée Israélites, on voudra bien recourir à d’autres
renseignements qu”a ceux qui ont été fournis par des enne-
mis peu scrupuleux. L’histoire impartiale les réhabilitera
dans l’esprit des peuples. De nos jours, heureusement, il
n’y a plus prescription pour le mensonge'... »
Il n’y a plus prescription pour le mensonge, c’est pour-
quoi le cadran nous a marqué l'heure dernière du pha-
risaisme! C’est pourquoi son glas funèbre, sonné par le
Juif lui-même, étourdit nos oreilles-, c’est pourquoi le Juif
se sent obligé de sortir enfin des traditions talmudiques.
Il en sort, il faut qu’il en sorte, ou qu’il meure à nos yeux
couvert d’ignominie. Et tandis qu’il opère sa retraite , je-
tons pour notre part un coup d’œil sur ces monstrueux
recueils, dès que, d’un autre coup d’œil, nous avons fait
connaissance avec le docteur pharisaîque, avec le rabbin, ce
chef de la synagogue et du judaïsme contemporain.
Un mot pourtant avant de passer outre : ce sont donc de
grands misérables que ces Juifs? Oh! nous nous garderons
bien de l'aflirmer! C’est-ii-dire que nous nous garderons de
I Le mensonge du Christ, des apOlres ennemis peu scrupuleux , et
les calomnies des historiens de tous les peuples, réfutés par la vérité
devenue {iharisaïque ! 1 1 Lire l’t’nieers israélite, juin 1867, p. 454,
n" X; .M. Wolfs.son. Ce journal est celui de l’orthodoxie juda'éiue en
France, orthodoxie bâtarde qu’il ne faut point confondre avec celle des
Juifs d’une multitude d’autres pajs, ni même avec l’orthodoxie ju-
daïque en France au commencement de ce siècle. Cjr l’immuable ju-
darsme s'écmule ; les pierres de cet édifice changent de forme et
d’aspect à chaque mouvement qui les déplace.
3
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34
LES JUIFS.
généraliser nos paroles, et de mépriser ces hommes chez
lesquels nous aurons a reconnaître plus de supériorités et de
vertus (jue nos préjugés ne nous permettent de le supposer.
Car nous ne les surpassons que par le mérite de notre loi
religieuse, et dans les seuls cas où les croyances du chris-
tianisme règlent véritablement nos actes. Voilh ce que nous
ne saurions répéter d’une voix trop forte en répétant que,
pour nous, le Juif sur lequel frappe et doit frapper l’inexo-
rable arrêt de l’histoire, ce n’est point le premier venu de
la lignée d’Abraham : c’est l’homme de la séculaire ortho-
doxie fondée sur le Talmud-, c’est le croyant pétri des
haines judaïques que les miasmes philosophiques de ce
siècle ou que les douces lumières du christianisme n’ont
point encore déjudaïsé.
CONCLUSION.
Le Christ, les Évangélistes, les convertis du pharisaïsme,
le pharisien Josèphe, historien de la nation juive, s’adressent
au Pharisien et lui disent h l’envi : Tu n’es qu’un orgueilleux,
un fourbe, nn faux dévot, le plus vil des séducteurs, et
le plus impudent des menteurs.
Le Pharisien, que rien au monde ne déconcerte, se re-
tourne vers le Christ et lui dit : La synagogue ne voit en toi
qu'un infâme. Le gibet t’a rendu justice, et le bruit de ton
supplice, scélérat obscur, loin de retentir d’un bout ’a
l’autre du monde, ne put réveiller l’attention des hommes
ni dans Jérusalem ni dans la Judée. Hillel, notre vénéré
fondateur, est l’homme de la charité divine, et tes Évangé-
listes ne furent que des écrivains de légendes. Ta parole, répé-
tée par les Apôtres, ne fut que fable, calomnie et blasphème.
Le lecteur a dans ce chapitre, il aura dans les suivants
les pièces probantes sous les yeux-, à lui de siéger en juge;
â lui d’absoudre le Pharisien et d’écraser le Christ , d’écra-
ser l'infâme, si la parole du Pharisien lui parait plus sûre
(]ue celle de l’Évangile et de l’histoire.
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CHAPITRE TROISIÈME.
PREMIÈRE DIVISION. — LES RABBINS, LE GRAND SANHÉDRIN,
LES CONSISTOIRES.
Qu’est-ce que le rabbin? Est-ce un pasteur, un prêtre, ainsi que le
dit aujourd'hui le Juif? — C’est un docteur, le plus souvent pétri
d’ignorance, et remplissant quelquefois d’assez singulières fonc-
tions. — Il ne fait rien qu’un laïque ne puisse faire à sa place ! —
Les rabbins exercent les professions les plus variées, ils peuvent être
bouchers, cordonniers, revendeurs, etc. — Leur éducation. — Elo-
ges que s’entre-donnent les rabbins. — Cruelle sévérité avec laquelle
iis sont jugés par les organes mêmes du judaïsme. — Cependant
les Juifs, afin de se donner le semblant d’un culte sérieux, et d’obte-
nir de l’Etat que ce culte soit salarié, donnent à ces rabbins le titre
de prêtres, de pontifes, de pasteurs. — Et ces prêtres juifs sont
d’institution profane; ils doivent leur état de ministres de la religion
judaïque à des princes chrétiens. — Phases de l’autorité légale des
rabbins en France. — Napoléon I” les utilise pour ses recrutements
militaira> et sa police politique. — En un mot, le rabbin n’est qu’un
docteur; et le Talmud nous dit que, depuis la dispersion, il n’y a
plus de docteurs en Israël! — Et pourtant, jadis, leîdoïse du judaïsme
talmudique décrétait la mort sans jugement contre quiconque niait
la tradition des rabbinsL
« Les Juifs , nous dit Kluber, l’un des coryphées de l’école
des publicistes philosophes dont le témoignage ne saurait
être suspect, les Juifs forment une secte politico-religieuse,
placée (de fait) sous le rigoureux despotisme théocratîque des
rabbins. Non-seulcmeilt les Juifs sont étroitement unis et con-
jurés entre eux, au point de vue de certains dogmes religieux,
mais ils constituent une société héréditaire tout à fait close pour
ce qui concerne la vie ordinaire, le commerce habituel, et
l’éducation du peuple, excluant tout progrès, et entretenant
soigneusement entre eux l’esprit de caste et de famille par
l’interdiction formelle de toute alliauce avec des personnes
d’une autre religion *. »
Et dans cette société judaïque, presque. tout homme, de-
puis le Christ, est Pharisien, ou talmudiste, c’est-h-dire
* Note importante. Nous ne pouvons assez recommander au lec-
teur de ne juger aucune des assertions contenues dans nos chapitres
sans la rapprocher de sa date, que nous avons le plus grand soin de
donner.
2 Kluber, Coup d’œil des délibérations diplomatiques du Congrès de
3.
36
LES JUIFS.
sectateur des traditions que flétrissait Jésus et que main-
tiennent les rabbins. Quel est donc au milieu de ce peuple
tout pharisaïque, le rôle, quel est le personnage du rabbin?
— Le rabbin, depuis l'époque de la dispersion, est ce qu’était
jadis le Scribe, qui toutefois n’appartenait alors à aucune
secte spéciale. Il est le docteur de la science religieuse.
Ses coreligionnaires lui décernent ce titre, mais il n’y a dans
sa personne rien du prêtre , car le sacerdoce a ditparu du
milieu de Juda depuis la dispersion du peuple et la con-
fusion des familles. Nul Juif ne connaît aujourd’hui sa
généalogie; nul ne sait quelle est sa tribu, nul n’est capable
de prouver qu’il descend de Lévi, nul, par conséquent,
n’est en droit de s’arroger ni le "titre ni les fonctions de
prêtre '.
Erreur! erreur! et vous entendrez soutenir en Israël que
les Juifs ont encore leurs pontifes, leurs patriarches, leurs
prêtres! Mais non-, non, de grâce! s’écrie dans le seizième
siècle l’évêque de Valtourre, n’allez point prostituer de
tels titres et les appliquer â ces Juifs impurs, â ces infects
déblatéreurs , â ces cabaretiers, â ces trafiquants que nulle
iniquité jamais ne fera battre en retraite*.
Nous ne nous effarouchons point de ces termes; car une
plume d’origine judaïque les reproduit de nos jours â peu
Vimne, Itl, 390. Observons que Kluber parle de la très-grande majo-
rilè de la nation juive à une époque postérieure au Sanhédrin de 1807,
et (|ue, depuis cette date récente, une immense révolution religieuse est
en voie de s’opérer chez les Juifs et surtout en Fiance.
‘ Les prêtres ne peuvent être tirés que de la tribu de Lévi ; et les
lévites, quoique compris dans l'ordre sacerdotal, ne sont point prêtres
par cela seul qu'ils sont lévites. Bible, Noinb., ni, 6 à 11, etc. Essai
nist. sur les Juifs, t. Il, p. 71, cli. vi, anonyme; Lyon, 1771. o Les
lèvres du pritre sont les depositaires de la science, et c'est de sa bouche
que l’on recherchera la connaissance de la lui, parce qu'il est l’ange du
Seigneur des armées. » Bible, Malachie, n, 7.
* Vahl ne, quæso. spurios illosatqiie olidos blaterones, cauponcs'et
negociatores, omni iniquitatc plenos, patriarchas aut sacerdoles dixe-
risl Dies caniculares. Un. Sim. Maioli Episcop. Yulturariensis, 1613,
Maguntiæ. t. III, p. 878. Id. Subst. Traité de la Police, t. I", p. S79,etc.
Paris, 1705, in-f". Lire id. Baronius, Annales ecclesiasticœ. Nous
citerons ces deux œuvres monumentales et si différentes l’une de
l’autre.
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CHAPITRE TROISIÈME.
37
près dans les mûmes termes (voir plus bas); et, quant au
sacerdoce, l'un des grands prédicateurs de la France, le
R. P. Félix, faisait naguère retentir la chaire de Notre-
Dame de Paris de la même vérité. « Israël, s'écriait-il, est
aujourd'hui « sam religion, sans pairie, sans préires, sans
sacerdoce, sans autel et sans sacrifice ' ! »
Voici donc cette religion monoteinplale devenue veuve
du temple unique où son Dieu lui permettait les grandes
cérémonies du culte, et veuve à la fois de son sacerdoce;
car dans la foule entière de ses quatre millions de fidèles,
un seul ne saurait se trouver qui pùt confirmer sa parole
s'il osait dire : Je suis de la race unique dont se font les
prêtres; je suis un des descendants de Lévi!
Mais l'un des livres sacrés de la Bible ne nous avait-il
point tenu ce langage prophétique : « Un long temps se
passera pendant lequel Israël sera sans vrai Dieu, sans
prêtre qui l'instruise, et sans loi’. » Il est donc tout naturel
que le peuple juif, partout où ses essaims se sont abattus,
n’ait plus en guise de temple unique que de simples lieux
de réunion et de prière; en guise de loi, que des traditions
étrangères ù toute origine divine’; en guise de prêtres, que
des consulteurs officieux, ou redevables à la loi desruxiions
‘ ..^rctiiees isra^/iles, VIII, 1. '5 avril! 868, p. 353. Et l'un des organes
du judaïsme de répliquer: <t Autrefois les prêtres formaientchez nous
une caste à part ; aujourd’hui le rabbin, ou chef religieux, entre dans
la carrière pastorale par un choix libre... n Ib. X, !8 mai !868,
p. i45. Ce prétendu prêtre est donc de fantaisie, d’institution humaine,
instit ué contrairement à la Bible et au Talmud, ce que nous verrons
en ce chapitre.
Cette religion, disait, en mars '! 868, M.Chaix d’Est-Ange, rapporteur
au Sénat d'une pétition judaïque, <i n'a rien de sacerdotal;... les rab-
bins eux-mêmes ne sont pas des prêtres, mais des docteurs ; et, depuis
la dispersion, la science a remplacé le sacerdoce. » Ibid., V, p. t08-9.
!"■ mars !868. « On ne pouvait mieux dire, » ajoutent les memes Ar-
chives Israélites , VI, !5 mars !868,p. 25!,... à la condition de suppri-
mer cette erreur ; que la science aurait ren placé le sacerdoce I Mais
pourquoi ceite vérité du mois de mars, que» le rabbin n’est point un
prêtre, » n’est-clle plus au mois de mai qu’une vérité de rebut, rem-
placée par l’asseriion contraire? Patience!
* Bible, H Paralip., ch. xv, v. 3.
^ Le Talmud. Relinquentes mandatum Dei, tenetis traditionem ho-
minum. S. Marc, vu, v. 8-9.
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38
LES JUIFS.
étrangères d'un titre officiel; en un mot, que des rabbins,
c'esl-à-dire que des docteurs, dont, sauf quelques rares
exceptions, l’ignorance est prodigieuse
Mais bâtons-nous de produire â l’appui de nos paroles
le texte meme de l’un des membres notables du consistoire
de la ville de Paris : n Les rabbins ne sont point, comme
les curés et les pasteurs des communions ebrétiennes, les
ministres nécessaires de notre culte. L’oflice des prières au
sein de nos temples ne s’effectue point par leur organe. Ils
ne sont point les confidents de nos consciences. Leur jiou-
voir ne peut rien pour le salut de nos âmes. Leurs fonctions
sacerdotales se bornent â la célébration du mariage* -, et leurs
attributions, â la prononciation, en chaire, d'un très-petit
nombre d’oraisons, lis sont docteurs de la loi, et passent
pour avoir une connaissance profonde du Talmud. Ils sont
canoniquement investis du pouvoir de conférer â un laïque
quelconque le diplôme du rabbinat. » Mais « ce diplôme
est compatible avec toutes les professions... et nous comp-
tons parmi nous des rabbins au barreau, des rabbins en
boutique, et des rabbins marchands forains, lis ne possè-
dent les éléments d’aucune science utile, et ignorent, la
plupart, jusqu’à l’usage de la langue nationale... Leur atta-
chement fanatique à des pratiques absurdes, dont le temps et
la raison ont fait justice, est un titre à leur considération
mutuelle et à la vénération des orthodoxes. Leur présomption est
aussi excessive que leur ignorance est profonde. Si on invoque
' Deuxième lettre d’un rabbin converti. 18î7, Paris, p. 366-7. Id.,
Harmonie entre l'Eglise et la Synagogue, Exemples et exceptions, t. l",
p. 30, etc.
^ C'est trop dire, et nous allons voir que tout laïque peut les célébrer.
Leurs fonctions consistent, par exemple, à pratiquer des exorcismes
magiques, comme les fils de Sceva, Actes des Apôtres, m, v. 13, etc.;
à veiller auprès des femmes en couches, pour les défendre contre les
maladies et les maléfices du démon Lilit, etc., etc. Harmonie entre
f Eglise et Synagogue, t. 11, p. 32u; Drach, Paris, iSii; ou bien à
tracer des talismans qu’il faut porter ou avaler, pour guérir d’une ma-
ladie. pour obtenir progéniture, ou pour être délivré des démonsi
Archives israélites, IV, 15 février 1868, p. 185. Et ces dernières
fonctions sont celles de nos sorciers, leurs imitateurs.
Di:,:-'
CHAPITRE TR0IS1È.ME.
39
leurs lumières sur les questions religieuses, ils opposent
les mystères; si on les presse, ils crient à l’irréligion; si on
insiste, ils se fâchent. Ils ont la fatuité du pouvoir, et la
volonté de l’intolérance'. «
I! ne serait que trop facile, hélas! si peu que l’on remuât
les annales du culte hébraïque, de multiplier â l’endroit
des rabhins les traits où l’immonde se mêle â l’absurde;
mais il nous suffit, â titre d'échantillon, d’emprunter à saint
Jérôme, qui vécut dans la familiarité des docteurs israélites,
un des exemples où se peint l’antique dégradation de ces
tristes ministres.
B Les Pharisiens, nous dit ce grand docteur de l’Église,
otU inventé les traditions qu’ils appellent deutéroses; et d(' com-
bien de fables et de chimères ils les ont remplies! La plu-
part sont tellement infâmes que je ne saurais en parler sans
rougir; je veux, néanmoins, en rapporter un exemple, afin
de couvrir de honte et de confusion ces ennemis déclarés de
la religion du Christ. Sachez donc que les principaux et les
plus sages de la synagogue étaient obligés, par le devoir de
leur charge, horrible emploi! de goûter le sang d’une bile
ou d’une femme qui avait ses infirmités ordinaires, afin de
juger par le goût, lorsqu’ils ne pouvaient le faire par la vue ,
si ce sang était pur ou ne l’était pas ’. »
Certaines Revues judaïques , souvent en désaccord avec
elles-mêmes, nous tiennent sur le rabbin un tout autre lan-
gage. L’amélioration qu’elles signalent parmi ces docteurs,
si nous la prenons au sérieux, est, en tout cas, de date toute
récente; mais nous l’admcltons le plus volontiers du monde.
* Des Consistoires en France, par M. Singer, membre du Consistoire,
p. 3Î-33, Paris, tSÎO, Delaunay. Id. Cerfberr, plus loin : «Lesdevoirs
des rabbins concernant la prédication morale dans les temples, dit
M. Halévy, devoirs prescrits par le grand Sanhédrin, ne sont |ias rem-
plis, ou le sont d’une manière fâcheuse, à cause de Yincajiacitt des
rabbins en général, de leur peu de Juinicrej, et de leur habitude de
prêcher dans un jargon barbare. » Résumé de l’histoire des Juifs mo-
dernes, p. 309. — llallez. Des Juifs en France, p. Î6G, etc.
2 S. Jérôme, t. Ht, ch. xcvii, p. 221. Lettres, trad. Guill. Roussel,
bénéd. Paris, 1707.
I
40 LES JUIFS.
en ce sens que, dans les Élats les plus civilisés de l’Europe,
les membres du rabhinat seraient des hommes honorables,
quelquefois assez savants, et qui généralement ont reçu
l’éducation vulgaire. Un grand nombre, dans les centres de
la civilisation chrétienne, parlent donc un langage à peu près
correct, ce que ne se permettent qu’à de rares intervalles
les rédacteurs des revues qui les préconisent. Mais le dé-
grossissement de ce personnage si cruellement jugé par les
siens, lui conférera-t-il le caractère sacerdotal que la presse
judaïque s’est donné depuis quelques années le mot d’or-
dre de lui attribuer.? Et sa bouche, pour être moins barbare,
deviendra-t-elle un organe de la vérité religieuse? Car rien
n’est exagéré dans les paroles du très- honorable M. Singer,
gimid admirateur des vertus de sa nation , et nous aurons
soin de retenir son dernier mot : « Ma double qualité de
membre pour l’érection du temple et du comité de surveil-
lance et d’administration des écoles consistoriales, garantit
l’exactitude des renseignements que je produis »
Or, près de trente ans après leur date, ces paroles dou-
loureuses pour Les lèvres qui les profèrent, recevaient de la part
d’un écrivain de race judaïque une confirmation trop écla-
tante pour que nous puissions hésiter à nous répéter en
l’offrant aux réfiexions du public *, notre public est si com-
plètement étranger à l’histoire de ces Juifs dont les mains
pétrissent et déjà façonnent l'avenir de notre société I
C’est particulièrement à l’endroit de leurs fonctions spin-
tuelles que les rabbins « sont faibles et nuis, car leur ofiice
n’égale point rim|)orlance du saint ministère des prêtres
chrétiens. Ce n’est point eux qui font résonner les temples
de cantiques et de prières-, ils ne font point retentir du haut
de la chaire de sublimes vérités^ iis ne vont point dans les
familles porter l’espérance et la consolation-, ils ne recher-
chent point la misère pour la secourir, les larmes pour les
sécher; ils ne guérissent pas les plaies du cœur, les mala-
1 /6., p. 7. 1820.
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CHAPITRE TROISIÈME. U
(lies (le Tâme-, ils iie célèbrent point d'ineflables mystères;
ils ne sont point les confidents des consciences ulcérées; ils
n’ont point reçu du Ciel le don de pardon et de miséricorde;
ils ne sont obligés ni au dévouement aveugle, ni à la chas-
teté sévère; ils n’ont point fait vœu de pauvreté Or,
nous le demandons en toute conscience et en toute vérité;
quelle puissance peut avoir une religion enseignée par de
tels ministres? Certes, tant que les Israélites auront pour
interprètes de leur religion leurs tanneurs, leurs colpor-
teurs, leurs escompteurs, voire même leurs usuriers, car
beaucoup exercent ces nobles et libérales professions, jamais
ils ne se trouveront b la hauteur de l’époque. » Il est vrai
que, U d^à, nous avons parmi les rabbins des hommes éclai-
rés et dignes de leur sainte mission, mais ils se réduisent
à trois ou quatre ' ! »
En France, et dans quelques-uns des pays les plus civi-
lisés de l'Europe, l’aristocratie judaïque s'applique à com-
battre l’ignorance de ses ministres et de ses coreligionnai-
res, dont elle est à juste titre honteuse. Aussi , lorsque ses
nombreux eiïorts sont couronnés de quelque succès ’, est-
il d’usage d’en grossir le bruit et d’en confier la redite aux
Imuches sonores de la renommée. Devant les oreilles ouver-
tes du public, il est d’ailleurs assez simple que le style
oIGciel répande sur les personnes et sur les choses un aspect
sensiblement plus beau que nature. Nous sommes donc loin
de nous armer de rigueurs contre M. le grand rabbin de
Paris, Isidore, et de repousser le flux des hyperboles que
nous verse sa bouche louangeuse. « Je compte, s’écrie avec
emphase ce ministre du judaïsme, sur le concours actif,
loyal et aifeclueux de mes collègues dans le rabbinat , dont
la science est si GRANDE et dont le zèle est toujours au service de
la religion ’ ! »
' Les Juifs, leur hisluire, leurs auteurs, p. 55-6-7, par A. Cerlberr
de Medelsheim. Paris, 1847.
^ Exemple : Le collège rabbiniqiie de Padoue, Italie, nous dit TL^nï-
«ers israelile, septembre 1867, n* I, p. 14, etc.
^ Archives israililes, VII, 1" avril 1867, p. 307.
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a
LES JUIFS.
Mais quel crédit toute la bonne volonté du monde nous
permet-elle d'accorder à ce langage, lorsque nous entendons
l’un des grands organes de la nation juive faire retentir au
loin ces paroles de désolation : « Au sein de l’assemblée à
laquelle est confiée la direction supérieure des affaires religieu-
ses Israélites, le grand rabbin est le seul dans le choix de
qui la connaissance et le respect de ta religion sont pris en quel-
que considération. Quant à ses collègues..., la position so-
ciale et l’éducation sociale sont seules considérées^ mais,
pour ce qui est d'une mesure quelconque de connaissance re-
ligieuse, de caractère religieux, de quelque fidélité reli-
gieuse se manifestant dans la vie, pas le moindre scrupule ne
se montre dans leur choix! » Le sort de la religion Israélite,
le choix de scs ministres est donc « abandonné li une ma-
jorité d’hommes qui ne possèdent pas la moindre connaissance
de la religion ». qui peut-être o comptent parmi les pre-
miers contempteurs de la religion Israélite et renvoient le
fait de la révélation dans le domaine du mythe! » En un
mot, « la culture et l’entretien de ta science religieuse numquent
partout dans le vaste empire!... ‘ »
Ces paroles, e< cette date, ne sont-elles point, si nous
arrêtons nos yeux sur les royaumes de l’Occident, une ré-
vélation terrible de l’état des croyances en Israël et de
l’ignorance générale et profonde de ses guides religieux.^
Car, entre tous les Juifs de ce monde, le Juif occidental est
incomparablement le moins ignare I
Cependant, ces ministres si singulièrement choisis, et la
plupart du temps si déplorablemcnt étrangers à la science
et aux mœurs religieuses du judaïsme, les voilk, si nous en
croyons cet organe du parti conservateur de la religion juive,
les voilà devenus non-seulement les docteurs, mais les prê-
tres, les pontifes, le sacerdoce de la nation. Car on affecte en
Israël, et nous saurons pourquoi, de ne les dé.signer que par
ces termes sacrés ; car le mot est donné de toutes parts de
réiiéter à tout propos cette qualification religieuse; car on
' L’inivers Israélite, n» II, octobre <866, p. 7i-~ô.
CHAPITRE TROISIÈME.
i,l
prétend inculquer à tout bénévole auditeur que non-seule-
ment la nation juive suit la loi de Moïse, mais qu’elle a son
clergé, comme nous le nôtre : raison pour laquelle quicon-
que n'est point rabbin est dit laïque, ainsi que d'abord nous
allons le voir. Chacun de la sorte contribue de son mieux ,
et le plus naturellement du monde, n donner le change au
pnblic. Suivons donc un instant de l’œil cette manœuvre qui
s’exécute avec ensemble sur toute la ligne.
Chez nous , s’écriera |tar exemple l'un des zélés du ju-
daïsme, (( un laïque, un homme tout k fait étranger aux con-
naissances théologiques et h la vie israélite , a pu se placer
impunément devant l’arche du Seigneur et faire entendre
des doctrines hérétiques Et personne n’a protesté ! Quel
Balaam, en voyant ce qui se passe chez nous, voudi'ait
encore dire : Que tes tentes sont belles, ô Jacob! Et ne
préférerait-il pas pousser cette sublime exclamation k l’as-
pect des assemblées chrétiennes même les moins ortho-
doxes ' ! »
Déjà même cette distinction de prêtre et de laïque com-
mence à prévaloir au dehors. Exemple : « Tandis qu’en
France l’enseignement religieux israélite est représenté par
un laïque au seiii du conseil impérial de l’instruction publi-
que, » dans une ville d’Allemagne, à Nackel, le conseil mu-
nicipal se soulève contre ce même abus et tient ce langage :
a L’instruction religieuse israélite est obligatoire -, or l'élu,
étant laïque, n’est nullement compétent à représenter les in-
térêts de la partie israélite de l'école, et il demande de nou-
veau au gouvernement d’appeler le rabbiuat dans le comité
d’enseignement *. »
À côté de ces laïques, nous n’avons plus à nous étonner si
le rabbin se trouve devenir un ecclésiastique, un prêtre, et
si le langage non point orthodoxe , mais intéressé , du ju-
daïsme reproduit et fait reproduire à tout propos cette
' Univers israélite, journal des principes conservateurs du judaïsme,
n»!!, octobre 1867, p. 53.
2 Univers israélite, n° VII, mars 1867, p. 295.
(i
LES JUIFS.
phraséologie décevante. C’e.st ainsi que dans le rovaume de
Prusse, « une ordonnance royale publiée dans le staats-
anzeiger du 16 août, s’exprime en ces termes L’autorisa-
tion est donnée par la présente de nommer des ecclétùuiique*
juifs dans les duchés de Schleswig-Holstein... ' »
Mais écoutons encore, et ne craignons point de donner
à nos citations quelque chose de l’insistance de ceux dont
la parole s’attache à nous représenter comme vivant un sa-
cerdoce qui périt pour ne jamais renaître: — A Paris, reprend
rt/nirer* israélite, u nous nous trouvons en présence d’un
fait accompli ; nous espérons que notre nouveau touverain
pontife n’oubliera pas qu’il est désormais le guide spirituel
du judaïsme français tout entier, et non plus de la seule
communauté de l’aris, où il a pu tolérer des choses tout à
fait inadmissibles chez nos coreligionnaires des départements,
qui ne sont guère si avancés et si éclairés que MM. Cerf-
herr et Franck *. »
Le même langage sort, a plus forte raison, des tmuches
oflicielles; et, lors de l’installation du grand rabbin du con-
sistoire central de France, nous entendons M. le colonel
Ccrfberr, président de ce consistoire, adresser une courte
allocution à ce « nouveau (Huitife ». Fidèle ’a sa regrettable
habitude, il se permet « une invasion très-illégitime de sa
part sur le domaine de la théologie L’exhibition de son
catéchisme, de son programme théologique, a quelque chose
de singulièrement choquant, et les étrangers au culte ju-
daïque peuvent « croire, que M. le colonel donne une leçon
de religion juive au premier pasteur de notre culte, aux pro-
fesseurs, aux élèves du séminaire, et ii tout le rabbinat de
France! »
Cependant, M. le grand rabbin Isidore, impassible et plein
de sérénité devant ces mains qui touchent h l’encensoir,
clôt paciliqucmeiit la séance par ces paroles, où il se pose
' ytrc/iives israélites, XIX, 1" octobre <867, p. 908. Lire id. l’t'-
m'oers israélite, II, octobre <866, p. 76.
* Univers israélite, décembre <866,p. <47.
CHAPITRE TROISIÈME. ir,
en continuateur des grands prêtres d'Israël : « Mes frères,
je suis profondément ému en prenant possession de ce
siège rabbinique, illustré par tant de nobles et pieux pasteurs
dont le souvenir vit encore dans tous les cœurs Israéli-
tes... ' »
Et puisque ces rabbins se trouvent transformés en ecc/è-
siastiques qui montent en chaire et prononcent des sermotui ;
en prêtres, en souverains pontifes de royaumes que peut-être,
un pontife suprême reliera bientôt sous son autorité papale,
ces pasteurs ne mettent-ils point leur langage en harmonie
avec les titres dont ils s’entre-décorent , lorsqu’ils nomment
les laïques d’Israël leurs « ouailles », et qu’ils donnent a leurs
lettres diocésaines le nom de « lettres pastorales *? »
Or, ce que ces répétitions dont ne se fatigue point !a
bourbe d’Israël ont b nous dire, si nous savons les compren-
dre, c’est que si les Juifs n’avaient point l’art de donner
crédita cette ingénieuse distinction de laïques et de prêtres;
c’est que s’ils ne créaient et ne promenaient au milieu de
nous cette audacieuse fiction , ce fantôme trompeur du sa-
cerdoce, ils perdraient aux yeux des peuples le prestige
d’avoir une religion, ce bien, ce trésor inappréciable qui
depuis tant de siècles a péri dans leurs mains; ils perdraient
en outre devant le budget le droit d’avoir à se présenter
pour émarger les honoraires et les frais d’un culte qui, sans
une religion et un ministère vraiment sacerdotal, ne saurait
être qu’une ridicule et mensongère parodie.
Sacbons-le donc pour ne plus l’oublier ; ces pontifes ne
sont rien moins que des pontifes; ces prêtres ne sont prê-
tres que pour la forme, que pour faire illusion aux peuples
chrétiens qui les payent; leur autorité religieuse est néant;
et cette vérité, que nous avons dû rendre palpable, s’échappe
sans cesse des lèvres d’Israël. L’intrépide avocat de la cause
* Univers israélile, Vlll, avril t867, p. 3i4-5.
^ Archives israélites, IX, (•'' mai t8G7, p. 389. Ib. X, 13 mai 1867,
p. 433. — XXI, rr novembre 1867, p. 963. Univers israélile, lit,
novembre 1867, p. 103, elc., elc.
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46
LES JUIFS.
judaïque, et l’un des notables de cette nation, M. Bédarride
lui-même, nous dira donc avec une simplicité qui trop sou-
vent lui fait défaut :
n Les rabbins ne tiennent de la loi de Moïse aucune auiorité
sur leurs coreligionnaires ; et ce titre, connu seulement de-
puis la dispersion , ne constitue qu'une marque de déféretice
donnée aux docteurs de la loi qui se font remarquer par leur
méri/e. Us n’ont aucune ;«ri(fic<ion; seulement on s’adresse à
eux volontairement, comme versés dans la loi. »
« Que si , dans certains États , tes lois ont donné quelque
force 'a la juridiction des rabbins, leur autorité découle alors
de la lui civile, et non de la loi religieuse ' ! »
En un mot, les peuples infidèles ont seuls fondé les droits de
ces pasteurs <t Israël, et la source du sacerdoce rabbinique
est une source chrétienne!
Nous reconnaîtrons cependant que dans les pays où le
vieux culte talmudique a conservé sa vigueur; que dans les
lieux où, malgré l’absence du sacerdoce et du temple, la re-
ligion entretient le sentiment de la nécessité du sacrifice, le
rabbin exerce jusque dans les circonstances les plus redou-
tables, et quoique sans autorité légitime, quelques-unes des
attributions du prêtre. Il fait revivre autour de lui l'idée du
sacrifice; il est le sacrificateur; ou, si sa main ne dirige
point toujours dans la gorge de la victime le couteau sacré,
c’est lui du moins qui saisit et conserve le vase où le sang a
coulé; c’est lui qui recèle le sang, cette partie de la victime
({uc les sacrifiants se doivent assimiler par la manducation.
Et, tout à l’heure, nous verrons jusque dans les derniers
exemples dont nous soumettrons au lecteur l'authenticité,
les khakhams, c’est-k-dire les rabbins de Damas, lors de
{'assassinat religieux du Père Thomas et de son domestique
par les Juifs, s’emparer chaque fois du sang recueilli , et le
conserver précieusement jusqu’k son mélange au pain qui
devait le faire circuler sous la dent des fidèles :
« Fils de Juda, pourquoi donc avez -vous tué ce religieux
' Les Juifs en France, en Italie, etc. , p. 430, 2* odil. <861 , Paris.
CHAPITBK TROISIÈME.
47
votre ami, cet homme que tout le monde aimait? — Pour
le sang, parce que nous en avions besoin |K)ur la célébration
de notre culte. — Et pourquoi le sang n’est-il pas resté
dans la maison de votre frère? — Parce que le sang doit
rester chez les khakhams ' », c’est-h-dire chez les rabbins.
Cependant, non-seulement les rabbins ne sont point
d inslitulion divine, mais, convertis en inttrumenis d’ordre
civil et politique, ces continuateurs infidèles des Pères du
Talmud, c’est-h-dire des Pères de l'Église israélile, sont à
peine, ainsi que nous venons de l’énoncer, d’institution
judaïque. O comble d’bumiliation! chaque prince façonne et
limite h peu près h sa guise leur pouvoir chez chacune des
nations qui daigne ouvrir son sein ou prêter un asile aux
dispersés d'Israël !
'Jadis, la nécessité où se trouvèrent plusieurs États de
l'Europe de donner aux Israélites des juges qui pussent
prononcer dans les affaires litigieuses où les lois hébraïques
étaient invoquées, avait donné naissance 'a l’autorité tempo-
relle des rabbins. Des lettres du 21 mai 1681 constituèrent
(en France) cette autorité. Les rabbins devinrent, en ma-
tière de religion, de police,, et de droit civil, les juges des
Israélites. Leurs sentences, pour être exécutées, n'avaient
besoin que de la sanction du juge ordinaire-, toutefois, le
recours des parties à celte autorité était facultatif*. » Après
avoir rempli les fonctions de notaires , les rabbins essayèrent
d étendre leurs attributions; mais un arrêt du 12 mai 1751,
et les lettres patentes du 10 juillet 178i, réprimèrent leurs
prétentions, et restreignirent leur pouvoir; survint alors la
Révolution, qui mit ün h ce pouvoir temporel*.
Mais le grand maitre de la Révolution, le conquérant qui
la nourrissait , qui la châtiait et la pliait à ses fins, sentit
■ .Affaires de Syrie, pp. i3, 44, 379, etc. , A. Laurent. Prori'dure
complète; tire tout le t. II. Voir plus bas à la question des Sacrilices
judaïques.
* Consist., Singer, membre du consisl., p. 31. Répertoire de juris-
prudence, Merlin, art. Rabbi.vs. Cerlberr, les Juifs, p. 55.
’ Cerlberr, ibid.
4$
LES JUIFS.
vivement la nécessité de reconstituer ce pouvoir. Il le re-
fondit de toutes pièces, et l’adapla surtout à cet inassou-
vissable besoin d’hommes que lui fai.sait éprouver la consom-
mation sans limites de ses champs de bataille. Nous pren-
drons comme exemple de son despotisme, acceplé par
Israël avec reconnaissance, le règlement de l’assemblée des
Israélites du 30 mai 1806, où il est arreté que les fonctions
des rabbins sont : « I” D’enseigner la religion. — 2* D’en-
seigner en même temps la doctrine renfermée dan» le» déci-
tions du grand Sanhédrin. — 3" De rappeler, en toute» circon-
stance», l’obéissance aux lois, notamment et en particulier
celles qui sont relatives ù la défense de la patrie , mais d’y
exhorter plus spécialement encore, tous les ans, a l’époque
DE LA coNScniPTiON, depuis le premier appel de l’autorité,
jusqu’à la complète exécution de la loi. — i» De faire edh-
sidérer aux Israélites le service militaire comme un devoir
SACRÉ, et de leur déclarer que , pendant le temps où ils se
livreront à ce service , ta loi les dispen»e des observances qui
ne paraissent pas se concilier avec lui. — 5° De prêcher
dans les synagogues, et d’y réciter les prières qui s’y font
en commun pour l’Empereur et la famille impériale. —
6° De célébrer les mariages, et de déclarer le» divorce»,
.sans qu’ils puissent, en aucun cas, y procéder que les par-
ties requérantes ne leur aient bien et dûment justifié de
l'acte civil du mariage ou du divorce, etc., etc. '. »
Certes , ces injonctions et ces dispenses religieuses ac-
ceptées par les Juifs de la main d’un pouvoir chrétien,
voila qui nous frappe de stupeur, et qui nous peint sous
des couleurs assez vives la déchéance de» doctrine» et des
docteurs du Talmud I Voilk qui place dans un jour où il est
impossible de ne point le saisir, ce spectre défiguré du sacer-
doce ou du doctorat judaïque! Le tableau reste incomplet
cependant, et, pour le compléter nous devons suivre de
l’œil les traits que trace un rabbin 'a qui sa science et sa
' Consistoires, l’israélile Singer, membre du consistoire, «6.,
p. 15.
CHAPITRE TROISIÈME. i9
droiture, aidée? de la grâce divine , révèlent les monslruo-
sités de la tradition talmudique.
« Je dois, nous dit l’illustre Drâth, rectifier l'erreur si
commune parmi les personnes étrangères au culte judaïque,
à savoir que les rabbins aoiu let prêtre» des Juifs. Ces hommes
n’ont que la direction de la conscience de ceux tpù veulent
bien s’adresser à eux dans le» cas grave»; par exemple,
quand le malheur a voulu qu'une cuiller destinée ^u maigre
tombât dans un pot qui sert au gras; ou si , par mégarde ,
on a touché ou mouché la chandelle au saint jour du sab-
bat, etc., etc.'. »
« L’oITice de la synagogue , qui consiste â entonner les
prières et les cantiques, et â lire le Penlateuque ; les soins de
distribuer les aumônes publiques, de surveiller l’éducation
de la jeunesse, d'assister les mourants, de présider aux en-
sevelissements etaux cérémonies qui les accompagnent, etc.,
sont généralement réservés à des laïques; et quand les rab-
bins s'en chargent, c’est comme simples particuliers. Quant au
mariage, le rabbin ne fait que le bénir, chose que peut faire
e! que fait tout l sraélite , et qui, d’ailleurs, n’est nullement
essentielle pour contracter ce lien!... C’est l'époux qui pro-
nonce les paroles sacramentelles, en offrant â l’épouse un
objet d'une valeur quelconque. Celle-ci, en l'acceptant,
sans même proférer une parole, devient sa femme légitime.
La présence du rabbin est si peu nécessaire, que si cette cé-
rémonie avait lieu en présence de deux Israélites quelcon-
ques, le. mariage serait valable’. Prêcher la parole de Dieu,
et sur des objets de simple morale, la plupart des rabbins
n’en ont pas d’idée! Les sermons, qu’ils prononcent d’ail-
leurs fort rarement, ne sont que des dissertations talmu-
' » Conducteurs aveugles, qui avez soin de passer ce que vous bu-
vez, de |ieur d’avaler un moucheron, et qui avalez un chameau. >
S. .Vtallh eu. Evang. , xxiii, 24. Eoccolantes culicem, camelum autem
glatientes. Et qu'est devenue en Israël depuis cette époque (18z6) l'ob-
servation du sabbat? ,
’ V.qez Talmud, traité Kidouschin, fol. 1 et seqq., Marmonideson
Joseph'Karo.
4
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su
LES JUIFS.
Hiqiies, auxquelles la plupart de leurs audileqrs n’cnlendent
rien. Ces dissertations sont quelquefois entremêlées de
gronderies (tholihabliaHb) et de farces pour rire (halatzol),
dont je donnerai des échantillons'. «
Non, mille fois non, le rabbin n'est rien moins que
prêtre, rien moins que pontife, et la nation juive « ne possède
plus aucune espèce de sacerdoce ». La casie tacerdniale y eit
inconnue depuis que, chose admirable 1 la confusion de nos
tribus s’esi opérée à la suite du dernier recensement ordonné
par César .\ugiiste, et d’où résulte l’établissement authen-
tique de la généalogie de Notre-Seigneur*. Il est vrai que
« les rabbins de nos jours se disent les docteurs de la loi;
mais qu’ils se souviennent que leurs décisions n'obligent.
aucunement la conscience des Juifs! Autrefois ce n'était point
la même chose, le refus de se soumettre 'a renseignement
de l’autorité religieuse empor/ait la peine de mort', car il y
avait alors un temple, des sacrifices, des prêtres, il existait
une autorité sacerdotale et d’institution divinel » Au surplus ,
« le Talniud dit formellement que, depuis la dispersion, il
n'y a plus de docteurs en Israël^ , et que l’autorité du Sanhé-
drin de Jérusalem cessa quarante ans avant la ruine du
temple, c’est-h-dire précisément h l’époque de la passion de
Notre-Seigneur. Le Cousummatum est prononcé du haut de la
croix par l’Arbitre du monde fut donc l’arrêt de l’éternelle
dissolution de ce corps célèbre*! »
Non, vraiment, quelque fantôme d’autorité doctorale que
le premier Empire ait permis aux Juifs d’évoquer, « il
n’exi.stc pas aujourd’hui dans la nation juive une autorité qui
puisse |M)ser la limite séparant ce qu’il y a d’obligatoire
dans la loi de Moïse et dans les traditions, de ce qui a cessé
' Piid., première lettre du rabbin, p. 69. Paris, 1825.
^ Ibid., deuxième lettre, p. 292. Paris, 1827.
^ Deulér., xvii, 12. Talmud , traité Sanhédrin, fol. 26 v“, fol.
27 r', rtc.
* Talmud, traités Sanhédrin, fol. 13 v», fol. 14 r”; Gnaboda-Zara,
fol. 3 V", etc. Deuxième lettre, p. 292-3,
5 Ibid., p. 293.
CHAPITRE TROISIÈME. 51
de l’êlre avec la destruction de l'État-, une autorité dont
les décisions puissent tranquilliser les consciences et ré-
soudre les scrupules des hommes timorés'. »
Enûn, quel qu’ait été le rahbinat, la synagogue, dont il
importe do faire connaître l'antique esprit, avait « de tout
temps proscrit avec sévérité l’explication individuelle de
la parole de Dieu, » c’cst-h-dire le protestantisme qui
perce et qui, depuis quelques années, s’est tout ii coup
manifesté chez les fils de Jacob. Inllexible k cet endroit,
« le Sanhédrin punissait de mort tout docteur qui ne se sou-
mettait pas aux décisions <le l’autorité enseignante » ; et
remplaçant l’autorité par l’audace et le droit par le despo-
tisme religieux, le fanatique et sanguinaire Maimonide avait
voulu que le « premier venu des fidèles mit à mort, » et jusque
dans l’état actuel de dispersion, « le Juif qui niait la tradition
des rabbins ». il ne faut pour cela, disait-il, « ni témoin,
ni admonition préalable, ni juges-, mais quiconque fait cette
exécution a le mérite d'une bonne œuvre; il a Ôté le scandale ».
Aussi prompte et redoutable que l'inquisiliou des tribuuaux
occultes de la haute maçonnerie était donc l'inquisition
judaïque veillanlk l’unité de la foi*.
Mais tout a changé, tout change, et rien ne nous est plus
facile que de suivre ces révolutions-, car voici, placé de
notre main et sous les yeux du public, le rabbin pbarisaïque,
c'est-à-dire le rabbin guide et conducteur religieux de la
nation juive-, le voici jusqu’aux jours du premier Empire,
et au delà même de cette époque. Les citations dont nous
avons eu soin de fortifier notre texte bravent d’elics-mémes
tout contradicteur, et nous le représentent tel qu'il se ren-
contre partout où le Talmud est la loi religieuse du Juif. Mais
la position de ce quasi-fonctionnaire k titre doctoral et k
prétentions sacerdotales se modiGe au moment où la fortune
' Lettre à un conseiller du roi de Saxe, par M. le baron de S. de
S. Paris, 1S1Y, chez de Bure. 76., deuxième lettre, p. i9l.
^ Veén Isarihh lo guèdün vélo halrla, vélo daljanim, etc. Traité des
docteurs rebelles, c. ni, p. 5S. 76. deuxième lettre, p. 331
l.
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52
LES JUIFS.
impériale commence h dominer les peuples de l’Europe.
Jetons donc un second coup d'œil, un coup d'œil plus appro-
fondi, sur la forme nouvelle que la main du redoutable
dominateur imprime en France a l’or;i;anisation religieuse
du peuple juif ouvrant son esprit aux réformes.
NOTES FINALES.
PHEUIÈRB NOTE.
< Le rabbinat français n'est pas réformaltur , dit le grand rabbin
Isidore. Il a su se préserver jusqu'à ce jour de c.es lenlalions malsaines
qui ont produit ailleurs la désunion, le déchirement, le schisme. >
P. 975. « Mais si le dogme est invariable, it n’en est pas de mime
du cullc. » Archives israétites, X.\I, p. 976, 1" novembre 1867.
Qui eût osé parler devant Israël de réforme dans le cube au com-
mencement de ce siècle, sans redouter la colère de ses auditeur-? Mais,
depuis quelques années, la réforme, le protestantisme poussé à ses
dernières limites, est partout on Israël, et s’introduit non seulement
dans le journal du progrès, les Archives, mais jusque dans le journal
conservateur, l'Univers laroelite, que nous entendons gémir lui-méme
de ce mal destructeur.
n Nous avons souvent montré à nos lecteurs le spectacle affligeant
qu’offre l oeuvre réformiste et schismatique en Allemagne. Voici encore
un nouveau et très-triste exemple, donné par certains rabbins d’outre-
Rhin, de leurs égarements et de l’oubli de tous les devoirs, de toutes
les convenances... » Univers israélite, IV, p. 151, décembre 1866.
Suit I énumération du scandale donné; puis : • Il est triste de voir
un rabbin, un docteur delà loi, un gardien des commandements di-
vins, mener une telle vie, donner de tels exemples à la communauté,
un tel scandale à tout un pays, et faire de pareils aveux solennellement,
dans l’enceinte de Injustice, devant Israël et devant les peuplesi
Et qu’on ne reproduise pas cotte vieille tbèse, depuis longtemps con-
damnée par l'expérience, à savoir qu’on veut seulement apporter quel-
ques modifications dans le culte public... », car « voici une nouvelle
prouve de ce que cette pensée, mèuie inspirée par la meilleure foi du
monde, renferme de dangereuses illusions. » Suit cette preuve cu-
rieuse, ibid.
DEUXIÈME NOTE.
s Le gouvernement de 1830 a donné à la Synagogue un élan qui
ne s’est plus arrêté. Un de ses premiers actes, le 8 février 1831 , fut
de placer les rabbins sur la même ligue que les ministres des autres
CHAPITRE TROISIEME. 53
cultes, et de leur assigner un traitement sur le trésor public. Celle in-
novation créa une espèce de clergé israélite au point de vue légal;
mais, aux yeux de la religion, les rabbins n'ont jamais été et ne sau-
raient être des ministres de l’Ancien Testament... Les rabbins , dont
le nom signifie maîtres, ou précepteurs, n’étaient que des Scribes plus
ou moins instruits dans la loi, ou des casuisles versés dans leTalmud,
qui enseignaient les commentaires sur la religion; plus tard, ils reçu-
rent un modeste salaire de la Synagogue pour rendre des décisions
sur les cas douteux de la morale talmudique. Telles étaient leurs attri-
butions, et jamais ils ne s’étaient posés comme des pasteurs ou des
ministres de leur religion '.
* L’institu ion actuelle des rabbins comme minielres de leur culte ne
date que de l’année 18U8; elle est due aux députés isCaélites, lesquels,
honteux de proclamer en face de la France la nullité et l’inutilité des
fonctions rabb niques, attribuèrent aux rabbins d’alors un caractère
fictif et contradictoire avec la loi formelle de l'Aruien Testament^. »
I L’ordonnance royale do 4834 sanctionna cette singulièreanomalie,
en dotant la Synagogue d’un sacerdoce impossible. Mais, dans le fait,
les rabbins, Iran.-formés en prêtres par la loi civile, et bien que sala-
riés par l’Etal, demeurèrent sans autorité parmi les Juifs, et ils se virent
en bulle aux sarcasmes de leurs amis et de leurs ennemis. On avait es-
péré que la création du rabbinal donnerait quelque vie à la Synagogue
expirante; on attendait des changements dans le.s cérémonies, des mo-
difications dans les offices, des progrès dans les interprétations ; les uns
voulaient des réformes, les autres s’y opposaient ; tous prétendaient
rég- nérer par des moyens divers les affaires de la religion. Mais les
rabbins, revêtus d'un pouvoir illusoire, incapables d’ailleurs de soute-
nir le rô'e qu’on leur avait assigné, et parfaitement contents de leur
sort, n’opposèrent qu’une forced’inertie aux réclamations discordantes
de leurs coreligionnaires »
L’estime des consistoires eux-mêmes pour les rabbins se mesure à
ce fait, que dans la composition du corps consistorial « ils les éliminent
autant que possible >
' On prui lire dan* le moi« de juin 1M6 det ^rehivet ùrnelitfs une iniëre»Mnie
ooiice sur le ribhinisme fraufsis.
^ Lire U Bible, /Vomirrs, iii,t. 10.
* Quejtion Juive, par le R. P. Raiitbonue , liraêlite converii, p. 9, 10, 11. ^
Paris, lt$08, 31 p>0^> io-8*.
* /btd. , p. 30.
FIN DBS NOTES.
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54
LES JUIFS.
DEUXIÈME DIVISION.
U grande assemblée judaïque de 1806, elle grand Sanhédrin de 1807,
le<]uel est un faux Sanhédrin. Concordat judaïque, faussant a la
fois !a loi de Moïse et le Talmud. — Fausse déclaration de cetie as-
semblée. — Ce qu’était le véritable Sanhédrin. — Un mot deM. de
Bonald sur les Juifs.
Asservir h son pouvoir destructeur, h sa volonté créatrice,
les éléments souvent les plus disparates, et forcer au besoin
la nature b les associer, ce fut une des habitudes de Napo-
léon I", génie sous la main duquel se sentit domptée la
Révolution, sa mèrel Or, une de ses volontés, ce fut Vuni-
fication des peuples dont il prétendait composer son empire,
et d’abord Tassimilation faite h son profit des éléments
sociaux que renfermait Tancienne France. On le vit donc
s’arrêter un beau jour b vouloir que la population française
se mît en devoir de s’assimiler la population judaïque I
Élever franchement le juif au rang de citoyen français-,
lui conférer la jouissance complète des droits civiques, et
terminer ainsi l’œuvre de l’Assemblée nationale', c’élait
combler les vœux les plus ardenis d’Israél. Le 30 mai 1806,
une grande et solennelle assemblée de tous les Juifs de la
France et de l’Ilalie, réunie pour lors b la France, eut donc
Paris pour siège, et ses membres subirent un interrogatoire
dont le but était de faciliter les bienveillantes intentions du
conquérant b l’endroit des Juifs. Quelques-unes des réponses
obtenues nous diront quelles furent les questions les plus
importantes posées par MM. Molé, Portalis fils et Pas-
quier, commissaires du gouvernement.
La religion des Israélites, répondirent les députés juifs, —
et retenons bien ces termes, car nos pages en feront mesu-
rer bientôt toute l’audace*, — cette religion « leur ordonne
de regarder la loi du prince comme la loi suprême en matière
civile et politique : les Juifs sont tenus de regarder les
‘ 28 septembre, 3t novembre
2 Le mot impudence répugne à notre plume.
CHAPITRE TROISIÈME. 86
Français comme leurs frères, cl leur premier devoir e»t d'exercer
envers les chrétiens des actes de charité; car entre Juifs et
Chrétiens il n’existe à cet égard aucune différence. Les
rap|)orts que la loi judaïque permet avec les Chrétiens sout
les mêmes que ceux avec les Juifs; nous n’admettons d'autre
différence que celle d’adorer l’Être suprême chacun à sa ma-
nière; et, vis-'a-vis run de l’autre, la charité fait un devoir
de prêter quelquefois sans intérêt ’a celui qui est dans le
besoin... A cet égard, dit l’avocat Israélite Bédarride,
l’assemblée réfutait les injustes reproches adressés aux Juifs,
et interprétait sagement la loi de Moïse, qui repousse, par
son esprit cl par ses termes, les préventions dont elle a été
l’objet. La religiou juive était donc énergiquement vengée; et
celte antique croyance, poursuivie comme intolérante et
antisociale, apparaissait enfin sous son vrai Jour; la persécution
perdait ainsi toute excuse »
Cependant, « les députés de l’assemblée avaient déve-
loppé les principes de leur religion; mais rien ne constatait que
ce qu’ils avaient constaté fût autre chose que l’expression
de leur conviction personnelle, il fallait donner à leur opi-
nion une force doctrinale qui leur manquait. » El de cette
nécessité sortit « la pensée de convoquer un grand sanhé-
drin, c’est-k-dire une assemblée de docteurs delà loi, ressus-
citant en quelque sorte cet ancien pouvoir dont les arrêts
suprêmes étaient regardés k Jérusalem comme des lois. »
Converties en décisions, les réponses de la première
assemblée « pourraient être placées à côté du Talmud, et
acquérir ainsi aux yeux des Juifs de tous les pays et de tous
les siècles la plus grande autorité possible’. » Le grand Sanhé-
* Ib. Bédarride, p. i03-4-5. Observons le perpétuel besoin des Juifs
de confondre leur religion avec la loi de Morse. Les rabbins eux-mêmes
vont nous apprendre toute la différence qui est entre l'une et l’autre;
et M. Bédarride tout le premier nous le dit ennoussignalani, quelques
lignes plus bas, le Talmud, qui détruit la loi de Moïse, puisqu’il en dif-
fère essentiellementet qu’il a chez les Juifs s la plus grande autorité ».
^ Autorité parfaitement insuffisanle et dérisoire, puisque, « depuis
le Talmud, if n’g a plus de docteurs en Israël, s et que « les décisions
des rabbins, qui se disent docteurs de la loi, n’obligent nullement la
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56
LES JUIFS.
drin, ce corps tombé avec U temple, va donc reparaître pour
éclairer par tout le monde le peuple qu'il gouvernail'. »
Ainsi parle l’avocat Israélite Bédarride. Que sa parole
sonore nous soit une raison d'évoquer un instant le spectre
du sanhédrin mosaupie, afin que du premier coup d'œil le
premier venu le reconnaisse cl le distingue du sanhédrin des
fils du Talmud, c’esl-a-dire du sanhédrin d'invention moderne.
Un jour, pliant sous le fardeau, Moïse de s’écrier, malgré
la vaillance de son courage : « Seigneur, je ne puis, seul,
soutenir tout ce peuple. — Bien, lui répond l’Éternel :
assemble -moi soixante -dix hommes que tu sais être les
anciens et les maîtres du peuple, tu les conduiras à la porte
du tabernacle de l’alliance , et tu les feras rester avec toi.
Je descendrai et je te parlerai ; je prendrai de l'esprit qui
est en toi, et je le mettrai en eux, afin qu’ils portent avec loi le
fardeau du peuple, et que, seul, tu n’en sois point chargé*. »
Ia!s soixante-dix hommes furent assemblés; l’Éternel
descendit dans la nuée, prit de l’esprit qui était en Moïse et
en donna aux soixante-dix anciens; et, quand l’esprit se fut
reposé sur eux, ils prophétisèrent. — Tel est le récit bibli-
que : « Les soixante-dix choisis par Moïse, dans ce grand
nombre de magistrats qu’il avait établis d’après le conseil
de Jéthro et avec l'assentiment du peuple, sont donc insti-
tués d’une manière divine ses coopéraleurs dans le gouverne-
ment, et deviennent le sénat perpétuel de la nation. Dieu
leur communique par cela quehjue chose de ces dons sur-
naturels qu’il avait réunis en Moïse, et qui sont désignés
sous le nom générique de prophétie ’. »
üéjb ce tribunal auguste avait perdu de son lustre et dé-
conscipncc; » voir ci-dessus, en ce chapitre. De queldroil, enfin, un
sanhédrin composé de quelques rabbins de deux seuls royaumes où le
Juif est assez rare, et, fonctionnant sous l'influence d'un prim e, d'un
homme d'épi'e chrétien, s'appelle-t-il grand Sanhédrin et engagerait-
il le.s Juifs du monde entier?
* /6. Bédarride, p. 405 à 408.
- Bible. Et auferam de spiritu tuo, tradamque eis, etc. Num . xi,
V. H, etc.
3 Hohrbacher, llist. de l’Eijtise, t. I, p. 449-430, édit. 1850. Paris.
CHAPITRE TROISIÈME.
37
clinë lorsque le roi Josapliat prit à cœur de le rétablir. Il
le composa donc, d’après le vœu de la loi, de sénateurs spi-
rituels et de sénateui-s temporels; les premiers étaient des
prêtres et des lévites, les seconds furent des chefs de famille.
Toutes les affaires civiles et religieuses eurent pour règle
de jugement la loi de Dieu, interprétée par les lévites et les
prêtres. Ce fut, au fond, le conseil des anciens et des séna-
teurs tel qu'il e.vistait sous Moïse. Josaphat, dit le texte
sacré, « établit dans Jérusalem des lévites, des prêtres et des
chefs de famille Qu’il s’agit d'intérêts de famille, de
questions touchant la loi, de commandements, de cérémo-
nies ou de préceptes, apprenez à vos frères, leur dit-il, ce
qui est conforme à la loi, de peur qu’ils ne pèchent contre le
Seigneur, et que sa colère ne retombe sur vous et vos frères.
Qu’.\nanias, votre pontife, préside aux choses qui regardent
Dieu, et Zabadie, chef de la maison de Juda, aux affaires
qui concernent le roi. Vous avez parmi vous les lévites qui
vous serviront de docteurs et de maîtres ' . n
V élément sacerdotal, voila donc l’un des éléments essentiels
du Sanhédrin judaïque, ce conseil sur lequel Dieu répan-
dait, selon sa parole, ses grâces spéciales et surnaturelles.
Or, dans la composition du Sanhédrin talmudique, le sacer-
doce s’est nécessairement effacé, puisqu'il a disparu du sein
de la nation tout entière; puisque nul aujourd’hui ne sau-
rait nous dire avec certitude d’un seul Israélite : Cet homme
est de la tribu de Lévi. Le rabbin que nous y voyons Ggurer
n’a , des pieds â la tête, rien du prêtre; et, mieux encore,
tandis que le Talmud nous affirme qu’il n’y a plus en Israël
de docteur autorisé, la loi française nous apprend que le
rabbin ne tient son titre que d’une autorité chrétienne; la
parole de ce faux prêtre, nous le savons en outre, n’a de
valeur que sous le toit des braves gens chez lesquels dure
la fantaisie de soumettre leur conscience aux pauvretés de
sa science ’ !
* Magistros. II Paralip., \i\, v. 8-tO, etc.
Voir les autorités ci-dessus, même chapitre.
t'X)
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58
LES JUIFS.
Un prince que Jiida sait lui être étranger de sang, étran-
ger de foi, c’est-h-dire un être souverainement impur aux
yeux des lalmudisants, fait donc les rabbins ce qu’ils sont.
Et ces mêmes rabbins, contempteurs de la loi de Moïse s’ils
sont orthodoxes, ces hommes du Talmud , les voila devenus
le nerf, la vertu, la couronne du Sanhédrin moderne, qui se
dira le dépositaire de l’esprit de Moïse '!!!
Mais que .M. Bédarride lui-même nous apprenne de quelle
sorte SC reconstitua le Sanhédrin; car il s’agit de juger en-
core d’après les doctrines talmudiques, — h l’autorité des-
quelles on prétend égaler les décisions de ce grand conseil ,
— les fidèles et les docteurs qui com|»tcnt assez fortement
sur notre ignorance de leurs lois et de leurs mœurs reli-
gieuses [tour ne craindre point de se donner à la fou comme
les hommes du Talmud et comme les hommes de la loi
mo$aï(|uc’.
L’assemblée, dirigée par le bras de Napoléon, arrêta qu’il
serait envoyé à toutes les synagogues de l’Empire français,
du royaume d’Italie et de l'Europe, une circulaire annonçant
l’ouverture du grand Sanhédrin-, « que M.M. les rabbins,
membres de l’assemblée (de I80G), seraient invités à en
faire partie-, que vingt-cinq députés de cette assemblée en
feraient également partie; qu'il serait donné des ordres [tour
que vingt-neuf rabbins, choisis dans les synagogues de l’Em-
' Les lignes suivantes furent probablement écrites sous une influence
rabbinique, elles n'en confirment pas moins la nécessité de l'élément
doctoral ei sacerdolul dans le Sanhédrin : « Tout ce que l’on peut dire
de plus vraisemblable, c'est que, depuis les Machabces, il s’était for-
mé parmi les Juifs une espèce de conseil ou de Sénat, composé du
grand prêtre, dee docleum de la loi, et des notables de la nation, aux-
quels on rapportait les affaires d'imporlance, et qui en jugeaient; mais
ce sénat n’avait ni la forme ni l'autorité que les rabbins lui attribuent.
Us prétendent que le roi n’en pouvait être, parce qu’il n’est pas per-
mis de disputer contre lui, et que le souverain sacrificateur n’entrait
dans ce conseil que lorsque son mérite le faisait élire. Dépendant il n'y
a aucune apparence que les chefs de l’Kglise et de l'Etat n’y eussent
pas séance, si ce tribunal eût été réel. » I’. 70-71. Hisl. ues Juifs,
suppl. de Joséphe, t. V.
2 Nous n’attaquons du Sanhédrin ni ceux des membres honorables
qui le composèrent, ni l'autorité des lois de l’Etat qui en furent 1e ré-
sultat!
ic. la^Coogle
CHAPITRE TROISIÈME. bit
pire et du royaume dCItalie, pussent se rendre à Paris; qu’une
commission de neuf membres serait formée pour préparer
avec MM. les commissaires du gouvernement les matières
devant être soumises au grand Sanhédrin; enfin., que l’As-
semblée ne se séparerait pas avant que le grand Sanhédrin
eût clos scs séances '. »
Il Les Juifs semblent avoir été jetés au milieu des nations
pour marquer, par leurs vicissitudes, le» progrès de la raison
humaine. , Quel progrès immense n’avait-il pas dû s’opérer en
France pour que l’on pût voir dans son sein ressusciter
avec toute sa pompe l’assemblée la plus respectable de l’an-
tique Jérusalem, celle dont les arrêts suprêmes y étaient
regardés comme des lois * !» La déclaration du Sanhédrin
n ne laissait plus ’a lu malveillance aucun prétexte pour
supposer que la loi de Moue empêchât les Juifs de jouir des
bienfaits des lois. L’assemblée la plus imposante pour les
Israélites, celle qui, comme elle le déclare elle-même, avait
seule qualité pour interpréter la loi de Moïse et fixer les con-
séquences qui en découlent, déterminait quelle était la par-
tie de cette législation qui était obligatoire, quelle était celle
qui avait cessé de l'être *. » Et cette assemblée (religieuse)
consacrait ce principe : « Que les Juifs devaient avant tout
obéissance aur lois de l’État. En un mot, le Sanhédrin consta-
tait ce fait, que les Israélites, appelés h devenir citoyens,
n’avaient â reculer devant aucun des devoirs que cette qua-
lité leur imposait *. » C’est pourquoi « les décisions du
' Ryarride, i6., p. 409.
* Sanctions religieuses, il faut le répéter avec nos auloriti'sjndalques,
données par des docteurs n'ayant d'autre droit que celui qu'ils tien-
nent d'un pouvoir étranger et chrétien! Voir ci-dessus,
^ Encore une fois, non, la loi de Morse n’est pas la loi des Juifs.
Que le Sanh'drin l’adopte comme loi, soit; mais alors il cesse d'étre
ortiodoxe, il repousse le Talinud, devient Carufle, et n’est plus guère
qu’un objel d’horreur pour l’immense majorité des Juifs, pour les Juifs
talmudisanis ou rabbiniques.
' Ce serait ici le lieu, dit l’illustre lirach, de faire connatire les
maximes intolérantes et inhumaines que les rabbins professent à l'égard
des Juifs convertis, des chrétiens, etc... C’est-à-dire de prouver par des
textes formels la fausseté de la 4* décision du Sanhédrin de 1807, sans
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60
LES JÜIFS.
Sanhédrin furent reçues avec respect par toutes les synago-
gues de France, etc., etc.... »
Mais l'Empereur était un homme trop sérieux pour se
payer, au delh de ce qu'il jugeait nécessaire à sa politique,
de ces magnifiques déclarations qui , devant l’app&t d’un
intérêt temporel, menaient les docteurs et les délégués du
peuple juif en guerre ouverte avec les antiques doctrines de
leur religion. « Il fut donc créé par le gouvernement, — à
la grande mortification des Juifs, — un régime d'exceplion
contrastant avec les espérances légitimes qu'il était permis
de concevoir h la suite de l’acte solennel qui venait de s’ac-
complir...’. .Mais cet acte regrettable, ditM. Bédarride, ne
doit point affaiblir le tribut de reconnaissance que les Juifs
doivent au Gouvernement impérial, » car l’Empereur com-
pléta presque intégralement l’oeuvre dé leur émancipation.
Un autre décret du 17 mars 1808 organisa d’ailleurs le
culte Israélite, et créa les consistoires.
prëjudiredece que j’aurais .’ldire rclalivomentà ses autres décisions. >
Ib., lettre deuxième, p. 300, 18J7.
’ B''darride, Ib., p. 4li, etc.
^ Bédarride, ib., p. 417.
NOTE FINALE.
Un mot de M. de Bonald, l'illustre auteur de la Léqinlalion primi-
tive, sur le danger d'accroître l’inttuenco judaïque, doit trouver ici sa
place : a Depuis assez longtemps les Juifs sont l'objet de la bienveillance
des philosophes et de l’attention des gouvernements. Dans ces divers
sentiments il entre de la philanthropie, de l'indifTérence pour toutes les
religions, et peut-être aussi un peu de vieille haine contre le christia-
nisme, pour qui l’état des Juifs est une preuve qu’on voudrait faire
disparaître.
<c Quand je dis que les Juifs sont l’objet de la bienveillance des philo-
sophes, il faut en excepter le chef de l'école philosophique du dix-hui-
tième siècle. Voltaire, qui, toute sa vie, a montré une aversion décidée
contre ce peuple infortuné.
« Jusqu’à l’époque de l’Assemblée constituante, les Juifs avaient
joui en France des facult ’s générales dont les gouvernements civilisés
garantissent aux hômmes le libre exercice, et qui étaient compatibles
61
CHAPITRE TROISIÈME.
avec la religion et les mœursd'un peuple ea guerre ouverte avec la re-
ligion et tes mœurs de tous les peuples.
O Les Juifs étaient protégés on France dans leurs personnes et dans
leurs biens, comme les régnicnies, comme les étrangers, comme les
Suisses, moins étrangers à la France que les Juifs; et, hors le service
militaire que les Juifs n'étaient pas jaloux de partager, et qui, même
pour les Suisses, était plutôt une condition imposée à la nation helvé-
tique par des traités qu'une faveur accordée aux individus, je ne vois
pas que les Suisses, qui n'etaienl en France ni magistrats, ni adminis-
trateurs, ni ecclésiastiques, ni même, par le fait, propriétaires, jouis-
sent, en vertu des lois, de beaucoup plus de droits que les Juifs. » T. Il,
p. 233.
< Nul doute que si les Juifs eussent été aussi ambitieux dans les
autres provinces qu'ils l'étaient en Alsace, les amis des Juifs n’eussent
eu à se reprocher, comme les amis des noirs, la précipitation avec
laquelle ils appelaient à la liberté, qui était alors la domination, un
peuple toujours étranger là même où il est établi, et qui avait aussi à
venger l'irremissible offense d’une longue proscription. Je ne rapproche
pas les personnes, mais je compare les passions; et la cupidité, qui
attente par les moyens de ruse à la propriété d'autrui, est soeur de la
férociU'qui attente à la vie par la violence. Les Juifs, s'ils eussent été
répandus partout en France, unis entre eux comme ceux qui souffrent
pour une même cause, et d’intelligence avec les Juifs étrangers, au-
raient fait servir leurs riche.sses à acquérir une grande influence dans
les élections populaires, et auraient fait .servir leur influence à acquérir
de nouvelles richesses. » P. 248, 249. 232 à 236, De Ronald, Mélan-
ges, t. Il; Paris, I8t9, in-8°; etc. XI des Œuvres.
M . de Ronald lisait dans l'avenir. — Et qu’arrivera-t-il le jour où les
Juifs seront plus empressés de dominer et de s'emparer du pouvoir
civil et politique que de s'enrichir? Un tel pouvoir serait, d'ailleurs,
en de telles mains, un si redoutable élément de richesses I « Voir plus
bas le chap. sur les Juifs en Boumanie.
FIN DE LA NOTE.
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62
LES JUIFS.
TROISIÈME DIVISION. — LES CONSISTOIRES.
Organisation artificielle, pcdliide de la di'sorganisalion radicale. —
Fonctions po'iiiques et policière-^ des consistoires et des rabbins. —
NapoliHJii I", nouveau Moïse au\ yeux des Juif*, et leur ivresse. —
Organisation < atliolique du rabbinai. — Les Juifs légalement consti-
tués en peup le distinct par la lui même qui prétend les fusionner.
— Cruelles peintures de* con-ismin s, faites de la main des Jurfs. —
Celle institution religieuse prépose les laïques, c’est-à dire les ouailles,
à la direction îles pontifes ou du prétendu sacerdoce de Ju'Ia. —
Doli'ances. — Fruit de ces doléani es; scandales. — « Lescepire de
Juda devenu un gourdin. » — Le gouvernement chrétien de la
France devenu le régulateur du culte d'Israël. — Un ministre et un
général gouvernant la Synagogue. — Conclusion.
Il fut donc ordonné, par un décret du 17 mars 1808,
rappelé dans notre dernière page, qu’une synagogue et un
consistoire seraient établis dans chaque département où la
population juive atteindrait le cliilTre de deux mille indivi-
dus; qu’un grand rabbin siégerait k la tête de chaque syna-
gogue consistoriale ; que les consistoires veilleraient à em-
pêcher les rabbins de donner aucune instruction, aucune
explication de la loi qui ne fût conforme aux décisions du
Sanbédrin, — lesquelles avaient été mises d’accord avec le*
loit de l'Empire! — qu’ils auraient l'œil k l’administration
des synagogues; qu’ils encourageraient les Israélites k
C exercice des professions utiles, cl feraient connaître ceux qui
resteraient dépourvus de moyens d'existence. Ces consistoires
départementaux devaient relever d’un consistoire central
dont le siège serait a Paris, et autjuel il incomberait de
proposer la nomination des rabbins et de les confirmer. Ces
« rabbins étaient chargés d’enseigner la religion et l.v doc-
trine DU Sanhédrin; de rappeler l’obéissance aux lois, sur-
tout à celle de la conscription , et de faire considérer le ser-
vice militaire comme un devoir. Ils devaient jurer sur la
Bible d'être lidèles aux lois, et de faire connaître tout ce qu’ils
apprendraient de contraire aux intérêts du souverain ou de
l’État'. »
' Décret du 19 octobre 1808. Bédarride, id., p. Jîl. Les autres ar-
ticles de ce décret, qui tend à faire uu rabbin un agent de police,
CHAPITKK TROISIÈME. 63
Nouveau Moïse pétrissant de sa main puissante et pla-
çant derrière lui, pour le soutenir, l’assemblée qu’il lui plaît
de décorer du titre de Sanhédrin , l’Empereur coule donc
d'un jet ce judaïsme nouveau, cette religion politique et policière
dont les statuts doivent mettre désormais au senice de ses
États et de tes armées les chefs et les ministres de ce culte tel
quel , dont il s’efforce d’assimiler la population à la nôtre.
Mais qui doit gagner à cette révolution religieuse, ’a ce
concordat judaïque? Lui seul, ou ce peuple Israélite qui
semble devoir bientôt jouer dans le monde un rôle si
grand?...
A l’aide de l’organisation impériale du culte judaïque, c’est-
k-dire grâce k l’action de ces consistoires locaux , grâce k
la direction de ce conseil central , grâce k ces rabbins épi-
scopaux, et, grâce k ce rabbin patriarcal de la France, en
attendant un rabbin papal, voici donc au cœur de notre
patrie, au sein de ce peuple français k qui Dieu donna la
mission de couvrir de l’ombre de son épée l’Église du
Christ : Gesta Dei per Francot; voici les Juifs nationalisés
Français et devenus deux fuis citoyens sur la terre même
de nos pères, où nous ne le sommes qu’une seule! Los voici
devenus citoyens français autant (|uc peut l’être un Mont-
morency, mais, en même temps, et plus que jamais, les
fixent ses hononiires, rlont le payement, ainsique les Trais du culte, sont
fournis par les Israélites. .Vais plus tard, « la charte ce 1830 n'admit
pas de religion dominante, et supprima le mot seule, qui meit. ilob tacle
à ce que l'Etat sa'ariât le culte juif, l'.ette barrière levée, une loi fut
proinu'guée qui mettait à la cliargede l’Etat le» frais du culte Israélite. »
myarride, ib., p. >28.
Ainsi, le culte catholique, c’est-à-dire l’ancien culte de l’État, le
culte de .l'immense majorité des Français, ou de trente-sept millions
de citoyens sur trente-huit . n'est point rétribué par l'Etal. Il est fe
se'il qui ne reçoive aucun traitement; car la rente pavée auc'ergé ca-
tholique est la Irès-faible indemnité des biens pris a ÉEglise par la Ré-
publique, et ce fut à ta condition de cet'e indemnité que, par le con-
cordat, l’Eglise fit l’abandon de ses droits à rentrer dans les biens
saisis.
Le culte protestant, composé de citoyens de sang français, et le culte
juda’i'que, composé de citoyens d'une nation étrangère, ont donc/epn-
vitége Ires-singulier de recevoir de l’Etat un salaire, et prèfetierams»
un tribut sur les catholiques.
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bi
LES JUIFS.
voici reconnus citoyens juifs ou membres d’une nation qui
n’est point la nôtre, qui se ramifie et prend racine dans le
monde entier, qui s’allirme par sa loi talmudique, mortelle
ennemie de la nôtre, et qui subit, bon grc mal gré, sous le
joug de son orthodoxie religieuse, la uéeetsUi de rester
étrangère chez toute nation dont le gouvernement l’accueille
et la comble. Cessant de vivre de la vie det dhpenét^ voici
donc les fils de Jacob, de par Ut loi même qui s’efforce de
les fusionner, rendus peuple distinct, et reconnus corps de
nation judaïque. Ils jouissent en paix des bénéfices d'une
assimilation que leur croyance, que leur cœur, dans scs re-
plis talmudiques, déclare ne pouvoir être pour eux que pro-
visoire et Gctive-, cl nous les voyons, au moment où la loi
semble mêler leur sang au nôtre dans les veines du corps
social, se rapprocher, s’unir, se serrer d’un lien plus solide
que jamais, préparés et disciplinés par le fait de celte orga-
nisation nouvelle, aux vues de la (Kilitiqiic qui leur est
propre, et dont les événements leur dicteront, au jour le
jour, les conseils. Ne nous étonnons donc plus si ces fidèles
du judaïsme se disposent, dans l'active patience de leur
attente, à l’acte suprême dans lequel se résument, depuis
des siècles, les impérissables espérances du Juif pbari-
saïque guidées par les rabbins du Talmud.
Ces espérances, que tant de circonstances ont fait lan-
guir, mais auxquelles d’autres circonstances donneront une
vie nouvelle et une nouvelle ardeur, que sont-elles?... Nous
aurons certes k le dire -, mais abandonnons pour le moment
ce point de vue et cherchons à savoir de la bouche même
d’hommes qui appartiennent, cl qui appartinrent à la reli-
gion israélitc, le mérite et la valeur des consistoires. Il
s’agit |)Our nous, non point des individus a qui l’élection
ouvre la porte de ces conseils, mais de ces corps eux-
mêmes, chargés par le gouvernement chrétien de la France
de veiller aux intérêts religieux du judaïsme.
En l’an 1820, c’est-à-dire longtemps après que les
rouages de l’organisation rabbinique eurent eu le plein
CHAPITRE TROISIÈME. 66
loisir de fonclionner, l’un des membres les plus indépen-
dants du comité de surveillance et d’administration des
écoles consistoriales tenait à haute voix ce langage : « J’é-
» veille la sollicitude de l’autorité, j'appelle l’attention des
» amis de l’ordre et de la justice sur la question de l’orga-
» nisation du cuite Israélite en France. Mon but est de me
» soustraire, avec mes coreligionnaires, au despotisme stu-
» pide de l’administration qui nous régit. »
« J’ai tous les caractères qui constituent la véritable in-
dépendance-, je ne sollicite aucune faveur; j’en refuserais
si elles m’étaient offertes. Les abus que je vais signaler, les
vices que je vais démasquer, les turpitudes dont je me suis
imposé l’obligation de présenter le tableau, me rendront
sans doute l’objet de l’animadversion des hommes qui les
perpétuent pour s’en nourrir... »
Et quelques-uns se récrieront peut-être... « A quoi bon,
de grâce! initier le public â ces désagréables mystères?... »
« Les Israélites n'ont-ils pas assez subi d’humiliations?
N’ont-ils pas été assez longtemps en butte aux injustices
des nations, aux préjugés des sociétés? Devait-il leur être
réservé de voir un de leurs propres frères apporter aussi le
tribut de sa critique? »
Mais je n’ai rien k redouter pour l'honneur des Israélites.
U Assez de titres les recommandent â la confiance de leurs
concitoyens des autres cultes. Ainsi je me garderai d’énon-
cer que nos rabbins sont éclairés, parce que cela est faux...;
qu’ils sont tolérants, parce que cela est faux...; que Jes
hommes qui président k l’administration de notre culte
s’acquittent de leurs fonctions conformément aux lois et
selon les règles de la sagesse, de l’ordre et de l’économie...
parce que cela est faux; que ceux qui sont chargés de porter
aux indigents les produits de la charité remplissent avec
impartialité ce pieux ministère, parce que cela est faux; que
nos Israélites opulents consacrent leurs soins k la régénéra-
tion (les classes inférieures, parce que cela est faux; f/ue les
consistoires, enfin, méritent la reconnaissauce de leurs admi-
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66
LES JUIKS.
uislrés «t la confiance du gouvcrncraenl, parce que ces
deux points me paraissent de toute fausseté'. »
Ce langage a qucliiue chose de précis et de net-, mais,
rempli qu'il est d’amertume, ne serait-il point outré? —
Réponse ; Près de tretue ans après celle daie. un écrivain ap-
partenant à l'une des plus illustres familles de la race juive
en répète au public le mot h mot. Écoutons : « L’affranchis-
sement moral des Juifs doit provenir plus encore de leurs ef-
forts que du gouvernement. Ce doit être là, surtout, l’aflaire
de la sollicitude des consistoires-, malheureusement, ceux-ci
ont besoin eux-mêmes du progrès de la lumière! Préposés à la
garde du troupeau, ils le laissent... dévorer par la lèpre... A.U
lieu d’en diriger le mouvement, ils semblent en ignorer la
marche! » Eulin, ose dire .M. Cerfberr à la date de 1847,
et nous ne pouvons que lui laisser la responsabilité de sa
parole : « Au lieu d'cire composé d’hommes moraux, actifs,
éclairés, pieux et probes, ils ne comptent dans leur sein
que des Juifs riches, qui se bornent à n’être que riches*. »
D’où ce résultat : que les doléances et les réclamations
les plus dures, les plus humiliantes pour les directeurs et
les ministres du culte, et les plus désastreuses pour la reli-
gion judaïque, sont formulées par les hommes les plus ho-
norables et à la fois les plus libéraux de la nation juive.
Que des soins particuliers, s’écrient-ils dans leur sollici-
tude, soient donc enfin donnés « à l’instruction des rab-
bins^ qu’ils soiént tenus de communiquer fréquemment
avec les fidèles; que leurs prédications, exprimées dans les
termes de la langue française, la seule qui soit nationale,
aient pour objet la recommandation des devoirs sociaux;
que l'esprit des décidons doctrinales du grand Sanhédrin dmaine
' Des consistoires israélites, p. 3 à 3. Paris, 1820, par M. Singer,
membre da comité de surveillance des écoles consistoriales.
Cette plainte, que rorniule un des personnages considérables du iu-
daTsme, est répétée en termes Trappants de ressemblance par le club
démocratique des fidèles. Voir la Vérité, journal des intérêts israélites,
p. 4, 17 avril 1848 ; rruille qui se fondit avec une autre.
2 Les Juifs, leur histoire, leurs marurs, par A. Cerfberr de Medels-
heim. Paris, 1847, p. 58.
Digiliüod bfCoDgle
CHAPITRE TROISIÈME
67
«ans cesse dans leurs discours; qu’ils s’étudient k faire res-
pecter notre religion sainte, et qu’ils en dépouillent l’exer-
cice des pratiques minutieiues cl absurdes dues aux arliiiees
d’une politique incompatible avec l'état actuel de la civilisation;
qu’ils s’appliquent a en faire chérir l’esprit et les doc-
trines, en donnant eux-mêmes l’exemple de toutes les
vertus y>
Ces paroles une fois entendues, nous franchissons l’es-
pace qui sépare l’année I8i8 du mois do décembre 18G6.
?«ous faisons choix du moment où les élections convoquent
les Israélites français h une nomination consistori;ile. Il y a,
s’écrie h cette occasion l’un des grands organes du Judaïsme,
« il y a un courant à l'ordre du jour, c’est celui d’opérer
des réformes dans le culte; mais il en est une nécessaire,
impérieuse, urgente, dont on ne parle pas : c’est la modi-
fication dé nos règlements. Nous voyons toujours le silence
des consistoires sur leurs actes. Les comptes, c’est-à-dire
les budgets , ne sont plus soumis à l'examen de la commu-
nauté : les vœux de la communauté ne sont pas consultés
pour la nomination des rabbins, et les prières sont sur le
point d’être bouleversées!... » etc.
« Quoi qu’il advienne, les élections de notre culte se font
d'après les dispositions légales existantes. Eu présence des
faits déplorables qui se sont produits dans plusieurs circon-
scriptions, lors des dernières élections Israélites; en pré-
sence d’un consistoire central qui reste silencieux sur des
actes plus ou moins répréhensibles,... nous engageons les
Israélites de France à s’abstenir, et à ne point prendre part
aux prochaines élections *. »
« De la sincérité. Messieurs, de vous tons, rabbins ou
administrateurs. Quand vous accepterez des fonctions
quelconques, remplissez-les avec conscience et dévoue-
' Des Consistoires , etc., p. 79, par ITsraélile Singer. Excellent I
Mais, si vous désertez la doctrine o<licnse et absurde du rabbinisme, il
ne vous reste qu’une religion de fantaisie, qui n'est ni celle de Moïse
ni celle du Talmud.
^Univers Israélite, n“ IV, p. 17.5. Décembre 1866.
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68
LES JUIFS.
mnnt* -, et si vous n’avez ni vocation ni temps pour bien
renii)lir ces devoirs, qui vous force h solliciter ou h accepter
des litres.^ Vous pourrez être sans eux de très-braves gens’. «
Mais, lorsqu’il « s’agit d’bommcs (|ue la loi a chargés
de veiller sur l’élat religieux de milliers d'âmes, chacun a
le droit et le devoir de demander quelle est la manière de
vivre de ces hommes vis-'a-vis du judaïsme , dont Us sont les
directeurs... Quels égards le Pentateuque et le Décalogue
trouvent-ils dans l’élection des hommes appelés â l'adminis-
tration centrale supérieure des affaires religieuses israélites de
France? J-a simple possibilité qu’une autorité centrale supé-
rieure puisse être entièrement composée de profanateurs
du sabbat et de violateurs des lois alimentaires ne serait-
elle pas un symptôme effrayant d’une situation maladive,
illégale, de nature à rendre illusoires les meilleures inten-
tions de la loi, et â en produire de contraires? »
Hélas! « de queltpic côté que nous envisagions les besoins
de la religion, nous ne trouvons nulle part un point où le
regaid scrutateur puisse se reposer avec satisfaction. L’âme
de la religion juive est la connaissance religieuse, et Dieu a
choisi Israël pour être te porte-flambeau de l'humanité ’. Où donc
est rinstruction religieuse de notre jeunesse? où la connais-
sance religieuse de nos hommes âgés?... »...« Jusque dans
les sjthères élevées de la pépinière de nos prédicateurs et de nos
rabbins, l’esprit du supeificiel , du médiocre, du manque de
science et de l'inertie, menace de pénétrer. Où sont les
élèves formés sous l'égide de la direction centrale, qui , comme
envoyés du Dieu des armées, enseignent sa vérité et sa con-
naissance, annoncent sa volonté et sa loi?... Hélas! leur
bouche déborde sans cesse de l’exaltation des victoires que
' Ib., p. 99Î. Le service est ssi bien fait qu'il y a dans les comptes
des erreurs de seize mille francs !
Archives irsaeliles, n“ XXII, p. 998, 15 novembre 1866.
3 Les Juifs, depuis le Christ, porte-flambeaux de l'bumanilé!... S'ils
sont lumière, où sont les ténèbres? Mais le ïalmud va nous éclairer.
Nous ri>]iectons le français tel quel des Juifs . mais nous soulignons,
ici et ailleurs des mots non soulignés dans le texte, et sur lesquels nous
voulons (jue l'attention se porte.
CIIAPITHE TROISIÈME.
C9
les Juifs célèbrent en ce temps glorieux de l’égalité politique et
civile; mais ils ne disent pas un mot des défaites que, dans
le même temps, le judaïsme a subies et subit encore ' ! «
« Le consistoire d’aujourd’hui n’a plus rien des fonctions
civiles, politiques , financières ,, POLICIHRKS et même mili-
taires du consistoire de 1808 (sous Napoléon I"). Sa mission
est uniquement religieuse et morale-, et, pourtant, il n'est
pas composé de représentants naturels, légitimes, autorisés
de la religion et de la morale. Voila douze boinmes fort
distingués, fort considérés, dont plusieurs même célèbres
sous divers rapports, mais n’avaut aucune compétence dans
les choses sacrées, qui sont les douze apôtres assis dans la
chaire de Moïse et jugeant les douze tribus d’Israél! On
conteste ’a l’Église le pouvoir temporel , et la Synagogue n’a
plus même de pouvoir spirituel! Ab! que Sion pleure ses pon-
tifes, et porte le deuil de ses prophètes’ ! »
La vérité force donc les honorables aveugles du judaïsme
a le répéter avec nous : Les Juifs n’ont plus de pontifes , et
c’est peu dire! Car non-seulement les pontifes selon la
loi de Moïse sont devenus impossibles en Israël, mais le
voici qui se lamente du choi.v de ce sacerdoce artificiel que
la loi française lui permet de fabriquer ^ et ceux qu'il accuse
de lui imposer ces semblants de prêtres, ce sont ses propres
consistoires, c’est-a-dire les conseils apostoliques élus de sa
main et que la loi de l’Ktat désigne pour les lui choisir... Mais
les doléances qui s’échappent des lèvres de ce vénérable
organe du judaïsme français porteront-elles leur fruit? Oui
sans doute, et que nos oreilles soient attentives au.v paroles
qui nous permettent d'en juger :
« Chers lecteurs, s’écrie le directeur de /’L’j«merswraé/hc,
M. Bloch, préparez-vous à apprendre un fait étrange, mons-
trueux , tellement incroyable que nous avons peine a y croire
' Univers israélile, p. 70, 71 , 72, 73, 11, octobre 1866. Ces vic-
toires sont ; un baptisé qui épouse une belle et riche Juive, une pauvre
baptisée qui lievient la lemme d’un circoncis!...
’ Univers Israélite, V, p. 203. Janvier 1868.
70
LES JUIFS.
nous-même, nous qui en avons élé non le héros, mais la
viclime. »... « Nous avons quelquefois critiqué M. Cerfberr,
président du consisioirc central, non en sa qualité d'homme
privé, mais en celle d'administrateur en chef de notre culte.
Comme tel, il appartient incontestablement au jugement de
la presse Israélite^ mais nos critiques, avons-nous besoin de
le dire , n'ont jamais rien eu d’offensant pour sa personne...
Qu’on juge de notre stupéfaction lorsque , le o décembre
dernier, M. Cerfberr nous rencontrant,... marcha sur nous
le regard chargé d'étincelles de haine, et nous adressa d’i-
gnobles menaces, des menaces de voies de fait formulées
en termes hideux, si nous parlions encore de lui dans notre
journal... .M. le président du consisioirc central devrait re-
présenter les mcpurs douces et polies du juda'ismc,... il aime
mieux représenter le pugilat. »
«... Hélas! le sceptre de Juda est devenu un gourdin ' ! »
Et cette colère était-elle le fait d’une émotion subite,
d’une violente et passagère surprise? Non, car « le lende-
main du scandale eu question,... le héros du boulevard des
Italiens exerça sur nous une nouvelle et indigne vengeance.
Nous en parierons un autre jour*. »
l.a peur de ce sceptre noueux n’intimide cependant point
tous les cœurs, et c’est du sein de ce rabbinat, dont nous
venons de laisser aux Juifs eux-mêmes le soin de nous tra-
cer le piteux et humiliant tableau , que des voix fortement
émues s'élèveront contre les énormités doctrinales du con-
sistoire, source moderne du pouvoir des rabbins :
Non , « les doctrines émises par M. le president du con-
sistoire central ne sont pas celles du judaïsme historique et
traditionnel, que le Sanhédrin a fait reconnaître*. » Et, s’écrie
l’une des illustrations doctorales d'Israël, M. le grand rab-
bin de Colmar, « nous ne demanderons point h M. le colonel
< L'Univers Israélite, revue mensuctlc du judatsme, quasi-couserva-
teur, V, p. 196. Janvier 1867.
2/6., VI, p. Î79, février 1867.
2 Le Sanhédrin a tait le contraire.
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CHAPITRE TROISIÈME. 71
Ccrflierr, président du consistoire eenlral, qui lui a donné
droit de déclarer, au nom de la tradition, la sopériorilé de
la doctrine sur les rites, quand il lui serait diflicilc de trou-
ver dans le Pentateuque, les prophètes et les Talmuds, un
seul mot... qui l'y autorise!... Nous ne lui demanderons pas
non plus comment, après avoir déclaré qu’on ne peut tou-
cher aux dogmes, car c’est Ih « l’arche sainte », il vient,
d’un souffle, détruire les dogmes de Porigine divine et de l’im-
mutabilité de la loi !... Mais , malgré toute l'eslime que nous
professons pour M . Cerfberr...,nousne pouvons comprendre
comment lui, président du consistoire central , oubliant que
les doctrines du grand Sanhédrin sont placées par tous les
décrets et les ordonnances organiques de notre culte sous la sau-
vegarde du consistoire, a pu aller leur jeter un défi dans le
ten>ple du Seigneur, au milieu d’une nombreuse assemblée ! »
<i En présence de ces doctrines illégales, étrangis, inouïes,
subversives du judaïsme,... nous avons uu devoir à remplir
envers la religion dont nous sommes le ministre, en-
vers nos coreligionnaires dont nous sommes le pasteur...
Nous devons déclarer qu’en présence de ces docli ines fu-
nestes, qui sont comme une menace pour notre culte dans
la bouche du président d’une administration religieuse qui,
parvenue successivement k se substituer k tontes les com-
munautés Israélites de France, tient entre ses mains tout
l’avenir, tontes les destinées du judaïsme français, exerce
une influence immense sur l'éducation des rabbins, leur délivre
les diplômes, et lus investit de leurs fonctions; nous devons
déclarer, — disons-nous, — qu’en présence de ces doctrines
il n’y a pour les Israélites français que celte alternative : »
Ou réellement attachés k la croyance de leurs pères, ils
ne peuvent négliger aucune voie légale pour détourner le
danger qui menace leur culte et la liberté de leur con-
science; ou, partisans des opinions émises par M. le prési-
dent du consistoire central, ils devront faire au gouverne-
ment cette déclaration ; «. Le judaïsme que vous avez re-
connu, et que vous salariez, n’est pas celui dans lequel
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7î LES JUIFS.
nous voulons vivre désormais; et, tout en conservant le
nom pour le nouveau eystème religieux qui en ce moment
s’élabore dans la mutrice de notre phitoiophie, nous en ré-
pudions les pratiques et nous en contestons les dogmes'... »
Telles sont les paroles de M. S. Klein, le grand rabbin
de Colmar. Et |K)urtant, depuis l’an 1862, les grands rab-
bins de consistoires sont nommés dans nos départements
« par le consistoire central, sur une liste de trois rabbins
présentés par le consistoire départemental*.» Le nombre de
ces grands rabbins est, en France, celui des neuf circon-
scriplions israélites qui chacune ont un consistoire com-
posé de six membres laïques. En outre, le consistoire central,
formé d’autant de membres laïques qu’il y a de consistoires
départementaux , siège à Paris. L'élection y est le mode
de recrutement, et l’on trouve dans leur composition « des
hommes qui sont dignes de la plus haute considération*. »
Produit d’élections sans cesse répétées, et, cependant,
objet de cruelles et d'incessantes récriminations, comment
donc ces hauts conseils, dont les plumes autorisées du ju-
daïsme nous ülTreut la peinture, deviennent-ils le triste
reflet de la décomposition religieuse où tombe de nos jours
la nation juive*? En demanderons-nous la cause exclusive à
leur composition laïque, c’est-à-dire au renversement de
toutes les notions du simple bon sens dans la composition
d’un conseil religieux? Non! Mais ce qu’il y a de certain,
c’est que, dans les consistoires, ce fruit précieux du grand
Sanhédrin judaïque, les rabbins dont les pages précédentes
nous ont révélé la valeur ; les rabbins, qui ne sont ni prêtres
' Courrier du Bas-Rhio, Î9 mars t867 ; n“ IX, Univers israélile,
mai 1S67, p. 39t-9î-93.
Avcinl celle dalc les communautés choisissaient elles-mêmes leurs
pasteurs, ou inter\enaicnl ellicacemenl dans l’élection. Arch. israéL,
p. 483, i'r juin 481)7, n“ 11.
^ O Les membres qui les composent sont renouvelés |>ar moitié tous
les deux ans. » Univers israélile, Vit, p. 307, etc., mars 4868. Arch.
israél., p. Î07, etc., 4" mars 4868.
* Lire Ib., Univers isrcu-l., XII, p. 837 à 844 , etc., août 4866; et
une foule d’autres documents.
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CHAPITRE TROISIÈME. 73
ni docteurs de la loi selon la loi de Moïse, mais qui se don-
nent et qui nous sont donnés pour tels par les hommes du
judaïsme, se trouvent être dans la dépendance de ceux qui
sont et qu’ils appellent des laïques; c’est qu’ils vivent sous
la direction de ces laïques qui dirigent leur éducation, qui
lignent leurs diplômes, et qui « les éliminent autant que pos-
sible du sein de ces assemblées supérieures. » En d’autres termes,
les guides spirituels du Juif français, ses pontifes, ses pas-
teurs, sont conduits et tenus en bride parleurs ouailles! Et,
ne l’oublions point, ces ouailles, ces laïques, on nous le
déclare, n’ont point, en leur qualité d'étrangers au sacer-
doce, un moindre droit que les rabbins eux-mêmes à enga-
ger la conscience d’Israël M
O confusion des confusions! ô prodige qui doit enfanter
tant de prodiges!
En un mot, l’organisation qui sécularise de la manière la
plus bizarre la religion judaïque dans le pays le plus éclairé
de l’Europe , et qui transforme un gouvernement chrétien
en régulateur du culte d’Israël , s’est tout d’un coup formé
dans les premiers jours du dix-neuvième siècle au grand
bonheur et k l’inexprimable joie d’Israël. Ce phénomène
vraiment incroyable, inimaginable, monstnieux, — mais,
autre et nouveau sujet de surprise! — ce phénomène que nul
d’entre nous ne remarque, est d’une importance si capitale
que nous laissons un écrivain de race juive nous le redire,
et réunir en une page tous les émerveillements qu’a dù nous
causer ce chapitre :
« Dans l’état de décadence- où se trouvait le judaïsme,
les Israélites influents eurent recours au gouvernement
de Juillet... Grâce aux sympathies dont ils étaient l'objet, ils
obtinrent une constitution qui, sous la forme d’une ordon-
nance royale, était une vraie constitution civile du culte Israé-
lite. Ce document, daté du 2o mai 18U, fixa peu l’attention
publique. Peu de personnes semblèrent comprendre la por-
' VoirDrach, ci-dessus, elles Arch. iiraél., n° Y, p. Î08, etc., 1868.
Id. Le P. Ratisbonne, Question juive, p. *0, 186i».
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74
LES JDIFS.
tée immense d’une organisation qui plaçait le judaïsme sous
l'autorité directe et immédiate du ministre chrétien chargé
du départentent des cultes en France... Il suffit de jeter un
coup d'œil sur les principales dispositions de cette ordon-
nance royale pour y* reconnaître les atteintes profondes
qu’elle portait aux traditions et h la hiérarchie de la syna-
gogue. Ainsi on statue que la religion des Israélites français
aurait désormais son foyer à Paris. Un consistoire central
composé de laïque», et placé, comme le saint synode de
Russie, sous les mains du gouvernement, dirigt le tp rituel
et le temporel du culte; il peut être dissous par une ordon-
nance, et, dans ce cas, les rênes de la Synagogue sont con-
fiées ’a une administration provisoire formée par le ministre.
Au-dessous de ce consistoire suprême sont placés des con-
sistoires départementau.v, qui rendent compte de leur gestion
aua- préfets! » Et la même constitution, sauf quelques chan-
gements, étant appliquée par ordonnance du 9 novembre
1845 aux Israélites de l’Algérie, il en résulte que dans cette
colonie, soumise au régime militaire, « l’administration du
culte mosaïque se trouve, de fait, dans les altrihutiuiis du
ministre de la guerre! Ainsi est-ce un général d’armée
(chrétienne) qui^xerce sur la synagogue algérienne la su-
prématie que le grand prêtre exerçait à Jérusalem ! »
Et CCS consistoires qui « élimineiu autant que possible les
rabbins, se recrutent parmi les négociants, les avocats, tes
artistes et les riches quels qu’ils soient, tous très-honorahics
sans doute, et nous admettons qu’ils soient versés dans l'é-
tude des sciences humaines-, mais, en général, ils sont com-
plètement étrangers aux études théologiques et aux offices de la
synagogue! »
« Cette organisation, si contraire à l’esprit et à la lettre de
l’Ancien Testament, eut pour résultat la sécularisation com-
pléledela religion juive. Le judaïsme, absorbé daiu l'élément poli-
tique, se trouve désormais régi comme une simple branche
d’administration civile. Mais les Israélites, /ascimfs de plus en
plus par la protection officielle dont ils se virent l’ohjct.
CHAPITRE TROISIÈME.
76
s’applaudirent de cette étrange situation, qu‘ih appelaient un
progrèt, et ils ne voulurent pas comprendre que l'appui hu-
main est une base bien fragile, surtout dans un temps où la
société tout entière est en proie k de perpétuelles vicissi-
tudes »
CONCLUSION.
Aujourd'hui donc, et sous l’œil de la civilisation moderne,
avec ces rabbins sevrés de toute autorité légitime et dé-
nués de tout prestige ; avec ce faux sacerdoce, où vous cher-
chez en vain le prêtre ; avec ce conseil consistorial ou apo-
stolique qui se compose de laïques, et que fonda naguère un
sanliédiïn privé de l’iin de ses éléments essentiels, l'élément
sacerdotal ; en un mot , avec cette organisation qui semble
être un déli a la nature des choses , un renversement rai-
sonné de toute raison , et qui tient la religion juive sous la
dépendance d'un pouvoir profane et chrétien, il faut que
cette religion des traditions pharisaïques s’efface; il faut
qu’elle disparaisse, ou bien il faut qu’elle s’engage avec har-
diesse, et contre tous scs principes d’immobilité, dans les
voies du progrès, ainsi que la parole du sanhédrin de Napo-
léon 1" fit supposer au peuple français qu’elle s’y était en-
gagée.
En d’autres termes, il faut pour accomplir ce prodige et
rester juive, que la religion rabbinique remplace de toutes
parts par d'autres croyances et par d’autres mœurs les
croyances et les mœurs qu'elle a fondées; il faut qu’elle
progresse en rétrogradant jusqu’h Moïse et jusqu’aux pro-
phètes, ce qui équivaut k déclarer qu’il lui faut se réfugier
dans le vestibule même de la religion du Christ. Et c’est
alors, et c'est là, que faire un mouvement sans frapper k la
porte de l’Église, sans s’y heurter, sans l'enfoncer pour s’y
perdre en s’y transformant, lui devient, quels que soient
les prodiges de son habileté, le tour de force le plus impra-
ticable.
* Question juive , par le R. P. Rati?bonne, Israélite converti, p. 18
à 10. Paris, 1868.
76
LES JUIFS.
Mais lorsque nous parlons des énormités de cette ortho-
doxie judaïque, qui disparait presque entièrement de notre
France et que l’Occident commence à honnir, nous ne sau-
rions être compris si d'abord nous ne faisions connaître et
comprendre ce que c’est que le ïalmudi
CHAPITRE QUATRIÈME.
LE TALMCD.
La cause de la haine et du mdpris des peuples pour le Juif est dans le
Talmud. — Le Talmud est le code religieu), du Juif. — Qu’esl-co
que ce code? — Qui n’a la clef du Talmud ne pi-ul déchilircr le
mystère du Judaïsme. — Devant le Talmud, ou la loi orale et tra-
ditionnelle, la loi de Moi.se s’efface. — Quiconque viole celte loi,
celte oeuvre pbarisaïque des rabbins, mérite la nioit sans jugement.
— L’ortbodoxie d'Israël ébranlée; ré» elle contre le Talmud. — Juifs
qui n’ont jamais lalniudisé : découverte; Juif conleiiipleur du lal-
mud. — Mot de M. Renan. — Le Talmud frappé de réprobation et
brûlé par les rois cl par les papes, gardiens de laci»ilisalion. — Le
Talmud étudié en lui-mème çl ré'élé par des bouches judaïques.
— Scélératesse, cynisme cl turpitude de ce code si cher à Juda. —
Ses absurdités. — Il place Dieu au-dessous des rabbins — Obligés
de supprimer les passages qui révoltent les chrétiens, les Juifs les
laissent en blanc et les enseignent de biiu be. — Déloyauté de ces
orthodoxes. — Us sont a le noyau indestructible de la nation, s —
Duel à mort entre les doctrines talmudiques et la civilisation, qui ne
sera sauvée que lorsque la conscience du Juif sera reconstruite sur
un autre plan, car le Talmud est l'expression même de la Synagogue;
il contient la doctrine cabalistique i qui est le dogme de la haute
magic >.
■ ('eux qui trouvent le |>rincipe Je la dégradaiton du
ptuplr ei de l’état boxtile uù il est enver» lous Us
autres pruples^ dans sa relip,>on , insocinhie^
et qui roDtvidéreQt ses niaUieurs, et même ses vices,
comme le châtiment d'un graud crime et racconiplitse-
tnciit d’uD lerrib e aaailièine, cciix*la pensent que la
correction des vices doit précéder le cliaDj;ement de
l’éiai politique; c’esi>à-dire , pour )>arler clairement,
que les Juifs ne peuvent pas être, et uiénie, quoi qu'on
faue, ne setont jamais cilo)ens sous le christianisme,
sans devciiir chrétiens K • Üe Üo.'sali>.
Quel est donc le livre sacré par excellence , le code de
celle religion insociable, source de la dégradation cl des
vices du peuple juif, source de la haine et du mépris des
' Juifs, ilélanges, v. 11, Œuvres, XI, p. 269;Paris, 1819.
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CHAPITRE QUATRIÈME. 77
nations qui l'hébcrgent? Serait-ce par hasard la loi de Moïse?
Car l’article vu du Credo des Juifs nous dit ; « L’égal de
Moïse n’a jamais paru dans Israël! » Non; ce ne fut point
et ce ne peut être cette loi dont le règne fut la gloire des
descendants de Jacob ; cette loi qui, dans l’échelle de la ci-
vilisation, assura le premier rang aux Israélites entre les
premiers peuples de l’ancien monde. Et déjà nous savons
par cœur que si le Juif élève au-dessus de tout homme la
personne de Moïse, la loi mosaïque n’est nullement pour le
Juif la première des lois. Peut-être donnera-t-il ce nom et
ce rang aux tradicions qu’il prétend avoir reçues de Moïse;
mais ces traditions, qui sont l’œuvre et le trésor pharisaïque
de ses rabbins, sont fausses. Nous venons d’entendre le
Christ les flétrir à la face du monde; et, depuis la mort de
l’Homme-Dieu, l’audace des rabbins les a multipliées sans
mesure. Ce sont elles qui souillent et déshonorent l’œuvre
indigeste du Talmud, pour lequel nous semblent écrits de-
puis des siècles ces deux célèbres vers :
Ut lurpiler atrum
Desinat in piscem, millier formosa supcrne.
Ars poet., v. 3-4.
Le Talmud ! il ne faut donc |)oint croire que ce monstre
atroce soit sans beauté. Non! disons-le vite, et n’ayons plus
à le redire ; Si son corps est hideux, si ses replis sont ceux
d’un immonde et dégoûtant reptile, sa tête n’est point sans
noblesse, son buste n’est point sans attraits; il a, mais sur-
tout pour l’œil et pour l’oreille du Juif, les charmes attrac-
tifs et irrésistibles de la sirène.
Le Talmud ! ce corps de sciences et de préceptes reli-
gieux, d’absurdités colossales et de turpitudes sans nom, on
s’essaye encore à le vanter; mais, dans les pays les plus ci-
vilisés, on a l’esprit d’en déguiser les folies et les fureurs;
on commence à proscrire renseignement de ses immorali-
tés; on ose enfin s’écarter de ses fatales doctrines, devenues,
depuis le Christ jusqu’à nos jours, la seule et véritable orlho-
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78
LES JUIFS.
doxie judaïque. Mais elle est ébranlée, elle est fortement en-
tamée celte orlhodoxie ! La prodigieuse immobilité d’israèl
a donc cessé d'être !
Cependant, que le Juif marche ou s’arrête, disons-le du
ton dont se dit une chose certaine : la clef du judaïsme,
c'est le Talmud, et qui ne sait ce que c’est que le Talmud
est radicalement incapable ou de déchiffrer l'histoire , ou
de pénétrer les mystères de Juda. Quel est donc ce sphinx
ï tète de Janus dont la bouche sourit et déchire? Mais toi,
fils de Jacob, que nous en diras-tu?
« Ceux qui ont voulu faire considérer le Talmud comme
la teconde toi des Juifs, réplique ’a notre apostrophe M. Bé-
darride, ont pu imaginer ce fait, qui ne repose sur rien de
sérieux »
En effet, le Talmud , celte œuvre rabbiuique sur laquelle
l'avocat juif Uédarride nous donne ici le change, et dont il
infinne la valeur orthodoxe, n’est nullement la seconde loi
des Juifs -, il est dans leur âme la première , celle qui do-
mine et qui écrase toute autre loi * . El quelle vérité plus
triviale dans le judaïsme? Les talmudisles nous euseignent,
en effet, que l’étude du Talmud , c’ est-h-dire de la loi orale
et des tradiiiom rabbiniquet, l’emporte sur celle de la Bible,
et qu’il y a plus de mérite h se livrer h la première qu’a la
seconde. Cette vérité traîne h l'état de maxime v;ulgairc dans
la Synagogue : « .Mon fds, fais attention aux paroles des
Scribes (c’est-à-dire des rabbins, ou des docteurs de la
loi), plutôt qu’aux paroles mêmes de la loi , car les sages
ont surpassé les prophètes en excellence! » Et le rabbin
Isaac Abnab nous enseigne , dans le livre Hamida Golab,
que le fondement de la religion juive est la loi orale, ou la tra-
dition des Pères, et non la loi écrite par Moïse. « C’est en consi-
dération de la loi orale que Dieu fil alliance avec Israël,
ainsi qu’il est écrit : Abrahanel et les maîtres les plus
* /b.. Les Juifs en France, etc., p. 39, 1861.
^Quoique la .Miscima. première pariie du Talmud, signifie la se-
conde loi , la deulérose. Voir plus bas.
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CHAPITRE QUATRIÈME. 79
estimés de la Synagogue ont soutenu la meme opinion. La
loi orale, contenue dans le Talmiid, a éclairci les difficultés
de la loi mosaïque, nous disent-ils, et elle en a comblé
les lacunes. Tous ceux qui disent quelque chose de contraire
h l’enseignement des maîtres de la Synagogue seront jetés
au feu de l’enfer. Enfin les rabbins enseignent que, s’il se
rencontre dans ce livre quelque chose... qui surpasse l'in-
lelligence, on doit s’en prendre à la faiblesse de l’enten-
dement humain; car, en le méditant profondément, on
remarque que le Talmud ne contient que la pure vérité'. »
En conséquence, « ceux qui violent les préceptes des
Scribes (rabbins) doivent être punis plus sévèrement que
ceux qui violent la loi de Moïse; l’infracteur de la loi de
Moïse peut être absous, absolut potest; mais le violateur des
préceptes des rabbins doit être puni de mort : morte
moriatur'.
a La loi donnée par Moïse au peuple hébreu n'est donc
qu'en apparence, aujourd’hui, la loi des Juifs. Elle a disparu
dans les commentaires ; et le Talmud , c’est-à-dire le Hure
qui a te plut d’autorité cbez ce peuple), se compose de la
Mischna, qui est le texte, et de la Ghémara, qui en est le com-
mentaire. Leur réunion forme le corps complet de la doctrine
traditionnelle et de la religion L » Ces choses dites, comment
ne point prêter l’oreille aux paroles élogieuses que ne
peuvent aujourd’hui même se défendre d'adresser à ce livre
sacré les champions principaux de la religion juive ?
« Le Talmud n’est pas seulement le code civil et ecclésias-
* Surenhusius, Mischna, partie iv, et Lent. De moderna lheul. He-
brœorum. — Rupert, Synag., p. 16, Paris, 1889. — Essais hisl. et
erit. sur les Juifs, l. 1, p. 7Ü; Lyon, 1771, etc.
^E. H., t. III, ord. 4, tract. 4, dist. 10, p. Î97. Lucius Ferrari,
Prompta biblioth.; et voir Maimonide, chap. V'e^ tsarihh lo gue-
dhim, etc., etc.; Deuxième lettre d'un rabbin. Ib., Dracb, p. 33Î ; 18Î7.
Les tribunaux occultes de la haute franc-maçonnerie ne l’emportent
point en rigueur sur ceux de ces rabbins.
^ A. Laurent, membre de la Société orientale. Relation historique
des affaires de Syrie depuis 1840 jusqu’à 184S, etc., en Egypte, en
Syrie, rtc.,t.U. p. 381; Paris, 1846. — Rohrbacher, Hist. universelle
de t Eglise, t. XV, lire p. 481 , rtc., 4881 ; t. V, p. 67, 78, etc., 1880.
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80
LES JUIFS.
tique du judaïsme, nous dit dans la capitale même de la
France l’organe de l’orthodoxie actuelle; mais il est une
oeuvre de haute importance pour tout savant... On ne
saurait nier que les auteurs du Talmud ont bien mérité des
Juifs. Les principes de morale contenus dans le Talmud
ont produit chez les Juifs une telle sobriété, une telle
abondance de sentiments de générosité, de ferveur et de
chaleur pour la religion, la vertu et la bienfaisance, que
tout observateur impartial de la vie israélite ne saurait
méconnaître l’importance de cette grande œuvre, et que tout
pfiilmühropc regrette profondément qu’on ait injustement nié
ça et la la valeur de cette œuvre '. »
Que si la hardiesse de ces louanges nous cause un* certain
frisson d’étonnement, essayons de nous tourner un instant
versM. le grand rabbin Trenel, directeur du séminaire rab-
binique, celui (jue nous entendions tout a l’heure porter
si haut la vertu de ces Pharisiens que llagellait la parole du
Christ, et qu’il appelle « les dignes et austères représen-
tants de la pensée et du sentiment israélite 1 »
Le Talmud « a eu de tout temps des détracteurs violents
et des apologistes passionnés. Pendant deux mille ans il a
été, et il est encore, un objet de vénération pour les Israélites,
dont il est le code religieux. D’autre part, il a servi souvent
de texte aux renégats et autres calomniateurs de notre culte,
qui ont puisé dans cet arsenal des armes pour nous com-
battre. La vérité commence , grâce â Dieu , à se faire jour,
et les derniers murmures de l'intolérance sont couverts par
la voix d’une saine critique... *. » Rien, ce nous semble, ne
‘ Univers israélite^ XII, p. 568, 570, août 1866.
2 Univers israélite, p. 452, juin 4867. Sera-t-il permis de dire, che-
min faisant, que le Talmud est le code suprême de la suprême intolé-
rance, admirablement pratiquée par ses disciples? Et c’est là ce quTs-
raël lui-même va nous apprendre!
Le même grand rabbin, directeur du séminaire rabbinique, nous
dit : « Le> rt^lacleurs de cet immense recueil n’ont pas écrit l’histoire
à la façon du Père Loriquet (Jésuite), qui gratifie Napoléon du litre de
lieuienant général des armées de Louis XVIII et oublie de parler de
la Hévolution française. » Ib., p. 453. Si ce panégyriste des Pharisiens
était un homme sérieux, il écrirait autrement ^lu^toire; il commence-
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CHAPITllE QUATRIÈME. Kl
manque à ce pieux hommage, et le représentant de la ligue
contraire ii l’orthodoxie, c’est-a-dire l’organe du protestan-
tisme en Israël , nous tient, ‘a son tour, sur le Talinnd , un
langage contre lequel sa qualité d’homme du progrès le met
lui-même en opposition fréquente et flagrante. Mais nous
reproduirons scs paroles sans commentaire :
« L’immense compilation de Ravina et de Rav Aschi s’est
répandue parmi les Juifs avec une ra[iidité presque mira-
culeuse; elle fut acceptée, dès son apparition, comme l’ex-
pression vraie et sincère de la loi traditionnelle. De
nombreuses écoles, où le Talmud fut l’objet de l'élude la
plus respectueuse, surgirent tout d’un coup en Orient et en
Occident; scs décisions casuistiques furent acceptées pur toutes
les communautés, et celte triple barrière élevée par les rabbins
de la Palestine cl de la Babylonie autour de la Thura (loi
écrite) ne rcncon'ra pas un seul téméraire qui voulût ta franchir.
Comment se lit cette transmission, il serait dillicile de le
dire; mais le fait est que l’œuvre éclose sur les bords de
l’Euphrate fut, en un instant, entre les mains des Juifs qui
habitaient les bords du Rhin, du Danube et de la Vistulo. »
« L’attachement des Juifs pour le Talmud devait natu-
rellement signaler cette œuvre gigantesque 'a l’altenlion de
leurs ennemis... Le Talmud devint le bouc émissaire
chargé de toules'Ies iniquités; on attribua a sou enseigne-
ment tous les vices et tous les crimes dont on accusait les
Israélites; et l’on répandit sur les principes qu’il contient
d’épouvantables calomnies, suivies bien souvent de nom-
breu.x massacres'. « Massacres, hélas! dont ta vérité sur le
Talmud, qui va se révéler ’a nous page à page, n'expliquera
que trop clairement la cause!
rail par lire les prétendus passages ([u’il critique, et ne répéterait pas
de conGancc une farce aiitijésuitique qui devint la confusion de scs
auteurs, et dont le mensonjje fut si pub iquemenl réfuté. Mous le ren-
vovons entre aulres au volume des Erreurs et mensonges historiques
de M. Ch. Barthélemy, p. 260, etc.; 1863, Paris, Blériot, 35, quai des
Augu.stins.
* Lazard, rabbin. Archives Israélites, XII, p. 5i4-5, 15 juin 1867.
6
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Xî I.ES JCIKS.
« Enivrés par les effluves de la liberté, nous dit le rabbin
(|iie nous eilons, ceux que l'on appelait les réformateurs vou-
laient se débarrasser d’un seul coup de toutes les entraves;
et le Talniud , qui de/mis son apparition avait joui d’une
autorité inroulestée, fgi dédaij;né et repoussé. Quelques
Israélites, liers d’avoir, au sortir du Gbetto', pénétré dans
les salons dorés, ne crai^'nirent pas de rendre le Talmud
responsable de leurs souffrances. »
Voici donc, en Israël, un mouvement hostile au Talmud;
et voici que, tout 'a coup, le même mouvement se manifeste
sur les points les plus éloignés les uns des autres. « En
revenant de la municipalité de l’esth , écrit un voyageur
isiaélitc , j’ai passé devant la synagogue de cette ville.
L'émancipation et le bien-être des Juifs, qui grandit >«r-
iiellement ici comme dans presque toutes leswntrèes de l’Europe,
leur ont procuré, aussi bien dans les fonctions publiques
que dans la vie scientifique et sociale , une influence qui, en
maintes localités, équivaut \ la slphématie. Quoique, comme
il est notoire, l'antique code de Moïse et le Talmud stricte-
mont orthodoxe, spécialement dans rEurojie occidentale, ne
soient plus du goût de ses adhérents modernes, et qu’un grand
schisme se soit élevé entre les orthodoxes et les réfractaires,
cependant les deux partis n'ont pas manqué de s’entendre
sur certains points, et de pourvoir ensemble avec libéralité
aux fonds nécessaires a l’érection d’un temple magnifique
à Pestli*. »
C’est-à-dire, en définitive, que la loi de .Mo'ise n’est plus
et que le Talmud succombe, et c'est là ce que nous devions
observer. Que nous importe, lorsque nous aurons constaté
ce phénomène, si des temples somi>tueux, si des sé|iulcres
l.lancbis et qui ne couvrent que le néant, continuent de
.s’élever sous des mains judaïques! Ces mains souvent dis-
cordantes se réunissent pour re|iousscr le Talmud, voilà le
' Ib 547. 6’/ie(to, quiirticrdecprtaines villes affecté à la résidence
des Juifs; voir plus bas, ctiap. ix.
- ,1rcliives Israélites, Xlil, p. 563, 1866.
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CHAPITRE QUATRIÈME. 83
fait-, et, le Talmud repoussé, le Juif devienl abordable, sa
suprématie se fonde, il cesse de faire peur et horreur. En
un mot, la décadence de son orthodoxie talmudique devient
la cause et l’aurore de sa pré|>ondérance sociale.
Mais certains coins de la terre ne conservaient-ils point,
outre les Juifs Caraïtes do notre connaissance, quelques
autres descendants de Jacob, tenus, ce semble, en réserve
pour protester un beau jour contre le Talmud , et bâter,
sous le coup de leur parole judaïque, la chute de ce mons-
trueux despote? Écoutons : Au delà du lac Pathé et de
riraouaddy, dans le Céleste Empire, un voyageur israé-
lite nous signale la découverte de certains Juifs chi-
'nois, et nous transmet quelques bribes de sa conversa-
tion avec ces sectateurs inattendus de Moïse dont la bouche
traite d’une manière assez piquante la légitimité du Tal-
mud :
Lk Juif vovACEun, M. Stempfel. « Vous ne vous distinguez
pas sensiblement par vos croyances de vos frères de l’Occi-
dent.^
Le Juif chinois. Vous pourriez bien vous tromper; et,
d’abord, nous n’admettons pas le Talmud comme code
religieux.
Le Juif votageüh. Dans ce cas, vous ii’êtes pas des
Israélites.
Le Juif chinois. Et pourquoi donc?
Le Juif voyageur. Parce que j’ai visité les Israélites de
France, de Pologne, de Turquie, d’Afrique, et que je n’en
ai jamais vu qui ne crussent pas ô la valeur religieuse de ce
livre que vous rejetez.
Le Juif chinois. Mais il y a des Israélites que vous n’avez
pu voir, et qui ne connaissent même pas ce livre de nom.
Ceux qui habitaient la Palestine, depuis Josué jusqu'à Sédé-
cia.', et qui ont reçu directement les leçons de Josué, de
Samuel, d’Élie, d'Élisée et d'Isaïe 1
Le Juif voï.ageur. Et comment savez-vous qu’ils ne con-
naissaient pas le Talmud? car les traditions dont ce livre
6.
84
LKS JUIFS.
n’esl que le registre « ont eu de tout temps cours en Israël,
pui.s(|u'clles ont déjit été communiquées à Moïse au jour de
la révélation. Abraham même les connaissait : le Talmud
raconte que ce palriaiclie possédait quatre cents volumes
qui traitaient de .Mtodasarali.
Le Juif chinois. .Mais, vous n’y pensez pas, b coup sûr.
Eh quoi! vous cherchez vos preuves dans le livre même
dont l’autorité est maintenant en question!... Soyez bien
|>ersuadé que si vos traditions talmudiques avaient été con-
nues de nos ancêtres palestiniens, il s’en trouverait des traces
parmi nous, (|ui, jiour ainsi dire, sommes arrivés de (iha-
iiaan jusqu’ici sans que des persécutions aient jamais mo-
difié nos mœurs religieuses'. «
Ce récit n’est que peu flatteur sans doute pour la tradition
talmudique; mais, de quelque époque et de quelque côté
que soit arrivé le Talmud, écoutons ce que ne craignent plus
aujourd'hui d'en publier les Juifs amis du progrès, les Juifs
réformistes, et demandons-nous en quoi dilVère leur langage
de celui de scs plus francs contempteurs :
« On sait que dans la capitale de l’Autriche nos core-
ligionnaires ont, depuis quarante ans, organisé splendide-
ment le culte... La synagogue de Vienne passait dans toute
l’Europe pour un modèle de dignité, de bon goût et de
.progrès, pour une perfection. Eh bien, tout cela ne sullit
plus aujourd'hui; tout cela est jugé insnflisant, mesquin,
condamné comme arriéré, comme indigne de l'esprit du
siècle.
« Une feuille juive de cette ville, la Neuseit, a publié
récemment une série d'articles intitulés ta Réaction dans ta
communauté de Vienne, dans lesquels on ue se borne pas 'a
critiquer le culte, mais à attaquer violemment la vie israé-
lite tout entière, le Talmud, le Schoulchan Aroucli, tes tra-
ditions... L’auteur livre non-seulement le judaïsme pnitiipie
et les enseiynements du Talmud à la risée et au mépris du publie
' A. Stt'mpfi‘1, Quatrième lettre, Extrême Orient, Arch. hra-l.,
p. Î4 à 46, 1, t'rjanvicr t868.
CHAPITRE QUATRIÈME. 8:>
juif ot chrétien, mais il fait malhcurciisemeiit plus; il in-
sinue que la famille israélite (léj'énère nwrniemeiit , montre
un affaiblissement visible du sentiment d'honneur, une absence
totale (le toute suceptibilité pour tout ce (|ui louche au
Kidotiscb et au Hilloul Hasebem, enlin une décadence com-
plété. Il accuse nos lois religieuses de pousser un nombre con-
sidérable d’Israélites dans les bras de l'apostasie... Il parle
comme les missionnaires ' ! »
Voici donc le judaïsme enlin mis ’a nu par les Juifs eux-
mêmes, couvert d'ignominie par les siens s’il reste dans
la fange sanglante du Talmud; et, de plus, — ouvrons les
yeux, — le voici (pii re(;oit;i la face du inonde ce soufTlel de
la main de M. Renan, son auxiliaire, le bourreau de l’clcr-
nelle divinité du Christ : « Insociable, étranger partout, sans
patrie, sans autre intérêt que ceux île sa secte, le Juif talmudisie,
nous dit ce publiciste antichrélien , a souvent été un (léau
pour les pays où le sort l’a |MirtéM »
Quel judaîsant ou quel philosophe osera soutenir avec
M. Bail après de tels aveux, et ce ne sont point les meil-
leurs, que « la perversité (des Juifs) n’est ni dans leur mo-
rale ni dans leur loi’? » Et quel homme doué de qucl(|ue
sens se permettra désormais de condamner les empereurs,
les rois et les papes d’avoir lancé l’anathème contre le
Talmud , d’avoir ignominieusement jeté dans les flammes
ce livre monstrueux de la loi judaïque*?
Entre ces souverains, saint I.ouis ordonne que le Talmud
sera brûlé, « et que les Juifs qui refuseront d’obéir à cette
ordonnance seront forcés de le faire, ou, punis selon la
* Univers israélite, IV, p. I.SÎ, décpmbrc 1866.
2 Archives israeliles, XII, p. 531, 13 juin 1868.
3 Les Juifs au dix-neuvième siècle, deuxieme édition, p. 19; Paris,
1816.
‘ Justinien, Saint Louis, Clément VIII, Jules III, Paul IV, Pie V, etc.
« La frayeur que le Talmud inspirait était grande » et légitime, ajou-
tons-nous. Lire cette nomenclature et les réflexions qui raccnnqia-
gnent. Archives israeliles, V, p. 218, etc., I'' mars 1868; et lire le
Dict. encyclopédique de la théologie catholique, par les savants docteurs
de l’Allemagne, t. XII, p. 4i2, etc., 1861.
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86
LES JUIFS.
rigueur des lois. » Celte condamnation du livre sacré arrache
aux Juifs les plus bruvantes et les plus lamentables do-
léances; mais le pouvoir protecteur de la civilisation chré-
tienne tient bon contre leurs elTorts; et, lorsque les Juifs
stipulent leur retour en France sous le règne de Louis le
Hutin, le traité de juin 1313 porte « que tous les livres de
la loi leur seront rendus, h l’exception du Talmud', » car ce
livre est abominable; et les lettres des papes HonorinslV et
Jean XXll (1286 cl 1320), relatives aux scélératesses des
Juifs d'.Xnglelerre et d’Aragon , nous peignent en couleurs
assez vives l’horreur que ces hommes inspiraient aux peuples
civilisés. « Nous n’avons pu apprendre sans nous en affliger,
s’écriait l’un de ces jwntifes, que les Juifs, mettant de côté
l’ancienne loi qu.e Dieu leur avait donnée par son serviteur
Moïse, aient adopté une autre loi qu’ils prétendent tenir du
Seigneur, ce qui est une fausseté, et qu’ils nomment Tal-
mutz. Tissu d'innombrables indignités, cette œuvre énorme
contient, outre une multitude d’abominations, des malédic-
tions et des imprécations horribles que les Juifs pertides et
ingrats envers les chrétiens profèrent chaciue jour contre
eux dans leurs prières et leurs exercices de dévotion. On
saisira donc ce livre impie*... cl digne de tous les ana-
thèmes. »
Mais hàtons-nous maintenant, après avoir prêté l’oreille
* Traité de la police, 4 vol. in-fol., l. I", p. Î82-284, t70.'>, ouvrage
monumental (te Dclamarro.
5 Lisez l’œuvre monumentale de Baronius, Annales ecclesiasticae, etc.
In Angliam Judæi... ut ob graviora scelera... An. lïSC, xxiv. Ce» dates
et ees nombres permettent de ne pas indiipier les volumes do cet im-
mense ouvrage. — Ipsi enim librum quemdam... quem Thalmud vu!-
gariter nuncupani, abuminationes, falsilatos, inlidclitates et abusiones
mullimodos contineniem...
Singulis quoque diebus, in orationibus, vel potius in execralionibus
suis, in maledictionem Chrislianoium... prorumpunt,alianonnullacom-
mittendo nequissima... fb., 1486, xxiv.
Dolentes quippe audivimus et narramus quod Judaoi... loge veiori
prælermissa, qiiam per .Moysen suum contulit majcslas omnium condi-
toris, qua i dam legem aliam, seu tradiiioneni, quam Talmutz vocant,
faiso tradidisse üominum confiiigunt in cujus amplo volumine
abusiones fere innumerabilcs, etc... .Maledirtiones qu' que gravissimæ,
ac imprecationes horribiles, quæ ab iisdem Judæis ingratis alque (ter-
87
CHAPITRE QUATRIÈME.
a COS documents et a ces discours, et remarqué la diversité
de leurs dates, d’étudier en lui-même ce fondement de la
reli^;ion judaïque, et puisons d’abord à une source où nos
recheiMdies nous ont acquis la certitude de ne découvrir que
science et que vérité.
Rabbin français et converti, M. Dracb, que nous eûmes
l’occasion fréquente de rencontrer, de recevoir sous notre
toit, et de questionner tout ’a notre aise, avait été l’un des
brillants élèves de docteurs éminents , entre lesiiuels le
célèbre grand rabbin David Sintzbeim, le A'aci, c’est-à dire
le i befdu grand Sanhédrin de Napoléon 1", dont nous venons
d’ébaucber l’bistoire Or ce maître éminent nous a <lit :
« Nous qui, par état, avons longtemps enseigné le Talmud
et expliqué su doctrine, après en avoir suivi un cours spécial
pendant de lomjues a.iuéfs sous les docteurs israélites les plus
renommés de ce siècle,... nous en parlerons avec connaissance
de cause et impartialité;... nous dirons ce ()ui le recom-
mande, et ce qui le condamne... Talmud est un terme bé-
breu-rabbinique signifiaut doctrine, élude. 11 désigne pins
particulièrement le grand corps de doctrine des Juifs, au-
quel ont travaillé successivement, et a des époques dilfé-
rentes, les docteurs les plus accrédités en Israël. C'est le
code complet, civil et reliyieux, de la Synayotjue. Son objet est
d’expliquer la loi de Moïse conformément à l'esprit delà tradi-
tion verbale’. » De temps en temps il se livre à des digressions
sur l’histoire et les sciences, dont les érudits , et surtout les
archéologues, peuvent tirer un avantageux parti’.
■Mais « si le lecteur judicieux du Talmud a souvent lieu de
s’aflliger des aberrations étranyes où peut tomber l'esprit liu-
fidis contra Cliristianos cmittuntur quolMie in dicta legc seu traditione
daiiinabili .«unt ascripiæ... Raronitis, i6., 13^0, xxvi.
' En 1807; première lettre, Dracli, p. 31-32, 83; Paris, <82.7.
2 Ibid. C'est à-dire. par consi’qucnt, de la dénaturer, piiis(iue ces
traditions sont tucn-onitères.
’ IJ. B'-darride. Les Juifs en France, etc., d“uxième édition, I8CI,
p. 34; A pro[)o3 de ce Ci'de, les .irchives israélites, revue du prolest n-
tisinc judaïque, nous donnent en ore le change par ces mois : « Quant
au Talmud, il est diflicile do dire ce que nous en pensons. Que répon-
88
UÎS JUIFS.
main sevré de la vraie foi ; si plus d’uiie fois les lurpiimtcs
du ei/iiùme rubbiniqui- j' obligent la pudeur de se voiler la
face; si l'K'çlisc y est révoltée des atroces et insensées ca-
lomnies que la liaiiie impie des IMiarisiens répand !^r tous
les (dijets de sa vénération relif’ieuse, le tliéolo^ieii chré-
tien y recueille des données et des traditions précieuses
pour l’explication de plus d’un texte obscur du Nouveau
Testament, et pour convaincre scs adversaires religieux de
l’anti()uité autant que de la sainteté du dogme catholi-
que'. »
Sons le nom de Talmud , les rabbins désignent fréquem-
ment la Glicmara seule, dont le nom signilic le supplémeni
et comme le commentaire de la ilischna, c’est-à-dire de la
seconde loi ou deuiéroie; étude dont les rabbins nous en-
seignent que Dieu ver.sa le texte dans l’oreille de Moïse
stir le Sinaï. Et^ de fait, un code écrit est nécessairement
accompagné de traditions et de gloses sur la manière de l’en-
tendre et de l’expliquer; sinon la lettre nue serait un trop
facile jouet du caprice ou des passions. Au.ssi , de tout temps,
le iieu|de Israélite eut-il, outre la loi dictée sur le Sinaï,
une sorte de seconde loi, la loi orale ou traditionnelle, qui
se transmettait de bouche en bouche, et ()ui servait tant à
fixer le sens de la Bililequ’à préserver de l’oubli les préceptes
divins non confiés à l’écriture, (^ar la Synagogue, soit depuis
driez-vous, en effet, si l’on vous demandait votre opinion sur le? livres
français? » t. XXV. p. 6oâ, 1864. Une telle phrase serait à peine ac-
ceptable sur les bords de la (jaronnet Dans un autre passage, la nidnie
Revue I ous dit ; o il faut, pour faire accepter des iddes favorables au
Talmud. que j’expose d’abord une des raisons qui m’ont conduit à
admellro a priori sa supi'riorilé » (sur la BiblO;, et « sans amoindrir la
valeur de la Bible ni de Moïse. » 16., p. 1.50.
El cependant c'est pour celle dcolequela Notice sur la congrégation
des religieuses de Sion a dit ; « Les observances de la loi sont lomi ées
en désuétuile; les traditions talmudiques sont inconnuesàla gétièialion
noufct/e;l’adminislralion dujudai'sme, calquée?ur celle du proleslan-
l;sme. n'est plus qu'une constitution civile qui varie et se transforme
au gré des gouvernemeiiLs. » P. 11-1*; Paris, 1862.
Ajoutons qu'il n»* faut encore appliquer ces paroles qu’aux Juifs des
centres les plus [tcuplcs et libéraux de l’Europe, Paris, etc.
* Dracli, Harmonie entre l’Eglise et la Synagogue, t. 1"', p. 1 23-4 ;
Paris, 1844.
89
CHAPITRE QUATRIÈME.
sa réprobation, soit à l’époque où « clic ciait encore l’f:glise
de Dieu, n’a jamais été protestante jamais elle n’a livré la
parole divine à l’arbitraire, gétiéralemeni influencé par les
passions, et au caprice du jugement personnel des individus.
Telle est la tradition conliée a la garde des aneiens et des
docteurs de la nation, sous l’autorité du chef de la religion assis
sur la chaire de .Wutse', »
Il -Mais comme les rabbins, c’est-à-dire les Pharisiens,
audacieux falsificateurs de la véritable tradition, exagèrent
tout de la manière la plus extravagante, ils prétendent que
Dieu révéla à Moïse non-seulement tout l’Ancien 'l’estament,
mais aussi la .Mischna et les deux Gbeinara’. » Il y a d’ail-
leurs deux Talmuds : celui de .lérusalem et celui de Haby-
lone composé pour réformer les défauts du premier. Or
ce Talinud réformateur n'en renferme pas moins une multi-
tude de rêveries, d’extravagances ridicules, d’indécences
révoltantes, et surtout d horribles blasphèmes contre ce que
la religion chrétienne a de plus sacré*.
Le ïalmud babylonien, exécuté par Rab Asschi et son
collaborateur R. Abina, fut clos dès les premières années
du sixième siècle de notre ère, et aussitôt accepté de tout
Israël. Cest ce corps de droit canon, religieux et civil à la
fois, QUI RÈGLE JÜSQU’.V CE MOMEM LA CONDUITE DES JUIFS
ATTACHÉS A LEUR FOI ERRONÉE.
« Tout ce que contient la Ghemara de Babylone, — dit
' Autorité véritablement papale. Ib, Harmonie, t. I, p. lîü. — Lire
Josèphe, Antiq., liv. lil, ch. iv.
* Ibid., p. 1Î6.
“ Ou plutôt la Ghemara de Jérusalem de l’an 279 , compilation due à
R. Y. hhanan.
* Pré' eples du Talinud contraires au droit des gens et à la loi de
Morse : Constat veroex Beruharilo Luzemburgio, in Calai, hærel-, lib. II,
Gregorium l.\ pontifirein .\. C. 1230, Juilæorum libros, et imprimis
omniu latiTiudica volumina llammis addixisse, atque idem factum A. C.
I2.i4, imitatum esse Innocentium IV, inductos causa quod ii libri, et
noeninatim utrumque Talmud, Hierosolymilanuin et Babylonium, non
.soluiii contumelias et b.'asphemias, mullas infâmes et horrendas ad-
versus Jesum C. Salvalorem noslrurn , sed et sancliones et piæcepta
contra jus genlium, atque ipsam Moisis legcm conlineant, 10, 11.
Tela ignea Satanœ, I. I, Altdurf, Novicorum, 1581, ï vol. in 4”.
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<)0
LES JUIFS.
le Moïse rabhinique .Maïmonidc, — esi obliyatoire pour tout
Israël. El l'on obl'uje chaque ville, chaque contrée, de se COU-
formeraux coutumes établies parles docteurs de laGbemara,
de suivre leurs arrêts, et de se conduire selon leurs insti-
tutions^ car le corps entier de la Gbeinaia a été approuvé
partout Itra'cl. Les juges qui ont donné ces institutions, ces
décrets, établi ces coutumes, prononcé ces décisions, ensei-
gné ces doctrines, formaient tantôt l’universalité des doc-
teurs d’Israël, tantôt la majorité. Ge sont eux qui avaient
reçu par tradition les fondements de toute la loi , de géné-
ration en génération, tn remontant jusqu’à Moise, que la paix
soit sur lui ' ! »
Le Juif qui aurait la candeur de croire que ces traditions
inlectes remontent jusqu’au premier législateur des Hébreux,
pôurraitdonc, eu un certain sens, atlirmer avec sincérité cette
insigne fausseté, <pie la loi de Moïse est la loi de sa nation!
Mais, ifuelque opposé que soit le 'l'almud aux livres
mosaïques, il suHil qu’il se trouve être le livre sacré des
rabbins pour que nous n'ayons point à craindre de nous
répéter eu établissant, parle sull'rage d’historiens modernes,
la détestable et suprême autorité de ce code religieux aux
yeux de tout Juif véritablement orthodoxe. Laissons donc
M. Acbille L aureiu, l’un des membres de la société orien-
tale qui ont le plus approfondi dans ces derniers temps la
question judaïque, confirmer les alfirmatious positives de
l’illustre ürach, l’ancien et docte rabbin :
« Le Talmud de Babylone est le seul qui soit suivi. Il
forme une collection <|ui n’a pas moins de douze volumes
in-folio. Les deux Talmuds étouffent, comme on l’a fort
bien dit, la loi it les prophètes! C'est le code religieux des Juifs
modernes, bien différent de celui des anciens juifs. C’est
fa ipie sont renfermées toutes les croyances; et lorsqu’on a
le courage de parcourir cet immense recueil, on y trouve
• Discours préliminaire du Vad-Hhazaka , Drach, Harmonie, l. 1",
p. 164. Voir plus has la dislinclion de ces fausses iradilions el des vé-
rilables; el lire dans Dracli, à la suite, lout ce qui concerne le Talmud,
son antiquité, etc.
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CHAPITRE QUATRIÈME. 91
les causes toujours aiiissatUes de la haine des peuples contre les
restes dispersés d'Israël'. »
« C’est ce livre qu’étndient et qui' commeiilent tous ceux
qui parmi les Juifs prétendent au titre de savant. D’après
ces commentaires, le texte de la Bible n’est plus un récit
historique, un recueil de préceptes et de lois sulilimcs; ce
n’est jdiis qu’une allégorie que la Gliemara expli(|ue de la
manière la plus étrange et la plus ridicule. C’est de ce
commentaire que sont dérivées les chimères de la Cabale,
les dangereuses erreurs de la magie, l’invocation des bons
et des mauvais esprits, un long amas d'erreurs morales, cl
une théogonie emprunté!- à la Chaldée et h la Perse. La
Gliemara est, selon les Juifs modernes, l’accomplissement,
la perfection, et c'cst même la ce que son nom sigiiilie en
hébreu; mais, dans la réalité, ce rommen'aire détruit la loi
par ses interprétations ridicules ou absurdes et par les prin-
cipes de /ui/nc qu’il contient pour tous les hommes (|ui ne fout
point partie de ce qu'il nomme le peuple de Dieu’. »
L’un des auteurs les plus érudits de l’histoire de l’Eglise
nous a dit :
« Bien loin d’ouvrir les yeux h la lumière, les docteurs
juifs, les rabbins, s'appli(|uèrent plus que jamais à s’aveugler
eux-mêmes, et avec, eux leurs compatriotes. » Ils rédigè-
rent donc « dans un jargon de diverses langues » les douze
in-folio de leur Talmud. Leur but était « d’obscurcir le vrai
sens des prophéties qui leur montraient Jésus-Christ. On y
trouve cependant des aveux favorables à la vérité chré-
tienne. » .Mais ce que l’on y remar(|ue « surtout, c’est une
' .Même pensée, de Bonald, Juifs, oi-dessus,cn ce chapitre. — Id.
Rohrharher, Histoire de !' Eytise , l, XV, p. 483.
^ Laurent, Itelationdes uffuires de Syrie, etc., t. U, p. 35i-.3, l’aris,
1846. — Id., l'Eglise et, la Sgnagugue , p. 5-6. — Nicolal Sernirii,
Trihœres,, lib.lt, cap. xvi. — Lireid. .Moréri, quoique ci l au leur ne .soit
qu'une bien médiocre autorité, art. Talhud et Talmudistss, t. VI,
Pans, 1132.
D'après le continuateur de l'historien Josèphe, « il n'y a point de
bornes à la haine qu'ils ont contre les Carai'tes, parce que ces Juifs
rejetti-nt le Talmud, pour rester religieusement attachés au texte de
Mo'ise. » T. pr, p. 359; Paris, 1710, Anonyme.
9î LKS JUIFS.
multitude d’assertions et de failles, »emhlablef à celles des finos-
tiqiips et des payeiis par rexlravagaiice et même par l’indé-
cence. Cependant les Juifs mellent le. Tulmud au-dessus de
la loi de Moïse. S’occuper de la Bihle, est-il dit dans le
ïalmnd même, c’est un mérite, ou ce ii’est pas un mérite;
s’occuper de la .Miscima , c'est un mérite, et l’on en est
récompensé; mais s’occuper de la Ghemara, il n’y a pas de
mérite plus fçrandl — C’est cette collection de traditions
pharisaïquesqni forme le plus grand obstacle à la conversion
des Juifs'. «
On traiive dans le Talinud » les fables les plus obscènes,
ju.sque sur les patriarches cl les prophètes; l'humanité n’y
est pas moins outragée ipic la pudeur* ; » et non-seulement
il est placé par les rabbins au-dessus de Moi'sc, mais au-
dessus de Dieu lui-même; c’est-à-dire que le Talmud
proclame la supériorité des rabbins sur leur créateur. Con-
Pirmous par un e.xemjde notre parole, car elle doit sembler
plus que douteuse.
Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, écrivit contre les
Juifs un traité en cinq livres ; et , dans le cinquième , il les
confond eu se contentant de tourner contre eux les fables
absurdes et impies du Talmud. Dans l’une d’elles, à celte
question : Que fait Dieu dans le ciel? les feuilles du livre
magistral répondent ; Il n’y fait autre chose que de lire
assidûment le Talmud , et d’en conférer avec les savants
juifs qui l’ont composé. Or, un jour, dans une de ces confé-
rences, il fut question de différentes sortes de lèpres, et
quelqu’un demanda si telle maladie était ou n’était point une
lèpre. Dieu fut d’un avis, et, malheureusement pour lui,
les rabbins furent d’un autre. A la suite de chaudes discus-
sions, la décision du cas fut référée d’un commun accord à
Rabbi Néhémias, que la terre avait encore le bonheur de
posséder. L’idée vint alors à Dieu d’y faire descendre l’ange
* Rohrbacher, fliatoire universelle de l'Eglise^ l. V, p. 78; 1850.
Tulmud, traité Babd-Meizignüy f*» 33.
2/6., t. XV, p. 483; 1851.
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93
CHAPITRE QUATRIÈME.
(le la morl, avec mission d’amener au ciel l’ànie de ce sage-,
mais l’ange trouva ce rahbin lisant le ïalinud , et le Talmud
est une lecture si sainte que <iiiiconque s'y plonge ne peut
mourir. L’ange se vit donc obligé d’user de ruse; et, d’après
l’ordre du Seigneur, il fit au-dessus de la maison du rabbin
un tel vacarme , que celui-ci détourna un instant les yeu.v
du Talmud et put être frappé.
L’âme de llabbi Nébémias s’éleva sur-le-cliamp vers les
demeures célestes; elle y trouva bieu tout occupé de dis-
cuter la question et de la soutenir contre les saints docteurs
du judaïsme, et s'écria de prime abord : Non, certes, cette
maladie n’est point une lèpre! — bien rougit de sa défaite,
mais il n’osa se soulever contre la décision d'un si grand
docteur, et bientôt on l’entendit s’écrier : Ah! mes en-
fants m’ont vaincu! N'a-zabouni benai ‘.
« Telle est une des fables rabbiniques dont fourmille le
Talmud. On y voit l'orgueil satanique du Pharisien, qui met
sa parole au-dessus de la parole de bieu, sa science au-des-
sus de la science de bieu, lui-même au-dessus de bieu ’ »,
et, par conséquent, lui-même et son Talmud au-dessus de
Moïse et de la loi mosaïiiue! Quelques écrivains, il est vrai,
prétendirent assimiler ces monstruosités aux fables allégo-
riques des anciens; mais <> il suQit, nous affirme un aiicie:i
rabbin, de faire observer que les rabbins les accueillent â la
lettre »
Et si nous ne repoussons point l’une de nos autorités les
> Bib!. PP., t. .\XII, p. 1014.
Rolii bacher, Histoire universelle de l’Eglise, 1. XV, p. 481-2; 1851.
® Oracb. première lel're, p. 74; 1825.— Une note qui suit l'évangile
apocryphe de Thomas l'Israélite rapporte un dos contes monstrueux
des rabbins. « Uelte anecdote, est-il dit, est i>eu de chose à côté d’une
foule d autres que contiennent les écrits des rabbins. » Lire, pour
s’en convaincre, la Hibliolheca rabhinica, Rome, 1675-160.3, 4 vol.
in-fol., du dominicain Bartolocci, qui a étudié à fond ces volumineux
écrits, et la Hibliutkecalutiiui et hebraïca.ele.., de Jo. Imbonati, 1694.
« Nous avons parcouru ce vaste répertoire, et nous y a^ons trouvé des
contes dignes d-s Mille et une nuits, et parfois d une extrême indé-
cence. O P. 170, ib., fables absurdes, livre d'Enoch, 343. id., Evangiles
apocryphes, Irad. d'après l'édition de (’.. Thilo, par fi. Brunet,
deuxième édition, augmentée; Paris, 1s63.
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9i LES JUIFS.
plus sûres, celle de l'ancien et savant rabbin Di'acb, dont la
parole a miilliplié les preuves de la prodigieuse ignorance de
ces docteurs, nous saurons que presque tous lesgiiidesd'lsracl
bornent leurs études au fatras de cette effroyable tbéologie ' !
Or, riiomme agit en toutes eboses d’après sa croyance.
Ce qu'il croit avec sincérité passe, au jour le jour, et sou-
vent même à son in.su, dans ses actes. La foi d’un croyant
est doue la raisoti de ses mœurs, et la source de sa morale; ou
bien, en d’antres termes, ses mœurs sont l’expression de sa
foi; d’où l’on dira, sans possibilité d’erreur, que, chez tout
|)euple religieux, tant vaut la moyenne de la foi , tant vaut la
moyenne des fidèles! Chez les Juifs, où pendant une lon-
gue suite de siècles la foi et la loi ne furent qu’une seule
et même chose; chez ce peuple qui ne vivait que par sa re-
ligion, le Talmud fut donc le provocateur suprême des mœurs
les plus antisociales, et l’inspirateur de la haine la plus for-
cenée de tout bébraïsant contre tout chrétien. Voiler la scé-
lératesse et les turpitudes de ses préceptes religieux, les
masquer, mais sans en supprimer l’enseignement; en un
mol les soustraire à l’œil curieux des profanes, telle fut en
conséquence la préoccupation du Juif, aussitôt que, du sein
des peuples (|ui l’Iiébergeaient, des cris d’horreur et d’exé-
cration retentirent avec un formidable ensemble contre sa
foi. Certains textes disparurent alors tle ce code monstrueux,
et cessèrent d’être livrés à la eirculalioii; mais, dans la
crainte que le monde n’eût à gémir d’une telle perte, les
rabbins se bâtèrent de confier à la mémoire les passages
qui les eussent compromis, et les leçons orales remplacèrent
la lettre supprimée.
t II est de notre devoir, avait donc écrit le savant orien-
taliste que nous avons si longtemps fréquenté, de faire con-
nailre les maximes intolérantes, inhumaines ’, que les rab-
bins professent h l’égard des Juifs convertis, des chrétiens,
des itayeiis et des Juifs gui trahissent les secrets de la Synago-
* Ib., lettre première, p. 83; 18î5.
2 Et dont il fut lui-même un cruel exemple en <823.
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95
CHAPITRE QUATRIEME.
gue ; c’esl-a-dire de prouver par des textes formels la fausseté
de la quatrième décision du sanhédrin de 1807 , sans préju-
dice de ce que j'aurais à dire relativement à ses autres décisions!
Mais la charité chrétienne me défend de publier, si ce n’est
en cas de nécessité absolue, la traduction des passages ré-
voUanis que je |)Ourrais citer dans cette note. Je me bornerai
a en indiquer une partie à ceux de mes frères qui les igno-
rent, et qui savent assez la langue rabbinique pour les lire
dans les livres originaux... .»
Car le Talinud et les autres ouvrages des rabbîns con-
tiennent une foule d'horreurs et de recommandations détes-
tables contre les chrétiens et le christianisme. Mais « de-
puis que la connaissance de la langue hébraïque s’est
répandue en Europe, les imprimeurs juifs ont pris la
précaution de supprimer tous ces passages, en laissant des la-
cunes à leur place. Ils substituent des noms quelconques à
ceux de Miuim, Goyim nohhrim (chrétiens), Meschoum-
medim, Moumrim (Juifs baptisés)», et pour remédier à ces
lacunes « ils enseignent verbalement ce qu’elles indiquent et
rectifient les mots changés à dessein. Quelquefois aussi ils ré-
tablissent à la main dans leurs exemplaires les suppressions
et les correction politiques des auteurs juifs. Ce dernier cas
est arrivé dans l’exemplaire du Talinud que je possède. Hel-
vicus raconte dans son traité sur les paraphrases des Bibles
chaldéennes, p. 10, qu’il avait un Talmud dont un Juif
s’était servi avant lui , et dans lequel toutes ces corrections
étaient faites à la plume. »
« D’un autre côté , l’extrême rareté et peut-être la perte
irréparable de plusieurs livres anciens,... assez connus par
leurs passages favorables au christianisme , a donné lieu à
raccusation de mauvaise foi contre les rabbins. Je regrette
de déclarer que cette accusation est fondée., et c’est une chose
connue dans notre nation qu’ils ont fait disparaître (gane-
zou) des livres (fui contredisaient leur doctrine ‘. »
‘ Parmi ceux-ci, le Targum, dont ces passages cités par des orienta-
listes qui les y ont lus : « Jéhova m’a dit : Tu es mon fils. Ces deux, Père
i
96
LES JUIFS.
Ce sérail donc bien a tort que les avncals mal insjiirés de
la race juive nous diraient : « Si on rejelte les Israélites
comme Juifs, on les punit d’être nés dans une religion plu-
tôt que dans une antre; c’est une infraction manifeste à
toutes les lois linmaines et positives'. » Non, d’abord; car
ajipliquer 'a ceux qui se donnent pour sectateurs de la loi de
Moïse la loi du talion*, se placer sur le terrain de leur
propre justice et tourner contre eux-mêmes leur rode re-
ligieux qui est le Talmiid , ce serait les traiter d’après la
règle qui les dirige à notre égard. Non, derecbef; car, nous
proposer l’adoption des Juifs, sans se soucier s’ils persis-
tent ou non « dans les pratiques superstitieuses que la rab-
bins oui ajoutées aux prescririons de Moïse ’, » lorsque CCS su-
perstitions abrutissantes sont homicides, ce serait nous
proposer d’introduire la |)lante vénéneuse dans le froment
du père de famille, et souiller le champ de la civilisation.
C’est pourquoi naguère , dans une assemblée qui prend
’a lâche la régénération du judaïsme, un Israélite, frappé de
ces considérations dont l’évidence commence à saisir les
esprits clairvoyants, s’écriait devant M. Cerfberr : « Il faut
nous bâter de sortir du vieux temple ; — c’est-a-dire , pour
les Juifs modernes, du temple talmiidi(|ue, — si nous ne
voulons bientôt être ensevelis sous ses ruines*. nC’est encore
pourquoi, de nos jours, l’un des coryphées de l'école des
et Fils, sont trois, en union avec une troisième personne, et ces trois
ne font (pi’une sub^tance, qu'une es.soncc, (|u un Dieu. » Ps. î, etc.,
deuxieme lettre, Dracli, 18î7, p. 463.
Les Juifs modernes se regardent comme les seuls monothéistes, et
nous accusent d'adorer plusieurs dieux à cause de ce dogme de la sainte
Trinité. Voir commenl, dans l'ancienne loi, leurs pores adoraient, dès
les temps les plus reculés, ce Dieu en trois personnes. Harmonie eiUr»
l'Eyhse et la Synagoyue, t. 1”', p. 4SI), Ï8!j, 36s, 4o3, etc.
Aussi a quelques rabliins, en traitant de la Trinité divine, s’expri-
maient d’une manière si orthodoxe qu’ils ne laissent rien à désirer au
théologien le p us scrupuleux sur les termes, s /6.,p.480; Paris, 18ti.
‘ Des Juifs au dix-neuvieme siècle, p. f H, par .M. Bail, ancien inspec-
teur, etc. Seconde édition, Paris, l»lu, in-»“.
2 Bible, Exode, chap. xxi, p. 44, etc.
'■> Th. Hallez, Des Juifs en France, p. 8-6; Paris, 4848.
* Les Juifs, leur histoire, etc., p. 44; Paris, 1847.
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CHAPITRE QUATRIÈME. 97
philosophes publicistes, Kluber, exige du Juif, avant de
permettre b la société civile et politique de lui conférer le
rang de citoyen, des conditions que la plupart de nos con-
temporains regarderaient comme les exigences insultantes
d’un inquisiteur, si quelque catholique osait les formuler.
Il veut, et nous reproduisons ses ternies, « l’abjuration
libre, authentique et irrévocable, le rejet, la déiesiation du
talmudisme et de tout ce que le gouvernement déclarera ne
pouvoir SC concilier dans le judaïsme avec le bien général
d’iin Etat dont le pouvoir suprême ne serait pas entre les nmins
des Juifs '. »
Et veuillons observer que les Juifs commencent îi se for-
mer, sous nos yeux, en trois catégories distinctes : les in-
différents, les réformés, c'est-b-dire les sectateurs d’un vé-
ritable protestantisme judaïque, et les talmudistes; mais nous
ne saurions assez arrêter l’attention publique sur ce point,
que ceux-ci continuent de former dans le monde entier l’im-
mense majorité du peuple de la dispersion. Or, « les talmu-
distes, composés de la vieille génération, des gens delà
campagne, et de ceux de la plus basse classe des villes,
reconnaissent l’autorité religieuse des rabbins et l’autorité
législative du Talmud; ils observent scrupuleusement non
pas la loi mosaïque, mais la loi rabbinique; ils ne se mêlent
aux chrétiens que pour leurs affaires d’intérêt, et continuent
b être les ennemis traditionnels de l’Eglise. C’est là le noyau
indestructible de la nation qui subsistera jusqu’b la fin dans
son entêtement. »
Cette époque de la fin des temps peut être assez proche de
nous, et de très-longue durée. Sachons toutefois qu’il s’est
formé pour l’Allemagne, dès l’année 1831 , une association
de juifs et de chrétiens dont le but est de fonder la civilisa-
tion religieuse, morale et sociale des Israélites; et le rap-
> Droit de la Confédération germanique, 4* édition, § St 6, note iv.
I Laissons dire, à ce propos, à l'anrien rabbin Drach, que l'ouvrage
de H. Beugnot, les Juifs d'Occident , mérile les repn-ches Ica plus
graves. • Lire p. >08 et suivantes. Lettres de 4827, p. 27S.
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LES JUIFS.
porl (le cette association , qui ne saurait être suspecte , nous
offre un passage sur lequel s'appuient fortement nos paroles :
« Tant que les Juifs retteront Juif», leur émancipation sera
généralement impossible' ! » Car le Talmud, la loi qui gou-
verne la conscience du Juif ortAodoxe , est la mort de la civi-
lisation chrétienne. La grande question se réduit donc à se
demander quand périra le Talmud, c’est-k-dire quand sera
reconstruite sur un autre plan la conscience du Juifjudaï-
sant, puisque seulement alors disparaîtra le Juif inso-
ciable?
Que cependant les avocats maladroits de la nation juive
cessent d’attribuer a une époque de ténèbres universelles
l’amour et l’admiration d’Israël pour le fatras de sa théologie.
Parler ainsi ce serait être soi-même sous l’empire d’épaisses
ténèbres, ou ce serait prétendre donner le change k son
siècle^ car la gloriflcation du code talmudique est, de la
part des Juifs, un fait de touia Us époques; car, jusqu'à nos
jours, la doctrine talmudique conserva jalousement un
nombre considérable de préceptes dignes d’attirer sur elles
la colère et le mépris de tout honnête homme! Et le Talmud,
ce code impérissable de la nation juive, dont les pages ont
de redoutables sous-entendus , le Talmud , répétons-le sans
cesse , est non point une œuvre théologique que la Syna-
gogue puisse impunément rejeter, il est l’expression même de
la synagogue rabbinique; il écrase Moïse-, il domine Dieu
jusque dans le ciel^ il est la loi suprême, la loi civile et
religieuse du Juif-, il le fut dès que l'esprit de haine et de
mensonge le mit au jour. Hélas! il n'a cessé de l’être aujour-
d’hui même |K>ur aucun homme du judaïsme qui prétend k
C orthodoxie que suivaient ses pères' !
Tout k l’heure nous jetterons les yeux sur quelques points
de la morale en action du judaïsme j car elle est déduite
' Encyclopédie catholique allemande, par les plus savants professeurs
et docteurs en th^logie de l’Allemagne, traduite par Goschler,
t. XII, p. 45Î-453, Paris, 1 861; la citation précédente, ib.
‘Lire ces essais de justification dans Bédarride, p. 196, et relire
sa p. 39.
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CHAPITRE QUATRIÈME. 99
de la doctrine orthodoxe du Talmud, elle est le Talmud à
l’oeuvre et produisant scs fruits de mort. Nous comprendrons
alors de mieux en mieux l’importance des suppressions que
les chefs du rabbinisme prescrivirent aux imprimeurs des
livres dogmatiques que leur foi défaillante commence a ré-
former. Terminons cependant notre chapitre du Talmud
par cette assertion de l’un de scs plus grands admira-
teurs' ;
« La doctrine cabalistique, qui est le dogme de la haute
magie, est contenue dans le Sepher-Jesirah , le Zohar et le
Talmud’. » Il nous faut donc aller chercher dans les té-
nèbres honteuses et malsaines de la magie les racines véné-
neuses de cette œuvre talmudique li laquelle, depuis le
Christ, tous les siècles trouvèrent le cœur du Juif attaché;
et de cette nécessité naîtra notre chapitre de la Cabale.
Les Juifs talmudisants forment » l’indestructible noyau
de la nation » et le Talmud est la loi suprême du Juif, la
source de sa foi, de ses sentiments, la règle de ses mœurs.
C’est pourquoi, jusqu’au jour où le Talmud sera détruit, le
Juif sera un être insociable. En d’autres termes, un duel
b mort, et dont l'issue ne saurait être lointaine, subsiste
entre le Juif talmudisant et la société chrétienne ; entre le
judaïsant et les hommes de la seule et unique civilisation
qu'il soit possible au monde de produire, si l’expérience et
la raison nous tiennent un langage véridique.
* Eliphas L<îvi, Dogmes et rituel, p. 93; 1861.
^ Histoire de la magie, p. 28. Eliphas Lévi, cabaliste éminent.
.NOTE.
a Les premières éditions du Talmud offrent le texte de ce code dans
toute son intégrité, comme celles de Cracovie, de Venise en 1520;
d'Amsterdam, 1600, in-fol., petit format. Il faut recourir à la grande
table rabbinique de Venise, en quatre volumes imprimés chez M. Bom-
berg, pour trouver les passages hostiles des commentateurs bibliques
dirigés contre les chrétiens, a
• Quelques-unes des ^azimes que je vais indiquer ne se trouvent
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100
LES JUIFS.
que dans les éditions anciennes que je viens de nommer. Talmud,
traités Gnaboda-Zara, fol., 4 v», inThocephot; fol. 10 v“, i6., fol. Ï6
V», Sanhfkirin ; fol. 57 r“, lloriot, elc., etc, n
Mafmonides, traités De l'homicide, ch. iv, S <0 ; De l'idolâtrie, ch. \,
§ I ; Des docteurs rebelles, ch. m, § 1 , etc.; De la royauté, ch. ix,
§ î, etc., etc., etc. Drach, Deuxième lettre, p. 3U0-30I ; 18Î7.
Dans l'édition du Talmud de Froben, imprimeur do Bâle, exécutée
en 1581, les censeurs Marcus Marinus, Italus Braxensis, Petrus Caval-
lerius, supprimèrent les principaux passages qui attaquent la mémoire
de notre Sauveur, où les chrétiens sont représentés « comme adonnés
aux vices les plus abominables, et où il est déclaré que les préceptes de
justice, d'équité, de charité envers leprochain, non-seulement ne leur
sont point applicabic.s , mais sont un crime. » Quoique temps après
ces suppressions, les Juifs crurent devoir les rétablir dans une édition
de Cracovie; mais ces passages réintégrés ayant soulevé l'indignation
des hébraïsants chrétiens, le synode juif, réuni dans la Pologne en
1631, en prescrivit lui-même le retranchement dans les éditions futures,
et voici le texte de son encyclique. :
(1 C'est pourquoi nous enjoignons, sous peine d'excommunication
majeure, de ne rien imprimer dans les éditions à venir de la Mischna
ou de la Ghemara , qui ail rapport, en bien ou en mal, aux actes de
Jésus le Nazaréen. Nous enjoignons, en conséquence, de laisser en
blanc les endroits qui ont trait à Jésus le Nazaréen. Un cercle comme
celui-ci : O, mis à la place, avertira les rabbins et les maitres d'école
d'enseigner à la jeunesse ces passages de vive voix seulement. Au
moyen de celle précaution, les savants d'entre les nazaréens (chré-
tiens) n'auront plus de prétexte de nous attaquer â ce sujet, b Drach,
Harmonie, t. I*"', p. 167-168.
KIN ns LA NOTE.
AVIS AU LECTEUR.
Le chapitre de laCabale devrait suivre celui-ci ; mais afin de relier plus
directement au Talmud les pages où se déroule la morale talmudique,
nous rejetons à la fin du volume, et sous forme d'appendice, cette in-
téressante (|ueslion. Nous prions cependant le lecteur d'accepter, sous
bénéfice d'inventaire, les quelques lignes que nous en devons extraire
pour jeter un rayon de lumière sur les voies où nous l’engageons.
La Cabale sinistre enfanta le culte des astres et de leurs génies, le
sabéisme, l'astrologie, la magie. Elle exista bien avant de recevoir son
nom, et avant les Juifs, qui se l’assimilèrent en la modifiant. Aussi le
Juif devint-il le prince de la haute hérésie, que les Génies de la cabale
infestèrent de leur venin. Les doctrines unitaires de la Cabale prépa-
rèrent et préparent l'unificalion des peuples. ,
401
CHAPITRE QUATRIÈME.
« La doctrine cabalistique, qui est le dogme de ta haute magie, QSl
contenue dans le Sepher Jesirah, le Zohar et le Talmud.
« Abraham sortant de la Chatdèe avait emportd les mystères de la
Cabale. » — o I.es doctrines mystiques et les pratiques magiques de
l'antiquité sont en partie conservées dans la Cabale, dont les livres
étaient auprès des adeptes en aussi graml honneur que les livres
d'Hermès Trismégiste. »
« La Cabale est la mère des sciences occultes, et les gnosticiens sont
nés des cabalistes. » — « La Cabale, cultivée par les Juifs avec une ar-
deur sans pareille, effaçait presque à elle seule toutes les autres so-
ciétés secrètes. »
Il existe « une vérité incontestable, » c’est qu’il est « une haute
science, une science absolue, etc. » Or, « cette science, c’est la magie,
dont la cabale est le dogme. » Et « il est certain que les Juifs, déposi-
taires les plus fidèles des secrets de la Cuba'e, onlété presque toujours
en magie les grands maiires du moyen âge. Tout ce qu’il y a de scien-
tifique, de grandiose dans les rêves religieux de tous les illuminés,
Swedenborg, etc., etc., est emprunté à la Cabale. Toutes les associa-
tions maçonniques lui doivent leurs secrets et leurs symboles. »
Créer une société occulte, de qui émaneraient les rois et les pontifes,
ce fut « le rêve des sectes dissidentes de gnostiques et d’illuminés qui
prétendaient rattacher la foi a la tradition primitive... » Cette idée de-
vint une menace pour la société, quand un ordre riche et dissolu, ini-
tié aux mystérieuses doctrine.s de la Cabale, menaça le monde d’une
immense révolution. Les Templiers, dont l’iiistoire est si mal connue,
furent ces conspirateurs terribles. La philosophie occulte de la magie
<c voilée sous le nom de Cabale, est indiquée dans tous les hiéroglyphes
sacrés des anciens sanctuaires et des rites encore si peu connus de la
maçonnerie anciennk et moderne. »
<i La grande association kabalistique connue en Europe sous le nom
de maçonnerie, apparaît tout à coup dans le monde au moment où la
protestation contre l'Eglise vient démembrer l’unité chrétienne. » Les
chefs de cette association « tolèrent toutes les croyances, et ne profes-
sent qu’une seule philosophie. Ils ne cherchent que la vérité... et veu-
lent amener progressivement toutes les intelligences à la Raison, s
Certains coryphées du Judaïsme professent ouvertement cette phi-
losophie, qui corrompt et rapproche deux le monde chrétien. Les
Cabalistes appellent les Juifs nos pères dans la foi, et leurs chefs sont
les chefs de a la grande association cabalistique connue en Europe sous
le nom de maçonnerie. »
Dans le chapitre de la Cabale, nous nommons les auteurs de ces ci-
tations, qui figurent presque tous parmi les ennemis déclarés du catho-
licisme.
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DEUXIÈME PARTIE
' CHAPITRE CINQUIÈME.
PREMIÈRE DIVISION. — LA MORALE DU TALMUD EN ACTION.
Le premier hutmiic el la première femme; dipiiilé de la rare humaine
issue de res deux monstres. — Jugeons l’arbre à scs fruits. — Nous
connaissons la morale qui prend .sa source dans lesdogmcschrèliens;
celle qui sort des traditions talmudiques y a-t-elle quelque rapport?
— Saint Chrysostome, Père de l'Rglise, sur les mœurs du Juif; pein-
ture prodigieu.se. — Même description du célèbre Simon Maiol à
l’époque de la Henaissanctu — Rien de Changé lorsque Delamarre écrit
son monumental Trailéde la police. — Cc.ssons un instant déjuger de
la doctrine judaïque par les mœurs du Juif, et jugeons le Talmud
par son texte. — Dieu crée Adam, qui se cherche une compagne;
nulle ne lui convenant, il en demande une qui soit semblable à lui.
— Eve est digne d’Adam, el nous transmet le venin du serpent. —
Le Talmud étant la loi suprême et la croyance de l’orthodoxe, el
l’homme réglant ses actes d’après ses croyances, le Talmud fait du
Juif ce quïiest. — Exemple du sentiment paternel dompté en France,
et au dix-neuvième siècle, par le Talmud. — Proscription du pré-
varicateur.
La cabale est l’ème du Talmud, et le Talmud est le moule
de la conscience du Juif orthodoxe. L’un et l’autre, le Tal-
mud et la cabale, auront donc à se présenter à nos yeux non
pas de profil, mais h peu près de face ' et , si tout arbre
doit se juger a ses fruits, quels fruits savoureux et salutai-
res verrons-nous sortir de celui dont les féconds rameaux
laissent tomber b terre et s’amonceler h ses pieds les croyan-
ces sous la masse desquelles le Juif, s’il ne veut cesser
< Nous rejetons à la fin de ce volume, et nous disons pourquoi, le
chapitre de la Cabale.
CHAPITRE CINQUIÈME. 103
d’êlre ce que furent ses pères, doit couvrir et en quelque
sorte dérober aux regards la loi de Moïse?
A côté de ces fruits du Talmud, le lecteur voudra peut-
être placer un instant , par la pensée , les fruits de l'arbre
évangélique, aOn de les mieux connaître. La morale évan-
gélique, et nous le savons, prend sa source à la base des
dogmes chrétiens. 11 se dit d’elle, et les incrédules ne l’ont
point proclamé moins haut que les fidèles, que cette morale
est h la fois la plus magnifique et la plus complète qui jamais
ait éclairé le monde. L’inventer, si l’on en croit des hom-
mes tels que le célèbre Jean-Jacques, était au-dessus des
forces humaines. L’intelligence qu’elle émerveille lui rend
un légitime hommage, et la nature, qu’elle assouplit et cor-
rige en la domptant, reconnaît h la fois sa douceur et sa
force. Elle est divine, et tels sont à ce titre les splendides
rayonnements de sa beauté, que les doctrines les plus sub-
versives, lorsqu’elles cherebent h se frayer un chemin au
milieu des foules, sont réduites ’a lui faire de perfides em-
prunts ', à usurper son nom, et h se composer avec elle
une rc.ssemblance qui se joue des yeux : Corruptio optimi
peisima.
Mais puisque la morale évangélique est la chose du monde
la plus connue, voyons donc si celle qui naît des traditions
rabbiniques , ou des préceptes du Talmud *, aurait ou non
quelque rapport avec cette règle des mœurs chrétiennes.
Étude facile, curieuse, et que peu de traits rendront sinon
complète, du moins suffisante. Et, d'abord, si la plus grande
partie, quoique la moins sublime, de la morale du catholi-
cisme a son code dans la Bible, et que le Talmud soit,
ainsi que l’affirment les rabbins, un commentaire de ce
livre sacré, comment les fruits de la Bible sont-ils divins
' Ceux, par exemple, qui font du Christ le prince de la doctrine des
égalitaires.
On nous permettra d'appeler doctrines du Talmud les doctrines
ou les traditions pharisaïques ou rabbiniques antérieures à la rédac-
tion des lalmuds, puisque les talrauds sont le code où se formulèrent
ces doctrines.
40i
LES JUIFS.
chez les hommes du Christ, taudis que ceux du rabbinisme
seraient qualifiés de démoniaques par les Pères mêmes de
l’Église?
Démoniaques! A peine oserions-nous prononeerce mol,
s’il n’était de saint Jean Chrysostome; et rien ne nous sem-
ble plus intéressant que de voir, dès le quatrième siècle, à
quel |X)int de dégradation la doctrine faussée du judaïsme
avait fait, au nom de Dieu, descendre la morale publique
d’Israël. Si donc les leçons de l’Iiistoire ont pour nous quel-
que attrait, écoutons la parole brûlante de ce puissant doc-
teur, témoin attentif studieux observateur des mœurs hi-
deuses qu’il stigmatise:
« Autrefois les jeûnes des Juifs n’aboutissaient qu’’a des
procès et à des querelles; aujourd’hui, ils aboutissent au li-
bertinage et a la débauche ; on voit ces hommes, pieds nus,
danser sur les places publiques; ils prétendent jeûner, mais
leurs actes sont les actes que l’ivresse inspire. Écoulons
comment le prophète veut que vous jeûniez : « Sanctifiez le
jeûne! » Ainsi le jeûne tourne-t-il b votre utilité. Il ne dit
pas : K Faites du jeûne une fête profane. » Non, mais il dit ;
« Annoncez l’assemblée solennelle, réunissez les vieillards'.»
Et les Juifs d’aujourd’hui, réunis.sant des troupes d’effé-
minés ’, des bandes nombreuses de misérables courtisanes,
attirent à la synagogue le théâtre entier, et les histrions de
la scène; car leur synagogue ne difière en rien de ces lieux
publics! Que dis-je? la synagogue n’est pas seulement un
théâtre et un lieu de prostitution; elle est une caverne de
brigands, un repaire de bêtes fauves. Votre maison est de-
venue, pour ainsi dire, la tanière de l’hyène, dit le Sei-
gneur ’; et non pas d’une bête ordinaire, mais d’une bêle
impure! »
Eh quoi, chrétiens! « lorsque l’heure de l’assemblée vous
< Joël, ch. I, V. U.
3 Des infâmes : molles ; qui alterius fornicationem sustinent , qui in
semetipsis fœminas profitentur. Du Gange.
Jérémie, cb. vu, v. H .
CHAPITRE CINQUIÈME. 105
appelle à l’église, vous ne réveillez pas le zèle des indiiïé-
renis ; mais lorsque le démon vous appelle à cette solennité
juive des Trompettes, au lieu de retenir ceux que charme cet
appel, vous les laissez s’engager dans le lieu de l’impiété et
dans la voie glissante de l’impureté! car les courtisanes, les
libertins, le chœur entier des danseuses, ont coutume de s’y
réunir. Et pourquoi parler des impuretés qui s’y commet-
tent? Ne craignez-vous pas que votre femme n’en revienne
possédée du démon? N’avez-vous pas ouï démontrer claire-
ment, dans notre premier entretien, que les âmes des Juifs
et les lieux où ils se réunissent servent d’habitacles au.x
démons? Comment donc osez-vous, lorsque vous avez pris
part à une danse diabolique, retourner dans l’assemblée des
apôtres? Quoi ! vous n’êtes pas saisis d’épouvante et
d’horreur après de telles prévarications ! »
« Ne vivant que pour leur ventre; affamés des biens pré-
sents-, d'une indépendance, d’une avidité, de mœurs en un
mol comparables à celles des porcs et des boucs, les Juifs ne sa-
vent qu’une chose ; lâcher les rênes 'a l’intempérance et à
l’ivresse La dernière des tavernes est encore moins
ignoble que les synagogues. La Synagogue n'est pas une
demeure de voleurs, c’est la demeure même des démons ; et
nous pourrions en dire autant des âmes des Juifs '. »
Le célèbre évêque de Vultourre, Simon Maïol *, semble
avoir pris à tâche, entre tant d’autres historiens, de porter
au cœur même de l'époque de la Renaissance le puissant et
terrible témoignage dont saint Jean Chrysostomc faisait
retentir le quatrième siècle, lorsque son éloquence ton-
nait contre les mœurs des disciples de la tradition plia-
risaïque.
De la perfidie des Juifs, tel est le titre SOUS lequel parut
avec l’éclat d’un bruyant météore le traité dans lequel il
• Saint Jean Chrysostotne , Œuvres complètes, trad. nouv. par
M. l'abbé J. Bareille, I. II, premier discours, p. 3i9, etc.; second dis-
cours, p. 37Î; Paris, Vivès, 1865.
^ Savant remarquable, mais qui, dans les sciences profanes, parta-
geait un grand nombre d’erreurs de ses contemporains.
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106
LES JUIFS.
veut que les chrétiens reconnaissent les fraudes et les im-
postures que machinent ces hommes sinistres. Du haut de
sa gravité doctorale, il leur enjoint donc de repousser les
appâts que leur tend la main du Juif, et de ne point prosti-
tuer aussi follement qu’ils sont enclins h le faire la liberté
qui leur est acquise par droit héréditaire '.
« Ces traîtres, les plus scélérats de tous les hommes,
livrent au Tuic notre patrie, nos ressources, nos forces, et
nous les tolérons , et nous les nourrissons ! C'est attiser le
feu dans notre sein, c’est y réchauffer le serpent ’. »
Méfiance, et méfiance encore! car « l’expérience ne cesse
de démontrer que, du premier au dernier, les Juifs pour-
suivent les chrétiens de la haine la plus implacable; et que,
si l’occasion leur promet l’impunité, ils se groupent et se
précipitent sur eux en bataillons serrés, semblables â des
troupes de harpies qui ne peuvent se rassasier du- sang
qu’elles sucent. » Ah ! craignez jusqu’à leurs prévenances
mêmes, jusqu’à leur obséquieuse soumission; car vous avez
d’autant plus à les redouter que la perfidie se glisse sous
leurs empressements’. Voyez les raille formes décevantes
dont ils revêtent l’usure! Conduite par eux, elle se prête à
d’inimaginables artifices pour vous dévorer; et voyez en-
core : s’il se rencontre des voleurs, des malfaiteurs, des
femmes vouées à la prostitution, la maison du Juif s’ouvre
d’elle-même, devant leur face, et reconnaît en eux des
hôtes (promptum prmbent hotpitium). Que ces gens de ra-
pine viennent offrir au Juif les produits d’un vol, et celui-ci
les achète aussitôt à vil prix; il encourage ces misérables,
il les stimule et les aide à tous les méfaits. Vrais fruits de
potence (Jurdferi), fléaux de tous les honnêtes gens, dé-
pourvus de droit à toute tolérance, les Juifs sont, en un
mot, les excitateurs et les auxiliaires du fils de famille con-
' Nec libertatem hcredilario acquisitam , ilà temerè prosliluere ve-
lint. T. III, p. 7; .Mogtinliæ, 1615.
’ Ib., p. 809, col. î.
* Ib., p. 810, col. 1.
407
CHAPITRE CINQUIÈME.
tre son porc, de la fille contre sa mère, et du seniteur con-
tre son maître. Et que de suppôts la magie ne compte-t-elle
pas dans leurs •rangs ‘ !
Ainsi parle le siècle de la RenaUmnce. C’est assez dire ; et
nous n’eussions osé lui laisser cette apparente licence de
discours, si ces paroles de grandes, de courageuses et salu-
taires vérités, n’eussent reflété si jrrécisHnent , après tant de
siècles, les paroles de ruu des Pères de l’Église, de l’une de
ces illustrationsdoctoralcsdevant lesquelles se sont inclinées
jusqu’à nos jours les générations humaines; mais langage que
ne sauraient guère plus accueillir les oreilles nerveuses que
forme le style délicatement parlementaire d'une époque où
le taisser-faire tend à devenir le principe unique de la vie
sociale !
.\ nous de voir maintenant si le siècle religieux de
Louis XIV, et le siècle si peu religieux du Régent, n’au-
raient rappelé les iniquités du Juif, dans un de leurs
monuments historiques les plus remarquables, que pour le
réhabiliter en nous offrant une description de ses moeurs
qui détruise nos anciennes et légitimes préventions, et qui
nous permette de révoquer en doute la fidélité de la pein-
ture que nous devons au vigoureux et terrible pinceau de
Simon Maïol. Ouvrons donc le Traité de la police, ce grand
et monumental ouvrage dont l'auteur, sous l’inspiration des
Lamoignon et des Colbert , et sous le patronage même du
Régent, décrit dans ses pages les rapports du Juifet du Chré-
tien. Le Juif y aurait-il obtenu le moindre éloge dont il
nous soit possible de conclure un amendement dans sa mo-
ralité.3 Non! Et, sans daigner avoir un mot pour nous dire
quelle sorte de personnage est devenu le descendant de
Jacob à la date de son quadruple millésime S ce livre se
' Hodie etiam apud Jmlicos, pra^ertim in Oriente, quid mayia fre-
quentius?... Tradunt ipsi Judatei senpiores sepluaginla seniores sues,
seu Sanhédrin, magiani apprimè calluisse, idque, inquil R. Semoloh,
ut piacstigiatores eo facilius convinccrcnt! Ib., p. 9î0, col. 2.
2 Premier volume en 4705, second en 1740, troisième en 4749, qua-
trième en 4738, in-fol.
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108
LES JUIFS.
tait, comme si rien de nouveau n’était à nous appi endre sur
le Juif-, comme si, au sein de l’Europe, le Juif reslé ferme
et immuable dans sa foi talmudique avait dû Tester immua-
ble dans ses mœurs-, et tel est en effet sur ce point le témoi-
gnage de l’histoire. 11 nous laisse en un mot sous l’impres-
sion des motifs qui dictent en 1212 la lettre célèbre
d’innocent III, et qui déterminent on l’an 139i la justice du
roi Jean :
(t Telle est l’ingratitude des Juifs, s’écriait le pontife, que
cette nation, supportée par la piété chrétienne avec tant de
bonté, « ne rend pour reconnaissance a ses bienfaiteurs que
des crimes et des injw'es ‘ * »
Et lorsqu’un siècle et demi s’était écoulé depuis cette
lettre, riiistorien ajoute : « Les vingt-huit années que le roi
Jean leur avait permis de demeurer en France en l’an 1360,
et les seize années de prorogation que Charles \ leur avait
accordées, ne devaient expirer que l’an 1396. Mais les cri-
mes (îl les abominations qu'ils commettaient tous les jours obli-
gèrent Charles VI d’anticiper ce terme. Il le fit par lettres
patentes du 17 septembre 1394-, qui bannirent les Juifs ’a
perpétuité de ses États, et leur tirent défense d’y demeurer
à peine de la vie »
Or, après ce quatorzième siècle, deux autres siècles s’é-
coulent, et le cruel Traité de la police revenant sur Israël
nous dit, a la date de l’an 1705 -. « Quelques Juifs de Por-
tugal et de Hollande étant venus s’établir en France sous
prétexte de commerce, au commencement du siècle der-
nier, le roi en fut informé, et cela donna lieu a une décla-
ration du 23 avril 1615, par laquelle Sa Majesté bannit de
son royaume tous les Juifs, et leur fit défense d'y demeurer
sous les peines poi'tées par les ordonnances des rois ses prédéces-
seurs *, ))
Le chef, le protecteur, le roi de la nation française re-
* P. 821-2. Lire les affreux détails dans lesquels entre celte lettre.
2 76., p. 285.
3 T. I, p. 285.
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CHAPITRE CINQUIÈME. 109
trouve donc devant lui les mêmes hommes de malfaisance
qu’y ont trouvés scs prédécesseurs; et ces Juifs, qu’il s’agit
de refouler au dehors et d’éloigner 'a tout prix, n’ont donc
cessé d’être, dans l’opinion de la France, un fléau public.
Ne nous figurons point cependant que cette défen.se sévère
empêche un certain nombre de ces hommes aventureux de
pénétrer et de s’asseoir dans le royaume; quelle barrière au
monde, quelle digue serait imperméable à la race juive.^.
Mais elle signifie ce que devait être aux yeux du justicier
suprême ce fidèle du Talmud , que le procureur général du
régent Philippe d’Orléans appelle, en 1717, « le monstre de
la société civile ‘ ! »
Après avoir sommairement jugé de la doctrine judaïque
par les mœurs du Juif, jugeons maintenant en elle-même
cette doctrine adultérée; ouvrons le livre qui la contient,
remontons aux premiers jours du monde, jetons un coup
d’œil sur l’homme, tel qu'elle nous le décrit, sortant des
mains du Créateur, et voyons ainsi, dès le principe, ce que
devient la vérité biblique, ce que deviennent les livres sa-
crés de Moïse et la dignité même de notre nature devant la
parole magistrale du Talmud.
« Le Seigneur, dit ce livre des livres, ne voulut point don-
ner de compagne au père du genre humain avant qu’il la
demandât lui-même. Car, si par la suite U arrivait qu'elle l’in-
duisit au péché. Dieu prétendait qii’Adam ne fiït point en
droit de lui reprocher un présent funeste. Mais ayant pris
cette précaution contre celui qu’il avait fait à son image, Dieu
fit passer devant ce monarque de la terre toutes les créatu-
res. Or, le premier acte de l’Adam talmudique est un de
ces outrages â la nature que la loi <le Moïse punit implaca-
blement de mort ' ; crime religieux, car il a pour inspirateur
les dieux, c’est-à-dire les mauvais esprits *, sans cesse
appliqués à corrompre, à ravaler la dignité de l’homme;
' Passage que nous citerons dans un autre chapitre.
’ Bible, Lévitique, xviii, Ï3-29; xx, 15-16, etc.
^ Dii gentium dæinonia. Ps. xcv, 5.
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LES JUIFS.
Mn
crime vulgaire plus lard, et qui prit rang au nombre des
abominations de ces Chananécns dont le fer d’Israël dut
purger la terre.
Adam, qui se cherche une compagne tombe dans de
prodigieux égarements; et, loin de sévir contre lui, Dieu
daigne, pour complaire a ce premier homme du Talmud, lui
tirer une côte hors du corps, et il en construit une Èvc âgée
de vingt ans *. Mais notre première aïeule se monirera-l-elle
supérieure à ce triste mari? Aura-t-elle dans ses goûts de
moins humiliants écarts? — Réponse ; Fopinion commune
de» rabbins est que la mère des hommes eut pour le ser-
pent une affection dont profila cet insideux animai pour
la porter à la transgression du précepte divin. Aussi le
monstre lui communiqua- t-il le venin qu’elle transmit k
sa postérité’.
Telles étaient, d’après les vénérables docteurs du Tal-
mud, les mœurs de nos premiers pères au cœur du paradis
et dans l’état d’innocence! La pénitence d’Adam n’eut lieu
qu’après sa faute, c’est-à-dire lorsqu’il eut mangé du fruit
défendu; et nous citerons comme une preuve de sa longue
durée la rigueur d’un jeûne de cent trente ans, pendant les-
quels il refusa tout boire, tout manger, et s'isola d’Éve.
Aussi cet excès de rigueurs imprudentes eut-il sa déso-
lante réaction; car un jour qu'Adam vil Lilit, démon fémi-
' Nous indiquons le texte latin pour ta continuation de ce récit, mais
nous ne voulons pas le reproduire intégralement : Tune compressit
omnes... sed cum nihilominusefTervere... petivita Deo sociam similem
sibi. Dracli, lettre seconde, p. 310-3(1 ; 18Î7.
s Lettre seconde du savant Drach, ancien rabbin, p. 310-31 1, Paris,
1 8ï7 ; in-8'>. — Id., De perfidia Judœorum , par l’évèque Maiol , p. 809,
col. 3; Mngunliæ, 1615.
3 Multoties eam... cuni sese... injecit in eam tabem, Zouhama, —
3ua postentas mulieris inficitur. Telles sont les propres expressions
U Talmud, traité Schabbot, fol. 146 r°; traité Yebamot, fol. 103 v";
traité Aboda-Zara, fol. îî v». Drach, Warmoni*, t. II, p. 321, 1844; —
lettre see nde, Id., p. 313; 1827. Lire sur C! S actes, communs dans
le monde idolâtrique, Serpenlem inter et mulierem ; Etudes anthropo-
logiques, culte du Serpent, etc., par le docteur Boudin, médecin en
chef de l’hàpital militaire Saint-Martin , de l’armée d’Italie, etc., etc.;
Paris, 1864, Rozier, 88 pages in-8‘>.
Dig.'
CHAPITRE CINQUIÈME. IH
niu , Lilit lui plut, tandis qu'Ève, délaissée, rencontra de son
côté des dénions qui n’étaient pas de son sexe , et que ces
séducteurs lui plurent. Ainsi naissait la race féroce et ter-
rible des hommes issus des démons ’.
O singulières austérités de la pénitence chez ce peuple
dont la nature semble se retourner et se mettre comme
d’elle-mème h l’envers, dès qu’il se révolte contre son
Créateurf O navrantes aberrations de sou livre doctrinal
et doctoral par excellence, qui nous rapporte du ton naïf
dont se disent les choses les plus simples, c^s néfastes
et calamiteuses relations entre l’homme, le démon et la
brute ' !
L’homme agit d’après sa foi; sa croyance engendre ses
actes, lorsque cette croyance est sincère. Voila ce que nous
ré|)étons sans cesse-, aussi la conviction de l’infaillibilité
doctrinale du Talmud est-elle si profondément enracinée
dans l’esprit du pur orthodoxe, qu’elle domine chez le père
de famille jusqu’aux sentiments les plus naturels, jusqu’aux
plus indomptables instincts du cœur. La crainte de flétrir
l’innocence de ses propres fils était donc , hier encore, in-
suffisante k empêcher le Juif de les initier k ces détestables
études.
Ainsi, par exemple, et le dire est plus aisé que le croire,
l’assertion du Talmud relative aux premiers rapports
d’Adam avec les animaux est-elle « répétée dans un com-
mentaire que l’on fait apprendre aux p/u» jeunet enfanit; et
ce commentaire, te seul qui soit enseigné dans les écoles, ren-
ferme une foule d’horreurs pareilles, que les maîtres ne peu-
vent se tüspenser ([expliquer aux élèves. La première partie,
qui explique la Genèse, renferme vingt-sept de ces passages
* Drach, lettre seconde, p. 316, ib.
^ Idem, De aliis contra naturam criminibus. Lire dans l'Eglise et la
Synagogue, p. 131 à 136, les remarquables paroles et les cruelles ac-
cusations d’Ègiza, sanctionni’es par le huitième canon du concile de
Tolède , en 693, où figurent cinquante-neuf évêques. — Sur les alliances
entre l'homme et le démon, lire notre livre Les hauts phénomènes <U la
magie, ch. vi; Paris, 1864, Plon.
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142
LES JUIFS.
que je me rappelle, mais je crois que le nombre en est plus
considérable. » Or, conlinue de nous dire, en l’année 1827,
le savant orientaliste Drach que nous venons de citer, un
riche Israélite de Paris crut devoir renvoyer un instituteur
qu’il avait placé près de ses enfants |)arcc que celui-ci s’était
rendu coupable d’un acte de révolte contre le livre sacré
du Judaïsme. Quelle était donc la gravité de cet acte.^ la
voici : « Ce jeune homme s'était permis de supprimer dans
ses leçons un de ces passages révoltants ! C’est blasphémer
nos sages électeurs, dit le père de famille, de croire que
leurs écrits renferment des choses pernicieuses. Et notre
instituteur en fit l'expérience ; ne pouvant plus trouver d'occu-
pation parmi les Juifs de ce pays , malgré sa grande instruction,
il tomba dans une profonde misère, sans pouvoir obtenir le
moindre secours de ses frères. La charité chrétienne l’aida
à s’en retourner k Berlin, sa ville natale '. »
Que si le Talmud est, dans le Judaïsme, la cause de la
corruption morale, nous aurons k voir s’il ne fut point, s’il
ne serait pas encore, dans les lieux où il domine, la source
d’une haine dont le flot s’épanchait, ou s’épanche, du sein
d’Israël sur tout homme étranger k sa race. Chacun des cha-
pitres qui vont sc succéder dans nos pages nous édifiera,
selon son titre, sur les mœui's étranges dont ces traditions
pbarisaïques des rabbins sont devenues le principe.
* Drach, lellre seconde d'un rabbin converti, p. 311 ; Paris, 1827.
CHAPITRE CINQUIÈME.
m
DEtlXlÈJIE DIVISION. MORALE DU T.SLMUD EN ACTION.
LA FEMME CHEZ LE JUIF.
La jeune fille dans la maison paternelle à côté de ses frères en bulle
aux explications des turpitudes talinuilii|ucs! — Le rabbin et l’élé-
valion do la femme chez le Juif; belles pen.sées. — Réplique de
l'histoire. — M. Crémieux parle comme l'histoire. — Le Talmud
assimile la femme à l’esclave. — Nulle loi, même dans le mariage,
ne lui assure le plus ‘impie respect de la part de son mari, pour
lequel elle est « de la viande de. boucJierie... • — Elle doit tolérer
la concubine de celui-ci jusque sous le toit conjugal. — Il suffit que
cette concubine ne soit pas une infidèle, car alors elle ne serait
qu'une brute aux yeux de la loi. — Hizarreric de puileiir judarque.
— Droit de correction manuelle sur la femme et droit do divorce.
— Dtîvant Dieu et dans les réunions religieuses, la femme compte
pour né'ant. — Lui apprendre la loi sainte est aussi coupable que lui
apprendre des obscénités. — Portrait de la Juixc par un peintre do
sang judaïque. — Défauts et qualité.^. — Proportion des femmes de
mauvaise vie bien plus grande chez les Juifs que chez les Chrétiens
(aveu judaïque). — Le Juif doit au Talmud de fournir au prolétariat
son écuTe. — Mais la profession du J itdaïsme rachète, aux yeux du
talmudisant, toute faiblesse de la femme.
Et maintenant, que vont faire de la fille de leur Éve les
véiiéraliles docteurs du Talmud? Dans i]uel état d’égalité ou
d’infériorité le livre sacré la placera-t-il vis-à-vis de
l’homme? Et si, dans la maison paternelle, la jeune sœur
n’a |ias été séparée de ses frères et de leur [irécepteur par
un mur d’airain , d’où lui naîtra la chance (féchapper aux
précoces appétits de corruption que l’explication des turpi-
tudes talmudiques aura développés dans le cœur des com-
pagnons ou du tuteur de son enfance? Qui se tiendra du
matin au soir près de ses oreilles pour sauvegarder son
innocence et la protéger contre l’inévitahle profanation
dont les leçons religieuses de l’institiitcur de ses frères se-
ront la cause première? Enlin, pour conserver intacte la
fraîcheur de sa pureté, lui sulîira-l-il du profond mépris
que sous nos yeux le talmudisant va témoigner à la femme,
et de l’état d’ignorance et d’abjection dans lequel il la con-
damne à croupir?
Non, non, chrétien notre ami, réplique le Juif, tu ne con-
nais guère Israël; loin de dégrailer la femme, « le Talmuil
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m LES JUIFS.
reste fidèle aux inspirations de l’Écrilurc. « Écoule, pour
les redire aux tiens, quel(]ues-unes de ses belles maximes,
et « peut-être réduiront-elles au silence les détracteurs de
nos principes. »
« L’homme doit honorer sa femme, car la bénédiction de
Dieu n’eulre dans nos demeures qu’à cause des femmes! »
— « La perle de la première femme est aussi douloureuse
que léserait la destruction du sanctuaire de Dieu. » — « Ceux
qui ne se marient pas ne connaissent pas le bonheur-, la
bénédiction divine n’entrera pas dans leur demeure, et ils
n’éprouveront jamais des joies pures. » — « Tout dépend de
la femme » , dit le .Midrasch Yalkul. — « L’autel même pleure
sur celui qui se sépare de la femme qui a reçu ses premiers
serments. » — « Un dernier mol, en outre, témoigne de
quel prix est à nos yeux la liberté de la femme : Les rab-
bins recommandent de ne pas marier les filles sans les
avoir consultées , et sans avoir égard à leurs goûts. C’est là
une recommandation dont pourraient avoir besoin quelque-
fois (les pères qui ne sont pas israéliles ! »
La plupart de ces maximes , dont quelques-unes ont le
respirdes parfums bibliques, reposent et rafraîchissent l’es-
prit. N’oublions pas enfin (c que les femmes juives se mon-
traient en public, à la promenade, dans les maisons de
prière, dans les écoles où elles venaient chercher leurs fils
ou bien écouler les paroles du maître, » et qu’elles comparais-
saient « dans les tribunaux où elles apportaient leurs griefs ' » .
Ainsi serait réfuté « l’un des plus gnives reproches que
l’étranger adresse au judaisant », et qui se formule en ces
termes : « La loi israélile fait de la femme un être inférieur ;
elle lui dénie tous ses droits; elle la prive de sa liberté;
elle la livre sans défense à ses maîtres; enfin elle ne lui
lais.se pas même celle consolation, qui peut remplacer pour
nous tout ce que nous avons perdu ; la participation à la loi
religieuse *. »
I Archives israéliies, XXI, p. 9.18 à 9H, l"' novembre t866.
^ Archives israélites, XX, p. 897; 1866.
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CHAPITRE CINQUIÈME. 115
« S’instruire clle-méme de ses devoirs, chercher dans la
prière la force de les accomplir, les inculquer aux enfanls,
les [)ousser h aller dans les écoles, pour y chercher le com-
plément de l’instruction qu’elle leur a donnée ; mettre son
mari à même d’étudier la religion : voilh ce que le Talmud
demande à la femme. Et l’on vient nous dire qu’il l'exclut
de la loi religieuse '!... » Oh! vraiment, quelle indignité! Tel
est le langage des sages de Juda.
I.a première réponse de l’histoire aux affirmations de ces
docteurs, ce doit être une pièce que nous acceptons de leur
main. Elle a pour auteur l’une des illustrations du monde
judaïque, le plus haut dignitaire du rite écossais de la franc-
maçonnerie ^ celui qui, le premier, présida l’importante
association de 1’.\luance Israélite universelle, enfin l’un
des souverains provisoires de ta France lors de l’installation
de la seconde république française.
M. Crémieux, puisque nous venons de le nommer, fait
retentir sa parole vive et solennelle au milieu de la sixième
assemblée générale de cette singulière association. Il l’en-
tretient avec passion de ses frères de l’Orient, chez lesquels
il nous faudra plus particulièrement bientôt rechercher le
Juif judaïsant, ce type immuable pendant des siècles, et
qui, de nos jours, dans les régions libérales de l’Europe, ô
signe irrécusable des temps! s’ébranle, sort de lui-méme,
se transforme, se métamorphose à vue d’œil, sent sa foi
plus chancelante h chaque pas qui le rapproche du droit de
cité chez les peuples qui l’accueillent, rougit de ses mœurs
talmudiques, les répudie tout ou flattant d’une main douce-
reuse le Talmud, et, vide de toute croyance, ouvre avec
amour son intelligence et son cœur aux doctrines du libéra-
lisme antichrétien dont le sinistre bourdonnement remplit
l’atmosphère.
« De quelque part que nous vienne la plainte, s’écrie
l’orateur judaïque, notre secours lui arrive Nous venons,
* Archives Israélites, XXII, p. 993-i, 1866.
8.
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116
LES JUIFS.
la bourse à la main , procéder à la création d’écoles jusqu'a-
lors inconnues. Mogador, Tanger, Constantinople, Saloni-
que, Damas, Bagdad, notre alliance est partout, et com-
mence 'a régénérer les enfants Je ne sais quelle rapidité
d’instinct anime ces enfants de l’Orient, dont les progrès nous
étonnent...! Les écoles de filles nous occupent beaucoup. Les
filles deviennent les femmes, les femmes deviennent les mè-
res-, c’est par les mères que se gravent dans le cœur des
enfants les premiers principes, les premières idées qui sont
la décision de la vie. Je vous avoue, entre nous, messieurs,
que j’ai toujours eu pour les femmes le plus doux, le plus
irrésistible penchant. (On rit.) J’ai compris de bonne heure
que d’elles surtout dépend le sort de nos enfants, c’est-à-
dire le bonheur de noire vie; et, s’il faut vous ilire toute ma
pensée, je n’ai jamais bien compris t/u'on veuille les tenir
dans un état d’infériorité. Je ne veux pas, surtout, le com-
prendre dans la famille juive »
... « Lors de mon voyage en Égypte...., je m’aperçus de
Vétat de sujétion dans lequel étaient tenues les femmes juives. Le.j
jeunes filles riches étaient envoyées dans les écoles. Quelles
écoles! Dans des lieux souterrains, ’a l’abri de la chaleur,
nonchalamment étendues sur des tapis, elles passaient les
jours dans l’indolence. Les jeunes filles pauvres n’avaient
point de lieu de réunion. .\ l’intérieur des maisons, les
femmes vivaient dans la dépendance et la soumission. Et
pendant que, réunis dans la synagogue, les Juifs me ren-
daient ces honneurs si grands dont le souvenir ne peut s’ef-
facer de mon âme, les femmes, reléguées, s’offraient à peine
h mes regards. J’avais résolu de m’élever contre ees habitu-
des de la famille Étes-vous musulmans , leur dis-je , que
vous traitez vos femmes comme ils traitent leurs femmes? Est-ce
que le Dieu d’Israël n’a pas fait la femme de notre chair.^
Est-ce qu’elle n’est pas la mère de nos enfants?... Est -ce
que (notre) loi n’a pas mis la femme au rang de l’homme
dans ces mots si touchants Honore ton père et ta mère? Et
comment votre fils honorera-t-il sa mère, si, dans la mai-
Di-;i-
CHAPITRE CINQUIÈME. H7
son (le son père, il ne la voit pas honorée, elle, épouse, à
l’égal (le son père ‘i* »
Ces paroles jetées avec l'art, le ménagement, les précau-
tions que réclamaient impérieusement les chatouilleuses
oreilles de l’auditoire, nous préparent ii la parole plus doc-
torale, et souvent si piquante, que consignait 'a la postérité
l’un des hommes les plus érudits qui soient sortis du Ju-
daïsme, et que nous avons plus d’une fois amicalement hé-
bergé sous le toit qui nous abrite Le Talmud, nous dit en
l’an 1844 cet ancien rabbin, « le Talmud qui assimile en
toutes choses la femme ù l’esclave », déclare le mari tellement
maître de celle qu’il épouse, que si même il profane les lois
les plus inviolables du mariage, la femme n’est pas admise
à SC plaindre, et qu’il a droit ’a dominer toutes ses résistan-
ces. Il lui appartient donc « d’en user bon gré mal gré,
comme d'une viande achetée a la boucherie, » et destinée a
souffrir, sans se plaindre, que celui qui l’a payée « l’accom-
mode selon son goût et son caprice \ »
Les maîtres de la tradition pbarisaïque, les docteurs du
Talmud, les rabbins, qui permettent et commandent à l’or-
thodoxe tant de choses, et des choses si singulières, défen-
dent cependant au mari de s’allier b une infidèle, car l’infidèle
représente pour eux une brute; et qui l’aime, aime une
béte Mais le concubinage du mari n’effraye nullement
leur morale; et la concubine osât-elle implanter avec elle
l’adultère .sous le toit conjugal, ce fait n’a rien qui les effa-
rouche; loin de là ! Que celte rivale de l’épouse ne soit point
mariée; que, surtout , elle ne suit point une infidèle, et par
cela même déchue au rang de l’animal , tout sera dès lors
|M>ur le mieux , et voilà tout ce que le rigorisme rabbinique
exige!
' Archives Israélites, I, p. 14-16, 1" janvier 1867.
^ Voir Harmonie, l. 1"', p. 73; Paris, 1844, Dracli.
^ Harmonie entre l'Eglise et la Synagogue., ib., l. Il, p. 334-5.
Talmud. traité Sanhédrin, fol. 58 v”, et traité Nédarim, fol. 20 v”, qui
autorise en termes explicites le mari : naturali omisso... Lire la suite,
•6. p. 335.
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118
LES JUIFS.
Nous n’hdsiterons point d’ailleurs ’a rappeler que , parmi
les maîtres cités dans nos pages « sur les décisions du San-
hédrin de 1807 », et d’où résulte le fait que les Juifs pro-
fessent cette commode doctrine, il y a celle du Ramhan
(Moïse Nahhmenides), dont l’autorité dans la Synagogue est si
grande! Or, ce rabbin s'étonne que l'on puisse « mettre en doute
si pareille chose est permise. Je ne puis concevoir, dit-il,
comment on peut en douter! c’est certainement un commerce
licite. » Rabin David Adubraliam rapporte ces mêmes paroles
du Ramban ' et les corrobore par plusieurs sentences de
Malraonides. » D’après le sens que les rabbins donnent î»
ces paroles de la Genèse : Croissez et multipliez, il est donc
inutile de se soumettre au joug du mariage pour atteindre le
but providentiel de la multiplication de l’espèce humaine ; et,
par le plus provocant oubli des lois de la morale, le liber-
tin et le lâche séducteur n’accomplissent pas avec moins de
mérite que l’homme vertueux « un précepte divin ’. »
Dès que nous aurons appris quel est le néant de la femme
sous le toit du Juif orthodoxe, nous nous garderons bien de
nous étonner si celui que l’on appelle son mari n’est en réa-
lité que son maître^ si son titre matrimonial l’investit du
droit de fustiger, de corriger celle que le mariage lui livre;
et si, d’après l’interprétation judaïque, le neveu ne peut
épouser sa tante, tandis que l’oncle reste libre d’épouser sa
nièce, par la raison que, dans ce premier cas, les conve-
nances priveraient le neveu du droit de correction manuelle
si nécessaire ’a l’harmonie conjugale
Mais cette même femme qui, sans offenser les mœurs tal-
mudiques, vivait tout k l’heure sous le toit conjugal d’un
homme marié, cette femme vient-elle k serrer elle-même
les nœuds du mariage, oh! que dès lors elle se garde bien
d’être assez impudique pour permettre k l’œil téméraire
d’un homme d’apercevoir quelques mèches seulement de sa
* P. 113, col. 3, edil. do Prague.
5 Ibid. Drach, Harmonie, l. I, p. Î08.
^ Ih. Harmonie, t. II, p. 335.
CHAPITRE CINQUIÈME. MS
chevelure; car cel oubli de soi-même serait un crime contre
la religion ‘ ; le mari se trouverait à l’instant même en droit
do l'expulser du domicile conjugal et de lui délivrer une
lettre de divorce* ; elle aurait répandu le scandale dans le
sein du peuple élu!
Autre point : Les prières publiques de la Synagogue, et
la plupart des cérémonies du culte, no peuvent se faire (|ue
devant une réunion de dix personnes, parce que ce nombre,
selon les rabbins, attire la présence du Seigneur*. Cepen-
dant, « s’il y avait neuf hommes et un million de femmes,
il n’y aurait pas assemblée, par la raison que les femmes ru
sont rien. « Mais qu'il arrive seulement un garçon de treize
ans et un jour, tout change aussitôt, et « il y a assemblée
sainte *. »
Eh quoi! la femme juive n'être rien? C’est en vérité bien
peu de chose. Rien devant le Dieu qu’elle adore! rien devant
le Ois qu’elle a mis au monde! rien devant l’homme qui,
sous le toit conjugal , la place entre la concubine qu’il lui
préfère et la lettre de divorce toujours menaçante! Elle
compte pour si peu dans le monde, « qu’exclue de toutes les
cérémonies du culte *, elle ne peut même, sans péché, pren-
dre connaissance des principes de sa religion ». Et « celui
qui enseigne 'a sa Olle la loi sainte, dit le Talmud, est aussi
coupable que s’il lui apprenait des obscénités ®! »
' Harmonie, t. II, p. 373-4. — Archives isro^Wes, lV,p. 184 ; I»6S.
Conducleurs aveugles, disait le Uhrist, qui avez soin de passer ce que
vous buvez, a6n de ne pas avaler un mouclieron, et qui avalez un enu-
meaul Saint Matthieu, Evang., xxiii, 'ii.
^ Harmonie, l. II, p. 373-4. Les coquettes concilient les lois de la
modestie et de la pudeur en portant de fau.x cheveux. Ibid.
^ Talmud, traité .Meghilla, fol. 23 v"; traité SanhiHirin, fol. 2 r».
^ Harmonie, t. II, p. 335-6, ib., 1844. Drach, ib.
8 En France même, de nos joursencore (1844), malgré les heureuses
défaillances de la foi judaïque, les Juifs scrupuleux défendent à leurs
femmes d'entrer dans la partie de la synagogue où sont les hommes.
Elles doivent se tenir ou dans une pièce séparée, ou dans les galeries
supérieures ferméesavecdesgrilhiges et des rideaux. » Harmonie, t. H,
p. 334; Paris, 1844.
0 Lettre première, id., p. 85-6, 1825; — Harmonie, t. Il, p. 338;
1844. Talmud, traité Sotah, fol. 20 r°\id., — .Maîmonides, traite Etude
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130
LUS JUIFS.
Cerlcs, nous aurons la famleur de reconnailre que si ja-
mais une loi religieuse souillée de pages aussi altenlatoires
à la pudeur ei aux senliraents d’un être (]ui se respecte que
l’est le Talmud, pouvait nous être imposée, notre première
sollicitude serait d'en détourner les yeux demis tilles, et
que, selon les jiaroles rabliiniques, nous nous croirions aussi
coupables de lui'en prescrire l’étude que de lui apprendre
des obscénités. .Mais, ô renversement des lois de la na-
ture, ce n’est point par un sentiment de respect pour la
femme , c’est jiar respect jioiir ce code immonde de sa reli-
gion, que le .luif lalmudisant en (‘carte sa tille;
l’eu d'années ajirès que la plume doctorale de Dracli nous
eut révélé ces mystères, et tandis que le vent soutenu de la
révolution continuant 'a détruire, ;i jeter pêle-mêle et l’une
sur l’autre toutes les croyances religieuses, finissait par en-
tamer la foi jusqu’alors inéliranlable du Juif, un peintre de
mœurs d’origine judaïque ravivait d’un coup de pinceau
saisissant l’ensemble de cette situation ; et son tableau , si
nous supprimions les paroles que nous venons de rappeler,
SC laisserait prendre volontiers moins pour une toile digne
des galeries de l’iiisloire que pour l’œuvre légère et fantas-
que d’un artiste malveillant et railleur :
de la loi, cil. i, § 13; id. I. 1''. p. 59. Sous l'ancicnnc loi, la femme
était, au point de vue du culte, riiiférieure de l’homme, mais la loi de
rédemption l'a pleinement réhabilitée. S. Paul, liai, ni, v. 28.
a Tout homme est tenu d’enseigner la loi religieuse à sa tille, » dit
le Talmud. Sutah, ch. lu; .Mischna; 4, au nom de /len-Azai, disent les
j4rc/iiff.s israéliles, XXI, p. 948; 1866. Et dans le numéro suivant,
elles ajoutent, à propos des contradictions talmudiques : a l.e Talmud
enregistre le pour et le contre, comme les journaux qui rendent
compte des délibérations d'une assembh'e; c’est un procès-xerbal
consciencieux et impartial de tout ce qui s'est dit. Mais, quand plusieurs
opinions sont en prtWnce, c’est l'histoire qu'il faut consulter [lour sa-
voir celle qui a prévalu. » XXll, p. 994; 1866.
C’est donc l’histoire que nous interrogeons, parce qu'elle nous ap-
prend ce qui se pratique sous l’empire du Talmud, et nous y voyons
que l'échappatoire des Archives n’est qu'une fausse porto, car il ne
s’agit point de savoir ce qui peut être inscrit à tel ou tel titre dans le
coiîe religieux, il s’agit de savoir ce (|ui figure dans ce livre à titre de
principe, à titre d’enseignement rabbinique, et c’est là ce que l’bisloire
vient de nous dire. Les paroles mêmes de M. Crémieux, président do
l’Alliance Israélite universelle, nous l’ont rappelé. Voir ci-dessus.
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CHAPITKE CINQUIÈME. 121
« La femme juive a plus gagné que son époux aux hien-
fails qu'ont amenés les progrès de la civilisation et de la
liberté. La femme n’était qu’esclave partout et toujours, et c’est
sur elle que retombaient les effets de l’humeur longtemiis
contrainte de .son mari ; elle était l’instrument de ses plai-
sirs, un soufl're-düuleur incessamment destiné ’a apaiser les
peines et les chagrins de la misère et de la persécution!
» Chargée île tous les soins domestiques et de perpétuer
la famille, la Juive ne semblait être née que pour cela; sa
vie monotone se passait au milieu de toutes ces préoccupa-
tions,... heureuse encore lorsi|ue son abnégation et son dé-
vouement ne lui attiraient pas les ])laintcs et de mauvais
traitements. La femme n’était comptée pour rien dans l'état
social des Israélites; sa naissance n’était point, comme celle
des hommes, consignée sur le registre de la communauté;
son décès n’était l’objet d’aucun acte pareil; sa vie active et
souffrante passait sur la terre comme l’ouragan. On n’ensei-
gnait aux filles juives rien de la littérature, des sciences et
des arts; rien des métiers, rien de la morale ou de la reli-
gion ' ; on ne les habituait qu’b souffrir et à se taire. L’entrée
du temple leur était interdite jusqu’à leur mariage, et l'on a
peine a concevoir leur dévotion , même leur fanatisme,
lorsqu’on sait que le Judaïsme n’a rien pour les Jemmes,
qu’il ne leur accorde aucune place dans la hiérarchie so-
ciale;... qu’il ne les regarde que comme des meubles indis-
pensables, dignes a peine de quelques égards et de quelque
attention! »
A peine mariée, « la femme juive rentre dans l’étal com-
mun de malpropreté ordinaire à sa caste. — Malheureuse-
ment un tempérament de feu caractérise généralement les
beautés juives , et c’est , pour un grand nombre d’entre elles,
un écueil qui les fait facilement tomber et se livrer h toute
' Et la femme, c’est la famille! Nous le voyons en France, où, jus-
qu’ici, la femme catéchisée a seule pu lutter contre les niaiseries impies
et dissolvantes du libéralisme philosophique, et sauver la société en
sauvant la famille.
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<22 LES JUIFS,
la corruplion de l’époque sans qu’elles soient retenues par
les appréhensions religieuses, qui s’effacent de jour en jour
dans le Judaïsme b mesure que la persécution et le danger
disparaissent. » Les Juives sont d’ailleurs « en grande fa-
veur auprès des artistes, qui trouvent en elles des modèles
achevés... »
« La femme juive a, moins que toute autre, dépouillé le
caractère de son sexe. Elle est impérieuse et bavarde, faible
et crédule, médisante et cancanière... Elle a des habitudes
très-casanières, méprise profondément les chrétiennes et
médit de scs coreligionnaires... Du reste, elle est sensible
et généreuse -, la charité est une vertu qu’elle pratique ' mieux
que l’humilité et que l’obéissance conjugale. Lorsque les
Juives appartiennent aux premières familles, et lorsqu’elles
ont reçu une éducation soignée, elles font les honneurs d’un
salon avec une rare distinction , une grâce et un esprit par-
faits’. »
Les mœurs du judaïsme vont donc s’altérant; elles s’a-
méliorent : Israël ce-sse de se ressembler à lui-même; il
marche, il avance, il progresse, et, depuis quelques années,
cette altération, cette transformation s’opèrent avec une ra-
pidité vertigineuse partout où le Juif a le bon sens et le bon
goût de s'émanciper, de se dégager des entraves du Talmud;
mais alors aussi la Juive, cette lionne ardente et si long-
temps captive, s’émancipe et se dégage des entraves où la
retenait un mari trop souvent sans pitié. C'est dire, il est
vrai, que le frein, qui pour elle remplaçait la morale, s’affai-
blit; que son goût, que sa passion des plaisirs et du luxe
l’entraîne, que « son tempérament de feu » la jette dans
les tourbillons ardents du monde; où l'orgueil, non moins
que la coquetterie, lui commande de briller; et l’Univers
israélite n’hésite nullement â nous apprendre lui-même un
< Nous en savons d'admirables exemples, et jamais nous ne laissons
échapper l’occasion de les redire.
^ Les Juifs, leur histoire, leurs mœurs, par A. Corfberr, p. 49 à 52;
Paris, 1847.
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CHAPITRE ClNQUiÈME. IÎ3
fait dont nos propres yeux peuvent aujourd’hui porter témoi-
gnage; c’est que dans les maisons qui s’ouvrent au Juif, ou
que le Juif ouvre au chrétien , et « dans la saison des hais
et des soirées, les femmes Israélites, princesses de la rare
de David', se distinguent entre toutes par la richesse et la
magnificence de leurs toilettes’ », c’est-a-dire, en bon fran-
çais, par les excès et les conséquences du luxe sans frein
qui nous dévore.
Semblable d'ailleurs à toute autre femme, la Juive a be-
soin non pas d’une contrainte tyrannique qui la réduise a
la nécessité des bonnes mœurs par l’impossibilité de se
livrer aux mauvaises, mais il lui faudrait une loi de sagesse
dont la douceur et la divinité pénétrassent son âme intelligente
et son cœur aimant; cette loi que l’éducation religieuse ner
donne plus guère, hélas! ii nos fils; qu’elle donne à peine à
nos lilles , et qu'elle est si loin de leur donner aujourd’hui
d'une manière solide et complète. Or, l’éducation de la fille
Israélite l’éloigne encore de ce bien suprême. De même que
le Juif son frère, il est vrai, l’atmosphère vivifiante du
christianisme qu'elle maudit l’enveloppe , la presse et la
mudihe; mais cette pression lui suffit d’autant moins que
l'atmosphère chrétienne elle-même se corrompt. Partout
donc où les convenances et les ressources de sa position
sociale ne l’aident point ii soutenir sa faiblesse, ou h couvrir
ses défaillances, sa fragilité se proportionne a la valeur mo-
rale de sa propre foi ; scs actes sont la traduction libre, mais
la traduction exacte, de la valeur de sa croyance.
Ce phénomène éclate 'a nos yeux si peu que nos regards
se portent sur le chapitre de la moralité judaïque; et si,
malgré les colères de quelques intéressés, nous en croyons
des écrivains de race juive , les archives judiciaires devien-
' Forfanterie véritablement judaïque, car nul en Israël ne peut re-
connaître sa tribu; et les femmes juives qui se louent comme modèles
aux artistes, ou qui remplissent les lupanars, ont autant de chance,
hélas! d’appartenir à la liRnée de David que celles dont les millions
de l'industrie juivière ont fait, pour notre monde, des personnages.
Univers israélite, VU, p. 293; 1867.
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LES JUIFS.
12i
ncnl un irrécusable témoin de celle vérilé; d’où la conclu-
sion naturelle et prévue que les fidèles du Talmud fournis-
sent au inonde civilisé l’écuine du jirolétariat et de la
prostitution. Mais nous ne saurions prendre sur nous la
responsabilité de ces paroles, et ce sont les Juifs cux-inéraes
qui s'imposeront cette lâche.
« Depuis un quart de siècle, et nous ne pouvons choisir
une date plus éloignée, les moralistes se demandent avec
raison d’où vient que dans toutes les grandes villes de
riùirope on remarque jiarmi les femmes de mauvaise vie
un plus grand nombre de Juives que de chrétiennes? Celte
question est malheureusement motivée; car, â Paris, à
Londres, à Berlin, à Hambourg, ù Vienne, à Varsovie et à
Cracovie, dans ce qu’on est convenu d’appeler le demi-
moiti/p, sur les places publiques, cl même dans les maisons
de prostitution, on rencontre plus de Juives que de chré-
tiennes, en tenant compte de la proportion qui existe entre
les deux populations. Il est très-fâcheux de constater un fait
.semblable; mais, si douloureux qu’il soit, il est vrai, et si
nous n’avons pas hésité a le signaler, c’est parce que nous
voulons qu’on essaye d’y porter remède, comme on l’a déjà
fait avec succès pour d’autres plaies de celle nature »
Dans le juda’isme, cependant, on ne se montre guère ri-
goriste en fait de morale; il suflit de rester Israélite pour
avoir droit à toute indulgence, et nous en produirons un
seul et suffisant exemple tiré de la Revue religieuse que
nous venons de citer. — « Une actrice de genre, née Israé-
lite, et qui s’en était toujours souvenue, mademoiselle J. F.,
vient de mourir n Ses obsèques a ont été israélites
comme son âme n’avait point cessé de l’clre, et si elle a
cédé comme tant d’autres femmes aux entraînements inhé-
rents à la carrière théâtrale, elle a du moins gardé pieuse-
ment les traditions du foyer domestique et les sentiments
de charité*. » Rester Israélite est et doit être, sous l’empire
• Archives israélites, XV, p. 711 ; 1867.
^ Archives israélites, 11, p. 52.7; 1" juin 1868.
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CHAPITRE CINQUIÈME. IÎ3
de la loi talmudique, le comble de la morale, qu’il s'agisse
ou non de la femme, cel être angélique (|ue flétrit et déna-
ture le moindre souille impur et suspect. Toute faiblesse
s’ellace donc devant ce mérite en Israël ou ne pèse que d’uii
poids bien léger, fût-ce dans la balance du publiciste reli-
gieux! et c’est Ib ce que pour le moment il nous sulFira
d’exprimer, après avoir décrit le néant de la Juive du
Talmud.
NOTE SUR LE DIVORCE.
Saint Matthieu l'Èvangélistc nous rapporte que Jésus dit aux Phari-
siens : « A cause de la dureté de votre cœur, Atoïse vous a permis de
renvoyer vos femmes, mais au commencement il n’en était pas ainsi.
Or, je vous dis que quiconque renvoie sa femme, si ce n'est pour
cause de fornication, et en épouse une autre, est adultère ; et celui qui
épouse la femme renvoyée est adultère. » xix, 8-9. .Mais, depuis saint
Matthieu, le cœur pharisafque du Juif se serait-il attendri? La réponse
est dans ce chapitre do la femme, et nous voyons la lettre de divorce,
véritable lettre de change, mettre la femme congédiée en circulation
dans le monde 1
La cour fran<;aise d’Alger vient d’adopter pour les Juifs de t Algérie
ce droit de divorce, victime qu'elle est de l'erreur si funeste aux chré-
tiens, que la lui de .Moïse est la lui dus Juifs. Lire i) ce propos un excel-
lent article de if. Coquille; Monde, ï juin 1865.
O La formalité <pii consacre le divorce consiste, suivant les usages
juifs, dans la remise faite par le mari à la femme , en présence de la
justice, de la lettre de divorce, par laquelle il renonce à ses droits, et
autorise sa femme à se remarier suivant son bon plaisir. » Sarah Blum
et David Buksan accomplissent celte formalité au tribunal de la Seine,
à Paris, première chambre, le 13 juillet 1867. Ce sont des Juifs étran-
gers... Lire Archives israélites, XVI, p. 726-7 ; 1867.
Dans la province d'Uran, les Israélites peuvent divorcer, « malgré
te mariage devant la mairie, et épouser d’autres femmes. » Liberté re-
grettable, a car ce principe favorise le divorce, qui, malheureusement,
n'existe que trop I » Archives israélites, p. 183; 1868. Il crée d’ailleurs
en faveur du Juif un privilège odieux, et rompt, en faveur de se,s pas-
sions, l’égalité devant la loi.
Après ces mots de la même Revue juda'ique ; « On marie les filles à
douze ans, et les garçons à quatorze, » lisez la description pittoresque
du mariage et des détails que nous ne saurions reproduire ; puis ;
« Sur la porte et au mur de la maison de noce, on applique l’empreinte
de la main, avec de la couleur rouge et verte. C’est un usage, dit-on,
qui préserve du mauvais œil. n /6., p. 184. Lire les détails sur les funé-
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<26
LES JUIFS.
railles el .sur des pratiques cabalistiques relatives à des talismans
Ib., p. 185, n» IV.
Lisez encore : Une Juive à Gibraltar, extrait des notes de voyage
de l'empereur Maximilien, en 1861 ; peinture de m'su fort intéressante.
Toutes ces particularités réjouissaient fort les assistants, parmi lesquels
se trouvaient de joyeux Anglais et des Anglaises qui, « le livre à la
main, suivaient sans interruption chaque mouvement, et en prenaient
note avec force observations caustiques. Une vieille dame a-sise à côté
de moi me racontaitque, pendant huit jours encore, le marié ne pourrait
voir sa femme, occupée à recevoir des parents et des amies, et assise au
haut de son trône. Elle ajouta que les mariages ne sont que des affaires
d’argent, et que la femme a le droit de quitter son mari au bout d’un
an. Elle m’assura que, pour le présent, c’était ce que la jeune femme
avait de mieux à faire, vu qu’elle trouvait le futur horriblement
laid... X A la prière succétlent des danses lascives... Id., Archives is-
raélites, XXII, p. 1017-8; 1867.
FIN HE LA NOTE SUR LE DIVORCE.
TROISIÈME DIVISION. — LA MORALE DU TALMUD EN ACTION,
LE PROCHAIN DU JUIF.
Est-il un homme qui soit sans prochain? — Oui, le Juif orthodoxe. —
Hors le Juif, tout autre homme ne doit être à ses yeuxqu’unebrute. —
.S’il le lue, il ne tue qu'une bêle. — .Mots de saint Epiphane . Père
de l'Eglise, et de M. .Michelet. — Explication de ce mot ; Défense
aux Juifs el aux cochons d entrer ici. — Faiblesses el passions du
Juif provoquées contre tout étranger à sa foi par ses croyances tal-
mudiques. — Exemples. — Jusquoii va celte haine du Juif, et sur-
tout contre le chrétien. — Voler et tuer le chrétien n’est donc pas
un mal; au contraire. — Nombre des malfaiteurs bien plus considé-
rable chez les Juifs que chez les chrétiens. — Différents pays, diffé-
rents exemples. — Puissance et universalité de leurs moyens de
malfai.sance. — Leur affreuse et homicide cupidité à l’endroit de
l’armée française dans la désastreuse campagne de Russie. — Re-
connaissance implicite de l'infériorité morale du Juif, dans des pu-
blications jiidarques. — Leur malfaisance a été de tous les temps,
depuis le règne des traditions rabbiiiiques; elle les fait ranger dans
« le rebut des i>euples » dès le, règne de Vespasien. — Conclusion.
— Xoles. — Leur terreur de l’opinion.
Nous avons tlemandë tout a l'houre au Talmuij ce que
c’est que la femme du talmudisant. Peut-être la réponse
que les faits ont donnée nous mettra-t-elle en appétit de
CHAPITRE CINQUIÈME. IÎ7
savoir quel est son procliain! Mais le Juif a-t-il un prochain?
Qui sait? Nous nous poserons donc en ces termes cette sin-
gulière question :
Est-il un homme, en ce monde, qui puisse se lever et
nous dire : Moi, je suis sans prochain! je n’en ai pas; et, le
droit, le devoir de n’en point avoir, je le puise dans ma
loi religieuse! — Oui, si la loi terrible qui tient et gouverne
la conscience des fils de Jacob doit être prise au sérieux, il
existe, cet homme ; mais il est unique au monde , et c’est le
Juif! Expliquons-nous : c’est l’homme de la pure orthodoxie
talmudique; c’est-à-dire un être qui n’est créé que pour lui-
même. Hormis son semblable, hormis .son frère de race et
de foi, toute créature humaine lui est donc étrangère, perd
à tes yeux son espèce, cesse d’être homme, et, devenant
brute, tombe dans son estime au-dessous de sa propre fe-
melle, celle que nous venons de le voir assimiler à la viande
de boucherie qu'il a payée deniers comptants'.
Dans l’esprit de la famille judaïque, qu’est-cc donc que
le reste des hommes? — Réponse. On lit dans le Talmud :
« Descendants d’Abraham, le Seigneur vous a désignés par la
bouche d’Ezéchiel; vous êtes mon troupeau,... c’est-à-dire
vous êtes des /tommes, tandis que les autres peuples du monde
nesontpasdes hommes, ce sont des bêtes’. Bobba-Bar-Abuha
trouva, par exemple, le prophète Élie dans un cimetière de
Goyim, — c’est-à-dire de non-Juifs, — et lui dit : Com-
ment vous trouvez-vous dans un cimetière? — Mais Élie de
lui répondre ; Et vous, n’avez-vous point appris la loi des
purifications? car elle porte cette décision : Les tombeaux
des Goyim ne souillent jioint, puisque le Seigneur a dit à
Israël : Vous êtes les brebis de mon pâturage , vous avez la
' Que si nous usons de ce terme, femelle, c'csl que, lecture faite de
nos pages sur la femme dans le judaïsme, ce serait insulter à l’ortho-
doxie du lalmudisant que de lui donner pour dgale la Juive, cette es-
clave, cette créature avilie que rapproche de .“a personne un de ces
faux mariages dont le fantôme s’évanouit devant une fantaisie de di-
vorce; aussi n’oscrions-nous. sans son agrément, nous permettre de
l’appeler sa compagne, ou sa femme.
* Bartolocci, part. III, p. S53.
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LES JUIFS.
4 2g
qcniité d’Ilommos, tandis que les nations du monde n'ont
que la qualité de brute »
Habbi-Schila tombe sur un bomme qui se permet des
assiduités avec, une femme non Juive, et le nacelle. C.et
homme porte plainte devant l'autorité, mais le flagellant
répond : Ce misérable vient de s’oublier « avec une
ànesse*. »
Est-ce que celle qui n’est point issue du sang d’Abraliam
est une femme.^ Est-ce qu’elle n’est point une brute? Or,
comment* traiter celui qui, s’oubliant avec elle, descend
par cela même jusqu’il la bête?
Le célèbre Rabbi-Mcnabhem insiste, dans « plusieurs
endroits de ses ouvrages, sur ce principe, que la qualité
d’homme n’a|>partient qu’aux Juifs; » et l’infaillible Maï-
monides établit, dans son Traité de l'homicide, que, lorsqu’un
Israélite tue même un prosélyte-habitant, le tribunal juif
« ne peut le condamner ». La loi du meurtrier frappe en
effet « celui qui s’élève contre son p-ochain; mais celui-
ci n’est pas notre prochain. Il est donc superflu de dire qu’on
ne peut condamner un Israélite pour avoir tué un non-
Juif’ » (Goï).
Un Noaebide, — c’est-à-dire un simple individu vivant
d’après les préceptes du juste Noé, mais étranger à la race
d’Abraham, -— s’il tue un autre Noaebide et qu’il se fasse
prosélyte judaïque avant cet acte, « n’est passible d’aucune
peine; mais a-t-il tué un Israélite, et ne s’est-il fait pro-
sélyte qii’après cela, qu’il soit mis à mort’. » A plus forte
raison, s’il est chrétien, doit-il en être ainsi, car « il est
ordonné aux Juifs de ne voir dans les chrétiens que des
' Talmud , traita Baba-Metsigna, fol. tti recto, édit. Amsterdam,
1645. — Id., Prompln Bibliolh. de L. Ferrari, t. tll, ord. iv, tract. 8.
Laurent, Affaires de Syrie, t. Il, p. 395; Paris, 1846.
Talmud, traité Barakouth, fol. 88, recto. Laurent, ib., t. Il,
p. 373.
^ Laurent, t. Il, chap. ii, art. Il, p. 374-5. — Lire id., Kolirbaclier,
Histoire U7iiversel le de l'Eglise, t. XV, p. 483, etc.; Paris, 1851.
* Talmud. .Sanhédrin, fol. 71 verso. Laurent, t. Il, p. 375. — Lire
ibid., l'Eglise et ta Synagogue, p. 26 à 50, etc.; Paris, 1839.
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CHAPITRE CINQUIÈME. Iî9
brutes, et de les traiter comme de vils animaux »
Devant les mœurs que les traditions rabbiniques, réunies
plus tard dans le Talmud, ont faites au Juif, un des Pères
de l’Église, saint Épipbane, ne pouvait donc craindre de
s’écrier : « Ah! leur nature est devenue celle du chien que la
rage possède *. » Et de nos jours, M. Michelet, le prêtro-
phobe , ne sera que le traducteur de l’une des vérités de
l’histoire lorsqu’il laissera échapper ce cri ; « Le Juif, c’est
l’homme immonde qui ne peut toucher ni denrée ai femme
sans qu’on la brûle; c’est l’homme d'outrage, sur lequel
tout le monde crache’ I » Enfin, lorsque l’un des patrons de
la race judaïque, M. Bail, reproduit l'inscription célèbre
dans un si grand nombre de villes et que la cité de Francfort
plaçait k l’entrée de sa promenade : « Défense aux Juifs et
aux cochons d’entrer ici *; » il la répète sans que l’énormité
de cette odieuse insulte étonne ceux qui savent ce que croit
Israël, car un des livres doctrinaux de la nation juive éta-
blit, et chacun le savait jadis, que n tous les non-Juifs sont
des cochons*. » Se faire l’écho de ce triste langage, ce
n’était donc, après tout, que traiter le Juif d’après la loi
mosaïque du talion! C’était lui dire ; Grossier ennemi du
genre hùmain, tu le veux, eh bien , puisque ta foi sauvage
répand sur tous les peuples le mépris et la haine, nous fe-
rons rebondir sur toi ta propre parole. Va! nul homme n’est
le prochain du Juif, et le Juif orthodoxe n’est qu’une brute,
qu’un pourceau!
Loin de nous la pensée d'applaudir k ce droit brutal du
talion , et nous le repoussons avec horreur ; mais nous te-
nons k savoir de quelle façon, dans quelle mesure s’exerce
• L. Ferrari, Prompta bibliûlh., ord. 4 ; tract. 8 ; Laurent, i6id., t. Il,
p. 39.5, Syrie.
• Est enim hæc natura canuni , postquam rabie tentati .sunt. S. Epi-
phan. Opéra; Paris, 46Î2, in-fol. Adv. hwres. t. II, 1. m, p. 1036. — la.,
S. Chrysostome, t. II, p. 347.
^ Dans Hallez, Des Juifs en France, p. .37 ; Paris, 1845; et Michelet,
Histoire de France, t. III, p. 110; Pans, 18.52.
• Bail, Des Juifs, etc., p. 28, 2' édit.; Paris, 1810.
^ Yalkut-re-Ubéni, fol. 10, col. 3. Laurent, ib., t. Il, p. 374.
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130
LKS Jl’IKS.
l’esprit (le liaine que le Talmud inspire au Juif contre le
chrétien , et nous atteindrons facilement notre but en par-
courant de l’œil quelques échelons d'une échelle bien diffé-
rente de celle de Jacob, qui de la terre s’élevait au ciel, et
devenait le chemin des anges. Car descendant, plongeant
dans les plus sombres ahimcs de l’iniquité, cette mysté-
rieuse échelle semble n’offrir ses échelons maudits qu’aux
esprits infernaux du mensonge et de l'homicide.
-\près les actes de spoliation au.xquels la fraude et l’usure,
deux moyens religieusement légitimes et méritoires, con-
duisent le Juif dans ses rapports avec le chrétien, c’est en
etfet la mort , et nous disons trop peu , c’est fort au delà ,
c’est la damnation éternelle que doit rêver et méditer contre
tout membre de l’Église le véritable orthodoxe du judaïsme,
l’inébranlable lalmudisant, celui dont la viviüante et civili-
satrice atmosphère du christianisme n’a point encore pénétré
le cœur, en un mot le Juif fidèle aux traditions rabbiniques et
qui SC dit : La foi ()ui n’agit pas est-ce une foi sincère?
Âu moment où la doctrine du Christ prit son essor , ses
premiers et mortels ennemis, les Pharisiens, aigris, irrités
de ses triomphes , inventèrent coup sur coup de nouvelles
traditions, dont quelques-unes destinées h fomenter les sen-
timents féroces que portait la Synagogue au supplicié du
Calvaire. Ils les ajoutèrent à celles que le Christ leur avait
reprochées, et les chrétiens ne furent à leurs yeux que
d’abominables apostats, que les adorateurs d’un inl^e. Ils
déclarèrent alors que c’était une œuvre de justice et de
haute piété que de les persécuter à mort; et cette morale
nouvelle fut vaillamment mise en pratique par les hommes
de zèle. — Saint Paul, avant sa miraculeuse conversion,
fit voir eu lui l’un des passionnes instruments de cette foi,
et la Synagogue inséra dans l'ordinaire de son oflBce la fa-
meuse imprécation dite Btrlihac-Uammimm, où l’âme priante
demande pieusement à Dieu qu’il daigue exterminer les mé-
créants ' ! •
' Maimonide , frai/f de la priere, cli. ii, g t . Dracli , //armonie ,
CHAPITRE CINQUIÈME. 131
La Ghemara, plus lard, fourmilla de passages où les vertus
de justice, d’équité, de charité, non-seulement ne doivent
point s’appliquer au chrétien, mais changent de nature et
deviennent un crime s’il en est l'objet; et le traité talmu-
dique Avoda-Zara défend en termes exprès de sauver de la
mort un non-Juif, de lui rendre ses biens perdus ou d’avoir
pitié de sa personne'. Aussi catégorique que le Talmud,
l’aigle de la Synagogue , Maimonide , après avoir énuméré
les articles de la foi judaïque, s'écrie, en maudissant celui
qui recule devant l’obligation de s’y soumetlre : « Si quel-
qu’un est assez pervers pour en nier un seul, il est hors de
la communion d’Israël ; c’est un précepte de le détester et
de l’exterminer’! »
Toutes les passions, toutes les faiblesses du sincère ortho-
doxe sont donc appelées au secours de sa haine pieuse.
Ainsi, dans une sorte d’hommage que le Juif talmudisaut
rend aux astres, le voyez-vous quelquefois diriger vers les
corps célestes ses regards en sautant ; puis, lorsqu’il semble
s’être assuré que l’élasticité de son jarret ne peut lui per-
mettre de les atteindre, l’entendez-vous s’écrier : « Puissent
nos ennemis ne jamais nous atteindre non plus I Mais vous ,
Seigneur, vengez-nous des chrétiens; répandez sur les ado-
rateurs du Christ les plaies et les Iléaux dont jadis vous
avez frappé l’Égypte. » Et Buxlorf remarque avec quelles
instances ces fidèles de la Synagogue conjurent le Seigneur
de faire passer entre leurs mains toutes les richesses des
chrétiens ruinés, et d’exciter entre eux, de l’orient a l’occi-
dent, la plus affreuse guerre d’extermination’. Honte, honte
donc h qui les engendra, ces misérables; « que leur mère
soit couverte d’ignominie, et qu’elle soit répudiée, car la
fin des chrétiens n’est que vers et pourriture V »
t. I, p. 466, 48U. Id., sur ces imprécations, Baronius, Annales
eciles., 4Î86, n- XXIV ; 1320, n" XXVI, etc.
' Fol. 13 V», fol. 20 v“. Traité Baba-Kamma, fol. 29 v“, ib., 166.
^ Sur la Mischna, traité Sanhédrin, ch. x.
a Pfefferkorn, l’Èfllise et lu Synagogue, p. 23-24-27.
< /b., p. 22.
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LES JUIFS.
Certes , nous avons les yeux trop grands ouverts pour ne
reconnaître point que sous la douce et pénétrante influence
de la civilisation chrétienne, toute viciée que nous ayons la
douleur de la voir, les atroces exigences de la foi talmudi-
que se sont considérablement mitigées chez les Juifs nés
dans les classes intelligentes et dans les régions les plus
éclairées de l'Europe. Mais bien etranger serait aux réalités
des choses de ce monde l’homme assez candide pour s’ima-
giner que le Talmud , dont l’empire conserve de nos jours
encore une si singulière puissance, ne se retrouve plus sous
l’epidcrme, ou du moins sous le derme de l'immense majo-
rité des Juifs. Trop souvent, en effet, les hommes du com-
mencement de ce siècle ont-ils pu constater de leurs yeux ,
ainsi que nous l’avons fait nous-même, les preuves de la
fidélité du Juif judaïsant à ce précepte odieux, tracé de
la main du rabbin Isaïa, au treizième siècle' , et que le dix-
neuvième voit enfin tomber en désuétude dans une partie
de l’Euro|)e : « L’Israélite qui s'est donné à un culte étran-
ger doit être considéré comme le chrétien et jeté dans la
fosse; — ou, s’il tombe dans un puits et qu’on puisse faire
adroitement qu’il y reste, qu’on le fasse'. »
Parmi les exemples les plus retentissants de cette haine
implacable du Juif contre les convertis, et nous les choisis-
sons entre ceux du premier quart de ce siècle, se place en
première ligne l’enlèvement des enfants du célèbre orien-
taliste Drach, ce rabbin que ses puissantes et opiniâtres
études des Écritures sacrées et du Talmud avaient amené,
malgré les luttes de son cœur et les plus fortes répugnances
de scs instincts judaïques, a la foi de l’ancienne synagogue
et de l’Eglise. Nous n’emprunterons que d’une main sobre
linéiques traits aux récits touchants de ce père si cruelle-
ment éprouvé, car nous ne visons point aux épisodes; mais
nous pourrons ajouter au besoin notre parole à la sienne,
' Sommaire de t' Avoda-Zara.
^ Cod. Valic. htbrdic., n” 184, p. 63. Ib., l’Églii* et la Synagogue,
p. 31.
CHAPITRE CINQUIÈME. 133
certaios hasards nous ayant rendu familiers h cette époque
les personnages, les faits et quelques-uns des lieux de ce
drame'.
Il SC 6t donc que la grâce ayant amolli le coeur du loyal
rabbin, ce véritable descendant d'Abrabam sentit chanceler
en lui la foi talmudique. Chaque jour ses consciencieuses
et persévérantes méditations l'en détachaient de plus en
plus, et vainement semblaient devoir l’y enchaîner les liens
les plus invincibles : son vieux père et sa vieille mère, sa
jeune famille et ses alliances; des succès éclatants dans les
sciences rabbiniques, et le magnifique avenir, l’avenir ten-
tateur qui, du pinacle de la synagogue, lui souriait, et
quelquefois le fascinait.
Il abjura. Mais h peine le malheureux se fut-il déclaré
chrétien, que la trahisoq prit asile à son foyer, que ses
proches le maudirent, et qu’une violente conspiration de
fureurs éclatant autour de lui, l’eût réduit au désespoir si
sa conscience, si la fermeté de sa foi chrétienne ne l’eût
maintenu debout. Cependant le plus sensible des coups
devait atteindre son coeur paternel : le rapt de ses trois
jeunes enfants; et ce coup fut porté par leur mère! Les
Juifs, avertis par un mol d’ordre, se prêtèrent de toutes
parts b cette audacieuse entreprise, et les ravisseurs agirent
dans un si parfait concert et avec une si juste précision de
mesures, que les plus actives recherches de l’autorité ne rele-
vèrent aucune trace. Ils s’étaient acheminés de Paris k Lon-
dres, par la route si fréquentée de Calais à Douvres, et l’œil si
largement ouvert de la police, en les suivant, n’avait rien vu I
« La police, pendant près de deux ans, ne sut découvrir
ce qui était k la connaissance des plus petits enfants juifs,
non-seulement en France, non-seulement en Angleterre,
mais encore dans tous les pays où s’est dispersée la
race de Jacob. En un mot, l’incontestable adresse de la
police française échoua contre la profonde discrétion que
‘ Voir le chap. xviii de notre livre Mœurs et pratiques des démons,
édit, de 1S6S; et Harmonie, t. W, p. St; Paris, ISii.
^34
LES JUIFS.
les Juifs savent observer envers les Goyim, ou non4uifs,
toutes les fois qu’il y va de l’intérêt de quelque affaire
tiomle\ »
Fatigué de sa crucifiante et vaine attente, Drach prend
enfin la résolution de voyager et de se, mettre en personne
a la recherche de ses enfants. L’ensemble des rapports officiels
le porte k conclure que les fugitifs se sont dirigés vers la
frontière de l’Allemagne, après avoir traversé la ville de Metz,
ce grand quartier général des Israélites en France. Les amis
de Drach tiennent conseil, et décident en conséquence que
la ville de Mayence sera le pivot de ses investigations. Riche
et nombreuse, la communauté juive de cette ville est en
constante relation de commerce avec les Israélites de toutes
les parties de l’Allemagne et de l’est de la France. Un
grand nombre de négociants juifs^de passage ont d’ailleurs
l’habitude d’y faire une halte et d’y débiter, avec leurs mar-
chandises, toutes les nouvelles ramassées en route. L’œil
au guet, l’oreille attentive, Drach occupe son poste d’obser-
vateur-, « mais à quels dangers personnels ne se va-t-il pas
exposer dans ces contrées où il est étranger, et où les Juifs
qui le persécutent sont plus puissants et plus ombrageux
qu’en France 1 »
Au bout de dix mois de séjour, rien encore n’a transpiré!
Son ignorance du secret qu’il cherche à surprendre est la
même, sa perplexité la même-, vainement use-t-il comme
auxiliaire d’un Juif salarié par la police de Mayence, et
vainement d’un autre Juif détaché de la police parisienne.
« Que peuvent les plus sages mesures des autorités de tous
les pays contre la vaste et permanente conjuration d’un peuple
qui, réseau non moins immense que solide jeté sur tout le globe,
porte ses forces partout où surgit un événement qui inté-
* Drach, Harmonie entre V Kglise et la Synagogue^ t. !«*■, p. 77; Pa-
ris, 1844. Que Ton r<^néchisse au rôle précieux que doivent jouer de
tels hommes dans la direction des sociétés secrètes ! On doit compren-
dre la puissance et l’habileté de chefs judaïques, habitués à manœuvrer
dans l’intérêt du mystère, et à manier souverainement, avec autant de
force que de finesse, les gens de leur race.
135
CHAPITRE CINQUIÈME.
resse le nom Israélite ' ! » (ÿommenl d’ailleurs, s’il découvre
jamais ses enfants, les arracher aux mains des fanatiques
qui combinèrent leurs plans avec une audace, avec une
habileté si grande, et qui les exécutèrent avec une précision
si rare! Mais le Ciel est avec lui, sans doute, et dès lors
qu'importent les Juifsl 11 espère. Un beau jour, en effet, un
mécontent, un jeune Israélite que les procédés défiants de
ses coreligionnaires ont blessé dans son orgueil, vient trou-
ver Dracb, et lui livre le secret judaïque. La retraite de sa fa-
mille lui est CAinuue. Elle réside à Londres, et ne (juitte point
cette ville! Ses enfants sont vivants, et croissent sous l’aile de
leur mère. O bonheur! Il vole aux pieds de celle femme, et
s'y précipite; il use de tous les moyens que lui suggère le
cœur; il réveille toute la puissance des souvenirs, il épuise
toutes les tentatives de la tendresse paternelle et conjugale,
mais l’implacable Juive le repousse. A peine peut-il en
obtenir la grâce d’embrasser sa jeune famille ; encore cette
faveur ne lui est-elle accordée que sous les yeux de celle
qui jamais ne lui pardonnera l’ignominie d’avoir fait d’elle
la femme d’une brute, d’un converti, d’un chrétien! Toutes
les précautions, toutes les sûretés d’ailleurs ont été prises
contre l’époux, contre le père... Que tentera-t-il donc, et
comment rentrer en possession de ces innocents? Adres-
sera-t-il une requête à l'autorité, car la législation britan-
nique reconnait, comme la nôtre, le droit du père sur ses
enfants. Mais, au bruit de « sa première démarche, les Juifs,
maîtres de sa famille , utant des grands moyens dont ils dis-
posent, la feront disparaître pour toujours. S’en empai-era-t-il
par surprise? Cela paraît impossible, avec des gens tels que
les Juifs! »
Le Ciel cependant lui inspire ce dernier parti, qui paraît
inexécutable, et, Dieu aidant, l’impossible sera fait, fut fait,
bien fait, et promptement fait. Notre témoignage est du
' Lire à Tappui de ce mot, digne de toutes nos médilations, ce que
Drach ajoute sur les assassins du P. Thomas. (Voir plus bas notre cha-
pitre Assassinat.) Ib., Drach, Harmonie, t; I", p. 79; Paris, 184t.
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136
LES JUIFS.
uombre de ceux qui l’affirment: et la raison, c’est que le
hasard nous rendit l’un des initiés involontaires de la fin de
ce drame. Car les enfants de Drach, c'est-à-dire deux filles
et un garçon, furent ramenés en France et mis en sûreté
dans l’intérieur des terres; le lieu de retraite du fils, ce fut
le vieux château, le château demi-sauvage et pittoresque
d’un louvetier de nos amis, dont la femme et les filles de-
vinrent la famille de l’orphelin' ; et cet asile était l’une des
étapes favorites de nos chasses. Ce fut là que nous connûmes
le docte et soucieux rabbin, qui .s'apprivoisa bientôt avec
nous jusqu'à venir de temps en temps prendre gîte sous
notre toit!... Lorsque les tristes événements de 1830 curent
réintégré dans l’Europe, un instant rafraîchie par lesbien-
faits d’un régime réparateur, l'ère brûlante des révolu-
tions, Drach, redoutant « de nouveaux attentats contre
ses enfants, » partit pour l’étranger, résolu d’achever leur
éducation hors de France. Quant à sa femme, après avoir
résisté aux invitations les plus réitérées et les plus tendres,
elle avait déclaré ne vouloir plus « jamais rien savoir » de
ces petits malheureux : c’est-à-dire que, dans « son aversion
pour le christianisme, » elle avait renié non-seulement son
mari, mais son propre sang, ses entrailles, plutôt que
d’aimer, plutôt que de tolérer près de son cœur des êtres
humains déchus à l’état de brutes, des chrétiens*!
Ce fait que nous n’isolons point de «a date (1823) est pris
au hasard entre une multitude de faits analogues et plus
graves. Il n’est point extrait de pages empruntées au sixième,
* C’est tâ ce que nous avons décrit aitleurs.
2 Une des lettres d’invectives que cette mère avait écrites à Dracli
renfermait le dessin d’un poignard. Ib., p. 76. Lire plus de détails,
mais non pas tous les détails, dans Harmonie, t. I, p. 73 à 86, d’où
nous extrayons ces lignes sans y ajouter nos propres documents, car
nous connûmes aussi à Londres l’opulente et très-honorable famille
grâce à qui se fit le contre-enlèvement. Lire la relation complète de
M. le docteur Morel, ilémor. calh., de mars 1826. Ce docteur est un
Israélite converti. Son père, Yelil-Mutzig. l’amena fort jeune à Paris;
sa mère, devenue veuve, quitta cette ville par suite de l’intolérance
des Juifs contre elle ; restée juive, « elle n’était coupable que d’avoir
un fils catholique. » Harmonie, t. P', p. 2.71 .
;"ôbgle
CHAPITRE CINQUIÈME. <37
au neuvième, au douzième siècle. Nou, nous le ramassons
tout vif au monceau de ceux qui constituent la richesse d’une
époque qui, pour la France, et pour une partie de l’Europe,
se termine brusquement avec celle de notre jeunesse ; et quelque
chose nous y rappelle le récit plus dramatique que nous dûmes,
entre tant d'autres semblables, à la plume de Victor Cobden.
Un enfant juif, nous dit cet Israélite, jouant avec de
jeunes chrétiens, entra dans une église^ et, malgré les re-
prochesque lui adressèrent ses parents il y retourna, comme
si dans cette visite il y avait pour lui quelque charme.
Mais « cette conduite irrita tellement sa mère qu’elle résolut
de le tuer secrètement, dans la crainte qu’il ne finît par
embrasser le christianisme, et qu’elle exécuta son afl’reux
projet'. Il ne saurait se rencontrer, ajoute ce converti, de
nation plus injuste et plus opiniâtre que les Juifs; et, nous
le voyons, c’est jusqu’au sang que sa haine fanatique pour-
suivait naguère le chrétien, cette brute immonde que viennent
de lui donner pour prochain, en 1807, les docteurs du grand
Sanhédrin réunis à la voix de Napoléon I".
Le Juif, d’ailleurs, est par le fait de cette éducation tal-
mudique qui le voue à l’exécration des peuples', l’homme
de la patience, et, mieux que tout autre, il sait attendre; il
sait coudre la ruse, la prévenance et la càlinerie, à la haine
sourde, aux plus honteux et détestables mensonges du
cœur. Exemple : « Lorsqu’un chrétien pénètre chez un
Israélite, nous dit un autre rabbin devenu moine, celui-ci
l’accueille amicalement et l’accompagne quand il le quitte. »
Mais, « dans ce cas, l’Israélite doit répéter cette phrase ;
Que les maladies, que les afllictions et les mauvais songes
destinés h moi ou â quelqu’un de ma famille, puissent re-
tomber sur la tête de ce chrétien! « Et « lorsque les Juifs
voient passer un chrétien mort que l’on porte en terre,
ils s’écrient ou disent mentalement : « Sainm kad gemuhor
* L'Eglise et la Synagogue, seizième siècle, p. 2I0-ît1.
Delamarre, Traité de la police, i vol. in-fol., t. I", p. 279 , etc. ;
Paris, 1705.
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138 LÈS JUIFS.
irii; c osl-h-(lire ; Aujourd’hui est mort un impie, qu’il en
meure deux demain »
Le fanatisme de la haine ne s’éteint donc qu’à regret et
à peine dans le cœur du Juif judaïsant; le bienfait même
ne l’y détruit que par exception, et le contraire serait inad-
missible, car l’implacable Talmud lui fait de ces sentiments
forcenés un devoir de conscience, une vertu. Laissons à ce
propos l’àme du talmudisant se peindre dans une de ses
charmantes ingénuités :
« Tu sais, — disait un Juif à l’un de ses compagnons
chrétiens, — combien nous nous sommes donné de marques
de bienveillance dans ce voyage, où nous nous sommes
conduits en frères l’un à l’égard de l'autre. Sache toutefois
que, quels qu’aient été les signes de bienveillance que je
t’ai montrés, la haine que je nourris dans mon cœur n’en
était pas moins grande. En récompense des services que tu
m’as rendus , je veux cependant te donner cet avis ; Ne le fie
jamai$ à un Juif, quelle que soit l’amitié qu’il te témoigne*. »
Haine donc, haine, ruine et mort à l’individu chrétien;
haine et destruction à la société chrétienne; et le Juif, si
nous devons croire Pfefferkorn, Israélite converti, mais
redevenu judaïsant, ne traitera jamais d’affaires avec les
chrétiens qu’animé du désir de les tromper. Ne rêvant
contre eux que fourberie, il reçoit de toutes mains, et sans
scrupule, le fruit du vol sacrilège commis h leur préjudice,
et lui-même il apprend au malfaiteur à se perfectionner
dans son art. Vainement chercherait-on, nous aflirme-t-il,
une» secte plus malhonnête, plus dangereuse et plus funeste
au peuple chrétien, que la secte immonde des Juifsl Nuit
* Huine de la religion hébraïgue, par un rabbin converti,. 3" lidilion,
1S;U. Laurent, i6., t. II, p. 3Sti-7. .Malgré sa triple édition, l’ouvrage
de ce rabbin est fort rare ; on croit que les Juifs le firent disparaître.
Ainsi en usent-ils do certains ouvrages, qu’ils trouvent moyen d’ache-
ter, ou de ruiner, à l’aide des sociétés secrètes, dont il v à tout lieu
de croire que les hauts et mystérieuoo conseils sont fondés et dirigés
en permanence par quelques-uns dos hommes les plus inlluenls du ju-
daïsme.
• Itinér. du P. Philippe n S. Trinitate, Uv. VI, chap. viii. L’Eglise
et la Synagogue, p. ÎOl.
CHAPITRE CINQUIÈME. • 1,39
et jour ces hommes ne s’occupent qu’ii méditer les moyens
de détruire et de renverser la puissance des chrétiens,... ils
emploient tous les genres possibles de fraude, et s’insinuent
partout avec tous les signes apparents de la bienveillance,
de l’amitié, ou d'un commerce plein de charme'. »
Cependant, nous dit avec la plus inimitable candeur un
honorable avocat de la nation juive qui n’étudia que super-
ficiellement la partie la plus importante, de .sa cause : « au
fond , les doctrines des Juifs ne contiennent aucun dogme
incompatible avec la religion ou les institutions sociales des
autres nations Il est faux qu'ils regardent les chrétiens
comme leurs ennemis. Ce conte populaire est méprisé de
tout homme instruit.... La philanthropie, l’humanité, forment
la base de leur croyance On ne saurait donc assez répé-
ter, assez prouver, que les dogmes judaïques se concilient
parfaitement avec ceux des autres nations; qu'ils ne séparent
point, comme on le prétend, les Hébreux du reste des hom-
mes, mais qu’ils leur prescrivent impérieusement de les
secourir et de les aider ’. »
Plus modéré dans ses louanges, et nous l’en félicitons,
est un autre écrivain, dont il importe trop de rapprocher
les pages de celles de M. Bail pour que nous manquions ’a ce
devoir ; « Tous ceux qui ont été à même d'étudier l’état des
Juifs dans les provinces où leur nombre donne à l'observa-
teur des facilités qui leur manquent ailleurs; tous ceux, par
exemple, qui ont pu approcher des Juifs d’Alsace, savent
parfaitement qu’ils sont restés non-seulement étrangers,
mais hostiles à la masse de la population; qu’ils ont con-
servé purs et sans mélanye leur caractère et leurs mœurs,
ainsi que leur physionomie. Dans l’ordre moral comme
' Pfefferkorn, chap. xi. Eglise et Synagogue, ib., p. 208-211. L’af-
firmation do ce Juif est importante, car nous avons ciUS dans cet ou-
vrage un passage de l’ëvèque Malol, De perfuUa Judworum, et d'aulres
du célèbre Traité de la police de Delaniare, et des .d/muks de Uaronius,
que cet Israélite semble ici ré/Mter mot à mol.
^ Bail, Des Juifs au dix-neuvième siècle, p. 62, 63, 69; Paris, 1816.
Lire le contraire dans ce volume, et dans un ouvrage peu suspect de
M. Renan, cilë Archives Israélites, Xtl, p. 584; 1868.
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uo •
LES JUIFS.
dans l’ordre physique, les Juifs (que le procureur général
du Régent appelait en 1717 « les monstres de la société ci-
vile, ») sont demeurés identiques k eui-mêmes depuis des
milliers d’années, et il est facile de les reconnaître k leurs
actes comme aux traits de leur visage »
K La question religieuse est la cause la plus intime de
cet exclusivisme opiniâtre qui a toujours distingué la race juive,
et Sixte de Sienne, Juif converti du seizième siècle, indique
les endroits du Talmud auxquels il emprunte les passages
suivants ; 1* Nous ordonnons que tout Juif maudisse trois
fois par jour tout le peuple chrétien, et prie Dieu de le con-
fondre et de l’exterminer avec scs rois et ses princes; mais
que les prêtres surtout fassent cette prière dans la syna-
gogue, en haine de Jésus; 2° Dieu a ordonné aux Juifs de
s’approprier les biens des chrétiens autant de fuis qu'ils le
pourront, soit par fraude ou par violence, soit par usure ou
par vol ; 3* Il est ordonné h tous les Juifs de regarder les
chrétiens comme des brutes, et de ne pas les traiter autre-
ment que des animaux; 4° Que les Juifs ne fassent aucun
bien ni aucun mal aux païens, mais qu’ils tâchent, par tous
les moyens, de tuer les chrétiens; 5" Si un Hébreu, en vou-
lant tuer un chrétien, tue par hasard un Juif, il mérite le
pardon ; 6“ Si un Juif voit un chrétien sur le bord d’un pré-
cipice, il est tenu de l’y précipiter aussitôt »
Et si le code religieux du Juif lui fait un mérite de
voler le chrétien, parce que cette brute ne saurait être son
prochain, ou de lui enlever le plus habilement possible son
bien, ainsi que le constatera peut-être un chapitre qui va
provoquer nos regards sous le titre De l’usure , la statisti-
que, dont les calculs nous ont dit tout k l’heure que les
femmes de mauvaise vie se montraient en proportion plus
• Autorité égarée. Voir l’analogue, Egl. et Synag., p. Î3Î-3, en 1808.
2 Sixt. Senens. Bibliotheca sancta, ord. i, p. 1î4; Paris, 1610,
Tract., t. I, Distinct, i. Ibid., ord. iv, tract., 8. Ibid., tract. 4 et 9.
— Rohrbacher, Histoire universelle del'Église, t. XVI, p. 407; Paris,
4851. — Ferrari, l'rompia bibl., in Thalm., ord. î, tract. 1, distinct.
5; ord. 4, tract. 8, disl. 2 ; ord. 1, tract.-dist. 4, in Thalimid, ib.
CHAPITRE CINQUIÈME. U1
considérable chez les Juifs que chez tout autre peuple, devra
sans doute nous tenir le même langage non-seulement k
propos de l’usurier, mais à propos du simple voleur.
Et , de fait, M. Bail , le candide avocat de la cause judaï-
que, n'hésite point à nous alhrmcr que « sur douze vols ou
escroqueries jugés devant les tribunaux de Leipsick, onze
sont commis par les Juifs '! ».Puis, méconnaissant aussitôt
l’effet de la croyance sur les actes , c’est-à-dire l’action né-
cessaire qu’exercent sur l’esprit et le cœur des Juifs les pré-
ceptes antisociaux du Talmud, M. Bail, docile aux préjugés
qui découlent de ses opinions libérales, ajoute : k Rien, ce
me semble, ne fait mieux contraster les effets de l’escla-
vage ou de l’émancipation! Libres en France, ils y sont hon-
nêtes gens V »
Honnêtes? Nous serions heureux de le croire; et, cepen-
dant nous devons observer qu'un tiers de siècle plus tard,
en 18i7, un écrivain de race israélite, d’accord avec toutes
le» traditions du royaume \ combat cette assertion par des
paroles dont l’éclat fut assez grand pour que l’oubli n’en ait
pas effacé les traces :
(( Que les Israélites de France y prennent garde; ils cou-
rent peut-être à une réaction désastreuse dont nous vou-
drions prévenir les effets par nos conseils et nos avertisse-
ments. Ils ne s’aperçoivent pas combien, chez eux, la morale
eu relâchée , abandonnée ; combien les idées sordides , et la
convoitise d’un lucre facile, les égarent en les éblouissant. Un
simple rapprochement de calcul statistique fera comprendre
facilement toute la vérité et la portée de notre pensée. »
Et de ce calcul, auquel se livre M. Ccrfberr, il résulte
que le nombre des condamnés est pour les Juifs largement
le double de ce qu’il est parmi les autres citoyens! Mais bien
s'en faut, d'après le même calculateur, que ce double nous dise
assez; car, à son sens, ce qui distingue les Juifs entre les
' Bail, Les Juifs au dix-neuviéme siècle, p. 2i ; Paris, <8t6.
^ Ibid., p. 24. Il s’ea Tallait que le Juif fùl esclave en France !
3 Traité de la police, 1705, Paris, l. I", p. Î78, eic., etc.
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Les juifs.
autres hommes, « ce sont des crimès d’uiie perversité plus
profonde, parce (pi’ils sont le résultat de la préméditation.
Ces crimes sont l’escroquerie, le fau.\, l’usure, la captation,
la jbanqueroute frauduleuse, la contrebande, la fausse mon-
naie, les tromperies en matière de recrutement, le stellio-
nat, la concussion, la fraude, le dol enOn sous toutes les
formes et avec toutes les aggravations. »
Et si l’on ajoute k la considération de ces faits, k com-
bien, par leur nature, leur caractère, leur intelligence et
leurs rélicences mentules , qui leur permettent de prêter le
serment civil parl&iiiel ils ne croient pas être engages, ils sont
plus rusés que les chrétiens, on peut facilement compren-
dre que le nombre des Juife qui échappent k la vindicte pu-
blique e.st supérieur peut-être a celui qui se trouve sous les
verrous, et gui ne renferme eerles pas les plus coupables! »
Ainsi va pour la France. Quant k « l’Israélite allemand ,
qui est le type et le prototype du Juif tel qu’on le dé|)cint
et que nous le connaissons en générai, » vaudra-t-il mieu.v
que le Juif son voisin? — Réponse : « Il est astucieux, avide et
rapace, sans foi ni loi, quoique d'une dévolion fanatique lors-
qu’il se trouve dans les derniers rangs de sa nation '. u
A ces quelques lignes si précises, un publiciste allemand
d’une remarquable sagacité, M. Hermann Kuhn, ajoute un
résumé de quelques lignes encore, et nous dit en novembre
1866 : « Parmi les honnêtes industriels dont Vienne abonde,
s’il faut s’en rapporter k la statistique criminelle, les Juifs for-
ment la grande majorité de ceux que frappe la justice, bien
qu’ils aient la réputation d’être les plus habiles à esquiver ses
coups. On peut se figurer combien ils ont dû rire de la mo-
rale de la feuille officielle, et de ses efl'orts pour faire renaî-
tre le dévouement au bien public, pour rétablir le sentiment du
devoir et de l’honneur! »
« Ce n’est j)as une justice distributive plus sévère j
' A. (^rfberrdeM^“(lel^huilll, Les Juifs, leur histoire, leurs mœurs, etc.,
p. 2, 3, 39; Paris, 1847. Ces études, reproduites en (lartie dans la
revue périodique des Franfais peints par eux-mémes, eurent en Eu-=
rope un immense succès.
CHAPITRE CINOÜIÈ'IE. U3
comme le dit l’organe officiel, c’est une justice basée sur de
tout autres principes, qui est devenue nécessaire. Lorsque,
grâce à une presse juive qui proscrit tout principe chrétien , il n’y
a plus ni bonne foi ni probité dans les relations d’affaires,
un tel mal ne peut être guéri par une phraséologie onc-
tueuse, et quelques pieux désirs prononcés avec timidité. »
« Un grand journal viennois {la Presse), rédigé et dirigé
par des Juifs, a pour devise : Le même droit pour tous ‘ . Mais,
accorder le même droit à des gens (pii ne connaissent ni la
morale ni le devoir chrétien, c’est faire de ces geus les
vampires de ceux qui sont retenus par les princ'qæs du
christianisme, et qui ne peuvent suivre les errements abu-
sifs d’une concurrence sans frein. »
« Presque chaque semaine voit se dérouler devant le tri-
bunal civil de Vienne quelque procès monstre contre les
escrocs de la pire es|)èce, Juifs le plus souvent ; les vols scan-
daleux, les filouteries honteuses, s’élèvent quelquefois k des
sommes énormes. Le butin illicite est déjk depuis longtemps
en sûreté quand les malfaiteurs sont appréhendés au corps ^
et après avoir subi quelques années de prison, ils en peuvent
jouir k leur aise. L’entretien des Juifs accusés ou condamnés
pour délits contre la propriété coûte de fortes sommes, et
les volés, les chrétiens, jouissent du privilège d’y contribuer
dans la plus forte proportion par des impôts plus élevés *. »
Lorsque nous aurons lu dans l’histoire de la campagne de
Russie de M. de Ségur une page que l’historien Rohrbacher
ne crut point indigne de figurer dans les Annales de l’Église,
les termes lancés k l’adresse de ces rudes prochains nous pa-
raltront-ils d’une violence extrême? — Vingt mille Français
étaient restés k Wilna, malades, blessés, épuisés de fatigue.
K A la vérité, dit le général de Ségur, les Lithuaniens, que
nous abandonnions après les avoir tant compromis, en re-
cueillirent et en secoururent quelques-uns; mais les Juifs,
• Gleiebes Hecht fur aile. Pour le malheur, pour la ruine morale et
matérielle cJo l'Autriche, la presse y est prestiue exclusivement l’instru-
ment des Juifs.
^ Hermann Kuhn, le Monde, V novembre 4S66.
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lU
LKS JUIFS.
que nom avions protégés , lepoussèrenl les autres. Us ürent
bien plus : la vue de tant de douleurs irrita leur cupidité.
Toutefois, si leur infâme avarice, spéeutani sur nos misères, se
fût contentée de vendre au poids de l’or de faibles secours,
l’histoire dédaignerait de salir ses pages de ce détail dégoû-
tant-, mais qu'ils aient attiré nos mallieureu.v blessés dans
leurs demeures |)Our les dépouiller, et qu'eiisuite, 'a la vue
des Russes, ils aient précipité par les portes et les fenêtres
de leurs maisons ces victimes nues et mourantes; que, là,
ils les aient laissées impitoyablement périr de froid -, que même
ces vils barbares sc soient fait un mérite aux yeux des Russes
de les y torturer : des crimes si horribles doivent être dénon-
cés aux siècles |>réscnts et à venir. Aujourd'hui quenos mains
sont impuissantes, il se peut que notre indignation contre ces
monstres soit leur seule punition sur cette terre; mais enfin
les assassins rejoindront un jour les victimes, et l'a sans doute,
dans la justice du Ciel, nous trouverons notre vengeance '. »
Nous donnons avec exactitude les dates de ces publica-
tions, et ces cliiiïres nous disent combien il est inutile, lors-
que nous cherchons nos exemples de charité ou de civilisa-
tion judaïque, de remonter jusque vers les quatorzième et
quinzième siècles, oû l'un des écrivains qui viennent de sai-
sir la plume pour défendre la cause des Juifs a tracé ces
loyales paroles : « Les crimes et les abomimtions qu'ils com-
mettaient chaque jour obligèrent Charles VI 'a les proscrire *.»
Et ce qui reste évident, c'est que la civilisation chrétienne,
dont commence k triompher le Juif, mais qui, dans nos con-
trées les plus saines , le pénétrant de toutes parts , a neu-
tralisé dans son âme une partie de l'action vénéneuse du
* Kohrbachcr, Histoire Je l'Kylise, t. XXVIIl, p. tSo; Paris, ISoï.
Au point de vue de l'exaclilude cl des appréciations militaires, nulle his-
toire de celle effroyable campagne n'a égalé celle du général marquis
Georges de Cliambray ; soit dit en passant! Troisième édition, Paris,
tS38. — IJ. E(jl. et Synag., p. 23i ; 4859.
’ Itallez, Des Juifs, ut suprà, p. 64; 1845. Id., Traité Je la police,
t. 1", p. Î85; 4705. Dans certaines iiarlies du monde, cl même de
l'Europe, le Juif contemporain nous retrace encore une fidele image du
Juif au moyen âge. C'est là ce que nous verrons.
CHAPITKE CINOUIÈME. U5
Talmud, est bien loin encore d'avoir achevé sa tâche et
complété son travail moralisateur.
El cependant, ô suprême inconséquence de l’écrivain que
nous cilons ; « Que les Juifs, ajoute-t-il, continuent d'ob-
server les rites de l’ancienne loi; qu’ils persistent dans ces
pratiques superstitieuses (|ue les rabbins ont ajoutées aux
prescriptions de .Moïse , peu nous importe '! »
Peu vous importe! et pourquoi? — Parce que trop enclin'
’a prendre l’homme pour une nt^chine, vous ne songez
jamais assez que sa croyance , ce qui équivaut k dire son
éducation, engendre cl gouverne ses actes. Mais, grâce aux
simples rapprochements que nous avons opérés, ne vous
est-il pas donné de voir la haine à la foi» nationale ei reli-
gieuse du Juif contre le chrétien, cette haine traditionnelle
que le rabbinisme orthodoxe enseigne au Juif, devenir la
règle de ses mœurs, le fond de sa morale, descendre de
génération en génération jusque vers le milieu du siècle
actuel, s’étendre sans mesure et sans bornes, prendre selon
les temps et les lieux toutes les physionomies et toutes les
allures, devenir en un mol l’âme du peuple possédé, â qui
le Christ a dit ; « Eos ex pâtre diabolo : votre père, c’est
celui qui fut homicide dès le commencement’ », et le con-
damner à ne plus avoir de prochain M
K nous, tout à l’heure, et dans un des chapitres qui vont
' llallez, ib., p. 5, etc.
’ S. Jean, vin, 44. — Errarc tuimanum est, perscecrare Judafeum.
^ Avant même la rédaction des traditions pharisaïques dont se com-
posèrent les Talmuds, et dès Vespasien, déjà le monde, tout corrompu
qu’il est par le paganisme, s’indigne de la noire malice de ces Juifs,
que Tacite accusait à tort, et par anticipation, d’avoir été le rebut et
le mépris de tous les peuples (Bonnetlv, Annales dephilosophiejn" tOS,
p. 456; 1868.) Déjà leur perversité réduit cet empereur h les déclarer
incapables de certaines magistratures et de certaines fonctions publi-
ques que l’on ne craignait même pas d’accorder aux peuples barbares...
Quippe qui, a malitia, magistratibus aliisque publicis ofüciis, quæ aliis
cumpluribus nationibus, lïcet barbaris, concessa fuerant, etc... Baro-
nius, Annales, l. I*r, cli. xxxi, p. 677 ; 1705, in-fol.
Théodose le Jeune renouvelait ces interdictions, et, dès lors, « leur
dispersion dans toutes les nations fut beaucoup plus grande; ils y furent
universellement méprisés, et furent le rebut de tous les autres peuples.. . »
Traité de la police, l. l", p. Î80; 1705, in-fol. Delamare.
U6
LES JUIFS.
suivre, de jeter un coup d’œil qui nous permette de voir, en
nous laissant aller au fil de ce dix-neuvième siècle, si, de
nos jours comme jadis, l’homicide n’a point encore cou-
ronné la haine que les superstitions pharisaïques enfantèrent.
CONCLUSION.
Le Talmiid fait aux Juifs qui conforment leur vie à ses
préceptes religieux, c’est-h-dire aux francs orthodoxes, un
mérite immense de leurs vices haineux, qui ne leur per-
mettent plus de voir leur prochain dans un homme, si la
conscience de cet homme échappe h l’empreinte du Talmud
dont le coin rabbinique a frappé leur âme.
NOTE DE LA PAGE PRÉCÉDENTE.
Entre mille échantillons qui se confirment l’un l’autre, et dont
le lecteur appréciera la valeur plus ou moins grande, nous citons les
deux suivants ; le premier, parce qu’il est lo modèle d’une industrie, le
second, parce qu’il est extrait d’un livre dont la popularité fut immense.
Le gouvernement est obligé de prendre des mesures vis-à-vis de la
propagande juive. On a découvert dans la province de Kherson une
association d’Israélites qui, moyennant une légère somme, se chargent
de procurer aux gens sans aveu les papiers nécessaires pour justifier
d’une position sociale. Ainsi un vagabond, un repris de justice, un
déserteur, par exemple, pour échapper à la police, se présente à l’as-
sociation. Celle-ci conduit son client chez le consul ottoman, qui, sur
l’attestation de témoins déclarant que l’individu est un sujet ottoman,
commerçant honorable de telle ou telle ville, ayant perdu ses papiers,
lui délivre aussitôt un passe-port en règle, sous un nom juif. Pour ne
pas éveiller les soupçons , l’individu en question est forcé de vivre au
milieu des Juifs, de fréquenter leurs synagogues, et finit par devenir
un véritable Juif. [Ibid., Kuhn, 7 janvier 1866.)
Hussie. Berditscheff (Podolie), 3 septembre 1835; Journal d’Alexan-
drine, Suédoise non catholique, fille du comted’Alopeus : « Nous sommes
arrivés hier soir à Berditscheff, petite ville peuplée de Juifs. On on est
assailli ; c’est bien la plus infâme race qui existe, quoique intelligente,
et c’est par eux que se font ici toutes les affaires... » P. 310-311.
« Novogorod, 4 septembre 1835. « Ces Juifs, indigne race de voleurs,
au moment de partir, nous ont fait tant de difficultés, que nous les
avons envoyés promener, et que nous avons pris la poste. » 76., Jour-
nal d’Alexandrine, p. 311.
a Ostrog, 5 septembre 1835. « Nous sommes arrivés ici dès quatre
heures. Maison épouvantable tenue par des Juifs!... Toutes les femmes
CHAPITRE CINQUIÈME. U7
jeunes de ces contrées portent des bonnets brodés de |>erles, parlois
très-belles. Celui de la maîtresse de celte maison-ci est en outre en-
richi de diamants... » Ib., Journal d’Alexandrine. Suédoise non catho-
lique, fille du comte d'Alopeus, p. 3H-3tî; Jiécils d'une soeur, par
Mme Augustus Craven, quatrième édition, in-)2, l. 1"^; Paris.
NOTE FAISANT SUITE.
VVnivers israélite, revue du judaïsme, moins progressive et par
cela même plus orthodoxe que la revue rivale les Archives Israélites,
ne cesse de mettre en relief l'infériorité morale du Juif, et dans ses
fréquents accès de mauvaise humeur et d’outrecuidance, cette feuille
nous la révèle sans comprendre la portée de ce qu'elle énonce. Prêtons
l’oreille à sa parole :
« Encore dans son numéro du 9 décembre, le Droit dit : Quatre Is-
raélites hollandais, tailleurs de diamant, comparaissent devant le jury
do la Seine, etc., etc... Il semble qu’il serait temps enfin que le con-
sistoire central provoquât de la part du ministre de l’intérieur un com-
muniqué invitant les journaux à ne plus révéler le culte de tout indi-
vidu traduit devant les tribunaux. Cette simple mesure suffirait pour
mettre un terme à un abus révoltant, qui outrage tous les Fran^'ais Is-
raélites et leur religion 1 » XX" année, septembre tSfii, p. 19S.
Nommez, nommez, entre les criminels, l’étranger que frappe le bras
de la justice, l’Espagnol ou l’Anglais, l’Allemand, l’Italien ou le Da-
nois, et vous verrez que nulle part l’Israéiile ne s’en émeut, quoique
prononcer le nom de ces peuples ce soit désigner des chrétiens.
Mais, en pays catholique, avoir l’audace de tracer le nom de Juif
sur le front du prévaricateur, ce Juif dont la nationalité désigne
également la religion, ô l’impardonnable et odieux outrage! Privilège
donc en faveur du Juif repris de justice, et suspension do la liberté de
la presse à son égard, de crainte que la Synagogue ne sente le rouge
lui monter au visage devant les arrêts qui frappent le crime; de peur
que le chrétien ne repais.se ses yeux du désavantage et de la honte ([ue
les simples balances de la justice infligent au côté judaïque.
Certes, quant à nous autres catholiques, ce bruit de publicité, que
le Juif abhorre et redoute, serait notre joie; et, puisque les actes de
l’homme sont le produit naturel de ses croyances, nous dirons à la
justice, si peu qu’elle incline à nous flatter ; Courage! et nulle réti-
cence à notre endroit! Non, non! no cachez rien , au contraire; et
veuillez établir dans tout l’éclat de l’évidence les exactes pro|>ortious
du crime entre le catholique et l’ennemi du catholicisme ; entre le ca-
tholique fidèle à sa foi religieuse, et celui qui fait profession de la né-
gliger; entre le simple catholique et le catholique engagé : le prêtre,
le religieux, l’évêque. Et, loin de les maudire, nous bénirons les mains
qui s’empresseraient d’afficher d'un bout à l’autre du monde, dans les
carrefours et les places publiques, ce tableau comparatif de la morale
en action des hommes de l’impiété et des hommes de cultes divers.
Cependant, le judaïsme, — curieux et imposantspectacle et prélude
10.
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LES JUIFS.
4 18
des plus grands événements! — vient toutà coup d'entrer dans la voie
des transformations. Il commence à compter par milliers, dans son
sein, des indifférents, et des protestants à coté do ses orthodoxes... Il
commence donc à se diviser, soit en se perdant dans le rationalisme,
qui est la ruine de toute raison, soit en se rapprochant de Moïse, dont
la parole conduit au Christ, ce qui permet aux observateurs les plus
bienveillants de dire, à propos de ces derniers : « La morale du Ju-
daïsme moderne, abstraction faite d’une casuistique équicoque, offre à
peine quelques points qui s’écartent des principes de l'Ancien Testa-
ment. De même que cette merveilleuse nation renferme constamment
dans son sein un nombre considérable de nobles personnages, elle a tou-
jours eu une série do manuels et de traités élémentaires de morale
excellents*, » où des mains habiles ont effacé toute trace des énormi-
tés de la doctrine rabbinique orthodoxe, c’est-à-dire de celle qui con-
stitue le fond do la foi judaïque, et que ses docteurs puisaient dans le
réservoir intarissable du Talmud.
' Goichler, Kne)cl. cath. altem, Ib., l. .Ml, p. 39ü.
FIN DES NOTES.
QU.\TRIÈHE DIVISION. — LE COL NIDRÀI. MORALE TALMUDIQUE.
Le Kol Nidrai, ou le parjure dans la religion. — Parole sacramentelle;
trois Juifs, les premiers venus, forment un tribunal qui peut dé-
lier tout Juif de ses serments et de ses engagements quelconques.
— Ce fait nié. — Cette négation détruilc. — Les trois ont la même
autorité que le tribunal de Moïse, mais ils l’ont contre le droit. —
Le Talmud fait-il de l’homme moral un homme à renveiii? — Nul
lien social de promesse ou de contrat ne peut donc engager envers
le chrétien le Juif avec qui le chrétien s'engage? — Une cérémonie
religieuse délie chaque année, pour l’avenir et pour le passé, tout
Juif formant ou devant former un engagement. — Formule grotesque
employée par le Juif qui se relève de ses engagements. — Tours et
formules qui, dans l’esprit du Juif, ôtent toute validité à ses pro-
messes et laissent sa conscience en paix. — Ces mœurs talmudiques
expliquent la haine des peuples, et les rigueurs du pouvoir social
contre ces populations roulantes et antisociales. — Un serment dont
les formalités et le texte semblent frapper habituellement le Juif de
terreurs superstitieuses est imposé aux Juifs dans la plupart des Etats
chrétiens, et subsiste encore dans quelques-uns. — France. — La
cour de Colmar (10 février 1809) et ce serment. — Réflexions.
Déjii jHîut-êtrc quelques lecteurs commencent à se tenir
en iléfiauce contre la moralité du Juif orthodoxe, et nous
sommes loin cependant d’avoir dit assez sur les croyances
CHAPITRE CINQUIÈME. U9
qui sont la source de sa morale : l’une d’elles achèvera peut-
être de nous édifier sur ce point, et la voici : c’est que, par
le simple arrêt d’une parole sacramentelle qui sort de leur
bouche, trois Juifs l’emporlent et sur la loi de Moïse et sur
la conscience entière du genre humain. Trois, h eux seuls,
et d’un mol, déplacent, en effet, l’immuable notion de jus-
tice que la nature et la civilisation ont mise au cœur de tout
homme; ils rendent juste ce qui ne peut l’être; ils délient
le lien formé par la libre parole d’un homme qui prétend
s’engager; ils dégagent en un mot, valablement et reli-
gieusement, tout Juif qui se repent d’une obligation quel-
conque contractée de bouche ou de plume avec un chré-
tien. Voilà le fait, et sans doute il vaut la peine d’être
connu.
Mensonge! et mensonge odieux! se récriera du fond de
sa gorge l’Israélite à qui vous reprocheriez ce grief. Certes,
vous ne connaissez guère , et vous calomniez outrageusement
notre judaïsme. Mais s’il vous plaît d’être juste, il vous en
coûtera peu de peine; bornez-vous à lire ces quelques lignes
émanées de l’organe libéral et progressif des Israélites fran-
çais, et jugez :
« On accuse faussement le judaïsme quand on dit qu’il
autorise ses sectateurs h enfreindre la justice h l’égard de
tous les incirconcis. On n’est pas plus juste quand on dit
qu’à chaque fête du Kipour {yom kîpour, le grand pardon), les
Israélites récitent une prière qui doit les délier par avance
de tous les engagements qu’ils prendront et de tous les ser-
ments qu’ils feront dans l’année. On a lu la formule de
prière; mais, évidemment, on ne s’est pas donné la peine
«
de chercher à quoi elle se rapporte. On n’en ferait pas le
texte d’une accusation, si on savait qu’elle a trait, non aux
engagements qu’on prendra envers le prochain ou aux ser-
ments qu’on prêtera devant les juges, mais aux promesses
qu’on se fait à soi-même, aux vœux'. »
C’est donc en faveur des Israélites qui s’imposent ces
‘ TurOrach Chaïni, ch. dcxix.
450
LES JUIFS.
obligations « qu'a été composée la formule du Kol-Nidrai.
Elle doit les délier, par avance^ des engagements inconsi-
dérés qu’ils prennent souveru, sans se soucier s’ils peuvent les
tenir, et que bien des fois ils ne tiennent pas. De cette
façon , quand ils manquent à leurs promesses, parce qu’elles
étaient trop difficiles 'a accomplir, ils n’auront pas commis
de péché. Nous n’avons pas h examiner ici la valeur de cette
cérémonie ; ce qu’il nous importe de constater, pour le mo-
ment, c’est qu’elle n’atteint en rien les engagements devant
être pris k l’égard d’autres hommes , et les serments que
nous leur faisons'. »
La formule du Kol-Nidrai n’atteint en rien les engage-
ments contractés avec autrui. Ce mot est précis! Or voici
ce que répondait par anticipation aux Archives un savant
rabbin qu’épouvantait et que dégoûtait la doctrine antiso-
ciale du Talmud : — Le Talmud nous dit’ : « Tous les trois
qu’on érige en tribunal sur Israël ont la même autorité que le
tribunal de Moïse ; » et ce n’est point assez dire ; car , le
tribunal de Moïse , érigé de Dieu pour donner force au droit,
ne se sentait nullement, comme le tribunal des trois, l’au-
torité de le détruire; il était la force du droit , et non la force
contre le droit!
Nous avons lu d’un démon, dans un des livres de M. de
Mirville, que renversant le tracé d’un triangle qui figurait la
Trinité sainte, et le reformant en sens inverse, il expliquait
cet acte en disant : Je veux me définir moi-même, et je le
fais par ce symbole; car, moi, je suis Dieu d l'envers! Est-
ce que l’esprit inspirateur du Talmud, ce code religieux
du Juif orthodoxe, ne travaillerait qu’k rendre l’homme
moral semblable à ce qu’il est lui-même; qu’k faire de cette
image de Dieu une œuvre k contre-sens, un être k l’envers?
k révolutionner sa nature? k rendre antisocial au premier
chef celui que Dieu créa sociable par essence?...
Quoi qu’il en soit, et grâce au tribunal judaïque des trois,
' Archives israéliles, l. XXlll, p. 1084-3, 45 décembre 4866.
^ Traité Rosch-Haschscliana, fol. 28 r*, Ko! Scheloscha ouscliloscba.
151
CHAPITRE CINQUIÈME.
tout engagement avec un chrétien est remis, cl remis d"a-
vance, au Juif qui prétend user du privilège que lui confère
le Kol-Nidrai. Jamais, non, jamais entre ces deux êtres le
lien social d’une promesse, d’un contrat, d’un accord, ne
s’est formé, ne sc forme et ne se serre, sans que le Juif,
mais le Juif tout seul, et nullement le chrétien, se trouve
«
armé du droit de le rompre et de le trancher. Mais, en le
violant , sa conscience reste en paix , exempte d’alarmes ou
de remords, car elle reste pure, judaïquement pure, s’il
est orthodoxe.
Oui, « de nos jours encore (1827), c’est devant un tribu-
nal de trois que se donnent les lettres de divorce , etc. -, et
trois Juifs QUELCONQUES, qu’uii autre Juif fait asseoir, ont
pleine autorité de le délier de ses serments et d’annuler ses
promesses, ses engagements ^ tant pour le passé que pour l’a-
venir’. »
Et pour laisser plus a l’aise la conscience du Juif, ou si l’on
veut, afin de moins en exposer la délicatesse aux atteintes
du souffle tentateur, « cette cérémonie, nommée l’annula-
tion des vœux et des promesses, — Hapharat-nédarim, —
se fait pour chaque Juif au moins une fois l’an , » et pré-
vient ses désirs. L’usage est de choisir pour son accomplis-*
sement « les jours de pénitence, depuis la veille du jour de
Tan, vers le mois de septembre , jusqu’à la veille de la fêle
des expiations. »
Avant donc que le chantre ait entonné dans la synagogue
la première prière de cette fête, « trois hommes réunis en
tribunal, et placés en tête de l’assistance, annulent de leur
pleine autorité tous les vœux, les engagements et les serments
de chacun de l’assemblée , tant ceux de l’année qui vient de
s’écouler que ceux de l’année où l’on est entré. On appelle
cela Kol~Nidrai, Quelques rabbins ont voulu soutenir que
cette dernière annulation n’est valable que pour l’avenir^
1 Drach, lettre deuxième, p. 82-3; 1827. Le magnifique sermon de
la Fausse conscience, de Bourdaloue, qui révélé tant de faux chrétiens
à eux-mêmes, serait bien indispensable au Juif, si ses yeux pouvaient
s’ouvrir devant un tel texte! •
45ï
LES JUIFS.
mais l’effet en serait exactement le même, puisque cette
cérémonie se renouvelle chaque année. Ils ont d’ailleurs été
victorieusement réfutés par d’autres docteurs, qui prouvent
que l’on en profite aussi bien pour le passé que pour
l’avenir.
Aucune nécessité d’ailleurs, et nous le répétons, n’existe
pour le contractant de se prêter aux lenteurs du retour de
l’année-, et de nos jours (1827) comme autrefois, « le Juif
qui sent sa conscience trop chargée de promesses et de ser-
ments fait asseoir trois de ses frères qui se constituent aussitôt
en tribunal. Devant cetu cour, il expose qu’il se repent de
toutes tes promesses et de tous les serments qu’il a jamais arti-
culés, et qu’il les rétracte. Ils sont si nombreux, dit-il en ter-
minant sa protestation, que je ne saurais les spécifier.
Qu’ils soient donc h vos yeux , ô rabbins , comme si je les
avais énumérés en détail! » Le tribunal formé de ces trois
Juifs quelconques « déclare, sans autre forme de procès,
ces promesses et ces serments nuis, de nul effet, et non
avenus'. » A son tour le délié déliera ceux qui viennent de
faire tomber ses liens, si ceux-ci l'en requièrent. Quoi de
plus commode et de plus simple?
• Par la prière Onmia vota, pacta,juramenta, faite le jour
de Kippur, c’est-h-dire le jour de leur expiation, les Juifs
entendent donc, ainsi que nous le dit le docte auteur de
i’Harmonie entre l’Église et la Synagogue, que « tons les vœux,
toutes les conventions, tous les serments de fidélité qu’ils
ont pu violer ou ne pas accomplir dans l’année précédente,
sont annulés; qu’ils ne peuvent plus leur être imputés à pé-
ché , et qu’ils sont réunis sans qu’il y ait compensation à
établir pour le préjudice qui peut en résulter. Dans cette
croyance , au lien de se regarder comme des criminels et
des parjures, ils sont persuadés de leur rondeur et de leur sin-
cérité! » Telle est la force des doctrines perverties et de la
fausse conscience!
* Deuxième lettre d’un rabbin, etc., j). 8î-83, 3U4-5; un vol. in-8";
Paris, 18Î7. »
CIIAPITRE CINQUIEME. 153
Apprenons d’ailleurs aux intéressés, dont il est certain
que la plupart l’ignorent, qu’il existe chez les Juifs des
tours de phrases et des formules particulières , accompagnées
de différents actes extérieurs, qui dépouillent ou revêtent
le serment de sa validité. « Le chrétien qui n’est pas au
courant de ces détails, croit au serment, tandis que le Juif
a juré sans scrupule une chose contraire ’a la vérité. Ce qu’il
y a de positif, c’est que Maimonide, c’est-'a-dire la pre-
mière de toutes les autorités religieuses dans le judaïsme,
« et le rabbin Cozzen , proposent un grand nombre de ces
détours et de ces subtilités pour délivrer leurs coreligion-
naires de l’obligation de tenir leui's serments'! »
Lorsque, par exemple, ceux qui tiennent ’a se dégager
de la foi jurée entrent dans la synagogue la nuit qui précède
la fête de Kippur, ils ont simplement à tenir en main le
livre de la loi, puis h prononcer ces paroles : « Moi, Isaac
ou David, etc., je déclare devant Dieu et devant vous que
tous les serments que je ferai à quelqu’un pendant l’année
prochaine, et que j’aurai promis d’observer, tandis que ma
volonté ne consentira pas b les observer, je veux qu’ils
soient nuis, de nulle valeur, et non imputables b péché si
je ne les accomplis pas. » Cette formule change en actes
légitimes la violation la plus criante des promesses et des
serments. Voilà ce que les rabbins , voilà ce que le Talmud,
ont su faire de la conscience humaine!
C’est pourquoi le docte néophyte Pfefferkorn, examinant
la doctrine'de la Synagogue au sein de laquelle il était né,
ne craignait point d’écrire : « Il arrive quelquefois qu’un
débats’élève entre un chrétien et un juif au sujet d’un gage,
d’un prêt,... ou de quelque autre chose importante, de
sorte que , en l’absence de preuves , le Juif est obligé de
prêter serment... » Vous l’entendez alors jurer, et sans
' Une des conditions essentielles pour la validité de l’absolulion,
lorsque le catholique qui se confesse la reçoit, c’est la compensation,
selon ses forces, du tort quelconque qu’il a fait, et qui se nomme satis-
faction.
uigilizea by Googl
)5i
I.F.S JUIFS.
(lilUîciillë, sacliaiil qu’il jure une chose fausse, mais qu’il
ne doit redouter aucun Dieu vengeur du parjure-, car le
Talmud a dégagé sa conscience, et sa religion le couvre!
En vérité, lorsque le jiidaïsant ne voit dans le chrétien
qu'une brute, et se refuse a reconnaître en lui son prochain,
le chrétien ne doit-il pas s’applaudir de n’être point consi-
déré par un tel homme comme son semblable!
Ouelqucs Juifs ont soutenu que la loi morale qui les gou-
verne est celle même qui règle leurs rap|)orts avec les chré-
tiens; et, pour nous donner le change à ce propos, au lieu
de nous qualiOer de Goïm ils nous qualiUent de Ghcrim.
Mais ne nous y laissons pas troni])er, le goïm, c’est le non-
Juif, payen ou chrétien; tandis que le gherim est le prosé-
lyte qui renonce h tout autre culte pour embrasser le culte
d’Israël. Or, aux yeux de la loi , ces convertis étrangers, ce
sont des frères; ils ont cessé d’être des brutes, ils acquièrent
par leur entrée dans la Synagogue la qualité d’hommes;
et, dès lors, les lois delà morale naturelle deviennent obli-
gatoires h leur égard »
Les lumières, les phares resplendissants qu’élèvent au-
dessus de nos têtes ces points capitaux du Talmud, projettent
de lointains rayonnements sur le passé des Juifs, et l’his-
toire puissamment éclairée par de tels foyers se montre à
nous sous un jour qui la déimuille de scs énigmes k l’égard
des égarés de la dispersion. Nous comprenons alors, tout en
nous soulevant contre les cruels excès de la réaction , dont
les Juifs eurent sans cesse à soulîrir d’un bout k l’autre de
la terre, le désespoir et la fureur des peuples, sans cesse et
sans pitié déçus et dévorés par ces hommes, d’autant plus
rebelles et hostiles aux sentiments de la nature humaine
qu’ils entraient plus scrupuleusement dans l’esprit de leur
loi religieuse. Nous comprenons et nous félicitons les princes
assez sages, et par cela même assez forts, pour avoir su proté-
ger leurs peuples contre ces barbares... Et, dans cette Es-
Riipprl, l’Église et la Synagogue, p. 5i à 6t ; Paris, 1839, in-lî.
CHAPITRE ClNOl'lkME. <56
pagne religieuse, si misérablement calomniée par les alliés
des Juifs, loin de gémir sur les inhumains décrets du sou-
verain qui protège contre eux ses sujets, nous admirons,
au contraire, le roi d’Aragon Jacques I", de glorieuse
mémoire, lorsque nous l’entendons publier !i Barcelone,
dans une assemblée générale de ses États , la constitution on l’u-
Bure des Juifs reçoit le taux de 20 pour cent comme limite
extrême, et qui défend d’ajouter le moindre crédit à leur
serment. L’expérience et la connaissance de leur morale ,
ajoute ce monarque, ont enseigné ce que vaut dans leur
bouche la foi jurée; on doit donc s’abstenir de réclamer
d’eux cette sanction verbale et n’admettre contre leurs dé-
biteurs que des titres réguliers ' . »
Ici se présente l’occasion de rappeler que des serments
d’une nature toute particulière avaient pour but, dans
certains pays, de chercher et d’atteindre le Juif ortho-
doxe au fond de cet abîme qu’il nomme sa conscience. On
y parvenait quelquefois en usant de la formule judaïque
qui valait à cet acte la dénomination de serment more ju-
daico. Un ami de la nation juive, appartenant à l’école libé-
rale avancée, publia celle que nous offrons au lecteur et
qui fut extraite d’un arrêt de la cour de Colmar, à la date du
10 février 1809. Nous transcrivons avec exactitude cette
pièce curieuse, et sans nous permettre d’en redresser le
style :
« En consultant les décrets impériaux rendus sur la ma-
tière, et en rapprochant les dispositions de ceux des Empe-
reurs Sigismond et Charles-Oiiint du 12 août 1530, con-
cernant les privilèges des Juifs, de la jurisjrrudcnce adoptée
par la cour d’appel de Brunswick-Lunebourg , les réglements
de la cour impériale de la basse Autriche de ceux du Magis-
trat de Francfort du 7 décembre 1705, et des autres États
‘ Mesures qui au bout de douze ans furent insuffisantes. — Ibid.,
Marca Hispanic., 1. IV, ç. 157; an 1228. Jacques I"' règne au moment
où meurt Moïse Matmonide, le grand docteur du Talmud , h véritable
Moïse du Juif tatmudisant. On voit quel être il faisait du Juifl
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45C
LES JUIFS.
de l’Allemagne, il en résulte que le Juif auquel il avait été
déféré un serment, devait se présenter accompagné de dix
Juifs de son sexe, dont chacun âgé de trente ans au moins,
à la synagogue, et là, la tête couverte, le front et la main
garnis du Tephillin Schel Rascli , et du Schel jad couvert
du Tallis*, et revêtu de son Arba canphor avec les zizzis %
se poster devant l’Oren \ »
« En ce moment, le Caschèr Sepher Thora* en sera
extrait et porté avec pompe sur l’Almemor^où l’on donnera
lecture du passage qui concerne le serment. »
« La Thora sera ensuite posée sur le bras du Juif, qui, la
main droite étendue sur le cinquième livre de Moïse, verset :
« Tu ne prendras pas le nom de Dieu en vain, » après avoir
entendu l’explication qui lui en sera faite par le rabbin,
ainsi que du serment et des malédictions qu'encourent les
parjures, répétera la formule suivante :
« Adonaï (Seigneur Dieu), créateur du ciel, de la terre et
de toutes choses qui es aussi le mien et celui de tous les
hommes présents ici , je t’invoque par ton nom sacré en ce
moment, où il s’agit de dire la vérité. Je jure en consé-
quence >» que etc... « Je te prie donc, Adonaï, de m’ai-
der et de confirmer cette vérité. Mais, dans le cas où, eu
ceci j’emploierais quelque fraude eu cachant la vérité,
que je sois éternellement maudit, dévoré, et anéanti par le
feu dont Sodomeet Gomorrhe périrent, et accablé de toutes
les malédictions écrites dans la Thora ^ que l’Éternel, qui a
créé les feuilles, les herbes et toutes choses, ne vienne ja-
mais à mon aide ni à mon assistance dans aucune de mes
* Cuir en forme de courroie, dont se servent les Juifs dans leurs
prières, et dont ils s’entourent la tête et le bras gauche.
2 Voile dont ils se couvrent la tète.
3 Arba canphor avec les zizzis, sorte de manteau consacré auquel
pendent huit fils.
^ Sanctuaire, tabernacle.
^ Le véritable livre de la loi, c’est-à-dire la loi composée des cinq
livres de Moïse, écrits en gros caractères sur un rouleau de parchemin
enveloppé. d’une étoffe de soie, et orné de plaques d’argent.
^ Estrade carrée, au milieu de la synagogue.
I
CHAPITRE CINQUIÈME. 157
aiïaires et de mes peines-, mais, si je dis vrai et agis bien,
qu’Adonaï me soit en aide, et rien de plus »
S’il est de la morale judaïque que mentir au chrétien,
que le tromper, que lui nuire dans sa personne et dans ses
biens ce soit un acte méritoire, vraiment à quoi bon ce per-
fide et burlesque cérémonial du serment more judaïco? Le
Juif le considère comme une sanglante injure; mais ce ser-
ment eût-il de temps en temps sur son esprit, comme il
parait l’avoir, une valeur superstitieuse, ne détruit en
somme ni les préceptes sauvages du Talmud ni la vertu dis-
solvante des paroles du Kol Nidrai. Se fier a l’honneur de
tel ou tel Israélite; croire et soutenir que le nombre de
ceux dont il est raisonnable d’accepter la parole grossit k
mesure que s’efiace la croyance talmudique, soit, et rien de
mieux à coup sûr; mais se fier k des paroles que la foi d’un
peuple déclare sans valeur à l’égard du chrétien, quelle naï-
veté de confiance et quel besoin de se prendre aux filets du
chasseur!
En tout cas, ces différents échantillons de la méfiance
universelle, légale, et légitime des peuples; ces curieuses
formules de serments prêtés more judoïco, c’cst-k-dire con-
formément k l’usage des Juifs, ne sont point abolies et tom-
bées en désuétude dans tous les royaumes de l’Europe. Et
ce dont nous sommes témoins, c'est qu’elles exaspèrent et
font rugir de fureur l’Israélite dans le pays où sa bouche est
libre; car elles proclament aujourd’hui même k la face des
hommes la parfaite absence de crédit qui ruine d’avance
toute promesse ou tout serment sortis de lèvres judaïques;
elles montrent d’une manière authentique le chrétien réduit
k compter sur la terreur qu’il suppose devoir naître de for-
mules superstitieuses pour atteindre le Juif au fond de l’âme
et le lier. •
En vérité, nous ne saurions terminer ces tristes pages ni
' Id. Hallez, Des Juifs en France, etc., p. 352; Paris, I85i. Recueil
des arrêts de la cour de Colmar, t. IV, p. 368, etc. Voir la note finale
du Kol Nidrai.
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I-ES JÜIFS.
l.-iS
commencer les suivantes sans répéter ces paroles de l’un
des défenseurs de la cause Israélite : Après avoir traversé
sans y périr le torrent des siècles, « les Juifs ont conservé
presque intactes leurs pratiques su[)erslitieuses et leurs
mœurs nationales, complètement incompatibles avec les condi-
tions de ta société moderne ‘ . »
' Hallez, Des Juifs, etc., p. 262-3; Paris, 1845.
NOTE FINALE.
Nous lisons aux considérants do cot arrêt, quo le serment more ju-
daïco est, « de sa nature, en même temps civil et religieux ; » que ce
serment était usité en Alsace, parce que les Juifs de cette province.
Allemands d'origine, suivaient comme les Allemands « de point en
point le rite hébraïque, c’est-à-dire qu'ils étaient comme eux talmu-
distes, » tandis que ceux du midi do la France suivent le rite portu-
gais, n'admettent que la loi do Moïse, et n'ont pas, conune les Juifs
allemands, deux manières de prêter serment, l'une qui les iie, et
l'autre non.
Ces Juifs portugais, hàlons-nous de le dire, sont l'élite de la nation,
et ont toujours été mis par l'opinion incomparablement au-dessus des
autres, qui forment et formeront, nous sera-t-il dit, l'indestructible
noyau do la nation. Ces Portugais déscendent, ou prétendent descendre
do Juifs qui s’étaient expatriés longtemps avant le déicide.
En 1S10, la cour de cassation, par un arrêt du 12 juillet, reconnais-
sait encore la nécessité du serment more judaïco pour les Juifs d'Al-
sace, « dont le Talmud était l’unique loi. » Voir ce considérant; Hallez,
p. 362 ; ib., lire de 330 à 365.
Ce serment est aujourd’hui supprimé, yu’y gagnent la justice cl la
raison? Et quelle garanlio nouvelle offre le serment du Juiflalmudiste,
à qui la loi de certains Etals de l’Europe permet d'être fonctionnaire, et
de juger ou d’administrer le chrétien?... Nous posons res()«clueusemenl
la question, et rien de plus.
Lire sur le serment more juddico, en Pologne, Archives israétites,
1860, XV, p. 476. « Le Juif doit se tourner vers le soleil, etc., etc. »
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CHAPITRE CINQUIÈME.
159
Cl.NQljlÈME DIVISION. — MORALE TALMUDIQCE. l’L'SCRE.
Juif et usure, mots associds par une force de cohésion vingt fois sécu-
laire. — Le Juif usurier? — Paradoxe, car il ne peut l’ftrel — Huso
et contradictions. — Les Juifs dévorent la France. — Chassés pour
crime d’usure , ils acceplent avec transport la servitude et les con-
ditions les plus dégradantes pour obtenir le droit de rentrée. — En
quelques années « Ta plus grande partie des biens des chrétiens sont
dans leur dépendance. » — Les chrétiens dcviennenl hi cAose de ceux
dont ils ont fait leurs serfs. — La fameuse requétede Pierre de Clugnj
contre ces excès. — Le Juif, malgré les persécutions dont il se lamente,
ne veut d’autre paradis (]ue la terre de ses persécuteurs. — Lettre cé-
lèbre et magnifique d’innocent 111 dénonçant leurs crimes et enga-
geant les princes à leur faire rendre gorge. — Ces princes souvent
accuséssans justice de cupidité. — Protection des pontifes s’étendant
sur le Juif qui sollicite leur Justice, et sur ses biens, ainsi (|ue sur
le chrétien. — Les Archives de Champagne. — Exemple : les Juifs
de Troyes, etc. — Taux de leurs usures. — On trouvait bon, cepen-
dant, d’avoir dans les Juifs « une corporation damnée d'avance, qui fit
le métier de réprouvé. » — Un concile les condamne à porter une
marque qui les distingue. — Bannissement définitif sous Charles VII,
« pour les crimes qu’ils commettent chaque jour. » — Louis XIII re-
nouvelle cet arrêt. — La Lorraine, et l’Alsace, qui sont exceptées,
sontdévorées par leurs usures. — Edit de lA*opold contre eux en Lor-
raine, en 17Î8. — Le procureur général du Régent, en France, où
beaucoup de Juifs sont revenus, les appelle « les monstres de la so-
ciété civile. O — Ce que les Juifs font de l’Alsace. — Napoléon I"'
et les usuriers juifs. — Les Juifs en Alsace, et .M. de Bonald. —
Sentence contre les Juifs de M. Michelet, avec cette finale : « De
soufilets en soufilots, les voilà au trône du monde. — Effrayante
excuse de l’usure. — Elle est, chez le Juif, le fruit de sa croyance
religieuse. — M. Tousscnel et les Juifs. — Le roi-citoyen Louis-
Philippe et les Juifs. — Morale de ce chapitre.
L’homme a qui vous dites : « Tu n’cs qu’un Juif! » crie
à l’insulte , et lève la main sur votre joue ; car, si dans le
monde des affaires usure et vol sont deux aspects d’un
même crime, Juif et usure sont, h tort ou 'a raison, deux
mots associés l'iin h l’autre par une force de cohésion vingt
fois séculaire; et jusqu’à ce jour nulle puissance de raison-
nement n’a pu la vaincre, cette force!
Mais que nous importe un préjugé! Les préjugés ne sont-
ils point des monstres <|ui se déclarent indomptables jusque
sous le bras vengeur d’Hercule? Le Juif usurierl qui donc
aura le front de soutenir ce criant paradoxe? car le Juif ne
peut l'elre; comment dès lors le serait-il? et nous prenons
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160
LHS JUIFS.
tout d’abord à témoin de ccttc impossibilité l’IsraéliteBédar-
ride, l’interprète des paroles du grand Synode de l’an 1806.
<1 L’usure ne peut être autorisée par la loi de MoUe, qui
n'a jamais entendu parler que d’un intérêt légal '. » Nous
prenons ensuite à témoin l’un des grands organes du Ju-
daïsme, les Archivet israiliies, où nous li.sons : En l’an
•1807 , « le grand Sanhédrin voulant dissiper l’erreur qui
attribue aux Israélites la faculté de faire l'usure avec ceux
qui ne sont pas de leur religion , comme leur étant laissée
par cette religion , et confirmée par leurs docteurs talmu-
distes, déclare que le texte qui autorise le prêt à intérêt avec
l’étranger ne peut et ne doit s’entendre que des nations
étrangères avec lesquelles on faisait le commerce, et qui
prêtaient elles-mêmes aux Israélites’. »
« Tout Israélite, nous est-il dit ailleurs, est obligé envers
ceux qui observent les Noachides*, quelle que soit d’ail-
leurs leur religion, de les aimer comme des frères, de visiter
leurs malades, d’enterrer leurs morts, d’assister leurs
pauvres comme ceux d’Israël , et il n’y a point d’oeuvre de
charité, de miséricorde dont il puisse se dispenser envers
eux. »
Le grand Sanhédrin puise donc son langage « dans la
lettre et l’esprit de l’Écriture sainte ». Il répète cette parole
du Deutéronome : « Vous ne prêterez k intérêt k votre frère
ni de l’argent , ni du grain, ni quelque chose que ce soit. »
Il ordonne k tous enfin « comme précepte religieux, et en
particulier k ceux de France, de ne faire aucune distinction
à l’avenir, en matière de prêt, entre concitoyens et coreli-
gionnaires*. »
* Les Juifs, etc., par l'avocat israélite Bodarridc, p. 40ü ; î' édition,
Paris, <86t. Toujours la loi de Motsel landis que la loi du Juif, c’est,
au contraire, le Talmud.
^Archives israélites, p. 35; 1" janvier 1867.
* tlerachin, ch. vu. Les Noachides sont les préceptes donnés à Noé,
énoncés plus haut, Arck. isr., XVllI, p. 832.
' Mais de quel droit ordonne-t-il ? quelle e.st son autorité religieuse’?
11 n'en a aucune, et surtout contre le Talmud, autorité suprême (siiprd).
* Archives israélites, XVHI, p. 830 à 833, 15 .septembre 1867.
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CllAl’iTHE CINQUIÈME. IK1
Et telle fut, d’après la même autorité judaïque, la vertu
de cette recommandatiou, que les Juifs ne sont aujourd’hui
ni plus ni moins improbes que les protestants ou les catho-
liques, et que, par exemple, les condamnations pour usure
seraient « moins nombreuses en Alsace et en Lorraine que
dans tels départemenLs du centre de la France où ne rési-
dent pas d’Israélites »
Il nous restera tout à l’heure à reconnaître si les décla-
rations du Talmud, si celles de l’histoire et de la statistique
générale sont conformes ou contraires h celles des autorités
que nous avons cru devoir mettre en ligne en faveur d’Is-
raël. Mais d’abord, et lorsqu’il s’agit de se former une opi-
nion sérieuse sur les Juifs, comment répéter sur assez de
Ions qu’il est aussi plaisant de l’entendre nous donner pour
sa loi religieuse la loi de Moïse, qu’il le serait d’entendre,
au Japon, un hérétique, parce qu’il est chrétien, donner
pour sa loi les décrets des conciles œcuméniques de l’Église.?
Une fois encore le Talmud, voilà, sauf une insignifiante '
exception, voilà quelle fut, pendant de longs siècles et jus-
qu’à celui-ci, la loi du Juif; voilà sa foi, voilà la règle de
conduite de u l’indestructible noyau de la nation », et les
traditions pharisaïques de ce code, transmises par les rab-
bins, non-seulement dominent, mais effacent et repoussent
dans le néant les préceptes du divin législateur.
Veuillons donc graver profondément dans notre mémoire
cet imprescriptible axiome de l’orthodoxie judaïque : « Ceux
qui violent les préceptes des scribes doivent être punis plus
sérieusement que ceux qui violent la loi de Moïse; l’infrac-
teur de la loi de Moïse peut être absous, mais le violateur des
préceptes des rabbins, — c’est-à-dire du Talmud, — doit
être puni de mort*, » et la vie du Talmud, c’est la mort des
préceptes mosaïques I
* jtrchït'es Israélites, II, p. 81 -î, 18 janvier 1867.
2 E. H., t. 111, ord. 4, tract. 4, disl. 10, p. 297, extraits de la
Prompta BiU. de Lucius Ferrari. Laurent, Syrie, t.ll, p. 394; 1846.
W., Dracli, lettre première, p. 74; 1825. — Id., Rohrbacher, Hist.
unie, de l'Eglise, XV, p. 483, etc.; Paris, 1851.
11
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462
LES JUIFS.
Mais l’hisloire, si nous la consultons, nous tiendra-t-elle
un langage qui se rap))roche de l'idée que le Juif du Sanhé-
drin nous inculque de scs devoirs charitables? Quelques
rapides étapes ii tiavers les siècles nous donneront sur ce
point un commencement de réponse-, et d'abord, un auteur
coutempoiain qui ne professe |)oint le christianisme, car,
« d’après les propres termes de l’Univers Israélite, il est
philosophe pur sang, » M. Delaunay nous reporte vers la
chute de Jérusalem, et nous dit : « Comme partout, comme
à toutes les éfwques , et encore maiiuenant, les Juifs exerçaient
à Alexandrie le tralic et l'usure »
Ce trait de généralité n’est point sans valeur .sous une
telle plume-, nous nous çn contenions pour ces époques re-
culées, et, rapides que nous sommes, nous voulons franchir
d’un bond plusieurs siècles, afin d'arrêter nos yeux sur la
France et de nous livrer pendant une période sullisanle k
un examen de (iueh|uc importance.
l’hénomène prodigieux, et qui démontre à quel inimagi-
nable degré s’élève la puissance absorbante de ce peiqtic :
le roi Philippe I" chasse les Juifs de France l’an 1096, nous
dit le monumental Traité de la pnUce , « et tous les autres
princes en tirent autant, chacun dans ses États », à tel |)oint
ces hommes de rapine s’étaient rendus intolérables. (Cepen-
dant, « leur rétablissement se fit en France quelques années
après... à des conditions qui parurent lavorahles à leur sit-
rcté , mais qui augmen'aienl beaucoup le poids de leur servitude.
Us se rendirent tributaires, et le roi les partagea avec les
princes et les autr es seigneurs de sa cour. Sous cette ])ro-
Icclion , ils continuèrent véritablement leur commeice ; et
en payant la somme convenue, le reste de leurs biens leur ap-
partenait; mais ils étaient tellement attachés a leur seigneur
ipi’il les considérait comme /oi.wiHt ;;arric de son domame... Ils
cuiraient eux-mêmes dans le commerce comme un héritage ;
on les vendait, on les revendiquait, on les hypothéquait à
' L'Univers israétite, p. 71, octobre 1867. A Alexandrie, cl dans
toute l'Afrique voisine de la Judée, leur nombre était énorme.
CHAPITRE CINQUIÈME. 163
9
ses créanciers, et il y avait action de complainte contre les
gensipii en troublaient la possession. »
Concevons - nous un peuple ayant conservé quelque
respect de lui-méme, un peuple h qui le inonde est ouvert,
si l’on n’excepte ([uel(|ues Étals chrétiens, et qui, pour as-
souvir sa cupidité, se prête de gaieté de cœur à subir l'hu-
miliation de ces lois exorbitantes, ou plutôt qui les sollicite
comme une jhueur; et pourrons-nous comprendre (ju’il les
accepte sans en rester h jamais écrasé? AhI si nous le com-
prenons, c'est que nous nous sommes bût une bien pauvre
et bien fausse idée des ressources du génie judaïque. En
effet, « les choses, reprend l’auteur du Traité de ta police,
demeurèrent en cet état sous les règnes de Louis le Gros
et de Louis le Jeune' , et c'en fut assez pour enrichir de nou-
veau les Juifs. Les usures excessives qu’ils exerçaient avaient
misdau* leur dépendance les biens et les fortunes de la plus
grande partie des chrétiens*. »
Voilà donc les hommes libres de la France en train de
devenir (es biens et la chose de ceux qu’ils viennent de con-
stituer leurs serfs! voilà que, des bas-fonds de cette servitude,
naît et sort la domination des inévitables et terribles usu-
rierS, contre lesquels le célèbre abbé de Gluny, Pierre le
Vénérable, adresse au roi Louis VII (H37 à 1180) sa re-
quête avec une sainte et mâle liberté. Car se contenir n’est
plus possible. Il s’élève donc avec vigueur contre les inima-
ginables envahissements de cette race qui concentre dans
ses mains tous les trésors de la France; cette même race
dont le grand docteur de l’Église, saint llernard, s’était
fait le charitable défenseur, mais dont la charité chrétienne,
qui ne saurait laisser périr la victime dans la crainte de
frapper le bourreau, jugea qu’il devenait urgent de réprimer
l’audace.
Il est temps que justice soit faite, et loin de moi pour-
tant la pensée « qu'on doive les mettre à mort, s’écria
' Louis Vl, do 1 108 à 11 37 ; Louis VII, de 1 137 à M80.
> Delamare, 1. 1", p. X8I ; Paris, 4705, is-fol.
41.
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16i
LKS JUIFS.
Pierre; mais ce que je demande, c’esl qu’on les punisse
dans une mesure proportionnée à leur perfidie. Et quel genre
de punition plus convenable que celui qui est à la fois une
condamnation de l'iniquité et une satisfaction donnée à la
charité? Quoi de plus juste que de les dépouiller de ce
qu'ils ont accumulé par la fraude? Ils ont ravi et dérobé comme
des voleurs; et, qui plus est, comme des voleurs assurés
jiisqu’k ce jour de l’impunité! Ce que je dis est de notoriété
publique. »
« Ce n’est ni par les travaux simples de ragriculture, ni
par le service régidier dans les armées, ni par l’exercice de
fonctions lionnêtes et utiles, qu’ils font abonder les céréales
dans leurs magasins, le vin dans leurs celliers, l’or et l’ar-
gent dans leurs coffres. Que n’en ont-Hs amassé partout
ce que la ru.se leur a permis d’arracbcr aux chrétiens, et
par tout ce qu’ils ont acheté furtivement et à vil prix aux
voleurs, habitués à faire passer dans leurs mains tant d'objets qui
nous sont chers! Qu’un voleur vienne en effet ii dérober de
nuit des encensoirs, des croix, des calices consacrés, il
échappe aux (loursuites des chrétiens en recourant aux Juifs;
et, trouvant auprès des hommes de cette race une malheu-
reuse sécurité, non-seulement il se prépare à de nouveaux
méfaits, mais il livre a la Synagogue de Satan tout ce qu’il
sait enlever de sacré ’a nos églises... Puis, la perversité des
Juifs leur fait employer ces vases célestes à des usages qui
sont un opprobre pour nous et pour Jésus - Christ lui-
même. >1
Que dire , enfin , lorsque ce commerce si criminel s’abrite
avec sécurité sous la protection d’une loi aussi ancienne
que diabolique, et que portèrent cependant des princes
chrétiens? Cette loi veut que lorsqu’un objet sacré quel-
conque est surpris aux mains du Juif, ou que le Juif recèle
un vol sacrilège, nul ne puisse l'obliger à restitution, nui n’ait
droit de le contraindre à nommer le voleur doiu son argent
entretient l'industrie! Ainsi reste impuni chez le Juif un dé-
testable sacrilège, que le chrétien , s']\ s’en rend coupable.
16ü
CHAPITRE CINQUIÈME.
ejpie par le supplice de la corde' t Car voilà quel est le privi-
lège de ce dernier!
Aussitôt que Philippe Auguste s’est assis sur le trône,
le toile général retentit de nouveau contre les Juifs. On les
accuse, et les ternies sont précis, « d'avoir ruiné le peuple
par leurs usures, de s’être rendus par cette voie injuste les
maîtres d’une infinité de terres considérables , et de presque
la moitié des maisons de Paris; d’avoir reçu pour gages les
va.ses sacrés, les trésors des églises, et de les avoir profa-
nés. On J- ajoute qu’ils ont réduit plusieurs pauvres chré-
tiens ô devenir esclaves, et qu’enfin ils en crucifient tous
les ans le jour du vendredi saint. » {Voir plus bas en ce
volume.)
Déjà « les lois ecclésiastiques les avaient privés de toutes
les charges publiques, parce que ceux que l’on y avait souf-
ferts avaient abusé de leur autorité contre les chrétiens » ; et déjà
l’Église avait exhorté les princes à « contraindre les Juifs de
cesser leurs usures, et de rendre celles qu’ils avaient exi-
gées des chrétiens, » Il devenait alors plus que jamais ur-
gent d’aviser.
Philippe Auguste, « enfin persuadé de la malignité des
Juifs, les chassa donc de ses États l’an 1182; confisqua
tous leurs biens, à l’exception de leurs meubles;... rétablit
ses sujets dans la possession des héritages qu’ils avaient
aliénés, et les déchargea de toutes les sommes qu’ils de-
vaient, en lui en payant seulement un cinquième'; » car le
droit public, dans ces siècles barbares, n'avait point adopté
le principe libéral et si cher aux gens de rapine, du res-
pect ]K)ur le fait accompli; ni l’opinion ni le pouvoir ne
' On trouve ce discours plus au long dans V Eglise et la Sijnagocue,
p. liü à Ü7; Paris, tS.59. Ces mi'mes liabiUtdes criminelles des Juifs
sont amplement décrites dans le traité De per/ijia judeeorum, Sim.
Maioli Episcopi, p. 810, col. ï,p. 8t1, etc.; 1615. Nous ne reprodui-
sons pas le passage de cet auteur, que nous avons déjà cité, parce
qu'il nous semble être une copie du premier, malgré les siècles qui les
«Iparent.
^ Ibid., Traité de la police, t. !"■, p. Ï81. La protection coûte au
pouvoir; il lui faut des agents, et sans argent, point d'agents.
466
LES JUIFS.
garantissaient au spoliateur la possession des biens que la
ruse et la violence avaient fait passer sous sa main. Ce que
le voleur a pris est-il son bien, ou le bien d’autrniP et le
fruit (le l'usure est-il ou non le fruit du vol? Ces questions
alors ne soulevaient aucun doute, et les chefs de la soci(?té,
en arrachant au Juif ses richesses mal acquite», se bornaient
k lui reprendre le bien, une partie du bien dont s(;s usures
avaient dépouillé le chrétien.
Nous disons une partie du bien! Car, malgré ses lamen-
tations stridentes et les cris aigus de ses doléances , les Juifs,
en définitive, avaient l’avantage sur les chrétiens; et, mal-
gré les persécutions — marquées au sceau de la justice —
qu’ils reprochaient au pouvoir, un intérêt incomparable les
ramenait et les attachait au milieu de leurs persécuteurs!
Leur sécurité y était assez grande, lorsqu’ils ne suscitaient
point contre eux les fureurs de quelques tempêtes , pour
que tous leurs efforts fussent de rentrer dans les royaumes
objets de leurs exactions et de leurs calomnies-, il leur fal-
lait si peu de temps pour dévorer un peuple! Et si leur sort
n’eût été plus favorable et plus doux chez les chrétiens que
chez les musulmans et les idolâtres, qui donc les eût em-
pêchés de s'établir une fois pour toutes chez ces barbares
et d’y fixer leur demeure?
Les actes du Juif, sans cesse en contradiction avec ses
paroles, le furent une fois de plus après cette exécution,
que les amis et les disciples des Juifs jugeront aujourd’hui
si cruelle. Animés du plus ardent désir de rentrer dans le
royaume de France, ils « sollicitèrent en effet leur réta-
blissement, et offrirent de grande» somme» pour l’obtenir. Les
besoins de l'État, pour soutenir les guerres contre les An-
glais et les Flamands, furent une occasion favorable, et leurs
offres furent acceptées (U98). »
Or, quatorze ans après le rétablissement des Juifs en
France, Innocent III écrivait k propos de leurs crimes et de
leur ingratitude envers les chrétiens « cette excellente
lettre de l’an 1212 qui a mérité d’être mise au nombre des
167
CHAPITRK CINOCIÈME.
lois que nous lisons dans le droit canon. » Et, par « on
autre Brel'de l’an 1213, il exliorlait toutes les puissances
temporelles k contraindre les Juifs de remettre aux chrétiens
les usures dont Us les avaient chargés, sinon de leur interdire
tout commerce »
C’est donc k tort que des historiens superficiels ou pas-
sionnés accusent k tout propos d’exactions et de cupidité
ces princes, qui sont et doivent être les chefs et les protec-
teurs de leurs peuples, puisque, la plupart du temps, dès
que nous y regardons de près, nous les voyons ne céder
qu’au cri pressant de la justice, et ne se rendre qu’aux sup-
plications de celui qui, représentant le Christ sur la terre,
est le père des jieuples, le plus sûr conseil des rois, le gar-
dien et la clef de voiite de la civilisation chrétienne.
Laissons maintenant une page que nous recueillons toute
fraîche, et qui sortait hier même toute vive du trésor de nos
Archives, nous dire quelle était, dans ces âges de barbarie ,
la vigilante .sollicitude des vicaires du Christ; quel était
leur zèle, non-seulement k demander justice des inimagi-
nables excès de l’usure judaïque, mais encore k réprimer
les intempérances de la réaction chrétienne , k maintenir
intacte la liberté religieuse des Juifs, k garantir enfin la
securité de leurs légitimes créances.
Nombre de gens s’étonneront sans doute, écriten 1865 le
docte archiviste de l’Aube , « de trouver parmi les personnes
recommandées k nos Comtes parles Papes, les Juifs de
Champagne, qui, ayant fait parvenir leurs doléances jus-
qu’au trône du successeur de saint Pierre, obtinrent une
huile adressée k Thibaut IV pour l’inviter k faire payer par
les chrétiens les sommes dues aux Juifs, et k empêcher les
chrétiens de donner aux Juifs des coups au lieu d’argent
(an 1247). Une lulk de l’année précédente avait eu pour
objet d’appeler la sollicitude de Thibaut sur les intérêts des
Juifs de Navarre, et l’avait prié d’intervenir pour empêcher
' Delamare, Traité de la police, 4 vol. in-fol., t. f*'', p. Î80 k 28Î ;
Paris, 1705 à 1738.
468
LES JUIFS.
qu’on ne baptisât de force leurs enfants ' . Rappelons toutefois
qu innocent III avait écrit à Blanche de Navarre, pour l'in-
viter à réprimer l'audace des .luifs. Celte lettre, et une
semblable adressée en même temps 'a Philippe Auguste,
ont peut-être provoqué la fameuse ordonnance qui défendit
aux Juifs de prendre plus de deux deniers par livre d’iménU
hebdomadaire^ e’est-k-dire plus de 43 francs 45 centimes
pour cent d’intérêt annuel*. » Ce modique intérêt était-jl
ou non de l’usure? Mais poursuivons notre chemin et feuil-
letons encore ce même ouvrage , dont la base se compose de
chartes authentiques.
Jacob de Dampierre, maître des Juifs de Troyes en 1222,
avait pour frères les Juifs Ilaquin, Jacob cl Sonet. Ces deux
derniers possédaient, dans la juiverie de Troyes, un terrain
qu’ils vendirent h Itier de la Brosse, et Yaalin, leur père,
était un des grands banquiers de Troyes. Il lit des prêts k
Eudes, duc de Bourgogne, qui, « pour lui assurer un rem-
boursement |)rochain , lui abandonna la jouis.sanci‘ immé-
diate d’une rente sur les foires de Champagne. L’abbaye de
Saint-Bénigne de Dijon était vers la même époque dans un
grand embarras; elle avait, en H9G, emprunté ’a Yaalin une
somme de 1,700 livres, valant 34,448 francs 50 cent. , au
pouvoir de 172,242. Le taux de l’intérêt stipulé était de
trois deniers pour livre par semaine, c’est-à-dire de 65 fr.
62 c. pour cent par an! L’abbaye resta onze ans sans payer,
en sorte que la dette primitive, accrue des intérêts, attei-
gnit, sans anatocisme, le chiffre énorme de 9,825 livres
11 sous lOdeniers, valant 199,103 francs 95 cent., au pou-
voir 995,519 francs 75 cent., tout près d’un million! Pour
se libérer, les moines furent obligés de vendre leur terre
de Morains * »
' Nous aurons plus lard un mot pour la fameuse affaire Mortara.
2 Histoire des ducs et comtes de Champagne, par d’Ai bois de Jubain-
ville, archiviste de l’Aube, vol. IV, (. ii, p. 598; Paris, 1865.
3 Ibid., d’Arbois de Jubainville, archiviste de l’Aube, v. IV, p. 8Î8 à
830. Le Juif Pinon ayant frappé un clerc du diocèse de Soissons, fut.
par jugement arbitral, chasse de ce diocèse... Ibid., p. 832.
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CHAPITRE CINQUIÈME. 169
Ces termes sont positifs, ils sont précis, et il en ressort
assez clairement que les Juifs préteurs savaient prendre
leurs sûretés, s'assurer, outre des gages, des compensa-
tions en cas d’accident , et que k le prêt a usure était pour
eux une source d/immenses bénéfice». Aujourd’hui, l’année,
ou au moins le trimestre , est la période qui sert de base au
calcul du taux de l’intérêt. Les banquiers chrétiens de Cham-
pagne faisaient usage d’une période plus courte : l’inter-
valle qui séparait les termes de payement de chacune des
six foires; elle durait donc, en moyenne, deux mois. » Mais
« pour les banquiers juifs la période était la semaine. Plu-
sieurs actes de nos Comtes interdisent h des banquiers chré-
tiens le prêt il la semaine', » car il n'était pas licite au
chrétien d’agir en juif, et, comme le disent les Archives
Israélites elles-mêmes, on trouvait bon d'avoir dans les Juifs
« une corporation damnée d'avance, qui pût se charger du
métier de réprouvé ’ ! «
n Âpres avoir exigé trois deniers par semaine, les Juifs
furent contraints à se contenter de deux, c’est-h-dire de
43 fr. 75 c. pour cent par an , les intérêts des intérêts non
compris. Celte réforme fut due 'a une ordonnance rendue de
concert par Philippe Auguste, Blanche de Navarre et Guy
de Dampierre, en 1206’. »
< D’Arbois, ib., p. 834.
2 Archives Israélites, XXIV, p. 1113 ; 13 décembre 1867.
Ibid., d’Arbois de Jubainville, v. IV, p. 834. Les Juifs, ainsi que
nous l’avons énoncé tout à l’heure, « étaient serfs, c’est-à-dire lailla-
bles à merci, ajoute ce savant archiviste. Leur seigneur pouvaitexiger
d’eux, à titre de taille, telle somme qu’il lui plaisait; ainsi, au fond,
c’était le seigneur qui profitait des actes d’usure commis par les Juifs,
tandis qu’aux yeux des populations le Juif en supportait tout l’odieux. »
Ibib., p. 834.
Erreur I erreur de fait, sinon de droit. Les Juifs n’ont jamais que
très-petitement tiré les marrons du feu pour autrui. Leur fortune con-
sidérable, ainsi qu'en témoigne l’exemple même de Vaalin, de Jacob
de Troyes et de leurs enfants, passait de père en fils; et quoique leurs
usures provoquassent contre eux de nombreuses et terribles réactions,
ils ne se hasardaient point à ces prêts monstrueux sans avoir une cer-
titude morale de gains immenses et définitifs. C’est là ce que le résul-
tat débiontre.
D’après le texte du Traité de la police que nous avons cité, les Juifs
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170
LES JUIFS.
Mais l'Église devait et voulait aviser au salut de la société
chrétienne, et les derniers canons du quatrième concile gé-
néral de Lalran, qui concernent les Juifs, eurent « pour but
de réprimer leur» usures et leurs insolenees. Il y est ordonné
qu’ils porteront quelque marque sur leur habit, pour les
distinguer des chrétiens, comme cela se pratiquait déjà
dans quelques provinces, et il est défendu de leur conférer
des offices publics, « car ils abusaient de leur autorité
contre les chrétiens »
Une race de malfaiteurs publics sera donc désormais pu-
bliquement signalée, et cette marque, ce signe, dira de la
part de l’Église ce que va dire à l'époque si libérale de la
régence du duc d'Orléans, le firocvreur général du royaume, qui
nommera ces hommes « les monstres de la société civile! »
Le talmudisant, le Juif ennemi du chrétien par devoir et
par intérêt, ne pourra l’administrer, le juger, le commander
sur les champs de bataille, être son législateur, car l’Église
et le sens commun se soulèvent contre ces énormités.
Cependant, et malgré cette lutte incessante de tous les
pouvoirs sociaux contre la tyrannie judaïque, aucun acte de
répression ne fatigue les Juifs, et bientôt une ordonnance
du roi Philippe le Bel, datée de l’an 1299’, châtie de nou-
auraient été, généralement du moins, non taillables à merci, mais tri-
butaires, et payant une somme convenue d’avance
1 l.a primo d’assurance forme un dos éléments essentiels de l’inté-
rét, » dit l’économiste J. B. Say. Or, o la prime d’assurance formait la
majeure partie de ce qui portait le nom d’intérét, ou d’usure ; ot l’in-
térêt véritable, le loyer povir l’usage du capital, se réduisait à fort peu
de chose. » Voilà ce que ne craignent pas d’imprimer, en 1867, les
Archives israéliles, Vlll, p. 371. Et c’est cc peu de chose qui rendait
les Juifs infâmes, de l’aveu do la même feuille I (XXIV, p. 1113; 1867).
C’est là ce qui faisait tolérer comme utile cette nation « chargée du
métier de reprouvé! « C’est là ce que l'Eglise, écho de la conscience
publique, condamnait en termes formels I
< Rohrbacher, Histoire universelle de l'Eglise, t. XVII. p. 441 ; 1861.
— Traité de la police, t. I"', p. i80. — Art de vérifier les dates : qua-
trième concile, an 1215.
* Le registre de là Chambre des comptes qni a pour titre Judai, dit
Delamare , porte qu’ils mirent en dépôt, chez les chrétiens leurs amis,
Ireaucoup d'or et d’argent, et ce qu’ils avaient de précieux... » Grand
hommage à la probile chrétienne! Htid., p. î8!-3. — Th. Hallèz, Des
Juifs en FratKe, p. 51 , eto.; 1845.
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CHAPITRE CINQUIÈME. 171
veau leurs actes usuraires. Elle dispose, en raison dos exct's
d’usure dont il est dans leurs mœurs de se rendre coupables,
que le seul capital de leurs prêts doit leur être remboursé ,
et qu’il est fait remise de toute stipulation ultérieure. Mais
l’exécution de cette loi reste si molle, et le concert des
plaintes qui s’élèvent contre les Juifs devient si formidable,
qu’en l’an J306 Philippe le Bel les chasse du royaume et
confisque tous leurs biens. Toute sollicitation pour rappeler
ces maudits du peuple ne trouva plus dès lors dans ce mo-
narque qu’une sourde oreille; et pourtant, vers la fin de son
règne, il leur accorda la faculté de poursuivre le recouvre-
ment des biens non compris dans la confiscation, et poussa
la condescendance jusqu’à leur donner des commissaires
pour en connaître'.
L'un des premiers actes du règne de Louis le Hutin , fils
et successeur de Philippe le Bel, ce fut cependant le rappel
des Juifs. Ces potentats de la finance financèrent-, et, dans
le traité qui leur rouvrit les portes du royaume, il fut sti-
pulé qu'il leur serait permis d’exiger de leurs prêts « douze
deniers la livre par semaine. » Il fut dit en outre que, « de
treize années qu’on leur accordait, ils emploieraient la
dernière à retirer à leur aise, et en toute sûreté, des
mains de leurs débiteurs, tout ce qui leur serait dû, »
mais « qu’ils ne prêteraient pas sur gages sanglants, ou
mouillés, etc., etc. »
L’ordonnance de ce monarque était trop favorable aux
Juifs pour ne point susciter contre eux une prompte et
sanglante réaction. Elle éclata donc sans beaucoup tarder-,
mais « les chroniqueurs qui nous rapportent avec d’affreux
détails le supplice et le bannissement des Juifs, ne disent
2 Hâtiez, avocat, Des Juifs en France, etc., p. .51, etc.; Paris, 18i5.
Si le petit-fils de saint Louis fut souvent indigne de son aïeul , la
France lui doit au moins la délivrance do deux redoutables fléaux : les
Juifs et les Templiers. Les pièces du procès de ces chevaliers félons,
publiées par M. Michelet, le prétropliobe , permettent de tenir ce lan-
gage; et nous laissons l'école judaïque des saints-simoniens, qui pré-
vaut rie nos jours dans l'enseignement de l'économie politique, défen-
dre, s'il lu iplalt, le système de l'usure et des usuriers israéiitee.
LES JUIFS.
17*
rien de leur rentrée en France. Il est probable que cette
fois, comme presque toujours, chassés avec éclat, ils re-
vinrent sans bruit: car pour dix ordre» d’exil on rencontre h
peine une ordonnanre de rappel, et le plus généralement c'est
en lisant la loi qui les chasse qu'on apprend leur retour dans
le pays » tant il est dans la nature du Français de laisser
sommeiller et s'assoupir toute mesure de rigueur et d'ex-
ception !
Cependant, ajoute le même écrivain, dont le zèle plus
généreux qu'éclairé s'essaye 'a la réhabilitation des Juifs,
« le» crimes et les abominations qu'ih commettaient chaque jour u
obligèrent Charles VI h les proscrire. Ses lettres patentes
du 17 septembre I39i les bannissent donc à perpétuité de
ses États. Elles leur font défense d’y demeurer à peine de
la vie ’, et cette expulsion diffère des précédentes par son
caractère non moins que par ses résultats, dit ce même
avocat de la cause judaïque. Elle n'eut pour mobile ni
Il l'amour du lucre, ni l'esprit de pillage; et, ce qui le
prouve, c'est que toutes leurs créances durent leur être
payées La France allait rentrer sous Charles VII dans
line ère de grandeur, d’ordre et de prospérité où elle pour-
rait se suffire ù elle-même, sans être obligée de bannir et de
rappeler alternativement les Juifs |>our remplir le trésor ’. »
* Hâtiez, i6., p. 5.7- '18.
Delamare, loco cil. — Hâtiez, i6., p. f>3.
^ Hâtiez, i6.,p. 61-T.5. — A l'époque de ta Heiiais.'iince, leJuitest exac-
tement l’alroco usurier des siècles antérieurs. Voici le portrait que
nous en trace un docte évêque :
O Ex variis ipsorummet commerciorum eorumdeniquc u«urarioruni,
ac lurlivorum generibus, quæ omnia et singula in praesenlissimum
christianorum damnuni vergunt , quorum illi succum et sanguinem
naluratemque adeo vigorem plané exhauriunt. Alque ut in specie di-
cam ; usures a debiloribus depuscunt tina curn donariis exlraordinariis
iniquissimas; in pecunia; mutalione, adulterinas obirudunt debiloribus
monetas. easque in sumrao valore et pretio; neque tamen bis satiali.
cogunt insu|>er eos qui muluum ab illis accipiunt plus insercre chiro-
grapho quant commodato acceperunt, iibi \el maxime cxceplioneui non
numeratae pecuniæ lociim habere par essel. Margaritas spurias, clino-
dias (bijoux) lallaces, fucosas et oitsoictas merces niagno ineautis alque
indiscretis insulllanl pretio. Furibus, nebulunibus, et proslibulis, etc.,
etc., etc... De perfidia Judtrorum , S. Mafoli episcup. Vulturariensis,
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173
niAIMl'KK CINQCIËMH.
Il est vrai que, fidèles à des habitudes auxquelles ils trou-
vent un intérêt immense, les Juifs essayent de rentrer en
France à la dérobée, et que plus lard Louis XIII, ainsi
(juc nous l'avons énoncé, lance un arrêt de bannissement
contre ceux qui réussissent à s’inlroduirc dans le royaume.
Les Juifs de Metz ont seuls l’art de s'exempter de celte sen-
tence, ainsi que ceux de la Lorraine et de l'Âlsacc, régions
qui furent dévorées par leur usure. « Il est donc bien établi
(lu’au moment de la Hévolulion il n’y avait de communauté
juive, ou, comme le dit Delamare, dejuiverie, que dans ces
provinces. .Mais quant aux individus, ils se répandirent par-
tout, et l’histoire a conservé le souvenir de l’opulent banquier
Samuel Ikrnard » le Rothschild du règne de Louis XIV.
Nous jetterons tout 'a riicure un coup d’œil sur l'Alsace;
mais nous commencerons par énoncer que le très-libéral
duc Léopold rendit en Lorraine un édit, à la date de l’an
1728, où sont déclarés « nuis tous les billets et actes sous
seing privé qui seraient faits au profit des Juifs , tant pour
argent prêté que pour vente de marchandises ou autres en-
gagements. » Ou lisait encore dans cet édit que les Juifs
reconnus coupables d’usure ou de vol envers des sujets ca-
tholiques seraient punis « de la perle de leurs créances,
tenus d’en payer le double à leurs débiteurs, et obligés en
outre à une amende de cinq cents livres envers le prince,
sans que ces peines pussent être remises ou modérées par
les juges ’. »
Ces rigueurs de la justice sous tous les pouvoirs ancitns et
modernes, chrétiens ou insoucieux de la foi chrétienne, i.ous
indiquent en termes assez clairs quels étaient les excès du
mal commis par ces infatigables talmudisants. Ajoutons
qu'en France, un instant avant l'époque où Léopold rendait
1615. Moguntiæ, p. 810, col. 2; lire ib., p. 841 à 850. Ce livre est
en plein accord avec les deux grands ouvrages : Annales ecclesiast.,
du cardinal Baronius, et le Traité de la police, 4 vol. in-fol.; Paris,
170.5-1758.
' Ibid., p. 68-9; Hallcz, id., — Traité de la police, t. 1", p. Î85.
- .trdiices israélites, 111, p. 119; 1867.
17i
LES JUIFS.
son édit, c’ebl-a-<lire à la date du 19 juin 1717, — sous la
régence si peu chrétienne et si peu morale du duc d'Orléans, —
défense fut faite « aux notaires et tabellions de passer obli-
gation au protil des Juifs, autrement que sur deniers comptés
et délivrés eu leur présence Le procureur général, en re-
quérant cet arrêt, disait ; qu’informé de toutes imrts des usu-
res que des Juifs insatiables exercent sur les chrétiens qui
dans leurs besoins s’adressaient à eux, il est dans une obli-
gation aussi pressante qu’indispensable d’en dé\oiler la . pra-
tique impie aux ycux du conseil, et de chercher en sou auto-
rité le moyen d’cxumiiner hors de son ressort un crime si
inhumain et si détestable; qu’ayant fait des recherches exactes
pour connaître la source de ce pernicieux mal , il avait
trouvé que c’est dans les prêts d’argent..., où la ruse et la
fraude judaïque s'exercent et s'accroissent chaque jour, etc
que le second piège qu’il avait remarqué , c’était en re-
nouvelant incessamment les obligations sur des décomptes
faux et impies, oi'i ces monstres de la société civile convertis-
sent il la fois leur gain illicite en sort |>rincipal '. »
L’un des [toints exceptionnels du royaume de France où
le pouvoir toléra les Juifs, ce fut l’Alsace, disions-nous tout
’a l’heure. Or, voici ce que rapporte de celte vieille et si
importante province un écrivain de race juive , dont le but
était de ramener ses frères de sang dans la voie de la pro-
bité. K L'usure a procuré aux Juifs la moitié de l'Alsace; c’est
' Ordonnance d’Alsace, I, 488. — ('.es reproches, ajoute M. Halle/.,
dont la bienveillance pour les Juifs est assez notoire, sont les mêmes
qu'tm peut recueillir encore tous les jours de la bouche de tous les ha-
liitants de l’Alsace (184!»). On doit comprendre l'imporlnnce que nous
attachons, dans l’intérêt de l'histoire, à puiser nos principaux docu-
ments ctiez les amis des Juifs ou citez les Juifs eux-mêmes, pitdût que
partout ailleurs.
Il existe aujourd'hui mime, en Alsace, « une habitude; c’est que
les créanciers tpii ne veulent pas exercer o la rigueur les droits que
la loi leur conféré, cèdent leur crt'ance à iiuelqun Juif, étrange et Itlâ-
mable compromis entre riiumanité et l’intérêt. Chaque acte de ce genre
est, on peut le dire, un encouragement donné aux Juifs {tour persévé-
rer dans des professions où les bénéfices sont immenses pour eux, mais
nuis pour la société, et que toutes les législations ont fletries. s Halloz,
Des Juifs en France, p. tî4 et Ï78; Paris, 484o.
CHAPITRE CINQUIÈME. 175
la grande plaie de noire époque. L'usure se commet dans nos
campagnes avec autant d’impudence que d'impunité; la petite
propriété est dévorée par ce chancre, qui ronge tout. Il
faudrait un volume pour énumérer les moyens honteux et per-
fides employés par les Juifs pour attirer a eus toutes les par-
celles de terrain qui escilenl leur convoitise; et nous igno-
rons s’il pourra se trouver dans l’esprit de nos lois modernes
quelques dispositions assez fortes pour arrêter les progrès de
ce mal, lorsqu’on sera obligé d’en référer h la législature!
Ce ne sont plus les Juifs qui se recouvrent du sac de dou-
leur, ce sont les paysans de nos campagnes qui portent le deuil
des iniquités d'Israël. »
« Il s’est fait de cette manière, parmi les Juifs d’Alle-
magne, des fortunes considérables , que la plupart dépen-
sent avec magnificence. Car le Juif allemand est vain cl
orgueilleu.v, fier cl vindicatif; il n’a rien jierdu des défauts
de ses pères '. »
Cette page, k coup sûr, ne nous étonnera guère, lorsque
nous aurons parcouru l’ordonnance du 30 mai 1806, que le
convocateur du grand Sanhédrin, Napoléon I", ce politique
intéressé k pallier le tort des Juifs, dont il osait faire des
citoyens français, commence par ces mots :
« Sur le compte ipii nous a été rendu que, dans plusieurs
départements scplcntrionau.x de notre empire, certains Juifs,
n’exerçant d’im/re profession que celte de Cusure, ont, par l'ac-
cumulalion des intérêts les plus immodérés, mis beaucoui>
de cultivateurs de ce pays dans un état de grande dé-
tresse... etc., etc ‘.
l.ors de la restauration de l’illustre et k jamais glorieuse
maison de Bourbon, dont la politique et l’épée firent celle
France devant laquelle, après même et presque aussitôt
après qu’elle eut subi le fléau de l'invasion, nous avons vu
l’Europe se taire, la plume de l’uu des plus éminents publi-
‘ A-Cerfiicrr de .Mcdelsheini, Les Juifs, leur histoire, leursmaurs, etc. ,
p. 39; l>ari«, <847.
Ilallez, i6.. Des Juifs, |>, Î97 ; ISiS.
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1T6
I.KS JÜIFS.
cistes du catholicisme, membre de la Chambre des pairs,
laisse courir avec aisance sur le côté alsacien de la question
judaïque sa phrase rapide et forte. Cet homme d’Élat s'a-
dresse au monde chrétien h l’époque où l'école libérale la
plus avancée, les philosophes et les amis de la nation juive,
ont fait courir à la société les dangers qui naissent de l’é-
mancipation d’Israël. Lisons et méditons sa parole ;
■' On trouve partout des hommes dont les perfides secours
causent la ruine de ceux qui ont la faiblesse d’y recourir,
mais on ne voit nulle part ailleurs qu’eu Alsace, — la seule
province de France, à peu près, qui fut Ihréc aux Juifs, —
une partie de la population spécialement adonnée à cet infâme
trafic d’aryeni, dressant des pièges de toute espèce 'u la bonne
foi, à la crédulité, à l'inexpérience; offrant de funestes faci-
lités à celui qui veut emprunter pour se tirer d’un léger em-
barras, et ne quittant le malheureux, une fois qu’il s’est
engagé, que lorsque sa fortune tout entière est envahie. Ceux qui
ont vu l’Alsace avec sa belle culture, ses beaux villages,
sa superbe population , s’étonneront du tableau qu’a tracé
l’auteur d’une brochure intitulée Quelques idées sur L’üSUnE
(/m .f Mj/jtd’ A fjocc. On ne croirait pas la plupart des faits contenus
dans cette brochure, si l’on n’avait pour autorité les conseils
généraux des deux départements, et le témoignage de leurs
députés; il parait qu’il n’est question de rien moins que
d'un bouleversement total des projtriétés en Alsace, si toutes les
créances des Juifs devenaient cxigiblesl L’assemblée con-
stituante elle-même, malgré la ferveur de son libéralisme,
rendit, doits une circonstance beaucoup moins urgente, un dé-
cret dont le désastre des temps empêcha l’exécution, pour
obliger les Juifs d’Alsace à fournir des renseignements sur
leurs créances et pour être statué ce que de droit par le corps
législatif, sur le mode de liquidation le plus sage. Un décret de
1808 a annulé une partie des mêmes créances, et suspendu
l’exigibilité des autres ’l »
' P. ÎÜ4-255; lire surtout, ensuite, les pages 257-Ï7Î. « On sait
comment les Juifs d’Alsace procèdent, etc... o Enfin M. Lacretelle a fait
177
CHAPITRE ClNgUlfeME.
l'ii écrivain parfaitement anticatlioliquc et révolution-
naire, M. Michelet, venant clore la liste de ces dénoncia-
lions historiques, a donc pu s’écrier avec vérité : « Au
moyen âge, celui qui sait où est l’or, le véritable alchimiste, le
vrai sorcier, c’est le Juif, ou le demi-Juif, le Lombard; le
Juif, riiomme immonde: l’bomme qui ne peut toucher den-
rée ni femme qu’on ne les brûle; Tbomme d’outrage, sur
lequel tout le monde crache ; c’est a lui qu’il faut s’adres-
ser!... Sale et prolifique nation! Mais ils ont résolu le pro-
blème de volatiliser la richesse. Affranchis par la lettre de
change. Us sont maintenant libres. Us sont maîtres! de soufflets
en soufflets, les voilà au trône du monde »
.Maintenant, après le parcours de ces pages prises en
quelque sorte au hasard, et détachées d’une montagne de
documents authentiques, prêtons, une fois encore, notre
patiente oreille ’a l’Israélite Bédarride, dont la parole s’élevant
calme et impassible contre riiistoire de tous les peuples du
monde, et contre l'iiistoire de l’Église, nous rappelle les
imperturbables réponses du grand Sanhédrin a Napoléon I*" :
« Non! notre loi ne saurait « autoriser l'usure, » et, pour
nous, sur ce point, a nulle différence entre le Juif et
l’étranger. » Que dis-je.!’ « les Juifs sont tenus de regarder
les Français comme des frères! Notre devoir est d’exercer
envers les chrétiens des actes de charité, « et la charité
nous fait quelquefois un devoir de prêter sans intérêt à
celui qui est dans le besoin. » Notre loi repousse, « par son
esprit et par ses termes, les préventions dont elle a été
l’objet. » Ainsi donc apparaît-elle aujourd’hui « sous son
vrai jour, énergiquement vengée, ce qui fait perdre h la
persécution toute excuse! »
un tableau aussi vrai qu’il est énergique de la bassesse et des vices
reprochés aux Juifs, pour lesquels il sollicite, avec sagesse et mesure,
l’humanité des gouvernements, etc. » De Bonald, pair de France,
Mélanges littéraires politiques et philosophiques , t. Il, p. 274; Paris,
i8^9, t. XI des œuvres, Adrien Le Clère.
* Cité dans Hallez, ami des Juifs, ibid.. Les Juifs, etc., p. 37-38; etc.,
Paris, 1845.
^ Bédarride, i6. , p. 401 à 405, deuxième édition, Paris, 1861. « Les
12
178
I.ES JUIFS.
Kh quoi! l’on vous avait dil le Juif usurier, et vous
l’appellicz le roi de l’usure, le démon de l’usure! .Mais y
pensiez-vous donc,, chrétien notre ami?...
Réponse ; Devant cette placide et froide négation de
l’usure, où se mêle l’audace ii l’originalité (le mot effron-
terie sera banni de notre phrase), nous nous Iwrne-
rons à répéter une excuse, et par conséiiucnt une reconnais-
sance de celte faute ijiie nous avons cnn'gislrée quelques
pages plus haut. Elle est un peu singulière sans doute,
mais nous la choisissons avec d’autant plus de confiance
qu’elle s’échappe d’une plume judaïque h laquelle, déjà,
nous avons dû (luelques aveux d’un certain prix... Si les
Juifs « ont fait le commerce d’argent, c’est qu’il était réputé
infâme^ cl interdit par la loi religieuse aux chrétiens. On
trouvait sans doute bon et commode d’avoir une sprte de
corporation damnée d’avance , qui pût se charger de ce métier
de réprouvé'. » Les Juifs avouent donc qu’ils se prêtaient
(le tout c(eiir, et moyennant gains usuraires, à toutes les in-
famies dont tout autre homme eût refusé de se couvrir.
Comment donner à la vérité, contre soi-même, ces angles
aigus, ces armes incisives cl poigaautes!
Croyons-le bien, et que les faits humains nous apprennent
h juger de la valeur d’une législation et par conséquent
d’une éducation bonne ou mausaiscren tout temps, en tout
lieu , les mœurs de l’homme furent une cous(‘quence de
.ses lois. Les histoires de tous les [(ciiides nous disent que
les premières lois furent dictées d’en haut; les lois divines
flirent donc le principe et la clef de la morale humaine.
Celles qui méritent, ou qui passent pour mériter ce titre,
sont donc encore la source des mœurs chez les i>euples qui,
députés isra(‘lil(s, plus soucieux de leur bien-être (juo de la loi du Si-
nat, dissimulèrent Ls cundilions infli xibles de leur fui religieuse, et en
sacrifièrent plusieurs points fondamentaux, pour ne (las s’alii’ner la bien-
xeillanco de l'Empereur, .\insi, etc., etc. ■ Li question juive, p. îi, par
le R. 1’. Th. Ratisbonne, <8C8. Voir ce tpie valaient les assertions du
Sanh' drin dans l ancien rabbin Ürach, deuxième lettre, p. 300; <827.
' Archives israeliles, XXIV, p. Itl3; 1867.
CHAPITRE CINQUIÈME. 179
semblables h Israël , placent ou plaçaient hier même leur
religion au-dessus de tout intérêt ou de tout droit; comment
dès lors cbercbcr ailleurs que dans le code religieux du
Juif, si différent de ta loi de Moïse, la rai.son et la morale de
l’usure? Or, d’après ce code, c'csl-ii-dire d’après les tra-
ditions talmudiques qui règlent toute conscience oi lliodoxe,
six cent treize préceptes existent de la loi de Dieu. Le
cent qiiatre-vingt-dix-buitièmc et le cent-<iuatrc -vingt-cin-
quième ordonnent, le premier de faire l’usure aux non-Juifs;
le second, d’exterminer sans ménagements les idoles et les
idolâtres, au nombre desqiielsfignre le chrétien, que l'usure
extermine plus sûrement que le fer.
L’usure est cependant aux yeux des rabbins une faute
grave et détestable, ce qui leur permet de la condamner
dans de vagues discours; mais elle n’est faute pour eux
que de Juif â Juif. Celui ([ui n’est ni de sang ni de foi judaï(]ue
n'étant pas un homme, ne saurait être un frère. La Somme
théotogique,Sbulhbanliaruhh, du rabbin Jo.sc'pb Karo, établit
donc que prêter â usure h ce non-Juif est licite! et cette
Somme est le code inséparable dès rabbins, elle est la règle
de toutes leurs décisions'.
Nous savons, dit le Talinud, qu’il est permis de s’appro-
pVier tout ce que perd le non-Juif (goï); car restituer au
non-Juif ce qu'il a perdu, c’est se rendre indigne du pardon
de Dieu*. Celui qui rendrait au non-Juif ses objets perdus
commettrait un péché; car ce serait fortifier la main des
impies, et l’erreur de coin|)te <|u’il fait îi son désavantage
est dans le même cas que ce qu’il perd”. Cette morale du
vol est sans nuages, nous seinble-t-il , et nous voyons qu’elle
fut de tout temps admirablement pratiquée.
Les rabbins disent en outre : « Puisque la vie de l’ido-
lâtre, — et tel est k leurs yeux le chrétien, — est à la dis-
1 Article 159, § i, î.
2 Traité Baba-Koummali, fol. 29 v"; traité Sanhédrin, fol. 76 v“.
s .Vlartnonide, Traite de la rapine et des choses perdues, ch. xi
art. 3, i.
12.
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180
I.ES .11' II' S.
crélion du .liiif, àplus forlft raison son bien'! « Les |>osse8-
sions des chrtUieiis, d'àprès les talmndistes du Bava-Baira,
sont ou doivent être réputées comme un désert, ou comme
le sable de la mer ; le premier occupant en sara le vrai pro-
priétaire*. » Tel est donc son argent que l’usure amène au
seul domicile légitime qu’il puisse avoir ; le coffre des üls
de Jacob.
El le Talmud poursuivant cet ordre d’idées, ajoute à ces
choses : « Il a été enseigné ceci : Lorsqu’un Israélite et un
non-Juif ont un procès, tu donneras gain de cause à ton
frère, et tu diras au non-Juif : Ainsi porte notre code. Si
les lois des nations du monde se trouvent favorables a l’Israé-
lite, tu lui donneras gain de cause encore, et lu diras au
non-Juif : .Ainsi porte votre propre code. Mais si nul de ces
cas n’existe, il faut le harasser de chicane, jusqu’à ce que
le gain de cause reste à l’Israélite*. »
En un mol, « Dieu a ordonné aux Juifs d'enlever les biens
des chrétiens de quelque manière que ce puisse être, soit
parla ruse et la force, soit |iar l’usure et le vol : quovis modo,
sive (lolo, sivc vi, sive usuxa, sivefurto'. L’usure est donc
pour le fidèle du Talmud un acte de sainteté, l’acte dont la
prali<|ue le rapproche le pins utilement, pour le temps et
rélernilé, de la fidélité de ses pères.
Déjà peut-être ces quelques passages rendront-ils notre
stupeur fort excusable lorsque nous nous trouverons en face
lies accusateurs qui ne cessent de tonner contre l’into-
lérance et l’ignorance des chrétiens à l’égard des Juifs;
contre robsciiranlisine et la barbarie des siècles qui enfan-
' Fondement de la foi, de R. Joseph Albo, troisième partie, ch. \xv.
^ PfefTcrkom, Dissert, philolog., p. H ; Eglise et Synagogue, p. 30.
’ Talmud, traité Baha-Kounimah, fol. 113 r». Donnez donc un Israé-
lite vraiment orlhoiloxe pour juge au chrétien 1
* !.. Ferrari, Prompla Bibliolh. Thalm., ord. 1, tract. 1, disl. 4.
(ju'on nous dise d’où vient cette grande pros|)érité des Juifs à Damas
(1840), « et if sera démontré que ce n'esl que rusure, à ï4, 30 et 33
pour cent, qui forme la base de celte richesse, si conforme d'ailleurs
aux prescriptions du Talmud. » Baudin, interprète, chancelier du
consulat de France, Damas; L., ib., S. Laurent, p. Ï93-4.
.•K f
CHAPITRE CINQUIÈME. -18!
tèrent h l’Église ces pléiades de docteurs si juslemeni con-
sidérés comme la gloire de leur époque, comme la lumière
des âges de foi robuste, et comme la charité vivante du
christianisme : les Albert le Grand, les Pierre Lombard, les
Bonaventure, les Thomas d’Aquin, les Bernard,.., noble
postérité de l’école d’Alcuin fondée par le grand empereur
d’Occident, et dont les plus nobles rejetons ne cessèrent,
tout en combattant les énormités du judaïsme, d’étendre
sur les fils d’Israël un bras protecteur et charilable.
Les regards du spirituel et sagace auteur des Juifs rois de
C époque ne s’étaient guère portés de ce côté; mais il avait
suivi d’un œil curieux la constante effusion de piété talmu-
dique répandue dans les actes d’Israël -, et, tout partial que
devaient le rendre aux principes économiques de cette nation
ses idées socialistes, il n’avait pu maîtriser son indignation
devant ces princes de l’usure. Unissant donc sa parole â
celle de Fourier, il s’était écrié de tout l’éclat de sa voix :
« Arrière! ô vous, arrière I horde d’usuriers â charge k l’hu-
manité depuis le commencement des siècles, et qui traînez
par tout le globe votre haine des autres peuples et votre in-
corrigible orgueil. » Arrière! car, « toute fourberie vous est
louable quand il s’agit de tromper qui ne pratique point
votre religion ‘ , »
Moins dur que ces myriades de témoins dissemblables
de tous les siècles fut cependant pour les Juifs, dont il se
montra l’ange consolateur, le roi-citoyen Louis-Philippe, ce
prince, l’un des coryphées de la franc-maçonnerie, auquel
la Révolution livra le trône pour quelques années, et que
quelques-uns de ses flatteurs appelèrent le dernier des Vol-
lairiens-, car l’histoire, nous dit l’Israélite Bédarride, doit
enregistrer les magnifiques paroles que ce chef de l’État ne
craignit point d’adresser au président du consistoire, à
l’occasion du 1*" janvier : « Ainsi que l’eau qui tombe
goutte a goutte finit par percer le rocher le plus dur, de
* Toussenel, Les Juifs rois de l'époque^ p. xii, ib. 4; Paris, 4847;
et lire Fourier, Nouveau monde, p. 421, seconde étlilion.
181
LES JUIFS.
même Vinjuste préjugé qui vous poursuit s’évanouira devant
les progrès de la raison humaine et de la philosophie'. »
Et nous entendions tout à l'heure le procureur général
de l’un des aïeux de ce meme Prince, le Régent, que nul
n’accuse d’être un des saints de l'Église, appeler les Juifs
dans un de ses réquisitoires : « les monstres de la société
civile! « De l’époque de la Régence h celle de Louis-Philippe,
chassé du trône par les progressi tes de 1 8 18, la raison humaine
et la philosophie avaient donc réalisé de grands progrès!
Toute la réponse h cette question est dans le titre même
de l'ouvrage que nous venons de nommer ; Le» Juifs roi» de
l’époque. Les Juifs étaient alors, ce que désormais ils ne cesse-
ront guère d’être, les rois de l’époque, et l’usage est de flatter
les rois. Mais qui faisait d’eux les puissances de ce monde?
l’argent, c’est-à-dire l’usure, l’usure qui puise dans l’édu-
cation talmudique sa vie glorieuse et sacrée !
La morale de ce chapitre serait-elle donc, si la voix de
la vérité peut y dominer celle du progrès, que, depuis la
chute de Jérusalem, les Juifs sont redevenus le premier des
peuples pasteurs-, et non plus simples pasteurs de troupeaux,
à l’exemple de leurs ancêtres établis par Joseph, sous l’un des
Pharaons, dans la terre de Gessen, mais pasteurs d’écus,
doués de la vertu magique de dévorer chez les peuples qui
les hébergent la verdure et la grai.ssc de la terre? '
L’histoire des Juifs, ces hommes dont l’inépuisable génie
se met au service de la Révolution pour exploiter les peuples
de compte à demi avec ceux qui bouleversent les trônes,
et l’histoire de la plupart des sociétés financières de l’Europe,
dont les gouffres n’ont cessé d’engloutir l’or et souvent
riionncur des familles, voilà ce qui formerait une suite bien
naturelle de ce prélude^ voilà ce (jiii ferait apparaître à nos
yeux dans tout le grandiose de leur majesté les scandales
de l'usure. Mais nous laissons à d’autres [ilumcs l’honneur
de caîlte tâche-, nous nous bornons à donner aux chapitres
suivants la mission de confirmer le chapitre actuel, où
’ Bédarride, Les Juifs en France, etc., p. 430, seconde édition, 1864,
- 1-by tîcKigle
chapitre cinquième. <»3
M. Bédarrkle eut le courage héroïque do nous dire ; « Non,
le Juif ne fait |>a$ l’usure , car i7 ne peut la faire; » mais où les
faits nous tiennent un tout autre tangage. Et nous ne nous
en étonnons guère, car, nous connaissons deux hommcss
pour qui l’impossible n’est qu’un jeu : le Français sur les
champs de bataille, et le Juif partout.
NOTE.
Correspondance (Urangèredii Afonde, Î7 mars 1866. o ... A celte occa-
sion, il est encore utile défaire connaître la fraude commise au préjudice
de l’Etat dans les mines d’argent de Pribratn, en Holu'mc. Un ouvrier qui
travaillait chez un orfèvre juif de Prague révéla à la police (lue son
maitre allait envoyer à Leipzick une caisse d’argent en lingots dont
l’origine était suspecte. L’argent a été trouvé et saisi, et le Juif arrêté.
La déposition de ce dernier a conduit à la découverte d’un vol très-
considérable continué pondant uno longue série d'années. L'État a clé
ainsi frustré de plusieurs millions de florins. L’argent était soustrait
par des mineurs et vendiià des Juifs... (Lire la suite),
» Sans doute, la découverte de ce vol a contribué beaucoup o faire dé-
border la mauvaise humeur que la population ouvrière de Bohême
nourrissait depuis longtemps contre les Juifs. Le cri de strièro (argent)
ust devenu le mot d’ordre dans les persécutions dirigées récemment
contre les Juifs en beaucoup d'endroits de ce pays, et qui ont pris une
extension telle que le gouvernement s’est vu dans la nécessité de re-
courir à des mesures énergiques...
» Qu’on ne s'y trompe pas. Depuis que la liberté de l’industrie a été
admise en Autriche, l’aversion contre les Juifs a augmenté parmi les
ouvriers chrétiens, aon-seulcmonl eu Bohême, mais aussi dans les autres
provinces où cette nation fournit un grand contingent à la population.
Jusque dans la capitale de l’empire, où le peuple est plus civilisé que
dans les provinces, on peut entendre très-souvent des artisans se
plaindre que « les alTaires vont mal parce que les Juifs ruinent tout, n
Et puis ils ajoutent avec ironie ; « Que les Behêmes les chassent, à
Vienne ils seront reçus à bras ouverts. »
» En effet, les Juifs, qui possèdent les capitaux, se mêlent à prêtent
de tout et font de gros pruQts. Aux petits artisans ils laissent, en re-
vanche, ù peine do quoi vivre. Cependant les excès commis en Bohème
avaient, outre cette cause générale, des motifs spéciaux qui dérivent
plus directement do la conduite dos Juifs dans les endroits où les dé-
.sordres ont commencé. C’était justement dans le di.strict do Ilostomic,
où un prêtre catholique zélé, le P. Kahoul, voyant la misère dans la-
quelle tombaient peu à peu les habitants do celte contrée, qui sont
pre.s(|ue tous cloutiers, avait fondé une association pour améliorer
leur sort. Cette association a pour but de fournir à ces pauvres artisans
le far à bon marché, et de vendre les clous avec plus de profil. Mais
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184
LES JUIFS.
les marchands juifs intriguèrent tellement contre celte association, et
ils entravèrent ses opérations de telle sorte, qu’elle ne put jamais obte-
nir les résultats vers lesquels tendaient les efforts du P. Kaboul. Ces
hostilités leur ont coûté bien cher. Dans cette occasion, l’Église catho-
lique a donné un nouvel exemple de sa tolérance. C’est surtout chez
les prêtres catholiques que les Juifs persécutés ont trouvé asile. S. Em.
le cardinal-archevêque de Prague a même adressé une circulaire au
clergé de son diocèse, dans laquelle il l’exhorte à faire tous ses efforts
pour empêcher de nouveaux désordres. » Et la Roumanie, etc., etc.
CH.\P1TRE SIXIÈME.
L’ASS.4SSIN.t.T TALMUDIQUE.
Assassinats, ou sacrifices de chrétiens, commandés en certains cas
par le Talmud, qui est le renversement du Décalogue. — Ce crime
d’idolâtrie magique et d’anthropophagie, signalé dans la Bible, est
traditionnel. — Ces crimes disparaissent dans les centres de civili-
sation ; ils ont été de tout temps et de tous lieux chez les talmudi-
sants. — Le Juif les nie avec son aplomb caractéristique. — Exemples
et autorités. — La plus grave magistrature des chrétiens n’est com-
posée, au dire du Juif, que d’ignorants et de bourreaux. — Pièce
authenti(jue qui nous montre les Juifs commettant ce crime à ciel
ouvert, parce qu’ils s’imaginent avoir une garantie légale. — Les
princ.es sans cesse obligés de sévir contre eux. — Un de ces crimes,
commis il y a quatre siècles, semblable dans tous se.s détails à celui
dont fut victime, en 1840, le Père Thomas. — L’Eglise se prononce
sur ces crimes sacrés comme la magistrature séculière. — Les Juifs
s’appellent peuple au cœur tendre ! — Récit parallèle au précédent ; as-
sassinat religieux du Père Thomas et de son domestique. — Menus
détails, interrogatoires, procès-verbaux, horreurs inexprimables. —
Intrigues judaïques contre la justice et contre le consul de France. —
Députation et pression des Juifs d’Europe sur le souverain de l’Egypte.
— L’or. — La justice arrêtée : son recul après la condamnation des
assassins. — Négation du crime par tous les Juifs de la terre, mal-
gré la surabondance et la précision des détails. — Paroles du sou-
verain de l’Egypte et firman. — Silence de la justice obtenu. —
Fureur et rancune du Juif contre M. Thiers, parce que ce ministre
de Louis-Philippe a osé louer à la tribune la conduite du consul de
France contre les assassins. — Ce digne représentant do la France
n’est arrêté ni par les millions ni par les menaces. — Les pièces
du procès, où nous puisons, dépo.sées au ministère des affaires étran-
gères. — Ces crimes religieux ont une rc.ssemblance si frappante,
malgré les siècles qui les s<;parent, que la pensée de dates distinctes
s’efface devant la nature des faits. — Conclusion. — Note.
« L’horrible assassinat du Père Thomas ne peut être im-
puté qu’a ses aiïreux meurtriers , et aucun homme sérieux ne
CHAPITRE SIXIÈME.
185
croit aujourd’hui qu’en aucun pays du monde les Juifs
puissent se croire autorisés par leur religion h immoler les
chrétiens. Tel fut, au congrès catholique deMalines(1865),
auquel nous eûmes l’honneur de prendre notre petite part ,
le langage du R. Père Bonaventure du Maine, de l’ordre
des Mineurs conventuels', et le discours de ce docte et
digne religieux est une preuve vivante de la charité du
catholicisme ’a l’endroit des Juifs. L’histoire, qui doit tout
savoir et tout dire, peut-elle ratifier ce langage?
Le Talmiul, et nous ne l’aurons pas oublié sans doute,
est la conscience du Juif orthodoxe, et la Cabale, '< cette
mère des sciences occultes, dont le dogme est celui de la
haute magie *, » est l’âme du Talmud. Il suffira de ce double
souvenir pour dissiper les objections que soulèvent d’elles-
mêmes les énormités de ce chapitre, et, chemin faisant vers
la vérité, nous nous rappellerons que si, depuis la mort du
Christ, le Juif se livre ’a certains actes de férocité religieuse
et de fanatisme sanguinaire que l’histoire lui reproche , le
Juif se borne k continuer ce que faisaient ses pères ^ il se
borne k perpétuer le crime d’idolâtrie magique et d’antbro-
pophagie sacrée dont scs ancêtres s’étaient rendus les imi-
tateurs après en avoir été les vengeurs. La vive et saisissante
peinture de ces horreurs nous est conservée dans le livre
par excellence , dans la Bible , c’est-k-dire dans le livre dont
le Juif fut , dans tous les siècles , le plus zélé conservateur,
et dont la vérité sans cesse attaquée défie plus que jamais
toute critique ’ !
Ces choses dites, afin de préparer k certaines monstruo-
‘ Tome I"' de ce congrès, p. 410.
^ Ragon, Maçorm. occulte, p. 78 ; Paris, 1853. — Eliphas Lévi, His-
toire de la magie, p. 23 ; Paris, 1860.
“ Bible, Livre de la Sagesse, chap. xii, etc., etc. « Les anciens ha-
bitanis de Chanaan faisaient des œuvres détestables par des enchante-
ments et des sacrifices impies, parce qu’ils tuaient sans pitié leurs
propres enfants, qu'ils dévoraient tes chairs, les entrailles des hommes
et leur sang, contre votre loi sacrée, etc. » Ch. xii et xiii, v. 4, 5, etc...
Après avoir été les destructeurs de ces impies, les Juifs en devinrent
les imitateurs. Lire tes /lois, liv. III, ch. xi, etc., etc., les Paralipomènes
et les prophètes, passim... Voir au chapitre suivant les citations.
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486
LBS JUIFS.
sités l’esprit du lecteur, quelqu’un serait-il en droit de re-
prendre celui qui tiendrait ï Isnel ce langage : Ijü doctrine
religieuse, c’est-à-dire la doctrine talmudique du Juif /ran-
ckement orthodoxe, à l’égard du chrétien, est celle de l’usure,
du vol, de la spoliation, du rapt et de l’homicide*, en tm
mot, elle est le contrù-pied de la loi naturelle, elle est le ren-
versement du Décalogue qu'lsraél tenait des mains de Moïse
et que l’Église hérita de la Synagogue? L’homme qui n’est
point en deuil de son bon sens aurait-il donc lieu de s’éton-
ner des atroces assassinats , dee assaseinats religieux que le
monde makométan et le monde civilisé reprochent au Juif de
toutes les époques? Et l’histoire ne redit-elle pas, dès qu’un
souille agite ses feuillets, qu’il n’est à cet endroit ni siècle
ni pays qui n’expose au plein jour de l’évidence des légions
de faits accusateurs?
Aujourd’hui cependant, sous le toit du Juif, dans les
centres de la civilisation de l’Europe , cette odieuse qualité
de crime, l’assassinat pour cause de religion, disparaît et
cesse d’etre nommée. Nous ne doutons nullement de ce
progrès, et nous l’airirmerions au besoin, malgré le nombre,
plus considérable qu*on ne le suppose, d’hommes, de femmes,
d’enfants, qui, dans certaines grandes villes de notre Europe,
sans laisser la moindre trace derrière eux, et à la profonde
stupeur de ceux qui les entourent, disparaissent à tout ja-
mais. Nous n’ignorons ni la part que réclame le chapitre des
accidents étranges, celui des vengeances particulières ou
des consé(juences criminelles de la débauche, ni les besoins
de sang de la magie renaissante et proche alliée des supersti-
tions talmudiques ni les jugements révolutionnaires que
portent et se vantent d’exécuter les tribunaux des sociétés
secrètes qui sous-minent !e monde actuel, et dont les Juifs,
— si l’on nie qu’ils en sont la tête et le conseil, — parta-
gent du moins avec ardeur et dévouement les incessants
travaux. Nous nous tairons donc sur les choses qui nous
sont inconnues, mais sans oublier quelles justes consé-
> Preuves ailleurs.
CHAPITRE SIXIÈME. 187
quences doivent naître cl sortir de celles que nous avons
apprises. Et, pour ne porter nos pas que sur uii terrain où
le mouvement ne puisse provoquer aucune chute, nous vou-
lons nous borner tout ù l'heure , après un coup d’oeil de U
durée de l’éclair jeté dans la profondeur des temps passés ,
à signaler une région où la documents que nous soumet-
tons à ta critique du lecteur nous certifient que la pratique
de ce crime était hier encore ce que jadis on la voyait
ailleurs '.
Le Juif n’ignore aucun de ces documents, mais il se
garde bien, lorsqu’on les lui objecte, de s’en émouvoir, et
devant chacun d’eux voici sa réponse ; La parole de l’Église
et la parole de l’histoire.ne sont, dans le cours entier des
siècles, que calomnie, lorsqu'elles accusent le Juif de prati-
quer l’usure j eh bien, à plus forte raison ne sont-elles que
calomnie lorsqu’elles l’accusent d'assassiner des chrétiens
pour obéir au vœu de son culte.
Mais chut! ebuti et cependant ne craignons point de
prêter un instant l’oreille 'a Khistoirc. Un Juif cbevauche,
et, sur sa roule, il aperçoit un enfant de trois aus; nul ne
l’obsene, le coup se fait, il l’enlève; et survient le père
éploré : — Vous cberchez votre üls? lui disent quelques té-
moins inaperçus du rapt; il vous sera facile de le trouver;
suivez celte voie, tenez, nous l’avons vu, nous. Raphaël
lœvi passait tout à l’heure à cheval et le tenait enfermé dans
son manteau Ces paroles mirent les chercheurs sur les
traces de l’enfant ; mais , hélas I à quoi bon ? car, lorsqu’on
le découvrit, on ne ramassa plus qu’un cadavre gisant dans
les bois de Glaligny; c’était non loin de l’endroit où l’avait
enlevé Raphaël.
L’inspection du corps démontra que l’enfant n’avait été
nullement déchiré par les bêtes, ainsi que les Juifs s’entê-
taient h le soutenir, mais que la main de l’homme avait
• Les Juifs français el anglais, soit dit à leur louange, travaillent de
toutes leurs forces à déraciner en Orient ces atroces superstitions du
l'almud.
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488
I.F.S JUIFS.
exécuté le crime. Et non-seulement les indices accusateurs
les plus violents s’accumulaient contre Raphaël , mais plus
tard un billet tombait aux mains du lieutenant de la ville,
écrit par le meurtrier lui-même à la synagogue de Metz, et
nous en soumettons le texte au lecteur : « Je soufTrirai la
mort comme un enfant d'Israël , et je sanctifierai le nom
de Dieu. Je me suis jeté dans le malheur où je suis pour
rendre service à la communauté \ le grand Dieu m’assis-
tera ‘ . »
Or, k propos de ce crime et de quelques accusations de
même nature, M. l’avocat juif Bédarride remonte le cours
des ans et nous tient ce langage : n Le malheur des temps
obligeait le roi Jean a demander l)eaucüup h ses sujets, et,
par conséquent, k beaucoup accorder aux Juifs. Le peuple
devait donc voir avec un œil d’envie tant de faveurs! Aussi
des plaintes s’élevaient-elles contre eux de toutes parts! On
ne se bornait pas k leur reprocher leur usure, mais il n’était
point de fables qu’on n’inventât pour les rendre odieux.
Celles qui se reproduisaient le plus souvent, c’était de pro-
faner les hosties, de tuer un enfant le vendredi saint, enfin
d’empoisonner les fontaines. Ces contes ridicules, inventés
par la méchanceté , répétés ensuite par l’ignorance, finis-
saient par être regardés comme des vérités; et telle était
la foi qu’on y ajoutait, qu’il n'est pas un seul historien de ces
temps qui ne les ait reproduits en les présentant comme
positifs'. B
Enfin k au dix-septième siècle, k une époque où, dans
tous les États, on avait fait justice des accusations absurdes
que la malveillance avait suscitées aux Juifs, il se trouva
dans le parlement de .Metz des magistrats disposés k y
ajouter foi : Un grave arrêt de ce parlement condamna plu-
sieurs Juifs k être brûlés pour avoir égorgé un enfant du
village de Glaligny k l’occasion de la Pâque. Un arrêt aussi
étrange pour l’époque dispense de toute réflexion; il fait assez
' D. Calmcl, Histoire de Lorraine, t. III, p. '.'il.
Bédarride, p, 245. 76., iU., 13U-I. /bij.. Des Juifs, 1H6i.
, Digilir
CHAPITRE SIXIÈME. 189
connaîlrc quel était, au dix-septième siècle, l’etprit public a
l'égard des Juifs d’Alsace »
Les graves magistrats de nos parlements sont des juges
légers, iniques, des bourreaux, et les Juifs des innocents
dévoués aux torturesl Première conclusion k tirer de ces
paroles, que les Juifs répètent invariablement dans les mêmes
circonstances, et qui portent avec elles leur morale. Mais
ne nous arrêtons pas k cette minutie, et remontons k notre
tour le cours des âges ; car une pièce trop importante , et
sortie d’une plume trop sûre, vient heurter notre main pour
que nous, qui nous sommes fait le soldat de la vérité, nous
hésitions k la placer au grand jour. Elle nous rejette dans
les profondeurs du lointain , mais que nous importe la
distance? Car si, jusqu’aux jours actuels, le Juif fut immuable
dans sa doctrine et dans ses mœurs, ainsi que nous l’affirment
d'une même voix les ennemis et les patrons de la race ju-
daïque, nulle diflérence sensible de croyances et d’actes ne
peut exister d’une époque k l’autre chez les fils de Jacob.
En un mot , lorsqu’il s’agit de ces hommes, le siècle le plus
récent doit refléter avec une minutieuse exactitude la phy-
sionomie morale et religieuse du siècle le plus reculé.
On ne saurait attribuer a la comtesse de Champagne,
Marie de France, femme du comte Henri II , nous dit en
l’an 186S le savant archiviste de l’Aube, « un fait qui eut
lieu en 1192 dans les domaines d’un de ses vassaux. Les
Juifs de Braisne ayant couronné d'épines un chrétien, te pro-
menèrent dans les rues en te fusliyeani, puis te erucifièrent ; le
tout avec la permission d’Agnès, dame de Braisne, com-
tesse de Dreux Agnès leur avait abandonné ce chré-
tien , sous prétexte qu’il était convaincu d'homicide et de
vol. »
K L’indignation fut générale! Aussitôt Philippe Auguste,
— frère consanguin de la comtesse de Champagne, Ma-
rie, — et nouvellement arrivé de Terre sainte, se rendit en
* Bédarride, il., p. 375.
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190
LES JUIFS.
personne à Braisne, et, à litre de représailles, y fil briller
quatre-vingts Juifs »
Justice atroce, ou barbare vengeance, mais vengeance
d'un crime qui révèle d’une manière authentique la foi , la
conscience religieuse des coupables! .\gnès se prétend inno-
cente parce que celui iju'elle abandonne à ces fanatiques est
un scélérat; et ces misérables se donnent la joie de céder
publiquement au vœu de leur culte en renouvelant les
scènes de la Passion sur un chrétien, parce ipie sa mort,
d’après leur calcul , ne doit attirer sur leur tête aucun ebâ-
limenl, puisqu’il leur est légalement livré. Rien cette fois,
pensent-ils, ne les oblige a se contraindre, et Us se laissent
voir au naturel. Est-il, nous le demandons en toute simpli-
cité, pièce historique plus précise et plus concluante?
Le roi Philippe .\uguste é|iroiivait donc une grande aver-
sion pour les Juifs et le témoignait, quoi qu’ils fussent puis-
sants dans son royaume, et tout particulièrement à Paris.
Car ce prince, .sons le règne duquel eut lieu ce crime carac-
téristique, avait ouï dire aux seigneurs qui avaient été élevés
avec lui, (|ue tous les ans, le jeudi saint, ou quelque autre
jour de la semaine sainte, les Juifs sacrifiaient un cliréticn.
Du lern^is du roi son père, ils avaient été souvent con-
vaincus de cet acte religieux et l’avaient expié. Ce n’était ni
sur des fables, ni sur de simples rumeurs populaires que les
juges prononçaient leur sentence; et rien ne nous semble
plus indigne de gens (jui n’ont imint perdu tout bon sens
que d’accuser ’a tout propos de passions atroces et de pré-
jugés imbéciles la magistrature entière des grandes nations,
tandis (|ue l’étude pacifique des faits obligerait les accusa-
teurs de CCS magistrats a confesser qu’eux seuls ont llécbi
sous le poids de préjugés contraires, qu’eux seuls ont em-
brassé des erreurs h peine excusables chez des aveugles.
' Uistoire des ducs et comtes de Champagne, t. IV, 1'* partie, p. 7î;
Paris, 1865; par .M. cl’Arbois de Jubainville, tddipCe d’aprè.î les char-
tes, et qui obtint de l'Académie des inscriptions le grand prix Goberl.
— Faits semblables, mais clandestins, dans Huhrbai hcr, Htsluire unï-
verseUe de l'Eglise, l. XIX, p. 2i7, etc.; Paris, 1851.
CHAPITRE SIXIÈME. 191
De tous côU's, en effet, si nous prêtons l’oreille à l’iiis-
toire, nous entendons retentir le même cri. L’abbé de Saint-
Michel le pousse eu l’année 1171, et le comte Thibaut de
Chartres le répète en livrant au bûcher plusieurs Juifs de
Blois, reconnus coupables d’avoir choisi le temps pascal pour
le crucifiement d’un enfant. Alors succombe à la porte de
Paris, h Pontoise, une autre victime aussi célèbre que le
jeune Guillaume d’Angleterre dans les fastes du martyro-
loge romain; car l’Angleterre, séparée de la France jiar la
mer, lui renvoie l’écho de ses cris contre le Juif. Les mêmes
crimes répouvanteni et l’exaspèrent; ses annales semblent
être une copie des nôtres, et l’Église, de son coté, confirme
les faits dont ces deux pays hostiles nous transmettent le
souvenir, en établissant (]ue de nombreux et d’incontesta-
bleS miracles se sont accoinidis sur les tombes où reposè-
rent les reliques de ces victimes
Nulle autorité dans le monde savant n’égale, sur le ter-
rain de l’histoire, l’autorité des Bollandistes; et ces puissants
investigateurs conquirent , par le mérite de leur rigoureuse
et inllcxible critique, l’admiration des hommes sérieux qui
militèrent dans les camps les plus opposés. C’est pourquoi
la plupart des faits de cette nature que nous avons choisis
ont pour base ce témoignage insigne, corroboré i>ar celui de
graves écrivains, et quelquefois même d’écrivains sceptiques.
A l’époque donc où rayonnait dans tout l’éclat de sa
splendeur une pléiade des plus grands docteurs de l’Église,
restés aujourd’hui même les princes de la philosophie chré-
tienne, au mois d’avril de l’année 1287, — nous disent les
Bollandistes, — un jeune chrétien du diocèse de Trêves
tombait a Wescl sous le couteau des Juifs. C’était un pauvre
manouvrier de quatorze ans, du nom de Verner. Les fidèles
• Robert de Monte, an 1171 ; Jean Bronipton, Chron. Gervas., 1 181 ;
Pagi, ann. 1179, n" 17, et ann. 1181 , n" 15; Bollandi.'iles. Acta SS.,
i7niart. Rnhrbacher, II iiloirc universelle de. l Eglise, t. XVI, p. 405-6;
Paris, 1851. Lire B.ironius, Annales, t. X.XtV', anno 1286 ; In Angliam
Jitdœi, etc. Id., Enfant oioné an mur, et qui eut le côté percé d’une
lance, à Saragosse, en lîâO. Blanca, Comment, rer. Aray., in Jacob,
1, ih., XVlll, p. 683, etc., etc.
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19? LES JUIFS,
du Talmud le prirent a la journée, et l’employèrent h re-
muer la terre d’une cave-, son hôtesse, inquiète de le voir
mis h celte tâche, lui dit : Garde-toi des Juifs, Vcrner, car
voici le vendredi de la semaine sainte! — Bah! j’ai confiance
eu Dieu, répliqua le jeune homme ^ et, le jeudi saint, il
reçut la communion pascale. — Les Juifs aussitôt de l’atti-
rer dans la cave, et de le bâillonner pour étouffer ses cris;
l’instant d’après, ils rattachèrent la tête en bas à un poteau,
dans l’espérance de lui faire rendre l’hostie et de s’en empa-
rer. Mais leurs essais furent infructueux. Ils commencèrent
dès lors à déchirer â coups de fouet ce pauvre adorateur du
Christ. Ils lui ouvrirent ensuite les veines avec un couteau-,
ils les jrressèrent, afin d'en extraire tout le sang; et, pendant
trois jours entiers, ils laissèrent ce corps suspendu tantôt
par la tête, et tantôt par les pieds, jusqu’à ce qu’il eût cessé
de rendre son sang
Un peu moins de deux siècles plus lard, les Bollandisles
nous offrent le récit du martyre d’André le Tyrolien, mis à
mort dans les environs de Bolsano. Les Juifs, frappés de la
beauté de cet enfant, l’avaient enlevé, circoncis, couvert
de blessures, puis avaient extrait tout le sang de son corps, et
l’avaient attaché en croix à un arbre en blasphémant le nom
de Jésus...
Le contemporain de Voltaire, l’une des plus grandes illus-
trations scientifiques de son siècle ,nBenoît XIV, après avoir
rapporté ce fait, suivi d’un autre semblable, dans sa bulle
Beatus Andréas, mentionne le martyre de saint Laurenlin
{ÎA>renzino) mis à mort par les Juifs dans le pays de Vicence,
et l'accompagne de celui de sainte Ursule, jeune fille éga-
lement victime des barbares de la Synagogue.
Peu de crimes, cependant, étonnaient moins le peuple
que ces fréquentes énormités, par la raison que la connais-
sance du Talmud était alors chez les chrétiens chose vul-
gaire, et que nulle race ne restait plus immuable dans ses
< Bollaudistes , Acta SS., 19 avril. — Godescard, t*6., 18, — Nous
sommes loin de rapporter tous les faits semblables!
CHAPITRE SIXIÈME.
193
praliques religieuses que la race judaï(|uc. Les Juifs une
fois connus, il semble donc qu’on doive les connaitre à tout
jamais; et, tels on les voyait en ces temps lointains, tels en
effet les retrouvions-nous hier à notre porte ; assertion qui
se vériüc d’elle-même si nous rapprochons l’un de l aiitrc
deux épisodes que près de quatre siècles scpareiu, et qui sem-
blent , au point de vue religieux et moral , réclamer mie
seule et même date!' Le second , tout retentissant encore sous
le nom du Père Thomas, s’est passé de nos jours, et l’année
1475 forme le millésime du premier, par lequel il importe
de commencer notre récit.
L’enceinte de la ville de Trente, que le dernier concile
œcuménique rendit célèbre dans les fastes de l’Église, ren-
fermait trois familles juives dont les chefs se nommaient
Tobie, -\nge et Samuel; et, chez ce dernier, demeurait un
vieillard h longue barbe du nom de .Moïse. Le mardi de la
semaine sainte, c’esl-ît-dire le 21 avril 1475, ces Israélites
se réunirent dans la maison de Samuel, dont une partie for-
mait la synagogue. Et, comme ils devisaient ensemble,
Ange de s’écrier tout 'a coup : « Rien ne nous manque i)our
la Pâque, en vérité, si ce n’est une chosel line seule! — El
laquelle donc? » Ils se regardèrent et se comprirent!... Ce
qui manquait, c’était un enfant chrétien que les Juifs avaient
l’habitude « d’égorger en mépris de Noire-Seigneur, et
dont ils mangeaient le sang mêlé ’a leurs azymes... »
La victime se trouva sans peine; mais en quel endroit
accomplir ce sacrifice si méritoire en Israël? Chez Tobie?
chez Ange? Non; ceux-ci refusèrent; leurs maisons, trop
étroites, ne permettaient guère de dérober aux domestiques
une action si grave et si longue. On s’en tirerait mieux et
plus sûrement chez Samuel. — « Lazare, dit Samuel à son
domestique, si lu as l’adresse de me dérober un petit chré-
tien, je te donne à l'instant deux ducats. » — .Mais Lazare
eut peur, prit ses hardes, et s’enfuit dans une terre étran-
gère.
Le jeudi, les Juifs dirent en synagogue à Tobie, qui pra-
13
494
LES JUIFS.
tiquait la médecine : « Nul mieux que vous ne peut nous
servir, car vous vivez dans la familiarité des chrétiens-, vous
ne leur causerez aucun ombrage , et nous vous récompen-
serons généreusement... » Le péril était grande Tobie re-
fusa. Mais la communauté voua sa tête aux exécrations, et
a synagogue lui fut h jamais interdite s’il hésitait à se dé-
vouer. Les promesses jointes aux menaces le déterminèrent;
’ il obéit, et l’on convint que, jusqu’il l’exécution de ce com-
plot, les portes des Juifs ne se fermeraient point h clef, afin
de faciliter au médecin le rapt de l’enfant.
Tobie sortit donc vers le soir-, il lit la rencontre d’un
petit garçon de vingt-neuf mois, d’une beauté parfaite, et qui
se nommait Simon. L’enfant fut attiré, caressé, puis enlevé
et soigneusement caché-, car les parents et la population
, avaient aussitôt pris l’alarme : Qu’est-il devenu? Qui donc
aurait commis ce rapt? Il faut le chercher chez les Juifs!
les Juifs l’auront volé pour le crucifier Ainsi se disait-
il; mais la nuit survint.
Un profond silence régnait. Les Juifs conduisirent l’en-
fant dans un vestibule;' et l’un d’eux. Moïse, qui passait
pour savoir le temps de la venue du Messie , le reçut sur ses
genoux. Ce fut Ik le chevalet de la torture. Samuel lui serra
le cou de son mouchoir, afin d’étoulfer ses cris -, d’autres lui
tinrent les mains, d’autres les pieds et la tête, tandis que
Moïse, armé d’un couteau, le circoncit. Aussitôt après, il se
prit a le tenailler et k lui arracher la chair, dont une coupe
recevait les lambeaux; puis chacun a son tour fit ce que
Moïse avait fait, et le sang qui coulait fut recueilli dans des
écuelles. Mais le mouchoir enroulé autour du cou de Simon
se relâcha, et le râle sortant de la gorge k peu près libre,
inquiéta les Juifs. De leurs mains appliquées sur sa bouebe
ils se hâtèrent de le suffoquer, et l’enfant parut k moitié
mort. Moïse, alors, l’implacable vieillard, assit Samuel k sa
gauche ; ces deux hommes étendirent violemment eu forme
X de croix les bras de la victime, et les Juifs, armés de poin-
çons, vinrent k l’envi le percer de coups, du sommet de la
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CHAPITRE SIXIEME. 195
tête an bout des pieds. «Voilà, voilà comment nous avons lue
Jésus, le Dieu des chrétiens', ainsi soient a jamais confon-
dus nos ennemis!... » Et l’enfant rendit le dernier soupir,
après avoir résisté plus d’une heure h cet atroce supplice...
Les Juifs aussitôt lavèrent le sang de son corps, et, de
cette eau, ils aspergèrent leurs maisons, chacun se sentant
heureux de pouvoir s’en laver les mains et le visage
Mais nous croyons devoir interrompre un instant le cours
de ce récit par une réflexion (|ue les Pharisiens modernes
nous adressent aujourd’hui même, afin de nous faire ofti-
ciellement savoir ce qu’ils sont, de même que le Phari-
sien de l’Évangile croyait devoir se faire connaître à Dieu,
lorsque, se tenant fièrement debout, il lui adressait ce lan-
gage : « Mon Dieu, je vous rends grâces de ce que je ne suis
(loint comme le reste des hommes, qui sont voleurs, injus-
tes et adultères; ni même comme ce publicain! » Tandis
que « le publicain, au contraire, se tenant éloigné, n’osait
même pas lever les yeux au ciel, mais frappait sa poitrine
et disait: Mon Dieu, ayez pitié de moi, qui suis un pécheur'.»
Les continuateurs et les apologistes des Pharisiens nous
disent donc, en septembre 1867 ; « La dureté et la cruauté
ne se rencontrent que chez les payens; mais les descen-
dants d’Abrahara, les Israélites, à qui Dieu a révélé sa doc-
trine si parfaite et prescrit des lois si jnstes, sont animés
de bonté envers toutes. les créatures. Dieu, à qui nous de-
vons nous efforcer de ressembler, n’est-il pas miséricor-
dieux?... C’est là, en eflet, le caractère dominant en Israël;
et, s’il a été qualifié de peuple à la nuque dure', on peut, avec
non moins de vérité , l’appeler peuple au cœur tendre. Ses
vices sont parfaitemetu rachetés par ses qualités , qui reste-
‘ Evang. S. Luc, ch. xviii, v. 11 , 13.
Le Seigneur dit à Morse. : Ce peuple a la tète dure, et non pas la
nuque, ce qui serait absurde : l’opulus duras cervicis es; Exode,
cil. XXXIII, V. 3-5;xxxii, 9: xxxiv, 9. L’Evangile se fait encore mieux
comprendre : C'est à cauiic de la dureté de votre cœur que Molscvous a
permis de renvoy er vos femmes ; a ad duritiam cordis vcslri. » S. Matlh.,
ch. XIX, V. 8. ùs faits nous disent si Moïse et l'Evangile peignent
plus exactement les Juifs qu’ils ne se peignent eux-mèmes.
13.
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196
I.KS JUIFS.
roiit jusqu’aux derniers sièrlcs coramo un lémoignage en sa
faveur. Ouil cet Israël niait vivement pénétré des sen-
timents de la fraternité humaine etc., etc. »
Or, nous répétons une fois encore qu’il ne s’agit nulle-
ment dans ces pages de l’Israélite observateur de la loi de
Moïse. Il ne s’agit en vérité pour nous que du Juif qui se
donne pour l’homme « au cœur tendre, et pénétré des sen-
timents de la fraternité humaine » ; mais qui cède aux vœux
de sa loi religieuse lorsqu’il croit que son devoir est d'égor-
ger un chrétien., un enfant sans défense, et de s’en approprier
le sang. Or, ce Juif qui tout 'a l’heure va se voir poursuivi
par la justice musulmane et par rindignaliou du représen-
tant de la France, pour avoir immolé le Père Thomas
(en I8i0), ce Juif est exactement celui qui s’entend accuser
d’avoir (en I i75) martyrisé le jeune Simon dont la dispari-
tion soudaine alarme et fait trembler les chrétiens.
Aussi voyons-nous les magistrats de Trente qui le cher-
chent, accompagnés de son père cl de sa mère, se livrer à
d’actives perquisitions, et la maison de Samuel est-elle de
fond en comble visitée; mais nul œil n’y découvre le corps
du petit martyr, caché qu’il est sous la paille dans un gre-
nier. Chez cet homme , cependant , et chez tous les autres
Juifs sur qui peuvent s’arrêter les soupçons, l’agitation de-
vient extrême. La justice, d’un moment ’a l’autre, va mettre
la main sur la victime, se dit-on, et signaler à la vindicte
publique les coupables. On s’é|)uisc'en vains conseils; une
résolution succède ’a l’autre, et le parti se prend enfin de
jeter le cadavre dans le canal. — On l’y jette. Mais aucun
des efforts de le tenir au fond de l’eau ne léussit, et ce té-
moin accusateur revient sans cesse a la surface.
Hors d’eux-mémes, et à bout d’inventions, les assassins
s'imaginent alors faire preuve d’babileté en dénonçant, eux
les premiers, h l’évêque, la découverte de l’enfant que les
chrétiens continuaient de chercher. Le voila donc! On s’em-
presse auprès du cadavre; on le recueille, on l’examine;
* Vie de EiUel V Ancien, XVIII, Arch. israél., p. 84S, etc.; <867.
CHAPITRE SIXIÈME. 497
mais, k la vue des plaies afl'reuses qui couvrent ses mem-
bres, un cri de douleur et d’indignation s’échappe de la poi-
trine de l’évêque ; Ah! Seigneur! ce , cri me ne peut avoir
été commis que par un ennemi de la foi chrétienne 1
Le renom de tout homme le suit-, c’est Ik son auréole ou
son ombre. L’accusation du public s’attache donc aux Juifs.
On les sépare les uns des autres-, on les interroge; leurs
réponses ont toutes les discordances du mensonge et leur
visage trahit les cruelles fluctuations de leur âme Le
chef de la magistrature iie veut d’ailleurs négliger aucun
indice-, et, curieux de se renseigner pertinemment sur les
motifs de cette opinion populaire, il fait venir un certain
Jean qui , sept ans avant la perpétration de ce crime , était
devenu de Juif chrétien.
((C’est une coutume des Juifs, dit Jean, le mercredi de la
semaine sainte , de faire des pains azymes et d’y mêler le
sang d’un enfant chrétien. Le jeudi et le vendredi, ils mê-
lent ce sang à du vin. Quand ils bénissent leur table, ils y
ajoutent des malédictions contre le Christ, contre la foi
chrétienne, et prient Dieu de faire tomber sur les chrétiens
les plaies dont il a frappé l’Égypte '. Je me rappelle, dans
ma jeunesse, avoir souvent entendu dire k mon père que,
dans la ville de Tongres, les Juifs avaient conspiré quarante
ans auparavant, et qu’ils avaient égorgé un enfant chrétien
pour en employer le sang k leur pâque. Mais leur iniquité
s’était enfin révélée, et l'aveu de leur crime en avait conduit
quarante-cinq dans les flammes. Mon père, qui parvint k
s’échapper avec quelques autres, eut la chance de pouvoir
s’établir en ce pays »
Ces paroles donnèrent aux investigations de la justice un
surcroît d'activité. Les Juifs, aün de parer le coup, eurent
recours k la ruse, et usèrent de dénonciations perfides,
mais sans parvenir k détourner les soupçons. Leurs frères des
* Id., Baronius, AnncU. eccl., ann. 4320, XXVI. Maledictiones (|uo-
que gravissimæ, etc., ann. 4286, XXIV : Vel polius in execratio-
nibuâ, eic.
498
LES JUIFS.
payt étranger s'eCforçèrent alors, mais vainement, de faire
briller des monceaux d’or aux yeux des juges , aux yeux de
l’évêque lui-même qt du prince Sigismond d’Autriche. Le
monde, comme dans l’affaire du Père Thomas, fut remué par
leur» intrigue», et les plus habiles jurisconsultes mirent ii
leur serv ice leur science et leur astuce. Mais Dieu ne permit
pas l'impunité d'un crime si noir. Us furent condamnés,
roués vifs et brûlés. Deux des moins coupables demandèrent
le baptême , le reçurent et furent simplement décapités.
Le» prince» de la certitude hütorique, les Uullandistes , ont
rapporté ce drame avec une profusion de détails du plus
haut intérêt, mais que le besoin de la brièveté nous force
d’omettre*. Aujourd’hui, quatre siècles environ se sont écou-
lés depuis la date de ce crime; mais nous en relevons les
traits principaux, et nous en retrouvons le mobile en par-
courant quelques-unes des pièces qui nous sont offertes, et
dont se comjwse l’histoire aussi tragique que récente du
Père Thomas de Damas, et de son domestique.
L’Orient est le pays de l’immobilité -, c’est la patrie de la
nation juive et du Talmud. Rien n’y change, ou plutôt, rien
n’y changeait hier encore; car, aujourd’hui seulement, le
mol de Bossuet commence h s’étendre à cette partie du
monde que nous voyons devenir semblable au reste de la
terre, où « la loi du pays est la loi même du changement! »
C’est que Dieu marque à des signes particulier» la 6n de cer-
* Nous ajouterons toutefois à ce fait un argument dont ceux qui sa-
vent la prudence des hauts conseils du catholicisme nous sauront grê ;
c’est que la multitude des miracles qui s’opérèrent sur les reliques do
l'innocent que les Juifs avaient martyrisé, engagèrent de son cùté le
pape Grégoire XJlf à inscrire les lignes suivantes dans les fastes sa-
cres de l’Eglise : « A Trente, passion de saint Simon, petit innocent,
cruellemont égorgé par les Juifs en haine du Christ, et qui ensuite
brilla par beaucoup de miracles. » Le plus grand homme de son siècle,
Sixte-Quint, le seul homme qu’Elisabeth d’Angleterre eût daigné se
donner pour époux, s'il eût pu se marier; ce grand pape, disons-nous,
autorisa plus tard, en 1588, le cardinal Madruce, évêque et prince de
Trente, à célébrer la fête du saint dans son diocèse, en y attachant une
messe propre et un oflicc spécial. Bollandisies, Acta SS., î4 mart.
— Hist. umi>. de FEqlise, t. XXll, p. Ï60; Paris, 185S. — Eglise et
Syn., voir p. 119, 294, et de 269 à 296, une multitude de faits pareils.
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CHAPITRE SIXIÈME.
199
laines époques et le commencement de certaines autres.
Or, la vapeur, qui attache à nos navires et h nos chars les
ailes de l'oiseau, et l’électricitc, par qui le vol de la foudre
devient dans les champs de l’espace le vol même de notre
pensée voyageuse, voilà tout à la fois les instruments et les
indices d’une ère où l’Orient , et le Juif lui-même , vont se
sentir entraînés dans les voies d’un étrange progrès Mais
le millésime de i84û est la date où nous faisons étape-, la
race judaïque était alors en Orient ce qu’on l’avait vue dans
les siècles que nous venons de parcourir , et l’opinion pu-
blique s’y montrait à son égard ce qu’elle fut aux é|H>ques
les plus reculées de l’ère chrétienne. Il nous semblera donc
assez naturel de lire dans l’ouvrage intitulé l'Égypte eons
Mèhémet-Ali , Paris, 1843, que « la fin tragique du Père
Thomas n’a pat occasionné <f étonnement en Égypte, car les
habitants y sont persuadés, et tous ont cette conviction, que
les Juifs égorgent parfois des esclaves chrétiens dont ils
prennent le sang pour le mêler aux pains azymes '. » Et l'un
des membres de la Société orientale, M. Achille Laurent,
répète sous une autre forme cette pensée lorsqu’il s’écrie ;
« Est-il un voyageur ayant parcouru l’Anatolie, l’Archipel,
l’Asie Mineure, Salonique, Smyrne et Constantinople, qui
n’ait entendu le récit d’assassinats semblables à celui de
Damas ’? »
Quant à nous, cédant au besoin d’être rapide, mais pourtant
de ne présenter le récit de faits d’une telle importance que
sous le couvert d’une autorité sérieuse , et qui se compose
elle-même de plusieurs autres, nous commençons par cx-
■ Un ëvéque qui a habité la Chaldée, la Mésopotamie, nous disait
hier que nul changement n’est encore sensible chez les Juifs dans ces
régions; mais demain, hier sera peut-être bien loin!
2 T. 1", I. Il, ch. III, des Juifs. Quod ab omnibus, semper et ubi-
que : caractères de la prescription du vrai !
A. Laurent, Affaires de Syrie, etc., t. H, p. Î64; Paris, 1846. Ce
livre intéressant est devenu rare. Nous le demandâmes à l'éditeur et à
plus de vingt libraires avant que l’un d’eux pùl se le procurer. Il s’est
peu vendu cependant... Mais H y aurait, dit-on, du mystère dans sa
disparition.
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*00
LES JUIFS.
traire de la grande Histoire de l’Égtûe de Rolirbacher une
courte réflexion, suivie d'un résumé de quelques lignes du
drame atroce de Damas.
« Le Talmud, nous dit en l'an de grâce 1851 cet histo-
rien, non-seulement permet au Juif, mais lui commande et
lui recommande de tromper et de tuer le chrétien, quand il en
trouve l'occasion. C'est ln f.ut hors de doute, et qui mé-
rite toute l'attention des peuples et des rois »
Exemple : Nous avons vu, reprend le même historien
douze volumes après ce seizième, c’est-à-dire après s’être
donné le temps de la réflexion, « que, d’après les princi-
pes de leur Talmud et f enseignement si conforme de leurs
docteurs , les Juifs ne peuvent et ne doivent pas plus se faire
scrupule de tromper et de tuer les chrétiens, surtout les chré-
tiens convertis du Judaïsme, qu’ils n’ont de remords et de
repentir d’avoir tué le Christ. » Et « que tel soit encore le
secret enseignement de la Synagogue, un fait épouvantable
est venu le révéler de nos jours : l’assassinat du Père Tho-
mas,Capucin, par les principaux J uijs Ae Damas; » assassinat
commis « par ceux qui passaient pour des hommes de bien ,
et qui, depuis plusieurs années, comblaient ce religieux de
politesses et de prévenances ’. » Or, voici d’après des documents
autres que ceux de l’bistorien des affaires de Syrie, de quelle
sorte les choses se passèrent.
Le 5 février 18 W, ce Père est appelé dans une maison
juive, sous prétexte de vacciner un enfant, opération dans
laquelle il excelle; mais l'enfant est malade , et le Père est
sur le point de se retirer. 11 cède cependant h l’invitation
pressante d’entrer dans la maison voisine, « celle de D*** *,
le plus pieux des Juifs de Hamas! un Juif (|ue les chrétiens
eux-mêmes regardent comme un honnête homme, et que le
• Rohrb., l. XVI, p. t06; Ex. XVItl, 683-i-5, Paris, 185t.
2/6., t. XXVlll.p. 683; 185*.
2 Quoique nous trouvions les noms l'crifs en toutes lettres, nous les
supprimons autant quu possible lors«|u'une accu.sation s'y attache: telle
est notre horreur pour les personnalités. Il est tacile à qui le veut de
les savoir.
CHAPITRE SIXIÈME.
201
Père Tliomas compte au nombre de ses amis, » Le soir com-
mence : on l’accueille avec affection, et bientôt surviennent
les deux frères de puis un de leurs oncles, et deux
Juifs qui comptent entre les plus notables de Damas. Tout
à coup, le Père Thomas, saisi par ces gens k l’improviste,
est bâillonné, garrotté, puis enlevé, transporté dans un
appartement éloigné de la rue, et l’on y attend la fin du
jour. La nuit tombe, et avec elle arrive on rabbin, accom-
pagné du barbier-saigneur sur lequel les sacrificateurs
ont compté pour l’accomplissement de leur projet. — « Allons,
égorge-nous cet homme, nous t’attendions. » — Mais
le barbier pâlit , le cœur lui manque , et il se récuse. Les
sacrifiants, déçus dans leur espoir, prennent le parti d’étendre
â terre le Père Thomas, et le plus pieux des Juifs de Damas,
. l’honnête D^^^, faisant contre fortune bon cœur, se résigne
à lui scier lui- même la gorge avec un couteau. La main lui
tremble cependant! bientôt même il faut que son frère
le remplace, taudis que le barbier se contente de tenir la
barbe du Père, dont le sang est recueilli dans un vase pour
être envoyé plus tard au grand rabbin. Il s’agit ensuite de
faire disparaître les traces de ce meurtre. Les officiants se
mettent donc â brûler les habits de la victime, dont les
chairs sont hachées en menus morceaux et les os brisés
sous le pilon ^ après quoi cette pâte humaine est jetée dans
un cloaque.
Cependant les recherches commencées par le domestique
du Père Thomas ont alarmé les Juifs, et sept des plus no-
tables de Damas, entre lesquels trois rabbins, décrètent
l’urgence de faire disparaître cet homme. Ils le guettent ,
le saisissent, le sacrifient de la même manière qu’ils ont
sacrifié son maître , et ne conservent de sa personne que
tout juste ce que convoitait leur foi talnludique : son sang!
Déjà « plusieurs de ces divers attentats^ nous dit le même his-
torien, (fuoique connus et prouvés, étaient restés sans poursuites
de la part de la justice, à cause de la prépondérance de cer-
tains Juifs dans le gouvernement. » Mais, cette fois, la justice^
20Î
LES JUIFS,
informée par le consul de France, obtint après « les procé-
dures ordinaires et légales du pays, » et sur les débris
presque fumants des victimes, les aveux des coupables.
A cette nouvelle qui les bouleverse, « les Juifs d’Europe
jettent les hauts cris, non contre les coupables, mais contre
la victime; mais contre le consul français, mais contre la
justice. H Digne du noble pays qu’il représente, le consul
de Finance « a fait courageusement son devoir en dépit de leurn
offres, de leurs, promesses et de leurs menaces. I^s Juifs
demandent h son gouvernement sa flétrissure et sa destitu-
tion... Ils offrent en même temps des sommes énormes aux
employés des consulats français pour supprimer les pièces
de la procédure';... » mais la vérité ne se laissera point
étouffer , elle bravera tous leurs efforts.
Après avoir extrait d’une si grave histoire de l’Église ce •
récit sommaire et ces traits généraux , nous croyons devoir
entrer dans quelques-uns des dét|iils caractéristiques de
cette monstruosité, que jamais les Juifs ne nièrent avec une
unanimité plus audacieuse qu’h l’époque actuelle; et, sans
parti pris que nous voulons être , nous puiserons nos docu-
ments aux sources mêmes de la justice, et sous la garantie
de M. Laurent, qui publia les pièces du procès.
Le premier interrogatoire, et c’est par Ik que nous entrons
dans notre sujet, est celui du barbier. Pressé qu’il est de
questions, il se décide, « après de nombreux faux-fuyants
et de manifestes hésitations , à franchement avouer ce qui
suit : »
« me fit venir; j’allai chez lui , j’y trouvai le khakam
(rabbin), etc., etc., et le Père Thomas qui était lié.
et son frère A^^, me dirent : « Égorge ce prêtre. » —
Je répondis que je ne le pouvais pas. « Attends, )> me dirent-ils,
et ils apportèrent un couteau. Je jetai le Père par terre, et,
le tenant avec un des assistants, je plaçai son cou au-dessus
il’une grande bassine. saisit le couteau, l’égorgea, et
’ Rohrbacher, Histoire universelle de l’Église, t, XXVllI. p. 683;
IHtfis, 485*.
CHAPITRE SIXIÈME.
<03
A*** l’acheva. Le sang fu reaieilli dans la bassine, sans
qu’il s’eu perdît une goutte; après quoi, le cadavre fut
traîné de la chambre du meurtre dans la chambre au bois.
Lit, nous le dépouillâmes de ses vêtements, qui furent
brûlés; ensuite arriva le domestique M***, » et les sept sus-
nommés nous dirent « de dépecer le prêtre. » Nous deman-
dâmes comment s’y prendre pour faire disparaître les mor-
ceau.v; ils noqs répondirent : « Jetet-les dans les conduits. »
Nous les dépeçâmes; nous en mimes les débris dans un sac,
et, au fur et â mesure, nous allâmes les jeter dans les con-
duits, puis nous retournâmes chez L’opération ter-
minée , ils dirent qu’ils marieraient le domestique â leurs
frais, et qu’ils me donneraient de l’argent. Alors je m’en fus
chez moi. »
... Fort bien, mais les ossements pouvaient vous trahir;
qu’avez-vous fait de ces os? « Nous les avons cassés sur la
pierre, avec le pilon du mortier. » — Et de la tête? — « Nous
l’avons également brisée avec le même instrument. — Vous
a-t-on ]>ayé quelque chose? — On m'a promis de l’argent,
en me disant que si je parlais on déclarerait que c’est moi
qui l’ai tué. Quant au domestique, on lui promit de le
marier, comme je viens de le dire. »
— Et comment était le sac dans lequel vous mettiez les
débris? — « Comme tous les sacs à café, en toile d'emballage,
et de couleur grise. » — ... Qu’avez-vous fait des entrailles?
— (I Nous les avons coupées, nous les avons mises dans le
sac, et nous les avons jetées dans le conduit. — lAt sac
ne laissait-il pas dégoutter les matières contenues dans les
entrailles? — Un sac 'a café, lorsqu'il est mouillé, n’est pas
sujet a laisser dégoutter ce qu’il renferme... — Le portiez-
vous seul? — Le domestique et moi nous nous entr’aidions,
ou nous le portions tourk tour. — « Lorsque vousavez dépecé
le Père, combien étiez-vous? combien aviez-vous de couteaux ?
et de quel genre étaient ces couteaux? — Le domestique et
moi nous le dépecions, et les sept autres nous indiquaient
la manière de s’y prendre. Tantôt je coupais, et tantôt
304
LES JUIFS.
c’était le domestique-, nous nous relayions lorsque l’un ou
l’autre était fatigué. Le couteau était comme ceux des bou-
cliers; c’était le même qui avait servi pour le meurtre...
— Sur quel pavé avez-vous brisé les os? — Sur le pavé
entre les deux chambres. — Mais en brisant la tête, la cer-
velle dut en sortir? — Nous l’avons transportée avec les
os... » — A quelle heure, à peu près, le meurtre a-t-il eu lieu,
et combien s’est-il passé de temps jusqu’à la complète
effusion du sang?... — Je crois que le meurtre a eu lieu vers
le letchai. « Le Père est demeuré au-dessus de la bassine
jusqu’à l’entière effusion du sang, l’espace d’une demi-
heure ou de deux tiers d'heure... Quand nous eûmes ter-
miné toute /■ opération, il pouvait être environ huit heures,
plus ou moins'. »
Le domestique M• * *** fut à son tour interrogé, et ses réponses
concordèrent exactement avec celles de S***, avec les réponses
des autres accusés, et avec tous les faits de l’enquête’. La
justice se mit alors en devoir de vérifier l’endroit où les Juifs
avaient jeté les débris : la pâte d’os et de chair de leur vieil
ami le Père Thomas. i< On découvrit le canal, et l’on trouva
à l’entrée des traces de sang et des filaments de chair... Les
ouvriers qui descendirent dans le conduit en tirèrent plu-
sieurs fragments de chair, une rotule, un morceau du cœur,
des débris du crâne, d’autres morceaux d'os et des parties
de h calotte du Père. Oii mit le tout dans une corbeille, et ou
consigna ces débris au consul de France pour .les faire exa-
miner par des médecins , après que le pacha les eut vus ,
qu'il les eut montrés aux accusés et en eut fait constater la
nature’... »
• Dépouillement des pièces aulhi'uliques, qui sont déposées au mi-
nistère des Affaires étrangères, à Paris, et, par conséquent, tacites à
vérifîer. T. il, p. 34 à 31, ibid., 399; Relation historique des affaires
de Syrie, depuis 1840 jusqu’en 1843, et procédure complète dirigée en
1840 contre les Juifs de Damas, etc., etc., par .ichille Laurent, membre
de la Société orientale; S vol., Paris, Gaume frères, 1846. Ouvrage
disparu. Voir ci-dessus.
- Lire à la suite, t. Il, ifc.
» Ib., p. 37, 38.
i05
CHAPITRE SIXIÈME.
. ... Cependant, après l’assassinat du Père Tliotnas, il
avait été décidé chez les Juifs de se débarrasser de son do-
mestique, dont les investigations devenaient compromet-
tantes; et ce domestique disparut. Le lecteur connaîtra, par
les pièces que recueillit et que nous livre M. Laurent, les
menus détails du complot judaïque dont l’exécution mit fin
aux premières terreurs des Juifs. Nous nous bornerons b
relater quelques parties des interrogatoires qui concernent
le second acte de cette tragédie. Ainsi, par exemple, l'un
des accusés, M*''*, pressé de questions, et craignant de se
compromettre, adresse cette demande : « Quelqu’un a-t-il
confessé avant moi? — Certainement il a été fait des aveux;
dites la vérité a votre tour. — M*** : Lorsque je retournai
chez mon maiire, il me demanda : As-tu donné avis pour le
domestique? Je répondis oui; sur ce, il médit : Retourne, va
voir s’ils l'ont pris ou non, et qu'est-ce ipt'on en fait. — J'allai
chez M***, je trouvai la porte fermée aux verrous; je frappai;
le màallem M**’’ vint m’ouvrir : — Nous le tenons;
veuMu entrer, ou t'en aller? — J’entrerai pour voir, lui dis-je. »
J'entrai, et je trouvai I*** et A*** S***; on s’occupait
à lier les mains du patient derrière le dos, avec son mouchoir,
après lui avoir « bandé la bouche avec un linge blanc. La
chose se passait dans le petit divan qui est dans la petite
cour extérieure, où se trouvent les latrines, et c’est dans ces
latrines qu’on jeta la chair et les os. On avait barricadé la
porte avec une poutre; et, après qu’l*” P”* et A”* S”*
lui eurent lié les mains derrière le dos, il fut jeté par terre
par M”* F*” et M*** F”* fils de R***, etc., « c’est-à-dire
par les sept qui étaient présents à l'opération. Il y en avait
parmi eux qui regardaient faire les autres. On apporta une
bassine de cuivre étamé; on lui mit le cou sur cette ba.ssine,
et .M*” F”* l'égorgea de ses propres mains. Y”*, M*”,
F”* et moi, nous lui tenions la tête. A***, lils de R”*, et
I*** P”* tenaient les pieds, et étaient assis dessus. A*” S***
et les autres tenaient le corps solidement, pour l’empécher
de bouger, jusqu’à ce que le sang eût fini de couler. Je de-
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J06 LES JUIFS.
meurai encore un quart d’heure, en attendant qu’il fût bien
mort. Alors je le.s laissai, et je me rendis chez mon maitre,
auquel je donnai avis de ce qui s’était passé. »
Quelqu’un de ces sept individus est-il .sorti pen-
dant que vous étiez encore Ib? — Personne avant qu’il fût
égorgé et le sang écoulé. » « Au moyen de quel expé-
dient a-t-on fait entrer le domestique? — J’ai déjà dit que
j’avais compris des paroles de Y*** M*** F*** qu’ils étaient
réunis cinq dans la rue, près la porte; que le domestique
vint demanderaprès son maître, et qucY***M*** répondit;
Ton maitre s’e*t attardé chez nous; il vaccine un enfant; si tu
veux l'attendre, entre, va le trouver. 11 entra par ce moyen, et
il en est advenu ce que j’ai déclaré. » — « Qu’a-t-on fait du
sang, et qui l’a pris? » — Après quelques tergiversations
l’accusé répond : « La vérité est (|u’A*** a versé le sang
dans la bouteille qu’il tenait à la main. On se servit d’nn
entonnoir neuf en fer-hlanc, comme ceux en usage chez les
marchands d'huile. Ce fut Y**'*’ M**'*' F*** qui prit la bas-
sine [K)ur le verser dans la bouteille. Après qu’elle fut rem-
plie, A*** S*’* la conlia a Y”* A***'. »
Peut-être serait-il difficile d'imaginer une abondance et
une précision de détails plus remarquables que celles qui
s’échappent de la bouche des déposants. En tous cas, nous
laisserons aux pièces du procès, que recherchera peut-être
le lecteur, le soin de l’édifier sur de nombreuses particula-
rités (|ue nous supprimons, et nous le mettrons en toute
simplicité sur la voie des faits propres à lui faire comprendre
le motif des protestations formulées contre la condamnation
qui frappa les .luifs.
Lorsque Israël se mit à la recherche des moyens de pro-
tester contre les accusations qui l’atteignaient, il se trouva
que l’un des complices du crime, le Juif P‘”, était sujet de
l’Auliiche, chance heureuse ipii donna plus tard à .M. .Mer-
lato, le consul autrichien, l’occasion d’intervenir dans le
débat, ce dont il n’avait été nullement question tout d’abord.
‘ Ib.. t. H, p. tiSà <5i.
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CHAPITRE SIXIÈME.
207
Car, le lendemain de la découverte des restes du I’. Thomas,
M. le consul de France, accompagné de M. Beaudin', des
religieux de Terre sainte, du Père François, Capucin, et du
sieur Salina, médecin, était allé rendre visite à M. Mcrlato.
La conversation ayant roulé tout le temps sur le double
assassinat du Père Thomas et de son domestique, M. Mcr-
lalo,... élevant le verhe de manière à être entendu de tous,
avait dit : « qu’il croyait bien que, pour le plus grand
nombre, un sentiment de fanatisme avait inspiré le crime;
mais qu’il |)ensait que, pour certains d’entre eux , leur coo-
pération pouvait avoir eu pour mobile l'idée de trafiquer sur te
sang. Puis, se tournant vers le consul de France... : « C’est
d’après cette conviction que j’ai fait prier Chérif Pacha, —
gouverneur général de la Syrie, — de faire espionner
et, 'si liesoin est, de faire fouiller sa maison *. »
A celte page, nous devons ajouter une partie importante
de la lettre que M. Pierre Laurella, consul d’Autriche k
Beyrouth, adressait h M. Joseph Bellier, agent consulaire
de la même nation a Latakieh : « Je ne sais si vous avez su
l’horrible assassinat fait par les Juifs de Damas sur la per-
sonne du R. Père Thomas, Capucin , et de son domestique.
Je vous remets copie de ce que m’écrit M. Mcrlato, consul
autrichien. Cependant il ne faudra pas en faire une publi-
cité (»ic); vous en comprenez sans doute la raison ’. »
Or, voici quelle était la lettre de M. Mcrlato : « Damas,
2S février 1840. — Le croirait-on? Dans la maison de
^ commis l’horrible assassinat du Père Tho-
mas! Ces infâmes, au nombre de trois frères, d’un oncle de
jjw d’un barbier et d’un domestique, ont égorgé
‘ Chancelier du consulat de France, et négociant i Damas.
“ /6., t. II, p. 207. M. Merlato ayant reçu des ordresdu consul géné-
ral d’Autriche à Alexandrie, ainsi que les directions de M. E*** P***,
con.sul général d’Autriche à Alcp, < qui lui imposèrent une nouvelle
manière de voir dans cette afl'aire, dit M. Laurent, se fit l'avocat des
Juifs. » Laurent, iind., p. 216-217. Des exigences diplomatiques l’o-
bligèrent-ellcs à ce changement do front? Nous ne le jugeons point; et
notre unique recherche est la vérité quant au fait principaL
’ Ib., p. 288-9.
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208
LES JDIFS.
rinl’orluné vieillard, el en ont recueilli le sang. Ensuite, ayant
mis le cadavre en tout petits morceaux et brisé le crâne et
les ossements, ils jetèrent le tout dans un conduit du quar-
tier juif. Le susdit barbier et le domestique déclarent le
tout, et quatre autres, jusqu’à présent, ont également
avoué. Ces derniers sont au nombre des complices. Les
restes du défunt furent retrouvés à rendrait indiqué par les
déclarants, dont trois disent que le crime résulte des principes
religieux. On eberebe maintenant â découvrir où a été caché
le sang. On ignore encore la trace du domestique assassiné,
mais on suppose qu’il a eu la même On dans quelque autre
maison de ces brigands,.... etc. '. »
Supposition très-juste, car ou ne tarda guère ’a savoir ce
(|ue M. le consul .Merlalo ignorait à cette date. Bientôt, en
effet, les .soupçons conçus s’étaient changés en certitude,
et, le 22 avril suivant, M. le comte Ratti Menton, consul de
France â Damas, l'homme généreux dont la conduite dans
celle déplorable affaire reçut dans la Chambre des représen-
tants de la France un si juste tribut d’éloges officiels*, écri-
vait ’a Cbérif Pacha ; « Je dois ajouter de nouvelles informa-
tions sur les intrigues pratiquées par les Juifs, et sur les
mouvements qu’ils se donnent... J’expose donc ’a Votre Ex-
cellence qu’un Juif, intermédiaire de ses coreligionnaires,
a demandé, par l’entremise du protégé d’un autre consulat
que le mien , à s’aboucher avec le sieur C***, et à se réunir
tous les trois pour traiter une affaire importante. Cette réu-
nion a eu lieu de mon consentement , aün de connaître le
but de l’intermédiaire juif. Celui-ci a formulé quatre pro-
positions. La première stipule la « cessation de toute tra-
duction des livres juifs, parce que, disait-il, c'était une humi-
liation pour la nation » La deuxième corrobore la première.
' /b., t. II, p. 289-290.
2 juin, à l’occasion du chap. iii des Affaires étrangères, Cliambre
des députés.
“ Les nouvelles reçues par faulorilc sont que le vice-roi a donné
l’ordre de tenir bon contre les Juifs; et les gens sensés parmi ceux-ci
« n’ont pas l’espoir de démentir ce qui a été prouvé contre eux relali-
CUAPlTRli SIXIÈME. Ï09
La troisième est une « intervention auprès de moi pour
obtenir de Votre Excellence la mise en liberté du mâallem
j,'w „ La quatrième, enfin, « sollicite l’adoption de ime-
sures propres à obtenir un jugement moins sévère en faveur
des condamnés, par la commutation de la peine de mort en
toute autre punition. »
Ces quatre points obtenus, on payait cinq cent mille pias-
tres : savoir, « cent cinquante mille comptant au moment
de la ratification , et les trois cent cinquante mille restant
après que tout serait terminé. restait libre de partager
la somme totale avec qui bon lui semblerait. »
Le sieur C*** demandant au Juif où sc prendraient les
cinq cent mille piastres en question... le Juif répondit que
K cette somme ne devait être prise sur personne, mais
qu’elle se trouvait prête dans la caisse de la synagogue, appe-
lée caiise des -pauvres! » Signé : Comte de Ratti-Menton
Quant a J*** P**, ce protégé de l’Autriche que son con-
sulat avait abandonné d’abord aux exigences de la légalité .
il « chercha oonstamment par son attitude audacieuse, en
SC prévalant du nom du gouvernement autrichien et de celui
de ses supérieurs, a en imposer ’a la justice égyptienne et k
encourager scs coaccusés. » Sa ré|>onse’ est d’ailleurs « cal-
quée sur celle que fit M. Merlato a M. de Ratti-.Menton vers
le 7 mars, lorsque s’éleva un conflit entre ces deux consuls
relativement k la compétence de Chérif-Pacha. Le consul
d’Autriche, qui avait consenti sans difficulté k l'incarcéra-
tion de dans la prison du gouvernement local , déclara
au consul de France, lors de son revirement, qu’il ne le lais-
serait pas juger par l’autorité égyptienne, mais qu’il l’en-
verrait au tribunal de ses supérieurs. Il n’expliqua pas si c’était
vement à la traduction de leurs livres, faite par quelques-uns d’entre
eux au Pacha, et qui prouve que le fang de tous ceux qui travaillent le
jour du sabbat (chrétiens ou musulmans) leur appartient. • p. S93.
' Laurent, ibid., t. Il, p. 88-90. Sous ce nom de Caisse des pauvres
existe donc une caisse nationale semblable à la caisse à Perretle du
Jansénisme, à celles des sociétés occultes, et commise aux bons soins
de la Synagogue.
* Voir p. I7i.
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ïio i.i:s JUIFS.
à ses supérieurs d’Alep, d’Alexandrie, de ('xmstantinople ou
de Vienne ‘ ! »
Cependant .M. le consul de France restait inébranlable
dans les voies du devoir et de l’honneur. Sa conduite fut
donc attaquée par les Juifs et par leurs iirotecteurs. « Pour
défendre les Jnifs, nous dit M. Hamont, les consuls d’Au-
triche ont attaqué la réputation d’un magistrat français!
C’est un moyen étrange, mais il n’atténue pas l’accusation
qui pèse sur les |>rotégés des Autrichiens. Nous avons lieu
de nous étonner qu’un consul général d’Autriche, homme
instruit , ver.sé dans les mœurs des Orientaux, ait demandé
que l’affaire fût examinée dans des formes s/xcialcs Et
que sont donc les Juifs de Damas pour qu’on fasse en leur
faveur une exception à ta règle générale? D'impitoyables usu-
riers, des sangsues affamées, des tralii|ueurs saus honte,
comme tous ceux qui habitent l'Oriciit'. »
Mais, hélas! dès que « I on examine avec attention ce qui
a été publié sur la disparition du Père 'l’homas, on éprouve
uii sentiment pénible Un honorable magistrat, le repré-
sentant de la France, insiste auprès des lieutenants de Mé-
hémet-Ali pour que justice soit rendue; et qu’arrive-t-il? Les
.lufEs d’Europe crient au meurtre, h l’assassin! On diffame
M. de Ratli-Menton ; la communion des Juifs, (]ue protège
le consulat d’Autriche, jette des cris de détresse et,
parce que des enfants d'Israël sont allés d’Iéurope en Égypte, un
voile épais a été tiré sur cette scène de sang*, » et la jus-
tice a suspendu son cours.
« Les Juifs de Damas ont offert de l’or a M. de Ratti-
Ménton, et l’or a été refusé*; » mais cet irrésistible agent,
sorti de la cuisse nationale, ainsi que la dénomme M. le consul
de France, s’est mis en campagne, et la cause hébraïque a
* laiurenl, ibid., t. Il, p. Î19.
2 llanionl, l'Egypte .vous iléliémet-Ali, i vol. in-8“, t. I", p. 375;
Paris, 18i3.
2 Les représentants du judatsmo occidental ; voir plus bas, Hamont.
l’Egypte mus MehenmlnAli, p. J71 ; Paris, 1843. Laurent, t. Il, p. 338.
* Laurent, ib., t. 11, p. 339.
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CHAIMÏRE SIXIÈMK
trouvé <1os défenseurs! Le membre de la Société orientale
qui jeltc au beau milieu de notre public l’étourdissante et
complète procédure de cette affaire, M. Acbille Laurent,
nous affirme que ces défenseurs « ont été pour la plupart
achetés largement'; » et, de son coté, l’un des hommes
ipii ])ossèdent le mieux le monde judaïque et le Talmiid,
l’ancien rabhin Drach, prononça celte accablante sentence :
« Les assassins du l’ère Thomas, conraincus de leur crime,
ont été soustraits h la vengeance de la loi par les efforts réu-
nis des Juifs de tous les pays L'argent a joué le principal rôle
dans cette affaire «
Mais que ce déni de justice, que la suspension des lois
'de l’État soient ou non le résultat du travail de cet or et le
fruit des exigences de la |>olitiquc, y a-t-il pour cela rien de
changé dans la nature des pièces, des aveux et du jugement
qui donnent ’a ce crime une accentuation si brutale, une
physionomie si nette et si rude? Nous nous contentons,
pour toute réponse, de placer devant l'investigateur des
autorités qui répondent personnellement de leurs paroles et
de leurs actes; cette lâche une fois remplie, nous laissons
h chaque lecteur, s’il lui plaît, le soin de se poser en juge!
Mais ce que nous devons formuler, c’est que, dans le camp
des ennemis de l’Église et des sociétés occultes, les arrêts
favorables a Israël et insulteurs pour la France ne se firent
guère attendre, et nous distinguerons entre les patrons de
ces Juifs que poursuivait notre consul indigné, le digne ami
de M. de Cavour, Maxime d’Azeglio, dont la science et l’im-
partialité SC résument dans les paroles suivantes :
« Les accusations de cruauté, de meurtres d’eufanis, de
magie, portées contre les Israélites en dos temps moins civi-
lisés, sont des fables qui ne peuvent trouver créance à une
époque aussi éclairée que la nôtre. Le triste fait arrivé à
‘ l.aurent, t. II, p. ît)6. Journnl Je Toulouse, 10 juillet 1840.
- Uaroumie entre l' Eglise et la Sunagogue, t. I", p. 79;Paris, I84i.
l.a grave Histoire universelle de l'Eglise de Kulirbaclier nous a tenu lo
inèiue Kingage, t XXVIII, p. 684, ol XXI.X, p. Xl7,ele.; Paris, 1852
14.
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lÆS JUIFS.
Damas en 484D, dont la vérité a été révélée et la justice obte-
nue par sir Moïse Montefiore et par le jurisconsulte Cré-
mieux montre précisément que de pareilles extravagances
ne peuvent avoir de partisans que dans une société gros-
sière et ignorante*. »
Toutes f)étries‘ d’audace et d’ignorance que semblent être
de telles paroles, nous nous garderons de les négliger, et
nous nous demanderons comment il se fit qu’au moment
décisif, la justice, après s’être si franchement prononcée, ait
trompé l’attente universelle et suspendu ses dernières vin-
dictes? Le voici :
De retour au Caire, Chérif-Pacha , le magistrat suprême
et le gouverneur général de la Syrie, ne cessait de raconter»
« a qui voulait l’entendre les circonstances du meurtre. Il
assurait que les Juifs avaient assassiné les chrétiens pour en
avoir le sang ®. m El nul plus que ce haut magistrat ne de-
vait se sentir en droit de formuler U haute voix ses convic-
tions, car il s’était scrupuleusement çntouré de tous les
moyens d’investigation que mettait h sa portée l’étendue
sans homes de son pouvoir discrétionnaire. Sa conduite
(( ayant été constamment dirigée par des sentiments de
loyauté, » cet éminent fonctionnaire tenait à honneur qu’il
fût impossible « de suspecter ses sentiments un seul
instant, » et le résultat de Tafiaire dirigée par ses soins
avait été que , de sei/.e Juifs impliqués dans l’assassinat du
Père Thomas et de son domestique, deux étaient morts dans
le courant de la procédure , quatre avaient obtenu leur grâce
pour avoir fait des révélations, et dix avaient été condamnés à
mort *.
«
L’exécution des condamnés devait suivre, et eût immédia-
tement suivi le prononcé de la sentence, si le consul de
‘ Grand maître de l’ordre maçonnique, et Israélite.
2 L’Eglise et la Synagogue, p. 266, etc., 1859; même discours dans
la bouche de sir Robert Peel ; car la politique et le monde occulte ont
leurs mystèras, qui ne sont que trop souvent les mômes.
M. Ilainont, V Égypte, ib., p. 274. Laurent, t‘6., t. II, p. 339.
♦Laurent, ibid., t. Il, f>. 223. Voy. leurs noms, ibid., t. II, p. 250, etc.
I
CHAPITRE SIXIÈME.
213
Franco, M. de Ratti-Menton, ayant l’idée assez singulière
de donner à cet arrêt la sanction de l’approbation la plus
solennelle , n’eftt obtenu l’envoi de la procédure au fils de
Méhéraet-Ali, b Ibrahim-Pacha, généralissime des troupes
égyptiennes en Syrie. Ce délai changea la face des choses,
sauva la vie des condamnés, et parut, aux yeux des gens
étrangers à l’Orient, remettre en question la justice de l’ar-
rêt-, car ce fut le moment précis où les délégués des Juifs
d’Europe, où les représentants de la toute-puissance Juda'i-
que en Occident arrivèrent en Égypte. Ces hommes habiles
et entreprenants adressèrent aussitôt leur supplique à Mé-
hémet-Ali. sollicitèrent la révision de la procédure, s’en-
tendirent avec ce souverain, et lorsqu’ils se présentèrent b
l’audience, ce prince leur dit; « Les prisonniers sont libres;
la protection la plus large sera accordée b vos frères ; c’est
mieux, je pense, que la rérision et les empiètes! Le voyage de
Damas n’est pas sûr aujourd’hui ; refaire un procès, d’ail-
leurs, c’est réveiller entre chrétiens et Juifs des haines que
je veux éteindre. Je vais dire aux consuls ma volonté; ce soir
même j’adresserai mes ordres b Chérif-Pacha.... J’aime les
Juifs; ils sont soumis et industrieux-, j’accorde avec plaisir
b leurs délégués celte preuve de sympathie '. «
Voici cependant les termes du lirman de Méhémet dont
les Juifs furent réduits b se contenter : « Par l’exposé et la
demande de MM. Mosès Monteliore et Crémieux, qui se sont
rendus auprès de nous comme déléijiiés de tous les Européens
qui professent la religion de Moïse, nous avons reconnu
qu’ils désirent la mise en liberté et la sûreté pour ceux
des Juifs qui sont détenus et pour ceux qui ont pris la fuite
au sujet de l’examen de l’affaire du Père Thomas, moine
disparu de Damas’, lui, et son domestique Ibrahim. Et
comme, à cause ifune si nombreuse population, il ne serait pas
convenable de refuser leur requête, nous ordonnons de mettre
' P. 251 à 254. Les mots de grâce, de culpabilité et d'innocence fu-
rentévités dans le firman ; cel acte de haute et suprême volonté annulait
la condamnation légale des criminels.
’ Mais dont les restes étaient retrouvés.
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114
LKS JUIFS.
en liberté les prisonniers juifs, et de donner aux fugitifs la
sécurité pour leur retour, etc., etc. ' »
Ce que les Juifs sollicitaient, et leurs plus folles espé-
rances ne pouvaient s’élever plus haut, Méhémel-Ali le
concède k la tout(vpuissance judaïque; c’était la liberté des
condamnés et /« iilence de la justice. Renouveler l’enquête
eût été folie de leur part; car alors la France, représentée
dans l’Orient par son consul, se fût vue, jusque sous le gou-
vernement si peu chatouilleux de Louis-Philippe, obligée
de tenir cloués sous les regards du monde entier tous ces
Juifs, la tête basse, les yeux et la barbe dans le sang des
victimes I Et ces condamnés, soumis a la honte d une se-
conde enquête que la France entière eût suivie, eussent-ils
pu faire un mouvement sans éclabousser de ce sang leurs
hauts et nombreux protecteurs?
Le silence, chez les Israélites européens, un instant après
cette insigne faveur, eût été l’adresse suprême! Mais ce fut
là ce que les Juifs, ardents à faire retentir tous les échos de
l’Europe de la tapageuse innocence de leurs condamnés,
n’eurent jamais le tact de sentir. Leur principal avocat,
M* Crémieux , eut, il est vrai , le mérite de protester d’une
voix généreuse contre les détestables et féroces supersti-
tions de ses coreligionnaires orthodoxes; mais son bonheur,
nous ne saurions dire son triomphe dans cette malheureuse
affaire, ne fut point modeste; les Juifs, sans doute, ne l’eus-
sent point permis! Ils ne le permettent point encore, et la
pression qu’ils exercent sur ceux qui les servent est irré-
sistible. Un jour, en effet, tout naguère, et c’était en pleine
assemblée judaïque, en l’an de grâce 186*4, cet orateur, qui
sait le coté faible des siens et les illusions de leur orgueil ,
revient tout à coup sur ces accusations douloureuses, humi-
liantes, et tonne de sa voix la plus forte : Arrière enfin,
s’écrie-l-il , les préjugés « de celte contrée où s’était ré-
veillée vingt ans aupamant, contre les Juifs, cette niaise
et abominable calomnie qui les représente comme pétris-
‘ Laurent, i6„ l. Il, p. 254 Î56. Pièce* juridique*.
CHAPITRE SIXIÈME.
SIS
sant aux fêtes de Pâque le pain azyme avec le sang des
ehréliens-, calomnie qu'au nom des /uifs de tout l’univert, —
ajoutait-il, — sir Mosès Montefiore et moi, avons abolie de-
vant le tribunal de ce grand Méhémet-Ali , dont l'esprit
égalait le courage ’ ! »
Plus aveugles que leur avocat, et d’nne audace que nous
n’oserions qualifier, les écrivains les plus orthodoxes du ju-
daïsme français osaient hier encore se permettre, h l’en-
droit du ministre historien qui glorifia devant la Chambre
des députés la vigueur du consul de France contre les Juifs
de Damas, une plaisanterie que, par respect pour nos lec-
teurs, nous nous excuserions de rapporter si le goût et le
style, si raveuglcment et l’opiniâtreté judaïques ne s’y pei-
gnaient en traits inimitables :
« Un fait curieux! Les jours de Hosch Hascliana, on a
sonné du schofar dans l’hôtel M***, qui est voisin de
M. Thiers. Le grand homme a été surpris, saisi, efl’rayé
de ces sons étranges et lugubres. 11 croyait peut-être que le
jour du jugement était arrivé, que le Dieu dm Juif» allait lui
demander compte de sa conduite déplorable dans l’affaire de
Damas, et que les victimes des Jésuites, sollicitant en vain les
seeoursdu consul de France, protégé de.M. Thiers, sortaient
sanglantes de leurs tombes pour crier vengeance*. »
Et certes, si la pudeur eût seulement permis do donner
un signe d’intérêt ô ces misérables, que n’eût [H)int fait en
faveur des Juifs de Damas le gouvernement du souverain
qui, dans un de ses épanchements libéraux, leur avait dit
en audience publique ; « Ainsi que l'eau qui tombe goutte
à goutte finit par percer le rocher le plus dur, de même l’in-
juste préjugé qui vous poursuit s’évanouira devant les pro-
grès de la raison humaine et de la philosophie ’ ! »
' Archives Israélites, recueil religieux, moral et littéraire..., t. XXV,
p. 519, in-S”; Paris, 186i.
“ L' Univers israélite, II, p. 52, octobre 1866. Voilà le ton et l’au-
dace de ces revues, oû reviennent sans cesse les noms du P. Thomas
et du petit Mortara.
Bédarride ,ib„ Des Juifs, p. i30. — Un de nos amis fut chargé par
•
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S16
LES JUIFS.
Mais le monarque dont M. Thiers fut le ministre avait
entre les mains quelque chose de plus irrécusable et de plus
fort que les clameurs de Juda; car, nous dit le grave auteur
de V Histoire universelle de i Église, « toutes les pièces dix procès
furent envoyées k la cour de France'. »
Elles y furent envoyées, et si l’influence qui domine dans
les révolutions, où les Juifs ont toujours une part immense,
ne les a point fait disparaître , elles y sont encore ; car le
livre qui les a reproduites quatre ans avant le bouleverse-
ment de 1848, c’est-à-dire quatre ans avant l’époque où
l’Israélite Crémieux fut un des souverains provisoires de la
France, se termine par cet avis au lecteur que nous rappor-
tons pour la seconde fois :
« Tous les documents relatifs k la procédure dirigée contre
les Juifs de Damas , accusés du double assassinat du Père
Thomas et de son domestique Ibrahim-Amurali , ciaiu dé-
posés au ministère des affaires étrangères, il sera facile de consta-
ter l’exactitude des procès-verbaux, notes et pièces juridiques
qui sont en tête de celte troisième et dernière partie’. »
Le lecteur aura donc toute facilité de s’édifier; et peut-
être alors ces paroles de M. Hamont lui paraîtront- elles
celles d’un homme de sens. « Si dans notre France, — pays
le gouvernement de 4830 d’une importante mission dans les Etats de
Méhémet. Nous croyons même que le but principal de cette mission
était de savoir de ce prince, et des principaux personnages initiés à la
conduite de cet affreux procès, les faits positifs et les circonstances
déterminantes de celte odieuse affaire. Autant que ses devoirs de dis-
crétion le lui permirent, ce très-consciencieux personnage répondit
à nos questions, entra dans certains détails, et nous alTirma que nul,
en Orient, ne révoquait en doute cet assassinat. Cet homme grave, que
nous devons nous abstenir de nommer, est encore plein de vie; il
pourrait parler et peut-être mieux faire I
Nous reçûmes, en présence de quelques amis, un témoignage ana-
logue de la part d’un voyageur sérieux, sénateur de l’Empire, et que
ses investigations avaient retenu quelque temps à Damas. Mon do-
mestique, nous dit-il en outre, y faillit avoir le sort du Père Thomas;
il ne se tira d'affaire que grâce à sa force musculaire et à une rare
présence d’esprit. ‘
‘ Rohrbacher, t. XXVIII, p. 684; Paris, 485Î.
^ Ach. Laurent, membre de la Société orientale. Relation historique
des affaires de Syrie depuis 4840, etc., etc., t. Il, p. 399.
e
CHAPITRE SIXIÈME. 217
de rectitude mais de générosité si souvent irréfléchie, — la
masse de la nation ne peut admettre les motifs qui ont fait
assassiner le Père Thomas, cela se conçoit; mais il est per-
mis aux hommes qui ont séjourné quelque temps en Oriênt^
aux hommes qui ont fréquenté les Juifs , h tous ceux enfin qui
ont vécu parmi les peuples orientaux, de penser autre-
ment' », et nous allons, dans un instant, une fois de plus,
en voir la cause.
CONCLUSION.
Ces immolations accomplies par des Juifs franchement
orthodoxes sont de tous les siècles. — La loi religieuse du
Talmud leur en fait un devoir et un singulier mérite. Un
beau jour nous les voyons, sous le règne de Philippe
Auguste, lever le masque et perpétrer a ciel ouvert cette
œuvre talmudique-, car l’impunité, cette fois, leur semble
légalement acquise-, mais ils ont compté sans leur hôte.
Leur habitude, fondée sur les lois de la prudence, est de
nier avec l’aplomb, l’inexprimable aplomb qui caractérise
dans leur bouche toute offense h la vérité, cet acte qui ne
cessa de soulever contre eux l’unanime réprobation des peu-
ples. Mais la justice humaine les a mille fois pris sur le fait.
Les pages les plus irrécusables de l’histoire, les arrêts des
tribunaux laïques les plus éminents, et les plus inattaquables
procès-verbaux de l’Église, répondront jusqu’k la fin des
temps aux audacieuses dénégations du Juif.
Et, chose aussi naturelle que digne de remarque, ces
faits qu’engendrent une même inspiration , une même idée
religieuse, se ressemblent d’une ressemblance si frappante,
que l’intervalle de plusieurs siècles ne saurait altérer leur
physionomie, modifier leur caractère. C’est pourquoi, si
nous parcourons du regard les actes relatifs au martyre du
jeune Simon et les actes de la procédure du Père Thomas ,
que sépare un espace de temps près de quatre fois séculaire,
la pensée de deux dates distinctes s’efiTace devant la nature
I
* Hamont, ib., p. 373, l’Egypte sous iféhémet-Ali; 2 vol. in-S**,
4843. Laurent, t. II, p. 339.
!,rs JUIFS.
!IR
des faits-, l’nn est l’exacte répétition de l’autre, et nous
ci-oyons assister an même drame.
En se rcmlaiU coupable de ces crimes religieux, ce
peuple, qui ne vit que de scs traditions, se bornait d’ail-
leurs, ainti que nom te dira le chapitre suivant, à répéter ce
i|ue , dès avant le Christ, avaient fait ses pères, adonnés aux
pratiques sauvages de l’idolâtrie, cl fanatiques anlhroiK)-
pliages, si la Bible est un livre d'bisloire!
yiioi qu’il en soit, n’oublions point le mot que font re-
tentir à nus oreilles les tils de .lacob : u Les Israélites, ’a qui
Dieu a révélé sa doctrine et i>rescrit des lois si justes, sont
animés de bonté envers toutes les créatures. — C’est là le
caractère dominant en Israël; on peut l’appeler peuple au
cunir tendre ' ! » Amen !
' Archives israilites, XVIll, p. 84-j; 1867.
NOTE FINALE ET IMPORTANTE
scs I.A CONDUITE DO CONSUL DE FRANCE.
Dans- leurs rapports, MM. se permettent d'outrager l’honora-
ble M. de Halti-Menlon, qu’une carrière administrative do dix-septans
et les plus brillants services devaient mettre à l’abri d’un reproclK-.
Mais « si son zèle et son impartialité dans la procédure sont méconnus
par quelques ennemis jaloux, la Franco, la religion et les populations
entières de l’Bgypti- et de la Syrie lui tiendront compte, ainsi qu’i
Oliérir-Pacha, de leur conduite impartiale. Il ost vrai que M. de HaUi-
Menton a refustt les offres les plus brillantes, et ipie sun âme n'est pas
vénale comme celle de plusieurs de ses adversaires; lui, du moins, n'csl
pas vendeur d' esclaves; et son nom, dans nos contrées, n’osi pas le
synonyme de l’ignoniiniel 11 a rejeté avec dégoût les millions qui lui
ont été offerts, et c’est avec indignation que nous l’avons vu traiter
d’inquisiteur par M. Crémieux'. s
O I)e la discussion qui s'établit A la tribune {fran^-aisel, il e*l résulté
que la conduite de notre agent coiisu.aire à Damas avait été, dans cette
circonstance, digne d’éloges... M. le pré.sident du conseil a pris avec
chaleur la défense du consul , que recommandent à la fois de longs et
utiles services et le caractère personnel le plus honorable. Les paroles
prononcées par M. le ministre des affaires étrangères ont pleinement
confirmé ce que plusieurs organes do la presse, très-exactement infor-
més. avaient déjè publié sur les démarches actives du représentant
‘ f-atir., |6., I. Il, |i. arti-S. Lettre insérée te 10 jilîllcl IHtO clam le Journal de
Touloute du 15 uiai. Alcsaudrir.
CH \PFTI1E SIXiKM li. îl9
de quelques États de l'Alleiuiigne qui, cedant à l'inslanot de plueieun
maisons de banr/ue juives, ont réuni leurs efforts pour lutter contre le
consul de France, (icnaturer les faits de celte déplorable affaire, et éga-
rer ainsi l’opinion sur la véritable cause de ce double assassinat'. »
Lire toutes les pièces dans Achille Laurent, entre autres la lettre de
M Barker, ex-consul d'Angleterre à Alep, et depuis fixé à Siiedieli,
avril 1841, lettre admirable de courage, de clarté et de précision. Ib.,
l. Il, p. .302, etc.
Entre ces traits nombreux de chrétiens sacrifiés par les Juifs, l’un
des plus beaux est celui que la victime elle-même, arrachée de leurs
mains, avait maintes fois racontée à M. .M**»,de qui le tenait .M, le baron
de Kalle, officier prussien. C’est l’histoiro de la femme d’un négociant
étranger, enlevée à quelques pus de son mari, et découverte au mo-
ment critique par le plus singulier Iwnheur. Déjà la cérémonie com-
mençait, Dépouillée jusqu’à la ceinture, et placré devant deux rabbins
qui lésaient depuis quelques instants sur elle les formules du rituel hé-
braïque, on venait de lui dire : Vous allez mourir Cependant, fou
d’inquiétude et de terreur, son mari la cherc.hail partout ; Faites atten-
tion, venaitdo lui rappeler un ami, qu’en certains cas les Juifs enlèvent
les chrétiens pour les immoler.,, etc., etc. Lire celle très-intéressante
relation et la lettre du baron de Kalte, Alexandrie, 6 février 4 844 , Lau-
rent, ib., p. 307 à 313.
' 5 juin 1K4Û. t. 11, p. 3ù5-*(>.
CHAPlTIUi .SEPTIÉ.ME.
PREMIÈRE DIVISION. — MORALE TAt.MHDtQEE. ANtlOlITÉS
IlIBLIUL'ES. ANTMUOPOPIIAGIB 8ACRÈK.
Toujours entraîné vers le polythéisme, le Juif, dès les temps les plus
anciens, se livre aux pratiques immondes cl atroces des Cabniiaies
sabéistes, c’est-à-dire des premiers adorateurs dos astres. — Ce
que sont ces idolâtres. — La Bible énumère leurs crimes, que ni la
loi ni les prophètes ne pourront arn'ter. — Cette épouvantable ido-
lâtrie s’établit avec son personnel cl son mobilier jusque dans le pa-
lais des rois, jusque dans le temple. — Ses actes suprêmes sont les
sacrifices humains, et l’anthropophagie sacrée, la manducation de la
chair humaine. — La Bible nous donne l’histoire et la clef de ces
superstitions, que la tradition talmudique transmit aux descendants
de ces Juifs prévaricateurs.
■ t-'n vérité, la religion d^ltraèi, «fre ton hor-
reur du saiJg «*l M céleste douceur, eat caimbte de sauver
le iiiondcfie Itt iaflfarif! * Vnivfrsitraéiite, XI, |». 490,
Eli quoi! les Juifs, les vrais orlliodoxes du judaïsme, se
rendre coupables des lâclies assassinats que l’iiisioire vient
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ÎÎO
I.ES JUIFS.
de nous signaler! Mais h quoi bon ces perGdies? pourquoi
ce sang? pourquoi du sang de chrétien? Que la voix du passé
nous le dise ou que ce soit celle des contemporains, la ré-
ponse reste la même et ne saurait changer ; c’est que tel est
le vœu du culte.
Comment! du culte? Une religion pourrait-elle donc en-
fanter ces crimes détestables, exiger ce tribut de sang hu-
main? — Oui, si cette religion n’est plus qu'un dégoûtant
mélange de croyances absurdes et de pratiques odieuses,
où s'entrc-croisent les superstitions cabalistiques du Talmud
avec celles de certains peuples chez lesquels ont campé les
üls d’Israël. Et, dès lors, la stupide férocité de l’homme n’a
plus lieu de nous surprendre, puisque, chez tout être humain,
la croyance est la règle des actes. Jusque sous la verge de
Moïse et d’Aaron, ce peuple, h qui le Christ reproche ses
inventions sacrilèges et ses fausses traditions, mêlées ’a celles
qui font partie de la loi divine, tombe et retombe sans cesse
dans les honteuses superstitions des étrangers qui l’entou-
rent. Et non-seulement il adore le veau d’or jusqu’aux pieds
du Sinaï, mais sa pente vicieuse l'entraîne aux plus incroya-
bles abominations. Il en porte témoignage contre lui-même,
et ce témoignage est éternel , car il est celui des livres que
sa dispersion a répandus au milieu des peuples. Que s’il
nous plaît d’ouvrir cette histoire, la page qui nous décrit
son inconstance et les énormités du Juif se répétera sans
cesse, et nous trouverons presque à toute époque Israël
égal et identique îi lui-même, c’est-à-dire s’échappant, glis-
sant des mains de Dieu. Sur ce point , rien ne le change ;
rien jamais ne le changera, si ce n’est le Christ, et peut-être
le jour de ce changement radical commence-t-il à poindre!
Jusque-là, si jadis ses législateurs, si sa loi divine et pure,
si son gouvernement divin, si son sacerdoce ne purent l'em-
pêcher de chanceler et de tomber de gouffre en gouffre,
quelle candeur y aurait -il à s’étonner que, sevré de ces
législateurs, de ce gouvernement, de ce sacerdoce, de cette
loi divine et pure transformée en loi sacrilège et adultère,
CHAPITHË S1‘PT1ËM£:. tH
il se traîne dans rabîme d'où jadis le bras paternel de son
Dieu le relevait sans cesse?
Du sang! du sang! il savait en verser b flots aux pieds des
dieux de la geutilité, ce peuple que de tristes savants nous
ont peint comme possédé de l’esprit du monothéistne. Oui ,
du sang, et qui devait lui coûter un peu plus que celui des
chrétiens! car il devait sortir de ses veines; il devait être le
sang de ses propres enfants! Et sa fureur pour ce crime reli-
gieux était extrême, puisque tant de pages de l'Écriture
répètent coup sur coup les terribles menaces de Dieu contre
ce crime d’habitude, c’est-a-dire contre les actes d'une idolâ-
trie qui résume dans son rituel toutes les monstruosités des
sabbau magiques; le vice des villes maudites de la mer Morte
et au delà : l’homicide et rantbro|K>phagie. Nous nous adres-
sons b des lecteurs dont quelques-uns resteront b coup sûr
bouche béante en nous écoutant et nous demanderont
compte de nos paroles. Nous ne saurions nous étonner de
leur étonnement, et puisque les mains du Juif sont le pupitre
de la Bible, au-dessus de laquelle il installa le Talmud, dé-
gageons ce premier livre et voyons en l’ouvrant si les fils
d’Israël ont dégénéré lorsque, fidèles b leurs traditions ca-
balistiques, et scrupuleux observateurs des rites transmis
par les grands maîtres du rabbiuat, ils goûtent et savourent
le sang des hommes tombés sous le couteau du sacrifice.
« Enfants d’Israël, disait le Seigneur, vous ne cessez de
vous livrer aux pratiques idolâtres de tous les peuples qui
vous entourent; gardez-vous donc, b leur exemple, de
donner vos enfants pour être consacrés b l’idole de Moloch :
gardez-vous de ces abominations que le texte de ma loi
vous explique. Marchez devant moi dans votre droiture, ou
redoutez mes Justes vengeances ‘ ! »
‘ Nec poiluamini omnibus quibus contaminatæ sunt universæ gen-
tes. De semine tuo non dabis ut consecretur idolo Moloch. Cum mas-
culo, etc., etc., etc., quia abominalio est. Cum omni pecore, etc., etc.,
nec maculaberis cum eo; niuUer non succumbet, etc., etc., quia sce-
lus est. Lévitique, Bible, xviii, 21 à 25.
Moloch, Mefehom, Baal, eic., ck-., sont un même dieu-soleil, ou lu-
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ïîJ LKS JUIFS.
Les audacieuses iiilidélilés d’Israël übli^cnl cependant
le Sei"iieur à revenir sans cesse, par la bouche de Moïse et
des prophètes, sur les interdictions et les menaces. Écou-
lons, et si nous voulons pëiiétrer les cruels mystères du
judaïsme, ne perdons pas une seule de ces paroles bibliques.
« Frappez, frappez, dit le Seigneur, si vous ne craignez d'al-
lumer ma colère, frap|tez de mort riioinme eu Israël qui
donne à l'idole de Moloch un de ses enfants'. Ah! vous
vous riez de mes défenses, et, loin de repousser toute alliance
avec les habitants de la terre de Chanaan , et de renverser
leurs autels, vous faites le mal à ma face, vous épousez les
filles et les üls de ces idolâtres j vous vous prostituez ’a leurs
dieux, vous les adorez: Israël se fait le serviteur do Baal et
d’Astarolh, il adore des abominations’!
« Oui, vous usez bâtir jusque sous les murs de Jérusalem
les hauts lieux de Topiielh, dans la vallée des fils d’Ennom,
|joiir y consumer dans le feu vos filles et vos fils ofl'erts â Mo-
lodi! C'est pourquoi’ je renverserai Jérusalem, parce que
vous avez rendu ce lieu célèbre en y sacrifiant â des dieux
étrangers, en y bridant vol enfants, en les ofjrant en lioto-
causie à Baal, gorgeant la terre du sang des innocents. C’est
pourquoi je rendrai cette ville l’objet de la stupeur et do la
plus cruelle raillerie des hommes! >'ul n’y passera sans
épouvante, ni sans insulter a ses plaies. L’ennemi va l’as-
siéger, et je nourrirai ses habitants de la chair de leurs fils
et de leurs filles*.
micro mêle et femeüe ; Uianus-tliana. etc., etc. Voir notre livie/li'fu et
les dieuic, dans une niiiltiiude de chapitres, et dissertations sur Mulocti,
Ctiainos, Béelphdgor. Bible Venue I)., l. Ut, p. tO ;i "3, S'' ddil., Paris,
18Î9. — Dans le culte c(i6a(wt/co-.wfieù/ur, tantôt un faisait pa.ssrr la per-
sonne consacrée au travers du fou, tantôt on t’v ^ôti^^ait, on buvait son
sang et on dévorait ses chairs. Voir/ôid. Bible, iàagesse, ch. xii,v. 6, etc.
' Ih., Bible, Lévil., ch. xx, v. 2 à C.
- Ibid., Bible, Juges, ii, v. 2 , 1 1, 17; — iii, 6, 7, etc.; iVf., IV Rois,
ch. XVII, V. 1 1 a 13, 16, 17 ; «... et colucrunt iminunditias. »
f Bible, Jérémie, cli. vu, v. 31-32; xxxii, 3.5. etc. « Ædiflcaverunt
cxcplsa Tophelh, ut ii.ceiiderenl filios suos, et filias suas igni... »
* Bible, i6., Jénhnie, ch. xix. v. 3, etc. « Ponam civitalem in
stuporcm et in sibiluni. cilwbo eoa carnibus liliormu suoruin et lllia-
rum suarum, et unusrjuisque earnem amici sui coinedet in obsidione. »
cil A PITRE SEPTIÈME. 423
0 maison tl lsraël, (|iii le croirait? dëjh, jusque dans le
désert, k peine sortie d’Égypte, sous l’œil redoutable de
Moïse, Il rorubrc de la nuée miraculeuse qui vous protégeait,
au milieu des prodiges dont vous rassasiait le Très-Haut,
déjh, au lieu de m’oiîrirdfcs hosties et des sacrifices pendant
, ces quarante ans d’attente, ne portiez-vous pas 'a coté de
mon arche d'alliance le tabernacle de votre Molocli a tête de
veau'? l’image de vos divinités homicides? l’étoile de votre
dieu Rempham? c’est pour(|uoi je vous transporterai plus tard
au delà de Rabylone'! Réiii soit doue, entre vos rois, le
roi Josias, car il donna l’ordre au pontife Helcias de jeter
hors du temple du Seigtieur les vases qui servaient an culte
de Baal et de tous les astres du ciel'. Béni ce roi, car il les
réduisit en cendres-, il extermina les augures établis par
vos rois pour sacrifier sur les hauts lieux dans les villes de
Jtida; il mit à mort ceux dont l’encens fumait en l’honneur
du Soleil, de la Lune, des douze signes et de toutes les
étoiles du ciel; il renversa les petites maisons construites
dans le temple même du Seigneur à l’usage des infâmes qui
servaient d’instrument à ce culte immonde, et [Kiur lesquels
les doigts des femmes s’exerçaient à des œuvres sacrées! Il
profana les hauts lieux, où venaient sacrifier les prêtres des
idoles d’un bout à l’autre de ses États, et sans omettre ceux de
Topheth, afin que personue ne consacrât plus sou fils ou sa
fille à -Moloch par le feu ; il enleva les chevaux donnés om
Soleil |)ar les rois de Juda, et brûla les chars de ce dieu;
il détruisit les autels élevés parles rois de Juda sur le dôme
de la chambre d’Achaz, et ceux qu’avait construits .Manassé
dans les deux parvis du temple du Seigneur; il profana les
* Bible, Amos, ch. v, 25, etc., Uissert. sur Moloch, ib., Dis.scrl.
sur l’idolatric dans lo désert. Bible Voiice D., t. XVH, p. 170; Pari.s,
1829. Et porlastis labernaciilum Molocb vcslro... sidus Dei vestri. —
/6., Actes des Apôtres, ch. vu, v. .39 à 41, etc. — Lovitique, ch. xvit,
V. T. Immolabunt hostias daemouibus (pilusis) cuin quibus t'ornicati
sunt, Lovit. ch. xvii, v. 7.
2 Salslismc et cabale, ou astroiopie chuldéenne enseignée par les fils
de Cham. l.es Juifs furent, chez tous les peuples, les princes de la ma-
gie cabalistique et do l'astrologie; voir plus bas, ch. Cabale.
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îîi LES JUIFS.
hauts lieux k droite de la montagne du Scandale, élevés par
Salomon k Astarté, déesse des Sidoniens, k Cbamos le scan-
dale de Moab, et k Moloch l’abomination des Ammonites;
enfin il tua les prêtres voués aux autels des hauts lieux;
il extermina ceux qu’impirait un esprit de Python, et fit dis-
paraître du milieu du peuple tout ce qui le poussait aux
actes immondes et abominables'. Cependant, hélas! k peine
l’abomination avait-elle été chassée de la maison d’Israël,
qu’elle y rentrait avec une violence nouvelle , poussant les
vigoureux rejetons que pousse la plante qui croit dans son
terrain favori, et toutes les monstruosités imaginables s’entre-
mêlaient dans les pratiques de ce culte adultère, si plein
d’appâts pour la multitude et pour les princes d'Israël’!
Mais, achevons de nous convaincre, devant Le texte sacré, de
la férocité de cette religion homicide et immonde dont la
magie conserva les rites abominables, et que, toujours prêt
k la révolte, Israël préférait au culte de sou dieu : Les voilk
donc, Seigneur, ces peuples de la terre de Chanaan que
U vous aviez en horreur, que vous aviez voulu perdre par la
main de nos pères , » et dont nos pères ont sans cesse imité
les abominations! Voyez ces œuvres détestables, ces crimes
de la superstition et de l’idolâtrie , ces infâmes débauches ,
« ces enchantements et ces sacrifices impies! Ils tuent sans
compassion leurs propres enfants ; ils hàngent, et ce sont les
entrailles des hommes; ils boivent, et c’est le S.4NG des victimes
humaines''. »
Voilk, voilk donc, malgré les menaces de Dieu, les ido-
lâtres dont Israël se complaît k faire scs modèles ; voilk le
tissu des crimes contre nature qui sont devenus les grands
actes de sa religion! Aidée des conseils empestés du sacer-
' Immunditias ol abominationes quæ fuerant io terra Juda et Jéru-
salem, etc. Rois, liv. IV, tout le chap. xxiii, etc., etc.
“ Léviüque, ch. xviii, v. St , SS, S3. — Rois, liv. IV, ch. xxiii, v. 7,
11, IS, etc., Ole.
^ Et Gliorum suorum necatores sin« misericordia. etcoroestores vis-
cerum boniiiium, et devoratores sanguints! Bible, Sagesse, cbap. xii.
V. 3, etc.
.. -.Ogk
CIIAIMTRF SEPTIÈME.
225
doce et des oracles de l’idolâtrie, la sagesse liumaiiie mé-
prise, repousse la tutelle du sacerdoce divin-, elle pervertit
les idées saintes d’expiation et de sacrifice, et se dit â elle-
même ' : Cette chair humaine que l’homme mange , ce sang
humain qu’il boit, c’est la loi du sacrifice dans sa plus
haute et parfaite conception. Car celui qui prévarique, celui
qui commet le péché, le crime, n’est-ce point l’être doué
de raison.^ n’est-ce point l’homme? La personne humaine
doit donc expier le péché. La victime, ce sera dès lors, non
point un animai sans raison, mais l’homme lui-même. Et
la purification ne s’opère qu’autant que celui qui sacrifie
s’identifie ’a la victime, qu’autant tju’il la fait devenir ce
qu’il est lui-même, c’est-â-dire sa propre chair et son propre
sang. Or, la manducation seule accomplit cette œuvre.
L’homme religieux doit donc sacrifier et manger son sem-
blable*. Et voila comment, issues l’une et l’autre de la cabale
sabéhte, l’idolâtrie payenne autrefois, et l’idolâtrie des tra-
ditions talmudiques* jusqu’à nos jours, s’emparent des
vérités éternelles pour les corrompre, pour les pervertir, et
pour en retourner le sens.
‘ Elle pervertit les saintes notions de la chariU^, et se dit : La re-
cherche ae l’homme par l’homme, devenue le vœu du culte (Bible, Reg.,
1. IV, ch. XXIII, V. 7 : ElTeminati, etc., etc.), c’est le symbole de la
grande fraternité des hommes; c’est la haute inspiration de l’amour
céleste, si supérieur, ainsi que l’enseigne Platon dans son Banquet, 2m\
vulgaires et misérables instincts de l'amour naturel. L’humble recher-
che de la brute par l’homme, c’est l’élévation de la brute à l’homme;
c’est la communion des règnes échelonnés de la nature. L’homme
unissant, élevant à lui tant do choses par la manducation et par l’a-
mour, recompose le grand tout, qui se divise sans cesse, et unit par
s’élever lui-méme jusiju’aux dieux; et ceux-ci l’cn récompensent sou-
vent d’une manière visible en revêtant, pour s’unir à lui, cette forme
de la bête! Notre livre des hauts phénomènes de la magie fait plus
spécialement connaître et comprendre ce sujet.
2 L’anthropophagie fut chez presque tous les peuples de la terre un
crime religieux. Voir le chapitre Anthropophagie, dans notre livre
Dieu et les dieux, 185i.
^ Notk importante. Nous comprenons dans la religion du Juif
franchement orthodoxe, c’esl-à-dire dans l’idolâtrie talmudique, les
traditipns rabbiniques ou pharisaîques que nous avons dit, dans un
autre chapitre, ne plus se trouver dans le Talmud, mais qui se trans-
mettent oralement, et qui font partie de la foi pratique des talmu-
disants.
45
JÎ6 LKS JÜIKS.
Mais jiiiisque loul ici-bas ( liante, iiors ce qui porle le
sceau de la loi divine, les superstitions elles-mêmes ne
doivent [touvoir s’exempter de subir dartâ leur» forme» cette
nécessité du changement. Cherchons donc, en interrogeant
les croyances superstitieuses du Juif, dont les saintes Ecri-
tures elles-mêmes viennent de nous donner l'hhioire et la clef,
cherchons si quelque chose justifie notre pensée; c’est-h-
dire si la religion de l’orthodoxe talmudi.sanl, semhlahie à
celle du Juif jadis infecté d’idolâtrie, exige, en se bornant
k varier la forme du sacrifice, la mort de victimes humaines,
et commande l’anthropophagie, la manducation de la chair ou
du taiiyl
DEUXIÈME DIVISION. — DU S.VNC , ET POURQUOI.
Les vrais Ulmudisants n’inimoleiit lesrlirétiensqu'afiii rie recueillir leur
sang; exemples aullienliques. — Usages .sacrés tie ce sang, et qui
varient, comme l'erreur, selon les temps cl les lieux; mais néces.silé
(le manger ce sang, qui représente l'homme et (jui est appelé sa vie.
— Ses vertus, sa valeur inappri'ciable. — Il guérit, il sanctifie, il
>auve. — lléveloppement.s et preuves, — I)(‘négations éternelles du
Juif. — Aveux de l'iiii des plus célébrés rabbins en plein exercice de
fondions. — Colère de Revues jud.iïques contre cette célébrité na-
tionale traitée do faux prêtre. — Légitime indignation dos Juifs dé-
lalmudisés. — Conclusion.
Il nous fut tout k l’heure démontré que certains Juifs
lalmudisants immolent des chrétiens, et recueillent leur tang
avec une avidité scrupuleuse. C’est la ce que, siècle par
.siècle, recoiiiiurcnl plusieurs des orthodoxes du Judaïsme,
et, quant a moi, nous dit un des Israélites qui représentent
rOrieiii, je fus un de leurs rabbins, je connais leurs mys-
tères. et je les ai tenus secrets; mais, régénéré par la grâce
du baptéiiie, et levètu de l'habit monastique, j’y renonce,
et je les (luhlie sur bonnes preuves. Ecoutons :
Le mytiire du sang n’est point coutiii de tous les Juifs.
Seuls y sont initiés les rabbins, ou kliakhams, les lettrés,
et les pharisiens tjii’ils noniineiil liasseidem. Ceux-ci en
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CHAPITRE SEPTIÈME. 227
sont les gardiens fidèles, et trois motifs doivent nous donner
l’intelligence des homicides sacrés : 1” la haine implacable
qu’ils nourrissent contre les chrétiens, et qui rend méritoire
l’assassinat de ces ennemis; 2° les œuvres de superstition
et de magie familières aux Juifs, et pour lesquelles ce sang est
nécessaire ; 3* la crainte éprouvée par les rabbins (pie
Jésus, le fils de Marie, ne soit le véritable Messie! car ils
conçoivent alors l’espoir superstitieux de se sauver en
s’asjiergeant de sang ebrétien.
Essayer de démontrer la haine atroce du Juif pour le
chrétien, ce serait en vérité perdre son temps b vouloir dé-
montrer l’évidence. Mais les superstitions jndaï(]ues dont
nous venons de rappeler l’origine, et qui subissent de nom-
breuses modifications, sont moins connues que cette haine.
Or, quelles que soient les immunités qui font du tempéra-
ment d’Israël un tempérament exci^plionnel , et que nous
aurons à décrire. Dieu a couvert les Juifs de gales, d’ulcères
et de maux caractéristiciûes, pour lesquels ils sont convaincus
que de (I s’oindre du sang d’un chrétien est un remède
efficace' ! » Il est d’us.ige, en conséipicnce, que le soir d’un
mariage israélite, après le jeûne sévère des futurs conjoints,
le rabbin présente b chacun d'eux un œuf cuit. Dans cet
œuf, il a mis au lieu de sel la cendre d’une toile brûlée; et
cette toile a été trempée dans le sang d’un chrétien tombé
sous le couteau. Le rabbin, tandis que les mariés mangent
Vœuf du sang, récite quelques versets dont l’efficacité est de
leur donner la vertu de tromper les chrétiens, en s’engrais-
sant de leur substance.
A la mort d’un Juif, le khakham ou rabbin prend le blanc
d’un œuf, y mêle quelques gouttes du sang d'un chrétien
martyrisé, en asperge le cœur du mort, et prononce ces
paroles d’Ézécbiel : Je verserai sur vous les eaux pures, et
vous serez purifié. De même le 9 juillet, jour anniversaire
• Inutile de rfRëler avec quelle largeur nous voulons adniellre les
iwceplions, tout en rappelant quelle est, au milieu même des peuples
civilisés, la tvTannie des superstitions héréditaires.
ts.
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Î28
LES JUIFS.
(le la ruine de Jérusalem, les Juifs se mettent sur le front
la cendre de la toile trempée de sang chrétien, et mangent
un œuf salé de cette cendre. On nomme ce mets ; Seida-
amaph-sâhas. Enlin, lorscjuc revient le jour de la Pâque...,
chaque Israélite, après avoir largement livré sa langue aux
plus affreux blasphèmes contre le Christ et contre tons les
saints, est tenu de manger un morceau de pain azyme de
la grosseur d’une olive; et ce pain, qui se nomme eplu-
koîmon , se prépare avec le sang d’un chrétien martyrité. En
outre, et ’a l’époque de la fête des PouHm, le 14 d’adar
(février), les Israélites s'ingénient h tuer un chrétien en
mémoire de leur oppresseur Aman. Si la tentative leur est
favorable, le rabbin pétrit avec le sang du chrétien assassiné,
et du miel , quelques pains de forme triangulaire. « El si
le rabbin a des amis chrétiens, U leur envoie de ce pain! Cet
envoi se nomme mesloi-monnès . «
Telles sont leurs pratiques habituelles, et nous devons
observer que , dans la nuit de celte fête du Pourini , vous
rencontrerez à peine un Juif qui se possède, et qui soit
maitre de lui. Ce sont des forcenés en qui s’accomplit la
malédiction de Moïse : Ce Seigneur te frappera d'avenglt!-
ment, de démence et d'eponvante. Dans cette circonstance,
ils tâchent d’enlever des enfants chrétiens, et les tiennent
enfermés jusqu’à leur pâipie, (|ui vient aprï’s la fête du Pou-
rim, afin d’avoir du lang de chrétien martyrité. La forme
triangulaire des pains usités à l’époque du Pourim a pour
raison la croyance des chrétiens eu la Trinité sainte, et leur
sang, que le Juif y mêle, est une insulte a ce mystère, .sym-
bolisé par le triangle'.
' Buine de ta religion hébrdigue, troisième (idil., à NaiH>li (le Rouma-
nie, 18.34; opuscule d’un ex-rabbin. C’est surtout aux Juifs orientaux ,
c’est-à-dire a ceux (pii ont le moins etiangé, (jue s'applii|uenl les pa-
roles de ce rabbin. Ceux-ci, que n’enveloppe point l’atmosphère de la
civilisation clirétienne. sont évideminenl les arriérés! Imprimé en 1 803.
publié en grec en 1834. Laurent, 1846, v. Il, p. 378, etc. Malgré-
sa triple édition, cet ouvrage est rare; on croit cpi’il est au nombn-
de ceux que les Juifs font di.-iparaitrt*. Dans l’anti((ue sorcellerie, la
forme des hosties de couleur noire, destinées à la ciaébration de la
messe des sabliatg, éiait également triangulaire.
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CHAPITRE SEPTIÈME. 229
Nous venons d’énoncer ce fait étrange que, pour le Juif,
la troisième raison de l’usage du sang des chrétiens c’est
le soupçon nourri chez les rabbins « que Jésiu-Chritt pourrait
dire le vrai Messie; » et ce soupçon s’élève pour un grand
nombre au niveau d’une véritable croyance; mais un indi-
cible orgueil refoule et comprime dans leur cœur cette foi
qui les poursuit à la façon d’un remords. Aussi , lors de la
circoncision d’un enfant, le khakham mêle-t-il dans un verre
de vin, ’a une goutte du sang de l’enfant, une goutte de sang
chrétien, qu’il introduit dans la bouche du circoncis. D’après
leur bizarre interprétation de quelques paroles des prophètes,
ils se figurent que, si la circoncision est ineflicace, « l’enfant
non baptisé pourra se sauver au moyen du sang de ce chré-
tien martyrisé, lequel a reçu le baptême, et dont le sang a
été vereé comme celui du Christ, au milieu des tortures' I »
« J’ai démontré par maintes preuves, dit ce rabbin devenu
moine, les erreurs des Juifs, et je publie « des mystères
qui ne se trouvent dans aucun de leurs livres. » En efl'et,
cet usage de tuer des chrétiens et de recueillir leur sang
ne s’y lit nulle part, n Les pères et les rabbins en commu-
nitpient la prescription de vive voix, et par tradition, à leurs
enfants, qu’ils conjurent avec la menace des plus grandes
malédictions d’en conserver le secret même ’a leurs femmes,
au risque des plus terribles châtiments et des plus grands dangers. »
A rage, de treize ans, les Juifs placent sur la tête de leurs
fils une corne, nommée liphilm. symbole de la force. « Mon
père, en la plaçant sur ma tète, me découvrit le mystère
du sang. (Juand tu seras marié, quelque soit le nombre de
tes enfants, tu ne révéleras ce mystère qu'a un seul, au plus
sage,... au plus inébranlable dans sa religion. Garde-toi
jamais de le révéler à aucune femme! et que, sur la terre,
tu ne trouves point d’asile, mon fils, si tu divulgues ce mys-
tère, fût-ce même si lu te convertissais au christianisme. Malheur
a toi si tu le dévoiles! Or, ayant adopté pour père Notre-
Scigneur, et pour mère notre sainte Église, je fais cou-
> Ibid.
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Î30 LES JUIFS.
naître la vérité dans tous les lieux où s" étend son do-
maine'. »
Et ce que nous affirme si didactiquement ce rabbin con-
verti, nous est et nous fut confirmé de tous temps et de
toutes parts, il est avéré que chaque année, écrivait jadis
Thomas de Catimpré, les Juifs tirent au sort dans quelques
provinces, pour décider quelle ville, ou quel village habité
par eux, doit fournir du sang chrétien à leurs coreligion-
naires des autres pays. Un Juif très-savant, et converti de-
puis peu, m’affirma qu’un de ses coreligionnaires, sur le
point de mourir, avait fait aux Juifs cette prédiction :
« Sachez que vous ne pourrez vous guérir de la honteuse
maladie dont vous souffrez , que par l’u.sage du sang chré-
tien*! » — Il vous suffit d’ailleurs de les écouter tour à tour,
et vous enteudrez chacun vous détailler, selon la superstition
locale du pays qu'il habile, la vertu merveilleuse de ce tany :
il arrête les hémorrhagies, il ranime l'affection des époux;
il délivre les femmes qui le boivent des incommodités de
leur sexe; il facilite les couches; il les préserve de la mau-
vaise odeur qu’ils exilaient; il est enfin pour le Juif la
panacée universelle, et celui qui le verse en tuant un chré-
tien, accomplit un des grands préceptes de la loi des sacri-
fices '.
Enfin, chez les Juifs, ces superstitions (ra(//ttoniiW/«a se
mêlent aux enseignements de /a magie, dont le dogme ett la
doctrine cabalistique répandue dans le Talmud, et qui sans
cesse réclame le sang de l’homme. Le seigneur Giles de
Raiz recueillait la pellicule irisée qui se formait sur le sang
1 Jiutne de la religion hébr., Laurent, t. Il, p. 378 à 393 ; 1 8t6.
^Thomas de Calinipré, De vita ùistituenda, lib. Ul, cap. xxix,
art. S3.
5 Lire l’ Eglise et la Synagogue, p. 31 i, etc.; Itolirbacher, Histoin
universelle de i Eglise, l. XXll, p. Î61 ; 1 sSî. — L’odeur caractéristique
du Juif est-clle ou non un préjugé? Le Juif pur sang, nous disait notre
ami le docteur Boudin, ancien pré.sidentde la Société anthropologique,
sent la punaise. — Voir sur leur odour un curieux passage des.tnnale.s
de Baronius ; Cuin eoruin corporibus Inm gravis fœtor inhæsorit. Ex
eoenim etnomen sunlassecuti utfirten/M Judæi nominedicerentur, etc.
T. l-' p. 677 (72, xxxi).
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CHAPITRE SEPTIÈME. 231
de ses victimes, puis il faisait subir a cette pellicule «diverses
fcrinentaiions, et mettait digérer le produit dans l’o'uf phi-
losophique de l'Alhanor. « Or, telle est la réputation des fils
de Jacoh, qui sont vérilahlement nos pères dans la science
occulte, aflirme le cabalisie Eliphas, qu'on disait « celle
recette tirée de ces vieux yrimoires hébreux qui eussent sufli,
s’ils eussent clé connus, [tour vouer les Juifs à l'exécration de
toute la terre ' . »
Mais, si ces faits ne sont d’insignes mensonges, et s’ils
ont un langage', ce qu'ils nous disent en termes assez clairs,
c’est que, sans cesse et toujours, cher le Juif de la pure
orlliodoxie, chez celui que la civilisation chrétienne n'a
point encore entamé, les exigences du dogme talmudique
et celles de la superstition ramènent la nécessité de l’assas-
sinat, qui procure ce sang des chrétiens. Les pièces oflicielles
(le l’interrogatoire des assassins du Père Thomas révèlent à
l'incrédule Européen de nos jours ce mystère de haute
iniquité. — Que fait-on du sang? demande M. le consul de
France à l’accusé S***. — On s’en sert pour le fath-ir (la
fêle des azymes) — Comment savez-vous qu’il doit servir
pour les azymes? — J’ai demandé pour quel objet on avait
fait couler le sang, et ils me dirent que c’était pour la fête
des azymes*.
Ailleurs, le pacha s’adressant au Juif D*** ; « Dans quel
but avez-vous tué le Père Thomas? » — D*** : « Pour avoir
son sang. Nous l'avons recueilli dans une bouteille blanche,
ou khalahiehs, que nous avons mise chez le khakham
A*”, le sang étant nécessaire a l’accomplissement de nos
devoirs religieux. — A quoi sert le sang dans votre religion?
— On l’emploie aux pains azymes. — Dislribue-t-oii ce
sang aux croyants? — Ostensiblement, non 5 on le douue au
[)rincipal khakham. — Pourquoi ne l avez-vous pas gardé
chez vous? — L’usaijc veut que le sang reste chez les kha-
‘ Lire l’anticatholiquc Eliphas Lévi, tlist. de la magie, p. 2S9 ; <860.
Exécration formulée dans le Coran, v. 1 , p. 45i; 2, p. 12, 1775.J
Laurent, t. 11, p 34-5.
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i3î
LES JUIFS.
khams (les rabbins). » Nouvelle demande h I)*** ; « Pour-
quoi donc avez- vous lue ce Père? — Pour le sang-, parce
que nous en avons besoin pour la célébralion de notre
culte. » Demande au kbakhain .\*** ; « Qui a remis le
sang entre vos mains.? — Le kliakbam Y***" s’était mis
d'accord avec les A*** cl avec les autres, pour avoir une
bouteille de sang humain-, apres quoi, ledit khakham m'en
avisa. Les A*'*’* lui promirent (]ue, cela leur dût-il conter
cent bourses, ils le lui olilieudraient.. Je lus ensuite in-
formé par eux qu’ils avaient amené une personne « pour
l’égorger et recueillir le sang, et ils me dirent ; Puisque
vous êtes le plusi-aisonnablc, portez-le cbezlekbakham Y***.
— Vous êtes-vous ini'ormé auprès du kliakbam Y*'*'* s’il en
envoie dans d’autres lieux? — « Le khakham m’a informé
qu’il devait en envoyer k Bagdad. — Est-il venu de Bagdad
des lettres qui en demaiidassent? — « Le kliakbam Y*'*''* me
l’a dit. — Est-il vrai que le barbier ail tenu le Père pendant
l’assassinat? — Je les ai vus tous ensemble sur lui , ainsi
(|ue S*'*’'* et le domestique .M***. En l’égorgeant, iU étaient
trèi-contents , attendu qu’il s’agiswil d’un acte religieux l » —
Le projet avait-il été de tuer un prêtre, ou quelque antre
chrétien? »
... Le khakham Y**'* « nous dit, à tous les sept, qu’on
avait besoin de sang humain pour la fêle îles azymes ; <‘l i|ue ,
puisque le Père Thomas était toujours dans le quartier, il
fallait le faire venir sous quelque prétexte, l'égorger, et en
prendre le sang ' . »
«El [lourquoi le sang est-il néce.ssaire? demande l'autorité
judiciaire au rabbin A***; le niel-on dans le pain azyme, et
tout le monde mange- 1 -il de ce pain?» — Le rabbin ; « L'usage
est que le sang mis dans le pain azyme n’est pas pour le
peuple , mais pour les personnes zélées. Le kliakbam Y***
reste au four la veille de la fête des azymes. L'a, les per-
* Ibid. Iiiterrog., suite, l. Il, p. 34 à 49; traducUon de M. Bcaudin,
interprète rhanrelier du consulat de France à Damas, l.auront. ib.,
t. 11, p. ZUWOO.
CHAPITRE SEPTIÈME. *33
sonnes zélées lui envoient la farine dont il lait du pain; il
pélrit lui-même la pâte, sans que personne sache y
met du sang, et il envoie le pain à ceux k qui appartenait la
farine !
— Votre réponse ne nous a pas fait siilTisamment compren-
dre comment l'emploi du sang d’une personne peut être
permis? — C’est le secret des grands khakhams; ils con-
naissent cette affaire, et la manière d’employer le sang.... »
Ce que nous savons, nous, c’est que U mode de cet emploi
varie; c’est qu’il est multiple; c’csl. Cil outre, que dans les
azymes le sang n’est |>as toujours pétri avec la farine;
qu’on se home quelquefois à en mettre sur le pain « une
couche, un enduit », comme pour le dorer. C’est Ik ce que
nous aideront k saisir quelques paroles deBen-Noud, Juive
connue fort au loin : paroles que nous allons entendre , et
qui sont confirmées par le témoignage de l’un de nos plus
distingués voyageurs en Orient, M. le comte de Durfort-
Civrac. Nous engageons le lecteur k parcourir sa lettre en-
tière, k l’adresse de l’incorruptible consul de France, M.de
Ratli-Menton , et nous y lisons ces mots :
La Juive Ben-Noud, Glle de Mourad, natif d’Alep, nous
affirme « se rappeler parfaitement avoir vu, k l'âge de six k
sept ans, dans la ville d’Aiitioche, et dans la maison où elle
logeait, deux enfants suspendus au plafond par les pieds. »
Elle courut effrayée prévenir sa tante; la tante répondit que
c’était une punition infligée aux enfants, et la lit sortir, afin
de détourner son attention. « A son retour, les corps
avaient disparu, mais elle vit le sang dans l'un des vases
que les Arabes appellent taghen, et dont ils se servent pour
laver le linge ‘. »
Huit ans plus tard, en 1834, elle demeurait k Tripoli
chez une parente, et fut témoin dans cette ville d’une hor-
rible scène dont aucun détail lie s'échappa de sa mémoire.
Du haut d’une terrasse où elle était inaperçue, elle vit uq
1 Lire ibid. luterrog., etc., t. II, p. 45, 58, 323, 319.
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LES JUIFS.
chrétien, vieillard h harbe blanche, invité parles Juifs, avec
lesquels il trafiquait, à venir manger des oranges dans une
petite cour attenant à la synagogue. On lui offrit le narghi-
leh, l’eaii-de-vie, le café, puis, au moment où il se voyait
combler de politesses, quatre ou cinq Juifs se jetèrent sur
lui, lui bandèrent la bouche avec un mouchoir, le garrottè-
rent et le pendirent par les pieds. » Ainsi fut-il laissé de-
puis neuf heures du matin jusqu’ù midi; car il s'agissait
« de lui faire rendre par le nez et par la bouche l’eau dont
l’évacuation est nécessaire pour que le sang acquière le
degré de pureté qu’exige l’emploi auquel on le destine. »
Au moment où le vieillard était près d’expirer, moment
qu’il importe de veiller avec un grand soin, « les Juifs lui
coupèrent le cou avec un de ces couteaux dont les rabbins
se servent pour égorger les victimes, et le corps resta sus-
pendu jusqu’k ce que tout le sang fût tombé dans une bas-
sine. »
Trois ans après, Ben-Noud vint à Latakié chez un de ses
oncles;... et, tant qu’y dura sou séjour, on leur envoya
régulièrement d’Alep le pain azyme nécessaire pour la pàque.
Or, il en est de deux espèces, dit-elle ; « Le mowa, et le
mossa guetira *. m Semblable au premier, le second contient
en outre un enduit de sang humain , mais d’une' quantité
trop minime pour communiquer a la pâte un goût prononcé.
c( Les Juifs mangent de ces pains azymes pendant les sept
jours de leur pàque ; ils ne se servent du mossa que lorsque
le mossa guesira vient a leur manquer. »
« Pendant la nuit qui précède leur pàque, il y a trèa-peu
de familles juives qui ne crucifient un coq. On lui cloue les
ailes à la muraille, et on le tourmente de toutes les manières;
chacun des assistants vient le percer avec une pointe de fer,
pour tourner en dérision la Passion de Jésus-Christ , et par
conséquent pour s’y associer de cœur; « tout cela se fait avec
(le grandes explosions de rire. »
I.’année passée , cette cérémonie barbare s’accomplit dans
’ Guesira signifie, dil-on, égorger, en syriaque.
CHAPITRE SEPTIÈME.
S35
la maison de M, Bélier, où se trouvaient la famille du mari do
Üen-Noud et un rabbin, n Ab! combien sourirait aux 4uifs,
disait-elle, la possibilité de sacrifier un cbréticn au lieu
d’un co(]! ILs ont deux fêles dans lesquelles ils chargent les
chrétiens d'imprécations -, et les Juifs qui paraissent les plus
craintifs sout ceux qui montrent dans toutes ces horreurs
le plus d'acharnement et de cruauté »
Devant ces faits hideux, dont les plus menus détails ont
une effrayante précision, nous voyons l’intention rester la
même, que la victime réclamée par le culte orthodoxe et
traditionnel se trouve être un chrétien, un coq, un agneau,
ou qu’elle soit tout autre animal. En d’autres termes, le
vœu du culte est l’homicide, la mort d'un chrétien, la man-
ducation de son sang; et la figure du sacrifice n’est acceptée
par le sacrifiant que s’il lui devient impossible d'en attein-
dre la réalité. D'où ces paroles qui semblent ici se répéter
d’elles-mémes ; « La Un tragique du Père Thomas n’a pas
causé d’étonnetneiu en Égypte. Les habitants sont persuadés,
et tous ont celte conviction , que les Juifs égorgent parfois des
esclaves chrétiens dont ils prennent le sang pour le mêler au
pain azyme. Si les descendants des hommes qui ont cru-
cifié Jésus-Christ ne peuvent acheter des enfants nés dans
le christianisme, disent les Égyptiens, ils choisissent un
mouton bien gras, et le poignardent l’un après l’autre, en
faisant ainsi allusion 'a la mort du Sauveur du monde *. »
Cependant , si ces paroles sont claires , si ces faits sont
innombrables, s’ils sout de toutes les époques et de tous les
pays, et si l’histoire semble, par la précision et la prodiga-
lité de ses détails, vouloir nous en livrer en quelque sorte
' Comte de Durfort-Civrac, t. 11, lire p. 3Î0 à 3Î5. Fôtes et insultes
analogues à celles que, dès et avant Tliéodose, ils se permettaient en
Europe; voir le grand Traité de la police, t. 1 , p. ÎSO.etc. ; Paris,
<705; et Imprécations : liaroniiis. Annales ; Abusiones feré innumera-
biles, etc., ann. 13Ï0. t. .\XVI, et p. 139.
“ llaramout, l'Egypte .sous iIéhémet-Ali, p. 367 ; Paris, 1833. — Celui
qui voudra en savoir davantage, dit I.aurenI, n'aura (|ii’à lire le cliapitre
xxxiit de l’œuvre du mddeciii Paolo, touchant la haine des Juifs con-
tre les chrétiens, et les assassinats d'enlants chrétiens, l. 11, p. 38!.
236
LES JUIFS.
les photographies, le Juif les nie; il les nie avec l’effrayant
aplomb dont tout à riieure il niait l’usure; avec l’aplomb
qui le fixe a nier tant de faits que le reste des hommes a
rangés au titre de l’évidence. Et cet homme h qui le Talmud
fait un mérite de mentir au chrétien, qu’oppose-t-il k ces
monceaux de témoignages et de preuves que lui objecte le
monde? — Il oppose sa parole de Juif. Est-ce assez? En
tout cas, notre devoir est de la laisser retentir, celte parole,
et de la livrer au critique, qui la placera, s'il lui trouve un
poids quelconque, dans un des plateaux de sa balance.
Écoutons :
U Parmi tant de prerendus enlcvements des chrétiens faits
[>ar les Israélites, et « souvent signalés en Orient par la cia-
meur publique durant lesdeux derniers siècles; au milieu des
poursuites sévères qui, par suite d’accusations formelles, y
avaient toujours été exercées tant par les autorités maho-
métanes que par celles des communes locales des chrétiens,
ainsi que par les consuls des puissances occidentales rési-
dant en ce pays;... on n*a jamais pu constater^ ni légalement,
ni MEME PAR DES PRÉSOMPTIONS JURIDIQUES, aUCUn dcS mCUI’-
tres commis par des Israélites. Au contraire, il y a eu
mille circonstances et mille faits historiques qui ont évi~
demment démontré que c’était une indigne calomnie em-
ployée contre ce peuple infortuné^ soit par une malveillance
préméditée, soit par un aveugle fanatisme, pour couvrir,
par celte présomption généralement accréditée en Orient,
d’autres crimes qui y étaient réellement commis »
« De nos jours encore , on répète quelquefois cette
erreur : qu’il nous faut du sang chrétien pour la célébration
de notre Pâque. Nous n’avons pas oublié la triste affaire de
Saraloff; nous n’avons pas oublié iju’une brochure française
destinée 'a prouver que les Israélites st* servent de sang
dans leurs cérémonies pascales, fut répandue en Russie atiu
de raffermir les convictions chancelantes des juges. Enfin ,
nous nous i*appelous encore que, dans une élection qui n'est
‘ Archives israéliteSj XIX. p. 890-1 ; 1867.
CHAPITHE SEPTIEME. Î37
éloignée de nous que de quelques années, un obscur avocat
osa nous jeter a la face dans un organe de la presse dépar-
tementale cette vieille calomnie. Nous n’avons doue pas le
droit de la croire anéantie; peut-être u'est-elle qu’endor-
mie, et SC réveillera-t-elle un Jour? C’est pourquoi il faut
la combattre encore »
« Chaque année , h l’approche des fêtes de Pâques juives
et grecques, les Israélites étaient en butte aux mauvais
traitements de la part de la populace grecque, (|ui ajoute une
foi aveugle à l’emploi du sang chrétien pour la fabrication
des pains a/.ymes.
Il En 18(51 , cependant, lorsque les Israélites de Smyrnc
curent plus asoutfrirqucd’babitude de cette persécution .sys-
tématique, Mgr Sophronios , qui siégeait alors sur le tr()iie
patriarcal, intervint énergiquement, et publia une encycli-
que ’a la suite de laquelle les Pàipies ne furent plus trou-
blées jusqu’à ce jour.
» Mais, si ce préjugé absurde a été abandonné, il sullit
maintenant d'inventer une calomnie quelconque; et, quelque
invraisemblable qu’elle soit, elle fournit à une certaine
clas.se de gens, amis du désordre, l’occasion de fomenter la
haine et la discorde entre les chrétiens et les Juifs »
•Mes paroles furent iioiir mes coreligionnaires des paroles
sacrées, ajoute dans une circonstance solennelle l’avocat juif
Crémienx, parce qu'elles étaient celles de l’homme « qui
venait d’obtenir de Méliémet-Ali la mise eu liberté de nos
frères, si calomnieusement accusés d’avoir pétri leur pain
azyme avec le sang du Père Thomas » Ah! vraiment,
« s'il est un peu|de malheureux sur la terrei c’est assuré-
ment le peuple juif. Depuis tantôt dix-huit siècles qu'il est
éparpillé sur la surface du globe, il n’est pas une pereécu-
lion, pas une avanie, pas une torture qui ne lui ait été sys-
tématiquement infligée.
' Archivef imélilef. 11, p. 7S; IS67.
- Archives Israélites, Xvi, p. 738; 1HG7.
s Archives israéliles, I, p. 16; (867. Le lecteur jugera ! car il vient
de lire les pièces du procès, les paroles et le finnan do .Méhèmot.
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Î38
I.ES JDIFS.
K Cependanl, la révolution de 1789 a frappé de mort les
préjugés barbares; et, en proclamant l’égalité parmi tous
les boromes ' , elle a mis (in h la situation misérable de la
nation juive. »
« Tous les peuples de l’Europe ont suivi cet exemple;
seuls, quelques fanatiques, la honte de notre siècle et de la
civilisation, continuent à ... se faire l’instrument des plus
odieuses persécutions. » Et, ne craignons point de nous
répéter : « Parmi les fables mises en circulation pour entre-
tenir la haine contre les Juifs, la plus absurde, la plus ridi-
cule, si elle n’était pas odieuse, est sans contredit celle qui
consiste k leur imputer l’emploi du sang d’un enfant chré-
tien pour la fabrication des pains azymes * ! »
Telle est l’éternelle dénégation du Juif, et nous lui lais-
sons tout son retentissement contre les plus fortes, contre
les plus unanimes autorités de l’histoire, c’est-k-dire contre
les arrêts de la magistrature humaine, et contre la certitude
philosophique qu’engendre le témoignage humain. Tout
homme qui parle des choses judaïques a menti, nous dit le
Juif, si ce n’est le Juif et l’avocat du Juif. Jamais un fait, et
mieux encore , jamais « une présomption juridique » ne fut
établie contre le Juif k l’endroit du sang chrétien dans le
pain des azymes; et, douter de cette alTirmation d’Israël,
c’est se déclarer fanatique 1
Ce que, pour notre part, nous admettons de grand cœur,
c’est que d’odieuses et d’innombrables calomnies se sont
attachées k la poursuite du Juif, et nous ne saurions nous
étonner des injustices qu’il a subies, car son invincible au-
dace, son opiniâtreté caractéristique k nier tous les crimes,
en face de toutes les évidences, et le crime d’usure en tête,
n’cst-ce point Ik surtout ce qui les a misérablement provo-
qués, ces soupçons injustes et ces calomnies à conséquences
' A-t-elle proclamo ['égalité morals? rêg.ilité du lalmudisaiil et du
sectateur de l’Evangile, ce qui impliquerait rdgalitÇ de l’Evaneile et du
Talmudl... En tout ras, que nous im|)orlo, et qu’importe à la raison
ce que la Révolution a pu proclamer?
'■‘L’Univers israélite, I, p. 34-6, septembre t867.
CHAPITRK SEPTIÈME. Î39
désastreuses? Laissons cependant le critique se livrer un
instant a ses appréciations , et ne donnons pour première
réponse à Israël qu’lsraël lui-même, représenté par un de
ses plus illustres rabbins :
Un prédicateur juif, un rabbin en plein exercice de fonc-
tions, nous dit VUniver» israélUe, se livre k « une sortie vio-
lente contre le fanatisme religieua:, au milieu du peuple juif lui-
même; I) puis, nous racontant « les faits les plus odieux et
les plus absurdes, attribués aux Israélites d’une grande et
célèbre communauté de Gallicie , il ajoute : « Nous avons
des lamentations sur les persécutions que les Juifs curent k
supporter; mais je loue k l’avance l’homme qui nous
montrera V horrible tableau du fanatisme juif. »
« Et, ce rabbin accusateur, dénonciateur et calomniateur
de ses frères, provoquant contre eux la haine et le mépris
des peuples », quel est-il? II est, et « nous éprouvons une
vive douleur k le dire, — le célèbre docteur Adolphe Jellinek,
prédicateur k Vienne! Comment, hélas! pouvons-nous nous
plaindre encore des attaques et des persécutions étrangères,
lorsque nous voyons un orateur de notre sanctuaire, un pasteur
en Israël , frapper ainsi son troupeau avec toutes les armes
empoisonnées et meurtrières de la dénonciation et de la
calomnie? »
« Heureusement les peuples, qui voient notre conduite
et nos œuvres , reconnaissent la fausseté de ces hideuses
insinuations d’un faux prêtre juif, et ne croient pas plus au
meurtre des enfants chrétiens pour les besoins de notre
pâque qu’k la persécution par nous-mêmes de nos pieux rab-
bins et de nos hommes de science »
L’organe judaïque qui s’emporte contre le ministre de
son culte, contre l’illustre rabbin dont l’éloquence reproche
aux Juifs les crimes odieux de leur fanatisme, nous aÛirme
que les peuples ne croient plus aux meurtres d’enfants par
' Univers Israélite. Vf, p. *tt-3; tS68. Notons que ce rabbin nous
parle de ce qu’il voit, do ce qui se passe sous ses yeux; et que l'Uni-
vers israéUte nie ce qu'il ignore!
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UiS JUIFS.
îiO
les hommes du Talmud pour les besoins de leur pàque;
mais il oublie (|ue dans l'inslant même il vient, ainsi que
son confrère des Arckivet israélues, de nous aflirmer le con-
traire, et d’accuser rOrienl tout entier de ne pouvoir se
purger de cette croyance! Se serait-elle tenue debout dix-
huit siècles dans les lieux les plus céléère* et les plus civUitét
de la terre, celte croyance, sans avoir jamais eu d’autre
fondement que rimaginatioii des peuples? Mais au seul Juif
de la pure orthodoxie le mérite ou le crime de ces actes,
que répudient avec une légitime indignation les Juifs détal-
miidisés des parties les. plus civilisées de l'Europe.
CONCLUSION.
Lorsque, si nous l’eu croyons lui-même, nourri pendant
qiiarapte ans de miracles dans le désert; lorsque, vivant
pendant des siècles dans la Terre sainte d’une vie qui le fa-
miliarise avec le miracle, Israël cède aux prestiges des faux
dieux, adore les plus honteuses divinités, se livre ‘a des tur-
pitudes dont la Bible, son histoire, n’a même point accusé
Sotlome ; lorsqu’il immole et livre au feu scs propres en-
fants, mange In chair des victimes humaines et boit leur
lang ', commet-il , en se livrant ’a ces actes monstrueux, un
crime d’une autre nature que lorsqu’après la mort et le
triomphe du Christ il immole les chrétiens qu’il abhorre, et
mêle leur sang aux pains que son code religieux, entaché
de magie, lui donne 'a titre de pains sacrés.^ Non, sans
doute! Mais en outre, Israël, en se livrant à ces crimes reli-
gieux, fait-il autre chose que ce que faisaient ses pères?
Non, sans doute; non mille fois cncorel
Lors donc qu’Israël nie, contre le genre humain qui l’ac-
cuse, ces derniers crimes, pins rares et moins compliqués
d’horreurs et de turpitudes que ceux qu’il a jadis et de su
propre main consignés dans les pages de son histoire , com-
ment s’y prendre pour ne point reconnaître ilans son pre-
mier aven, dans sa confession hibiùpic , soutenue des auto-
' Voir au commencement tle ce rliapitre.
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CHAPITRE SEPTIÈME.
ïU
rilés inodunies que nous avons mises en ligne, le déinenli
moral de ses dénégations actuelles?
On bien, et en d’autres termes, si les crimes religieux du
Juif furent des actes si vulgaires et si publics pendant un
laps de quinr.e siècles, et tandis que la Synagogue professait
encore dans sa pureté la loi de Moïse, que dire? Et pour
quelle raison ces mêmes crimes, ou plutôt des crimes de
même nature, mais plus rares et d’une qualité moins ma-
ligne, cusscnt-ils tout à coup cessé de se produire chez les
fils de ces mêmes Juifs? Qui donc alors eût redressé le sens
de ces hommes? Qui les eût remis dans la droite voie? Ce
n’est point, à coup sûr , leur religion , qui , loin de se main-
tenir dans sa pureté depuis le Christ, a perdu son sacerdoce,
et qui, traversant la civilisation chrétienne, s'est compliquée
des traditions nouvelles de ces rabbins pharisaïques dont les
doctrines étaient celles de la Cabale , âme de l’idolâtrie et
de la magie altérées dans tous les siècles du sang des
hommes ' !
' Lire sur cette soif de sang la brocliure de notre ami M. le docteur
Boudin, médecin en chef de rarmée des Alpes et d’Italie, etc., etc.:
Sacri/ien humains, t S62 ; et notre livre Dieu et tes dieux, tSoi, ou-
vrage épuisé, que nous n’avons pas encore le temps de rééditer à
notre goût.
16
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TROISIÈME PARTIE
CHAPITRE huitième.
PnEHIÈRE DIVISION. — LA MARCHE DD JUIF. ORTHODOXIE
OCCIDENTALE. '
Il se crie partout que le Juif est en marche, que scs mœurs changent,
Suelle plus grande mei\ cille! — Sa croyance a donc changé'? —
'est l;\ le signe éclatant d'une époque nouvelle. — [,’indeslruclible
noyau du judaïsme reste formé des orthodoxes lalmudistcs; mais,
au^^essous de ceux-ci se rangent le nouvel ortliodoxe, les r. for-
mistes et le libre penseur judati|ue. — Fureurs des nouveaux ortho-
doxes contre les adversaires du ranaltsmc et de ïimmutabililé tal-
mudiques. — Attaques du fanatisme Israélite par l'illustie rabbin
Jellinek. — Répliques amèn-s de t’Univers'i<raelile, organe de l’or-
Ihudoxie. — Le judaïsme n'est |iliis une religion, il est une chose
morte, etc. — Un grand schisme sépare donc Juda en diverses par-
ties, mais, ô merveille! sans les désunir au besoin. — Exemple. —
Raison et ruse des réformisie.^; elle avorte. — Doléances. — Flaies
du juda'ïsme. — Hypocrisie de.s aînés qui s’entre-déchirent; elle
leur est reprochée par les puînés. — Prosidylisnie et changement de
rôle entre les deux partis. — Comment l'orthodoxie est-elle jugée
par les Juifs de nos contrées? — Les faits. — L'illustre grand rab-
bin Klein et .M. Isidor. — Ce dernier est élu grand rabbin de
France. — Débats curieux et concluants. — La famille Israélite dé-
génère moralement, et tombe dans une décadence complète ; lel est
le cri du journal judafque la .Veuteïl.
De toutes les régions de l’Europe civilisée il se crie, —
et ce phénomène est d’hier, — il se crie que les actes du
Juif commencent à dénoter une sensible amélioration mo-
rale-, que le Juif change, tiu’il se transforme et se mélamor-
phose! Dans (|iiclle mesure la chose a-t-elle donc quelque
réalité? Nous le verrons chemin faisant: mais quel que suit
ce changement, que nous enseignera-t-il? Il nous euseignera
qu’un changement pruporliunnel s’est opéré dans la loi du
Juif; que les traditions rahbiniqnes .sont tombées dans le
discrédit, et qu’un miracle moral donne au monde le plus
soudain et le |dus inattendu des spectacles, celui de la
-.—'le
I;
ClIAPlTni- HümftMK.
Ï43
mtiicheAu Juif. Car, an poinl de vue religieux, et par con-
séquent moral, le Juif était immobile, sa croyance était
iuimualilc-, le dogme talmudique, en un mot, plus solide
que la Divinité, se trouvait, d'après la parole des rabbins,
au-dessus de Dieu lui-même. Et voici que tout d’un coup ,
après dix-huit siècles d’iuébranfuble fixité, tout change, tout
s'ébi'anle, tout se meut; signe éclatant d'une époque nou-
velle et présage d’événements grandiosesi
Mais CO que nous nous proposons avant toute chose de
relever pour le moment , ce ne sont point les conséquences
de ce fait inouï, c’est le fait lui-même ; c’est le changement
énonne, l'incroyable révolution que quelijucs brèves années
amenèrent ilans la croyance du Juif; c’est la marche qui
soudain l'éloigna de la source talmudique où il jiuisait sa
foi; marche inégale, il est vrai, dans les contrées diverses
que peuplent les fils de Jacob; car, à peine sensible dans
les régions de l'Orient, elle est d’une rapidité si prodigieuse
dans certaines régions occidentales , que nous ne saurions
mieux en comparer rallnre qu’au pas précipité des déroutes.
A nous donc aujourd'hui, puisqu’ils ont marché, de sa-
voir ce que sont et ce que deviennent les Juifs, ces hommes
dont la religion, toute seule hier encore, constituait la uatio-
nalité; car n’est-ce pas chose étrange, prodigieuse, que de
voir en un clin d’œil un tel peuple se décomposer, et, con-
servant dans son noyau le plus irrcduciiblc son orthodoxie primi-
tive, se former tout k coup en orthodoxes bâtards, en
croyants épris du progrès, en philosophes libres penseurs,
c’est-à-dire en membres chez lesquels le lien religieux brisé
ne laisse plus subsister d'autre attache i|ue celle de la race,
de la pareiiié, du sang.
Au-dessous de l'indissoluble noyau des (turs talmudisanls,
cette primitive et autique catégorie dout_ naguère se com-
posait exclusivement le corps judaïque, il nous faut donc
uujourd'liui ranger les incroyants de nouvelle école et les
nouveaux croyants; mais d'abord ceux i|ui, dans les États
les [dus policés de l’Europe, tienaciU'a se conserver le nom
16.
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215
I.KS JUIFS.
(l’orlhodoxes, malgré la di.slancc, malgré l’abîme i|ui les sé-
pare des Juifs de la véritable orthodoxie-, ces vaillants des
traditions pharisaïqucs dont nos chapitres ont assez fré-
quemment déjà reproduit les paroles et les actes. Hier en-
core, sous nos yeux (1827-1844), ces fidèles talmudisants
qui [leuplaient nos grandes villes traitaient la femme en
être infime -, ils chassaient sans pitié de leur toit le profes-
seur assez irréligieusement délicat pour refuser d’initier ses
jeunes élèves aux monstrueuses obscénités du Talmud; et
ces enfants, dociles aux leçons de leurs pères, attendaient
avec impatience l’arrivée du Messie, jirêts à livrer au pil-
lage, pour fêter sa bienvenue, les boutiques de la ville de
Strasbourg ‘ 1 Certes, si l’orthodoxie nouvelle et modifiée ne
nous semble plus mériter le renom de l'antique orthodoxie,
qu’elle en reçoive nos félicitations sincères! Mais, en la fé-
licitant de ce qu’elle cesse d’être, bâtons-nous de nous for-
mer une idée précise de la physionomie sous laquelle elle
nous apparaît-, alors nous sera-t-il donné de peser dans
d’assez justes balances ses pauvretés et son mérite!
■\ l'indéfinissable scandale de l’Univers israéliie^ organe
de cette orthodoxie mitigée, mais qui conserve ses préten-
tions à la scrupuleuse pureté des doctrines, l’illuslrc rabbin
Jellinek , qui semble la piquer an vif par cette apostrophe ,
s’est écrié du haut de sa gorge : « Dans ce seul siècle il
n’est presque pas un seul homme, voulant améliorer l’édu-
cation de la jeunesse, relever les formes du service divin,
propager la culture de la civilisation, avancer le progrès
pour le bien des Juifs, qui n’ait senti les pointes du fanatisme
juif. Nous avons des lamentations sur les persécutions que
les Juifs eurent à supporter de la part d’autres peuples,
mais l’élégie racontant comment des membres du judaïsme
ont lâchement Immilié et cherché à perdre les plusinobles
hommes de leur peuple, qui avaient consacré à son éduca-
tion et à son élévation toutes leurs forees, cette élégie n’est
pas encore composée La fureur religieuse... se place
‘ Voir plus bas, chap. Messie; 18Î7.
CHAPITRK HUITIÈME. Îi5
avec l'épéc nue devant la porte de l’instruction et de la
conversion, inaccessible comme tout autre fanatisme reli-
gieux h toute discussion calme... .»
Telles sont les paroles qui blessent au cœur l’antique et
la nouvelle orthodoxie et que nous dénonce dans toute
l’amertume de son langage l’Vniven israélite, effrayé du
progrès dont le cours menace de l’emporter, et qui, lui-
même pourtant, s’est mis en marche'!
C’est qu’en vérité les temps changent, et même pour
Israël, ô prodige! Jadis l’autorité talmudique avait triomphé
de l’autorité de Moïse, et le Talmud avait effacé la Bible.
.Maintenant, nous disent avec jactance les hommes du pro-
grès judaique , voici que les effluves de la liberté chassent
devant elles les nuages de l’immobile orthodoxie... Bien
mieux, « ceux que l’on appelle réformateurs veulent, d’un
seul coup, se débarrasser de toutes les entraves, et le Tal-
mud, qui depuis son apparition avait joui cCune autorité in-
contetiée », se voit « dédaigné et repoussé », rendu respon-
sable des .souffrances antérieures... de la nation juive; enfin
c’est k lui que s’applique, en le retournant, le mot célèbre
de Sieyès : « Qu’a-t-il été? Tout! Que doit-il être? Bien. »
Ah! c’est trop peu maintenant, en vérité, si l’on ne renie la
foi judaïque ; mais aussi quelle mesure observer*?
.\ucune, nous dit ta raison; car dès qu’un livre nous est
proposé comme divin, une .seule tache, une seule erreur, et
la moindre que l’on y découvre , signale en lui la faiblesse
humaine ou le mensonge, et le tue. Il faut qu’il en meure;
et l’organe de l’orthodoxie boiteuse du judaïsme, l’Univers
israélite, en confiant aux vents tapageurs de la publicité ses
lamentations, ne formule que les justes conséquences des
énormités aperçues enfin, et montrées du doigt par des fils
même d’Israël dans le Talmud. Nul étonnement dès lors si,
d’après la propre parole des nouveaux orthodoxes , « l'affai-
1)lissement graduel de la conscience religieuse fait di.spa-
I Nous donnons les paroles textuelles; VI, p. 242, 1868.
^ Lire Archives Israélites, XII, p. 242, etc.; 1867.
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246
LES JUIFS.
raitre au dedans de la coininiinauté tonie vie israélite, et
fait dire au dehors qne le judaïsme n’est plus une religion,
mais une simple étude arcliéologique, une chose vieillie,
une chose morte ! »
C’est pourquoi le judaïsme n’est plus qu’un cadavre, et
vainement Israël s’efl'orce-t-il de le ranimer en le réehauf-
fanl de son vieil amour, l.'ambilion l'emporte chez lui sur
la foi , et parmi les frères divisés vous entendez celui qui
conserve un reste d’orthodoxie reprocher en termes amers
aux hommes du progrès que, « cotUrairematt à ta plus simple
loyauté , à la plus vnluaire bonne foi, on se fusse nommer chef
et prince du judaïsme lorsqu’on montre pour toutes srj lois un
dédain éclatant ; lorsqu’on foule aux pieds le drapeau de son
proprer égiment ; « lors((ne enfin, devant être gardien de Jé-
rusalem, on vit M dans le camp payeu '! »
Le journal protestant la Croix se home donc à mettre au
jour une vérité d’évidence lorsqu’il exprime, en pays civi-
lisé, « le peu d’idée qu'on se fait de l’énergie qu’il faut pour
demeurer Israélite orthodoxe*. »
Il est notoire, en effet, que, dans les régions les plus libé-
rales de l’Kurope, non-seulement « l’antique code de .Moïse
et le Talmud strictement orthodoxe ne sont plus du goûl'de
la majorité », mais que les simulacres mêmes de l’orthodoxie
oflusquent des myriades d’Israélites. C’est assez dire, ce me
semble, « qu’un grand schisme s’est élevé entre les réfor-
mistes et les orthodoxes de toutes nuances*. 11 s’en faut
toutefois que cette dissidiuice profonde, et que l’on eût
jugée un crime impardonnable il y a quelques aimées, em-
jiêche aujourd’hui les deux jiartisdc s’eutendre sur d’autres
points et de fraterniser, (jar les réformistes et les ortho-
‘ Univers israélite, XII, p. 5SS-39; tS66; td., suprà.
f La revue judaLiuç réplique avec un spirituel à propos « qu’on se
fait également pe i d’idée de la robuste bonne volonté qu’il faut pour
demeurer chrétien tout en niant le Christ ! » Univers israélite, V
p. 19C ; tS67. Car, aujourd'hui, la plupart des minislrcsi du proteslar
tisme nient ia divinité du Christ I
^ Archives israélihs, p. !>6:l ; tS66.
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CHAPITRE HUITIÈME,
247
doxes de tout échelon brûlent également du zèle de tenir
haut et ferme l’étendard national du judaïsme. C’est pour-
quoi nous les voyons réunir au besoin leurs moyens et leurs
forces dans un intérêt commun, et, par exemple, « pour-
voir ensemble avec libéralité aux fonds nécessaires à l’érec-
«
lion d’un temple magnifique à Peslh. » (Ibid.) Il est vrai que,
sépulcre blanchi, le temple ne renfermera que le vide, que
la corrupiion de la loi divine; mais la magnificence de ses
dehors proclamera la richesse et la force du peuple élu ;
et, si Dieu n’est glorifié, du moins resplendira la gloire
d’Israël.
Ces deux tronçons palpitants du peuple hébraïque se
réunissent donc dans le désir de donner au culte une appa-
rence; et les réformistes de s’emparer de ce désir pour
achever la ruine de l’orthodoxie bâtarde dont la présence
odieuse blesse a la fois les intérêts nationaux et le bon sens
humain. La convocation d'un svnode. israélite fut en con-
séqu(*nce un des leurres dont ils se servirent pour attirer et
réunir à leur bord les orthodoxes nouveaux. Mais le flair
de ces champions boiteux du Talmud éventa le piège : A
quoi bon votre synode, frères? « Cno fusion serait désirable,
certes oui! et personne ne vous contestera ce point. Mais peut-
elle se réaliser? Ici, nous hésitons; car on pourrait bien
arriver â une confusion» au lieu d‘une fusion» et se séparer
plus aigris qu’avant la réunion. »
Il se trouve en effet « deux partis extrêmes en présence :
d’abord les ultra-avancés, ceux qui rejettent toute lai céré-
monielle,,.. qui traitent de vétilles et de minuties les prescrip-
tions de la Synagogue, et les déclarent bonnes tout au plus
pour des nourrissons, pour des enfants â la mamelle! »
Or, ({ toute réforme, du moment qu’elle ne sera que par-
tielle^ ne contentera jamais les premiers, les hommes du
progrès, et aliénera toujours les seconds, ceux qui cx)nti-
niient d’opposer encore quelque résistance aux violateurs
do l’orthodoxie. Le synode aurait donc tenu ses séances en
pure perle! » Disons le mot, et ne l’oublions plus ; ce qui
«48
LES JUIKS.
est dans les vœux des réformistes , « c’est une abolition du
judaiame traditionnel; abolition décrétée en bonne et due forme
par ses chefs autorisés.. Une victoire partielle ne ferait
qu’accroitre leur ambition, sans satisfaire leurs désirs; et
que l’on ne croie pas que nous exagérons les choses! »
Nul ne l’ignore, la fusion pour laquelle nos hommes du
progrès affectent un si beau zèle « n’est qu'un piège tendu à
la bonne foi du public. » Mais ce qu’ils veulent c’est la
« suppression des lois alimentaires et des dispositions pro-
hibitives du sabbat..., etc., etc. Qui sait? peut-être vont-ils
jusqu’il se flatter, in petto, que la circoncision, ce cachet divin
que nous portons sur notre chair, selon la poétique expres-
sion du Talmud, sera rayée par un trait de plume de MM. les
conférenciers. Telles sont les espérances dont se flatte le
parti qui pousse au synode, et qui se croit tellement nudtre
de la situation qu’il les expose au grand jour'. »
Malheur, malheur à Israël! répliquent à ces paroles les
Juifs de la moyenne réforme, ceux qui s'efforcent de se tenir
dans un certain milieu entre ces frères de la petite ortho-
doxie et les Juifs libres penseurs; malheur, puisque notre
royaume se divise! Car « pour les uns nous sommes des
niveleurs voués au culte de la libre pensée , et les autres
voient en nous des libéraux incomplets et inconséquents. Un
grand nombre d’Israélites, pour se fusionner davantage
avec la société moderne, trouvent importune toute voix
qui les entretient de nos intérêts et de nos devoirs; et les
faux orthodoxes , qui tirent bénéfice de la défense de l’obscu-
rantisme après avoir débuté par le pourfendre, regrettent
de ne pas nous voir relever leurs personnalités injurieuses*. »
Si le Talmud est pour Israël un fléau, l’orthodoxie mitigée,
c’ est-h-dire fausse ou bâtarde, est non moins que la réforme
elle- même une véritable plaie pour le judaïsme. Et ce qu'il
y a de certain, nous affirme de son côté le Rév. Père Ratis-
bonne, prêtre de sang Israélite, c’estque « les hommes de cette
' Univers israétiU, VOÏ, p. 358-59; 1868.
'■* Archives israélites^ XX, p. 915; 1867.
CHAPITRE HUITIÈME.
249
catégorie diminuent tous Us jours; car ils ne se recrutent
guère parmi les jeunes gens , et il y a parmi eux beaucoup
d'ignorance et d'hypocrisie' . »
« Ils se parent fièrement du titre d’orthodoxes, reprennent
les Archives israélites , et leur unique mérite consiste à suivre
aveuglément, et sans réflexion , ‘quelquefois même sans
bonne foi, les pratiques bonnes ou mauvaises que le moyen
âge nous a léguées : c’est d’eux que le prophète a dit : lis
ont des yeux et ne voient point’ I »
Les hommes de la bâtarde orthodoxie de l’Occident, née
d’hier et décrépite aujourd’hui, sont d’ailleurs les premiers
eux-mêmes â s’adresser les uns aux autres de cruelles
paroles, et qui les subdivisent en fractions hostiles. Aussi,
nous dit l'Univers israélite , « et tout le monde le sait,
M. le rabbin Hildesheimer est orthodoxe. Mais comme cette
expreuion est très-élastique et qu’on en fart beaucoup d’abus ,
je crois devoir ajouter : M. Hildesheimer est orthodoxe dans
la plus noble acception du mot. C’est un vrai et généreux
philanthrope; faire le bien est pour lui un besoin... Par lâ, il
se distingue des orthodoxes de l’école de Presbourg, qui ne
sont et ne restent orthodoxes qu’autant que leur orthodoxie
n'entre pas en conflit avec leiircAcs moi; qui, craintivement
prudents, mettent diplomatiquement chacune de leurs
paroles et chacune de leurs actions sur la balance, pour
s’assurer qu’il ne peut en résulter pour eux aucun' pré-
judice’. »
Mais eux-mêmes, et dans une multitude de circonstances
qu’il serait fastidieux d’énumérer, les orthodoxes selon le
Sanhédrin de Napoléon P' ne foulent-ils pas aux pieds la
' Question juive, p. 12; 1868.
^ Archives israélites, X, p. 446 ; 1867. «Bien moins, ajoute cette feuille,
nous occuperons-nous encore de ceux qui se croient réformateurs ou
modernes, et qui n'observent d’autre religion que celle de leur bon
plaisir ou de leurs convenances; qui n’écoutent que la voix de leurs
passions, n’acceptent aucun frein tant que la fortune leur sourit,
timides et superstitieux jusqu’à la lâcheté quand le malheur les atteint,
ou quand l’âge et les maladies ont plié leur vain orgueil. » Ibid.
6 Univers israélite, IV, p. 476 ; 4866.
l'raDche orthodoxie? Resie-t-il orthodoxe, en clFet, ce talnui-
disant qui non-seulement cesse de voir une simple et mé-
prisahle brute dans l’être a visage humain étranger au sang
d'Israël, mais qui le nomme son frère, et qui soutient sans
frémir, — comment laisser de telles paroles atteindre les
oreilles d’un vrai rahhiir: — « que les hommes vertueux de
toutes les confessions jouiront du salut éternel'! » Reste-
t-il orthodoxe ce talinudisani qui méprise les intérêts de
s<m Dieu, qui renie la tradition pharisaïqiie, et qui, misé-
rable flatteur de l’iiicrédulilé du siècle, redresse fièrement
la tête eu se proclamant l’adversaire du prosélytisme’, tan-
dis que le Réformé judaïque, — coupable peut-être de
quelque distraction, et s’emparant du rôle que l’orthodoxe
abandonne, — s'écrie d’une voix généreuse : « Vos obser-
vances surannée* empêchent le judaïsme de sc faire ac-
cepter, et nous font ainsi manquer au prosélylitme que nous
dernns exercer’. » Kst-il enfin le représentant d’une ortho-
doxie avouable, ce talmudisant vaniteux qui donne au monde
chrétien le spectacle de l’avidité caractéristique de sa race
pour les titres nobiliaires et les distinctions honorifiques* Ecoii-
icz-le donc emboucher les trompettes de la renommée’ pour
attirer l’œil du public sursa poitrine, bizarrement chamarrée
des décorations et des croix qui sont le symbole des mystères
du christianisme, et qui [lorlent le nom de ses saints! Saurait-
il nous dire quels préceptes du Talmud lui permettent de se
pavaner sous ces emblèmes de la foi chrétienne?... Et
cependant nous ne soulevons l’a que des ipiestions bien
minimes k l'adresse du Juif orthodoxe! Mais ce que nous
' Univers israélite , II, p. Si; tStiC; lire aussi /trchives israélites,
III. p. lOî; 1S68.
'■* Jésus leur dit : o Malheur à vous, scribes el pharisiens hypocrites,
f(ui parcourez la terre et les mers pour faire un seul proséivie; el,
lonsjue vous l’avez fail. vous le rendez dipne de l’enfer deux fois plus
que vous. » S. Matllceu, ch. xxiii, v. 14-15. Lire Hohrbacher, Hist.
univers, de l'Eglise, t. .X.1.V, p. i45; 1884 : « lis s'eft'orcenl d'aUirer
les cJirétiens à leur socle..., etc. » Lu prosélytisme est de l'essence
d'une religion qui se croit vraie.
.irchives israilihs, X, p. 448 ; 4867.
* Lire les revues judaïques.
CHAPITRK HÜITIK.ME.
Ï51
voulons signaler à l'observation de tout homme judicieux,
ce ne sont point des paroles, — malgré notre habitude de
les saisir dans la bouche même du Juif, — ce sont les actes
qui nous enseignent de quelle façon les Israélites de l’Occi-
dent jugent et accueillent l’orthodoxie bâtarde qui fait appel
au tribunal de leur conscience , en même temps que d’une
main suppliante elle réclame la faveur de leursuifrage :
La place de grand rabbin de France est vacante; il s’agit
d’y élever un candidat, et deux concurrents qui représen-
tent au plus haut degré l’orlbodoiie occidentale et la ré-
forme judaïque, se posent devant l’urne du scrutin. Le pre-
mier, c’est le grand rabbin de Colmar, Salomon Klein. Qni
ne connaît (en Israël) « celui qui fut l’ornement du judaïsme
du Haut-Rhin et de toute la France, ou |)ourrait dire de la
famille Israélite du monde entier'? » Grand rabbin de la
capitale de l’empire, et progressiste, le second se nomme
Isidor. Lequel de ces deux champions va l’emporter sur
son rival? Lutte décisive, lutte émouvante et qïTi fait palpi-
ter tous les cœurs, telle est la taille homérique du candidat
de l’orthodoxie!
F>t, qui parle de ce magnitique athlète pourrait-il assez
exalter sa valeur? Écoutons : « S’agil-il de philosophie?
s’agit-il de théologie? Klein est talmudiste. S’agit-il de
science? Klein est un .savant classique. Aussi combien, par
cette raison, ses adversaires eussent-ils aimé le conquérir 1»
Et Klein s’élevant par la hauteur de sou caractère au-dessus
de la plèbe des docteurs, n’est point de ceux qui s’abaisse-
raient h « conformer la Thora (la loi divine) aux idées du
temps »; au contraire, il veut conformer « les idées du
temps a la Thora. Nous sommes malades du manque de tels
hommes *! » Humilions-nous donc â leur aspect, et sentons-
nous heureux s'ils daignent agréer nos sufl'rages.
Nos suflrages? Arrière de tels hommes! arrière! répli-
quent il l’envi les lenants de la Réforme ; « Toute candi-
' Univers israélite, IV. p. <45; <867.
^ IJnimrs israêlite, V, p. 196; 1868.
LES JUIFS.
2ÔÎ
datnre qui nous ramènerait h l'ancien système d’étroite casuis-
tique, et qui prétendrait immobiliser les errements talmudiques,
ferait obstacle à l'avenir du judaïsme , et doit être écartée »
Ainsi donc , répliquent les orthodoxes le cœur en deuil ,
la plus grave des objections s’élève, se dres.se contre le
grand rabbin de Colmar : il est l'homme de l’orthodoxie; il
lui manque le mérite, dominant tout autre mérite, de l’avoir
désertée; et le reproche qui l’exclut sans retour, c’est
d’avoir conservé sa fidélité religieuse, « son incorruptibilité;
disons le mot, sou fanatisme! Il a commis une faute
impardonnable : il a refusé de répondre contrairement a sa
conscience a M. le colonel Cerfberr (c’est-h-dire au prési-
dent du consistoire), qui a eu l’incroyable idée de le catéchi-
ser, et de l’interroger sur ses principes religieux. Mais tout
homme de cœur ne qualifierait-il pas d'hypocrite et de
lâche tout rabbin qui, en vue d'une nomination, mentirait â
sa foi , et chercherait h plaire par des réponses équivoques? »
Cependant, malgré cette orthodoxie, dont les novateurs
font un crime â celui qui en est le candidat, quelle n'est
point l’aménité de mœurs de ce docteur! Car, parmi les
rahbins de sa circonscription, il a certes rencontré des
adversaires; et, toutefois, « par la douceur de son caractère,
par son amour de la paix et son extrême tolérance, il est
parvenu à s’attacher tous les cœurs. » Mieux encore, « le
jur.aïsme du Haut-Rhin, sous sa forte et sainte direction, est
un des plus prospères de la France et du monde entier * ! »
On réfléchira donc avant de voter. On songera donc à
l'â-propos, à rurgcnce d’élever un tel homme aux fonctions
suprêmes! On y songe eu effet : quelques mois s’écoulent,
et U l’élection dont se préoccupait depuis dix-huit mois la
Synagogue française est aujourd’hui accomplie. Le scrutin
a prononcé; il a prononcé d’une manière éclatante », et
quel est sou verdict? 11 est celui que « notre numéro du
15 novembre annonçait en termes assez explicites : M. Isi-
> Archives Israélites, XII, p. .533; 1868.
^ Univers israélite, III, p. 138; 1866.
CIIAPITKE HUITIÈME. Î.M
dor, grand rabbin de Paris (et réformiste), a été appelé aux
fonctions de grand rabbin de France par vingt-deux voix
sur vingt-cinq votants » L’ortbodoxie bâtarde, fille de la
pure orthodoxie déjà repoussée, ne figure donc plus dans
les conseils électifs de Juda que dans la proportion de trois
à vingt-deux. O désastrel
Voilà, si nous ne nous trompons, de l’histoire toute vi-
vante! Voilà l’opinion qui se traduit par un acte de palpable
éloquence. Oui, tels sont les faits qui s’accomplissent à ciel
ouvert dans le cœur même de notre France, en même
temps que, dans l’antique capitale de l’empire allemand, à
Vienne, une feuille juive, la Neuzeit, non contente de criti-
quer ce culte orthodoxe, attaque avec violence « la vie israé-
litc tout entière, le Talmud, le Schoukhan Arouch, les traditions,
lescérémonies religieuses du foyer domestique », etc. , etc.
El, non-seulemeiit cet organe judaïque « livre le judaïsme
prati({ue et les enseignements talmudiques à la risée du public
juif et chrétien , » mais il insinue k que la famille Israélite
dégénère moralement, montre un aflàiblissemeiit visible du
sentiment d’honneur, une décadence complète! Elle
parle comme les missionnaires, les trafiquants d’âmes, qui
disent à nos frères : La loi de Moïse vous condamne-, vous
ne pouvez l’accomplir, donc vous devez la déserter ’ ! »
Devant ces divers et nombreux apôtres de la Réforme,
c’est-à-dire du progrès. Salomon Klein peut donc avoir toute
la sagesse, toute la science, et bien plus que la moralité du
grand roi Salomon son homonyme; mais qu'importe au
judaïsme occidental cette accumulation de mérites? un fait
impardonnable le condamne : le Juif frotté de civilisation
voit en lui l'homme de la tradition pharisaïque, l’apôtre du
Talmud, le docteur qui, sous le soleil du dix-neuvième
siècle, ose se revêtir d’orthodoxie! Et quoique cette or-
thodoxie de l'Occident, singulièrement affaissée sur elle-
même, ne soit plus (|ue l’ombre de celle que professait notre
* jlrcfctues israéliles, XXII, p. 1017; 1866.
’t Univers israélile, IV, p. 15Î; 1866.
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LES JUIFS.
îSi
tiicU (i «a naissance, le jtiilaïsme occidonlal la rrpons.se.
I/orlho(loxie! Ah! ce mot lui l•!lpl)elle la cause de ses. anti-
ques souffrances-, ce mot lui fait peur et le dégoûte... après
nous avoir dégoûtés!
C’est pour(|uoi, disons-nous, et nous tenons k le redire :
Salomon Klein, « l’ornement de la famille Israélite àans le
inonde entier », sollicite du judaispae fran^-ais le |)Outilîcat
suprême, et trois voix sur vingt-cinq de s’écrier : Amen,
Amen , Amen ! nul plus que vous ne se montre digne de
telles fonctions et d’un tel honneur. Mais devant cet hom-
mage empressé, vingt-deux autres voix se mettent an plus
éclatant unisson pour lui crier ; Arrière! ô gloire du rahbi-
nat! nous savons ce que vaut en clhî-même cl ce ipic nous
valut l orthodoxie! Arrière à jamais le rabbin -asscr rétro-
grade pour oser se ilire orthodoxe!
DKCXIÈME mvisio.x. — LES RÉFOHMISTES.
tjup veulent les réformistes? — Unir le présent au pas,sé ; mais rom-
nienl? — Us rejoUenl lo Talmud. et la tliUIe ne leur est qu'un livre
de myliies. — Une religion ireliyare) est, surtout jiour eux. uno
chose qui ne doit point lier l’homme. — Sottise d’aUnbuer à Moïse
cl à Jésus ce qui appartient à ceux qui les préciyéront ou les suivi-
lent, au progrès du temps, à riiuinanité. — iViit se dire Israélite
quiconque adopte l'unité de Dieu, l’iniinortalité de Dieu et de l'éme, et
interptete toute chosi* à son scn-. — Do l'ampleur de cotte liberté naîtra
la religion universelle, sans troubler aucune conscience. — Trois
exemples curieux de cette tolérance (tralique.— la- troisième est du
ilocteur Séc, professeur à l’Ecole de médi'cine de Paris, accusé de
matérialisme et d’athéisme. — Le consistoire central, con.-cil su-
prême des intérêts religieux 1 1 sociaux du judaïsme, n’en cr(..il pa>
moins devoir l’admettre dans son sein. — t’.urieuse.-. ^^éIaiion^. —
Un grand nombre d’IsraéliU-s cherchent à dissimuler leur croyance.
— t'ajtto sorte d'hommage qu’ils rendent à leur foi plus commode
que celle du martyre.
Qtic les Juifs se peignent dans nos pages, que lents pro-
pies crayons nous appreniienl a les coniiailrc, et itoii itoiitl
par des portraits île fantaisie, niais par la réalité île leurs
traits, voila l’uu des points essentiels de notre plan. C’esl
pourquoi, conlinuaiil de nous mêler k eux et de puiser
CHAPITHE HUITIÈME.
255
notre science dans leurs paroles et dans leur vie , nous leur
demanderons ce ()iie sont en Israël les gens que nous venons
de voir repousser à litre d’insulte le nom d’orthodoxes, et
nous saurons de leur bouche ce qui caractérise dans le
judaïsme ceux que nous entendons s'intituler les hommes
de la Réforme et du progrès. Ces nouveaux venus ne
seraient-ils que des faibles d’esprit, que des hommes ar-
dents à s’imaginer qu’une religion divine, peut et doit pro-
gresser et se i)erfeclionner ; qu’elle doit soumettre par con-
séquent <t la sagesse ordonnatrice de l’homme le Dieu qui
en est l’auteur; qu’elle |)eut, en un mot. durer et grandir en
assujettissant ses croyances aux caprices des événements,
aux tyranniques et mobiles exigences des intérêts temporels,
au coininandement de quelques manœuvriers habiles à diri-
ger ses évolutions? Mais au lieu de nous livrer au courant
de folles hypotliè.ses , prêtons une oreille attentive k ceux
<)ii’il nous importe de connaître, et sachons les écouter avant
de les juger. — Non, non, s’écrient leurs voix tumultueuses,
nous voulons marcher, nous voulons avancer, nous ne sau-
rions être « pour ce ttaiu quo béat et inintelligent dont il
existe encore des coryphées! L’immobilité n’est, en ce
moment surtout , le droit ni l’avuntaye de personne. Unir le
jwssé au présent, de manière k préparer l’avenir par d'utiles
amélioratium faites k pro|io3 , c’est lit le secret de la durée
[lour une croyance. Depuis un demi-siècle , on a , malgré les
cris et les protestations de ce qui l’intiiule l’orthodoxie, réa-
lisé nombre de changements avantageux taxés k l’origine de
subversifs et d'impies. Nous en citerons dix pour un :
l’initiation religieuse, l’imtruction des jeunet Jilles , la prédi-
cation en laugae nationale, etc., etc.; et l’on n’est pas
au bout de celte féconde transformation, il faut y persévé-
rer, quoi qu’en puissent penser ceux qui disent que, la lui
religieuse étant au-<lessus des rabbins cl des consistoires,
comme au-dessus du nous tous, ils n’y doivent pas plus
qu'aucun de nous rien changer »
■ .trcAic'M israèlites, XIX, p. S35; 4866.
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256
LES JUIFS.
Ici, les réformistes ont grand soin de se taire sur les ré-
formes qui portent un coup mortel à la foi judaïque; mais
déjà nous avons vu le Talmud, la racine de cette foi, n'être
plus, k leur sens, qu'une relique archéologique, un véné-
rable plastron. Or, ce code religieux une fois relégué dans
les cabinets de curiosités et placé sous des vitrines d'anti-
quaire, que reste-t-il k Israël en fait de livre sacré? — La
Bible, ce merveilleux ouvrage dont ils furent jusqu'k nos
jours les fidèles et incorruptibles gardiens! — Non, nous
savons le contraire, et d'ailleurs voici leur langage : « Pour
nous, Israélites, la Bible n’est ni un livre de science ni
même toujours un livre d histoire. » Ainsi par exemple le
récit « d’Adam et d’Èvc, de Caïn et d'Hébel, n’est pas né-
cessairement le récit d’une histoire extérieure qui se soit
passée sur notre terre;... ce récit peut bien être une his-
toire figurée '. » La Bible et la vérité deviennent donc deux
choses distinctes! Comment exprimer en termes plus clairs
que nul livre sacré , nulle croyance , nulle loi positive ne
lie k la parole qu'un Dieu lui aurait révélée le peuple qui se
prétend élu? Nous rendons cependant hommage k cette ab-
sence de toute équivoque, et nous remercions nos initiateurs
du développement que les lignes suivantes donnent k leur
croyance : « Une religion n’est k nos yeux ni un moule in-
flexible,... ni une matière inerte qui se prête k d’incessantes
expériences; c’est un être vivant, perfectible, ayant dans le
passé des racines qu’il ne faut pas couper, et te renouvelant
avec une lenteur nécessaire’. » Or, jamais plus que de nos
jours « la pensée religieuse en général n’a exercé dans le
monde, en dépit de certainet apparences contraires, une plut
considérable influence ,.. . et le judaïsme ne saurait se tenir en
dehors de ce courant. N’ayant, par un heureux privilège de
son organisation, ni mystères’ ni caste sacerdotale k dé-
' ytrcJiices israéUtes, XIV, p. 613, et mille autres passages; <866.
itrcJiiue.s israéUtes, XX, p. 879; <866.
* Rien déplus fauxl mais serait-il une absurdité plus énorme que
celle d'uiie religion sans mystères, c’e.st-à-dire, par conséquent, où il
serait donné à l'homme de pénétrer et de comprendre Dieu. Compren-
Î57
CHAPITRE HUITIÈME.
fendre; basant ses enseignements sur la raison et |>ouvant
invoquer à l’appui de son caractère, hautement moral, les
qualités de la race qui l'a pratiquée , la croyance Mosaïque
doit prendre dans l’activité religieuse de notre époque la
place qui lui revient de droit*. »
Elle s’emparera donc de cette place, mais sans offenser
les religions rivales, et nous dira le seul moyen d’amener la
réconciliation entre les cultes hostiles; car on l’ignore, et le
voici : c’est» qu’on n'attribue plus à Moïse et à Jésus ce qui
appartient aux prédécesseurs, aux successeurs, aux progrès
ou àl'humanité entière. 11 est surtout... indispensable
de séparer nettement la morale, qui appartient à tous, des
dogmes religieux particuliers à chaque croyance*. » Mais
<|uels que soient notre profession de foi, nos paroles et nos
actes, « on nous juge toujours au dehors avec les habitudes
d’Église établie et oflicielle dont le christianisme nous offre
le modèle*. Nous sommes, au contraire, le type le plus
absolu de démocratie religieuse, et chacun de noua est le juge
suprême de la foi *.
dre, c’est contenir; l’homme, c’est-à-dire le fini, contiendrait l’infini,
s'il comprenait Dieu, ce qui éciuivaut à dire que l’écaille d’huitre pour-
rait contenir l’Oc''an, et bien au delà !
' Ce qui est déraison de la façon dont on l’entend , s’il y a mvslèrcs ;
car ces mystères exigent la foi, telle que l’accepte la raison : Aationa-
bile sit ohsequium... Or la religion rie Moïse est remplie du Dieu mys-
tère, qui lui a imposé une lignée sacerdotale. Ceux qui tiennent le lan-
gage que nous exposons ne peuvent donc, sans une indicible infirmité
d’esprit, revendiquer K la croyance raosarque. » Mais ces progressistes,
aussi étrangers aux règles de la foi qu’à celles do la raison, osent dire:
a Une foi éclairée n’est plus la fui ; la foi qui raisonne n'existe plus. »
Archives israélites, XI, p. i97 ; 1867.
2 Archives israélites. XXIII, p. 1059; 1867.
3 Archives israélites, XI, p. 504; 1867. Comme si la morale, qui est
une régie de mœurs, ne descendait pas de la loi religieuse! Comme si
l’Evangile et le Talmud, par conséquent, n’engendraient pas chacun
leur morale contraire l
* Modèle que vous offrait le judaïsme de Moïse, et que vous vous êtes
efforcés de rétablir par le rabbinat, etc., etc. Voir au chapitre ci-dessus.
* Archives israélites. XV, p. 677 ; 1867. Le dernier des sots ou des
ignorants égale donc chez vous le plus éminent des docteurs, et l’en-
semble de tous les docteurs? Monstrueuse absurdité qui constitue et
ravage le protestantisme, fléau naguère inconnu de la Synagogue. Har-
monie, t. 1, p. 6Î-3.
17
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258
LKS JUIFS.
En un mot, ce qui suffit pour être et pour se dire de reli-
gion isi'aélite, nous espérons le voir adopter à litre de pro-
fession de foi par un synode préparatoire composé de rab-
bins et de laïques dont la musion humanimire et te devoir
seront « de constituer tout progrès en évitant tout schismel »
Et les points suffisants se réduisent k trois dogmes ; « l’unité
de Dieu, l'immortalité de Dieu et l'iinmortalilé de l’àme. »
Nous déclarerons, en nous appuyant n sur l’esprit de la
Bible et sur le texte du Talmud (Horaiolh, fol. 8), que qui-
conque les admet est de fait Israélite. » Après quoi nous
proclamerons « trois principes essentiels issus des lois na-
turelles : le libre arbitre, la fraternité, et la liberté d’inter-
prétation. »
« Au moyen de ce principe, qui est supérieur k la tolé-
rance puisqu’il consacre la diversité d'interprétation dans
le même culte ' ^ au moyen de cette liberté, chacun, suivant
sa conscience, contervera les pratiques du culte rendu au
Dieu unique et immatériel, ou les réformera d'après les
principes d’un israélilisme libéral et humanitaire. » Grâce a
l’ampleur de cette « liberté pratique,... le proyrèt jaillira, et
la religion univertelle ressortira sans qu'aucune conscience
ail été réellement troublée * ! »
Il n’est en vérité que trop facile de s’imaginer k quel de-
gré doit s’étendre la tolérance d’une religion ’ qui , loin de
lier k Dieu et de réunir les uns aux autres ses croyants, les
affranchit de tout lien, de toute obligation, si ce n’est celle
de se gouverner chacun k sou sens , tandis que ce sens de
chacun continue de s’appeler la foi commune , en atlendaul
qu’il s’empare du nom plus noble de foi catholique ou
universelle!
Mais peut-être cette manière commode et libérale d’en-
‘ Les Juifs, lombtSs au fond des abîmes de la confusion, ne peuvent
se comprendre eux-mêmes; sinou ils verraienK|u'ils élablisseul auUmt
de cultes, dans une même religion, iju’il y a d'individus. Üii croit rê-
ver en jetant les yeux sur ces élurubrationsl
Archives israéiUes, lit, p. IIS-S; IStiS.
^ Religio vient de rcligare, lier.
CHAPITRE HUITIÈME. 2B9
tendre une religion en conduit-elle les sectateurs à une tolé-
rance voisine de rindifféreuce ou du mépris : pensée que
nous nous contenterons d’appuyer sur trois exemples, en la
livrant au lecteur.
Premier exemple. Le président d’une administration syua-
gogale ügure tous les ans dans les processions catholù/ues. Il
rend de la sorte un éclatant et public hommage « aux sym-
boles d’un culte étranger, » tandis que, jtour com|iléler
l’édification de ce spectacle, « le secrétaire de la commu-
nauté escorte le dais sous lequel est portée l’image de la
Trinité («>c/) ». Ce fait , tel qu’il est affirmé , paraîtra sans
doute assez fort. Mais qui donc, après s’étre [uînélré de la
doctrine des réformistes judaïques, songerait h s'indigner de
ces outrages aux sentiments et à la foi d’Israël, si ce n’est
un champion de l’orthodoxie ’ P
Deuxième exemple. Le Consistoire de Paris adresse à
M. Low, grand rabbin de Szegedin, et d'un savoir éminent,
une lettre de félicitations sur les articles qu’il a publiés en
faveur de la fusion des rites dans les feuilles du Den-chana-
nia. Or, nous dit une voix qui l’accuse : Cet éminent docteur
en Israël s’y déclare favorable aux tendances « qui ont ou-
vert l’ abîme sous le judaïsme moderne... Il nie l’obligation
de nos usages religieux; il destitue les plus illustres auto-
rités en Israël que la Synagogue ait reconnues depuis de
longs siècles. Sont-ce Ik les considérations si élevées dont
le Consistoire de Paris est vivement touché ’? » Oui sans
doute, et de quel droit le trouver mauvais si le talent de ce
rabbin répand quelque éclat sur ses doctrines? Car ainsi
l’exigent les intérêts du judaïsme réformateur; et qui s’en
étonnera, si ce n’est un champion de l’orthodoxie?
Troisième exemple. Nous lisons dans la feuille même qui
pose et pratique à la fois les préceptes de la tolérance réfor-
miste : « On nous accuse de favoriser le matérialisme, le
nihilisme, et pourquoi? » parce que notre coreligionnaire,
* Univers israéiiie^ XI, p. 498; 1866.
^ Univers Israélite, XII, p. 54î ; 1866.
1 7.
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260 LES JUIFS.
M. le docteur Sée, — l’un des professeurs de l’Érole de
médecine de Paris, accusé de matérialisme, d’athéisme',
et dont les débats parlementaires viennent de livrer le nom
aux retentissements de la tribune, — « a été récemmeiu ad-
joint au Consistoire israelite de Paris. » Ah! vraiment, laissons
donc « de côté les doctrines du docteur Sée, qui ne nous
regardent point et n'engagent en rien notre culte; mais consta-
tons que ce médecin distingué a été appelé non au Consis-
toire de Paris, mais au Consistoire central. Cette adminis-
tration réunit dans son sein des notabilités, mais^ être admis
n* implique point qu*on s'occupe du culte, ou qu'on soit versé dans
les questions israélites * ! »
Tel est le langage des réformistes modérés, que les Juifs
d’un libéralisme plus franc appellent des libéraux incomplets!
Et cependant le Consistoire central, où s’effectuent ces libé-
rales nominations, est le conseil suprême chargé de l'admi-
nistration des intérêts religieux et sociaux du judmsme! N’étant
même rien autre chose que cela, les athées et les matéria-
listes ne lui semblent nullement déplacés dans son sein!
C’est pourquoi mieux vaut un sage ennemi qu’un ami tel
que vous, crie du haut de son gosier le champion de l’ortho-
doxie a ces champions de la réforme! Oui certes, la licence
est un peu forte ^ mais « nous serions les premiers h rire
du pavé qui vient d’etre jeté à la tête du Consistoire central,
si nous n'étions profondément attristé du sang-froid avec lequel
une publication qui se dit Israélite en vient à parler des
devoirs et de la mission de notre première administration reli-
gieuse! » Nous avons exprimé, pour notre part, « notre sen-
timent sur une telle nomination , et nous n’avons malheu-
reusement rien u répondre aux journaux catholiques, qui
s’étonnent à juste titre du choix qu’on vient de faire... » Et
quoi 1 fils de Jacob, « vous avez cru que le Consistoire ceu-
‘ « Je pardonne bien des choses... mais j’ai horreur de l’athée, du
matérialiste. Comment vouléz-vous que j’aie quelque chose de commun
a\ec un homme qui croit qu’il est un las de boue? » Napoléon I",
Sentiments sur le Christianisme, p. 77.
2 Archives israélites, IX, p. 389; 4868.
CHAPITRE HUITIÈME. 261
Irai devait s'occuper du culte et des questions religieuses
israéliles.3 Erreur profonde' , et pardonnable tout au plus à
des orthodoxes !
La feuille de l'orthodoxie, malgré cette sortie généreuse,
tient cependant a nous apprendre elle-même que M. Sée,
le docte professeur de l'École de médecine , vaut un peu
mieux que son renom ou que ses professions de foi scien-
tifiques; qu'il n'est, en un mot, ni le matérialiste qu'un cer-
tain public applaudit, ni l'antagoniste de la croyance en
Dieu; et pour preuve : « Un rabbin du Haut-Rhin, affirme-
t-elle, nous adresse des renseignements qui constatent, selon
lui, U» sentiments de piété de M. Sée, sa foi en l’immortalité
de l’àme »,et, ce qui va dépasser toute croyance, « à l’effica-
cacité des prières; n mais qui mieux est, K des prières de la
Synagogue! » et bien plus encore, de celles mêmes qui
s’élèvent en faveur des morts!
Notre langage est sérieux; car « depuis bientôt deux ans
qu'il a eu le malheur de perdre sa fille, ledit rabbin est
charyé par lui de |)l'ier pour le repos de (âme de la défunte, de
réciter le KaSsch derahananan; et , déjà avant ce triste événe-
ment, M. lu rahiii a souvent rencontré l’éminent docteur au
cimetière de Schelestadt, visitant les tombes de ses pieux
parents, et récitant les prières d'usage avec une vive émotion
et un saint reateillement' . »
S'il en est ainsi, que voulez-vous? la tolérance décrite par
les Archives israélites permet à cha)|uc conscience judaïque
d’interpréter sa religion et ses devoirs à sa guise. Libre
donc à chacun, dans cette voie, de renier en public ou de
cacher aux yeux indiscrets sa croyance, de tirer iiiiTideau
sur sa foi, mais sans cesser, pour si peu, de se croire et
d'être Israélite. Ces nouvelles moeurs religieuses ont d’ail-
leurs le précieux avantage d’unir en un faisceau les esprits
les plus dissidents, ce qui les popularise en Israël; car la
* Univers israéiile, X, p. 440; 4868. Des catholiques se figureraient-
ils les conseils de l'Eglise conipo.sés d'incrédules de profession!
Ib., Univers israéiile, X, p. 476; 4868.
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261
LES JUIFS.
feuille réformiste s’empresse de nous apprendre que, de nos
jours, U un yrand twmbre d’Israéliles cherchent à dufimuUr
ou a laUser ignorer la croyance dans laquelle ils sont nés'! »
Nous ne leur saurons, pour notre part, aucun mauvais
gré de rendre celte sorte d’hommage ii leur foi. Peut-être
cependant, gâtés que nous sommes par la lecture de la Vie
des saints, serions-nous tentés de nous écrier : Mais en
vérité, qu’est-ce donc qu’une religion qui rougit d’elle-
mûme? qu’est-ce qu’une réforme qui se manifeste au monde
non par l’alTlrmation, mais par la négation de ses croyances,
par le contraire d’une profession de foi patente et du cou-
rage alTirmatif du martyre?
Entre les hommes de l’orthodoxie que nous avons nommée
bâtarde, parce qu’elle est h la fois le commencement et la
négation de la réforme, et les singuliers champions d’une
réforme qui déforme le judaïsme en portant la main sur
ses dogmes, choisisse qui l’ose 5 et si le progrès en laisse
le temps!
' Archives israélites, XV, p. 675; <867.
TROISIÈME DIVISION. — LE JUIF LIBRE PENSEUR.
Passage du Juif réfonniste au Juif libre penseur. — Baisers de Lamou-
relle entre les trois üllcs de la Bible mises face à face par l'Israélite
Hippolyte Rmlripue. — Un même temple contiendra tous les cultes
fusionnés, sous les bannières de la Haison et de la Philosophie du
div-huitième siècle. — Ce temple est l’Alliance-israélite-universelle,
ouverte au genre humain tout entier, sous la haute direction d’IsraSl.
— Sait accompli, elle anéantit le fanatisme et fonde la grande frater-
nité.— Ce qu’est cette alliance. — Paroles de M. Crémieux, son pré-
sident. l'une des illustrations de la franc-maçonnerie eldu judaïsme.
— Elle prépare le Messianisme des nouveaux jours; une a Jérusalem
de nouvel ordre substituée à la double cité des Césars et des Papes ; »
car t Israël est la grandeur do Dieu. » Elle est le protecteur de tous
les cultes, fût-ce > contre les lois encore en vigueur, s — Les peuples
tendent la main k Israël, et lui demandent pardon du passé. — Il n’a-
vait plus de centre, mais tout est changé. — Episode. — Exemple
frappant et à peine croyable de libéralisme religieux chez les Juifs.
— Un grand rabbin défenseur intrépide de la libre [lensée. — Récit.
— On peut « devenir libre penseur et rester Israélite ».— Même foi,
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CHAPITUE HUITIÈME.
s
iR8
mêmes aspirations animant le Juif, le franc-maçon et le libre pen-
seur ou le solidaire. — Quiconque entre dans les sociétés occultes
est l’allié du Juif. — Son amour nouveau-né pour la liberté ne mé-
connaît que le culte catbolii|ue. — Mot d'Eckert.
Les prodigieux et fantasnmgoriqties préceptes de la ré-
forme judaïque nous conduisent, par une entraînante et
irrésistible déclivité, non plus aux préceptes d’une religion
quelconque, ou plutôt d'un simulacre de religion, mais k la
philosophie sceptique et avouée du dix-huitième siècle, que
nous voyons effectivement aujourd’hui s’établir de plain-pied
dans le juda'isme. A*la lueur que projettent ces doctrines,
nous témoignons que tout contempteur d’une religion posi-
tive rencontre chez le Juif réformiste un allié naturel, un
auxiliaire, un frère, un autre lui-même. Et, si nous prenons
la peine de gravir, en nous élevant dans le vide, un nouvel
échelon de l’échelle dont la hase repose dans notre Occident
sur le faux et pulvérulent granit de l’orthodoxie judaïque,
un simple coup d’œil nous révélera sous un jour plus clair
encore le point extrême où toute foi périt en Israël. Mais ne
progressons qu’avec une sage lenteur, et contemplons k
notre aise l’étendue et la variété de ce spectacle.
n Convaincu qu’en matière religieuse l’esprit est tout et
la forme peu de chose, — l'Israélite Hippolyte Rodrigue —
s’adresse successivement aux trois Glles de la Bible ; au
judaïsme, au christianisme, et k l’islamisme. » De sa voix
la plus pathétique il les exhorte et les conjure « de mettre
de côté les formes extérieures de culte qui les séparent',
et do s’unir sur le terrain qui leur est commun, de l’anité
de Dieu et de la fraternité universelle. »
K Que partout des temples s’élèvent, recevant dans leur
mceinte tous les hommes, sans distinction d’origine reli-
gieuse! Que tous les cœurs, remplis des mêmes sentiments
d’amour, s’épanchent devant le même Dieu, père de tous
les êtres. Que tous soient nourris des mêmes principes de
> Les myitères et les gacrements seront d*$ formé» pour ce doctenr
en Israël!
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36i
LES JUIFS.
vertu, de morale et de religion, et les haines de secte dispa-
raîtront, et l'harmonie régnera sur la terre, et ta temps Meuia-
niqita, prédits par les prophètes d’Israël, seront réalisés. »
Dans ces retentissants appels du sentimentalisme reli-
gieux, la Revue du judaïsme réformiste admire « une gran-
deur, une élévation et une générosité d’idées d’autant plus
admirables et contagieuses que l’auteur les expose avec une
chaleur, une conviction et un enthousiasme qui transportent
et enlèvent le lecteur'. » Et, comme les temps sont enûn
venus où les faits s’empressent de répondre aux paroles, le
plus vaste, le plus merveilleux des temples, un temple dont
les pierres sont vivantes et douées de la pensée, s’élève
pour recevoir dans son élastique enceinte, sous la bannière
à jamais sacrée de la raison et de la philosophie, tout ce que
le genre humain renferme dans son sein de généreux,
d'hostile au mystère et 'a l’ignorance , de vrais fils de la
lumière et de la liberté. Ce temple abritera donc la religion
juive, qui survit ù tout et que rien n’ébranle; religion élargie
et rendue digne de l'humanité tout entière, s’écrie aux
tumultueux applaudissements de ses frères l’un des princes
d’Israël. Et, ce n’est pas du sein du judaïsme, c’est de la
France, notre patrie, que part l’idée libératrice, l'idée qui
fusionne toutes les croyances et tous les cultes; c’est de
notre France adorée «qui régénérale monde, et reçut avec
bonheur la suinta et généreuses maxima de la philosophie du
dix-huitième siècle*. »
Mais quittons toute ligure de discours. Ce temple com-
posé de pierres vivantes, quel est-il, si ce n’est la plus
vaste association qui jamais doive étonner l’humanité par le
nombre et la prodigieuse diversité de ses membres! Née
d’hier, cette association a pour date l’année 1860, pour titre
' Archives israélites, XIV, p. 6Î8-9; 1866.
* ylrcfcit'cs israélites, XXIV, p. 1071; 1866. Philosopliie cosmopolite,
qui renonce à tout patriotisme, à tout devoir, à toute affection parti-
culière ou positive, pour s<‘ dévouer à l’amour de l’humanité, et qui
dit à la religion du Christ, après qu’elle a civilisé le monde : Tu n'es
que mensonge et que ténèbres I
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CHAPITRE HUITIÈME. Î65
l’Alliance-uraélite-unwerulle; pour dogmes, ceux que la
grande association de la Fratic-Maçonnerie et les plus actives
Sociétés de l’occultisme n'enseignèrent jusqu’ici que dans
l’ombre. Ouverte au genre humain tout entier, tout la haute
érection fltraël, « elle attire nos regards par ses services
distingués en faveur de l égalité et du progrèt moral de nos
coreligionnaires. » Et déjii ses œuvres retentissent d’un bout
h l’autre de la terre; « car le programme de l’Alliance ne
consiste pas en phrases creuses. Il est la grande œuvre de
l’humanité, l’anéantissement de l’erreur et du fanatisme,
l’union de la société humaine dans une fraternité solide et
tidèle-, et ce programme est devenu un fait accompli au
Maroc et en Perse , en Syrie et en Grèce , dans les princi-
pautés danubiennes et en Suède , c’est-'a-dire au nord et au
sud , n dans les zones glaciales et dans celles où sévissent
les feux d’un soleil dévorant
Nous l’entendons, et qui le croirait? ce langage qui range
Israël sous la bannière de l’incrédulité philosophique du
dix-huitième siècle, est offert à notre admiration par la
feuille Judaïque qui se donne pour l’un des boulevards de
l’orthodoxie! Mais fermons l’oreille à ses paroles pour les
ouvrir k celles de la grande Alliance , empressée de nous
exposer ses titres par la bouche même de son illustre pré-
sident, l’une des gloires du judaïsme moderne, et, par une
conséquence presque rigoureuse, l’un des coryphées de l’as-
sociation maçonnique :
« Notre siècle se rend volontiers cette justice, que le fa-
natisme religieux a disparu parmi nous. » Mais,... « ayons
le courage de l'avouer, ce qui domine... c’est, — en dehors
d’un amour excessif pour le bien-être matériel, — l’inéffé-
rencel 11 y a comme un poison lent qui s’est infiltré jusque
dans le cœur de nos cœurs : inditférencc religieuse, indiffé-
rence morale, indifférence pour tout ce qui fait vibrer les cordes
élevées de notre nature. Tout cela est recouvert d’une espèce
é hypocrisie officielle qui n'ose s’avouer à elle-même. »
• Univers israélite, VUl, p. 357; 1867.
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Ï6« LES JUIFS.
Cppendant, tel, Jésus « s’est substitué d'autorité aux dieux
établis et a trouvé sa plus haute manifestation dans le sein
de Rome; tel, un Met*iani$me dft nouveaux jours doit ielore et
se développer-, telle, une Jérusalem de nouvel ordre, sainte-
ment assise entre l'Orient et l’Oeeident, doits* substituer à la
double cité des Césars et des Papes'. Or, je ne m’en cache pas,
depuis uno longue suite d’années je n’ai nourri d’autre pen-
sée que l'avenir de efette œuvre. Autant que mes forces ont
pu le permettre j’en ai drossé le drapeau-, il ne tardera pas
à flotter avec cflicacité entre des mains plus jeunes que les
miennes’. »
« VAUianco~israélke-universrUe commence h peine, et déjà
son influence salutaire se fait sentir au loin... Elle ne s’ar-
rête pas à notre culte seul, elle s'adresse h tous les cultes.
Elle veut pénétrer datis toutes les reUgions comme elle pénètre
dans toutes les contrées. Que de nations disparais.sent ici-
bas!... Que de religions s’évanouissent à leur tour! Israël ne
finira pas. Cette petite peuplade, e’est ta grandeur de Dieu!
La religion d’Israël ne périra pas; celte religion, c’est l’unité
de Dieu M »
n La voilb, cette loi gui sera un jour la loi de l’univers.
Toutes les religions révélées l'ont prise de ce petit |>eople...
la Bible est partout. Sa morale devient la morale de tous les
peuples. La religion juive est la mère des religions qui ré-
pandent la civilisation. Aussi, â mesure gue la philosophie
émancipe l'esprit humain, les aversions religieuses contre le
peuple juif s' effacent. On se demande {pourquoi celte odieuse
persécution M... Eh bien. Messieurs, continuons notre mis-
sion glorieuse. Que les hommes éclairés, tans distinction de
culte , t’unissent dam cette Atsociation-israélite-universeUe dont
> Un nouveau pouvoir dont Itraël serait l’âme et le chef, dont la
mission serait do renverser toute puissance politique et religieuse an-
tdrieure à lui-mânie. Or, ce chef, ce Messie, â quelle Idde rdpond-ll"’
’ Archives iiraelites. XXV, p. 600, SKI ; 1861.
* Ibid., p. 51 i-5.
' Pourquoi’ C’est que les traditions talmudiques, et non la Bible,
étaient la loi, la conscience du Juif.
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CHAPITRE HCITIÈME.
*67
le bul est si noble, si largement civilisateur. Détruire chea
les Juifs les préjugés dont ils se sont imbus dans la persé'
cution, qui engendre l’ignorance; fonder au nord, au midi,
au levant, au couchant, des écoles nombreuses-, mettre en
rapport avec les autorités de tous les pays ces populations
juives si délaissées, quand elles ne sont pas traitées en en-
nemies; Il la première nouvelle d’une attaque contre un culte,
d’une violence excitée par des baiues religieuses, «ou* lever
comme un teul homme, et réclamer l'appui de tous; faire en-
tendre notre voix dans les cabinets des ministres, et jus-
qu’aux oreilles des princes, quelle que soit la religion qui
est méconnue , persécutée et atteinte , fût-ce tnéme par det
mesure» écrite» datu de» loi» encore en lûgueur, mais repoussées
par les lumières de notre temps; nou» joindre à tou» ceux qui
protestent, et agir de tous nos efforts ; donner une main amie
’a tous ces hommes qui , nés dans une autre religion que la
nôtre, nous tendent leur main fraternelle, reconnaissant
que toutes les religions dont la morale est la base dont
Dieu est le sommet, sont sœurs et doivent être amies entre
elles; faire ainsi tomber les barrières qui séparent ce qui doit
se réunir un jour; voilé , Messieurs , la belle , la grande mis-
sion de notre Alliance-Urailite-univertelle,.. Marchons fermes
et résolus dans la voie qui nous est tracée. J'appelle à notre
ASSOCIATION no» frère» de tou» les cultes; qu’ils viennent é
nous;... avec quel empressement nous irons vers eux! On
nous tend une main fraternelle. On nou» demande pardon du
passé; le moment est venu de fonder sur une base indestruc-
tible une immortelle association ’. »
De longs applaudissements succèdent à ces paroles, qui
doivent sembler étonnantes à quiconque ne connait la
‘ Quelle moralef celle du Talmud? du Coranîetc., etc. Et l'Allianoe
Israélite donnc-t-cllc signe de vie, aujourd'hui, en Italie, en Russie, en
Espagne, contre les gens qui, par décrets, démolissent les églises, et au
nom de la liberté religieuse, chassent les religieux, abolissent les so-
ciétés charitables de Saint-Vincent do Paul, aux applaudissemeols des
écrivains libéraux et des feuilles politiques amies des Juils... etc., etc.
> Ibid., p. 5t l i 6*0.
268
LES JÜIFS.
marche actuelle du monde que par des relations circonscrites.
Mais il était naturel que le peuple Israélite témoignât hau-
tement sa faveur à « l’institution qui porte si haut le dra-
peau d’Israël, » et qui, lui rappelant dam l’idiome comacré par
te libéralisme tes prophétiques destinées, « est devenue en peu
de temps, selon ses propres expressions, le phare de salut
de ses frères opprimés. »
Toutk l'heure, « Israël dispersé depuis dix-huit siècles
sur la surface du globe, n’avait plut de centre, plus de repré-
sentants, plus de défenseurs des intérêts communs. Mainte-
nant tout est changé! Une société florissante, et qui trouve
accès auprès des trônes les plus puissants , est lâ , toujours
prête à revendiquer nos droits, a combattre ces hommes qui
sont tout h la fois les ennemis de notre race et ceux de la
lumière et de la liberté! »
Ainsi parie le président de l’Alliance! Et, parmi les appro-
bateurs et les échos de ses paroles, les uns veulent se croire
orthodoxes, tandis que les autres se raillent de l’orthodoxie;
mais, tous ensemble , ces sectateurs de la religion la plus
atrocement exclusive que nous ait signalée l’histoire, tous
ensemble ces talmudistes d’hier se proclament amoureu-
sement les fils de la philosophie du dix-huitième siècle! Et
voyez-les battre des mains aux révolutions qui boulever-
sent les croyances et les empires; voyez-les tresser des
couronnes aux Voltaire, aux Volney, aux Grégoire, aux
Joseph II, aux Garibaldi, aux Michelet’. Leur langage
est assez explicite, sans doute! et porte avec soi la lu-
mière; il n'a poiut égalé cependant les paroles saisissantes
qui sortent de la bouche de M. le grand rabbin de Belgique.
Ou ne saurait , en vérité , donner plus de vie que ne l’a fait
ce pasteur en Israël au tableau qui représente la sincérité
philosophique d’un judaïsme devenu, par l’éclipte de sa Joi, le
refuge de ceux qui renient leur culte et leur foi. Mais pré-
' Archives israélites, XIV, p. 655; 1867.
Voir, dirpclement ou indirectement, tou/ le long des revues citées,
et par exemple. Archives israélites, X, p. 463; 1867.
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CIIAIMTRE IIÜITIÈME. Ï69
(tarons par quelques lignes encore l’esprit du lecteur a celte
surprise :
Le journaliste juif et libre penseur Michel Bérciid vient
de fermer les yeux sur le sol belge , et de les ouvrir a la
lumière de l’autre monde. Chargé par un journal auquel il
prêtait le concours de sa plume de lui donner, sous forme
de parodie , le compte rendu d'une procession jubilaire de
Notre-Dame , Bérend avait laissé librement jaillir sa verve
sarcastique et sacrilège-, mais quelques instants après ces
insultes au catholicisme, le choléra le surprenait au théâtre
et lui faisait ressentir ses foudroyantes atteintes Il
expirait.
L’heure des funérailles ayant sonné, ses coreligionnaires
de la libre pentée le portèrent au cimetière israélite, où,
tournant le dos aux pomjieuses et libérales maximes du
res|)ect pour tous les cultes que proclame l’Alliance israé-
lilc universelle, M. le grand rabbin de Belgique Aristide
Astruc prononça sur la tombe béante le panégyrique de cet
insulteur de la religion que professent les Belges. I.e journal
du judaïsme orthodoxe, auquel nous empruntons le récit de
ce fait, s’attache 'a faire valoir par des citations elrangères
les mérites éminents du libre penseur, que sa prudence ne
lui permet point de louer en termes directs, et rapporte le
texte de ce discours sans y ajouter un mot de critique :
« .Mes frères, s’écrie le grand rabbin douloureusement
affecté,... je ne puis laisser se fermer cette tombe préma-
turément ouverte , sans y déposer un juste tribut de regret
et d’fitiiKe; et permettez-moi de vous dire qu’à la douleur
que j’éprouve il se mêle un sentiment de profonde tristesse
jiersonnellej car Michel Bérend,, dont je vais, au nom de la
religion, bénir la sortie de ce monde, saluait il y a quelques
jours à peine mon entrée dans le sein de cette grande
cité.
» Vous avez tous connu l’énergie de ses convictions, et la
force indomptable qu’il mettait à assurer leur triomphe.
Amant passionné de la liberté, Bérend a toujours combattu
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no
LHS JUIFS.
pour celle noble el sainte cause. Fils d'une vieille race de
persécutés, il mettait son honneur en toute occasion k rele-
ver le drapeau d’Israël , qui est celui de la liberté religieuse.
Adieu donc, Bérend; sois bénit Comme le jeune héros de la
Bible, tu es mort en combattant ' . »
Mais ce langage est incomplet, et nous nous devons de
le compléter. Le moniteur des solidaires, journal du libre
examen, cfTaroilché de cet apparat religieux, traita de mé-
prise ou d’inconséquence l’intervention dun culte qttelconque
sur la tombe d’un libre penseur. Or, isoler du judaisme la
libre pensée, c’était oITenser la religion du grand rabbin, qui
sur-le-champ répliqua : « Vous affirmez que l’intervention
du culte que je représente n’a été dans celle triste occasion
qu’une méprise... Permettez- moi de vous dire. Monsieur,
que vous vous trompez Bérend était membre de ta libre
pensée, nous le savions. Le judaisme n’exclut personne de
ses temples pendant la vie, ni de ses cimetières après la
mort. Non-seulement il admet dans les uns et dans les
autres les Israélites qui ont cessé de pratiquer ses rites,
mais encore il y reçoit les étrangers, sans leur demander
sur le seuil aucune formule de confession. Il les appelle
tous, sans distinction, k la fraternité ici-bas, et k l’immor-
talité dans la vie a venir.
« Voila pourquoi Bérend a pu devenir libre penseur en r»*
tant Israélite Voilk pourquoi, enfin, la franc-maçonnerie,
el aussi la libre pensée, ont pu intervenir sans obstacle k
côté du judaisme sur le tombeau d'un frère, d'un ami, d’un
coreligionnaire que tous, Israélites, francs-maçons et libres pen-
seurs, regrettent également ' . »
L’intime union, l’égalité, la parité, régnent donc de nos
jours , au sens de la théologie rabbinique , entre ces trois
* Univers Israélite, II, p. S.’i-e; 1866. Oser dire (pie le drap^ de
ceux dont le Talmud est le code est le drapeau de la liberté religieuse,
et faire de celte lilierté celle du libre peii.teur, do combien n'cst-ce
point dépasser les bornes de l’audace!
^ Archives israélites, XXI, p. 9S7-9â8; 1866. Ce discours est, d’un
bout à l'autre, le reniement du Talmud, du vrai judaïsme.
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«1
CHAPITBE HUITIÈME.
expressions d’une même foi, d’une identique aspiration : le
Juif, le franc-maçon et le libre penseur, auquel la Belgique
donne le nom de solidaire. En d'autres termes, la théologie
du judaïsme libéral commence, ouvertement, k n’étre plus
que la philosophie des sectes révolutionnaires!
Depuis longtemps nous savions en effet, nous dit le docte
proteMani Eckeit, que dans les symboles de ses loges, la
franc-maçonnerie, qui renferme parmi ses initiés la plus
grande partie du clergé protestant, « consacre le culte
du matérialisme , et qu’elle y prêehe une doctrine abomi-
nable, monstrueux mélange de philosophie, de judaïsme et
de christianisme, qui se résout, en dernière analyse, au
déisme le plus grossier »
Une grande partie des sectes du protestantisme, enrôlées
dans les rangs de la philosophie du dix-huitième siècle et des
sociétés occultes, ne forment guère en effet avec les mem-
bres de l’occultisme qu’une seule et unique famille. Mais
celle famille ne devient complète qu’en se confondant de fait
et souvent de cœur avec le Judaïsme, et surtout avec les
membres de ce culte qu’Isracl appelle ses réformistes et ses
libres penseurs, c’est-à-dire avec la majorité des Juifs occi-
dentaux. Et, spectacle curieux, nous voyons les tenants de
l’orthodoxie bâtarde dont se compose dans ces régions la
minorité des fils de Jacob, partager avec ardeur sinon les
opinions, du moins les sentiments de ce pêle-mêle à mille
noms des représentants de la libre pensée.
En d’autres termes, si nos yeux s’arrêtent sur les philo-
sophes du dix-huitième siècle, sur les hommes du protes-
tantisme, d’où le souille aride du la philosophie moderne
achève de chasser toute idée religieuse, et sur les adeptes
des sociétés de rocculiisme issus des humeurs corrompues
du sang chrétien, la simple observation des choses nous
fait reconnaître, eu dehors de toute donnée maçonnique,
un seul et même esprit qui les prédestine , en les pénétrant ,
* Ed. Eckert, avocat à Dresde, ta Franc-maçonnerie, etc., etc., t. 1**,
p. 413v etc.; Liège, I8ô4; livre qui devient rare.
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LES JUIFS.
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m 9 m
a être les auxiliaires honteux ou patents du Juif poussé
comme eux h devenir libre penseur depuis qu’il est devenu
citoyen, et réduit pour conserver ce titre, soit à mutiler, soit
h reuier les doctrines du Talmud.
CHAPITRE NEUVIÈME.
PREMIÈRE DIVISION. — NOUVELLE MORALE, NOUVELLES
MOEURS.
Qualités sociales du Juif à demi dégagé du Talmud, et jugé d’après
les représentants de la presse judaïque. — Observations limitées à
ces deux points : véracité, bienveillance envers le chrétien. — La
simple destruction de l’orthodoxie talmudique sulBt-elle à la régéné-
ration sociale du Juif? — Quels sont aujourd’hui les sentiments des
Juifs pour le chrétien? — Protection que leur accordèrent les empe-
reurs, les Papes et les hautes classes. — Ingratitude universelle. —
Celte ingratitude serait-elle encore la môme, et quoique le Juif se
se détalmudise? — Exemple. — Cri de mort du Juif contre Rome,
3ui fut de tout temps son plus inviolable asile. — Prétexte et mot
’ordre universel. — L’affaire Morlara. — Un mot sur cette affaire
et comparaisons. — Raison de la fureur jouée des Juifs. Leur pro-
pre exemple. — Intolérance excessive, mensonges haineux et calom-
nies contre l’archevôque d’Alger. — La lettre admirable de ce pré-
lat, et le Juif. — Faits énormes. — Les textes. — Traces profondes
de la croyance dans les actes, après même que la croyance a disparu.
— Notes. — Pie IX et la diplomatie euro|)éenne militant en faveur
du Juif. — M. Mirés aux Israélites scs coreligionnaires. — La Russie
et les Juifs...
Le spectacle des mœurs talmudiques a tout b l’heure
étonné nos regards^ un spectacle non moins intéressant, et
plus varié, serait celui des mœurs du Juif pour qui le Talmud
n’est plus qu’une lettre morte ou mourante, un linceul dont
Israël doit achever de dégager ses membres s’il ne veut être
tour b tour l’horreur et la risée des peuples. Les yeux fixés
sur ces Juifs dont la marche va dans un instant provoquer
notre attention, et dont la multitude confuse occupe depuis
les plus hauts jusqu’aux plus bas degrés de l’échelle du
progrès moral , nous nous bornerons b les considérer dans
leurs rapports avec les chrétiens au simple point de vue de
ces deux qualités sociales : la reconnaissance et la véracité,
CHAPITRE NEUVIÈME. S73
car nous ne voulons pas étendre sans limites le champ de
nos observations. Nous apprendrons de la sorte si l’éloigne-
ment qui s’est tout h coup manifesté chez le Juif occidental
pour l'orthodoxie talmudique suffit h la régénération de ce
Juif, qui continue de faire corps avec les fidèles talmudisants ;
et, peut-être, de ce nouvel aperçu de l’une des faces du
judaïsme découlera pour nous quelque utile leçon. Il nous
convient d’ailleurs plus que jamais d’admettre sur ce terrain
les exceptions heureuses, et de les admettre dan» la plus
large mesure.
Eh bien, ces Juifs que nous voyons s’éloigner h des degrés
si différents l’un de l’antre des préceptes absurdes ou hai-
neux du Talmud, se sentent-ils enfin capables de quelque
reconnaissance pour les services que leur rend le monde
chrétien, pour les bienfaits dont il les comble? Et, sans se
rendre coupable d’un excès de candeur, la société chrétienne
devra- t-elle se fier désormais au langage qui s’échappe de
la bouche d’Israël, ou qui semble être quelquefois un débor-
dement de son cœur ! Ce langage fii t h certaines époques rempli
de tendresse et d’effusion pour l’Église -, Israël aurait donc , à
son égard , contracté de temps en temps quelque dette sa-
crée? Consultons à ce propos deux ou trois pages de l’bistoire.
Un aréopage moderne, et qui traite avec une rare et
délicate bienveillance les questions judaïques, nous a dit :
« En général, quoique les Juifs se soient toujours montrés
extrêmement hostiles au christianisme, jamais, à partir du jour
où l’Évangile établit son empire dans le monde , jamais ni
l’Église ni les gouvernements chrétiens ne traitèrent les
Juifs avec la même sévérité que l'avaient fait les payens
Les empereurs et les Papes protégèrent leurs synagogues,
défendirent qu’on les troublât dans l’exercice de leur culte
et la célébration de leurs fêtes, qu’on les inquiétât dans
leurs propriétés et leurs personnes , et jamais ils ne consen-
tirent à ce qu’on les baptisât contre leur gré!
I Cf. J. H. Bœhmer, Jus eccles. protest. ad. tit. De Judœis, I. V,
lit. IV, § 4t.
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ni
LES JUIFS.
Les Juifs, et il nous importe de le bien savoir, tant l’his-
toire fut (lëligurée par les historiens d'origine ou de tendance
judaïque, « les Juifs étaient protégés par lethautet doue»; et
les émeutes qui éclatèrent contre eux, tout comme celles qui
eurent lieu 11 l’origine des croisades, étaient de brutales
violences d’hommes pervers et de bas étage, que la autoritét
et le clergé démpproxuiaient et arrêtaient de tout leur pouvoir ‘ . »
Telle est la vérité générale, que valident en toute ren-
contre les exceptions dont le propre est de confirincr la
règle, mais que les gens perfides ou que les esprits faux
exploitent avec un succès trop souvent regrettable. Les
Juifs cependant, ces implacables ennemis de la loi du Christ
malgré leur singulière avidité pour les distinctions marquées
au signe du Sauveur^ se montrèrent partout ennemis des
hautes classes et du clergé, c’est-à-dire de ceux que leur
position rendait les instruments et les colonnes de la civi-
lisation. Tout sentiment du reconiiaissauce et de respect
pour la vérité se glaçait doue et mourait dans le cœur du
Juif, dès que la justice le réclamait en faveur du chrétien.
Mais laissons la parole céder sur ce point la place aux faits;
et, puisqu’il s'agit pour nous de juger en Israël ceux dont
l’orthoiloxie s’est laissée vaincre, ne prenons à témoin de
cette vérité, mille fois répétée par l’iiistoire, que les faits de
l’époque actuelle, celle où le Juif se détalmudise.
Aujourd’hui, l’esprit des révolutions déchaîne et soulève
de tous cétés à la fois ses Ilots et son écume contre les murs
de la Ville éternelle, contre le siège de la puissance apo-
stolique , qu’assaillent à la fois les plus brutales et les plus
hypocrites fureurs : magnifique occasion pour le judaïsme,
' Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique, par les plus
savants professeurs et docteurs en théologie de l’Allemagne, traduit par
Goschler, l. XII, p. 4JS-iS0, in-8“; Paris, 4861. I.ire aussi le grand
Traité de la police, Delamare, t. 1“'', p. 279, etc.; 4705.
Croix, ordres et distinctions honorifiqueset nobiliaiies. En parcou-
rant les revues judaïques de deux ou trois années, on voit avec quelle
lureur de vanité, malgré leur horreur du Crucifié, les Juifs se parent
de nos croix et des Ordres qui portent le nom de nos taints et de tto.s
mystères.
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CHAPITRE NEUVIÈME.
S76
àme primitive des hérésies, àrae éternelle des révoltes contre
les principes de la société chrétienne, de se soulever contre
la tiare, si le judaïsme est ingrat... Ah! oui, périsse enlin,
périsse Rome h jamais! Ce cri forcené se répète de bouche
en bouche comme le cri de mort du Calvaire; mais il fallait
b Israël 1111 motif, et n’importe lequel, b ce nouvel éclat.
I.e motif, ce fut un acte qu’Israël , gonllé de ses vieilles
et implacables colères, dénonça tout b coup aux quatre
vents du ciel, sous le titre d’attentat b la liberté des con-
sciences. Ainsi le criaient ses publicistes qui, forts des erreurs
et des préjugés répandus et nourris au sein môme des États
chrétiens par les .luifs et les alliés de la nation juive, ne
laissèrent plus s’écouler un jour sans fatiguer de cette écœu-
rante répétition les échos du monde entier'. Il s’agit donc
pour nous de savoir ce qui ne fftt guère dit que par des
bouches hostiles, et nous le redirons d’un mot rapide.
Une chrétienne était .servante dans une maison juive; et,
dans sa sagesse, la loi romaine défend en termes formels an
Juif, qui ne peut la violer qu’b ses risques et périls, d'avoir
pour serviteur un chrétien*. La servante crut, b tort ou b
raison , devoir baptiser b l’article de la mort l'enfant de ce
Juif, dont le nom est Mortara. Or, nul n'Ujnore à Rome que
tout enfant baptisé tombe, pour le maintien des vœux du
baptême, sous la tutelle des lois romaines. Voilb /e /air; et
la |iure courtoisie nous engage b laisser au judaïsme liberté
plénière de lui donner les plus fantasques accompagnements.
Placés que nous sommes au point de vue exclusivetneni pro-
fane de la légalité, nous nous bornerons b dire au Juif : La
loi^ cette loi que vous aviez acceptée en votre qualité
d’habitant de Rome, dure ou non (dura /«•, sedlex), n’était
point perfide. Elle vous avertissait; et, cependant, il vous
plut de la braver; la conséquence du délit est donc votre
> Lire les Revues judaïques, et voir la note à la fin de celte première
division de chapitre.
s Celte interdiction était jadis universelle dans la catholicité. Voir
le grand Traité de la Police, l. t'r, p. ï7‘.t, etc.; Paris, t70.S.
I.S.
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276
LES JUIFS.
œuvre. A vous, étranger d’origine, el que Rome sait cire
l'iinplaeable ennemi de son culte, Rome voulut bien ouvrir
son sein chaque fois qu’aillciirs on vous repoussa; mais ce
ne fut point sans poser k cet accueil ses conditions précises.
De quel droit exhaler contre elle vos lugubres doléances
parce qu’il vous a plu de les accepter et de les enfreindre?
El quel État au monde permettrait à l’étranger la violation
du pacte en vertu duquel il le tolère, l’adopte cl le protège?
De temps en temps il échappe au Juif de nous apprendre
que des milliers de faits, non pas semblables, mais bien
autrement cruels, s’accomplissent au préjudice de sa foi
soit dans l’immense et silencieux empire des Russies soit
dans les Étals hérétiques. Ses propres feuilles ne peuvent
s’ouvrir sans multiplier les preuves que, jusque dans ces
derniers temps, les chrétiens et les convertis de sa nation
lui reprochent des actes de prosélytisme et d’intolérance
plus nombreux et plus graves que ceux qu'il ose reprocher
k Rome ; et l'histoire des persécutions vraiment incrogabU»
de l'Églûe dans les États protestants * témoigne quel est , au
' Archives israéliles, XXl\\ p. U 21 ; 13 décembre 1867.
^ Suède, Allemagne, Grande-Bretagne, etc... Lire, à litre de prodi-
gieux échantillon, l’Irlande politigue, sociale et religieuse, de M. Gus-
tave de Beaumont, ancien députe, collaborateur de M. de Tocqueville,
petit-fils du général Lafayctte.
Les clameurs des liberaux de Vienne, au sujet de quelques Juives
réfugiées dans des couvcnl.s, donnent lieu à la Gazeta Aarodou’a de
Lemberg de publier les renseignements suivants (octobre 1867) ;
I Dans tous leurs discours, les libéraux allemands insistent spécia-
lement sur la liberté de conscience, et dans toute loi ils introduisent
le paragraphe que tout le monde est libre de changej-de religion. Mais
si une Juive veut faire usage de ce droit, ils qualifient cela d’acte de
violence, parce que, comme dans les cas présentés au Reichstag, les
personnes en question avaient prcfiTé le baptême catholique au bap-
tême protestant et s'étaient réfugiées dans des couvents catholiques.
I>es libéraux allemands ne paraissent pas savoir pourquoi les Juives
veulent se faire baptiser cl se réfugier dans le.s couvents. Nous vou-
lons bien le leur dire.
n II est arrivé très-souvent chez nous que des Juives âgées, qui vou-
laient changer de religion et croyaient se cacher dans quelque établis-
sement bien fermé, ont été prises de force par des Juifs fanatisés et
ont à jamais disparu. Il y a deux ans qu'au retour d'un pèlerinage, une
Juive du cercle de Czarikow, qui voulait se convertir, fut attaquée et
enlevée par les Juifs; on la transporta dans une auberge juive du voi-
277
CHAPITRE NEUVIÈME.
point de vue même que choisit Israël, la bénignité relative
de Rome à l’égard des Juifs. Mais admettons, s’il le faut
pour plaire au Juif, une certaine intolérance de la part de la
papauté; accordons-lui que le fait Mortara, tel que le peignent
ses inhdèies pinceaux, est un fruit que produisent toutes
les religions et toutes les latitudes. Eh bien , les statistiques
ne nous disent-elles point en ce cas que Rome, si nous la
supposons coupable, Test mille fois moins que les régions
où dominent leTalmud, l’hérésie ou le schisme' ? Pourquoi,
cependant, la coupe des fureurs du Juif s’épanche-t-elle pres-
que sans partage sur le seul État pour lequel , h certaines
heures si facilement effacées de ses souvenirs, il a cru devoir
professer une gratitude si vive? — Ahl Rome est le siège
du catholicisme, dont l’existence exaspère Juda-, plus que
jamais Rome est faible; plus que jamais elle est entourée
de conjurés implacables qui n'attendent que le dernier
moment de son agonie. L’énigme dont nous cherchons le
mot ouvre donc ses profondeurs à la lumière, et la cité des
vicaires du Christ n’est accusée par les Juifs que parce qu’ils
veulent se donner le droit d’encourager et d’exciter de leurs
cris ceux qui demandent sa mort.
Plus vivement que d’autres, peut-être, les Juifs sentent-ils
aujourd’hui même la nécessité de faire sortir des vices de
l’ignorance religieuse les enfants que leurs parents veulent
y laisser croupir. Leur zèle est souvent, h cet égard, celui
qu’ils reprochent aux chrétiens les plus zélés, et l’esprit de
prosélytisme qui caractérisait les Pharisiens leurs pères *
perce h chaque page le couvert des mots dans le texte de
binage, où elle fut étranglée avant qu’on eût pu faire sauter la porte
de la pièce où les meurtriers s’étaient enfermés avec elle. Pourquoi le
docteur Mühlfeld n’a-t-il pas interpellé alors le ministre sur l'enquête
ouverte à ce sujet et sur la punition des coupables? »
O Chez nous, en Galicie, il n’est pas nécessaire d’engager les Juives
à se faire baptiser. La position de la femme dans la société juive, sur-
tout chez les Juifs orthodoxes de la Galicie, suflit pour les décider à
adopter le christianisme... »
t Voir la note A, à la 6n de cette division.
^ S. Matth., Ëvang., cap. xxiii, 45.
•m
LES JUIFS.
leurs Revues^ il est dillicile, en tout cas, d’y étaler et d'y
proclamer les droits du Juif sur les hommes de son sang
avec uoe hardiesse de zèle plus vaillante. Nous citerons à
ce propos une ville où, d’après leur langage, « il faut voir
de vrais miracles » opérés de leurs mains, et cette ville c’est
Venise. Presque tous les Juifs y appartiennent aux deniières
classes sociales; or ceux-ci se font remarquer par une invin-
cible oisiveté, et par une dégoûtante ignorance unie à la
plus inqualifiable eUronterie. ici donc, nous dit Israël, « il
ne s’agissait pas seulement de secourir,... il fallait instruire
les enfants et les voler pour ainsi dire à leurs parents, aûn de
les acheminer vers d’autres voies Que de luttes ù sou-
tenir pour celai 1 que d’obstacles à vaincre! Et néanmoins
on a su tout surmonter! »
Ces mots disent quelque chose, à coup sûr, mais surtout
dans la bouche du Juif. Et si le Juif, dont il nous importe
d’apprécier ù la pierre de touche la véracité; si le Juif, qui
déchire sa gorge ’a faire retentir le monde de ses récits Mor-
tara, donne l’exemple de sévir jusqu’au crime contre ceux
qui partagent sa foi , lorsque le cri de la conscience leur si-
gnifie d’en changer; si le Juif se fait un devoir d’enlever,
« de voler pour ainsi dire aux pères leurs enfants, » afin de
les sortir de leur ignorance , et surtout de leur ignorance
religieuse, de quel Iront ce même Juif’ ose-t-il, défigurant
toute vérité, insultant k toute évidence, lancer le reproche
de ravir les orphelins de l’Algérie, toute couverte encore
des cadavres de leurs mères, k la face de cet archevêque qui
ne les vole point, lui, qui ne les violente point, lui, qui
n’use d’aucun art |)our les attirer dans ses bras, lui, mais
qui se borne k les arracher k la prostitution et k la mort?
Eh quoi! ces enfants sauvés, ce sont des victimes! vous les
appelez des .Mortara! Votre compassion les noie de ses
larmes! .Mais quelle est donc la cause de vos doléances?
Quelle est la raison de vos désespoirs? Serait-ce parce qu’au
* Univers Israélite, XI, p. 530; 4867.
^ Ce même Juif est l'ecrivain des mêmes revues.
CHAPITRE NEUVIÈME. *79
milieu du peuple français, dont la civilisation chrétienne pro-
tège le Juif, ces orphelins courent le risque de ne point grossir
le nombre des musulmans qui, pourtant, hier encore, trai-
taient le Juif, jusque dans notre Algérie, comme on y traite
les animaux les plus vils'? Serait-ce parce que ces enfants,
dont nul ne s’avisera de faire des Juifs, risquent de grossir
le nombre des chrétiens? Cependant, arrière tout semblant
de déclamation, et prêtons l’oreille au langage sorti de la
bouche du Juif, car il constate, outre son amour pour la
vérité, son respect et sa reconnaissance pour ces chré-
tiens auxquels il doit et ce qu'il est et ce qu’il a; c’est
lit ce que notre dix- neuvième siècle ignore d’une igno-
rance que l’on pourrait appeler merveilleuse! Le Juif parle,
silence :
Ainsi, monseigneur l’archevêque, « parce que vous avez
donné aux orphelins un morceau de pain, leurs Âmes vous
appartiennent comme s’ils les avaient vendues au prince des
ténèbres, à l’heure de minuit, pour une pièce d’orl... » Oui,
l’archevêque d’Alger, Mgr de Lavigerie, a écrit au maréchal
gouverneur de l’Algérie, et, « ne mettant plus aucun frein
à son intolérance déchaînée, il reproche au gouvernement
d’aider k élever des mosquées, d’accorder des subventions
k des écoles arabes, de tolérer des réunions religieuses, de
faciliter les pèlerinages de la Mecque, de donner, chose vrai-
ment incroyable, au nom de la France, renseignement du Co-
ran k la jeunesse algérienne, etc Mais ca déplorables
déclamatioTis , gui révèlent- la haine religieuse la plus ardente, le
fougueux apôtre, s’il ne les a pas encore sur les lèvres et
sous la plume, les a sans doute aussi dans son cœur contre
les Juifs et les protestants, coupables des mêmes crimes,
lui, le /onctionnaire public , qui prête serment de soumis-
sion et de fidélité k la loi de l’État proclamant la liberté re-
ligieuse et l’égalité des cultes. — Ah! que le ciel et la bonne
■ Nos colons et nos soldats se rappellent le temps où le musulman
frappait du pied le Juif, ou crachait sur sa personne, à sa fantaisie,
lorsqu’il le rencontrait sur son chemin.
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380
LES JUIFS.
étoile de la France nous préservent à tout jamais de la
domination de ces gens-la ' ! »
Ainsi parle au milieu de nous le judaïsme, et tel est son
style! Plaçons, pour toute réponse, à côté de ton texte le
texte de l'évêque, et que l’œil de chacun voie si la véracité
judaïque en respecte ou en outrage l’esprit et la lettre*.
Et d’abord, qu’en présence de ce rapide épisode, aucun
de nos lecteurs se garde bien de s’écrier : O mon Dieu!
que saurait donc avoir de commun avec l'étude du Juif ce
lambeau de la question religieuse algérienne ! Car nul inci-
dent peut-être ne donne une notion plus vive de l’esprit
qui, de nos jours encore, et sur le sol même que noos lui
offrons à fouler , anime le Juif contre les principes de la
civilisation chrétienne. Hâtons-nous donc de rentrer dans
cette terre d’Afrique, sur le terrain où, dans leur pêle-
mêle de croyants et d'incrédules , les hommes de Juda se
font les auxiliaires avoués du Coran contre le Christ.
Monseigneur l’archevêque d’Alger s’adresse â M. le maré-
chal gouverneur de l’Algérie : « Alger, 23 avril 1868. — Mon-
sieur le Maréchal, let octet, ici, donnent à mes paroles un
commentaire autrement éloquent que tous lesdiscours. Dites-
moi, monsieur le Maréchal , en ce moment, qui attire les
Arabes près de lui, malgré les dangers de leurvoisinagePQui
les accueille dans ses séminaires , dans ses asiles , dans sa
propre maison? Qui les soigne? Qui donne un refuge â leurs
veuves, h leurs enfants? Qui tacrifie pour eux la vie de ses
prêtres, de ses religieuses ’? Et, au contraire, qui les re-
‘ Univers israélite, p. 436-7; 1868. — Le rabbin juif, salarié par
l'Etat, peut se dire fonctionnaire public; mais le clergé chrétien n'a
point ce privilège du salaire; il ne reçoit de l’Etat que ce qu’en reçoit
un rentier, l’intérét d’un capital ; c’est-à-dire, en vertu du Concordat
une minime indemnité de ses biens, dont il plut à l’Etat de s’emparer!
Un député de la gauche, M. Ollivier, eut la droiture de feire valoir
cette observation vers la lin de la session du Corps législatif s^nce
du 10 juillet 1868. ’
ï Cette lettre, digne des Pères de l'Eglise, est trop longue pour que
nous ne nous bornions pas à des extraits. Le Monde l’a reproduite le
15 mai 1868.
^ Bonus pastor vitam dat pro ovibus suis.
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CHAPITRE NEUVIÈME. *81
foule comme des troupeaux humains?... Vous le savez; et
je le sais aussi!...
» Mieux que personne, vous savez ce que valent ces odieuses
insinuatiom, que Votre Excellence ne craint pas de renouve-
ler k la suite d’une presse antichrétienne : que je veux faire
payer par le sacriGce de leur religion, k ces pauvres Arabes,
le pain que leur distribue par mes mains la charité catho-
lique. Non , il n'en va pas, il n’en ira pas ainsi de la part d’un
évêque! Je n’ai pas dit, ni laissé dire un mot dans ce sens
aux Arabes que je secours. Je n’ai pas voulu, et je l'ai déclaré
hautement, qu'un seul des douze cents enfants recueillis par
moi fût baptisé autrement qu’au moment de la mort; et
encore, au moment de la mort, je ne l’ai permis que pour
ceux-lk qui n’avaient pas l’âge de raison. J’ai voulu, je veux
qu’ils conservent k cet égard touu leur liberté; et, s’ils pré-
fèrent rester mahométans lorsqu’ils seront en âge de pren-
dre une décision raisonnée, je ne leur en continuerai pas moins
mon dévouement et mon appui paternels.
» Je leur apprendrai, il est vrai, qu’il est mieux de s’aider
soi-méme par le travail contre les coups de la fortune que
de s’endormir dans la mort en invoquant le destin ; qu'il est
mieux d’avoir une famille que de vivre, sous prétexte de
divorce ou de polygamie , dans une perpétuelle et honteuse
débauche; qu’il est mieux d’aimer et d’aider tous les
hommes, â quelque race qu’ils appartiennent, que de tuer les
chiens de chrétiens. (O le fougueux apôtre!)... Voilk ce que je
leur apprendrai. Quel est celui qui oserait y trouver k redire?
» Mieux que personne enfin, monsieur le Maréchal, vous
savez que je vis dans la solitude, dans la retraite la plus pro-
fonde, fuyant le monde, ne m’occupant que de mes devoirs
et de mes œuvres d’évêque. Si donc, comme vous me l’appre-
nez, la population algérienne se serre encore davantage autour
de moi, c'est qu’elle considère les idées et les principes que
je soutiens comme son port de salut après tant de tempêtes!
v C’est mon troupeau , monsieur le Maréchal ; ce sont les
âmes dont je suis le pasteur; et vous leur reprochez leur con-
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?82
LES JUIFS.
fiance en moi! et vous me reprochez de les aimer, de cher-
cher à les sauver! et vous me faites entendre que, si je ne
me sépare pas d’eux, je ne suis pas l’ami de César!. . . .
» 4e connais l’Empereur!... Le devoir de tout honnête
homme, en présence de la crise qui illumine nos questions
algériennes d’un jour sinistre, c’est de lui dire avec autant
de respect que de courage qu’on l’a trompé. On a trompé
Votre Excellence elle-même ‘
et c’est k l’origine même de la conquête que remonte le
système dont je parle. »... Car Mgr Pavy , le successeur de
Mgr Dupiich, premier évêque d’Alger, « n’a pas été plus
heureux Le vénérable supérieur de son grand séminaire
a été publiquement menacé de la prison, et des galères
mêmes, |>our avoir recueilli dans les boues d’Alger quelques
petits orphelins inrligènes dont il voulait faire des hommes! »
« Et pendant qu’on leur refusait ainsi toute liberté
d’apostolat, mes deux vénérables prédécesseurs avaient la
douleur de voir élever à grands frais des mosquées, le plus sou^
vent inutiles; de voir encourager par des subventions les
écoles , les réunions religieuses où seaaUaü le fanatisme des
indigènes de voir le pèlerinage de la Mecque’ facilité,
accompli aux frais de l’État par les musulmans de l’Algérie*,
de voir enfin donner, au nom de la France, chose w'aiment in^
croyable! l’enseignement du Coran à ceux mêmes qui ne
t* avaient jamais connu, comme les habitants de la Kabylie. Je
devais voir se continuer les mêmes épreuves... »
Aussi , « malgré l’autorisation que j’en avais obtenue
d’une auguste bienveillance, je n’ai pu parvenir, k cause de
la résistance obstinée qui m’a été opposée , k établir k mes
‘ Monseigneur d’Alger it^moigne hautement d’ailleurs, et avec raison,
de quelle sincère estime est digne M. le maréchal.
2 Qui aboutit à la révolte des Arabes, et au massacre des chré-
tiens!
^ Auquel le monde dut une dee plus longues et cruelles reprises du
choléra asiatique.
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CHAPITRE NEUVIEME. *83
frais, en Kabylie, mümc de timples mnitom de Sœun, pour
distribuer aux indigènes, qui le deha?ii)aient, des m«*dica-
ments et des aumônes * !
» Lorsque Fépouvantable famine qui vient de rouvrir l'Alqérie
de cadavre»^ étendit ses ravages, je voulus user de mon
droit et accomplir mon devoir d’évéque en recueillant les
orphelins indigènes. Je l’ai fait, mais bientôt j’ai entendu
autour de moi des paroles inquiétantes pour l’avenir de mon
œuvre. Le silence gardé par vous au Sénat sur mon œuvre,
quiasmraii b la seule province d’.\lger, pour les veuves et
les orphelins arabes, un secours quatre ou cinq foi» plue ron-
eidérabte que celui de l'État, a bientôt confirmé mes inquié-
tudes. Mais tout doute a cessé ppur moi lorsque j'ai su que
vous aviei dit , b l’époque de l’installation des Frères b Ben-
Aknoun, que leur œuvre ne serait que transitoire, que les
orpheline seraient réclamés après la moisson par leure tribue
respectives, et qu’on ne pourrait les leur refuser; ajoutant
que, dans quelques mois, l’orphelinat serait ainsi fermé. »
« C’esl-b-dire, monsieur le maréchal, que ces enfants lane
pire, eans mire, abandonnée tous, et livrée à la mort, mais re-
cueillis par moi grâce b la charité des évêques , des prê-
tres, des chrétiens de France, veillés, soignés aux périls de
leurs jours par nos Religieuses, dont plus de vingt ont pris
le typhus auprès d’eux , dont plusieurs ont déjb succombé
victimes de leur charité, nous ne les aurions sauvés, et
sauvés b ce prix, que pour les livrer après quelques mois,
eane protection, eane défense, sans parente, garçons et filles, aux
passions bestiales de leurs coreligionnaires'! Mieux aurait
valu mille fois les laisser périr!...
B A leurs pères , b leurs mères , je les eusse rendus sans
< Tolérance! liberté des cultes! liberté religieuse!
5 Cette famine tua deux cent dix-sept mille Arabes, et fit périrqualrc
millions et demi de télés de bétail. Discours de M. Le Hon, après la
grande enquête en Algérie, séance du 13 avril 4869, au Corps légis-
latif.
' Passions trop connues de qui connaît le musulman , le «totltsé du
CoranI ce livre que nous avons pris la peine de lire.
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S8i LES JUIFS.
difficulté^ mais je suis le père et le protecteur de tous ceux
de ces enfants dont les pères, dont les mères n'existent
plus. Ils m’appartiennent, parce que la vie qui les anime
encore c’est moi qui la leur ai conservée. C’est la force seule
qui les arrachera de leur asile; et, si elle les en arrache, je
trouverai dans mon cœur d’évéque de tels accents , qu’ils
soulèveront contre la auteurt de paraît attentatt tous ceux qui
méritent encore sur la terre le nom d’hommet et celui de
chrétiens. »
Voilà donc, si nous répétons les paroles textuelles de l’ Uni-
ver» itraélUe à Mgr d’Alger, — paroles qui semblent jetées
à l’adresse (fun prince du sabbat da sordèra, — voilà « le
morceau de pain » au prix, duquel les « âmes des orphelins
appartiennent (à l’évéque) comme s’ils les avaient vendues
au prince des ténèbres, à l’heure de minuit, pour une pièce
d’ori » Ce père des orphelins arrachés par lui à la mort, et
qui , s’il leur plait de rester disciples du Coran entre ses
mains, u ne leur en continuera pas moins son dévouement
et ses soins paternels, » quel est-il, d’après le texte judaï-
que? Il est n le fougueux apôtre qui ne met plus aucun
frein à son intolérance déchaînée; » et les paroles dictées
par l’esprit de conseil, de sagesse et de force, les paroles de
cet évéque autour duquel, d’après la parole de M. le maré-
chal, se presse la colonie tout entière, voilà « les déclama-
tions qui révèlent la haine religieuse la plus ardente! » Mais
ce fougueux apôtre, ce monstre chrétien, ne serait-ce pas
le Christ agissant sous les traits d’un évêque?.... Oui , sans
doute, et le judaïsme l’a reconnu, c’est le Christ, c’est lui-
méme; car cet infatigable cri du Juif retentit à sa vue :
Que cet homme ne règne point sur nous! Âh! « que le ciel et
la bonne étoile de la France nous préservent à jamais de la
domination de ces gens-là M » Enfin les enleveurs de petits
.Mortara, selon l’expression judaïque, seraient-ils ici l’évê-
que que maudit la voix de nos Juifs, le pasteur qui donne
* iVoIumus hune regnare super nos. — Univers israélite, X, p. 436-7,
juin 1868.
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CHAPITRE NEUVIÈME. 18S
sa vie pour scs brebis, btanchet ou noires, ou bien les ravis-
seurs auxquels Israël l’associe , ceux qui viendraient arra-
cher des mains de l’apôtre les abandonnés qu’il a conquis
sur la mort et sur la débauche au prix du sang de ses prê-
tres? Cette question sc pose devant nous dans sa simplicité;
et, puisque nous étudions les qualités morales d’Israël, nous
prions tout autre qu'un Juif de la résoudre en y ajoutant ce
qu’il pense de la véracité, de la bienveillance et de la grati-
tude judaïques.
Chaque croyance religieuse se reconnaît donc à ses œu-
vres, qui la caractérisent. En d’autres termes, et nous le ré-
péterons sans cesse, une des vérités les plus importantes
en ce monde , mais que l’on oublie toujours , est celle-ci :
L’homme agit d’après ce qu’il croit.
Appuyée sinr le sabre, la religion de Mahomet, malgré
les splendides maximes dont le Coran se pare , est la reli-
gion de l’orgueil et du libertinage! Envisagée dans ses fruits,
que nous montre-t-elle? Une licence de mœurs effrénée, un
fatalisme homicide qui sape les lois du bon sens et du pro-
grès social ; un despotisme farouche, un mépris sauvage de
la vie de l’homme : mépris pour le sujet, mépris pour le
faible, mépris pour celui dont elle fait un esclave; mépris
surtout pour l’infidèle, pour ce chien k visage humain, Juif,
idolâtre ou chrétien , qui refuse de plier sa vie à la loi do
prophète ; extermination de ce chien partout où se trouve
profit 'a le faire (Voir note B 'a la fin de cette division), par-
tout où sa domination menace celle de l’enfant du prophète;
mépris encore pour la femme , être sans âme , et non point
la compagne mais la servante de l’homme, un de ses instru-
ments de débauche! civilisation impossible, en un mot, bar-
barie doctrinale et pratique!
Or, même spectacle chez le Juif de la franche orthodoxie
talmudique. Sa loi religieuse est une loi d’exclusion et de
haine; mais il ne vous fuira point, lui; non, car il vit de
vous. Son œil vous absorbe et sa sagesse vous dévore; vous
êtes sa graisse. Le vol, l’usure, la spoliation, sont un de tes
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LES JUIFS.
droits religieux sur le chrétien *, car le non-Juif n’est de-
vant sa face qu’une simple brute inhabile à posséder^ et,
pour le Juif, la propriété que détient cette brute c’est le
vol. Aucune loj ne lui impose le respect des biens, aucune
le respect de la vie de cet infidèle, et souvent meme c’est le
contraire'. Que vous l’appeliez ou que vous le repoussiez,
comptez bien l’avoir toujours pour voisin; mais que vous le
persécutiez ou qu’il plie sous le poids de vos bienfaits,
vous ne l’aurez jamais |)our prochain; jamais il ne vous
tiendra pour son semblable! En un mol, la doctrine anti-
sociale du lalmudisaut est la mort de la civilisation chré-
tienne, et ces pages ne montrent que trop clairement dans
quelle mesure insuffisante encore le (ils de celui qui talmu-
disa diffère, dans ses affections et ses sympathies, de son
père! Telle est la profondeur des traces que laissent dans
la nature des peuples les habitudes de leur foi religieuse.
La loi du chrétien, tout au contraire, est une loi d’union,
d’amour et de fraternité. Elle lui fait de l’orgueil un crime,
de la haine un crime; et l’humilité, l’une de ses vertus ca-
pitales , lient celui qu'elle pénètre à la portée du dernier des
hommes. Tout homme, n’importe ce qu’il croie, n’importe
ce qu’il soit, est son prochain, ce qui veut dire son frère;
et sa vie religieuse est une vie de dévouement qui place au
service de tous ses biens, sa science, son intelligence, son
cœur et sa vie.
Tout chrétien sincère, il est vrai, n’a point la perfection
de sa loi, de sa règle de vie, de même que tout Juif ortho-
doxe, et tant s en faut, ne charge point ses actes des énor-
mités du Talmud; mais tout chrétien sérieux s’applique
chaque jour k rapprocher ses déviations quotidiennes de la
suprême rectitude de sa règle de foi ; et les grands hommes
du christianisme, ses saints, héros de dévouement pour la
plupart, sont un véritable prodige de beauté morale, l’uni-
que merveille que le Ciel puisse envier à la terre. Leur foi
les fait ce qu’ils sont, et rien ne doit sembler plus naturel,
• Voir suprà et infrài
CHAPITRE NEUVIÈME. *87
car nul ne saurait imaginer un principe de civilisation qui
n’émane de la loi chrélicniie, héiilière de la loi de Moïse.
Mais après nous être permis de suivre pendant quelques
pas les réflexions qui sortent de notre sujet, hâtons-nous
d’y rentrer.
NOTE.
Les Juifs nous donnent eux -mêmes des documents qui deviendraient
précieux dans une enquête sérieuse. Ainsi lisoiis-nous ces mots dans
une de leurs revues, à propos de Mortara père, accusé de s'étre fait
chrétien :
Comment! M. Mortara, — » celui qui a fait appel à la protection, â
la sympathie du ;udaV.<me universel, et s’est rendu à Paris, à Londres,
où il a obtenu de la part de nobles et généreux coreligionnaires des
sommes considérables, afin qu’il prtt rétablir ses affaires, ruinées par le
crime de Bologne; M. Mortara, après avoir ainsi, au nom de son mal-
heur, exploité la charité etlasainte fraternité Israélites, aurait commis
une honteuse trahisonf Non, nous ne le croyons pas, nous ne voulons
pas le croire! La penersitê humaine n’est pas encore arrivée jusque-
là! » Univers israélité. Vil, p. 294-S; 1867,
« L’Alliance Israélite universel e, nous disent les Arcliioe.v israélites, a
reçu un Icgsde îo.OOO fr. de ,<ir Scott, dont l’exécuteur testamentaire est
le baron Arthur de Rothschild, à Londres. » Or, ce seigneur, ce gentil-
homme, était un pseudonyme, c'était tout simplement un Juif du nom de
Blumenthal, qui a combattit .sous Caribaldi, reçut une blessure, laquelle
lui valut le grade d’officier, avec la décoration de l’ordre italien »
(croix de Saint-Maurice, etc,); c’était un Israélite zélé, ardent défenseur
de notre cause. Lors de l’expédition de Garibaldl, en 1 860, il avait de-
mandé au général la permis.sion d'aller a Rome, avec quelques compa-
gnons déguisés en capucins, pour enlever le jeune Mortara. C’est par
suite d’un départ imprévu que cette tentative ne put avoir lieu. Sir
Scott (ce JuifJ aimait à faire le bien sous le voile de l’anonyme... Ra-
rement de nos jours on n’étale pas son nom dans de telles circon-
stances, » [Sic, car nous *ne corrigeons point ce style !) Archives israc-
lites, p. 391-*, l*' mai 1867. — Voir en mille endroits les cris de
haine du Juif contre Rome. Ib., Arch. isr., p. 9, 14, 15, etc., 1" jan-
vier 1869.
NOTE.
« Je me résume. Monsieur le Maréchal. Au fond. Votre Excellence
m’adresse deux accusations, et toutes deux seront le plus grand honneur
de ma vie. L’une est d’avoir soulevé le premier, et un peu trop, selon
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LES JUIFS.
vous, le voile funèbre qui cachait aux yeux de la France les malheurs de
l’Algérie. Si c’est un crime, il est le mien, etc. » — Lire la suite, et ce que
nous avons omis de celte admirable lettre. Le système suivi jusqu’à ce
jour, et qui fut si favorable au Coran, eut-il un résultat politique? Ré-
ponse : t Vous me disiez qu’en cas de guerre européenne on ne pourrait
pas compter ici sur la fidélité de vingt indigènes, en pn'sence d’une
insurrection. » Que penser de ce résultat? « — Moralement, ils ont pris
nos vices, sans acquérir aucune de nos qualités, etc., etc. a
Mgr de Lavigerie écrivait en outre à la Gazette du Midi, le H mai,
une lettre rendue publique, où nous lisons entre autres cette phrase :
« Comme homme et comme Français, je crois pouvoir dire que je m’as-
socie aux vœux unanimes des colons de mon diocèse, et que je désire
avec eux la modification d’un système qui étouETe toute vie en suppri-
mant toute initiative et toute liberté, a — A la suite de cette lettre, nous
lisons dans la Gazette du Midi : « Il est temps de savoir qui commande
dans notre colonie? Est-ce la puissance publique, ou bien une puis-
sance occulte? Est-ce le chef de l’État?.., ou bien est-ce cette déplo-
rable centralisation peuplée de ci-devant saint-simoniens ‘, et de
Turcs déguisés en Français, ayant à leur tète, comme influence téné-
breuse, mais prépondérante, un homme qui s’était fait musulman, et
que la presse algérienne désigne sous le nom du Renégat. On sait trop
bien en Algérie tout ce que cette influence active et multiple,., a fait
pour paralyser les résultats espérés du dernier voyage de l'Empe-
reur, eic. » E. Roux,' et Monde, 45 mai 4868.
’ PArmi letqaeli dea Jaifs bien connus.
NOTE A.
Si nous ajoutons quelque foi à la parole d’un Pape, qui s’énonce en
plein jour, au milieu de tout un peuple témoin de ses actes, nous
jugerons par l’allocution suivante de ce que Pie IX eut à souffrir des
ingérences de la diplomatie de certains gouvernements entraînés par
les Juifs. Et que diraient ces gouvernements si le Pape, au nom de la
justice, et non plus d’un libéralisme arbitraire, se plaçait dans leurs
États, par l’entremise de ses diplomates, à la tète des réformes les
plus légitimes?
Il s'agit d’une circonstance où le jeune Edgard Mortara lui-mènic
s’avance à la tète de ses camarades du séminaire , qui l’ont délégué
pour offrir à Pie IX l’hommage d’un léger présent. Le Pape l’accueille,
et, sans se livrer à la moindre allusion contre les Juifs, excitateurs de
tout le tapage diplomatique qu’il va signaler, il rappelle su jeune
baptisé lui-méme les incessantes calomnies dont son éducation chré-
tienne devint le prétexte : « Vous m’ètes bien cher, mon fils, parce
que je vous ai acquis pour le Christ à un très-grand prix. — Vous
m’avez coûté une bonne rançon! — A cause de vous, un déchaînement
universel a éclaté contre moi et contre ce Siège apostolique. Dm
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CHAl'lTRlî Nlil'VIÈ.Ml-.
2i)9
gouvornemcnU et des [leuplcs, des puissants de ce monde et des jour-
nalisles, qui sont aussi les forts de nos jours, m'ont dédaré la guerre.
Des rois iniinies se sont mis à la UHe de cette campagne, et ont fait
écrire [«r leurs ministres des notes diplomatiques. Tout cela à cau.so
de vous. Je pas.'O sous silence les rois. Je ne veux rappeler que les
outrages, les calomnies et tes malédictions prononcés par une foule
innombrable de simples particuliers qui parais.saient indignés de ce
que le bon Dieu vous a fait le don de sa vraie foi en vous tirant des té-
nèbres de la mort, où votre famille est encore plongée. — On s’est plaint
surtout du sort qui aurait été fait à vos parents parce que vous aviez,
été régénéré par le saint Baptême, et que vous avez reçu une instruc-
tion telle qu’il a plu à Dieu de vous l’accorder. — Et personne cepen-
dant ne me plaint, moi , le Père de tous les fidèles, à qui le schisme
arrache des milliers d’enfants en Pologne , ou cherche à les corrompre
par son enseignement [>ernicieux. — Les peuples, ainsi <|ue les gou-
vernements, se taisent au moment où je crie en gémissant sur le sort
de cette partie du troupeau de Jésus-Christ, ravagée par les voleurs en
plein jour. — Personne ne bouge pour courir au secours du père et
de ses enfatiLs! n (.\ Sainte- Agnès, 12 avril 1867.)
Plus prévoyant, plus loyal que ses aveugles coreligionnaires, le
célèbre financier Mirés donnait aux Israélites, ses frères, un conseil
que lui avaient dicté la sagesse et le génie. C’était de se déclarer hau-
tement, non point les accusateurs injustes et implacables, mais les
reconnaissants et généreux défenseurs du Souverain Pontife, réduit à
hisser sur le vaisseau de l’ftglise le pavillon d'alarme et de détresse.
« A mon avis, leur criait-il, l'émancipation des Juifs en France leur
crée des devoirs qu’ils ne peuvent enfreindre sans porter atteinte à
leur propre securité; ces devoirs, le patriotisme les dicte, car ce patrio-
tisme correspond à l’intérêt général '. »
«jLes républicains de 1848 avaient parfaitement compris qu’étendu
à tout le monde, le jmuvoir politique devenait la propriété du prolé-
tariat. Pour moi, le suffrage univcr.-el en iicrmanence, c’est la force
légalisée; et je ne puis oublier que, le jour où la force commande, le
droit a péri. C’est ce sentiment dominant dans mon esprit qui m’a
attaché à la puissance temporelle du Pape, quoique appartenant à la
communauté juive I Aussi, en défendant te droit représenté par le
pouvoir temporel des Papes, ai-je la prétention do défendre en même
temps la société et mes coreligionnaires s
« Je considère ce pouvoir comme le dernier rempart des sociétés
modernes. Et si, par la t'o/onfé du prolétariat, décoréede ce grand nom
de suffrage universel, il devient licite d’arracher à la papauté ses
possessions dix fois séculaires, ce même droit, cette même légalité,
s'étendra nécessairement à toutes propriétés, dès que l’intérêt du plus
grand nombre l’exigera, c'est-à-dire dés qu’on prétendra qu’il l’exige.
* Archives israél., 1,'C, p. 3îtO. I" mai 1868.
^ M. Mirèt nVft pa$ le lenl Itrai’lile de son avis, mais mallieitr a qui l'imile!
I,irc t'f-’amers israél., VI, p. 286, février I.S67.
19
*90 ' LES JUIFS.
Malheur alors aux minorilési Que ces minorités soient civiles ou reli-
gieuses, elles succomlieront toutes »
Et les Juifs sont partout une minorité.
Le despotisme à dix mille UHes les trailera comme les traite ailleurs
le despotisme à une tête. ! liions un exempte, entre mille, de ce dernier.
On écrit à la Kouvetle l’resse librf, b la date du 20 juillet 1868 :
« Le gouvernement rus.se ne cesse de travailler dans la Lithuanie, et
même en Pologne, a l’extirpation du calhniieisme. Il a été formé à cet
effet des commis-sions ileslinées à transformer les églises catholiques
en églises schismatiques, et à convertir la population avec le knout,
au besoin. Toutefois, la presst; russe ne se contente pas de la persé-
cution d'une seule confession, et elle attaque à présent une autre reli-
gion lari/ernent reprheiUée dans te pays, c'e.sl ■ à-dire la religion juive.
Tous les journaux russes sont remplis d’invectives des plus violentes,
dont voici le sens ; o Pans la Kussic tout entière, il faut que tous les
habitants soient devrais Russes, ünvrai Rus-e ne |«;ut être que schis-
matique. Abstraction faite de ce que les Juifs se distinguent des
Rus-ses par leur religion détestable et impie, ils doivent, pourd’autres
motifs, être considérés comme des ennemis de la Rus.sie
» L)’un aulroeôlé, les Juifs sont pour nous très-dangereux en Pologne,
et même plus dangereux que les Polonais, parce qu’ils possèdent la
plus grande partie des capitaux, parce qu'ils tiennent dans leurs mains
le développement économique futur du pays, et enfin parce qu’ils
montrent plus d’attachement pour les Polonais i|uc pour nous. Qu’on
les chasse donc de la Pologne I II faut que l'on relét/ue les Juifs dans les
provinces les plus éloignées, au milieu des contrées russes pures de
l'empire, au delà de Moscou, de Kasan, par exemple, et que l’on
attire en Pologne cl en Lithuanie des ni'gociants russes à la place ries
Juifs. Dans le cas où cela serait difficile, ou impossible, on devrait alors
forcer tes Juifs a renoncer au commerce, et les transformer en ouvriers
et en laboureurs. Le journal russe de Saint-Pétersbourg, Viedumosti,
est le plus modéré entre tous, et il s’expirime ainsi : «Nous pouvons et
nous dflOOMS haïr et mépriser les Juifs. Il faut que nous écartions celte
engeance du monde, mais comment? »
» En attendant, les Juifs de Wilna sont tombés dans une telle [lau-
vrelé qu'il ti'est /ms rare d'en voir mourir de faim. Tous les journaux
russes {IViedomosti , Wiestnik, Colus, etc.) se réjonisse.nt de tels faits
et s'écrient ; « Les Juifs se jier Iront tout seuls, si, peu à peu, on leur
enlève leurs biens et leur avoir. Il faut en faire des mendiants ; de
celle façon on est certain qu'ils se russifieront d’eux-mémes.
» Voilà les vraies visées des .Mongols. Nous nous arrêterons là; ce
que nous en avons dit suffit pour édifier le monde sur la tolérance
russe. » — Les Juifs ne trouvent-ils pas dans ces lignes une leçon de
tolérance et de justice?
' la-urr Jr U. Miri-s « .M. Ciicliev«l-(;lari|>t)y , rcilacietir en chef de ta Presse,
9 uovcinijrc
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CFÏAPITRE NEUVIÈME.
294
NOTE B.
« En Europe, on est trop porti^ à méconnaître la haine invétérée
des musulmans contre tous ceux qui ne sont pas de leur religion, et
surtout contre les chrétiens. Aujourd’hui la force est à la chrétienté,
ils sentent qu’ils seraient ntis au ban, et dépouillés de tout bénéfice
du droit des gens, s’ils ne dissimulaient l’esprit qui les anime; et
lorsque leur férocité se Irarluil de loin en loin par quelques-uns de
ces actes qui font frémir l’Europe (les massacres de la Syrie, etc.),
ils s’empressent de les désavouer, et l’opinion publique les explique
trop aisément [lar cette tendance à la cruauté qui persiste malheureu-
sement au fond des races les plus civilisées. Quand on u surpris le
musulman dans sa vie intime; quand on l’a vu agir lorsqu’il se croit
hors de portée de cette opinion publique de l’Europe qui pèse sur lui,
l’obsède, et en lait cet être rusé, astucieux, dédaigneux, fastueux et
arrogant qui induit en erreur tant de nos coreligionnaires, et les
leurre de l’espérance de leur transformation, on est convaincu que ses
moindres actes sont inspirés par un fanatisme implacable, et on ne
s’étonne plus que, dans celle lutte sans témoins, au centre de l’Afri-
que, il ait osé entreprendre d’effacer le christianisme en arrêtant la
génération dans tout un pays peuplé de tant de millions d’hommes »,
c’est-à-dire qu’il ail introduit la coutume de « pratiquer l’éviration sur
l’ennemi à terre. » {Douze ans dans la haute Ethiopie, par M. Arnauld
d’Abbadie, t. I''*’, p. 22i; Paris 1868. Excellent et très-remarquable
ouvrage, écrit par l’un de nos voyageurs et investigateurs les plus
éminents.)
D’après le Coran pour le. musulman , et d’après le Talmud pour le
Juif, le chrétien est une brute dont il est méritoire de se débarrasser.
Le Coran est donc le plus grand obstacle imaginable à la civilisation,
à la fusion di*s races, à l’union de l’Arabe au Français, au chrétien !
Tout mahométan est missionnaire, et son instrument de conversion
est le sabre; son paradis sur )h terre et au ciel, c’est la possession
des voluptés; en d’autres termes, son bonheur est dans ces mots ;
divorce, polygamie, débauche atroce et meurtrière. — En somme, le
principe suprême dont le Coran remplit l’intelligence et le cœur de
son disciple, c’est mépris, haine et mort à quiconque refuse d’ètre
avec Mahomet. Le résultat de sa politique, au sein des empires que
lui créèrent ses immenses conquêtes, ce fut une mortelle épaisseur d’i-
gnorance, une ignoble dégradation, la crapule, l’extermination (de nos
jours même en Syrie) et la dépopulation de contrées florissantes chan-
gées en déserUs. Partout donc où le Coran a régné , nos yeux nous
démontrent que son sectateur est devenu non point un homme civi-
lisé, mais un destructeur de la civilisation, un barbare; et, favorL«er la
doctrine, la croyance, qui fait de cet homme ce (ju’il est, c’est favoriser
la barbarie. — C’e.sl pourquoi, dans la séance du 16 au 17 juillet 1868
du Corps législatif, l’un des hommes les plus avancés de l’opposition,
.M. Favre, dit au ministre d’Etat ; « Vous ne devez- pas vous faire
19.
LES JUIFS.
*9Î
pr'Micanl rie religion, et surtout de religion musulmane ! » P.iroles rie
haute raison I Et pourtant le ministre de laisser tomber du haut de ta
tribune française cette prodigieuse réponse :
« L’honorable M. Jules Favre est étonml que deseiilanls élevés dans
la religion musulmane étudient le Coran , et y puisent des leçons de
morale et de respect qui y sont écrites en paroles élevées et en grandes
pensrés. Les sociétés qui ne seraient pas fondées sur de grands prin-
cipes de morale ne vivraient pas longtemps, et la société musulmane a
occu|)é une grande partie de la terre. Il ne faut pas avoir ces dildains;
et lorsqu’on m’interrompt pour me dire qu’il faut enseigner aux
populations musulmanes la civilisation, qu’on me permette de répon-
dre que les sociétés ne se transforment pas en quelques jours, sous la
parole plus ou moins véhémente de quelques orateurs, et qu’il faut le
temps, le labeur, l’effort quotidien, pour qu’une nation qui est coulée
en granit dans ses institutions puisse être graduellement fusionnée,
transformée et absorbée par une civilisation nouvelle. (C’est vrai! —
Très-bien! très-bien 1 »)
Une civilisation nouvelle I nous dit-on. La loi du sabre et du fata-
lisme aurait donc été la loi d’une civilisation? Mahométisme et civi-
lisation n’avaient cessé jusqu’à ce jour de se prendre pour les deux
antipodes; et ce que les évêques, ce que les hommes éclairés de
l’Algérie demandent depuis bierUôt guarante ans, c’est que, sous le
régime de la liberté de conscience , on rommence enfin à permettre
aux civilisateurs du christianisme « te labeur et l'effort quotidien >
nécessaires à transformer ces barbares de granit en membres vivants
d’une civilisation honnête. Animé sans doute d’excellentes intentions,
M. le ministre d’Étal, cet homme doué d’une intelligence si grande,
tiendrait un tout autre langage , et n’aurait point les Juifs pour auxi-
liaires, s’il savait un peu mieux le Coran , le petit catéchisme des
catholiques, l’histoire de la civilisation européenne, et l’histoire si mal
et si peu connue de l’Église.
DEUXIÈME DIYISIOH. — NOUVELLE HORXLE, NOUVELLES
MOEURS.
Suite. — Qualités sociales du Juif. — Reconnaissance. — M. Mirés;
son conseil aux Juifs de ne point toucher à l’or de l'Église, et de lui
témoigner quelque gratitude. — Réponse astucieuse, et fureurs. —
Reproches amers à propos de l’épouvantable tyrannie qui les mar-
tyrise dans les ghetto. — Œuvre ayant pour but de transporter
tous les Juifs hors de l’.'ibominablc ville de Rome; résultats. —
Qu’est-ce donc que le Ghetto? — RéfuLition du Juif par les descrip-
tions ou la parole de M. Thiers, ancien ministre; — de M. Sauzet,
ancien président de la Chambre des députés; — de l'anticatholique
M. Renan, de l’Institut; — de M. Bail, ptron de la cause juive. —
Réfutation du Juif par la déclaration si remarquable de leur plus
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CHAPITRE NEUVIÈME.
S93
grande assemblée dans les temps modernes. — Ce que le Juif doit à
l’Eglise; curieux et admirable morceau. — Aisance du Juif, même
dégagé des entraves du Talmud, à renier la parole de ses repré-
sentants. — Celte parole n'était pour lui qu’une ruse de guerre, il
ne doit que haine à l’Eglise et à la papauté. — Actes des Pajies et
du clergé romain , défenseurs et protecteurs désintéressés du Juif ;
ils lui assurent pour son culte une liberté que tant de gouverne-
ments refusent aujourd’hui même au catholique. — Le plus impla-
cable ennemi du Juif nous peindra-t-il mieux qu’il ne le fait lui-
même de nos jours son horreur pour toute vérité qui le blesse, sa
haine héréditaire pour le chrétien? — Le Juif qui se peint dans ses
pages, telles que nous les citons, est-il un homme que la civilisation
Euisse avouer? — Exceptions, — Notes. — Le Ghetto d’Avignon. —
es ghetto (tre ghetti) ; celui de Rome.
Nous venons d’exposer sans mise en scène et sans étalage
de phrases, c’est-à-dire en toute simplicité, quelle est, en
l’an 1868, la tenue du Juif devant l’évidence historique : sa
physionomie, sa contenance, sa parole devant les splendeurs
de la vertu chrétienne-, prions maintenant le lecteur, de-
venu peut-être un peu moins naïf, un peu moins libéral à
l’endroit du Juif, de nous déclarer dans quelle mesure
approximative de temps il juge que l’esprit de gratitude na-
turel aux peuples civilises doive finir par échauffer et rani-
mer le coeur de cet homme. Mais afin de faciliter le coup
d’œil (le l’observateur, concentrons ses regards vers le mur
du Ghetto romain , et rappelons d’abord un fait :
Après avoir offert aux Juifs le conseil que lui inspirait sa
haute intelligence, de se faire non plus les aveugles destruc-
teurs, mais les conservateurs du pouvoir papal, M. Mirés,
continuant à plaider la cause de la reconnaissance et de la
prudence, conjurait la banque judaïque de mettre un frein
à ses fougueuses convoitises, et de refuser aux spoliateurs
du clergé de l’Italie le secours de son industrie financière
et de sa puissance Respectez-vous; respectez votre na-
tion; ne salissez point vos mains de cet or....
De cet or? Eh quoi! Nous? nous? répliquait avec empor-
tement le judaïsme, salir nos mains en les portant sur l’or
du sacerdoce chrétien, sur Torde l’Église? Ainsi, « d’après
ce champion inattendu de la sécurité d'Israël,... tout Israé-
lite serait tenu de rester étranger à toute opération finan-
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«91
LFS JUIFS.
cière concemanl un gdOvcrnemcnt que Rome papale traite
en ennemi » M. Mirés défendre.... contre les banquiers
israélitcs les intérêts des Juifs, « leur rappeler l’injuste et
séculaire réprobation dont nous avons été victimes, pour
les engager à n'y pas donner prise de nouveau! Il y a la quel-
que chose de bouffon l.a reconnaissance, dit .M. Mirés,
nous enchaîne aux Papes, à Pie IX, qui a supprimé le Ghetto.
C’est là ce qu’on ne craint pas de dire après le scandale de
l’affaire Mortara M.... »
De la reconnaissance? oh! oh! ceux qui tiennent ce lan-
gage oublient « que les bienfaits ont été contre-balancés par
les persécutions^ ils parlent du Ghetto, mais le Ghetto
n’existe-t-il pas encore à Rome*?... »
Se livrant à sa verve sarcastique contre l’Israélite qui ose
arrêter la main de ses compatriotes devant l’or de l’Église
que lui tend la Révolution, et j)roclamerà haute voix la dette
de reconnaissance d’Israël envers les Souverains Pontifes,
la Revue judaïque jette devant elle ce cri d’alarme et d'hor-
reur : L’entendez-vous? « Un Israélite plaide la cause de
nos plus mortels ennemis! » Ah! ce que veut M. Mirés, « ap-
partenant à la communauté juive, c’est le maintien perpé-
tuel du Ghetto de Rome, la tyrannie épouvantable exercée
sur nos pauvres frères, leurs souffrances indicibles, leur hu-
miliation, leur martyre. Voilà ce qu’une plume Israélite ose
défendre à la face d’Israël et du monde civilisé! Ah! M. .Mi-
rés, si on vous traitait à Paris comme les nôtres sont traités
sous la domination des prêtres romains!... si, au lieu d’une
maison splendide, on vous donnait pour habitation un réduit
misérable et délétère, sans soleil et sans air, sur les bords
infects et maudits du Tibre,... si on faisait de vos enfants
des cadavres vivants , voués dès leur naissance au malheur et
à la dégradation, vous chanteriez peut-être moins la gloire
des persécuteurs de vos frères >
' Archives israèliles, XI, p. 489, l'''juin t867.
* Archives israèliles, II, p. 54, 15 janvier tS67.
3 Univers\israélile, IV, p. 149-150 ; 1866. Ce chant à la gloire de»
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CHAPITRE NEUVIÈME,
295
Déserter Rome, fuir cette Babylone qui le dévore, voilà
donc, voilà désormais, s’il nous fallait ajouter foi à la parole
du Juif, voilà Tunique espoir, voilà Timpérieuse préoccu-
pation du judaïsme haletant; et de sa voix la plus stridente
il la dénonce à tous les vents-, il étonne de ses doléances, il
en étourdit tous les échos de l’Europe-, il va plus loin : le
soin, le devoir de s’arracher à cet odieux séjour devient son
rêve, son œuvre; et cette œuvre qui ne pouvait être viable
jHirce qu’elle eût été le désespoir et la désolation du Juif ro-
main, naît au milieu d’une agitation aussi violente que fac-
tice. Mais écoulons le Juif lui-même, et que la connaissance
des choses précède notre jugement :
« Notre projet de réunir les ressources nécessaires pour
que les Israélites de Rome puissent quitter celte terre abo-
minable a été favorablement accueilli partout. Des souscriptions
isolées, ouvertes par les journaux, ne produiraient que peu
de résultats; les grandes choses doivent être faites grandement.
Mais que l’Alliance-israélile-universelle se mette à l’œuvre, et
le succès n’est pas douteux. Seulement, il faudra envoyer
deux hommes compétents à Rome pour étudier la situation,
établir la statistique et les calculs, arrêter les voies et
moyens, et s’assurer qu’à l’heure venue tous nos coreligion-
naires romains sans exception sortiront de cette ville sinistre
sans regretter les poissons du Tibre! Ce sera l’événement le
plus glorieux de Thisloire Israélite moderne »
Et tandis qu’ainsi parlait la feuille conservatrice du ju-
persëculeurs n’esl en fait que le conseil de ne point se salir les mains
d’un or enlevt^ à ses maitres. Et ces bords inlef-lset maudits du fleuve
de la Ville éternolle, où vécut si fièrement le peuple-roi, (jui vous y
enchaîne? Et cette é}X)uvantable tyrannie qui fait de vos enfants des
cadavres virants , qui vous oblige à la subir? Mais pourquoi votre
plume, s’astreindrait-elle a plus de justice et de véracité envers les
grands Pontifes du christianisme que tout à l’heure envers l’arche-
vêque d’Alger, l’apolre de l’Algérie? Voir des exemples de ce déchaî-
nement actuel des Juifs contre le Pape, fb., Univers israélite, Xll,
p. 554; 4867, elç., etc.
> L'Univers israélite, XX' année, p. 55; septembre 4864. — Ces
paroles nous disent déjà (juelle machine à effet est cette œuvre, et ce
qui sortira de cette bouffissure.
296
LES JL'll'S.
(laïsme, celle du progrès nous tenait ce langage : « La
proposition que nous avons faite dans notre numéro du
lo septembre, pour mettre un terme a la situation vraiment
intolérable des Israélites encore sujets pontificaux , a trouvé
de l'écho dans les cœurs généreux. Elle nous a valu des
lettres et observations. .. » telles que la suivante : « J’a[)-
prouve complètement votre idée d'une sontcription universelle
pour l’expatriation en masse... »
Sortir Israël du Ghetto, de la geôle pontificale, du cloa-
(]ue romain, voil'a le mot; voilh, diraient ceux que la vertu
du Juif ne laisse pas sans défiance , le coup monté pour
étonner les simples et faire éclat contre le Saint-Siège...
Mais « cet événement, le plus glorieux de l'iiistoire israélite
moderne, » devait aboutir ii l’avortement... On le savait,
on le voulait ainsi dans le camp judaïque, et les Archives
Israélites du 13 septembre 1804 nous disaient ; « La récente
convention dont toute l’Europe se préoccupe 'a l’heure qu’il
est (c’est-’a-dire la remise de Rome h la révolution triom-
phante) rendra sans doute inutile l’exécution du projet que
nous avons conçu. Nous nous en féliciterons; mais il faut
attendre avant de se prononcer '. «
Israël restera donc dans cette Rome que sa bouche mau-
dit, qui n’inspire que colères et blasphèmes aux plumes
judaïques, mais dont ce serait sa terreur et sa désolation
de s’entendre proscrire. Il restera dans le Ghetto, s’il ne pré-
fère un autre quartier de la ville ’a cette enceinte, moralement
et légalement supprimée bien que son mur continue ,
comme Rome elle-même, à se tenir debout. .Mais qn’est-ce,
après tout, que le Ghetto, ce lieu de malédiction et de
mort; ce nom devant lequel Israël, cnnant sa voix, veut
faire reculer de honte l’Israélite qui réclame en faveur des
Pontifes romains la reconnaissance de ses frères?
* P. 8Ü8 9. — Et déjà, le mois suivant, cette souscription urgente,
nniverselle. entreprise « pour faire grandement les choses, » s’éle-
vait au chiffre rédempteur de trois cent quarante-trois francs... de
quoi transporter et appatrier ailleurs quelque chose comme un quart
de Juif! P. 943.
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CHAPITRE NEUVIÈME.
■Î97
Un mot le dit : le Ghetto c’esl un quartier de Rome,
et sa destination toute spéciale est d'être habité par les
Juifs. Nul chrétien ii’a le droit d’y fixer son séjour, et nul
Juif n’avait autrefois, à Rome, le droit de s’établir ailleurs.
C'était, en définitive, une sorte de place forte féodale,
ou plutôt d'enceinu affectée ’a l’étranger de race juive habi-
tant la ville de Rome, c’est-à-dire au Juif romain. Chaque
soir, et chaque fois qu’une sédition semblait être à redouter,
la porte de ce lieu se fermait et protégeait le Juif contre la
colère souvent très-juste du chrétien, eu même temps
qu’elle protégeait le chrétien contre ses incursions et ses
industries nocturnes. Tel est le mystère du Ghetto; et c’é-
tait à la coiiditiou d’accepter pour résidence ce quartier
clos, soumis ’a quelques-unes des servitudes de nos places
de guerre , que les étrangers de race judaïque obtenaient
droit de séjour dans les États où l’intérêt du chrétien, où
l’intérêt du Juif et de l’ordre public commandaient au gou-
vernement l’établissement de ces enceintes!
Mais le Juif émancipé ne se contente point de briser du
pied la muraille du Ghetto. Une fois l’égal du chrétien, il veut,
et nous le verrons, atteindre l’objet de ses désirs, devenir son
juge, son législateur, monter, s’asseoir aux plus hauts som-
mets du pouvoir ; et lorsque , déjà victorieux , il se met eu
marche vers de nouvelles conquêtes, malheur à l’homme
d’Etat qui, pour arrêter son élan, repousse la parole judaï-
que par le langage de l’expérience et par la parole de
riiistoire. Q"e s' notre témoignage est récusé, taisons-
nous, et, fidèle à notre habitude de laisser les gens se faire
connaître par eux -mêmes, appelons à notre secours la
bouche frémissante du Juif. Empressée de s’ouvrir, elle
nous dit :
« .M. Thiers parlait aussi de la liberté des cultes dans les
États romains, en disant qu’il y a une synagogue à Rome.
Comment un homme de bonne foi, un historien, un homme
qui a passé une partie de sa vie en Italie, et qui a vu l’épouvan-
table sort des martyrs du Ghetto, peut-il produire un si triste
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298
LES JÜIFS.
argument, contre lequel sa conscience aurait (ht se soulever
d’indignation! »
« On a regretté au milieu de nous l'ahtence au Si'nni (Cun
Israélite qui eût pu n'pondre aux affirmations incroyables
de plusieurs pri'Iats relativement aux malheureux Israi^lites
de Rome. Mais il y a plusieurs des nôtres au Corps législa-
tif-, qu’ont-ils répondu h M. Thier.« '? m — Rien! c'est-à-dire
tout ce (]u’il y avait h répondre dans une assembU^e dont
plusieurs membres ont, comme il est dit de M. Thiere,
« passé une partie de leur vie en Italie » et sans y voir ce
qu'y voient les Juifs.. Mais l’un des anciens présidents de nos
assemblées législatives, un de ces jurisconsultes célèbres
qui firent de Rome à la fois une seconde patrie et l’objet
tout spécial de leurs éludes comparatives, succède h l'his-
torien législateur; écoutons :
« On s’est plaint d’une police tracassière et inquisitoriale;
c’est sa mollesse, et quelquefois son inertie, qu’on pourrait
accuser. Il faut s’étonner surtout de la longanimité avec
laquelle elle a souffert les menées et les scandaleux embau-
chages des émissaires piémontais. s’abritant sous des pro-
tections diplomatiques pour exciter ouvertement les sujets
du Pape h la révolte et ses soldats à la désertion.
» On a accusé le gouvernement romain d’intolérance; et .
la tolérance véritable, éclairée, pratique, celle qui professe
non l’insouciance pour les principes, mais la bienveillance
|)Our les personnes, est poussée 'a Rome jutr/u’ei ses dernières
limites, (’diacun suit librement sa croyance et exerce en paix
son culte; Rome fut de tout temps le refuije des Juifs, et ils la
nommèrent eu.r-méines leur paradis, au moyen âge , alors que
les barbaries de rignorance les persécutaient impiloyable-
ment par toute l'Europe. Rome offre encore aujourd'hui un
abri protecteur au peu)de ennemi de sa foi. Ce peuple a, dans
Home même, une synagogue et un quartier où il peut forcer les
propriétaires des maisons à le recevoir; et cependant il a la liberté
ifen sortir pour habiter le reste de la ville. Il n’est tenu alors
' Univers Israélite, p. 416; novembre 1864.
- Pat^-L. ■ " J
î99
CHAPITRE NEUVIÈME,
qu'à observer les règles générales de la police religieuse de
la cité , dont il est affranchi tant qu'il rate dan» le faubourg
qui forme ton domaine, (l’est un des nombreux bienfaits de
Pie IX que l’abolition de plusieurs entraves, motns lourde*
cependant que celles qui pesaient encore sur Iqs Juifs au
commencement de ce siècle, au ceiure de» cwilitation» prote»-
tante». S’il a pu rester au Ibnd de certaines lois quelques
vestiges d’ancienne .sévérité, qui survivent toujours un cer-
tain temps aux textes mêmes qu’on a détruits, on peut
compter sur la bienveillante sagesse qui a fait l’œuvre pour
la compléier généreusement. Kien ne sera refusé de ce qui
conciliera les droits de la liberté civile avec le respect indé-
fectible et vital de la foi calbolique »
Que dire, entre ces hurlements lugubres du Juif contre
l’épouvantable tyrannie que Rome exerce sur ses fi'ères, le»
martyr» du Ghetto, livrés à d’indicibles souffrance», et ces
afllrmations calmes, sérieuses, plus explicites encore que
celles de M. Tliiers, et que ne craint point de développer îi
la face du monde l’un des hommes les plus indépendanis de
la France, l'un des hommes les plus considérés de l'Europe
au double point de vue du mérite intellectuel et morall Que
dire? Nous taire , nous qui connaissons aussi cette ville de
Rome que tout le monde aujourd’hui connaît, et laisser
parler, après M. Thieis» et M. Sauzet, l’un des plus vaillants
auxiliaires du Juif, l’un de ces écrivains dont le Juif s’esi
déclaré l'admirateur, par la raison bien naturelle que sa
plume déicide s'attaque b la divinité même du Christ :
« Etranger partout, dit avec raison M. Renan, tan» patrie,
San» autre intérêt que ceux de sa secte, le Juif lalmudiste (c’est-
à-«lire orthodoxe) a souvent été un fléau pour les pays où le
sort l’a |)orlé. » Et si l’on veut le connaître, «qu’on songe
au Juif d’Orient, etc., méchant quand il est persécuté, arro-
gant et insolent dès qu’il se sent protégé!... Sans doute la
’ « Les protestants peuvenl aussi louer de la poülûjue éclaink'
de la rour -romaine. » Borne devant l’Europe, par M. Paul Sauzet,
ancien président de la Chambre dns députés, p. 304 a 306, 3* édil.
iiï-tî, J. Lecoffre; Paris, 1866.
300
LES JUIFS.
détestable organisation sociale de l'Orient, depuis la seconde
moitié du moyen âge, est la première cause de ce mal -, mais
l'esprit, que j’appellerais volontiers talmudique, y est aussi
pour beaucoup. Le régime du Ghetto est toujours funeste.
Or, les pratiques du pharisaîsme et du talmudisme faisaient de
ce régime de réclusion une nécessité pour le peuple juif' ! »
Un des avocats de la cause judaïque, M. Bail, dont l'école
est si difTérente de la notre, eût donc, il ii’y a que peu d’an-
nées encore, manqué de sincérité, si, dans son livre écrit
en faveur des Juifs , il n’eût tenu ce langage : ■ Rome mo-
derne offre un spectacle remarquable... Elle donne l’e.\emple
de la douceur et de l’équité, et Ics Juifs d’Italie réclament
eux-mêmes sa médiation avec la plus grande confiance. Dans
tous les temps les Etats romains furent leur asile, et les
Pontifes ont les premiers enseigné la tolérance dont ils sont les
apôtres’. »
Déjà peut-être abusons-nous cruellement de l’évidence?
Un mot cependant nous re$te à dirc^ car, lorsqu’il s'agit de
la reconnaissance que les Juifs doivent au Pontife romain,
qu’ils accablent de leurs plus sanglantes et grossières calom-
nies depuis que le malheur accoble Rome, nulle parole ne
saurait équivaloir à celle que la plus grande assemblée judaïque
des temps modernes adressait en termes officiels non-seule-
ment à la papauté, mais au sacerdoce chrétien. Ce que les
Juifs eu.\-mêmes vont nous affirmer, ils ne le nieront point
sans doute! Et cependant, qui sait?... Mais, ils ouvrent la
bouche, à nous de nous taire et de recueillir la parole des
représentants du judaïsme :
« Les députés de l’empire de France et du royaume
d'Italie au synode hébraïque décrété le 30 mai 1806,
pénétrés de gratitude pour les bienfaits successifs du clergé
chrétien, dans les siècles passés , en faveur des Israélites des
' Archives Israélites, XII, p. 534, 15 juin 1868. Les^rcAiues citent
ce passage tout en le comballanl, bien entendu!
2 Des Juifs au dix-neuvieme siècle, p. 1S5, ou Considérations sur
leur état civil, î' édit. ; Paris. 1816. Voir la noie .V, à la fin du cbap.
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3(11
CHAPITRE NEUVIÈME.
divers États de l'Europe; pleins de reconnaissance pour
l’accneil que divers Pontifes (Papes) et plusieurs antres
ecclésiastiques ont fait dans différents temps aux Israélites
de divers pays, alors que la barbarie, les préjuges et l’igno-
rance réunis persécutaient et expulsaient les Juifs du sein
des sociétés; arrêtent que l’expression de ces sentiments
sera consignée dans le procès-verbal de ce ionr. pour qu’il
demeure à jamais comme un témoignage authentique de la grati-
tude des Israélites de cette assemblée pour les bienfaits que
les générations qui les ont précédés ont reçus des ecclé-
siastiques de divers pays de l’Europe. Arrêtent, en outre,
que copie de ces sentiments sera envoyée à Son Excellence
le ministre des cultes'. »
Cet arrêt fut adopté à la suite d’un discours fort remar-
quable de M. Avigdor (Isaac Samuel), député îi l’assemblée
Israélite par les Alpes-Maritimes. Nous en extrayons le
passage suivant ; « Les plus célèbres moralistes chrétiens
ont défendu les persécutions , professé la tolérance , et
prêché la charité fralernelle. Saint .\thanase, livre I", dit :
" C’est une exécrable hérésie de vouloir tirer a soi par
la force, par les coups, par les emprisonnements, ceux
qu’on n’a pu convaincre par la raison. » — « Rien n’est plus
contraire ’a la religion, dit saint Justin martyr, que la con-
trainte. » (Livre V.) Etc., etc., etc
>) C’est par suite de ces principes sacrés de morale que,
dans différents temps, les pontifes romains ont protégé
ET ACCUEILLI DANS LEURS ÉTATS les Juifs persécutés et expulsés
de diverses parties de C Europe, et que les ecclésiastiques de tous
les pays les ont souvent défendus dans plusieurs États de
cette partie du monde. Vers le milieu du septième siècle,
saint Grégoire défendit les Juifs, et les protégea dans tout
le monde chrétien. Au dixième siècle, les évêques d’Espagne
' Extrait du procès-verbal de la séance du 5 février 1807. — Voyez,
le procès-verbal des séances de l’assemblée des députés français pro-
fessant la religion juive, p. 169 et suiv. Chez Oesenne, 1 vol. in-8°.
Paris, 1 806.
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302
LES JUIFS.
opposèrent la pins grande énergie au peuple qui voulait les
massacrer. Le pontife Alexandre II écrivit a ses évêques
une lellre pleine de félicitations pour la conduite sage
qu’üs avaient tenue à ce sujet; cl, dans le onzième siècle,
les Juifs, en très-grand nombre dans les diocèses d’Uzès et
de Clermont, furent puissamment protégés par les évêques.
Saint Bernard les jléfendil, dans le douzième siècle, de la
fureur des croisés. Innocent II et Alexandre 111 les proté-
gèrent également. Dans le treizième siècle. Grégoire IX les
préserva, tant en Angleterre qu'en France et en Espagne,
des grands malheurs dont on les menaçait : il défendit, sous
peine d’excommunication , de contraindre leur conscience
et de troubler leurs fêles. Clément V fil plus que les protéger,
il leur facilita encore les moyens d'instruction, et Clément Vil
leur acconla un asile a Avignon, alors qu’on les persécutait
dans tout le reste de l’Europe'.
« Mais le peuple d’Israël, toujours malheureux et presque
toujours opprimé, n'a jamais eu le moyen ni l'occasion de
manifester sa reconnaissance pouu tant de bienfaits; recon-
naissance (C autant plus douce à témoigner^ (ju’il la doit b des
hommes désintéressés, et doublement respectables. Depuis
dix-huit siècles, la circonstance où nous nous trouvons est
la seule qui se soit présentée pour faire connaître les senti-
ments dont nos cœurs sont pénétrés. Celle grande et heu-
reuse circonstance, que nous devons h noire auguste et
immortel Empereur, est aussi la plus convenable, la plus
belle, comnae la plus glorieuse, pour exprimer aux philan-
thropes de tous les pays, et notamment aux ecclésiastiques,
notre entière gratitude envers eux et envers leurs prédécesseurs.
Empressons-nous donc, Messieurs, de prohter de celle
époque mémorable; cl payons-leur ce juste tribut de re-
connaissance que nous leur devons; faisons retenlir dans cette
enceinte l’expression de notre gratitude, et lémoignons-leur
AVEC SOLENNITÉ nos sincères remercîmenls jiour les bienfaits
‘ Les Juifs insullèrcnt-ils les Papes, leurs bienfaiteurs, à cause de
col asile que leur offrait le Ghcllo ? etc., etc
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303
CHAPITRK NKUVir.ME.
>
tuccestifi dont ils ont comblé les générations qui nous ont pré-
cédés. »
Ainsi parle le Irès-honorable orateur, et le procès-
verbal se termine par ces paroles ; « L’assemblée a applaudi
au discours de M. Avigdor : elle en a délibéré l’insertiou
en entier dans le procès-verbal, ainsi que l’impression, et a
adopté l'arrété qui le suit : « Telle est rejprcssion de l’as-
semblée , organe officiel de la nation Juive. » Séance du 5 fé-
vrier 1807.
Voici donc un langage aussi noble et clair qu’authentique.
Honneur aux hommes loyaux et nombreux, sans doute, (|ui
le tinrent, honneur ’a ceux qui le maintiennent! Or, ce
que ces Israélites d’hier nous affirment d’une voix si géné-
reuse, les principaux organes de noire judaïsme oseront-ils
le nier aujourd’hui.^ Pourquoi pas? et qui sait? disions-uous
il n’y a qu’un instant. Si cependant quelqu’un s’imagine
que nous sommes excessif, laissons a l’Israélite Bédarride
le soin d’éclaircir le point nnageux.
« Lorsque l’Europe (‘litière était intolérante, Rome
prêchait la charité et donnait des exemples de douceur
envers ceux qui se trouvaient hors dn giron de l’Eglise. Le
n'est pas que le Saint-Siège ait jamais proclamé la liberté
des cultes. Les Papes accueillaient les Juifs daus leurs États,
mais c’était toujours avec l’arrière-pensée de les convertir
au ebristianisme. A cet égard, Rome est aujourd’hui ce
qu’elle était dans le moyen âge; elle tolère les Juifs dans
son sein , mais ce n'est que pour qu'ils puissent servir de preuve
vivante de la vérité du christianisme ' ; ce qui amenait â dire
que, si les Papes veulent convertir les Juifs, ils ont intérêt
à en laisser subsister quelques-uns' . »
' Là serait donc une preuve de cette vérité, aux yeux mêmes des
Juifs I
^ Les Juifs en France, en llalie, etc., p. 423, 2' édit. ; Paris, 1861.
J. Bédarride, ancien bâtonnier des avocats, cour impériale de Mont-
pellier, chevalier de la Légion d lioiiueur, iiiairo d'Aix, etc. V'oir son
eloge par M. Borély, ancien procureur général à la cour d’Aix, son
compatriote, Israélite; et l'éloge de M. G. Bédarride, avocat général en
cour de cassation, Israélite. Arch. israéUles.p. 21 ; 1“' janv. 1S69, etc.
3U4
I.KS JUIFS.
Laisser subsister quelques Juijs, et se conserver un échan-
tillon de la nation juive, tel fut, d'après le langage d’Israël ,
le but de la bienfaisance apparente de l’Eglise; et les bien-
faits de ces Papes , que tout h l’heure la solennelle assemblée
du sanhédrin remerciait en termes si vifs, ne s’étendaient
point au delà des limites de cet égoïsme religieux! Nous
voyons avec quelle facilité se dédit la reconnaissance chez
le Juif même qui s’est dégagé des liens de l’orthodoxie
talmudique ; nous voyons avec quelle aisance il renie sa propre
parole : la parole ofricielle de ceux dont il alfirme au betoin
que la bouche exprime sa pensée, le vœu de son cœur!
Voilà de quelle sorte, en un mot, l’un des hommes éminents
du judaïsme mesure sur son propre cœur le cœur et la
charité des Papes.
Mais ne nous imaginons point en être quittes, avec de
tels appréciateurs, pour des paroles d’une si cruelle séche-
resse-, ne nous figurons point que ce langage soit le seul
qui fasse retentir contre l’Eglise les calculs de l’ingratitude :
non, et de toutes parts éclatent en Israël ces sentiments
haineux contre les représentants du Sauveur des hommes,
contre ces chefs du sacerdoce chrétien qui furent dans le
cours des âges les protecteurs et les sauveurs de la nation
juive. L’un des organes français de cette nation revient à
la charge sur le même point, et nous le suivrons d’une atten-
tion soutenue, car chacun de ces traits est un trait du carac-
tère judaïque.
On dit n qu’Israël doit de la reconnaissance à la Papauté
|K)ur l’avoir accueilli lorsque tant de peuples l’avaient banni.
Nous nions celte reconnaissance. Les Papes toléraient, désiraient
les Juifs à Rome, pour avoir en eux des trophées vivants et
éternels, pour montrer, dans leur abjection et leurs mal-
heurs, une preuve éclatante, du christianisme triomphant; pour
enseigner aussi aux princes et aux peuples qu'on u’a pas
besoin de traiter les Juifs comme les autres hommes, et que la
divine loi : Aime ton prochain comme toi-même, ne leur est
pas applicable. Car si les Papes avaient agi par humanité.
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CHAPITRE NEUVIÈME. 303
par devoir religieux ou social, auraient-ils imité ou taUsé
traiter les Juifs avec tant de cruauté et de violence? »
« Les Juifs ne doivent pas plus de reconnaissance à la
Papauté, que le prisonnier n'en doit à son geôlier. Sans doute
la réunion des notables Israélites ii Paris, en 1807, a fait
une manifestation a l’éloge de plusieurs Papes, et rappelé
leur bienveillance pour les Juifs ; mais n’était-ce pas uniqie-
MENT pour déterminer les catholiques du monde entier h
cesser d’opprimer nos frères, et non pour proclamer des faits
dont l'authenticité est si discutable?
» La manifestation des notables était un acte politique
d'une grande habileté' !... »
Eh quoil ce sont les Juifs eux-mêmes qui veulent nous
contraindre à ne voir dans l’acte de justice et de reconnais-
sance dont nous faisons honneur aux représentants de leur
nation qu’un acte de ruse et de fourberie! Leur parole n’est
pas douteuse, ’a coup sûr. Eh bien, après leur avoir prêté
l’oreille, laissons deux actes de la Papauté nous dire avec
quelques développerâents s’il y a plus de justesse dans la
triste et ignominieuse interprétation de ces Juifs que dans
la simple et noble déclaration du grand synode hébraïque.
Nous choisirons, afin de faire la partie belle aux amis de la
nation juive, deux époques réputées barbares.
Les Juifs, lors des trois premières croisades, « avaient eu
à craindre ou b souffrir; dans la quatrième, ils furent tran-
quilles. Le pape Innocent III tïtbieur égard, en l’année I21C,
une ordonnance... qui nous fait voir .sa conviction sur les
véritables rapports des Juifs et des chrétiens. Ils sont en
effet, dit-il, les témoins vivants de la véritable foi chré-
tienue. Mais le chrétien ne doit pas les exterminer, ni
même les opprimer, pour qu’il ne perde pas lui-même la
connaissance de la loi.... Quoiqu’ils aiment mieux persister
dans l’endurcissement de leur cœur, que de chercher b
comprendre les secrets de leur loi, et b parvenir b la con-
naissance du Christ, Us n’en ont pas moins droit à notre pro-
' Univers israélile, VII, p. S93-i; 1867.
iO
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306
LES JUIFS.
lection. Ainsi, comme ils rcclameiu notre secours, nous les
prenons sous l’t’tçide de notre protection... Et, suhaiU les
traces de nos prédécesseurs d’heureuse mémoire : de Calixtc,
d’Eugène, d’Alexandre, de Clément et de Célestin, nous
défendons à qui que ce soit de forcer un Juif nu baptême, car
celui qui y est forcé n’est pas censé avoir la foi. Mais, s'il
consent à le recevoir, que personne n’y mette obstacle.
Aucun chrétien ne doit se permettre des voies de fait a
leur égard', ni de s’emparer de leurs biens, ou de chanqcr
leurs coutumes sans jugement léjal. Que personne ne les
trouble dans leurs jours de fêtes , soit en les frappant, soit en
leur jetant des pierres; et que personne ne leur impose pen-
dant ces jours des ouvrages qu'ils peuvent faire en d’autres temps * .
' Les voies (ie fait et l'insulte étaient et sont encore d’usage contre
le Juif dans une grande partie des iminen-es Etals où règne le Uoran.
A'ous avons at)oii en Algérie ces oïlieux abus.
L'Eglise respecte donc leurs jours religieux plus qu’i's ne le font
eux-ini'mes . car ils n’obsenenl même plus le jour du .«abbat. Les
chrétiens qui insu'laienl ainsi les Juifs ne faisaient d’ailleurs que leur
rendre la pareille. Lire à litre d’échantillon ce qui suit : lorsrpie les
Juifs « rencontraient ceux d’entre eux qui s’etaient convertis, ils les
insultaient , et souvent même les poursuivaient à coups do pierres
pour les assassiner. » Constantin, I. i, Cod. Th. De Juilœis. - «... Dé-
fense aux Juifs de rien mêler dans leurs fêles et dans leurs diverlisse-
nienls qui fût injurieux à la religion chrétienne et surtout de brû-
ler une croix à leur fête de Mardorhée. » l oi de 408, Honoriiis et
Théüdose. — D. fense « aux Juifs de paraître en public, ni d'ouvrir
les portes et fenêtres de leurs maisons le Vendredi saint et dans le
tcnqis de Pâques, parce qu'ils avaient coutume, en ces jours, d'insulter
ù la piété des chrétiens. » Les gains de l'u'iuro les avaient « rendus
insolents. Us affectaient, pour insulter aux chrétiens, de paraître, la
semaine sainte, plus magnitiquement vêtus que d'ordinaire, cl de la
passer en n jouissances; et ils paraissaient au contraire Instes et en
deuil dans le temps de Pâques. Childebert, fils du grand Clovis, fil
cesser ce scandale par un édit de l’an .*133. qui d fendu aux Juifs de
fiarailre en public pendant le saint temps de la Passion et à Pâques. Il
eur défendit aussi d’avoir aucun domestique ou esclave chrétien... »
Le pajie Innocent III écrit « qu’il était informé que l’on souffrait en
France que les Juifs fissent nourrir leurs enfants par des femmes
chrétiennes, cl que ces malheureux en prenaient occasion de commet-
tre un crime énorme contre notre sainte religion. Que toutes les fois
que ces femmes recevaient le corps de Nulie-Seigneur Jésus-Christ,
à Pâques, ils les obligeaient durant les trois jours qui suivaient les fêles
à tirer leur lait dans les latrines avant de donner à teler à leurs en-
fants. Qu'ils commettaient plusieurs autres abominations qu’il était im-
portant de faire cesser. Il conclut enfin sa lettre par des défenses très-
1 ^Vriniglc
CHAPITRE NEUVIÈME. .107
Ceiix qui contreviendraient ii ces défenses seront excom-
muniés ' ! »
Plus d’un siècle et demi s’écoule, et le plus airrciix des
fléaux, la peste et son désolant cortège de maux, s’est
abattu sur le monde. I^a peste est l’effet du poison; l’air est
empoisonné, les eaux sont empoisonnées, et les empoison-
neurs ce sont les Juifs! ce sont ces implacables ennemis
des chrétiens : voilà le cri de la fureur aveugle, le cri du
désespoir homicide; et les Juifs sont immolés par milliers.
Mais au-dessus des têtes sacrées qui gourmaiident vaine-
ment cette odieuse tempête, il en est une qui la domine;
et cette tête, cette voix puissante qui l’apaise, c’est la tête,
c’est la voix du Souverain Pontife : « Défense, s’écrie Clé-
ment VI, défon.se à tout ch éiieii d'imputer aux Juifs des
crimes dont ils ne sont pas coupables; défense d’attenter à
leur vie; défense d’attenter à leurs biens; défense d’exercer
contre eux aucune violence sans tordre et la sentence des juges
légitimes, défense de les forcera recevoir le baptême. »
La fureur de la populace, un instant calmée, se rallume
avec le fléau; mais Clément, une seconde fois, se lève* :
Non! les coupables ce ne sont point les Juifs; rien ne prouve
leur crime, mais vos meurtres sont détestables. Si vous les
surprenez en faute, (lUC' vos tribunaux rendent justice-,
sinon, que tout évêque se dresse, et, qu’au nom du Saint-
Siège il lance les foudres de l' excommunication contre quiconque
ose inquiéter un Juif,
Ainsi parla l’Église; mais telles étaient les exaspérations
du mal , et telles avaient été les mœurs sauvages d’Israël,
que, hors des Étals où le pouvoir temporel permettait au
Pape de parler en souverain, c’est-à-dire hors d’Avignon et
expresses eux femmes chrétiennes de servir les Juifs, soit comme
nourrices de leurs enfants, ou autremoiit, à peine d’excommunication. »
Exilait de « celte excellente lettre de tîlï, qui a merile d'élre
mise au nombre des lois que nous lisons dans le Droit canon. » Grand
Traité, de la police, l. 1", p. 479-isO ; Paris, 170.5.
' Innocent. I. II, episl. .inî, Rnhrbacher, Histoire universelle de
l'Eglise, t. -WH, p, 157; Paris, ISil.
'^Halles lo-, l juillet; 2', 26 septembre 1.318.
20.
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308
LES JUIFS.
(lu comtal Venaissin, les fureurs homicides et vengeresses
des peuples ne suivirent que trop longtemps leur cours'.
Bravant le flot de toutes les menaces, les Papes, on le
voit ;jar leurs paroles et par leurs actes, ne se bornent pas à
vouloir conserver sain et sauf un échantillon du judaïsme.
11 ne leur suflit même point de rencontrer dans la nation
juive tout entière un témoin vivant de la vérité des Écri-
tures catholiques, dont Israël s’épouvante en se considérant
lui-même! Non, ce qu’ils veulent, ainsi que le voulut et le
voudra toujours l’Église, c’est que, tout en respectant les lois
de chaque État chrétien qui les accueille, les Juifs, affranchis
de toute inquiétude, jouissent en paix de la protection la
plus ample, et de la sereine plénitude de leur liberté reli-
gieuse; cette liberté qu aujourd'hui même la plupart des gou-
vernements chrétiens refusent, au nom des principes du
libéi'alisme, k leurs sujets catholiques.
Mais le Juif a posé devant nous*, il s’est peint dans sa
parole -, il n’a craint ni de nous ouvrir ni de nous développer
son àme-, il nous a , de sa main, donné la mesure de scs
qualités sociales. Nous nous garderons de l’insulter, de le
qualifier, et, simple historien, il nous suflit de poser celte
question : Ses plus implacables ennemis sauraient-ils trou-
ver, pour nous décrire son mépi ^s brutal des vérités qui le
blessent, sa guerre audacieuse aux vérités mêmes qu’il a
reconnues, et son ingratitude envers ses bienfaiteurs, des
paroles qui retombent sur sa chair en traits plus aigus et
plus cruellement trempés que celles qui viennent de se for-
mer dans sa bouche et de se tremper dans sa salive *.
En un mol, le Juif du dix-neuvième siècle, celui qui ne
* Lire le grand Traité de la police, ib., t. I, p. 280, etc. — Id. Rohr-
bacher, Histoire universelle de l’ Eglise, t. XX, p. 350, etc., 1851.
2 a Quand le vent du siècle tourne à rincrëdulité, à la persécution de
l’Eglise, comme de nos jours, le Juif, oubliant l’oppression sous la-
quelle il a vécu si longtemps, et la main généreuse que lui a tendue
rEglise, devient arrogant, insolent, haineux; il remplit le monde de
ses dol^nces; il s’associe à toutes les menées hostiles à l’Eglise, et
devient par son intolérance révolutionnaire le plus inconséquent des
sectaires. » (Goschler, Juif d’origine, Dict. encycl. allemand, suprà, —
CHAPITRE NEUVIÈME.
309
respecte plus qu’à demi le Talmud, ou celui qui vient de lui
tourner le dos, mais qui subit encore le joug des habitudes
nationales puisées dans ses doctrines,' est-il un homme que
la civilisation puisse avouer? Les sentiments qui l’animent
en présence des vérités historiques les plus évidentes, ou
sous Tinfluence des bienfaits dont il est comblé, sont-ils
ceux d’un être dont la civilisation ait dilaté l’âme et amolli
le cœur?
D’autres répondront, si bon leur semble, à ces questions
que les faits ont posées. Qu’une part soit faite cependant,
et la plus large possible, aux exceptions, mais surtout dans
nos contrées; telle est notre invariable règle, et nulle habi-
tude ne nous est plus douce.
p. 453; 1861.) Chaque fois que l’Église a son dimanche des Rameaux,
iaissons-le donc jeter scs vêtements sous les pas du triomphateur et
faire retentir les échos de son hosanna. Mais chaque fois qu’elle prend
le chemin du Calvaire, soyons sur nos gardes, et ne nous étonnons
point s’il lui crache au visage, s’il la frappe à la tête, s’il la charge do
sa croix, et s’il lui préfère Barabbas ou Garibaldi. — Lire les Revues
judaïques sur Garibaldi, etc.
NOTE SUR LES GHETTO.
L’Église « a énergiquement condamné, par l’organe des Pontifes,
les fureurs de ces inimitiés cruelles, alors même qu’elles étaient des
représailles. Elle a couvert de son égide les Juifs tremblants; elle ne
s’est pas bornée à les arracher aux passions populaires; elle leur a
ouvert des asiles inviolables où ils trouvaient la sécurité. C’est Rome
qui a donné l’exemple de cette charité protectrice; elle a concédé aux
Juifs un quartier à part, et plusieurs autres villes ont imité l’initiative
des Pontifes romains. Grâce aux lieux de refuge, les Juifs vivaient
ensemble autour de leur Synagogue, conformément à leurs lois^ sous
l’autorité de leurs chefs spirituels, et ils avaient la jouissance pleine
et entière de l’exercice de leur culte. De là les Ghetto, dont l’origine
se rattache à une pensée hospitalière trop oubliée, trop calomniée de
nos jours. La philanthropie en fait de sombres tableaux, et en déplore
à juste titre la vétusté et la malpropreté. Mais on oublie qu’ils datent
d’un temps où généralement toutes les villes avaient le même aspect.
Âu moyen âge , la civilisation chrétienne ne mettait pas son orgueil à
transformer en palais les fragiles demeures de ce monde Si, avec
les progrès du siècle, on a singulièrement embelli les cités de l’exil
terrestre , il ne faut pas s’étonner que les Juifs n’aient pas suivi ce
310
LES JUIFS.
mouvement. Les Ghetto sont resi(!s stationnaires comme les popu-
lations qui y demeuraient. Ce sont les Juifs qui les ont mainlenus
dans l'état où ils se trouvent; il parait niùnie que des hahilations
d(*labrdes ne leur ditpla’senl point; car, aujourd’hui en:ore ils les
préfèrent à d'autres. Depuis le commenceinenl de son lègne. Pie IX a
mis tous les quartiers de Home à leur disposition, et cependant, ils
s'obstinent à ne pas quitter te Ghetto, et ils y restent voloniairement
atlacliés. Les Israélites commetient évidemment une injustice et une
ingratilude quand ils s’insurgent aujourd’hui contre une institution
qui les a sauvés autrefois *. s
* Queslhn juive, \nr le R. P. Relisbonne, Isracliu- couverli, ]i. 16-17 ; Parii, 186S,
3i
TROISIÈME DIVISION. — NOUVELLE MORALE, NOUVELLES
MOEURS.
Suite. — Tolérance du Juif; ses prétentions, sa présomption née des
défaillances de la foi chrétienne et do la foi talmudique. — Gran-
deurs de son orgueil lorsqu'il compare ce qu’il est depuis qu’il cesse
de croire, à ce que deviennent les peuples chrétiens depuis qu'ils
perdent la foi. — Il se tient pour insulte par les libertés du culte
chrétien. — Curieux exemples. - Appels aux principes de notre
Révolution. — Ses poid< et mesures toujours aulres pour lui que
pour autrui. — Sa manière atroce d’entendre la liberté des cultes. —
Sa miss on. — Pour lui, la liberté du culte c’est la de^t^uetion du
culte chré'tieu. — Loyales protestations de quelques Israélites conlre
ce fanatisme. — Cri de 1 Al emagne contre le despotisme sauvage
du Juif. — L’égalité ne lui sullit p'us; il domine, et veut des égards
exceptionnels. — Exemple curieux et inouï! — Aulre exemple :
Insolence d'Israid contre l'Lmpoieur lui-méme, qu’un instant avant
il appelait son ange, et pourquoi. — Autre exemple : les chrétiens
menacés juscpie dans le for do leurs solennités antiques. — Le
même droit lui permettrait de demander la clôture des églises, et la
suppression du nom chrétien, — Ce qu'est le Juif, cl ce qu’il était
hier; progrès immense, mot de .M. Créinieux. — Devoir de l'Israélite
de_lourner conlre l'Eglise l’étude même de la théologie, et de la
nieitro d'accord avec la philosophie judaïque, qui est celle du dix-
hinticmc siè. le. — Homme ou idée, le Messie judaïque est proche,
il faut que les peuples tombent à ses pieds. — « Jérusalem ville de
l’avenir. » — Le rationaliste Kluber sur le Ju'f. dans son livre Du
droit de la Confédération germanique. — Les théologiens de l Allc-
mague sur le Juif. — Résumé du chapitre, et conclusion.
Au moment où baisse et semble dt'faillir la morale rarac-
idrislii|ue que le chrclien puisait dans sa foi, lorsque la foi
cbrélieiinc était florissante, le Juif sent croître en lui le
CHAPITRE NEUVIÈME. 311
sentiment de sa valeur sociale, qui monte, cherche le jour,
et se développe 1» mesure que s’éteint en lui la fui talmudi-
que, source d’une morale antisociale. C'est pourquoi nous
voyons son orgueil grandir et dépas.ser toutes limites lors-
qu’il se prend à comparer ce qu'il est depuis qu’il a resté de
croire, à ce que deviennent les populations catholiques de-
puis qu'elle» perdent la foi; depuis que, par une juste consé-
quence de cette perte, elles élèvent à leur niveau cet
homme qui, de jour en jour, se fait moralement leur égal.
Ce sentiment de complaisance en lui-même, qui décuple les
forces du Juif, ne s'allirme et ne s’afllche au milieu de nous
que d’une manière trop sensible; et, si peu que nous sui-
vions de l'œil cet être dont rien ne lasse la persévérance
et dont l'audace est indomptable, nous voyons le flot mon-
tant de ses prétentions s’élever, grossir, déferler et frapper,
en l’ébranlant sur tous scs rivages, le roc antique de la ci-
vilisation chrétienne.
Un groupe de quelques exemples pris au hasard sera
pour nous le thermomètre des exigences déjh brutales qui
commencent k se dessiner et à s’accentuer dans le camp
judaïque, et qui bientôt nous étonneront tro|) tard! Hier
encore le Juif, humble et rampant, feignait de trembler
pour la liberté de sou cidte, si largement respecté dans
notre royaume; aujourd’hui ce même Juif, le parvenu du
jour, se tient pour insulté par la liberté du nôtre. Ainsi,
par exemple, les processions de la Fête-Dieu continuent,
comme dans les temps |»assés, h suivre leur cours ordinaire
dans la ville de Marseille : ces processions chrétiennes que
le sultan laitte libres de développer leurs fdes pieuses dans
les rues de Constantinople. Et tout 'a coup voici que, devant
leurs pacifiques bannières, le Juif se sent menacé, se dresse,
s’insurge, et d’une voix tonnante s’écrie : Halte-là! chré-
tien! « ces cérémonies extérieures du catholicisme violent
k notre détriment la loi ; elles outragent souvent et les sen-
timents et même les personnes des citoyens appartenant k
d'autres cultes. » Rentre donc chez toi ; va, cherche l'ombre
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312
LES JUIFS.
(le les églises, et laisse libre au Juif la largeur entière de
la voie publique, le pavé de les anciens rois très chrétiens.
Arrière ' !
La loi de Moïse punit de mort quiconque viole le saint
jour du sabbat*, c’esl-b-dire quiconque ose voler b Dieu le
jour qu’il s’est réservé, convertir en un jour de travail le
jour du Seigneur. Eb bien , ce Juif que nous venons de faire
citoyen, de rendre notre égal, notre pair, ce Juif daignera-
t-il nous permettre l’observation de ce jour qui lui doit être
si sacrée, »i la loi de Moïse est sa loi? Permettra-t-il au chré-
tien de respecter ce jour, que des populations libérales et
protestantes entourent d’un si profond respect? Malheur,
par exemple, malheur, sur le sol libre de l’Angleterre, à l’au-
dacieux, fût-il prince, qui, bravant l’œil du public, oserait
profaner par le travail extérieur ou par des réjouissances
mondaines le repos du dimanche ! Le peuple, insulté dans
sa foi par un tel acte, s’y rendrait sur-le-champ justice.
Mais en France, la loi si dérisoirement observée qui prohibe
le scandale de ce travail, est un scandale pour le Juif; elle
doit être conspuée et chassée de nos Codes si l’on veut que
le Juif se taise. Trente-huit millions de citoyens dont se
compose la population française comptent dans leur sein
soixante-quatorze mille Juifs environ, dont un quart à peine
se soucie de l’observation de la loi judaïque *. Eh bien, de-
vant celle poignée d’hommes il faut que la loi chrétienne et
* La loi du 18 germinal an X ne permet à l’autorité locale d'interdire
aux {^Iholiques les ceréinonic.s extérieure» du culte que si quelque
perturbation de l’ordre public en est la conséquence probable. —
Exception, exemple contraire : Le dimanche 6 juin 1869, à Pari.s, lors
de la procession de la Madeleine, au lever Dieu, l’un des assistants
bravant le public dont l’indignation se maîtrisait à peine, se tint de-
bout, tète couverte, et refusa de s’éloigner. Un vigoureux coup de
poing lui fit tout à coup sauter deux dents; quel était donc ce cham-
pion du saint Sacrement? Un Juif, que la brutalité de ce provocateur
avait exaspéré. Nous admirons non point la vivacité de l’acte, mais le
noble mouvement qui l’inspira, et la liberté des cultes eut en ce jour
un défenseur inattendu I — Lire k Monde et le Droit, etc., etc...,
1ü juin 1869.
* Exode, XXXV, v. 2, etc.
* Lire les Revues judaïques.
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CHAPITRE NEUVIÈME.
313
française s’humilie! Au pilon, au pilori celle loi du diman-
che! s’écrie Juda du haul de ses Iribunes^ car « nos droits
les plus inviolables, ceux de noire conscience et de noire
libre arbitre comme minorité religieuse, » sont violés si
cette loi subsiste ’ 1
Sommes-nous ou non citoyens français , nous, membres et
citoyens de la nation juive} Oui, sans doute! Or, « si les con-
ditions de liberté dans lesquelles vivent les citoyens aujour-
d’hui sont pleines et entières, comment concilier avec
elles l’existence d’une loi qui est leur vivante négation? »
Et que nul ne vienne nous dire : Mais on usera de cette loi
a avec toute la mesure et la modération imaginables.... »
— Non ; « il n’y a Ih ni transaction ni conciliation possibles.
Si on laisse cette loi encore debout, il est permis de dire
que les immortels principes qui brillent au fronlispice de
notre révolution subissent une dérogation, tant sous le rap-
port de la liberté de conscience que sous celui du principe
d’égalité*. »
Tel est le langage de l’homme qui rampait hier k nos
pieds. Maintenant, au nom du principe des lois modernes,
il faut que la loi chrétienne disparaisse. Le Juif le veut, il
l’exige , parce qu’il se prend k y voir une offense a sa loi
religieuse, celle même, ne craint-il pas de nous dire, que
Dieu lui donna par les maiRs de Moïse. A nous donc de
jeter un coup d’œil sur ce jour de repos chez les Hébreux;
à nous de voir si le Juif est en droit de maudire notre légis-
lation; k nous de voir ce qu’il ose au milieu de nous, et,
d’abord, s’il trouverait bon que le peuple chez lequel il
reçoit les bienfaits du droit de cité se permît b son égard
ce que lui, Juif, regardait comme un devoir de se permettre
dans sa patrie judaïque soit contre l’homme de sa race,
soit contre l’hôte accueilli dans la cité de Moïse.
Le septième jour de la semaine, nous dit le législateur
* Arch. israèl., XVI, p. 733, 1867. — Ib., XV, p. 7t7, 1867. —
Id., à bas les crucibx dans les tribunaux, ib., XIX, p. 584, 1869.
2 Archives Israélites, XVI, p. 708-9; 1866.
314
LES JUIFS.
hébraïque, et nous avons eu soin de le rappeler tout à
l’heure, « est le jour du sahhat de ton Dieu. Tu ne feras en
ce jour aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils ou ta fille, ni ton
serviteur ou tes bêles de service, ni C étranger (advenu) qui
sera dans l’enceinle de les villes. Observez mon sabbat,
puisqu'il vous doit être saint...; vous travaillerez pendant
six jours; mais le septième jour est le sabbat, et le repos
consacré au Seigneur. Quiconque (omnis) travaillera ce jour-
là, sera puni de mort\
Peine de mort au travail du septième jour, telle est votre
foi, telle est, diies-vous^ votre loi, qui « n'est suceptible, — et
vous l’ajoutez aujourd’hui meme — ni de conversion ni de
réforme*. » Et, chez les chrétiens, c'est vous, hommes du
talion , c’est vous qui venez crier mort a la loi mourante et
si douce dont le texte n’est plus aujourd’hui qu’un mo-
nument historique du respect que le public portait hier
encore au jour du Seigneur votre Dieu*! Que dire devant
ces énormités, si ce n’est que le Juif entend chaque chose à
sa façon très-pnriiciUiàel Écoutons-le donc nous exprimer
dans toute la candeur de son langage ce que doivent être,
lorsqu’il ne s’agit que du chrétien, la tolérance et la liberté
du culte :
« On ne se borne pas, en Italie, à pratiquer la liberté des
cultes par des faits isolés, sauf 'a la fouler aux pieds si le
caprice ou l’intérêt l’exige; on la proclame hautement; on
eu constitue la base du gouvernement. Les premières lois que
le prince régent a {oubliées dans les provinces délivrées, ont
‘ bible, Exode, xx, 10 , ib., xxxi, 14-15, etc., etc.
- Archives israéliles, XVII, p. 801 ; 1867.
Ajoutons que le Juif n’observe plus, pour ainsi dire, ni les lois ali-
mentaires, ni la loi du sabbat, ni tant d’autres lois religieuses sans
l’observation desquelles il n’y a plus de Juif. Voir, en cet ouvrage,
l’exemple de la violation donnt^e par ceux qui devraient veiller à la
conservation de ces lois : « Le nombre des observateurs du sabbat
est si minimel » Univers israèUte, IV, p. 187, etc.; 1866. — Aussi
quelques-uns ont-ils cherché en Israël à imiter l’œuvre, malheureu-
sement si nécessiure chez les chrétiens, de l’observation du jour du
Seigneur. Univers Israélite, IX, p. 388; 1867. Lire Id., II, 1866;
id., p. 68 à 72, etc., etc., etc.
CHAPITRE NEUVIÈME.
3)5
élé le statut, ta $uppressioit dei corporations religieuses, l’abo-
tiiioii du Concordat, la déclaration de la complète é(;alité des
citoyens de tous les cultes... A la suite de pareilles amélio-
rations, il est facile de prévoir ce que pourront faire nos
coreligionnaires de la Vénétie... Ils sont k même de se
montrer, tout de suite, à la Hauteur des temps nouveau.!-, et
ils apportent un précieux contingent à l’israélitisme du
royaume'. »
Se tournant ensuite vers l’Angleterre, l’organe du libé-
ralisme judaïque s’écrie : « Vous dites que i'biimanité est
arrivée à son âge viril? » cependant « nous n’avons pas
appris que Londres, (pii aime les meetings, ail demandé l'abo-
lition de la Société biblique'!...
El vous, b' rance, a quoi donc s’use votre courage? car
« l'établissement de renégau (c’est-k-dire de Juifs convertis)
dirigé k Paris même par des abbés Ralisbonne et antres
ejusdem farinœ, n’a pas encore été exproprié pour cause d'uti-
lité publique. >» Comment donc! laisser debout dans un pays
libre des institutions que le libéralisme ne peut avouer, et
qui lui font horreur! Eh bien, nous, « tant que le soleil ne
brille pas, nous ne pouvons éteindre notre flambeau... la
mission confiée par Dieu ù Israël est loin d'étre terminée’. »
Devant des textes judaïques si précis, une même question
sort de mille bouches, et, de mille côtés k la fuis, ou se dit :
La liberté du culte, jmurle Juif, dans les pays qui l'accueil-
lent, c’est donc la destruction du culte chrétien? c’est
donc l’assujettissement des i)opulalions aux lois de cette
Révolution que, dans tous les royaumes, son génie domi-
* Archives Israélites, XX, p. 905-906; 1S6G. Au lieu de dire à
l'israélitisme, di.sons à la judaisalion du royaume ; sorte d‘- civilisa-
tion qu’ont entreprise les Soei' lés secrétes, qui ne sont que l'instru-
ment du Juif. La preuve morale en ressort de ce fait qu elles ne pen-
sent et ne veulent que re qu’il pense et ce qu’il veut.
^ Si la loi de Moïse élait votre loi, feriez-vous la guerre aux mis-
sionnaires de celle loi?
^Archives israélites, VIII, p. 363; 1867. Répétons que nos cita-
tions enire guil omets sont littérales; ce qui se trouve en dehors est,
ou l’extrait de passages trop longs, ou ce qui relie le tout conformé-
ment à notre sens général.
316
LES JUIFS.
Dateur inspire et dirige contre la civilisation chrétienne?
Des maisons d’agiotage et d’usure-, des maisons de débauche
et d’orgie, soill et qu’il s’en élève en tous lieux ; les spécu-
lateurs ne manqueront ni pour les tenir, ni pour en assurer
les fonds-, mais, de corporations religieuses, point! Non,
plus de maisons de retraite ouvertes aux existences brisées,
aux cœurs navrés, désolés-, plus de maisons destinées au
défrichement des terres, 'a la culture opiniâtre des sciences,
aux études approfondies de la théologie, et h la perfection
de la vie chrétienne. Les chrétiens dehors! les chrétiens
de toutes sectes ’a la porte de l’édifice sacré de leurs insti-
tutions, et que cet édifice s’écroule sur leur tête! Les textes
sont précis, et ne sont point rares! Voilà donc la liberté que,
chez les peuples chrétiens qui se l’assimilent, daigne
leur accorder le Juif, ce faux fils de la liberté, dont ils ont
eu l’audace de faire leur égal.
Ces flambeaux que le Juif menace de n’éteindre que
lorsque brillera le soleil, ou la lumière, — termes mystiques
à l'usage du monde occulte, et qui signifient la doctrine
des révolutions, — ne sont-ce point là les flambeaux redou-
tables que brandit la philosophie régénératrice disraël?
N’est-ce point là ce qui, de la bouche même de sages et
loyaux Israélites, arrache contre Israël le cri retentissant
de fanatisme ' ? N’est-ce point là l’épouvantail qui force à
reculer et à se retirer de la direction des œuvres israélites
d’honorables membres semblables au savant dont nous
enregistrons les paroles : « Je n'hésite pas à reconnaître avec
peine que les sentiments de la tolérance n’ont pas encore
pénétré parmi nos coreligionnaires autant qu’il le serait
désirable : je crois donc qu’il est dans l’intérêt de notre
œuvre, comme dans celui de ma dignité, de me retirer. »
L. S. Kœnigswater, membre correspondant de l’Instilul*.
1 Univers Israélite, VII, p. 292, et alias; t868.
. 2 Archives israélites, XllI, p. 1055, 1®^ décembre' 1866. Cette into-
lérance perce et so manifeste avec un certain éclat dans le style de
quelques-uns de ces Messieurs, et se manifeste jusque dans les écrits
où ils s’érigent en professeurs de bon ton : Exemple : Le chef du con-
CHAPITRE NEUVIÈME.
Si-
Mais jetons nos regards autour de nous; est-ce que ces
réformateurs de la civilisation cliréiionne ne sont point
ceux qui déjà terrorisent l'Autriche, et dont le farouche
entrain inspire aux Feuilles historiques et politiques de l’Alle-
magne cette page quel'l/m'i’er* Israélite reproduit en la cou-
vrant de ses insultes ; « Il est bien difficile de se faire une
une idée du manège actuel des Juifs à Vienne. Si tous les
Juifs sanguinaires qui entouraient jadis la maison de Pilate
en criant : Criici(iez-le! crucifiez-le! étaient tout à coup
changés en journalistes, tout en conservant leur caractère
de férocité primitive, ils ne pourraient manifester une haine
plus sauvage contre le Christ que ne le fait actuellement la
bande de Juifs qui domine l’opinion publique en la terro-
risant »
B Depuis la fameuse réponse de l'Empereur aux évêques,
une véritable fureur s’est déclarée parmi les Juifs du jour-
nalisme et de la terreur. Des caricatures infâmes repré-
sentant les évêques, et spécialement le cardinal de Vienne,
sont exposées à toutes les vitrines. On excite la populace
d’une telle manière contre le clergé, que l’exaltation pro-
voquée en 1793, h Paris, par les Voltairiens contre le clergé
français, paraît presque un jeu d’enfant. Le Juif règne à
Vienne, et il le montre en déversant sa coupe toute pleine
de colère et de fureur sur l’Église, sur les évêques et le
clergé. Grâce à ces journaux, le peuple égaré est tellement
sistoire central a levé le bâton , etc. , etc. , sur la tète de l'un de ces
Israélites. Le rencontrant dans la rue , il a marché sur lui le regard
chargé d'étincelles de haine, et lui adressant d'ignobles menaces,...
formulées en termes hideux. Ce sont les termes mêmes du plaignant
que nous rapportons. Univers israélite ; V, p. 196-7, 1867. Etlo mois
suivant, il ajoute :
> On nous dit qu’une feuille, connue par son extrême outre-
cuidance, faisant allusion au scandale du 5 décembre, parle de boue
(sic). Cela est tout naturel ; il y en a tant sur les tartines de son
rédacteur en chef! C'est même un des éléments féconds de ses tra-
vaux. Certaines têtes, comme des champs stériles, ne peuvent rien
produire sans fumier;.... Mais nous, qui écrivons avec une plume, et
non pas avec un balai d'écurie, nous ne voulons pas salir nos mains
pour renvoyer à ladite feuille ce qui lui appartient naturellement, n
Univ. israél., VI, p. 279; 1867.
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318 LES JUIFS.
excité, qu’on l’entend proférer dans les rues les invectives
les plus révollantes contre le prêtre qui passe »
U L’égalité qu'il vient d’acquéiir ne suflil plus au Juif ;
il veut être préféré, dominer. 11 n’y a point jusqu’au.x
hommes de talent et d’esprit, parmi les Juifs, qui ne mani-
festent ce désir; et, du plus grand sérieux, ils demandent
des égards exceptionnels pour leur peuple. Lorsqu’on tire
le plus jietit Juif un peu par le bout de l’oreille, tous les
Juifs du ijlobe poussent des cris au sujet de ce traitement ,
de cet attentat brutal. Lorsqu'on se permet l'observation
que peut-être le petit Juif n'a eu que ce qu’il avait mérité,
ou est traité de réactionnaire et d’obscurantiste. L’histoire
des Juifs peut se résumer dans ces mots ; Pendant (juinze
siècles les ebrétiens ont maltraité les Juifs ‘ ; aujourd’hui
les Juifs nous mallraiteiH *. »
Les Juifs, qui forment un corps compacte, une associa-
tion nationale, une famille dont les membres se soutiennent
Tun l’autre à tort et a travers contre tout chrétien, les
Juifs, qui possèdent or, presse, talent, génie, et dont quel-
ques-unes des for’.es têtes exercent un si mystérieux empire
sur les afiiliations maçonniques', les Juifs possèdent par cela
même au plus, haut degré le don de se taire compter, de se
faire redouter, de se faire aduler et combler par les puis-
sants de la terre, et nous les voyons sans cesse user et
abuser de ce don. Places, fonctions, privilèges, honneurs,
tombent donc de tout côté sur la tête d’Israël; et si nous
doutions de la veine prospère qui semble le poursuivre, nos
yeux, en se promenant sur les feuilles piiblii|ues signées
de son nom, devraient en saluer l’évidence. Le Juif lui-
même est donc loin de la nier, sauf aux heures où ses
audacieuses exigences font entendre le cri d’une ambition
sans bornes et d’une insatiable convoitise. « Remercions le
Tout-Puissant, — s’est-il écrié dans ce noble pays, —
d’avoir mis sur le troue un prince (|ui le premier, dans ses
' Pourquoi? Voyez dans nos chapitres.
* Univers israélile, p. Î93-1; 1868.
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CHAPITRE NEUVIÈME.
319
rapports diplomatiques, a déc'ard à l'élranger que la France
ne renfermait que des Français On dirait, en vérité, que
Napoléon III s’est imposé la tâche généreuse de consoler la
race juive des souffrances indicibles qu’elle a endurées dans
le passé, et qu’elle endure encore dans beaucoup de con-
trées prétendues civilisées *! » Ab! gloire et honneur « ’a
notre grand et puissant souverain, qui se place, comme
l’Ange au glaive flamboyant, entre la barbarie homicide et
nos pauvres frères ». Ailleurs, au contraire, « on voit, â la
bonté de notre temps, les persécuteurs, les pillards, des
bêtes féroces babillces en chrétiens et en Européens, monter
en grade et conserver des portefeuilles ministériels ’ ».
a Ilcndüiis aussi grâce â l’administration supérieure, qui,
s’inspirant de si nobles pensées , n’a cessé de nous donner
des preuves de son bienveillant intérêt*»; et, puisque la
circonstance s’y prête, cédons avec empressement à la voi.x
du devoir qui nous appelle à reconnaître un trait véritable-
ment suave et touchant de cette délicate sollicitude, de
cette haute et vigilante protection :
Un jeune homme de sang judaïque fut molesté dans un
collège « par un de ses camarades , qui ne cessait de te traiter
de Juijh toute occasion. Le père alla se plaindre au ministre
de l’instruction publique et demanda protection. Le ministre
se rendit immédiatement dans ledit collège; il fit vue verte
semonce au professeur de la classe, qui n’avait pas voulu
intervenir, et le professeur dut écrire une lettre d’excuse
au père de famille, blessé dans sa religion * ».
... Ainsi donc, une de ces querelles de bambins qui,
d’insultant â insulté, se terminent de toute autre façon entre
élèves de sang français; une de ces taquineries d’écoliers
où les supérieurs ne verraient que maladresse dans leur
* Arch. israèliles.,\n, p. 300; <867.
Univers Israélite, V, p. t03; 1867.
5 Univers israélile, X, p. 433 ; 1868.
* Archives iraélites, Vit. p. 300; 1867.
’’ Archives israélites, XXII, p. 991 ; 1866.
320 LES JLMFS.
intcrvenlion, et laissent à la générosité des camarades le
soin de la jiislice finale, voilà qui, sur-le-cliamp, s’élève
aux proportions d’ime affaire d'f:tat; voilà qui motive la fas-
tueuse et immédiate intervention du plus haut représentant
du pouvoir public, lorsqu’il s’agit... du fils d’un roi? —
non , du üls d'un Juif, qu’un de ses camarades ose ajipeler
un Juif, et qui prend les quatre lettres de son nom pour la
plus intolérable des insultes '!
D’autres lèveront les épaules devant le ridicule qui se
condense dans ce misérable incident^ quant à nous, nous y
trouvons le mérite immense de caractériser la haute et
solide ]iosition du Juif au milieu des simples citoyens de
l’Empire -, nous y admirons l’imporlance, la puissance de ce
persécuté! Comment donc enfin ne battrions -nous pas des
mains à cette insigne démonstration, à cette humble génu-
flexion devant Israël , puisqu’elle nous apprend que les auda-
cieuses exigences du Juif ne savent plus accepter de frein,
puisqu’elle nous révèle que son irrésistible grandeur se
développe en raison directe de l’empressement des forts à
le satisfaire! Et craindrons-nous d’avoir trop dit lorsque
nous le voyons prétendre que l'État lui-même, que la per-
sonne même de son chef, celui qu’il vient d’appeler son
consolateur et son ange, s’incline, s’humilie devant lui, et
rétracte comme une insulte sa parole d'impérial littérateur,
si, dans les hasards de son langage, se rencontre un mot
qui, s’adressant à un peuple chrétien, semble témoigner
' Aussi la tendresse des Juifs pour .M. Duruy esl-ulle sans limite;
elle ne s'arrête d'aitleurs pas à celte cause unique. Deux lignes, dont
nous nous garderons bien de gâler le style , nous permettront d'en
juger ;
« Voyez plutôt cette ardeur, cette activité, ce remuement de
MM. les évêques cl arclievêques français Témoin la guerre achar-
née qu'ils font à M. Duruy, ministre de l'instruciion publique, à
l’occasion rie sa remarquable circulaire relative à l’enseignement
secondaire des jeunes filles; au ministre que la posiérilé bénira,
comme l'admirent déjà tous les hommes de progrès et amis des lu-
mières pour tout ce qu'il a fait de bien et de grand dans le domaine
de l’enseignement public I » Archiv. israél.. Il, p. 68; 186S. — La
postérité (Tu Juif le bénira sans doute, puisque les Archives Israélites
s’y engagent !
t-ii^volr
CHAPITRE NEUVIÈME. 3ïl
d’une croyance chrétienne... Quelqu’un va s’écrier |ieut-clre:
Mills vous rêvez! et quelque malsaine vision hante vos yeux!
Eh bien, l’honorable Israélite Crémieux consent à nous ôter
la parole et a la prendre-, écoutons :
« .Mon cher Guéroult, je viens de lire la préface que Na-
poléon III inet en tête de la Vie <lc Jules César. D’une part,
un système de fanatisme, assez mitigé pourtant; d’antre
part, le devoir pour les peuples, assez grandement présenté
d’ailleurs, d’admettre, selon les époques, les idées de César,
de Chartemayne, de Napoléon I". avaient éveillé toute mon
attention, lorsqu’on poursuivant ma lecture j'arrivai à ces
mots : n Heureux les peuples qui les comprennent! Malheur
h ceux qui les méconnaissent et les combattent! ils font
coMMF, LES JUIFS, ILS CRUCIFIENT LEUR BiEssiE. » Comment
Na|M)léon III a-t-il écrit cette phrase? Où donc l’iiistorien
a-t-il trouvé la preuve historique de celte énonciation ipi’il
formule si nettement? « Les Juifs ont crucifié leur Messie! »
La religion juive, qui, dans les contrées où ses sectateurs
jouis.sent des droits civils et politiques, marche l’égale des
autres religions; qui, dans les contrées où scs sectateurs
subissent encore d’indignes mépris ou d'odieuses persécu-
tions, maintient avec tant de courage son immoi telle vitalité,
1) Im religion juive aVend son Messie.
» LA RELIGION CATHOLIQUE, SEULE, VEUT JUC CC Mcsste, mé-
connu par les Juifs, ait été crucifie par eux.
K .Mais écrire au point de vue catholique la préface de Jules
César! présenter une prétention religieuse comme un axiome
hisloiique! que nous sommes loin de cette large pensée de
Napoléon I" allirmant la religion juive par la convocation
du grand Sanhédrin, et par l'organisation du culte Israélite!
» Nous vivons dans un temps, dans un pays où la religion
et le culte doivent se renfermer dans les consciences et se mou-
voir dans le temple. Qu'un prêtre dans une église, du haut
de la chaire, soutienne V avènement du Messie et l'aveuglement
des Juifs qui l'ont méconnu et crucifié, je comprends celle ex-
pression de la foi catholique, dont le rabbin, dans la syna-
2t
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LES JUIFS.
■JÎJ
gogue, du haul d’une autre chaire, prouvera l'inanité. Mais
que le cliel'd’un vaste eini)ire jette dans une page d'hisluirc
une parole si dangereuse; qu’il dénonce de nouveau h l'uni-
vers, dans un livre qu’on fait traduire dans toutes les lan-
gues, qu’il dénonce surtout à la France, où il concentre
dans ses airains le pouvoir suprême, Vaveugtemen; des Juifs
coujHibles cCavoir crucifié leur Messie, QUAND CE MESSIE EST
JÉSUS-CHRIST ; qu’il ravive cette terrible et douloureuse accu-
sation, que les dots de sang juif qu’elle a fait répandre sem-
blaient avoir étoullée au sein des nations éclairées par le
flambeau de la philosophie, c’est une bien malheureuse
inspiration!
)) Veuillez, mon cher Giiéroult, faire place à mes protes-
tations dans votre journal {l'Opinion nationale). Je vous en-
voie l’expression de ma vieille amitié. Paris, 27 février 18(35.
— Ad. Crémieux. »
« Une chose, observe M. Lechêne, nous a frappé tout
d’abord dans ce défi audacieux jeté 'a la tête de l’Empereur
et ’a la face de deux 'cents millions de catholiques, c’est le
chemin que les Juifs ont fait dans h* monde depuis le jour
ou les sociétés chrétiennes les ont admis dans leur sein cl
leur ont accordé une généreuse jiarticipation aux droits ci-
vils et politiques. Et puisque M. Crémieux cite le Sanhé-
drin réuni en 1807 par Napoléon 1", qu’il [trenne la peine
de relire les procès-verbaux de cette assemblée hébraïque,
et qu’il compare l’Inmilité, la reconnaissance des Juijs d'alors
avec les prétentions inouïes du judaïsme contemporain ‘. w
' « Certes, quand Napoléon 1"' disait au général Bertrand ; » Je me
connais en hommes, et je te dis que Jésus-Christ n'était pas un
homme; » quand il prononça, avec l’accent de la conviction, cette
fiarole profonde, il était loin de prévoir qu'un jour les Juifs, réhabi-
ités par lui, feraient un crimeàson successeur d’airimier cette même
vérité. O puissance de l'or!
» M. Crémieux, émancipé depuis cinquante ans, exige aujourd’hui
que les catholiques, que l'Emnereur lui-méme, renferment leur foi au
fond de leurs consciences ; il défend qu'on manifeste cette foi endehors
du temple... Au train dont vont les Juifs, que sera-ce donc de la
.société chrétienne à la fin du siècle!
» M. Crémieux, pour le succès de sa cause, va mémejusqu’à donner
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CHAPITRE NEUVIÈME. 3,3
Cependant le flot de ces prétentions énormes, devant
lesquelles il faut que le christianisme recule , ce flot grossit
et menace de nous atteindre , non plus même au dehors de
nos temples, mais jusque sous le couvert de nos réunions
chrétiennes, jusque dans le for de nos solennités antiques.
Un pas de plus, et, demain même, défense sera faite au
prédicateur de prêcher la Passion du Christ; mais, sons
prétexte d’ordre public, et dès aujourd’hui le Juif nous
interdit, selon la mesure de scs forces, d’en représenter les
mystères. <
Que si nos paroles, après ce que nous venons d’e.xposcr,
pouvaient encore semhler exce.ssives, ouvrons les yeux'
lisons et jugeons : « En présence de la haute bicmèitlance
que nous montre le gouvernement de l’Empereur,.... nous
SOMMES ÉTONNÉS quc l'autorité supérieure ait toléré derniè-
rement certains spectacles dans les deux départements de
l’Alsace. Les journaux de cette province ont annoncé que la
Société bavaroise de la Vie et de la Passion de Notre-Sei-
gneur Jésus-Christ, a donné une longue série de représen-
tations devant un public toujours très nombreux , dans fa
ville de Strasbourg, où elle fut même bonorée par la pré-
sence des plus hauts dignitaires de l’Église, aussi bien que
par le préfet du Bas-Rhin , le maire, et autres. Cette Société a
donné aussi des représentations à Colmar. Un tel sp<*ctacle
n’est-il pas de nature h réveiller l'intolérance religieuse
peut-être l’antique fanatisme des populations lu moins éclai-
rées contre les Juifs, qu’on leur montre comme lu auteurs de la
mort du Dieu des chrétiens? Nous avons droit de nous défier de
ce genre d’exhibitions »
un^ d"menli à 1 histoire. Il avance que les catholiques seut« recon-
naissent Jesus-Christ pour leur Me-sie. Ignore-t-il qu en ce point les
protestants ne dilfèrent pas des catholiques? *
(Suivent des textes sacr s.}
• t-aiil-il d'autres textes poîir convaincre M. Crdmieux Que les Juifs
VftUf? Pl mnnnhlnc n„i 1/ .*. <> ‘ • *
- . WW .. X, uuvito puui vuiivcimure sa. v
aveug es et coupables, ont crucifir le,ur MessW*
» Paris, î mars 1865, publié le 5 id. Ac
Adolpue Lecuêne. s
* Vnivers israélite, VIII, p. 3i3.4; 1868. Strasbourg entend ces
paroles de tolérance! la ville où les condisciples de Oraoh^ notr*
*1.
LES JUIFS.
Trôs-claireiiicnl ilit, à coup sûr! Mais ce genre d’exliibi-
lioiis clircliennes, ([ue le Juif prétend interdire en pays
chrétien, se répète en tous lieux avec la plus solennelle
publicité chaque fois que nous est prêcbée la Passion du
Christ ; chaque fois que les cérémonies de la semaine sainte
ramènent l’adoration publique de la croix -, chaque fois <|ue
renaissent les augustes solennités du Tombeau , où chaque
année le peuple entier se prosterne devant le corps du
.Messie que les Juifs ont percé de leurs coiiiis. El depuis des
siècles, dans les jours on ce deuil religieux remue les raul-
lilndes, chaque lidèle s’associe aux prières de l'Église contre
ceux qu’elle appelle publiquement alors la pafida ennemu
du Sauveur {pro perfidh Jndœis). Quelle insulte plus grande
au judaïsme'. Comment donc, après l’éclat de ces prodi-
gieuses doléances, comment le Juif s’abstiendrait-il de re-
quérir, au nom de l’onlre et du respect que la Synagogue
est en droit d’exiger de nous, la clôture de nos églises, la
réforme de nos liturgies, la suppression du culte public cl
l’abolilion du nom chrétien! Car celui qui ose se nommer
chrétien ne peut être pour le Juif que le complice d’un
scélérat, que l’adorateur d’un infâme qui le rend infâme
lui-même si l’innocence du Christ est proclamée, et si le
Juif s’associe ’a la condamnation que ses pères ont portée
contre ce coupable. C’est là, nous dit-il à propos de la re-
présentation de nos mystères, ce qu’il ne saurait souflrir s’il
est notre égal; c’est là ce qu’il ne souffrira pas, c’est là ce
qu’il commence à ne plus souffrir!
Certes, M. Crémieux, l'illustre président de V Alliance
hraéliie universelle, et ruu des hauts dignitaires de la ma-
çonnerie, ne l’ignore nullement ce progrès judnïiiiie, celte
marche des choses qui déjà tend à rendre celui qui porte le
nom de chrétien, fût-il ministre d’un empire et fût-il empe-
reur, si souple, si prévenant devant le Juif! Loin de l’igno-
vieille rajiinaisssince, altondaieiit la venue du Messie pour tomber sur
les rlirdliens et les piller. Deuxieme lettre d’un rabbin converti,
p. 319; Paris, I8J7,
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CHAPITRE NEUVIÈME.
3J5
rcr, il le proclame, il s’en glorifie, el nous tenons 'a répéter
scs paroles, car elles deviennent un monument de l'histoire :
« Comme tout est changé pour nous. Messieurs, en si peu
de temps! Quand j'étais enfant. ..je ne pouvais pas traverser
les rues de ma ville natale sans recueillir .']ucl(|uc injure.
Que de luttes j’ai soutenues avec mes poings! Oui, je vous
le dis. Messieurs, je suis orgueilleux des Juifs, et il faut
qu’on me passe ce sentiment de vanité -, car lorsque j’étais
enfant ils me comptaient pour rien *... »
Le Juif ne comptait pour rien-, tandis qu’il faut aujour-
d’hui que les Étals, que les puissances de ce monde, que
les souverains comptent et comptent humblement avec lui.
Mais d’où nous vient cette sinistre merveille.^ — Elle nous
vient des défaillances de la foi chréiienne. IjC chrétien relâ-
ché se figure un peu vite que le Juif, parce qu’il r-nie les
croyances de ses pères, n’est plus un Juif. Elle nous vient
encore et plutôt, cette sinistre merveille, du progrès des
sociétés occultes, remplies de ces chrétiens apostats qui
veulent ce que veut le Juif, c est-h-dire la civilisation judaï-
que, celle que nous donne notre précepteur et notre maître,
le Juif philosophe, le Juif de V Alliance universelle. Cette civi-
lisation judaïque commence donc â prendre ouvertement la
place de la civilisation chrétienne, et le Juif, en conséquence,
de nous crier ; Place au maître! place à celui dont vous sui-
vez les doctrines et qui vous a délivrés des imbécillités de la
foi chrétienne-, arrière la fui qui fit son temps I
Oui, déjà « dans le domaine de la science la lumière
commence k se faire. >■ U ne reste plus guère aux enfants
du progrès qu’à pousser du pied une religion vermoulue, et
le jour de sa chute se fait pressentir. — « Inaugurée par la
savante et spéculative Âllemagiie, la rénovation des éludes
tliéologiques s’acclimate en France, qui, grâce k son esprit
généralisateur et expansif, peut être appelée k faire pour la
synthèse religieuse ce qu’elle fit un jour pour la reconstitu-
tion civile et politique du monde. Et tout Israélite doit éprou-
' Archives israttites, I, p. 13; 1867.
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326
LES J'ÜIFS.
ver le désir de coopérer à cette œuvre ^ où sont engagés ses in-
téi'èlfi les plus sacrés'. »
. (Il faut, on le voit, que, refondue comme le furent par la
Révolution le droit et l’Idstoire, la théologie romaine s'ac-
corde avec la philosophie judaïque^ il faut que la parole
chrétienne se taise; il faut que ceux qui doivent aux leçons
.du'juilaïsme tant de lumières, cessent d’insidter le Juif en
donnant au Christ, igiioi)le et vulgaire supplicié, le nom
sacré du Messie; il faut que, sur un sol où le respect est dû
aux fils de Jacob comme à des égaux, le spectacle de la
croix du Calvaire disparaisse; il faut que la raison de chaque
iudivi^lu donne au monde un Dieu jugé par elle raisonnable ;
il faut (pic le langage proscrive la sottise d’un Dieu incarné,
d’un Dieu rédem[)leur mort sur un gibet; il faut que, d’un
bout à l'autre de la terre, non plus une foi stupide, mais
une croyance hostile au surnaturel, c’esl-'a-dire vraiment
antichrélienne et digne des clartés de la science qui affecte
de s'appeler moderne*, lie et cimente les uns aux autres
les membres de la grande famille humaine! Ilommeou idée,
le Messie que le Juif attend, ce glorieux ennemi du Sau-
veur des thrétiens, n’est point venu, mais il arrive, son
jour approche! et déjh commencent h s’incliner devant Is-
raël les peuples conduits h scs pieds par les Sociétés régé-
nératrices du progrès et de la lumière!... Que l’humanité
tout entière, docile 'a la philoso|ihic de V Alliance universelle
Israélite, suive donc sans hésitation le Juif, ce peuple véri-
tablement cosmopolite y le seul qui le soit et le puisse être’,
et qui dès aujourd’hui gouverne l’intelligence et les inté-
rêts des nations les plus progressives; que celte humanité
tourne enfin les ‘yeux vers la métropole du monde régénéré;
‘ Univers Israélite, V, p. 223; 1867. L’esprit judaüjue, ou anlichrc-
tien, s’est introduit dans la science moderne, et en a souvent vicié les
découvertes admirables, mais sans faire p«1lir une seule dos vérités du
callu.licisme; voilà ce (pie savenl les vrais savants.
~ Nous ne connaissons que la science réelle, sans acception de
date.
^ Voir plus bas, id., pour le Messie.
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CHAPITRE NEUVIÈME.
327
et que celle métropole ne soit ni Londres, ni Paris, ni
Rome, mais Jérusalem relevée de ses ruines, une Jérusalem
nouvelle « appelée à de grandes desiinées »,el qui se Irouve
être « h la fois la ville du passé et de l’avenir*. »
RÉSUMÉ ET CONCLUSION
Des deux chapitres : h Marche du Juif, et Ma'urs iiourelle!:.
Telle est, depuis quelque temps déjh, la parole que fait
retentir le Juif, et la plupart des détails du tableau que ce
chapitre et le précédent viennent d'offrir aux regards se
résument h peu de chose près dans la page que nous allons
emprunter 'a de maîtres écrivains, avant de nous résumer
nous-même.
Un pénétrant observateur, le rationaliste Kiuber, nous
faisait rcmanpier, dans son livre Du droit de la Confédération
gernuinique, « que depuis queb|ue temps, en face du ju-
daïsme rabl)ini(|ue ou du talmudisme, il se formait, {tarmi
un petit nombre relativement encore de Juifs, un judaïsme
réformé ou non rabbinique préparé par Moïse Mendeissolin,
qui professait la croyance en Dieu et la morale naturelle,
mais s’affranchissait du joug du culte cérémonial, des lois
alimentaires du judaïsme, et de la stricte observation du
sabbat. — Ce judaïsme se transformera, selon toute vrai-
semblance, disait Kiuber, en un pur déisme ou en une reli-
gion naturelle, dont les partisans n'auront pas besoin cCappar-
tenir à la race judaïque * ! »
Si, quelque temps après'ces paroles de Kiuber, nos yeux
s’arrêtent sur les Juifs de France et d’Allemagne, déj'a nous
les voyons, en effet, se décomposer en trois groupes essen-
tiellement distincts : les talmudistes, les réformés ou pro-
testants du judaïsme, et les indifférents.
Les talmudistes, nous disent les plus doctes professeurs
de la faculté tbéologique de l’Allemagne, dont le saint
‘ Isidore, grand rabbin de France. Archives israélites, XI, p. 495,
1868.
2 Kiuber, 4® édit., § 516, note 4, Droit germanique.
LES JUIFS.
3«
prêtre Goscliler, d’origine israêlile, a réuni les lumières en
faisceau, « les talmuilistcs, composés de la vieille généra-
tion, des gens de la campagne et de ceux de la plus basse
classe des villes, reconnaisseni l’autorité religieuse des rab-
bins, l’autorité législative du Talmiid, observent scrupuleu-
sement non pas la loi mosaïque, mais la loi rabbinique, ne SC
mêlent aux chrétiens que pour leurs affaires d’intérêt, et
continuent ’a être les ennemis traditionnels de l’Eglise. »
« C’est le nov.vu indestructible de la nation qui
subsistera jusqu'à la fin dans son enlétemenl et dans sa fidélité
à conserver les Kentures. »
« l.es réformés, éclairés, riches, bien élevés, ont secoué
le joug des rabbins, les formes surannées de la Synagogue
et les mœurs nationaUs de leurs ancêtres. Mais irayaiit pas
la foi chrétienne, voulant touicfois conserver leur nom his-
torique et leurs dogmes fondamentaux, sentant la nécessité
d'un culte et le vide des rites purement rabbiniques, ils ont
in\enté un culte réformé dont la langue est toujours l’Iié-
breii et dont les cérémonies sont celles de la tradition, mais
où ils ont introduit de l'ordre, de la décence, un clianl plüs
régulier, l’usage de l’orgue, de la prédication et d’un lumi-
naire brillant, etc., etc, Hors des réunions religieuses, où
les zélés se rendent au jour du sabbat et aux grands jours
de fête, le plus grand nombre une seule fois par an, ils ne pra-
tiquent absolument aucun rite judaïque, et vivent tant qu'ils
peuvent et de préférence avec les chrétiens. »
Les indifférents, dont les rangs commencent à se con-
fondre avec ceux des libres jienscurs, semblables à ceux
« de toutes les religions, ne s’inquiètent ni de la tradition,
ni de la réforme, ni des rabbins, ni des synagogues, ni de
Mo'ise, ni du Consistoire, ù peine de la circoncision! Ils ne
conservent le nom de Juifs que par un respect humain
honorable... Quand l’occasion s’en présente, ils épousent
volontiers des chrétiennes, font sans hésitation baptiser
leurs enfants, et, « progrès remarquable », pratiquent dans
ce cas, à l’égard des croyances religieuses de leur famille.
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CHAPITRE NEUVIÈME. .3Î9
une tolérance qui pourrait servir (l’e.\cniple ii maints catho-
liques de nom. »
« L’émancipation complète des Juifs de France, on les
mêlant à tous les rangs de la société . en les faisant partici-
per n leur itisu à tous les bimfails du clirislianisme , soit que les
enfants reçoivent l’édiication dans les institutions |iuhliqiies,
soit que les plus intelligents et les plus studieux remplis-
sent des fonctions administratives, judiciaires, industrielles,
siègent dans les conseils municipaux, dans les assemblées
législatives, dans les sociétés savantes, ou servent dans les
rangs de l’armée-, cette émancipation civile et politique,
disons-nous, a plus fait pour la conversion religieuse des
Juifs, depuis cinquante ans, que les persécutions et les
exclusions de dix-huit siècles! L’Église a ceriainemcnt reçu
dans son sein depuis un demi-siècle, en France, plus d'en-
fants d’Israël qu’elle n’en a jamais vu embrasser la foi de-
puis son établissement dans les Gaub‘s ' I »
Un peu plus tard, un Révérend Pore de sang Israélite
nous tient ce même langage et nous dit ; « La Synagogue
n’est plus aujourd’hui ce qu'elle était il ÿ o vingt ou trente
ans!... Renonçant ’a ses rites séculaires, elle a couvert sa
luidiié en empruntant quelques lambeaux aux divers cultes
chrétiens. Les observances de la loi sont tombées en désué-
tude; les traductions talmudiques sont inconnues ’a la géné-
ration nouvelle; l’administration du judaïsme, calquée sur
celle du protestantisme, n'est plus qu’une constitution civile qui
varie et se transforme au gré des gouvernements! » Et si nous
comparons « cet étrange mouvement du judaïsme moderne
avec l'immobilité où il est demeuré depuis plus de dix-huit siècles,
ne pouvons-nous pas constater quelque dessein providentiel
sur les restes de Jacob * ? »
' Dictionn. encycl. de la théoloq. cathol. , par les plus savants pro-
fesseur» et docteurs de l’Allemagne, Gosch'er, t. XII, p. 453;186l.
® Notice sur la congn-galion des religieuses de Notre-Dame de Sion,
p. H-ti; tS6î. — Même pensée dans Question Juive, p. 3, etc.;
tShS; brochure imporianle de 31 page» du R. P. Ralisbotine, de
sang Israélite.
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330
LKS JUIFS.
Ainsi donc, l'israélile orthodoxe rend une conijilèle et
aveugle obéissance au Talmud, et ce lalmiidisnnl forme el
formera dans le monde judaïque Viitdesiruciible noyau de la
nation .Mais dans notre Occident, partout où la civilisation
chrélienuc, partout même où la civilisation abâtardie des
peuiilos qui sont en voie de se déchristianiser atteint le
Juif, elle le contraint jour à jour à re|)Ousser les obscénités,
les absurdités el les horreurs doctrinales de ce code tradi-
tionnel et tuprème de la foi. Si donc l'orthodoxie judaïque
trouve quelque intérêt encore ù con.server ton nom dans les
royaumes occidentaux, elle y perd h peu |»rès, et sauf au
bout de riàurope, sa substance pharisaïque, son antique
et rébarbative physionomie, le principe essentiel de sa vie.
Elle n’y est plus qu'une contrefaçon de l’orthodoxie, ou
plutôt qu’un cadavre dont la tiédeur s’éteint, que ré-
chaiilTeut el (|ue cherchent vainement 'a ranimer quchpies
piteux vieillards, objet de l'insultante compassion de leurs
fils.
En consé(|uence de cet abandon du Talmud el de l'opi-
niâtre aveiii'lement du Juif, le protestantisme, ce fléau du
bon sens qu'Israël ignorait hier encore et qu’il salue naïve-
ment du nom de réforme, a vu se lever dans la Synagogue
son aurore... et déjà touehe 'a son couchant; car la maiche
du réformiste est de nos jours celle du géant! Simple
relique archéologique, le Talmud reçoit encore, il est vrai,
son coup de chapeau, mais jtour recevoir aussitôt après le
coup de pied qui lui signifie sa déchéance el l’ère naissante
de ses humiliations. La Bible déjà n'élail plus h scs yeux
qu'un livre de symltolcs ou de fables, et voici maintenant
que .sa religion, (|uitianl les célestes hauteurs, est réduite
à s’intituler banalement le progrès, la marche en avant dans
les voies de la raison! .Au nom de la liberté et de Végnlité,
chacun dès lors s’approprie également celte raison , jirétend
l’héherger en lui tout entière, devient l'interprète suprême de
‘ Jusqu'au jour de sa conversion au christianisme.
Dii'ii, -M'y Google
331 '
CHAPITRE NEUVIÈME.
foi, et de quelque façon que ce chacun raisonne ou dérai-
sonne, cet ensemble confus, ce chaos forme la foi commune,
s’il en reste une en Israël! l.a /ibre pemée se confond en con-
•séquence chez le Juif avec la'religion, ce qui équivaut, en
bon français, h cette absurdité : que la liberlé de la pensée
se confond avec la pensée soumise à la foi.
Et quiconque est libre penseur, c’est-à-dire quiconque
pense ce qu’il veut, fi'it-ce vingt-quatre fois le contraire en
vingt-quatre heures, peut se dire ou rester Israélite; il est
reconnu membre de la grande fraternité, digne d’adorer
dans les temples d’Israël et de reposer dans sa terre sainte-'
Ainsi l’a proclamé dogmati(iuement le grand rabbin de l’un
des royaumes de l’Europe.
Voilà donc Israël, ce peu])lc hier encore partout si sem-
blable à lui-même, réduit, dès (]u’il s’éloigne du Talmud
sans se réfugier dans l’Eglise du ( brist, à se proclamer
libéral, ibilosophe, libre iienscur et religieux à la fois.
O miracle dos temps! le voilà r('duità se donner pour centre,
sous le nom iV Alliance israélile iiiiiverurlle , une association
dans laquelle tout homme de toute religion est en droit
d’apporter, pour en former un fonds commun, toutes les
croyances et toutes les incrédulités dont il s’éprend!
Il est vrai que ce centre oi’i sa religion se noie le rend mdtre
d’un monde où sa croyance, et par conséquent ses mœurs,
ont désormais perdu toute fixité , toute boussole, et ([iie ses
machinations antieliréticnnes ont formé de longue date à son
image. Or ce monde que nous voyons aujourd'hui le Juif som-
mer avec arrogance de se dépouiller des derniers restes de
sa foi , de se jeter dans ses bras et de lui témoigner son
admiration, ses sympathies et ses respects-, ce monde, qui,
loin de s'indigner de ses prétentions, répond docilement à
sa voix, est celui de la grande Révolution mise au jour par
la philosophie du dix-huitième siècle, dont nous venons de
voir le Juif revendiquer la gloire; c’est le monde de la
grande idée messianique, le monde qui, sapant les insti-
tutions chrétiennes, appelle les peuples à fonder en commun
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33i
LES JUIFS.
une religion liumanitaire , où l’iiorame, débarrassé d’un
Dieu qu’il ne peut comprendre et auquel il refuse d’obéir,
devient à lui-même son propre Messie.
NOTE se rapportant à la page 300 de ce chapitre.
Voici ce que, l’an 1771 , nous disent du Ghetto d’Avi»non, ville
papale, les Essais hislorigues et critiques sur les Juifs anciens et
modernes : a Les Juifs ne. sont tulJrés que dans une partie de la France,
mais ils vivent tranquillement dans tout le comtal renuissin (appar-
tenant a Home). La juivcrie d'Avignon est un quartier alTecté aux
Juifs, qui y font leur demeure, et qui y sont sdpares des autres habi-
tants. Le nombre de ces Juifs, liommes ou femmes, monte à six cents
personnes environ, tous malpropn s et di'goùlanls. Autrefois, ils ne
faisaient presque pas d’autre commerce que celui de la friperie;
mais, depuis quelque temps, ils ont éte.idu leurs vues sur des objets
plus propres à favoriser leur amour pour la riche.sse. Sous l’appa-
rence de faii-e le maquignonnagi' et de commercer en étoffes et en
toiles, ils sont venus à bout de mettre dans leur déjiendance une infi-
nité d'hunnéles gens qui ont eu le n alheur de trouver chez eux les
premières ressources, et ils exercent impunément, sur ceux qui leur
sont redevables une tyrannie d'autant plus affreuse qu'ils sont plus
luibiles à imposer le joug par degrés. »
« Les habitants d’Avignon et ceux du eomiat Venaissin ne sont
pas les seules victimes des Juifs. Ceux des provinces voisines, et sur-
tout de Provence, en augmentent le nombre. Il faut cependant que
les Juifs soient bien entreprenants pour oser établir leur empire en
Provence, car les arrêts de règlement du Parlement d'Aix des 12 et
tO mai 1660, 8 mai et Î8 septembre 1696, et 11 septe.mbre 1697, leur
défendent rxrpres.vémeiitdelréquentcrcetieprovineerjpefnedu/'ouft'...»
Lorsque du fond do leur juiverie, ou de leur Ghetto, une poignée
de Juifs infimes peuvent exercer un si cruel despotisme sur la popu-
lation de plusieurs provinces, et braver impunément les peines les
plus ignominieuses, de quel côté se trouve la tyrannie, de quel côté
les martyrs? Mais plus ces Juifs garrottent et pressurent les chré-
tiens plus leurs cris contre l'oppression chrétienne déchirent l'air. —
Vile donc, des places au Sénat, des places au Parlement pour ces
opprimés !
T. 1*% preaiière partie, p. S04-2Û5; Lyoo, 1771.
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CHAPITRE DIXIÈME.
PREMIÈRE DIVISION. .VCTION DU JUIF SUR L.V M.VRCIIE DES
CHOSES, OHG.VNIS.iTION DU JUDAÏSME DANS LE MONDE, SES
EFFETS.
Le mol du concile ou synode judaïque do 1869. — La eonstilulimi
naturelle du Judaïsme. — Ce que peut, veut et ose le Juif. —
Grâce aux sociOlés secrèles formées à son image, et dont il est l'âme,
chacun des siens est une maille vivante de I immense réseau qui
enserre le monde. — Rôle des aflidés de leur commerce qui em-
brasse le globe. — Celle organisation née d'cllc-méine. — Néces-
si;é d’y supph er plus lard par des assoeiaitons arlilicielles. — So-
ciéin demi-patente, V Alliance israélite universelle olfre aux Juifs un
lien qui les unit en lous lieux; société oiculte, la franc-magonnerie
joue parallèlement le même rôle. — Rien n'ei happe dans le monde
social à ce multiple réseau dont les hauts cabalistes du judaïsme
sont les maîtres. — Noyau peu nombreux des vrais initié.s. — La
consliiution judaïque de la franc maçonnerie place en major ilé dans
ses hauts conseils des Juifs rnitiés et rnitralerirs. — Ces sociétés
n'rmt d’antre but que le trionrphe des idrms judaïques, qui sont les
idées modernes- — llehors séduisants de ces Socimés. — Trahisons
et indiscrétions qui démasquent le Juif. — Le Juif et les loges. —
Loges juda’iques; c’est la que se réunissent lous les fils de tous les
événemenis ri’volulionnairesqui couvent dans les loges chn liennes.
— Instruclirm-. — Aveux précieux. — Même action judaïco-ma-
çonnique dans le nouveau monde. — Le mystère maçonnique est
indispensable à la Synagogue au sein même des rêpirbi ques les plus
libres. — Mol de Kluber. — Antagonisme inévitable eiilro le
judaïsme el les Etals chrétiens. — Le triomphe du Juif sur la civi-
lisation chrétienne est l’inévitable résultat de cette lutte.
Le 29 juin 1869, c’est-'a-tlire l’année même du concile
œcuménique convoqué par le Chef de la chréiienté , le pre-
mier concile du judaïsme s’es lotivcrt à Leipzig, sous le titre
de synode israélite. Il a siégé plusieurs jours, sous la pré-
sidence du professeur l.azarus, de Uertin, el de deux vice-
présidents : le rabbin Geiger, de Francfort _ el le cbevalier
Joseph de Werlbeimer, île Vienne. Deux grandes fractions,
les Juifs réformistes el les oriliodoxes, tenaient la balance
dans ce concile, où figuraient les représentants de l’.\lle-
magne, de la Russie, de la Tiirtpiie, île IWiilrichc, de l’An-
gleterre, de la France, des Pays-Ras, etc., clc.
Nous donnons pour épigraphe ’a ce chapitre les paroles
suivantes, auxquelles nous ramènerons souvent l’esprit du
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3.U I.ES JUIFS.
lecteur. Elles font partie d’une pro|)osiliün qii'j fil le docteur
I*liili|)pson, de Bonn, que recommanda M. le grand rabbin de
Belgique Astrue, et qui fut adoptée du concile pur acclamation :
c; l.e synode reconnaît que le déoeloppement et lu réali.sa-
lion des princi|)OS modernes sont Us plus sûres garanties du pré-
sent et de l'arenir du judaïsme et de ses membres. Ils sont les
conditions les plus énergiquement vitales [lour l'exislence expan-
sive et te plus haut développematt du judaïsme. »
l.es principes modernes, dans la politique et dans la
science, sont ceux de la libre pensée révolutionnaire et
maçonnique, dont V Alliance hraélite. vniverselle et M. le
grand rabbin Astrue viennent de se déclarer devant nous
les patrons parce qu'ils Jiidaïsent le monde, parce qu'ils
préparent l’avenir du judaïsme, c’est-à-dire répo(|ue M s-
sianique (]ue nous promet V Alliance universelle et que nous
ne tarderons guère à décrire. M. Kubn, le- publiciste , a
donc raison de s’écrier ; u Cette revendication des principes
modernes en faveur du judaïsme est des plus humiliantes
l>our nos démocrates, en face desquels les Juifs se dressent
maintenant comme les véruahlcs chefs de file du progrès. La
domination des financiers juifs sur les hommes du progrès
SC trouve ainsi expliquée et justifiée. » Kulin,22juillet 1869.
Ces choses dites, laissons parler notre chapitre.
Si le Juif, tout en se libérant de sa foi, conserve cl main-
tient avec un soin jaloux la bannière de sa religion , ce der-
nier refuge de sa nationalité; s'il étend par anticipation sa
main sur le monde; s’il continue de croire, — et ses prin-
cipaux organes nous l'affirment, — à des temps Messianiques
qui le rendront un jour le peuple souverain cl l'arbitre des
peuples, un intérêt énorme s’attache à savoir quelles sont,
au milieu des nations chrélicnucs, la nature et la variété
des moyens d'action que possède le Juif sur la marche des
clioscs, sur le maintien ou la transformation de l’ordre social
européen, que, pour le moment encore, nous trouvons partiel-
lement assis sur les antiques et solides croyances de nos pères .
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CHAPITRE DIXIÈME.
335
Voilb donc ce que nous allons, page à page, demander h
ce chapitre, et peut-être nous dira-t-il ce que le Juil'/jcin,
veut et ose, grâce â la force dont jouit Israël en fornnant des
membres épars de sa communauté un État panicutier dans
le sein de chacun des États de ce mon<le; grâce au secours
que lui prêtent des associations composées d’hommes de
toutes croyances, ou plutôt de toutes les incroyances ima-
ginables-, grâce à l'empire qu’il exerce sur des sociétés dont
quelques-uns de ses chefs sont l'âme secrète, et dont l’ori-
gine remonte aux traditions les plus intimes de l'occullisme;
grâce à l’art, où nul ne l’égale, de faire travailler ces sociétés
â son profit; grâce â l’immensité sans cesse croissante de ses
richesses; grâce à l’instinctive habileté qui le caractérise
de savoir soulager de leur or tous les peuples; grâce aux
leviers qu’il se forge de cet or pour soulever et mouvoir
l’opinion '; grâce encore â la prodigieuse flexibilité de ses
aptitudes, grâce â rinllexihiliié de son vouloir, â l’impertur-
hable tenue de sou esprit, â la supériorité de son intelli-
gence partout où les questions religieuses ne font point de
cet Argus un être â part dont les yeux ont la propriété de tuer
la lumière; grâce enfin aux singuliers et merveilleux privi-
lèges de sa nature physique, qui fait de cet homme l’homme
unique, formé pour braver impunément les climats les plus
opposés de la terre, et se créer de tout sol une patrie : c’est-
â-dire pour donner dans sa personne l’unique échantillon de
l’espèce humaine qui puisse, sans mentir îi la vérité scien-
tifique, s’intituler cosmopolite, ou citoyen du monde entier’.
l'n soutlle irrésistible et mystérieux pénètre aujourd’hui
l’éducation de l’homme que nous appelons libéral; et ce
souille, ce n'est déjà plus celui du ministre de la religion â
qui le fondateur, le restaurateur de la civilisation, le Christ’,
a dit : Allez et enseignez tous les peuples. Non! loin de là;
ce souffle est l’esprit de ceux qui, fauteurs ou flatteurs des
' Si souvent la reine des sols!
- Voir en ce cliapilre plus bas.
a Insluurare omnia in Cbristo.
336 LES JUIFS.
rëvolulions, s'intiliileiU de leur propre bouche le .sacerdoce
de la presse-, dociles instruments, ou directeurs pour la
plupart, et dans la plupart des États de l'Europe, du con-
seil des sociétés secrètes, dont un conciliabule, où le Juif
domine, est l’inspirateur secret et suprêmel
Or, l'éducation qui transforme le chrétien en fidèle de la
grande communauté révolutionnaire, — et peut-être le cha-
pitre qui précède nous permet trait-il de dire judaïque, —
commence par lui inculquer des principes auxquels les
moyens de communication moderne ont donné la plus
incroyable force d’expansion.
L’égalité, nous disent ces principes, est la loi suprême
des êtres intelligents-, elle est la seule que le juste senti-
ment de leur dignité leur permette d’accepter sans dé-
chéance. Tous les hommes ne sont en définitive que des égaux ;
tous seyaient les uns les autres, et, par conséquent, un
.Anglais ne doit être pour un Erançais que l’équivalent de
tout autre Français, un membre de la même famille
humaine, un frère auquel ni la loi de nature ni les lois de
la raison ne l'autorisent a préférer un compatriote. .Ainsi
sera-t-il <le l’ÂlIemand, ou du Russe, ainsi de l’Asiatique
ou du Juif. Car, aimer son voisin du même pays, aimer son
prochain du même toit, aimer sa province ou .sa patrie d’un
amour i)rivilégié, c’était l'a le fait d’une âme étroite, d’un
es[>rit illihéral et sans grandeur. L'homme véritablement
digne du nom d’homme cesse aujourd'hui de voir sa patrie
dans une bande de terre limitée; il la voit dans l’espace
sans bornes <lu monde habitable; et ceux (jii'il appelle ses
frères, ce ne sont |toint les simples rejetons d’un simple
rameau de la race humaine, ce sont les hommes de l’huma-
nité tout entière. Tout pays, toute famille, tout peuple,
aura sur son cœur un même droit, et le seul nom dont il
ait 'a se glorifier, le seul qui doive flatter sa raison est celui
de cosmopolite, c’est-'a-dire de citoyen du monde entier'!
' Si tous les hommes sont frères, comme le dit dans un .‘cns con-
forme aux intérêts do l'oidre social l'Ecriluro sacne, il n'existe sur
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CHAPITRE DIXIÈME.
337
Telle est ou devienl la dominante de la pensée moderne,
au milieu du concert des voix libérales. Et si l’homme,
ainsi que le répètent de tous côtés les organes de la Révo-
lution , doit être comopolite; si les peuples réunis d’abord
en corps de nation , doivent s’unifier ensuite et ne plus for-
mer qu’une famille, une république universelle %t unique,
empressons-nous de signaler une conséquence rigoureuse
qui naît, qui découle de ces prémisses, et qui nous suit pas
b |>as : c’est que l’homme est , ou que tôt ou tard il doit
être et sera le subordonné, le sujet du Juif.
Et [Kiurquoi le sujet? Ab! si ce mot interrogatif nous est
adressé, les yeux de celui qui nous interroge ne sont pas
encore ouverts, et, dès lors, ne craignons pas d’étonner le
lecteur en aflirmant ce que nous ne démontrerons que tout
k l’heure : c’est que, seul entre tous les peuples, le Juif est
citoyen du monde entier; c’est que, seul, il inscrit en tous
lieux sa naissance sans que la terre ait une latitude h la-
quelle il soit permis de lui être marâtre-, c'est que, seul, il
se mêle h tons les peuples et sans jamais s’y confondre;
c’est que, seul, par conséquent, il représente un peuple tou-
jours le même dans le sein des autres peuples; c’est, en un
mot, que la nation juive, s’il lui plaisait de tirer des délégués
judaïques de tous les points de l'horizon, et de former de
ces élus un vaste congrès, pourrait, à elle seule, représenter
tous les intérêts, tous les idiomes, et toutes les nationalités
de la terre! Et, dans ce sens, parfait représentant du globe
entier, elle ferait voir dans chacun des siens une maille
vivante de l’immense réseau qui doit, en réalisant ses espé-
rances, enserrer un jour tous les hommes.
Couverte par une invisible protection, que l’Église et la
Synagogue ont chacune à leur point de vue nommée mira-
culeuse, la nation juive se trouva préservée du naufrage qui
terre qu’une race unique, proveuanl d’un même père. Or, l'école libé-
rale pres(]ue tout entière soutient le contraire , dans son inconsé-
quence, afin d’attaquer ce qu'établit la parole biblique ou divine,
c’est-à-dire l'unité de la race liumaine!
a
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LES JUIFS.
devait rengloiitir dans les Ilots sans cesse tourmentés de
cette mer qui forme la multitude des peuples. L’éternel
mouvement qui l’y ballottait l’y soutint au milieu des
populations exaspérées contre scs mœurs nationales par-
tout où le Talpmid resta sa loi. Courbés dix-huit siècles
durant sous le poids de la haine et du mépris, ces Gis de la
disper-sion se formèrent donc, comme par la force des choses,
en une immense et compacte société que le soin de son
salut, et que des espérances inhérentes b sa foi, discipli-
nèrent sous la lui rigoureuse du secret. Entretenant du sein
de cet océan des peuples, au milieu duquel apparaissaient
leurs tètes éparses, des rapports de religion, d’affaires et de
nationalité , qui de chacun des divers pays habités par eux,
les liaient les uns aux autres, ces frères, qui eussent perdu
le titre de citoyens juifs s’ils se fussent écartés de leur foi
judaïque, épiaient d’un œil sagace et tendu tout incident
propre b servir leurs farouches instincts, tout événement
apte b soutenir la longue, l’infatigable attente de leur race.
La grandeur et l’ubiquité de leur commerce, la dévorante
et la secrète activité de ses affidés, devenus pour eux le seul
et infaillible moyen de se concerter et d’agir, portaient des
uns aux autres, avec le silence et la rapidité de l’oiseau
nocturne, le mot d’ordre dont la magi(|ue puissance établis-
sait b la fois sur tous les points du monde la pensée com-
mune et l’action d’ensemble'. Ainsi donc, du milieu des
peuples qui l'abhorraient, Israël gémissant de la faiblesse ap-
parente que lui causait sa dispersion, couvrait-il la face entière
du globe d'une famille de frère», d’une affiliation sacrée
dont chaque membre, serviteur de tout autre membre,
puisait sa force sur le tronc commun; image grandiose de
ce polype géant qui, dans le sein des mers, livre aux cou-
rants dont le Ilot l' agile et le nourrit, ses innombrables ten-
tacules et ses inévitables suçoirs,
• Le récit de l’enlèvement des enfants do Drach, opéré de nos jours,
et que nous avons rapporté, suffit i donner une idée de cette organi-
sation naturelle et mystérieuse d’Israël.
CHAPITRE DIXIÈME. 339
Celle organisation du judaïsme naquit en quelque sorte
d’elle-méme -, elle fut de tous les siècles, et parut suffisante
aux intéressés jusqu’au jour où les liens religieux, en se
relâchant, entraînèrent le relâchement des liens de la na-
tionalité judaïque. Ce fut alors que les moyens artificiels ,
créés pour venir en aide à ceux qui s’étaient formés de la
nature des choses, réclamèrent rattenlion sérieuse des
chefs ou des grands meneurs de la nation -, et les sociétés
de l’occultisme, au sein desquelles nous allons apercevoir
dans un instant l’infiuence et l’action du Juif, furent le
moyen par excellence. L’une d’elles s’organisait h ciel demi
ouvert, et formait le plus universel des liens, c’est-h-dire
une société de défense, d’attaque et 'de propagande dont nous
avons entrevu tout à l’heure, sous le nom à' Alliance îsraélite,
l’insidieuse texture. Douce d’une constitution plus active et
plus militante que celle d’un peuple dispersé, cette alliance
semble au premier coup d’œil n’en être qu’une inutile
variante, qu’une doublure insignifiante. Mais, ouverte aux
rêveurs, aux transfuges et aux contempteurs de tous les
cultes, elle a le mérite de se prêter à des combinaisons plus
vastes, et d’offrir aux éléments étrangers dont elle prépare et
réalise l’assimilation, des cadres d’une élasticité sans bornes.
Elle aide les hommes progressifs d’Israèl , habiles h parer
leur visage des engageants sourires d’un libéralisme politi-
que et religieux, b se concilier les masses naïves; et, sous
prétexte de servir U la fois les intérêts et les consciences, elle
pose doucement a leur tête les hauts directeurs de Juda.
Elle rapproche enfin quiconque est de sang judaïque de
ces chrétiens de naissance qui sont, mais à leur insu pour
la plupart, les alliés et les sujets du Juif, et qu’elle façonne
dans ses rangs k mêler fraternellement leurs sympathies et
leurs haines à celles des fils de Jacob, dont naguère le nom
meme était pour eux l’expression du mépris suprême.
C’est ce pêle-mêle d’hommes de nuances et de positions
diverses, nourris de préjugés antisociaux , indifférents è toute
croyance ou animés de sourdes haines contre le christia-
22.
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LES JUIFS.
uismo, que la franc-maçonnerie, reine pour le moment des
sociétés de roccullisme, appelle ou déjà compte et réunit
dans son sein : la Maçonnerie, cette immense association
dont tea rare* iniliés, c'est-a-dire dont les chefs réels, qu’il
faut se garder de confondre avec les chefs nominaux, vi-
vent dans une étroite et intime alliance avec les membres
militants du judaïsme, princes et initiateurs de la haute
cabale ' î Car il importe de le réjwter, cette élite de l’Ordre,
ces chefs réel* que si peu d'initiés connaissent , et qu’ils ne
connaissent jwur la plupart que sous des noms de guerre
fonctionnent dans la proOtable et secrète dé[)endance des
cabalistes Israélites. Et ce phénomène s’accom|)lit grâce aux
habitudes de rigoureuse discrétion auxquelles les assujet-
tissent des serments et des menaces terribles ; grâce encore
â la majorité de membres juifs que la mystérieuse constitu-
tion de la maçonnerie assoit dans son conseil souverain.
One si quelque chose de malsonnant offense l’oreille dans
' Lire plus bas le ctiapitre Cabale.
La plus imporlanie oes associations occulles, celle qui, avant de
s’evre laissi pénétrer, commit tant de ravages dans le monde, et que
le sceau du judaï-rae marque de signes impossibles à nier, un savant
adepte nous le dit : c’est « la grande association cabalistique connue
de nos jours en Europe sous le nom de Maçonnerie. » Avant de porter
ce nom tout moderne, elle > apparait tout à coup dans le monde au
moment où la grande protestation du seizième siècle contre l’Eglise
vient démembrer l’unité chrétienne. » Elle tolère toutes les croyances
jiarco qu'elle n’en reconnaît aucune, « et ne professe qu’une seule
philosophie • (Bliphas Lévi , Hisl. de la magie, ibid., p. 399-400.),
celle du protestantisme transcendant. Cette philosophie de la raison
révolU‘0, qui fut des l’origine celle dos hauts initiés de la Cabale, est
celle même que professe île nos jours, à ciel ouvert, l'Alliance Israélite
universelle, ouverte aux mécontents de tous les ctikes.
Quiconque daignera scruter avec quelijue soin la a grande asso-
dlation cabalistique e de la maçonnerie, quiconque étudiera aux
sources historiques son origine et ses principes, son organisation et
ion but, ne verra guère en elle qu’une œuvre audacieuse du judaïsme,
une juiverie artificielle recrutée d'hommes étrangers à la race juive,
et surtout de chrétiens! La plupart de ces chrétiens lui supposent un
but innocent; mais ceux-ci ne sont point les initiés, ce sont les
appeaux. — La Maçonnerie cabalistique a encore un de ses rentres, cl
peut-être son centre primitif, dans la Chaldée, pays natal de la cabale;
elle a un do ses grands chefs-lieu* chez les Druses. — Nous avons traité
ailleurs ces questions... Voir plus bas, chapitre Cabale.
* Tels que Nubius et le juif Piccolo-Tigre.
bv Çooqle
CHAPITRE DIXIÈME. Ui
nos paroles, peu de lignes suflironl a rasséréner les esprits,
et surtout l’esprit de quiconque se donnera la peine d’ob-
server que ces sociétés de l’occultisme n’ont en définitive
d’autre but sérieux que celui des associations judaïques dont elles
ne sont que des variantes à physionomie quasi-chrétienne -,
car la pensée qui les dirige est la même , et nous le savions
avant qu’un accident eôt mis au jour la correspondance des
Nubius et des Piccolo-Tigre; car tout leur labeur se borne,
car toute leur activité s’applique et s’use h la propagation, h
l’éclosion des idées et des faits qui doivent être l’anéantis-
sement de la doctrine du Christ dans les sociétés chré-
tiennes. En d’antres termes, le but unique de leurs cITorts
est la réalisation du triomphe des idées judaïques, procla-
mées sous le nom de principes modernes par Israël lui-même
(«n tête de ce chapitre), et dont la conséquence est l'ère .Mes-
sianique que ses vœux appellent. (Voir plus bas.)
La flexibilité caractéristique des adeptes de l'occultisme
leur permet de se faire tout k tous; l’élasticité de leurs
doctrines s’étend jusqu’au prodige, et leur insidieuse phra-
séologie sait aussi doucement caresser ici le Christ, objet
de leurs sourdes et implacables hostilités, que le conspuer
là-bas. En un mot, les actes des sociétés secrètes dont les
chefs apparents portent des noms chrétiens, se glissent par
cette raison, et sont reçus dans notre milieu social avec une
faveur qui, sous le nom du Juif, sc tournerait en méfiance.
Et , sous le couvert de ces noms honorables , les yeux ras-
surés du vulgaire, loin de saisir l’antichrétienne réalité des
aspirations et des œuvres, se laissent éblouir par les tapa-
geuses apparences d’une philanthropie réelle et sincère chez
l’immense majorité de ses membres, mais aussi fausse que
trompeuse chez ses grands et véritables initiés, chez ses
mystérieux directeurs.
Quelques maladresses commises sous des yeux qui com-
mençaient k s’entr’ouvrir, et au moment où la certitude de
succès entrevus poussait de téméraires adeptes k se dé-
masquer; de nombreuses indiscrétions échappées k l’ivresse
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LES JUIFS.
3i!
d’un triomphe prochain, et dont les lugubres splendeurs
laissaient percer déjà quelques-uns de leurs rayons; des
aveux clairs, des révélations positives, voilà ce qui nous
permet, en dehors de nos données personnelles, d'asseoir
un jugement certain sur le mode et la puissance d'action de
ces hautes sociétés de l'occultisme, où les chrétiens vien-
nent SC ranger par troupeaux sous la main du Juif. Assez
d’avis jetés du haut des toits-, assez de documents épars
dans cet ouvrage même, auront éveillé l'oeil et l’oreille du
public pour que nous nous bornions à ne reproduire en ce
moment que quelques rares et brèves confirmations de nos
pages
Dans cette Allemagne, où les Juifs et les sociétés auxi-
liaires des Juifs SC sont depuis longtemps mis en tête iCuni-
fier les peuples et de les constituer en empire, afin de substi-
tuer plus lard avec aisance, et d'un seul mouvement, a celte
forme de gouvernement celle de la république cosmopolite,
les feuilles histoiiques et politiques de Munich' publièrent
en l'an de grâce 1802, et à l'occasion de la brochurq d'Al-
ban Stolz sur la franc-maçonnerie , les doléances d’un ma-
çon de Berlin. Ces pages, y aflirme-t-on, passèrent sous les
yeux du roi Guillaume; et l’auteur, tout attaché qu’il
est au culte protestant, y signale comme le danger le plus
imminent pour le trône et pour l’autel « la puissance que
les Juifs ont su acquérir par le moyen de la franc-maçonne-
rie, {luissancc qui aurait atteint au/ourd’AMÎ son zénith. »
Il existe en .Mlcmagnc, nous dit-il, — et nous laissons à
chacun la pleine responsabilité de ses paroles, — « il existe
une société secrète à formes maçonniques, qui est soumise
à des ehefs inconnus. Les membres de cette association sont
pour la plupart Israélites; leurs grades et leurs systèmes n’ont
de rites et de symboles chrétiens que pour la forme, et ser-
vent par là d’autant mieux à couvrir leur action. Les Juifs
n’y font usage de christianisme que par moquerie ou pour
' Reproduites dans le journal de Bruxelles; id., dans le Monde, le
5 novembre 1 862.
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CHAPITRE DIXIÈME.; 343
masquer encore l’obscurilé de leurs projets et de leurs in-
trigues. »
« 11 ne^ s’agit nullement ici de calomnies ridicules aux-
quelles la sottise est seule encore h ajouter foi Non, et
les criminels ne restent plus dans l’ombre ; ils se produisent,
paraissent comme s’ils étaient nos frères, et se vantent de
la protection, de l'alliance meme de princes allemands. »
Ajoutons « que, dans les derniers temps, les Juifs ont été
exclus d’un certain riomèrede loges; mais que, maintenant , ils
sont reçus universellement dans toutes les loges du monde. A
Berlin, les Juifs sont parvenus, depuis la mort du pieux roi
Frédéric-Guillaume IV, h se faufiler dans les loges par les
portes de derrière. Pour cela ils se faisaient admettre ail-
leuis, et on leur accordait alors ici l'entrée. .Maintenant que
plus une seule loge ne leur est inaccessible , il existe d’autres
loges composées exclusivement d<^ Juifs, dans lesquelles les
non-Juifs n’ont pas d'accès. A Londres, OÙ SC trouve, comme
on sait, le foyer de la révolution, sous le grand maître Pal-
merston, il existe deux loges juives qui ne virent jamais de
chrétiens passer leur seuil. C’est là que se réunissent tous les
fils de tous les éléments révolutionnaires qui couvent dans les loges
chrétiennes' . »
Ces paroles révélatrices, sans répéter exactement nos pa-
roles, sont loin, ce nous semble, d’en diminuer la valeur.
En Italie, les membres de la Vente suprême n’étaient
connus du petit nombre d’adeptes supérieurs auxquels ils
dictaient leurs ordres, que par des noms de guerre, [.'un des
plus célèbres, lecompagnondu fameux Nubius, portait le nom
de Petit-Tigre (Piccolo-Tigre). Redoutable et atroce cham-
pion de l’occultisme, ce potentat des Ventes itait un Juif*-,
' Reproduites dans le journal de Bruxelles; id., dans le Monde, le
6 novembre tS6î.
2 Le pseudonyme et sycophante Nubius fréquentait à Rome quel-
ques-uns de nos amis, à l’epoque où nous visitâmes cette ville. Ce
scéirrat consommé, qui avait la confiance deM. le prince de Metter-
nich, premier ministre do l’empereur d'Autriche, et pompait ainsi tes
secrets d’ktat, fut empoisonné par les siens après avoir (ail des mer-
veilles en faveur de la révolution anticbréiienne.
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34i
tES JUIÏS.
cl dans les instructions que transmetlait sa plume aux
agents supérieurs de la Vente piémonlaise, nous lisons ces
lignes, h la date du 18 janvier 1822 :
« L’essentiel, c’est d’isoler l'homme de sa famille, et de
lui en faire perdre les mœurs Il aime les longues causeries
du café, l’oisiveté des spectacles'. Entraînez-le, souiirez-le.
donnez-lui une importance quelconque, apprenez-lui discrète-
ment h s’ennuyer de ses travaux journaliers, et, par ce
manège,.... après lui avoir montré combien sont pénibles tous
les devoirs, VOUS lui inculquez le désir d’une autre existence,
l/homme est né rebelle. Attisez ce désir de rébellion jus-
qu’î» l’incendie, mais que l’incendie n’éclate pas! C’est une
préparation ’a la grande œuvre que vous devez commencer.
Quand vous aurez insinué dans quelques âmes le dégoût de
la familbe et de la religion , laissez tomber Certains mots qui
provoquent le désir d’être affilié ’a la loge la plus voisine.
Celte vanité du citadin ou du bourgeois de s’idenlilier à la
franc-maçonnerie a quelque chose de si banal et de si uni-
versel, que je suis toujours en admiration devant la stupidité
humaine. Je m’étonne de ne pas voir le monde entier frap-
per à la porte de tous les Vénérables, et demander à ces
messieurs l’honneur d’être l’un des ouvriers choisis pour la
reconstruction du temple de Salomon ’ ! »
Une loge semblable à celle que nous venons de signaler
à Londres, c’est-h-dire entièrement composée de Juifs, et où
se réunissent tout les fils des trames révolutionnaires ourdies dans
les loges chrétiennes, existe h Rome, où elle est « le suprême
tribunal de la Révolution. De là sont dirigées les autres loges
' Et les cercles I la vie facile, les connaissances des cercles, où de
ai nombreux affidés, placés sous l'habile direction des chefs de l’oc-
cultisme, déroutent, tout en les coudoyant, les plus Gns limiers de la
police. AhI si les mères de famille savaient! Mais, être membre de
tel ou tel cercle, où tant de clinquant se mêle à tant d’or pur, cela
relève si bien on jeune homme I
^ Ce terme symbolique, et dont le vrai sens est connu seulement de
la haute et invisible hiérarchie du Temple et de la Maçonnerie , com-
posée de cabalistes juifs , signiGe la reconstitution de la puissance ju-
daïque sur les ruines du christianisme.
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CHAPITRE DIXIÈME.
315
comme par des chefs secrets, de sorte que la plupart des révo-
lutionnaires chrétiens ne sont que des marionnettes aveugles
mises en mouvement par des Juifs au moyen du mystère, u
« A Leipzig ' , h l’occasion de la foire qui fait arriver en
cette ville une partie des hauts négociants juifs et chré-
tiens de l’Europe entière, la loge juive secrète est chaque fois
permanente, et jamais maçon chrétien n'y est reçu; voilil ce qui
fait ouvrir les yeux à plus d’un d’entre nous Dans les
loges juives de Hambourg et de Francfort, il n’y ?t que des
émissaires qui aient accès. Le nom de cette dernière, Absa-
lon aux trois orties, fait entrevoir sa nature politique brû-
lante {nomen et omen). n
(I Daigne le Tout-Puissant adoucir les épreuves qui fon-
dent snr les grands par suite de leur insouciance, et leur
faire comprendre ce que veulent les travaux de la maçonnerie
pour révolutionner et républicaniscr les peuples dans l’intérêt du
judaïsme! Puissent-ils se rappeler cITicacement la prédiction
de Napoléon 1" : Dans cinquante ans l’Europe sera républi-
caine ou cosaque Et cette autre de Burke : Un temps
viendra où les princes devront devenir des tyrans, parce
que les sujets seront devenus des rebelles par principe ’ ! >>
Si ce langage n’était celui de nombreux fidèles du pro-
testantisme , sans doute nous serait-il quelque peu sus|>cct,
mais frappée qu’elle fut des anathèmes de l’Église, la ma-
çonnerie compte dans son sein l'immense majorité des mi-
nistres de la réforme -, les témoignages qui nous arrivent de
ce côté portent donc un caractère d’impartialité vraiment
remarquable.
Excité, facilité par Israël, le mouvement révolutionnaire
auquel ce peuple entreprenant dut la conquête de ses droits
de cité ne cesse et n'a jamais cessé de trouver dans la partie
remuante du judaïsme les agents les plus dévoués , les propa-
‘ Où s’est tenu le concile oecuménique judaïque de 4869. Voir en
tête de ce chapitre.
^ Feuilles historiques, ut suprà diet., excepté deux alinéas qui re-
gardent la circulaire du Juif le Petit-Tigre.
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3« LES JDIFS.
gateurs les plus audacieux et de l’habileté la plus rare. Être
en pays chrétien l’égal du chrétien, c’est quelque chose
déjà I>our le Juif; mais cela ne saurait rassasier l'insatiable
ambition de cet admirable machinateur; et trop bien sait-il
devoir ses plus incroyables succès au jeu constant des asso-
ciations mystérieuses dont sa main couvre le monde comme
un réseau, pour s’arrêter et s’endormir à cette première
étape de son triomphe.
Certes, nous disait-il de sa propre bouebc un instant
avant de répéter avec une audace croissante sa profession de
foi dans son concile de 1869, « l’Israélite se montrerait
bien imjrat s’il ne reconnaissait pas tout ce qu’il doit au
mouvement qui, depuis trois siècles, » c’est-à-dire depuit
Luther, « a ébranlé, et dejiuis quatre-vingts ans, » c’est-à-
dire depuis la proclamation des théories de 1789, « a ren-
versé l’ancienne organisation de la société. L’âpre souffle de
la persécution ne nous oblige plus à non» serrer /es uns contre
Us autres; nous pouvons marcher isolément, sans crainte
d’attaques hostiles contre nos personnes ou notre foi
Nous avons observé ces tendances de la société moderne;
nous avons sérieusement médité sur les conséquences
qu'elles devaient avoir pour notre culte, » indissolublement
lié aux intérêts de la nationalité judaïque, « et, loin d’y
avoir rien trouvé qui nous démontrât la nécessité de relâ-
cher le lien de la communauté , nous y avons , au contraire ,
puisé de nouvelles raisons pour le maintenir et le fortifier'.
Or, l’un des plus sûrs moyens de le fortifier consiste dans
l’adjonction et la multiplication de communautés auxiliaires,
de sociétés parallèles, entées sur celle du judaïsme, et de
la manière dont les bois parallèles destinés à fortifier les
grosses poutres sont appliqués et rivés à leurs flancs.
Car ce n’est pas au moment de la victoire qne le conqué-
rant se relâche de ses efforts et renonce à la fois aux moyens
et aux bénéfices de la conquête! Partout où s’étend le sol de
la terre habitable, partout où son appui se prête aux pieds
‘ Urtivers israelite, 111, p. 1Î9; 4866.
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CHAPITRE DIXIÈME.
3i7
du chrétien, et sous quelque variété de formes que les gou-
vernements s'y produisent, le Juif, plus que jamais, doit
donc consolider les liens qui lient l'un h l’autre les mem-
bres de ta communauté; le Juif, plus que jamais, doit en
outre resserrer les nœuds des associations secrètes que sa
communauté traite en Giles obéissantes, et qui fonctionnent
b son profil!
Et le continent américain ne devait point échapper lui-
même 'a ce plan, disons mieux, k ces habitudes instinctives
d’Israël ; aussi lirons-nous sans surprise les lignes suivantes
dans l’un des organes les plus accrédités du judaïsme :
B II a été fréquemment question de Cordre itraélhe de
Beui-Bérilh, c’est-k-dire des /Ht de l’alliance, qui s’est créé
aux Etats-Unis. Comme l’importance de cet ordre s'accroît
incessamment, et qu’il est fort peu connu, il nous paraît utile
d’analyser, d’après les feuilles américaines, le dernier mes-
sage du grand maître de l'ordre, M' B. F. Peixolto. «
B L’ordre des Beni-Berith a envoyé aux victimes israélites
du choléra, en Orient, près de 5,000 dollars (25,000 l'r.).
Le grand maître visite aussi souvent que possible les loges
affiliées. Cette année, il a visité celles de onze villes considéra-
bles. Il y a ouvert des conférences et prononcé des allocutions
pour les instruire sur leurs devoirs comme Gis do covenant,
pour fortifier en eux le sentiment et l’amour des objets
supérieurs que poursuit l’Ordre, k savoir : l'avancement
moral et intellectuel de la famille d'Israël, et l’union la plus
parfaite entre tes membres. Celte lâche est d’autant plus urgente
que la population Israélite de l’Amérique s’étant formée
de races cl de nationalités diverses, il a dû s’y produire des
divergences et des antipathies qu’il faut amortir'. »
Les loges maçonniques, que maudit l'Église chrétienne,
deviennent donc pour Israël les suppléantes indispensables
de la Synagogue; et, jusque dans le sein des républiques les
plus libres, le judaïsme cède au besoin de ne répandre gi^à
l'ombre du mystère, et dans le fond des loges, ce qu’il appelle
‘ Archivet-israélites , XX, p. 885-6; 4866.
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LES JDIFS.
l’édiicalion inlellectuelle et morale des siens, « l’amour da
objetê supérieurs que poursuit l’Ordre, » et le mot de rallie-
ment qui fait marcher les frères adoptifs du même pas que
Les frères du même sang.
Aidés dans tous les royaumes de la terre par le secours
mutuel que s'entre-prctent avec ardeur les membres de leur
communauté; aidés par les secours qu’ils puisent dans des
associations mixtes et patentes; aidés par les secours et la
protection que leur doivent et leur prodiguent les sociétés
secrétes, où leur poste est le poste suprême, et dont la puis-
sance égale ou domine aujourd’hui toute puissance; citoyens
de leur propre nation et citoyens de la nation qui les
adopte, c’est-à-dire deux fois citoyens, et deux fois splen-
didement protégés dans la patrie où chaque chrétien ne
l’est qu’une seule, les Juifs, dont l’astuce, dont l’audace et
le savoir-faire ont été de tout temps chose proverbiale, ont
sur tout indigène des États chrétiens le plus incontestable
des avantages et s’en prévalent avec une habileté singulière
pour accroître une influence déjà si grande. Simple obser-
vateur du fait, dont il ne semblait point démêler la cause,
un homme d’esprit de race Israélite écrivait donc, il y a déjà
quelque temps, avec vérité : Les Juifs « remplissent, pro-
portion gardée, et grâce à leur insistance, plus d’emplois
que les autres communions catholiques et protestantes. Leur
désastreuse influence se fait sentir surtout dans les affaires qui
pèsent le plus sur la fortune du pays; il n’est point d’entre-
prise dont les Juifs n’aient leur large part, point d’emprunt
public qu’ils n’accaparent, point de désastre qu’ils n’aient pré-
paré et dont ils ne profitent; ils sont donc mal venus à se
plaindre, ainsi qu’ils le font toujours, eux qui ont toutes les
faveurs et qui font tous les bénéfices ' ! »
En un mot, forts contre chacun de nous des forces que
leur prêtent les lois des États; forts de celles que leur
donne au milieu de la masse des peuples l’organisation
naturelle de la communauté judaïque ; fort de celles qu’ils
‘ Cerfberrde Medelsheim, Lm p. 9; Paris, 1847.
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CHAPITRE DIXIÈME. 349
empruntent aux sociétés de roccultisme et aux alliances
créées selon le besoin des temps et des lieux par ces sociétés,
les Juifs, ainsi que nous le fait observer Kluber, forment au
sein des rojaiimcs chrétiens on État dans l’État. « De Ih
vient , i'il arrive que. la société chrétienne reste digne de son nom
et fidèle à la défense de ses droits, n qu’un antagonisme //er-
manent entre l’État et le judaïsme devient inévitable', »
et que le triomphe du Juif, c’est-h-dirc le bouleversement
des États chrétiens, ou de la civilisation chrétienne, est la
conséquence inévitable de cette lutte.
DEIHIÊME DIVISION. — MOYENS d’iNFLIENCE , AIXILIAIIIES :
l’or.
L’or est lo maître du monde; l’or nous possède, et le Juif pos-
sède l’or. — Enormilé de la puissance que lo Juif doit à son or,
à son génie pour le faire suer. — Jamais autant que de nos jours
l’or ne fut le nerf de la guerre et de la paix, le désire des familles,
l’assaisonnement de lout honneur, le couronnement de toute gloire
et de toute noblesse. — Le.s hommes d'Etat de l’Europe à genoux
devant le Juif. — Rien sans l’aveu du Juif; comment il trône sous
les espèces ou apparences de rois chrétiens. — Par l’or, il gouverne
les sociétés occultes, qui gouvernent le monde. — Puissance sans
limites de la finance dans un monde où toute croyance religieuse
s’éteint, conspuée par Ic'Juif et par ses auxiliaires. — Un seul remède
à ce mal immense. — Ces faits, cette puissance noua étonnent;
étonnement qu’en éprouve l’un des premiers ministres de la Grande-
Bretagne, et son mot qu’il y aurait folie à oublier. — Note finale sur
l'un des potentats du Juda'i'sme.
Entre les auxiliaires de la puissance du Juif, basée sur
l’organisation des sociétés de l’occultisme dont nous avons
vu que celle de sa nation est le type, noos nous garderons
bien d’oublier l’or : l’or que le paganisme accusait de
changer et de corrompre les mœurs; l’or que le Christ a
maudit, parce qu’il amollit l’amc et durcit le cœur; l'or, le
tentateur de toutes les consciences, et, dans son froid mu-
tisme, le plus irrésistible des orateurs ; l'or, le souverain de
’ Coup d'œil des déli/jérations diplomatiques du congrès de t ienne ,
t. III, p. 390 ; Kluber.
350 LES JUIFS.
multitudes dont le dénombrement est au-dessus de tout
calcul! simple métal pourtant, mais à qu< *out ce qui peut
être acheté se vend ou se rend. Et qui nous dira la chose
ou l’homme qui n'ait point son tarif de vente, en dehors de
l’atmosphère qui enveloppe et protège l’homme sincèrement
religieu.x?
Ville vénale! s'écriait dans sa fureur Jugurtha franchis-
sant le seuil de Home, cette Hépuhiique si. hère dont les
sénateurs et les généraux, habitués au pillage de toutes les
provinces, avaient si souvent abaissé leur âme devant l’or
que leur avait tendu ce chef redoutable; ville vénale! que
ne se trouve-t-il un marchand assez riche pour l’acheter!
Aujourd’hui ce marchand existe; il est partout.
Souverain maitre et seigneur de l’or, le Juif, qui jamais
n’eul â gémir de celte insuffisance, est donc le seigneur et
le maître des ]missances de la terre. En d’autres termes,
l’or possède le monde, et le Juif possède l'or!
Mais ne jetons qu’un rapide coup d’œil sur quelques-uns
des points relatifs à Ce chapitre de l’or; n’envisageons rien
au del’j de ce qui suffit â nous découvrir l’immensité, l’énor-
mité de la puissance que le Juif doit â son métal, à son art
inimitable de le faire suer, â l’instinct, au talent, au génie
dont il est doué d’élever au-dessus de toute hauteur son
crédit, et de l’équilibrer de telle sorte que l’ébranler ce
soit ébranler le monde! Laissons d’ailleurs, selon notre
habitude, h chacun la responsabilité de sa parole, et faisons
observer en produisant les écrivains qui eurent la rare géné-
rosité de se prendre corps à corps avec le colosse judaïque,
que si l'hyperbole se glisse par hasard dans certains menus
détails de leurs pages, leurs prodigieuses affirmations ne
méritent en général d’autre reproche que celui d’exposer
avec insuffisance les vérités dont ils se font les révélateurs.
Disons enfin que si les Juifs sont avant tout, que s’ils furent
de tout temps les rois de la finance, jamais autant que de
nos jours la finance ne fut le nerf de la guerre et de la paix,
la vie, l’ame de la politique et de l'industrie, du commerce
CHAPITRE DIXIÈME.
351
et de toutes les transactions humaines, le bonheur et le
relief des familles, t assaisonnement de toute distinction, de
toute dignité, de tout honneur, le couronnement de toute gloire
et de toute noblesse. Répétons en même temps que jamais
cette puissance , qui dans tous les siècles eut pour domicile
ou pour citadelle le coffre-fort du Juif, ne s’y concentra d’une
manière aussi prodigieuse et formidable que de nos jours*
En Allemagne, » h la suite de la sécularisation des biens
et des principautés ecclésiastiques, des embarras financiers
de la noblesse et des emprunts contractés avec les gouver-
nements, les Juifs du dix-neuvième siècle sont devenus une
puissance devant laquelle s’inclinent les plus grands hommes
d'Éiat, et qui, de temps à autre, a ébranlé jusqu’aux trônes.
Cette influence, acquise par la force des choses, par les
efforts de l’école des publicistes philosophes qui depuis le milieu
du dix-huitième siècle se sont servis de tous les leviers pour
renverser la religion et la société chrétienne, a fait de l’éman-
cipation des Juifs, c’est-à-dire de légalité des droits civils
et politiques des Juifs et des chrétiens, une véritable question
vitale de la politique européenne
Que si, détournant nos yeux de l’Allemagne, nous les
portons vers deux des pays les plus opulents de l’Europe,
un écrivain fort anticatbolique, les y arrêtant d’un signe de
sa main, viendra nous dire en 1847 avec une rare fermeté
de parole : « Les travailleurs qui s’exténuent, et meurent
à la peine, sur les trois quarts de la superficie du globe,
travaillent pour enrichir quelques milliers de nababs fai-
néants de Juda d’Amsterdam et de Londres*! »
• Tout effrayé du pouvoir sans limites , qui , sous les aus-
‘ Goschlcr, d’origine judaïque, Dictionnaire encyc. allemand, par
les plus savants professeurs et docteurs en théologie de. l'Alleaiiigne,
t. XII, p. 451; 1864.
2 Toussenel, Les Juifs rois de l'époque, préf., p. v; 1847. — L’An-
gleterre, ce pays où, lorsqu'il arrive au banquier d’Israël de marier
une de ses filles, la presse judaïque se hâte, dans l’épanouissement de
son orgueil, de nous faire observer que les splendeurs de ce mariage
égaient ou môme a surpassent les magnificences royales ! » Univers
Israélite^ V, p. 239; 1867.
351 LBS JUIFS,
pices (le la philosophie vollairiennc, s’attachait a la finance,
le même économiste, ramenant vers la France nos regards,
ajoutait, sous le règne de Louis-Philippe d'Orléans : a Le
Roi peut bien nommer aux fonctions d’ollicier et de juge,
h des emplois dont les titulaires jouissent d’un traitement
de douze cents h trois mille francs; mais tous les emplois
élevés ou lucratifs de la France, voire ceux de la magistra-
ture, sont b la nomination du Juif. C’est le Juif qui distribue
les recettes générales ’a ses pieux serviteurs, et destitue les
receveurs généraux qui le gênent. Le Juif, jiossesseur exclu-
sif de l’administration des transports par tout le royaume,
aura bientôt, ’a lui seul, plus d’employés que l’État. »
Une influence énorme, un pouvoir déj’a redoutable émane
des Juifs et se fait sentir au loin. Le Roi lui-même, sans
leur concours, « ne fait pas les traités. Je défie le Roi et les
Chambres de faire un traité d'alliance douanière, un traité
de coton, de houille, de fer, dont les Juifs ne veuillent pas!
.\nzin n’a pas voulu de la réunion de la Belgique b la
France, et cette réunion n'a pas eu lieu... Avant que la loi
eût concédé les chemins de fer au Juif, tout voyageur pou-
vait circuler librement sur la grande route, sur te pavé du
lioi'. Depuis que toute voie de communication, railvvays,
canaux, rivières, sont au Juif, nul n’y peut plus passer sans
lui payer tribut. »
O vous, passant, sauriez-vous nous dire n qui lient le
monopole de la banque et celui des transports, les deux
bras du commerce? — Le Juif. — Qui a le monoiiole de
l’or cl du mercure? — Le Juif. — Qui, bientôt, aura le
moQopole de la bouille, des sels et des tabacs? — Le Juif.
— Qui a le monopole des annonces? — Le saint-simonien,
valet du Juif *... Si l’air pouvait s’accaparer cl se vendre, il
y aurait un Juif pour l’accaparer cl l’acheter... »
' Voir la note A, à la fin de cette division.
* Ij secte immorale et inai.saine des saints-simonions, à qui nous
devons le libre (ichange, prélude de l'unification des peuples, comptait
un grand nombre de Juifs dans son aristocratie.
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CHAPITRE DIXIÈME. 35i
« Pour^|iioi, dans la question des sucres, avoir écrasé
notre commerce maritime et nos colonies'?... Parce que,
dans la question des sucres , tous les intérêts nationaux sont
en opposition directe avec tes intérêts de la coterie des raffi-
nettrs, etc., etc., etc., — qui tiennen; à tu haute panque, et
que les Chambres et le Pouvoir ne surent sc iircocctqier que
d’une chose : bien mériter des puissances financières. » Car
la toute-puissance est 'a l’or; l’or est le suzerain des rois,
et ce suzerain est rjnstrnment, la propriété du Juif. Il
commande au monde, et le Juif le possède’I Et d'ailleurs,
un conseil où des Juifs doivent s’asseoir en majorité ne
solde-t-il pas, avec l’or que les cotisations révolutionnaires
font afHuer dans ses coffres, lesajtenls suprêmes de l’occul-
tisme? Ne tient-il pas entre ses mains les fils de toutes ces
sociétés secrètes qui gouvernent aujourd'hui les plus puis-
sants États de la terre? Kien n’ôtera donc ’a M. Cerfherr,
écrivain de race judaïque, le mérite d’avoir « un des pre-
miers dessillé les yeux sur un pouvoir qui frajqie de terreur les
hommes dont tes regards se tournent vers l’avenir’ \ »
Car les temps ont leurs signes auxquels ils n’est pas aisé
de se tromper. Aussi, dans la scène où il plaît à M. About de
traîner ignominieusement devant le public un Religieux
qui venait tendre 'a un baron juif sa main charitable, aurons-
nous remarqué ces paroles de haute insolence cl de sinistre
vérité, dont l'Univers israêtiie réjouit l’œil de ses lecteurs ;
« Personne ne serait assez fort pour demander l’expulsion
des Juifs, tandis que les chrétiens pétitionnent aujourd’hui
pour obtenir la vôtre*, »et vous chassent, ajouterons-nous,
au nom même de. la liberté, partout OÙ domine la Révo-
lution, dont ks principes sont ceux que professe le Juif!
(Synode juif de 1869).
' I.ire CB curieux passage, et tant d'autres des Juifs rois de
l'é/iorjue, Toussenel, v. 1, p. 19, etc.
2 Toussenel, 1. 1, p. 10-19-20; 1847. — Id., Cerfberr, les Juifs, p. 1,
1847.
s Cerfberr, les Juifs, p. 1 ; 1847.
* L’Univers israélite, p. 420 ; septembre 1864.
21
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35i
LES JUIFS.
En somme donc, le nerf de la guerre et de la paix, le
nerf de tout service public, de tonie entreprise et de toute
association, le nerf de toute puissance et de toute jouissance,
soit, en d'autres termes, la force d’un monde où toute
croyance religieuse s’éteint, c’est la finance, c’est l’or, ce
n’est et ce ne peut être que l’or; l’orqui commande et comman-
dite l’idée, l’or qui forge et qui paye le fer, épée ou machine,
destiné à la réalisation de l’idée ; l’or qui règne en souve-
rain, et qui s’exprime en despote; l’or qui met humble-
ment aux pieds de celui dont la main le répand rois et
nobles, ministres et sujets, philosophes et femmes, sciences
et arts, lois et mœurs! Chaque jour qui s'écoule, liélasl
rend l’éclat de cette vérité plus terrible, et nous fait voir,
en déhoilive, que l’or c’est le Juif!
Oui, nommer l’or, ou la tinancc; nommer une valeur
qoeivonque, ou le crédit ; c’est, d’un bout h l’autre de notre
globe, nommer le Juif, qui nous possède en le possédant. Sou-
veraineté colossale, exorbitante, implacable, sans cesse crois-
sante, et sans autre contrôle imaginable que celui des lois
dirétiennes, conspuées aujourd’hui par le Juif, notre suprême
instituteur, et par ses auxiliaires.
A l'nii de ces Juifs, roi de finance, un personnage nous
rapporte qu'il échappa de dire, en nommant un de ses
rivanx judaïques : Ah I si cet homme et moi nous pouvions
nens entendre, resterait-il bientôt aux chrétiens autre chose
que leors yeux pour pleurer? Tenons ce mol pour un conte.
Mais, de fait, quel monarque déj'a, quel Étal peut aujour-
d'hui lever dos armées, construire ses flottes et ses chemins,
creuser scs canaux, distribuer scs emplois, ses dignités,
dormir en paix, armer en guerre, remuer, fonctionner,
broncher, respirer librement en un mot, s’il n’a pour lui
le contre-seing, l’agrément, le bon plaisir de son maître, le
Juif?
Le Juif nous tient, il est notre maître, non-seulement
parce que nous ne possédons plus l’or, mais, répétons-le
sans cesse, parce que c’est l’or qui nous possède; parce
CHAPITRE DIXIÈME
355
que l’orgueil, le luxe, la luxure, la soif, la rage de toute
puissance et de toute jouissance, se sont emparées de nos
âmes. Il ne lâchera prise que devant la résurrection de t'édu-
caiion chrétienne qui inspire â l’homme humilité, modération,
honnêteté, sobriété, dévouement, égards et respect pour le
faible et le pauvre. Jusque-là doue, il nous faut durement
rester sur les paroles que fait retentir un saint prêtre issu
de sang israélite, cl qui résument nos dernières pages :
« Naturellement habiles, ingénieux, et possédés par l'in-
stinct de la domincaion, les Juifs ont envahi graduellement
toutes les avenues qui conduisent aux richesses, aux dignités
et au pouvoir. Leur esprit s’est peu à peu infiltré dans la
civilisation moderne. Ils dirigent la Bourse, la presse, le
théâtre, la littérature, les administrations, les grandes voies
de communication sur terre et sur mer; et, par l’ascendant
de leur fortune et de leur génie, ils tiennent enserrée, à
l’heure qu’il est, comme dans un réseau, toute la société chré-
tienne'. »
Avons-nous entendu ces paroles? les avons-nous com-
prises? Non! pas encore! Elles semblent nous étonner, et
notre étonnement fait sourire de pitié le premier ministre
du royaume de la Grande-Bretagne, un des princes de la
politique moderne, un des vaillants soutiens du protestan-
tisme anglican, un des fili^dc la race juive, et qui, dans
l’épanouissement de l’orgueil judaïque, s’écrie : En vérité,
« le monde est gouverné par de tout autres personnages
que ne se l’imaginent ceux dont l’œil ne plonge point
derrière la coulisse”. »
> Le U. P. Balisbonne, Question Juive, p. 9; Paris, t868.
^ The World is governed by lery difîerenl personnages lo wliat is
imagined by lliose who are i»l behind llie seene. — Disraeli, dans
Coningsby, livre où cet homme d’Etat met en relief la valeur des Juifs,
p. 18i; Paris, 18ii, in-8“.
NOTE.
M. le baron de Rothschild, grand-croix de la Légion d'honneur,
chevalier de etc., etc., etc., consul d’Autriche , laisse en mourant
Î3.
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356
LES JUIFS.
quaire (ils, et quelque diosc, se dit-il, comme huit cents millions de
forlune. Au taux légal de cinq pour cent, huit cents millions produi-
sent par an huit cents fois cinquante mille francs, c’est-à-dire (juarante
milliotin. Quelle puissance aux mains du possesseur d’un tel revenu!
Ajoutons (pie le taux de cin(j pour cent n’est qu’un intérêt plate-
ment bourgeois, et qu'il nous est impossible de savoir à quel degré
s’élève la fé(X>ndih^ des écus sous la main d’un banquier, mais surtout
sous la main des hauts seigneurs et des princes de la Itancjue. Ce que
tout le momie sait, à Paris, et cela nous dis|H'use de tout détail, c’est
que, chez certaines classes de gens de finance que le langage ordi-
naire ne qualifie nullement d’u-iuriers, la moyenne du produit, nous
ne di-îons point de V intérêt do rargent, est de vingt-cin(j pour cent.
Chez ces financiers, huit cents millions donneraient un revenu de
deux cents millions!
On afiirmo qu’en 1812 M. de Rothschild no possédait qu’un unique
million, et l’on dit que ce banquier donne à son fils aîné, en préciput
et /jors p.ir/ , sa magnifique terre de Ferrières, en Seine-el -Marne ,
outre la somme de deux cents millions. Quelle que soit sa fortune ^
M, de Rothschild, n’étant pas Français, si nous ne nous trompons, a le
privilège, en France, d’ètre le propriétaire sérieux de sa fortune.
L’Ftat u(‘ peut ea conséquence se permettre de tester pour lui,
comme il le fait pour nous, en faisant la [lart de nos enfants, M. de
Rothschild fait donc scs parts à son gré, dans l’intérêt do sa maison.
I.a France peut ainsi se couvrir de liauts et puissants seigneurs, de
potentats ([ui, parce qu’ils sont étrangers, se donnei-onl sur notre
sol, et à leur gn*, la j>uissance à la(juelle nous ne pouvons prétendre,
parce que nous n’y sommes que Français. En d’autres termes, un
Français, pour acquérir le j>rivi!ége d’ètre le propriétaire véritable de
ses propriétés, doit renoncer à sa (jualilé de Français et se faire
étranger L
fl Un célèbre financier vient de mourir, nous dit l’un de nos grands
et vérital les économistes, M. Coquille. Ims uns portent sa forlune à
huit cents millions, d’autres au chiffre fabuleux de deux milliards
(soit cinq cents millions de rente au produit do vingt-cinq pourcent),
IRusieurs Journaux saisissent l’occasion de vanter le désintéressement
de M. de Rothschild, et les services (ju’il a rendus à la France. Il eût
mieux valu que la France n’eût pas eu besoin de ces services. Car il
est trop évident que la fortune de M. de Rothschild ne s’est accrue
que par nos dcîsastres financiers. N’esi-il pas honteux que les sociétés
modernes soient toujours à court d’argent? Rien n’indique plus la
faiblesse d’esprit de nos gouvernants *. »
Et \oilà comment les Juifs, même les plus honnêtes, sont le suçoir
• t.irc If bel ouvrage de M. le Play, sénateur, sur ces qucslions, etc. : La Ré-
Jormr sociale eu France, Paris, Plon ,
* Lr Monde, 23 novembre et novembre; id., 1868. « — La Providence, disent
les Archives israétites, a comblé celte famille d’une fortune ptus que princière. •
Vil, p. 213; I8G9.
357
CHAPITUE DIXIÈME,
et la ruine des peuples que la folie destine il tomber sous leur sceptre.
Car les gouverneinenls dissipateurs sont faits à l’image de certains
fils de famille empressés de jouir. Les Juifs sont là pour leur faire les
plus gracieuses avances; la facilité des emprunts tente ces imprudents;
ils y succombent et so perdent 1 Et puis, la fortune que les Juifs ont
acquise, et peut-être par des voies léga'es ou admises que nous nous
abstenons de dire légitimes, leur met en main les moyens d'action sur
le monde civilisé, dont l’étude nous apprend l’usage ! — On dit énonnes,
monstrueux, les gains que doit valoir à la üanque juive la révolution
italienne, dont le caractère aniicallioiique est assez saillant. Heureuse
est rilalie révolutionnaire do rencontrer de tels financiers sinon!
Nous no connaissons ni les opérations de banque de .M. do Uotli-
schild, ni les vues politiques do ce potentat; mais nous n’avons entendu
dire que du bien de l'homme privé, et nous portons témoignage de
ses nombreuses charités, non-seulement à ses coreligionnaires, mais à
des chrétiens. — Lorsque nous visitâmes son royal château de Fer-
rières , une chose nous frappa : ce fut de ne voir |>arnii les objets d’art
aucune sculpture, aucun tableau dont la pudeur eût à suiilfi ir. Com-
bien do demeures chrétiennes peuvent lui envier cette gloire!
TROISIÈME DIVI8IOM. — LA P.VROl.F, PfBI.tQÜE ET ENSEIGNANTE,
LA PRESSE.
Autre puLssanco dont le Juif se fait un auxiliaire; scs représentants
honorables, et non. — Services que le Juif avoue lui devoir. — Elle
n’a pas encore achevé de judafser le monde, mais patience! — Les
diverses catégories des hommes de la presse. — Despotisme sans
I bornes du maître d’un journal. — Dans nombre de journaux, (|ucl
est ce desjvoto? — .Alystère I — Caractères de sa )>esition. — Son
mérite est la sûreté de sa main dans le choix de scs intendants ou
do scs ouvriers littéraires.' — Places où foisonnent ces gens de
haute et de bas.«e paye. — Semblable à toute propriété, tout journal
change sans cesse de maîtres, de locataires, et jiar conséqut nt d’es-
ftrit. — Le Juif achète, exploite ou fait exploiter la plupart des
èuilles importantes. — Son influence sur l’opinion , sur les idées
religieuses, sur les entreprises commerciales, industrielles, poli-
tiques ; le Juif par elles tiornpo et entraîne gouvernements et gou-
vernés. — .Malgré le grand nombre des écrivains honnêtes, la
Presse est, de sa nature, essentiellement vénale; nul n’e.st plus in-
téressé que le Juif à l’acheter, et nul n’a plus d’or pour la payer. —
-Mais la péesse a-t-elle une valeur sérieuse? — Exemple aussi
éclatant que piquant. — Un gouvernement et un grand journal,
organe de la féodalité financière. — Quelle que soit la puissance,
des journaux, le Juif presque partout en est ou en devient le maître,
mais sans apparaître. — Plus qu’un autre pvays, l’Allemagne nous
montre cette puissance du Juif. — Les événements de l’Europe
dépendent d'une dizaine d’hommes, Juifs ou auxiliaires du Juif. —
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358
LES JUIFS.
Mot effrayant et prodipicux de l'ex-preniier ministre de la Grande-
Brelagne, de sang judaïque, Disraeli. — Ce mot et celui de M. le
prince de Metleruich confirment nos pages. — Appendice. — Pro-
digieuse dépravation du clergé autrich en, naguère; elle fut l’œu-
vre du jansénisme et du Juif. — Prodigieuse dépravation des sen-
timents de l'honneur et du patriotisme, et par qui.
Une seconile puissance figure en tête de celles qui se sont
faites les auxiliaires du Juif, et cette puissance c'est la
presse-, mais peut-être, au lieu d’employer ce terme,
devrions-nous dire la parole publique, la parole vibrante
de l'orateur; la parole du professeur des grandes chaires
qui, dans le sein de l’Allemagne, par exemple, sont des
tribunes d’un retentissenaent étrange; la parole plus grave,
mais plus sourde, de l’écrivain poliliijuc ou religieux, qui
n’altcint guère que par des échos affaiblis l’oreille pré-
occupée de la foule; la parole enrin du journaliste dont la
tâche (|uotidienne est de donner un bruyant écho â chacune
de ces autres paroles, de les commenter, de les défigurer,
de les embellir, d’en éteindre l’éclat ou de les couronner de
gloire en les aidant 'a jeter sur leur passage les splendeurs
d’un radieux météore.
Là presse, et nous nous hâtons de le proclamer, compte
dans notre France et dans le sein de l’Europe de nombreux
et trèt-honorables reprétentan's; mais cette réserve faite, et la
justice Pexitje, nous ne saurions hésiter à reconnaître que sa
vertu trop souvent n'est qu’une vertu suspecte, et tel est
le terme dont ne craignent guère d’user les gens les plus
polis dans leur langage. Car, d’un bout à l’autre de l'Europe,
l’or et la presse ne sont que trop fortement accusés d’entre-
tenir l’un avec l’autre de secrets et fort illégitimes rapjiorts;
et si déjà le Juif tient « dans un réseau la société chré-
tienne tout entière », le crime en est le plus souvent aux
séductions que sa main fait briller aux yeux de la presse,
devenue l’un des plus irrésistibles agents de son génie domi-
nateur. Mais la presse, — pour résumer en elle toute la
question de la parole publique, — est-elle au Juif de quel-
que utilité sérieuse? Se vendrait-elle au Juif? Le Juif, en un
CHAPITRE DIXIÈME. 359
mot, pourrait-il acheter, saurait-il construire ou manœuvrer,
au profit de scs intérêts et de ses doctrines, les grandes
machines de guerre de la presse?...
Les services que le Juif doit k la presse se peignent dans
les paroles mêmes dont les Archives israélites chatouillent les
oreilles réjouies d’Israël, et ces paroles sont assez claires
pour que chacun de nous en saisisse le sens et la portée.
Car ce que le Juif appelle intolérance et préjugé, faiwitisme
et barbarie , ce sont les principes mêmes de la croyance et
de la civilisation chrétiennes-, nous le savons, et nous ne
pouvons nous y laisser décevoir : « Si les préjugés dimi-
nuent, nous dit une des grandes revues judaïques, c’est
que nos paroles et nos écrits se répandent; c'est que les
livres et les journaux israélites agissent de proche en
proche, n Rien en elfet n’esi plus ellicace, « |»ur noos
garantir contre le retour des excès, que le développement
de nos travaux littéraires'. » Il n’y a plus, il est vrai,
« que de rares contrées où les droits de nos frères soinu mé-
connus. On peut dire que l’intolérance et le fanatisme sont
vaincus, mais les |»réjugés ne le sont pas, ils subsistent tou-
jours. On les trouve dans tous les pays, dans les plus avan-
cés comme dans les plus arriérés, et dans toutes les classes,
dans les plus éclairées comme dans les plus illettrées’. »
En un mot, le mal dont le Juif se plaint de soulEi'ir a conr
servé dans le sol quelques racines; c’est-k-dire que les
principes civilisateurs du christianisme ont encore qnetqne
vie; c’e$t-k-dire que la presse judaïsante, malgré l’éclat et
l’immensité des succès qu’elle avoue, ne nous a peint asaej.
judaïsés encore! Cependant, aujourd’hui, peu de gens in- < ^
formés, et nous devons accentuer ici les assertioos tlont le
' Nul à peu près, et même parmi les plus intéressés k les connaître,
ne lit de livres et de journaux ostensiblement juifs; le public en sait
à peine l'existence. Il est donc clair que ces livres et ces journaux
israélites sont ceux qu’inspire, afin de nous former l'esprit et le cœur,
le comité directeur du judafsme, celui qui, dans son concile oecumé-
nique do 1869, nous dit quels principes font les affaires du Juif. Ci-
dessus, premières pages de ce chap. x.
* Archives israélites, XIV, p. 607 i 1866; ié., XVII, p. 760.
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360
LES JUIFS.
public sera le juge suprême, ignorent que, dans notre
Europe, la presse a laissé passer entre les mains du Juif la
|)arlic la plus considérable de sa puissance
Eh quoi! la presse se [)licr au joug des fils de Juda?
O blasphème! Et quel langage nous expliquerait le i)liéno-
inène de servilisme d’une puissance que nous savons être
si lièreP Comment! les cliam[)ions les plus tapageurs de la
liberté, les représentants les plus libéraux de la presse
européenne, ne gouverneraient le monde, — s’il est vrai que
les Juifs soient leurs souverains, — que sous les gages et la
verge d’un monarque qui se dit [laria?
Le mot de l’énigme est assez simple-, il nous suffira
d’ajouter peu de chose a sa transparence, et peut-être alors
apparaîtra-t-il quelque raison passable de conclure que les
rois (le la finance sont les souverains d’une immense région
dans le domaine de la presse.
Quelques lignes, et dont aucun honnête homme ne se
blessera, doivent rappeler ici que, parmi les écrivains de
la presse, les uns sont des gens de parti, mais emportés
par des passions ardentes et souvent généreuses, dont
l’essor les élève au-dessus des bassesses de l'écrivain qui
se vend^ ceux-ci, nous les plaignons, et nous sommes loin
de les mépriser; nombre d’entre eux ont conquis' notre
estime, et notre espoir est que leurs préjugés se noieront
un jour dans les flots de la lumière. D’autres, plus réfléchis
et surtout plus éclainîs, sont des hommes de conscience et
de dévouement : le camp des catholiques en fourmille; d’autres
encore se rangent au nombre des hommes viciés, corrompus,
créés pour l’adoration et le service du mal : les beautés de
la religion du Christ leur sont un objet d’horreur! D’autres
enfin, simplement plats et vils, se sont faits, sous l’inspira-
tion de leurs besoins ou de leurs sens, valets de plume. Et
qui n’a vu maintes fois, avec nous, tantôt celui-ci , tantôt
celui'Hi, soldat le malin d’une dynastie déchue, protection-^
niste accentué, champion valeureux d’une idée quelconque,
se trouver le soir même rbpmme du gouvernement en pied,
CHAPITRE DIXIÈME.
,i6I
l’avocat éloquent liu libre éiiiauye, le palroii, le protecteur
ardent d'une idée, d’un intérêt tout contraire à ceux pour
lesquels, au lever de l’aurore, il versait .son encre? (i’est
(|ue, dans le domaine de la presse, le simple écrivain, dillicile
’a distinguer de riiomnic ’a convictions sérieuses, n’est (jne
trop souvent, hélas! le souple et très-humble serviteur d’un
maître qui, d’une voix exemple de douceur et d’égards,
lui commande militairement son service. Il reste alors ’a ce
malheureux la liberté d’obéir ou de mourir de faim!
•Mais quel tout-puissant et invisible despote plane donc
au plus haut des cieux dans les sphères sublimes du journal?
Quel en est le mystérieux inspirateur, le moteur, l’ànie, le
dieu? — Certes, bien audacieux serait l'homme de peine
qui vend les sueurs de sa verve h ce maître siqircme, si
jamais il prétendait le contempler face h face ou faire arti-
culer ’a ses lèvres les lettres dont se compose son nom. Eh
quoi! le caissier de la feuille lui com|)te à juste échéance
le prix de sa prose h tant la tâche, ’a tant le mètre, et sa
curiosité n’csl pas assouvie! Ah! qu’il écrive, ([u’il traîne ou
fasse voler sa plume, mais qu’il ait le tact de se taire, s’il
ne renonce ’a toucher ses gages!
L’homme véritable île la ])res.se, et celui-là seul la repré-
sente, qu’il écrive ou qu’il ne sache tenir une plume, qu’il
soit seul ou qu’il se nomme société, compagnie, légion, car
le nom ne fait rien h la chose, cet homme est, dans chaque
feuille, celui qui peut dire du journal ; Ceci, c’est mon bien,
c'est ma personne, c’est moi. Ces paroles sont un avis assez
clair à quiconque, si cette feuille est disponible, prétend se
la donner pour auxiliaire ou pour organe. 11 sait que désor-
mais il doit iinancer cl contracter avec le maître d’icelle; sinon,
lui plaire ou le convaincre. De ces deux partis, le premier
passe pour être le plus général et le plus sûr '.
Or, le propriétaire, le maître de cette maebine à remuer
' La Finance est une feuille française, mais qui s’imprime en Belgi-
que |>arce qu'elle tient à vivre et à conserver la liberté de ses allures.
Elle a pour rédacteur en chef M. Crampon , piquant et habile écri-
36»
LES JUIFS.
l’opinion, ce spéculateur latent, qui le plus souvent et dans
la plupart des États de l'Europe est de race judaïque ou
tend la main aux faveurs du Juif, n’a jamais quelquefois ni
fabriqué ni limé la moindre phrase. Mais l'un de ses mérites
est d’avoir la main sûre dans le choix de ses subordonnés,
de ses entrepreneurs littéraires, habiles eux-mêmes h se
pourvoir de ces artistes en style dont le nombre, immense
déjà, s’accroît chaque jour, grâce à l impolitique et cruelle
sorte d’éducation qui se prodigue sans relâche aux classes
nécessiteuses. Dressés que sont ces mercenaires à l'art de
tourner une phrase, et fatalement étrangers ou hostiles pour
la plupart à toute doctrine sociale, à tout principe de fixité,
vous les voyez se faire de leur talent un métier qui ne sau-
rait admettre de chômage, et se disputer sans ménagement
la main qui daigne leur tendre un salaire.
Tels sont, dans une grande partie de l’Europe, les gens
de haute et de basse paye qui foisonnent sur les places où
se fournit une certaine presse; artisans empressés que nous
voyons en foule innombrable accourir, offrir leurs services,
et, sans sourciller, se faire, aux ordres du chef datelier qui
les engage, les joyeux démolisseurs de l’ordre social des
pays chrétiens. Or, ces valets de plume, et nous voulons
éviter un terme plus fort qu’employa Lamartine, ne sont la
plupart du temps, et presque toujours à leur insu, que les
exécuteurs des œuvres du Juif, exact à payer ce qui fut
promis, et doué d’une habileté rare à cacher la main qui
trace les plans et qui solde l’ouvrage.
vain . Nul penl-ètre, dans (Vite double et scabreuse .spécialité de journa-
liste et de docieur es-finances, no fait re-sorlir avec plus de U'ent et
de courage le mercantilisme et la vénalité de la presse. M. Crampon
dirige au grand jour ses attaques, et sa tactique est do produire des
faits, à côté desquels il faut avouer que ses arguments deviennent
quelquefois un véritable luxe. Nousavons remarqué, entre ses différents
numéros, celui du 27 février ^ 668. Lire dans cette feuille, par exemple,
l’article sur le journalisme contemporain, et celui qui commence par
ces mots : Le mercniiiUsme de la presse est-il arrivé -à son apogée?
Nous ne connai-,sons point M. Crampon, et nous n'avons aucune
relation avec son journal, qui est la terreur de ceux auxquels on aime
à ne point ressembler.
363
CHAPITRE DIXIÈME.
A
Nous tenions h ne point dire un mot au delà du néces-
saire le plus strict sur le personnel vmble et invisible de ces
organes de l'opinion publique. Et, tous, nous savons que cha-
que feuille périodique, que chaque journal est une propriété;
que semblable k tout objet , à tout édifice capable de tenter
un acquéreur, il change de maître chaque fois que la mort
ou que des convenances l’exigent. Noirs saivons qu’il se vend
alors aux enchères, et que l’acheteur est libre d’en congé-
dier le locataire, c’est-à-dire l’esprit qui fhabite, pour y
loger et y installer le sien. Grâce donc à la surabondance de
son or, le Juif est, tantôt ouvertement et tantôt sous un nom
d’emprunt, racheleiir de cette mobile propriété qui penche
et verse sans cesse sur son terrain.
Ajoutons à ces notions générales une réflexion : c’est que
riiifluence des idées religieuses s’étend, aujourd’hui surtout,
fort au delà des limites que leur assigne le vulgaire. Elles
gouvernent, en mille circonstances, la politique des peuples;
et des allures de cette politique dépendent ou la marche ou
le sommeil des entreprises dans les voies du commerce et
de l'industrie. Or, mieux que tout autre agent, ce sont les
feuilles publiques qui donnent l’essor à ces idées dirigeantes
et qui les comtiriment au besoin, qui les pétrissent, et for-
ment l’opinion d’après les vœux de leur maître; ce sont
elles, plus souvent encore, qui trompent gouvernements et
gouvernés en se donnant pour les représeulants de cette
opinion dont elles usur|)cnt audacieusement la place. Ce
fait malheureux, et qui ne saurait échapper aux regards de
l’observateur, nous dit assez quel instrument indispensable
sont devenues ces feuilles aux intérêts et aux machiniilions
du Juif, le prince de tous les commerçants de la terre, et,
dans les intérêts de son commerce et de sa foi, le politique
le plus machiavélique de ce monde !
Plein de confiance que nous sommes dans la pénétra-
tion de nos lecteurs, nous indiquons ces choses du bout de
la plume, et nous disons, sans la moindre crainte de blesser
le nombre considérable des écrivains fidèles aux lois de
364
LES JUIFS.
l’honneur, que la presse est, par la nature même de sa
constitution et des usages auxquels elle consent h se prêter,
essentiellement vénale. A ce litre, elle appartient au plus
offrant^ le plus offrant, (juaiul il le veut, c’est le Juif, et ce
chapitre ne sera point terminé que la houche d’Israël elle-
même ne .s’ouvre pour donner h nos j>arolcs une preuve .sans
répli<|ue, et légitimer des conclusions qui de prime abord
auraient semblé téméraires.
Mais avant de passer outre, il jious importe de savoir,
autrement (jue par des paroles , si la presse , cette forme
orgueilleuse de l’opinion qui s’intitule la reine du monde, a
réellement «piclque valeur, cl si la puissance prétendue de
ce levier que manie le bras du Juif est ou n’est pas une
puissance surfaite.
Klle est peu de chose en vérité, nous disent les uns,
moins que rien, une sorte de néant ^ car ses deux pôles
opposés SC font équilibre l’un à l’autre. — Ah! laisse/, donc!
c’est bien tout le contraire, reprennent les autres-, elle est
tout a elle seule! Elle est la force des forces, et la plus
ferme des puissances ne saurait se tenir debout devant elle.
De ces deux affirmations, en est-il une qui soit acceptable
et solide?
Nous nous contenterons de donner pour réponse un
exemple do la valeur qu’un gouvernement fondé par des
journalistes, juste appréciateur des services de la presse et
maître d’un nombre considérable de journaux, allacbail à
la plus éminente de ces feuilles. Mais celle feuille était-elle
vénale? Mettait-elle au bénéfice du premier venu tel ou tel
prix à ses laveurs? Prostituait-elle à des inconnus scs folles
tendresses et ses amours? Ou plutôt, et sans lui prêter de
telles bassesses, était-elle de celles que les gouvernements
indemnisent par des subventions et des grâces, des peines
qu’elles se donnent à les servir et des pertes dont les
sympathies qu’elles leur témoignent deviennent pour elles
une inévitable source? Ainsi l’établit, en nommant celle for-
midable feuille des Débats, M. Toussenel, l’un de nos plus
CHAPITRE DIXIÈME.
36;>
s|)irituels iuvcstigaleurs. L’iij perliole et l’injustice sc mêlent-
elles a sa parole, dont il assuma lièrement devant le public
la responsabilité? Trop ignorant sommes-nous des faits dont
il a rassasié ses pages, pour ne nous point abstenir de jilacer
h côté de son jugeinenl le nôtre. Mais le personnel des
Débats, fût-il resté ce (]u’il était alors, ce sera justice de
faire observer à qui nous lit que nulle affirmation de
M. Toussenel, — et nous sommes loin de les reproduire
dans leur intégrité, — ne dépasse le millésime de son livre
(Paris, 1817).
Sous un prince protecteur et admirateur des Juifs', et
dont cette feuille était l’organe le [dus accrédité, éclate le
cri de M. Toussenel ; Les Juifs! les Juifs sont les rois de
l’époijue! Ce cri devient le titre de son livre, et nous y lisons
ces paroles : « Im féodalité financière a, pour faire connaître
son bon plaisir aux hommes du (jouvernemen' nominal, son
journal officiel, le Journal des Débats! »
« On a osé imprimer que tout ministère était tenu de
payer au Journal des Débats une énorme contribution de
guerre. — Le fait csl-il vrai? — Il y eut de grands ministres
qui ont essayé de s’aflranchir de ce protectorat onéreux ,
M. de Villèlc entre autres. Mais M. de Villèlc fut renversé
par une coalition dans laquelle les Débats figurent glorieuse-
ment, et le ministère .Martignac fut obligé de rembourser au
Journal des Débats les trois années de l’arriéré.... M. Tbiers
eut aussi, un jour, à ce qu’on assure, la velléité de sc ré-
volter contre le despotisme des Débats. Mais le vieux Entelle
terrassa d’un seul revers d’article le présomptueux Darès,
qui mit aussitôt les pouces, demanda pardon, et sc hâta de
conclure la paix avec le caissier du journal. L’acte de con-
trition fut accepté »
« M. Guizot et M. Ducbâtel s’honorent de leur empresse-
ment a exécuter les moindres ordres du Journal des Débats :
« Si c’est possible c’est fait ; si c’est impossible on le fera! »
Ils lui servent sa subvention à genoux, et sur un plat d’or.
' O't suprà, Bêdarride, p. 430; î' édit., <861.
366
LES JUIFS.
La dévotion de M. de Montai! vel au Journal des Débats dé-
passe les bornes de la servilité-, c’est, h proprement par-
ler, le Journal des Débats qui règne k l'intérieur quand M. de
Monlalivot est ministre. M. de Monlalivet a dû causer un
tort immense h la dynastie de Juillet, plus encore par son
entourage que pour ses actes ^ non pas seulement parce
qu’il a encombré tous les offices publics des pires écrivains
des Débats, mais parce qu’il a habitué l’opinion k faire in-
tervenir le nom du Roi dans tous les tripotages de la presse
ministérielle, et k considérer le Journal des Débats comme
l’organe du château, du parti de la cour. Et comment au-
rait-on douté dans le public de l’intimité qui régnait entre
la royauté de la rue des PnMres et celle des Tuileries, quand
on voyait figurer sur la liste des rédacteurs du journal tous
les noms des précepteurs des princes? »
(( J’ai pu habiter aussi longtemps que je l’ai voulu , sous
le io avril, la région des faveurs, des sinécures et des gra-
tifications. Je ne sais pourquoi, malgré mes affections pour
le pouvoir, je n’ai jamais pu séjourner dans cette région
plus d’un mois. 11 faut qu’il s’exhale de ce milieu ofliciel
une senteur de rachitisme moral et d'âpreté argentière qui
suffoque l’homme de cœur! »
Ces paroles de M. Toussenel ne sont point ambiguës-,
mais ne nous importerait-il pas de savoir ce qu’est en lui-
méme le journal qui, par les faveurs dont on le comble,
nous donne un échantillon de l’importance de quelques-unes
des feuilles de la presse? Eh bien, cela se dit du ton le plus
ferme : le Journal des Débats est d'abord « l’organe officiel de
la liante banque, et non pas du château. Il protégera la cour
tant que la cour se montrera docile aux volontés des puissants
seigneurs de la rue Bergère et de la rue Laffitte; sinon, non; et
son dévouement k la dynastie n’ira pas plus loin. Le Journal
des Débats a enterré beaucoup de dynasties dans sa vie, et
il y a longtemps qu’il a juré de ne plus s’attacher k des
institutions si fragiles'.
1 76., p. 6 à 9, vol. II.
CHAPITRE DIXIÈME. 367
Ce journal de la haute banque, dont les seigneurs judaïques
de la rue Bergère et de la rue Laffitte seraient les princes,
« est donc une véritable puissance, presque oflQciellemcnt
reconnue en Europe? » Et de fait, il « s’amuse quelquefois
h piquer aux naseaux l’empereur de Russie. Il n’y a pas de
couronnement d’empereur d’Autriche ou de reine d’Angle-
terre sans un envoyé extraordinaire du Journal des Débats.
Mais cette feuille est surtout la grande feuille des bénéfices,
le livre rouge du règne actuel. Je vous défie d’entrer dans
une bibliothèque publique, dans un amphithéâtre du Col-
lège de France ou de la Sorbonne, sans vous cogner la tête
b un rédacteur des Débats. La Cour de cassation, la Cour
des comptes, le Conseil d’Étal, les ambassades, le Conseil
royal de l’instruction publique, tout est de son ressort!
M. de Broglie avait eu l’excellente pensée de rendre une
ordonnance qui réservait les con.sulats aux élèves de VÉcole
des rotuuls. L’ordonnance de M. de Broglie ii’a jamais eu de
signification; la véritable école, l’unique école des consuls,
est le Journal des Débats. Le Journal des Débats a son consul
général ’a Bagdad (un Juif), un autre b Alexandrie, un autre
b Jérusalem , un autre b Gènes, sans compter un ambassa-
deur b Constantinople. M. Adolphe Guéroult, un ex-saint-
simonien, rédacteur alors des Déèatt, homme d’esprit, s’en-
nuyait en Europe; M. Guizot, pour le tirer de peine, lui a
trouvé un consulat... Le Journal des Débats peut tout, même
le bien! mais il n’en abuse pas; il lui sera cependant par-
donné beaucoup, pour avoir publié les Mystères de Paris! »
« L’Académie française et le théâtre relèvent du feuille-
ton des Débau, comme les ministères, les ambassades, les
consulats et le reste relèvent du premier-Paris » En
somme, le Journal des Débats, ce « journal de la féodalité
financière » , dont les Juifs sont les princes, « est l’arbitre
suprême des destinées de la nation ' ! »
Nous nous arrêterons b ce point, et, laissant b l’apprécia-
tion du lecteur une série de pages d'un singulier mordant ,
* Toussenel, les Juifs rois de Fépoque, t. 11, p. 1î, t3, 6, 10.
^ ~ Digitized by Google
368
LES JUIFS.
nous prierons rpiiconque jette les yeux sur cet écliantillon
<le la presse française, sur « cet organe ofliciel de la haute
bampie, » dont les corypliées sont des Juifs, de nous dire
si le journalisme est un rien? Si, tantôt pris en bloc et tan-
tôt meinlire à membre, il est une puissance? S'il est une
puissance aussi jurande par l’éclat de ses services, lorsqu’on
se réduit 'a la nécessité de les acquérir, que redoutable par
ses hostilités lorsqu’on n’a point su se donner la force de
les rendre méprisables? .Mais, dans (|uelque sens (jiie st>
prononce la sentence, ce que mille bouches se joindront de
mille côtés différents a la nôtre pour afiirmer, c’est que, sur
notre continent, rimmense majorité des organes de la
presse vit dans la dépendance du Juif; c'est ([ue les fonda-
teurs du jdus grand nombre de ces feuilles, et quelquefois
même les écrivains qui les rédigent, sont de race judaïque;
c’est que, plutôt encore, propriétaire ou suprême directeur
de ces journaux, Israël y tient à ses gages, et derrière le
rideau , un assortiment de, littérateurs riliginu: et politiques,
d’hommes de science et de roman, dont la plujtart, ainsi
qne dans les rangs de la hiérarchie maçonnique a laquelle
a[>partient cette presse, ne savent ni quel est leur véritable
maître, ni quels sont le plan et le but de l’œuvre complexe
dont un délégué de ce maître leur fait exécuter les détails'.
Ces choses dites, nous croyons que l’Allemagne est, pour
le moment, la région de rCiirope qui place dans leur plus
saillant relief ces deux faits ; 1“ la puissance de la parole
publique, de la parole enseignante jetée du haut des chaires,
et surtout de celle qui se donne la presse pour organe; 2" la
part de lion que le Juif s’est faite dans la possession et dans
l’usage de cette puissance.
Homme d’Ktat au service de la Grande puissance germa-
nique, et aussi clairvoyant que sagace, un de nos amis, —
un de ces rares protestants qui sont restés fidèles à la divi-
nité du Christ, — nous écrivait au mois de décembre 1863 :
« Pour les temps présents, je crois les Juifs très-actifs à rui-
' Ces choses ne sont ni seulement ni surtout pour la France.
L'"- 1 by Google
CHAPITRE DIXIÈME. 369
lier tes fondements de notre société et h préparer les révolu-
tions. Ils appartiennent à une race admirablement bien douée,
qui produit des génies dans tous les domaines et dans toutes les
tendances; je veux dire des hommes originaux , d’une haute
intelligence et déune grande puissance d'action. En Hollande,
par exemple, deux des protestants évangéliques les plus in-
fluents ont été deux Juifs convertis, d’Acosta et Cappadose;
en Allemagne, le grand historien de l’Église, Néandre, était
pareillement né d’une famille israélitevh Neuchâtel, dans
le camp opposé, le propagateur le plus infatigable et le plus
heureux de l’athéisme, c’ést un Juif, un banni d’Allemagne,
qui a su se faire une magnifique position dans ce pays;
l’État lui fait un gros traitement et lui a bâti un observa-
toire. Depuis la recrudescence révolutionnaire de 1848, je
me suis trouvé en relation avec un Juif qui, par vanité,
trahissait le secret des sociétés secrètes auxquelles il s’était
associé, et qui m'avertissait huit à dix jours d’avance de
toutes les révolutions qui allaient éclater sur un point quel-
conque de l’Europe. »
« Je lui dois l’inébranlable conviction que tous ces grands
mouvements des peuples opprimés, etc., etc., sont combinés
par une demi-douzaine d'individus qui donnent leurs ordres
aux sociétés secrètes de C Europe entière ! »
« Le sol est tout à fait miné sous nos pieds, et les Juifs
fournissent un large contingent k ces mineurs... Les ban-
quiers juifs seront bientôt, par leurs prodigieuses fortunes,
nos maîtres et seigneurs. » On m’affirme enfin « que tous
les grands journaux radicaux de l’Allemagne sont entre les
mains des Juifs » Les premières ligues de cette lettre
nous ont dit quelle y est leur tâche.
Quelques mois s’étaient écoulés k peine depuis que nous
l’avions reçue, et, sous les coups foudroyants de la Prusse,
l'un des plus puissants empires du monde s’affaissait sur
lui-méme, et tombait avec un tel fracas de ruines, avec
une si effrayante soudaineté, que l’Europe en tressaille
encore. Leçon terrible et peut-être inutile, mais qui -nous
li
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370 LES JUIFS.
apprend, lorsque dans le domaine de la pensée chaque
agent destrucleura rempli sa lâche, avec quelle vélocité de
foudre, — dans le siècle de la vapeur et de l’éleclriciié,
c’est-à-dire dans un siècle de miraculeux raccourcissements
de temps et d’espace, — viendront fondre sur nous les
événements les plus gros de surprises-, événements qui ne
cesseront de paraître aussi lointains aux yeux de ceux qui
ne savent ni croire ni voir, que le semblait aux contempo-
rains de Noé le déluge universel , la veille meme du jour où
ce cataclysme , si longtemps prophétisé , bouleversa la terre.
Or, le secret du vaste ensemble de machinations et de
trahisons au centre duquel s’accomplissait ce tragique
changement à vue, ce secret se trouvait avoir été celui du
public, qui tout à coup, se le rappelant, commençait à en
saisir le sens. Chose étonnante et « fait incroyable, quoique
signalé depuis longtemps, » s'écriait-on , c’est que : toute la
presse de l'Empire entrave, arrête, neutralise les efforts du
pouvoir, et semble militer bien autrement dans les intérêts
des ennemis de l'Autriche que de l’Autriche elle-même;
c’est que : toute parole de. haut enseignement sort d’une
bouche judaïque ; « c’est que : toute la presse est entre les mains
des Juifs’. » c’est que les Juifs, là comme ailleurs, sont les
instiluteurs de toute la jeunesse de l’Empire, les chefs in-
visibles et suprêmes des sociétés secrètes, qui, toutes en-
semble, sont en voie d’achever et de parfaire la ruine de
toute puissance chrétienne
Et, de fait, qui le croirait si les yeux n’eu portaient
témoignage? les journaux mêmes de l’Autriche « qui dé-
eudent la monarchie et l'Église catholique sont comman-
dités par des Israélites. » Là comme ailleurs, le judaïsme
s’est fait le maître, afin de l’être partout-, a et la noblesse
autrichienne n’a pu trouver en elle-même ni le talent ni le
dévouement nécessaires pour fonder des journaux! Aussi
cherche-t-on vainement dans les feuilles allemandes une
défense sérieuse des droits et des intérêts de l’Empire.
' Voir, à la fin de cette division, tes notes.
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CHAPITRE DIXIÈME.
371
Quelques personnes catlwlique.i, eu France, onl seules sou-
tenu avec persévérance la cause de l’Autriche, » tandis que
les journaux français de la Révolution, où domine l'inllueiice
Judaïque, travaillaient contre l’intérêt vital de leur patrie ’a
fonder la puissance de la Prusse. Ils se servaient, comme
en Italie, de la force unitaire d'un Roi, non dau%le dessein
de le grandir, mais avec la pensée de réaliser un peu plus
tard, à l'aide des États agglomérés sous sa main, cette
unification républicaine de l'Allemagne que doit suivre de
si près runification républicaine de l’Europe entière.
Depuis longtemps, hélas! la dissolution de l’Empire était
préparée par les plus Judaïques doctrines; « le rationalisme,
lèpre hideuse, rongeait jiresque tous les corps de l’Etat;
l’athéisme était publiquement professé dans les universités ;
une presse impie versait 'a flots chaque matin le poison des
plus mortelles doctrines, et ne parlons ni de la corruption
des villes, ni des mœurs licencieuses de l’armée et des offi-
ciers surtout, ni de la vénalité sordide et presque prover-
biale de ses administrations, ni de l’oblitération du sens
moral dans les hautes classes de la société, où l’adultère
était excusé, le duel glorifié, le suicide légitimé! » De tous
côtés donc la machine vermoulue craquait, croulait, tombait
en ruine; et, malgré la vaillance, et malgré l’héroïsme de
l’armée presque tout entière, d’odieuses trahisons, au
moment critique, livraient à l’ennemi quoi? — dirons-
nous la patrie? non! mais l’empire! — car la patrie, com-
mençaienth dire un grand nombre des citoyens de l’Autriche,
c’est l’Allemagne, que représente la Prusse!
La voilà donc cette puissance à demi brisée et sur laquelle
la révolution avait lancé ses anathèmes parce qu’elle avait
été, parce qu’elle pouvait redevenir un des boulevards du
catholicisme : te Saint-Empire! et, sous quelque face que l’on
envisage ses peuples, si le désordre y est si profond, si la
misère y est si grande, il ne faut l’attribuer qu'au savoir-
faire du monde occulte et de son prince , le Juif. Voilà ce
qui se dit et se répète à haute voix sur tous les points de
24.
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:,7j LES JUIFS.
l’Erapirc. Oui, « le plus gianil fléau de l’Allemagne, nous
disait naguère un homme d'Étai prussien, c’est le ju-
daïsme, » et le plus redoutable des instruments du judaïsme,
c’est la parole du professeur des hautes chaires, c est le
dissolvant quotidien de la presse ' 1
Mais Isrjël lui-même est loin de cacher son triomphe,
encore inachevé-, et dans le pays qui donnait naguère ii la
franc-maçonncrie pour gi-aïul maître universel son premier
ministre, lord Palmerston, un autre premier ministre, le
fds d’un Juif et d’une Juive, M. Disraeli, revendique en
toutes lettres pour le Juif l’honneur d’avoir fait de l’Alle-
magne catholique l’Allemagne Juséphisle et maçonnique,
c’est-a-dirc l’Allemagne révolutionnée que nous voyons re-
pousser à litre d’insulte et de danger public une alliance
avec la religion du Christ, un concordai avec Romel Écou-
lons, cl que nos oreilles ne laissent se perdre aucune syllabe
de ces précieuses paroles :
« Im puissante révolution qui se prépare et se brasse en Alle -
magne (18W), où de fait elle sera bientôt ume seconde
réforme plus considérable QUE LA PREMIÈRE,
celte révolution dont un soupçon de jour permet à peine aux
yeux de la Grande-Bretagne de. pénétrer tes mystères, eh bien!
sous quels auspices prend-elle /q plénitude de ses développe-
ments:' Sous les auspices du Juif, a qui , dans l'Allemagne,
est échu le monopole presque complet de toutes les chaires
professorales’ » et de tous les organes delà presse : vérité
d’e'vidence et de notoriété publique!
Ce que disait en termes si clairs le ministre triomphant
de la Grande-Bretagne, M. Disraeli, l’un des (ils et des
initiés d’Israël, et ce qu’il savait en-quelque sorte par droit
> Pour les entre-guillemets, la correspondance du Monde 4 sep-
tembre 1 866 ; l’auteur de celle correspondance est un liomme éminenl,
nui connaît à fond l’Allemagne; il est Allemand, et l'homme d’Etat
dont il parle n’est pas celui dont nous reproduisons une lettre, et que
nous appelons notre ami. „
2 Entirelv doveloping (itself) under tlie auspices of lhe Jews... Lom--
bien ces paroles n’onl-ellos pas gagné en évidence depuis leur date.
1844 Disraeli pour l’entre-guillemets, Coninpjbÿ, p. 183-4.
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CHAPITRE DIXIÈME.
373
(le naissance, le premier ministre de rAutricIie, M. le prince
de Metlernich eût dû le savoir par le fait de l’observation,
lui, cet homme d’État tout-puissant qui se doutait si peu qu’un
des hommes investis de toute sa confiance, et par conséquent
dépositaire de la plupart des secrets politiques de l’Europe,
était le pseudonyme Nubius, c’esl-a-dire le chef le plus
redoutable de l’occultisme , et le collègue du Juif piccolo-
Tigre! Ses yeux, ainsi que les yeux de la plupart des souve-
rains, refusaient le jour d’une lumière trop vive. Vaincu
cependant qu’il était par des indices d’une importunité
fatigante, un beau jour il laisse s’échapper de sa poitrine
ce cri, où, dans l’expression du langage familier, la pro-
phétie se mêlait ù l’histoire : t
Il y a dans Tempire d’Allemagne des éléments révolu-
tionnaires qui n’ont pas encore servi, et qui sont redou-
tables-, L'élément juif, par exemple... En Allemagne, les Juifs
occupent le premier rôle, et sont des révolutionnaires de pre-
mière volée. Ils ont des écrivains, des philosophes, des poètes,
des orateurs, des publicistes, des banquiers, et sur la tête et
dans le cœur tout le poids de l’ancienne ignominie! Ils
auront un jour redoutable pour l’Allemagne,... probablement
suiiri d'un lendemain redoutable pour eux ' ! m
L’organisation particulière a la nation juive, ses doctrines
antichrétiennes, qui sont celles des sociétés occultes dont
le Juif est l’âme et le prince, et dont l’organisation répète
celle de sa race au milieu des peuples; l’or qu’il possède et qui
nous possède; la parole enseignante et la parole de la presse*
qui deviennent sa propre parole, voilà ce qui fit du Juif ce
qu’il est : notre maître latent; voilà ce qui, dans un avenir
prochain, fera du Juif notre maître patent, ou du moins le
principal instrument du plus inimaginable despotisme.
‘ Rougeyron, Antéchr., p. 28-9: Paris, 1861; paroles prononcées
en 1849,
2 Lire sur la presse : 1. I, la Grosse presse; 1. II, la Petite presse
Louis Veuillot, Odeurs de Paris, 7“ édit., 1867.
371
LES JUIFS.
PRE.MIER APPENDICE.
Comment et par quelles voies ce travail de décomposition d’une
société chrétienne que nous venonsd’inrriquer fut-il si maiheureosement
préparé dans l’empire d'Allemagne? Quelle en fut la cause antérieure,
et rinfluence judaïque fut-elle étrangère aux origines de ce mal? — ■
Peut-être notre réponse étonnera-t-elle plus d’une oreille; car, nous
le dirons d'un mot, et sans hésiter : Il faut chercher dans 1 héiTsie...,
il faut chercher dans le haut jansénisme , la cause immédiate de celle
décomposition sociale. Nous y verrons aussitôt d’une vue claire que
ce jansiaiisme , intime allié dis sociilés occultes, a professé les doctri-
nes des Gnostiques; que les Gnostiques, ainsi que tous les premiers
hérésiarque.s, ont eu pour pères les Juifs; et nous nous rappellerons
alors, pour le répéter sans cesse, que les Juifs, les instiluleurs actuels
de l’Europe, sont les chefs primordiaux et permanents des SnciiHés
de l’ocfultisme, dont les principes rongent et dévorent les entrailles
des sociétés de la vieille Europe. Déjà peut-être e>t-ce dire en termes
assez clairs que l’inllucnce judaïque dut s’infuser en Autriche d’une
manière aussi profonde que sensible sous la main audacieuse du jan-
sénisme, dont les exploits forment une série d’incomparables mer-
veilles. Car, dès que cette hérésie se prend à rc.spirer l’air libre dans
le saint-empire, l'espiit qui souille d’un bout à l’autre de ces (itats
chrétiens y rend le clergé lui-mèine, et jusqu’aux évêques, l’objet
d’un scandale dont nulle plume ne nous trace une plus vive et navrante
peinture que celle d’un très-docte et puissant investigateur, M. l’abbé
Davin.
M. l’abbé Davin? l’un de ces prêtres qui se passionnent, s’aigrissent,
et dont l’esprit se lance avec intrépidité dans la voie détestable des
exagérations! — AhI quelques-uns le disent, et nous ignorons s’il
y a quelque vérité dans ces paroles. Ce que nous savons, c’est que
les recherches de ce docteur ont un intéiêt saisissant; c’est qu’il pro-
digue une énorme richesse de faits et de détails que font afllucr sous
sa main des autorités qui nous semblent graves, et parmi lesquelles se
distingue un de nos plus vénérables cardinaux. Nous ne les avons pas
discutées, il est vrai, ces autorités, car le lecteur pourra s’imi>oser
celte lâche. Mais ce que nous devons énoncer, c’est que nulle part
nous ne trouvons l'histoire de l’Eglise en désaccord avec les faits et
les conclusions que ce docte écrivain établit, et qui, chose remar-
quable entre toutes, semble n’êlre que le développement du mot par
lequel un Israélite de nais.sancc, le premier ministre de la Gramle-
Brelagne, nous rlécrit avec orgueil l'action désastreu.ve et irrésistible
de la propagande judaïque au sein du vaste empire d’Allemagne.
Mais les indiscrétions de ce prêtre mettent h nu les plaies doulou-
reuses de l’Eglise? Grand sujet de scandale pour les fidèles, et de
triomphe pour ses ennemis!
Serait-il plus sage de les cacher? Pourquoi donc alors l’Église, dans
Digitzod by.GoOgle
CHAPITRE DIXIÈME. 375 '
ses Évangiles et dans son hisloiref, se garde-l-ellé si fort de ne point
nommer ses Judas? Est-ce que jamais elle a voilé ses plaies, les
stigmates qui prolongent dans son corps la Passion de son divin Chef?
Est-ce que sa gloire n’a pas toujours été de vivre dans le grand jour
de la vérité? Moven admirable de prouver, aussi bien par les faiblesses
et les trahisonsque par la sainteté de ses serviteurs, la divinité de son
caraclère.
Ces choses dites, nous nous hâtons de soumettre à l'appréi iation du
lecteur, et en simple note, un extrait de la pièce importante dont
M. l’abbé Davin ne craignit point d’assumer devant le public la res-
ponsabilité : nous y ajoutons peu de chose.
L’illustre et très-clmUienne impératrice Marie-Thérèse crut devoir
introduire dans scs Etats deux médecins célèbres, mais que, fidèles à
leurs plans destructeurs, les habiles initiés qui poursuivent le Qirist
de leurs haines mortelles avaient h son insu choisis dans la Hollande
parmi les hommes les plus dangereux pour la paix de l'Église ; Van
Swieten et de llaén. A peine ces deux savants ont-ils pris pied dans
l’empire, que i le jansénisme, c'esl-è-dire la Révolution, s jette un
bandeau sur les yeux de l’Impératrice et des futurs Empereurs, s’em-
pare I du ministère de l'instruction publique^ et marche à pas de
géant. Il I Trente ans après, elle sera maîtresse de tout. Le
Sanhédrin janséniste aura partout ses synagogues, sous le nom de
loges maçonniques ; elles dirigeront tous les cabinets, et elles occupe-
ront presque tous les temples '. s
Van Swieten meurt en 1772, et son fils, qui s'est lié lors de son
séjour à Paris avec les apôtres do la nouvelle philosoj tiie, se fait
l’in trument d’un parti si puissant que, sur le terrain religieux, il
règne <i abso'ument, et durant vingt ans, sous les noms de Marie-
Thérèse, de Joseph 11 ce misérable empereur à qui la chrétienté,
l’humanité devront tant de maux, et de LÂipold 11... »
* Obirrvons ralliance étroite que le perupirace invc«tigafeur établit, par le*
•euU mou Sanhédrin et Sj naijague, entre le jndaUme et l hérésie reprraeniêe par
le haut jaosrniime. Voyons encore le jaiiséiiisnie transcendant se eonfomire, par
ses coti*ulsioanaires, avec tes ilhimivéêf c'est^i dire avec les conspirateur* de
tordre epîrite, adeptes de la Cabale magoimùjue. Car la Cabale, noii* dit rinilié
Ba|>oa, est • la mère des sciences occultes ■ [Ma^-oimerie occuUty p 78; raâs,
1853), et nous savons qn’clle est l'àine du Talmud et du Zohar l Ne perdons de
vue aucune de CCS espressions, aucun de ces points de repère.
* Joseph II, ce stuge du {;raiid Krederîr, a qui les JutFs n’oot pas ménagé la
louange, et que ce mnuarque appelait mon Frère le sacristain, était inca|>able de
gouverner ses États; mais, possédé de la maoie des réformes, il y ^.git en des>
pote, il y usurpa le pouvoir papal, régenta , bouleversa, désola rhlglise, et pré-
para par tes prodigieuses inepties la ruine de l'.^utriche. Bien plus niais que nié*
cbatil, il fut pour la chrétienté un Héau dont l'actiou ne cesia poiul avec sa vie!
Lire dans VHietoire de tÊtjUse de Rolirbaiher, l. XXVll, p. !231 ; 1852, etc., un
résumé des actes de ce triste et implacable novateur (élève de l'abbé janséniste
de Terme, etc., etc. Cours dîhistaire ecclétiaHique, i. III, p. 436; 1867, par
M, l'abbé J. J, Blanc ; trè^Mvant ouvrage).
I
DiynCea by Google
376
LES JUIFS.
« La destruction totale de l’ÉgliSe, dit le P. Tlieiner, était résenée
à un seul homme. Cet homme était le janséniste baron Van Swieten ,
qui par son hypocrisie sans égale, et par le crédit qu’il s'était acquis
grice à ses relations avec les philosophes français et allemands,
mais surtout avec ceutL de Berlin, sut amener l'Empereur i le nommer
directeur do l’instruction publique en Autriche. » Nous comptons au
nombre de ses appuis, Sonnenfels, Born et Ejbel, c’est-à-dire « les
propagateurs les plus zélés de l'Illuminisme! »
Tel fut, en conséquence, l'homme dont les Illuminés qui se révélè-
rent en Franco par les exploits auxquels se rattache le nom de saint
Médard, se servirent pour a décapuciner et déniaiser les Autrichiens. »
Van Swieten, a6n de faciliter cette œuvre, a ne donna de places qu’à
des hommes dépourvus de conscience et do religion, de vertus, de
piété, de mœurs et de dignité '. La véritable science n'entrait jamais
chez lui en considération. Je dirai même plus, partout où elle se trou-
vait, elle était repoussée, parce qu'un la craignait. Il fallait être philo-
sophe ou Illuminé, pour obtenir une chaire en théologie. — Les char-
latans les plus impies étaient ceux qui obtenaient le plus de facilité
pour l’avancement. Enfin , l’esprit immonde a jeté son masque ; il
s’est fait cynique, il a installé l’orgie en plein soleil et en plein sanc-
tuaire ; c’est à peine si l’on ose en croire ici l'histoire la plus au-
thentique, et surtout la citer. >
Il serait trop long, écrivait le t7 septembre 1788 un vertueux fran-
ciscain, professeur à l’académie de Rattenbcrg, de vous faire part de
tout ce que j’ai éprouve à Vienne. Sachez, en tous cas, « et soyez
convaincu que je ne parle point par hyperbole. » J'ai vu , dans cette
université jadis si florissante, le renversement de toutes choses, et
« une si effroyable immoralité que, si je ne l'avais vue de mes propres
yeux, je n'ajouterais pas foi à ce que d'autres m'en diraient. •
On compte dans le séminaire général quatre-vingts séminaristes;
• mais le nombre de filles de joie à qui les directeurs accordent la
libre entrée, dans le but d’ôter à ces jeunes gens tout sentiment de
honte, est beaucoup plus considérable. Et que dirai-je des thèses que
l’on y soutient! Les écrivains les plus dangereux se trouvent dans
toutes les mains, et plusieurs professeurs complètent dans leurs ex-
plications ce qui manque à ces ouvrages en impiétés et en infamies. >
D'ailleurs, « ce que je vous dis du séminaire général de Vienne est
plus ou moins vrai de toutes les institutions du même genre à Gratz
en Styrie, à Olmutz en Moravie, à Prague en Bohème, à Pavie dans le
Milanais, à Insprucli dans le Tyrol Le janséniste Tamburini, après
avoir été chassé de l’État vénitien pour ses blasphèmes et scs propo-
sitions scandaleuses, et s’être réfugié à Pavie, y a été nommé recteur
du séminaire général. Le recteur du sthninaire d'inspruck est le
fameux incrédule et franc-maçon Allierlini. •
' Ce même travail, ce ntêrac criiuc, est en voie de t'accomplir dani un très*
{;rand nombre d’Éiau; et, par ses effets, la Révolution eicrce des ravages autre*
ment redoutables que par la terreur.
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CHAPITRE DIXIÈME. 377
Prêtre et professeur de théologie au séminaire de Rattenberg,
Jean Kolb se livrait à tous les vices; et, digne imitateur des anciens
Gnostiques, « il attaquait ouvertement la religion et la morale en
présence des séminaristes et des laïques. R menait ses élèves le ven-
dredi dans les plus mauvais cabarets, buvait et mangeait avec euï, et
les excitait à faire usage en public des viandes défendues par l'Église.
Il leur enseignait sans détour que la simple fornication , loin d’être un
péché , était permise , et même nécessaire. Pour leur rendre com-
préhensibles ces principes de morale (gnostique), il les conduisait lui-
même dans les fossés de la ville aux heures où les soldats ont coutume
de s’y livrer à leurs orgies; il repaissait ses yeux de ce spectacle, et
exhortait ses séminaristes à imiter en toute tranquillité de conscience
ces abominables exemples. Kolb devMt enfin un objet de scandale
pour toute la ville; on protesta hautement contre lui à Vienne, mais
en vain ; Van Swieten le protégeait, et Kolb demeura cinq années en-
tières à Rattenberg. La mort saule put retirer ce monstre du théâtre
de ses crimes. »
Une circonstance permit sans doute « au ministre de l’instruction
publique à Vienne de si affreuses audaces : c’est qu'il avait pour
complice le premier prélat de l’empire , l’archevêque électeur de
Mayence, C*** F*’** J*** d’E'**, et toute une troupe de Judas avec
lui » Ce prélat était parvenu d’ailleurs â se donner pour coadjuteur
son parent, le baron de D***, traître à sa patrie, et qui ne craignit
point de livrer l’Église aux francs-maçons, ses frères >.
Lors de la chute des principautés ecclésiastiques de l’Allemagne ,
lui seul gardera la sienne : Napoléon, en lui laissant le domaine tem-
porel de quelques États, lui permit de prendre le litre de primat, ce
qui indiquait assez quels projets il basait sur ce prélat I Mais la divine
Providence fit avorter ce projet.
a Ainsi parle le cardinal Pacca ; et le cardinal Consalvi nous montre,
le jour du sacre de Napoléon, Mgr D*** assis à la table impériale
avant le Pape » Enfin, de progrès en progrès, « le ministre de l’in-
struction publique et l’archevêque de Mayence en étaient venus à
réformer à peu près tout l'épiscopal â leur image. Des loups I on ne
voyait que des loups à la tète des brebis de Dieu I »
Mais où donc s’étaient réfugiés les évêques? HélasI cette terrible
chute de notre sainte Eglise, écrit un digne religieux, < aurait pu faci-
lement être prévenue par nos évêques; mais, ù douleur I presque tous
y ont prêté la main, et ont préféré rendre hommage aux princes de la
terre que de glorifier le Dieu du ciel. » Trois de ces prélats exceptés,
< les autres purent , à juste litre, être appelés les dévastateurs plutôt
que les gardions de leurs troupeaux. Je ne veux pas, de peur de vous
affliger, vous rappeler le triste souvenir de C*'*, primat d’Allemagne
et archevêque de Salzbourg, ni celui de l’infâme K***, évêque de
* Voir, même pièce, ce que ttil le cardinal Pacca de cet Illuminé, dont la
tecte diri{-cait alori plus ou moint tous les caliineu de l’Allemagne*
* Voir lea antoritéa, même pièce.
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378
LES JUIFS.
Saint-Pollen et conseiller privé de l’Empereur, car il est Irop connu... »
C***, O rival d'E*** en fourberie schismatique, riait franc-maçon,
comme D*'*, comme tou.s les meneurs du mouvement qui chanpeait
alors la face de r.\llemapne. » La franc. maçonnerie, dont les Juifs
forment l’elat-major, • et qui n'est que le jansénisme doublé du plii-
losophismc son adversaire en apparence, mais foncièrement son ami,
la franc-mafonnerie occupait lous les grands sièges épiscopaux , ou
par les titulaires ou par leurs sutiordonnés. »
O .-Xinsi les prélats trompaient l’Église, ainsi on les trompait eux-
mémes; ainsi les scandales n'avaient plus de limites Que devaient
donc être les peuples, avec un tel clergé et do telles menées diaboli-
ques? Les mœurs s'écroulaient dans les villes, elles étaient boulever-
sées dans les cam|tagnes; nftis nulle part elles ne présentaient un
aussi triste spectacle qu'à Vienne, où le gouvernement avait comme
pris à tâche de corrompre , pour régner à la place de l'Église. » Il
prétendait accroître de la sorte son tiès-légilime pouvoir du pouvoir
tout spiécial qui ne saurait appartenir qu'aux ministres de la puissance
spirituelle.
Et cependant, dans les masses, la foi résistait encore, o tant elle
était antique et solide, et tant la grâce de Dieu la soutenait. Quant à
la religion, dit le cardinal i’.icca, malgré tous les efforts des sectes et
des sociétés secrétes pour la déraciner du cœur des bons .\llemands, je
puis dire qu'elle y était encore pleine de vie dans la plupart des ca-
tholiques, et cette conservation, on peut le dire, était un véritable
prodige ' I »
Ainsi, lorsque sonnera l'heure des dernières et tics plus redoutables
persécutions de l'Église, Dieu protégcra-t-il les üdeles, jetés bien plus
avant encore que nous no venons de le voir au milieu des dangers où
h' vertige s’emparerait de la foi la plus robuste, si le ciel lui-méme
ne se hâtait d intervenir. .Mais gardons-nous d'agrandir l’amph-ur de
notre horizon, et bornons-nous, pour le moment, à répéter une phrase
do ce précieux texte, car elle le résume tout entier.
s Le jansénisme, c'est-à-dire la Révolution », tenant le < ministère
de l'instruction publique », va marcher en .\llemagne « à pas de géant.
Trente ans encore, et elle sera maîtresse de tout. Le Sanhédrin jan-
séniste aura partout ses synagogues sous le nom de loges maçonniques.
Elles dirigeront tous les cabinets, et elles occuperont presque tous les
temples »
' T. tt, p. 81. Cetle pièce ioiportanle, munie de toutes les autorités à l'appui,
fut publiée dans le Monde , te lit août ts68.
* Fiiurmie imptacable et surtout liyporrite de toute libt'rté, la révolution,
dont le janséuisiuc n'est tpi 'une face, veut, sous prêtclte tle progrès, im|toser aui
faoiilles, dans tous les fltats, le jnuf> de l'instruction obligatotre ; et itouripioi? —
Parce qu'eile veut faire de nos tuFants les siens, en les mudebnt à sou image;
parce qu’elle vrtit, coiiiine en Sulriclie, irausFbrmer un peuple clirélirn en un
peuple imbu de toutes les doctrines subversises de la civilisation cbrctiriiiie, c'est*
à-ilirc en un p, uple imbu ries doctrines du jud.iîsiue. l.ire les passages que nous
avons cités des discours de ï Alliance ûraélite umvenetle.
i?ôaT,^ oaiis'^Ie
CHAPITRE DIXIÈME. 379
Lorsque nou.s rpproiltiisimee ces lignes, qui semblent amiilgamer,
pour en l'ormer sans raison un seul et nu'me tout, quatre choses en
apparence distinctes : r/if'rcsi> (janséniste) et la lirvotulion, la franc-
maçonnerie et le judaïsme (Sanhédrin), quelques lecteurs ont pu
croire, quelques critiques ont pu s'imaginer et nous eûmes soin d'en
rormuler la remarque, que l'auteur cité par nous abusait de l'hyper-
bole et confondait l’une avec l'autre des choses qui n,'ont entre elles
que d'insensibles et de lointains rapports. .Vais l'histoire, inlerrogée à
sa source, compulsée dans ses archives, aidée des aveux du judaïsme,
démontre le contraire, et, pour notre part, nous admirons la science
de l'écrivain et la justesse de son jugement, tout en regrettant dans
l'intérét du public la trop nerveuse concision do sa parole.
Rien donc de plus clair et de mii ux avoué ; le judaïsme, aidé de la
parole enseignante et de la presse, est l'âme infatigable de toutes les
sociétés cabalistiques et .secrètes et de toutes les menées impies qui,
soit dans le for intérieur de l'hérésie, soit dans les développements du
philosophisine qu’elle enfante, s'attachent à la ruine du monde chré-
tien dont M. Disraeli semble jeter au milieu de nous la menace.
DEUXIÈ.ME APPENDICE.
.Méconnaissant les intérêts les plus évidents de la France, la pres.se
révolutionnaire presque tout entière s'est portée avec un désastreux
entrain à produire les dcu.x grandes unifications de l'Italie et de l’Alle-
magne, qui sont la ruine de notre prépondérance, et qui déjà nous
réduisent à la cruelle et impérieuse nécessité de ruiner nos finances,
notre agriculture et notre industrie, en faisant de tout Français un
soldat. Entre mille preuves de ce déploiable esprit, nous ne citerons
que l’un des mille p issages du journal t'Élendird, dont les premiers
succès furent dus à cette annonce : qu'il s’abstiendrait de toute appré-
ciation politique, parole qui nous tronqia. Sa spécialité devait être la
relation des événements de la guerre entre la Prusse et l’Autriche.
Mais ce qui frappa le public, et ce qu'on vit s’épanouir avec une com-
plaisante na'i'velé dans cette feuille, ce sont les sentiments d horreur
qu'inspire à la Révolution tout État coupable d’une tendance catho-
lique, l’existence et la prospérité de cet Etat fussent-elles nécessaires
à la puissance et à la prospéiité de la patrie. Il est donc question de
l'Autriche, où les principaux organes de l’opinion sont la bouche et la
plume du Juif.
<1 Pendant la guerre, nous dit le journal l’Étendard, tout a servi la
Prusse, tout a desservi l'Autriche... » Et d'où vient ce singulier phé.io-
mèneî Ah! ahi vous en iriez chercher trop loin les causes, et vous y
perdriez trop de temps, lecteur non stylé! Qu’il nous soit donné de
vous épargner cotte peine. La cause de toutes ces catastrophes, l’hten-
dard vous la dit ; « L'Autriche a un pacte funeste qui absorbe, détourne.
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380
LES JUIFS.
IMralyne toutes ses forces vives » ; et ce pacte c’est un concordat
avec Rome! Donc, cl puisque ce n’est point un concordat avec la
Révolution, i les citoyens se défient les uns des autres; et, tous en-
semble, du pouvoir! Le magistral tremble devant le prêtre, le mar-
chand devant le soldat. Toutes les relations sont faussées et forcws... »
« Il n'en saurait être autrement! L’Autriche ne s’appartient pas;
toute sa vie uationalc est aux mains de son clergé, lui-même à la
merci de qui le mène! Il n’est pas une des branches de l’activité
socia'.e sur laquelle le concordai de 18.55 ne donne au clergé autri-
chien une souveraineté complète Qu’on s’étonne, après cela, de voir
à Vienne tant de sourds mécontentements se répandre, cl, dans toute
l' Allemayne, les hommes d'action, d’étude et de pensée, te rallier à la
Prusse' Nous pouvons donc dire de l’Autriche ce que nous avons
dit de l'Espagne ; il s’y forme fatalement deux société dans la so-
ciété, deux Étals dans l’État... Voilà le mal, et ce mal est tout entier
dans le concordat de 1855, dont le Reichsralh n’a cessé do demander
la révision, o
« En donnant sa démission en masse lorsque l’ennemi vain-
queur est sur le territoire de l’empire, le conseil municipal de Vienne
aura-t-il fait un acte utile? Cette leçon ouvrira-t-elle les yeux du pou-
voir? « Nous voudrions le croire, nous n’osons l’espérer. Mais il faut
que la situation soit bien grave, le mécontentement bien vif, la com-
pression bien lourde, pour que lu ville de Vienne se soit vue obliijée
d'élever la voix dans d'aussi douloureuses circonstances
0 C’est qu’en effet un prince qui fait de pareilles concessions, et
ipii laisse ainsi amoindrir la couronne, devient par son exemple un
danger public , non-seulement pour ses peuples, mais pour tous les
Etats 3 ! g
O singulier patriotisme , et dont le premier ministre de la Grande-
Bretagne, l’Israélite Disraeli, vient de nous donner le mot! On croit
rêver en lisant ces lignes! Non, notre lâche ne saurait être de dire ce
qu’il y eut de lâchetés et de trahisons dans l'Empire devant l’inva-
sion prussienne, d’autres l’ont fait! Il nous sulTit d’indiquer le rôle de
ceux qui crurent devoir se faire au dehors les auxiliaires des vain-
queurs, dans la campagne contre le concordat. Eli quoi! un É-tal, un
prince, oser se reconnaître catholique au dix-neuvième siècle! Oser
donner ce dangereux exemple au moment où l’anticalholique M. Toiis-
scnel a jeté ce cri de terreur : Les Juifs! les Juifs sont les rois de
l’époque I Un État, un prince, oser traiter avec Rome, oser régler, à
l'exemple de Napoléon I", l’accord, la concordance des droits de la
religion avec les droits de l’Étal I Un prince, enfin , oser se soustraire
à la Révolution qui concentre sur le Christ toutes les haines! un prince
oser ne céder que pied à pied aux sociétés secrètes, celle milice cos-
' Écliantillon du palriolitnic judaico-marnunique.
* ProSter de t’agonie de la patrie pour arriver à de letles 6ns : Proh pudor.’
Od tâit comment était composé ce conseil.
’ Les enlrc-guillemcls sont de (‘Etenilard, 30 juillet 1666.
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CHAPITRE DIXIÈME.
381
mopolite que disciplinent et gouvernent quelques-unes des plus fortes
tête? d’Isniël. Ah! périsse cel État ou le judaïsme! la môme terre ne
saurait porter à la fois ces deux puissances.
Un mot encore, et que des plumes allemandes nous peignent les
sentiments qui, la presse aidant, s’affichent dans cette Allemagne que
M. Disraeli s’applaudit de voir si profondément judaïsée ; mais vrai-
ment, un spectacle plus navrant, plus écœurant, plus dégoûtant, serait
difficile à imaginer :
O A différentes reprises nous avons signalé les sympathies prus-
siennes beaucoup trop vives des journaux libéraux , des étudiants et
de certaines associations de Vienne et de l’Autriche. Une nouvelle
association de ce genre vient de se constituer à Gratz, sous la direc-
tion (le MM. de Hausegger, Obmann (président de la commission du
cercle), du comte Attems, Sailler, et des docteurs Strohal et Mack.
L’association se qualifie de Nationale-Allemande. Sa tâche est de faire
une guerre implacable à l'Eglise catholique et à tous ceux qui s’oppo-
sent à l'unification prussienne de l’Allemagne. Voici un extrait de
l’appel qu’elle a adressé aux Allemands autrichiens : »
« Aujourd’hui 30 millions d’Allemands sont unis dans la Confédéra-
tion du Non!; le nom Allemand a acquis une considération et une
autorité que, depuis les beaux temps de l’Empire, il ne possédait plus.
Par CO fait, la conscience nationale non-seulement remplit chaque
Allemand de fierté et d’heureuse espérance , mais lui donne encore la
conviction certaine que, selon les lois de la gravitation, qui s’exercent
aussi dans la vie des peuples, l’annexion du sud de l'Allemagne à
l’Etat fédéral du Nord n’est plus qu’une question de teynps. »
a Notre sentiment, quant à nous, est que, pour l’État auquel nous-
mêmes nous appartenons, ce n’est pas seulement une tâche à remplir,
mais une question vitale, que de n’opposer aucun obstacle à cet irré-
sistible besoin d’unité qui pousse l’Allemagne dans la voie de son déve-
loppement national. Séparés de la patrie allemande par les événements
de 1866, nous. Allemands- Autrichiens, n’en avons pas moins le devoir
de laisser s’accomplir, il est vrai sans y coopérer directement, mais
non pas sans une chaleureuse participation de cœur, la réunion de nos
frères d’Allemagne en un seul grand État. Et si quelque tentative
hostile avait lieu contre ce progrès unitaire qui se poursuit dans l’Aile- •
magne non autrichienne, nous devrions voir là une trahison envers la
cause allemande et nous y opposer avec toutes les armes légales... » Il y
aura donc trahison pour un Autrichien à ne plus trahir l’Autriche!
Et tout marche de front. Les tribunaux, jusqu’ici assez fermes sur
les principes, reprend M. Khun à qui nous devons cet extrait, com-
mencent à se mettre à la hauteur du progrès libéral le plus moderne.
Le tribunal supérieur (Oberlandesgericht) a statué que les chansons
indécentes et obscènes ne peuvent être punies parles tribunaux. Cette
décision assure donc une impunité complète à toutes les obscénités
mises en chansons. L’effet en a été qu’aujourd’hui , dans toutes les
brasseries de Vienne, on ne chante plus que des chansons si infâmes
382
LES JUIFS.
que les journaux libéraux eux-mêmes s'en effrayent et protestent. —
Hermann Khun, Monde, il avril 1869.
Au moment où la Prusse , aidée de toutes les sociétés secrètes de
l’Europe, vient do briser l'Autriche, coupable d’avoir osé signer un
concordat avec Rome, ne voyons-nous point que l'esprit qui règne
dans cet empire où les Juifs .sont aujourd’hui les maîtres de l’or, de
la plume et de la parole, est celui que lui ont inspiré les alliés du
judaïsme, les disciples de Van Swielen, les membres du Sanhédrin
révolutionnaire qu’une plume savante vient de nous décrire; ces
adeptes, en un mot, dont l'audacieuse habileté prépare avec les Juifs
leurs maîtres, selon lesyiaroles du prcmieè' ministre Disraeli, le dernier
acte du bouleversement social I
OU.VTRIÈME DIVISION. — SUPÉRIORITÉ INTELLECTUELLE DU
JUIF SUR LE CHRÉTIEN; UN MOT SUR LA SUPÉRIORITÉ
MORALE.
Le Juif, armé de ses moyens d'influence, est aujourd'hui l’homme qui
prime et qui dirige; une force i^ré^istlble, et qu’il ajoute aux forces
que déjà nous lui connaissons, est l’incomparable supériorité de
son intelligence ; — Exce|)tion. — Culture acharnée de i elte su|)é-
riorilé; pourquoi et comment elle s’affirme dans toutes les carrières.
— Elle est la preuve de sou impéris.sable vitalité. — Cette supério-
rité de nature éclate jusque dans le sein des classes infimes; des-
cription pittoresque. — Le Juif, si prompt à grandir, n'est cejven-
dant point un parvenu ; il est un gentilhomme déchu qui rentre dans
ses droits de noblesse. — Autre peinture, complaisante et vraie,
des étonnantes supériorités du Juif, |iar le premier ministre de la
Grande-Bretagne, M. Disraeli. — Comment celle supériorité pré-
pare au Juif l’empire du monde, qu'il convoite, et que déjà il exerce
en partie. — La supériorité inlellecluelle du Juif sur le chrétien est-
elle accompagnée de la supériorité morale'f
Arme des moyens de défense cl d’attaque qu’il s’est pa-
tiemment, laborieusement créés dans le cours des siècles,
cet homme tout pétri de ruse, d’industrie et d’audace, le
Juif,... dans un certain nombre des États de l’Europe, peut
aujourd'liui se dire sinon le maître patent de la société, du
moins l’Iiomme-prince , celui qui prime en réalité, celui qui
dirige, et dont l'influence est dominatrice!
Telle est cependant encore l’auréole de mépris dont les
siècles l’ont entouré, que, pour exercer son empire, ce
maître doit le plus souvent abaisser le voile sur son origine.
- llinili/roh', Glltlj^le
CHAPITRE DIXIÈME.
383
et ne découvrir qu’avec une réserve extrême les moyens de
supériorité qui distinguent sa personne et convergent dans
sa main. Le nombre en est inüni; loin de nous est donc
l’idée de les énumérer. Mais à la force que prête au Juif la
constitution naturelle de son peuple au milieu des autres
peuples, c’est-h-dire l’inappréciable avantage d’être à la
fois, en tous royaumes, un État dans l’État, et par cela
même, d’un bout à l’autre de la terre, une société jiresque
aussi facilement secrète qne patente-, à la force que prête au
Juif son habileté séculaire et suprême à tenir sous sa mysté-
rieuse direction les sociétés de l’occultisme, dont l'esprit
est l’esprit même qui l’anime; à la force que prête au Juif
l’or sur lequel il exerce l’action fatale de l’aimant sur le fer;
à la force encore que lui assure la presse, dont l’or est l’un
des plus énergiques moteurs, il faut ajouter une force à la-
quelle toute autre obéit ; et le noyau de la nation la possède
à un rar(^ degré sans que presque aucun frein le gêne'. Or,
cette force qui sans cesse, dans le monde, nous oblige à plier
devant elle, c’est la supériorité de son intelligence, c’est la
richesse et l’excellence de sa nature : avantage qu’il est dif-
ficile de contester au Juif, si ce n’est dans les sciences phi-
losophiques, ces régions d’escarpements où tombe et se
brise dans des chutes mortelles quiconque prétend en gravir
les hauteurs, si la vérité reWjieuse n’a jeté devant ses pas
d’indispensables lumières. De ce côté, le Juif n’est donc
qu’un infirme, et pareil est-il à ces hommes que, dans un
de ses bons jours, nous a dépeints le poète Hugo : lugubres
railleurs qui s’assoient sous les feux du soleil pour le nier
et lancer l’ironie au visage du public dont les yeux eu
affirment les rayons; railleurs dignes de toutes railleries,
car ils s’enorgueillissent des infirmités et des négations de leur
vue comme de la [irécision suprême dans la faculté de voir!
’ Car la morale talmudique l’alTraDcbit de toute règle do mœurs
dans ses rapports avec le chrétien. Nous admettons, ici comme ailleurs
et toujours, de nombreuses exceptions. Quant au Juif non orthodoxe,
il agit selon ce qu'il croit, et si sa croyance n’est point Juda'ique,
notre parole ne ralteint jamais.
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38i
LES JUIFS.
Frappée autant qu'elle peut l’être de cette supériorité gé-
nérale du Juif, la feuille protestante qui s’intitule la Gazette
de la Croix ne craint donc nullement de proclamer que
« partout les Israélites sont supérieurs aux chrétiens ou bien
près de les égaler, sauf sur un point seul, le dévouement
missionnaire. » Et plus que jamais de nos jours voyons-
nous Israël prodiguer la culture à cette supériorité générale -,
car sa pensée dominante, son ambition, d'apres sa propre
parole, c'est « de prendre une éclatante revanche, et d’ex-
citer une admiration éyate au méprit dont il a été, pendant
des siècles, la victime »
Il n’est |K>int de siècle, pourtant, qui n’ait vu les Juifs se
distinguer dans les diverses carrières où l’intelligence hu-
maine brille de ses qualités transcendantes*. Mais de nos
jours on renoncerait h nombrer, dans les difléreuts États de
l’Europe et du monde, ceux des (ils de Jacob qui encom-
brent et parcourent avec distinction les carrières libérales
et scientifiques^ ceux qui s’assoient non point sur les fleurs
de lis, — jamais ils n’ont eu cet honneur, — mais sur les
hauts sièges de notre magistrature; ceux qui figurent et se
distinguent par leur habileté dans les postes administratifs,
ou qui portent avec honneur l’épaulette*; ceux qui, grâce
au vote de l’électeur, franchissent le seuil de nos Chambres
et deviennent, — ô merveille! — les législateurs des na-
tions chrétiennes ; ceux que de remarquables talents élèvent
au rang de membres des grands Conseils, d’hommes d’État,
de ministres, ou, disons le mot, de directeurs des plus
puissants royaumes ou des plus puissants souverains de la
' Univers Israélite, V, p. t95; 1867.
“ Lire Archives israéliles, IX, p. 371 à 377; 1867.
® Vaillanls successeurs d- s guerriers qui combattirent avec le cou-
rage du lion sous les Machabées, avec la rage du tigre sous les chefs de
révolte qui, depuis la mort du Christ, provoquèrent dans les contrées
orientales l’extermination presque totale de leur race. En France, les
Archives israélites comptent un Juif sur trois cent soixante habitants,
et un nombre d’officiers trois fuis p.us fort que la proportion de un à
trois cent soixante I Ajoutez que les grades d’officiers ne sont accessi-
bles aux Juifs que depuis la révolution de 1830. Archives israélites,
XVI, p. 746; 1867.
CHAPITRE DIXIÈME. 385
terre. Et nous ne dirions point assez si nous n’ajoutions que
le Juif est, en outre, non point purement et simplement le
roi , mais le génie même de la finance.
Ses (|ualités éminentes, la supériorité de son intelligence
primosautière et de son génie méditatif et calculateur, écla-
tent non-seulement dans le nombre infini des carrières qu’il
parcourt avec une haute et lare distinction, mais elle se
manifeste dès la tendre jeunesse, et nous les voyons percer
dans les concours généraux de nos lycées, où ses fils pa-
raissent SC faire un jeu d’arracher au.x nôtres les lauriers
dont se couronne le mérite naissant'. Ainsi ses facultés
transcendantes se sont-elles manifestées sous mille formes
dans les mille régions de l'industrie^ le Catalogue des Expo-
sants, et la feuille des récompenses décernées en 1867 au
grand concours de l’Exposition universelle, portèrent d’un
bout ù l’autre du monde le témoignage de ces glorieux tra-
vaux et de ces éclatants succès*.
En un mot, si partout où la comparaison .se rend pos-
sible nous tenons compte du nombre des têtes, Israël est
notre vainqueurj ses aptitudes surpassent celles que nous
lui opposons; sou intelligence nous réduit ù reconnaitre
l’infériorité de la nôtre, et nous pouvons, en signalant ce
fait, répéter ses propres paroles : N’est-ce pas, au milieu
de la foule des peuples, « un spectacle étrange que celui
d’une minorité numériquement si mince occupant une
place relativement si considérable dans les préoccupations
publiques, et n’est-ce point là l’éclatante marque d’une
vitalité impérissable s’affirmant en dépit de tous les obsta-
cles ’? »
L’intelligence des fils de Jacob perce et se manifeste avec
une rapidité singulière jusque dans le sein des classes in-
' Univers isTaétite,\ , p.1;1866; — Arc/iives israc/ite.i, IX, p. 403à
iH ; <867. Id., VIII, p. 371 à 377 ; 1867 ; — Univers israélite, VIII,
p. 339, 1867, etc., etc.
* Archives israélites, XII, p. 549 ; 1867. Id., XIII, p. 610 ; — Uni-
vers israélite, XII, p. 584; 1867. H., I, p. 9; 1867.
•* Archives israélites, XV, p. 675 ; 1 867.
25
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386 LES JUIFS.
fîmes qui forment le gros d'Israël , et ce phénomène nous
est décrit par un écrivain de sang judaïque dans un style
dont l’allure légère et scmi-houlTonne est loin d'altérer la
vérité descriptive.
Nous avons dit qu’Israël « est intelligent; prenez, en
effet, le Juif le plus dégoûtant, de l’ignorance-la plus crasse,
de raccoutreraent le plus déguenillé, delà tournure la plus
meshaignante, comme dirait le pantagruélistc Rabelais;
faitcs-le laver, peigner et barbifier; emboîtez ses jambes
dans des bottes non encore éculées; revêtez ses membres
d'habits quasi neufs; au linge blanc de sa chemise attachez
des boutons en faux à trente-neuf sous; faites servir sa tète
de champignon è un chapeau retapé; recouvrez ses mains
galeuses de gants beurre frais; armez-les d’un bâton de sa-
pin peint en jonc, surmonté d’une pomme en meiebior;
glissez dans sa poche quelques écus, et aussitôt vous verrez
cette espèce de Quasimodo se redresser et se fendre; il aura
l’air superbe, le regard assuré, le geste vif, la parole arro-
gante et saccadée ; il se promènera en dandy sur le boule-
vard de Gand; et grâce â son baragouin alsacien, â son
accent étranger, il se donnera pour un baron allemand, et
dînera le même soir au Café de Paris aux dépens de sa
dupe’. Il
Le Juif est né, ne semble-t-il point, pour le rôle de par-
venu.? — Non, pourtant! et ce que nous dirons, nous, c’est
le contraire! Le Juif est un seigneur que la misère accabla,
qu’elle avilit, qui dérogea de mille manières, et qui de sa
crasse se fit un masque, mais qui sent la valeur de son
sang, et que le moindre souffle relève. Vous le voyez donc
rentrer dans les droits de sa noblesse avec autant d’aisance
et de nonchaloir que l’homme qui, s’étant couvert pendant
une nuit glaciale de la dégoûtante couverture d’une au-
berge, lave son corps au point du jour et rentre dans ses
vêtements de la veille.
Mais ce que nous avançons est-il paradoxe? Il sera facile
' A. Ccrfberr, les Juifs touristes, p. iO; Paris, 4847.
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CHAPITRE DIXIÈME.
387
au public (le s’en rendre juge. Faisons dans la foule un tri
quelque peu soigné^ choisissons dans le rebut de nos popu-
lations européennes un assortimtnt des mêmes types d’igno-
rance et de grossièreté, de crasse et de misère. Le voila
fait, ce choix; voici nos hommes; eh bien! de quelques
coups de peigne et de brosse que nous caressions leurs ha-
bits et leurs tètes; de quelques Ilots de lessive ou de savon
noir que nous leur inondions le corps; de quelque luxe de
Gn linge, et de quelque coupe élégante de vêtements (|u’il
nous plaise de les ébahir et de les couvrir, arriverons-nous
jamais à ce résultat subit et protjigieux de haute contrefa-
çon baronialeP Non; notre canaille, malgré la trompeuse
similitude des apparences, restera de cent piques au-dessous
de la leur; on pluti^t, la canaille, au point de vue intellec-
tuel, n’existe point chez ce peuple d’élite. Grattez son ré-
pugnant épiderme ; il n’est chez lui qu’un effet de pein-
ture, un trompe-l’œil, et sans cesse aurez-vous la surprise de
voir apparaître l'homme dont aucune nation n’aurait ’a rougir.
Que si l’on se prend à comparer en Israël les premiers
aux dergiiers, ces gens quelquefois si rapprochés l’un de
l’autrel ou, pour mieux dire, si l’on étudie l’ensemble de
cette population chez laquelle, esprit et corps, tout est pro-
dige de vie, bien vite s’apercevra-t-on que nous avons parlé
sans hyperbole. Et comment, dans les temps nouveaux qne
le dix-neuvième siècle inaugure, échapper devant la nation
juive h un étrange sentiment où se mêle , h la crainte et
au dégoût, une singulière admiration? Comment dès lors
se figurer que les merveilleuses facultés et l’influence si
rapidement progressive de ce peuple, « qui commence à se
distinguer partout et sous tous les rapports, avec une tendance
de supériorité visible devant laquelle toutes les nations sem-
blent s’incliner, » ne seraient pas « l’instrument principal de
son rétablissement' » au milieu des peuples, et de sa gloire
prochaine?
< J. de .Fclidlë, pseudonyme (F. Vercruysse), les Douze tribus,
p. b7-68; Paris, 1860.
25.
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388
LES JUIFS.
Mais laissons Israël lui-méme nous tenir un langage
d’autant plus vrai, si d'ailleurs il est peu modeste, que la
date de ses paroles est celle de l’année 184i, et que les
qualités qui font marcher l’Israélite h la conquête de sa
position future se sont développées depuis cette époque avec
une vertigineuse rapidité. L’œuvre que nous prenons la
lilwrté de traduire porte le seing de ce premier ministre
de la Grande-Bretagne auquel, dans le chapitre précédent,
nous venons de faire un bref et décisif emprunt. Cet homme
d’État est de race judaïque, et sa plume expose avec une
indicible complaisance au.x yeux de notre monde judaïsé,
c’est-'a-dire livré sans réserve aux instincts cupides et sen-
suels que le christianisme ré|>rouve, la supériorité constante,
mais surtout la supériorité croissante de la race juive, dont
les merveilleuses facultés et l’audace progressent du même
pas que ses immenses richesses.
K A la suite de luttes mille fois répétées, signalées par
des traits d’héroïsme que jamais Romain n’égala : luttes
fécondes en actes de patriotisme qu’Athènes, Sparte et
Carthage eussent déclarés inimitables, le poids de quinze
cents ans de servitude surnaturelle' s’est abattu sur nos têtesi
Mais loin d’être brisés sous ce. fardeau d’oppression et
d'ignominies, nous nous sommes joués des efforts de l’inven-
tion humaine, qui s’épuisait vainement h nous avilir et h
nous perdre. Oui, le fds du Juif n’a grandi que pour apprendre
(ju’il était le paria de cette ingrate Europe qui lui doit la
plus belle partie de scs lois, le côté le plus exquis de sa
littérature et sa religion tout entière! »
« Les Juifs! les Juifsl est-ce que jamais vous verrez se
prononcer en Europe un mouvement intellectuel de quelque
importance sans que les Juifs y figurent pour leur large part?
Qui seront les premiers Jésuites? des Juifs. — Cette diplo-
matie russe si pleine de mystères', et devant laquelle pdlic
‘ Filleen hundred years of supernatural slavery.
^ Celle politique russe qui renouvelle, au dix-neuvième siècle, les
[dus atroces el hypocrites persécutions du christianisme par les Cé-
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CHAPITRE DIXIÈME.
389
l'Europe occidentale tout entière, qui l’organise et la diri-
ge? des Juifs-, ce sont des Juifs encore! — La puissante
révolution qui se prépare et se brasse en Allemagne, où, de
fait, elle sera bientôt une SECONDE RÉFORME, PLUS consi-
dérable QUE LA PREMIÈRE-, cctte révolutioD doiit un soupçon
de jour permet a peine aux yeux de la Grande-Bretagne de
pénétrer les mystères ' , eh bien , sous quels auspices prend-
elle la plénitude de ses développements? sous les auspices
du Juif, — under the auspices of the Jewsl — A qui, dans
l’Allemagne, est échu le monopole presque complet de toutes
les chaires professorales? Néandre, le fondateur du catholicisme
spirituel, et Bégius, le professeur de théologie de l’univer-
sité de Berlin, ne sont-ce pas deux Juifs? Bénary, celte
illustration de la même université, c’est bien un Juif, n’est-
ce pas? et c’est un Juif encore que Wehl, le professeur
d’Heidelberg!... »
« En Palestine, il y a quelques années , je rencontrai un
étudiant allemand qui, s’inspirant du génie de la localité,
n’avait de vie que pour colliger les matériaux destinés à
l’hisloire du christianisme. Ce modeste étudiant, quel était-
il? c’était un Juif, un inconnu! c’était Wehl, l’homme
aujourd’hui le plus savant dans les lettres arabes, et l’auteur
de la vie de Mahomet! En un mot, quel est le nom des pro-
fesseurs allemands de race judaïque? ce nom, c’est légion! la
ville de Berlin à elle seule en compte plus de dix*. »
sars, et qui, sur le sol de la Russie, persécute au besoin les Juifs eux-
mêmes, 0 mystère! — « Le Czar et la Révolution font souvent cause
commune, ce n’est pas la première fois que nous le remarquons , et
cette coïncidence n’est pas sans jeter quelque jour sur la politique
moderne. » M. Coquille, 23 août 1869.
* Nous répétons ces cinq ou six lignesafin de ne point détruire l’effet
du tableau. Cette révolution est celle dont la Prusse, en tant que pro-
testante et chef-lieu des sociétés occultes, fut déclarée, avant Sadowa,
l’exécuteur et le bénéficiaire provisoire contre l’Autriche, la France
et l’Espagne. Son but est de frapper et d’atteindre, en atteignant ces
royaumes, les derniers boulevards du catholicisme, c’est-à-dire de
préparer la CTande république universelle à laquelle travaillent, contre
leur patrie, les révolutionnaires cosmopolites de l’occultisme, dont 1^
chefs sont des Juifs.
2 Les instituteurs de l’Allemagne moderne, ce sont donc des Juifs! Et
390
LES JUIFS.
... K Lors de mon arrivée à Saint-Pétersbourg, j’eus une
entrevue avec le ministre des finances de Russie, le comte
Cancrim^ c’était le fils d’un Juif de Lithuanie. En Espagne,
j’avais obtenu du ministre Mendizabal une audience -, Men-
dizahal est ce que je suis moi-même, le fils d’un Juif, d'un
converti de la province d’Aragon. A Paris, je voulus prendre
avis du président du conseil, et j’eus devant lesyeus un héros,
un maréchal de l’Empire (celui qui faillit un jour s’asseoir
sur te trône de Portugal), on un mot, le fils d’un Juif fran-
çais, Soult. Eli quoi! Soult un Juif? Oui, sans doute, ainsi
que plusieurs autres maréchaux de l'Empire, en tête desquels
Masséiia, qui, chez nous, se nomme Mauasseli... Je quittai
Paris pour Berlin, et le ministre que j’eus a visiter, le
comte Arnira, n’était autre qu’un Juif prussien... »
Eu vérité vous le voyez, « ce monde est gouverné par de
tout autres personnages que ne se le figurent ceux qui ne voient pas
ce qui se passe derrière les coulisses ' ! »
En d’autres termes, la main toute-puissante mais si souvent
encore invisible du Juif est partout! Partout, et jusque dans
le domaine des beaux-arts, le Juif règne en souverain. « Au
moment où je vous parle, l’Europe musicale tout entière,
c’est nous-mêmes! Est-il datis une capitale quelconque une
troupe de virtuoses, un théâtre, un orchestre où ne foi-
sonnent les enfants du Juif sous les faux noms (Itie feigued
names) dont ils se couvrent pour échapper â la haine,
ignoble dont vos descendants ne tarderont guère à rougir
de nous avoir aecables? A peine nommeriez-vous un com-
positeur éminent, â peine un musicien savant, un gosier
ravissant, une voix d’ange que ne réclame une de nos tribus!
Trop longue en serait la liste pour la dérouler, et trop glo-
c’est dans le sein de relte Alirmacno judalsco que les philosophes de
l’Europe vont chercher la lumière et le progrès, depuis que l'Eu-
rope tourne le dos à Home, à la philosophie chrélienne. Aie donc quel-
que respect pour le Juif ton maître, û chrétien I
• The World is governed by very different personage< lo whal is
imagined by Ihose who are not behind the seenes. Disraeli, Co-
ningsby, p. 183-4; 1844.
QjgUjzc:! by
CHAPITRE DIXIÈME.
391
rieuse pour que nous tentions de l'allonger en inscrivant
les talents secondaires, quelle que soit la vivacité de leur
éclat. Assez sera-t-il de nommer les trois grands génies
créateurs devant lesquels aujourd'hui toute nation s’incline :
Rossiiii, Meyerhcer, Mendeissohn : Et je doute que chez
vous, les arbitres et les régulateurs de la vogue, les mus-
cadins de Paris — your muscadins of Paris — cl les dandies
de Londres soupçonnent, lorsqu'ils se pâment aux mélo-
dieux accents de la Pasta on de la Grisi, que leurs hom-
mages lombent aux pieds des enchanteresses d’Israël'. »
.Mais pour conclure, et sans nous égarer dans les champs
de l'histoire et de la politique, de la science ou des arts,
voici notre mot : « Aucune loi pénale, aucune torture phy-
sique ne fera jamais qu’une race supérieure soit absorbée par
une race inférieure. La race bâtarde (mixed) et persécutrice
disparait; mais la race pur sang et fÆrséciitéc tient et sub-
siste! Vainement donc s’écroulent sur nous, en nous salts-
sant, en nous aplatis.sant sous leurs débris, des siècles et
des décades de siècles, l'esprit du Juif se relève, reprend
vie, marche, et, de nos jours enfin, exerce sur les affaires
de l’Europe une inlluence dont le prodige est saisissant. Je
ne veux, toutefois, faire allusion ni â leurs lois, qui sont
celles sous lesquelles vous vous courbez encore (which you
ttill obej), ni â leur littérature dont vos esprits se rassasient;
non, je n'entends parler ici que de l’intelligence du Juif
actuel : ofthe living hebrew inteUeel'l »
Mais chaque fois qu’une race active s’enrichit et se déve-
loppe dans un pays où il y a plusieurs races en présence, il
'Disraeli, Md., p. ISS; 4814. As lhey Ihrill into captures at Ibe
notes of a Pasla, or a Grisi , Utile do lhey suspect thaï lhey are oHe-
ring their homage lo lhe sweel singers of Israël. — N’allons point au
delà; ne parlons ni des Rachel, etc., etc.
^ III., p. 183. On voit que si nous donnons è notre traduction quel-
que liberlë d'allure, ce n'est jamais au détriment d’une rigoureuse
exactitude. Ce véridique et insolent morceau de l'homme d’Etat an-
glais a trop d'importance pour ne point mériter un c.erlain respect I
Ce qui n’est point entre guillemets est de nous, comme souvent, mais
conforme au sens du texte.
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392
LES JUIFS.
semble que les moins actives « se l'aigeiu de leur infériorité
par la ralomnic. On déprécie ceux qu'on n’a pu égaler, et
le grief qui se pardonne le moins, c'est le succès ' ! »
Que si déj'a tel est le succès pour le Juif h peine éman-
cipé, que sera-ce donc tout à l'heure et dès que son éman-
cipation sera complète? Un prochain avenir s’apprête à nous
le dire, et nous aiderons quelque peu nous-méme à la lettre.
Nous demanderons, en attendant, si la supériorité intellec-
tuelle du Juif sur le chrétien est accompagnée , comme il
serait naturel qu’elle le fût, de la supériorité morale.^
Grande question que nous ne traitons point, mais 'a laquelle
voici pourtant un mot de réponse.
Si les types sur lesquels s’arrête notre choix sont le chré-
tien orthodoxe et le Juif de l’orthodoxie talmudique, non;
la supériorité ne sera point du côté d'Israël ; cela ne peut
être; et pourquoi? Parce que la supériorité morale dérive
do la supériorité de la religion, qui, chez le Juif orthodoxe,
est monstrueuse, de même que chez le Juif de la réforme
elle est bâtarde, d’une instabilité (lareille â celle des sectes
ou des vents , absurde !
On ne le répétera jamais assez ; la corruption des hommes
qui furent les meilleurs, et celle des meilleures choses , est
de toutes la plus détestable ; Corruptio optimi pessima. C’est
pourquoi le Juif qui corrompit sa foi , c’est-â-dire le prin-
cipe de sa morale, qui est la règle de ses mœurs; le Juif
talmudisant, qui, rebelle aux enseignements de la Syna-
gogue antique , repoussa la perfection que venait imprimer
â sa loi religieuse la main divine du Christ; ce Juif est' le
plus immoral et le dernier des sectaires , car il agit ttaprès ta
croyance. De même, et par la même raison, le catholique
franchement orthodoxe est-il le plus philosophe, le plus
moral et le moins imparfait dos hommes.
Mais de ces deux purs échantillons le nombre se restreint
chaque jour; et, lorsque nous leur voyons franchir le seuil
de l’orthodoxie, nous ne daignons plus accorder h ces
' ..trcluvei israélites, p. 726, n» t6; 1866.
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CHAPITRE DIXIÈME. 393
croyants déchus d’autre nom, s’il s’agit du chrétien, que
celui de baptisé, s’il s’agit du Juif, que celui de circoncis.
N’appartenant plus ’a leur Église que par un signe caracté-
ristique, le circoncis et le baptisé sont alors, chacun dans
leur espèce, plus ou moins protestants ou fantaisistes, puis-
que chacun ne reconnaît d’autre règle et d’autre mesure de
sa foi que celle de sa fantaisie, nommée par lui sa raison.
Ils ne peuvent, en conséquence, avoir l’un sur l’autre de
supériorité morale que celle qui défive de la règle de leurs
mœurs, c’est-à-dire de la croyance dont il leur plaît, —
s’ils croient à quelque chose en ce monde , — de se faire
heure h heure une religion. Savoir ce qu’ils croient, lors-
qu’il est impossible de les voir à l’œuvre, serait donc la pre-
mière et la plus essentielle des conditions pour leur assigner
un rang dans l’échelle des êtres moraux; mais rarement le
savent-ils eux-mêmes, et plus rarement encore se montrent-
ils stables et conséquents dans leur foi. Réduits que nous
sommes alors à n’opérer que dans les ténèbres et à ne juger
que d’instinct, nous avouons que nos préférences nous por-
tent vers le circoncis; car, élevé qu’il fut dans les grossiè-
retés absurdes de l’erreur, il est incontestablement moins
déchu, moins dégradé que l’être élevé selon les lois de la
raison, qui se laissa tomber de gaieté de cœur des hauteurs
de la doctrine chrétienne dans l’abîme de la libre pensée ,
mère de la libre morale, c’est-à-dire de la morale sans règle
et sans frein.
Le circoncis peut donc, à notre sens, regarder en face,
souvent même avec avantage et de haut en bas , celui qui
ne conserve du chrétien que le signe indélébile du baptême,
et qui, grâce aux doctrines et aux affiliations de l’occul-
tisme, n’est en général que le disciple et souvent que le
valet du Juif!
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39i
LES JUIFS.
CINQUIÈME DIVISION. — SDPÉKIOBITÉ PinSIQUE DU JUIF,
SA CO.NSTITUTION.
Sa conslilulion tout excrplionnollc ot privilégiée; immunité d’infir-
mités et de maladies qui frapiient toute autre famille humaine. —
Conséquence : le Juif, le p<'uple de la dispnfion , est le seul peuple
vraiment cosmopolite, c'est-à-dire dont chaque individu peut ha-
biter impunément tout lieu quelconque de la terre. — Causi s de ce
privilège insigne, d'après certains explicateurs imperturbables. —
Second privilège; le Juif n’a jamais cultivé les arts qui fortifient le
cor()s; se.s membres sont généralement grêles et faibles; et pour-
tant ses forces vitales, sa longévité, remportent sur celles des au-
tres peuples. — Kxemple.s, statistiques, autorités diverses. — .Mais,
outre le plnmomène de cette railleuse vitalité qui se produit en sens
inverse de la vigueur des corps, et celui do ses immunités, un nou-
veau phénomène signale cet unique cosmopolite. — Quel est-il?
Une fi'condité suhilf, que la science ne peut expliquer, et iiui
rappelle celle d’Israël en Egypte à l'époque dos miracles de l’Rxode.
— F.xemples. — Oite consiitution qui a fait du Juif errant et dis-
persé l'homme le plus indestructible, le plus tenace missionnaire du
mal, l’apôtre universel de l occuitisme, le prodispose-t-elle ou non
à être le plus universel, le plus tenace et le mieux doué des mis-
sionnaires de l'Evangile? — Tableaux statistiques de l’élément
Judaïque répandu dans lo monde, et résumé des supériorités de ce
peuple; ce qu'il pourrait oser et faire dans un moment donné. —
Exemple au chapitre suivant.
■V celte supériorité intellectuelle du Juif que vient de
signaler notre plume, et qui, dans l’état où se trouve
notre monde, nous présage la suprématie prochaine des
fils de Jacob, nous devons ajouter une supériorité phy-
sique étrange, cl que jusqu’à ce jour aucune raison tirée
de l'ordre naturel n’explique d’une manière acceptable.
Cette supériorité ressort dun privilège de constitution que
nous devons appeler unique; et, pour conséquence, elle
engendre- une immunité singulière des infirmités et des
maladies qui frappent et moissonnent chaque famille hu-
maine, lorsque, s’éloignant du berceau de ses pères,
celte famille s'im|ilanle sous un climat nouveau. .Mais
une question préalable et intéressante, celle du cosmo-
politisme’, doit jeter sur la route de celle-ci quelques lu-
mières.
L'homme est-il un être cosmopolite, ainsi que l’a répété
Di0itized.by-<.« )ogIe
CHAPITRE DIXIÈME.
395
jusqu'il ce jour la langue du vulgaire? — Issue il’un couple
unique, ainsi que l'enseignent au Juif et au catholique les
livres de Moïse, que sont loin Je contredire les données de
la science, la race humaine, créée pour habiter ce monde
et pour y exercer son empire, l’a couvert tout entier du
flot de ses générations. En ce sens, l’histoire la déclare
cosmopolite. .Mais l’expérience a(Brme-t-clle le cosmopoli-
tisme de l’homme en cet attire sens que toute famille hu-
maine puisse impunément transporter sa demeure dans des
climats où une longue suite d’années n’a point naturalisé
scs pères? En d’autres termes, l'homme qui change les con-
ditions de son milieu natal relrouve-t-il un domicile naturel
dans tous les lieux de la terre? Sa vie y a-t-elle même acti-
vité, même plénitude, même longueur, et sa race y pousse-
t-elle des rejetons aussi nombreux et aussi viables que sur
le sol où fut sou berceau?
Non, l’expérience a démontré le contraire-, et, dans ce
sens, l’homme est loin d’être cosmopolite. .Au Juif seul le
privilège de l’exception; et la science interrogée nous dit
que sa race obéit « à des lois statistiques de naissance, de
maladie et de mortalité, complètement différentes de celles
aux(}uelles sont soumis les peuples au milieu des(|uels il
vit. » Elle nous dit, cette même science, que « seule entre
toutes, la race juive s’acclimate et se perpétue dans tous les
climats'; qu’elle s’y perpétue sans lutte, d’elle-même, et
' Du non-cosmopolitisme des races humaines, par M. te docteur Bou-
din, p. 39i; extruil du l. 1" dos Mémoires de la Société d'anthropo-
lojfie de Paris, dont ce savant était président. — Médecin en ctief de
rhôpilal militaire de Saint-Marlin, à Paris; médecin en chef de l’armée
dos Alfics en ISiS, puis de l’armée d’Italie, où il succédait en 1859 à
M. le barron Larrey, rillustie docteur Boudin, auteur de très-nom-
breux ouvrages, et qui en a laissé plusieurs inédiia, traite celte mémo
question au chapitre intitulé Les Juifs (t. Il , p. 1Î8 de son magnifi-
que ouvrage : Traité de géographie et de statistique médicales, deux
énormes volumes de sept cents et tant de pages chacun, avec plan-
ches: Paris, 1857, J.-B. Baillère. Nous allons le citer tout à l'heure.)
Notre très-intime ami M. le docteur Boudin avait été franc maté-
rialiste ; mais, aiinait-il à répéter, «j’ai sur la plupart de mes confrères
un énorme avantage : — je sais oublier. i Lorsque Vexp'rience lui faisait
reconnaître dans sa croyance scientifique un préjugé d'école, il le
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396
LES JUIFS.
sans appeler à elle ce flot auxiliaire et lointain qui devra si
longtemps encore, par exemple, soutenir ou accroître le
niveau des populations de l’Algérie', de l’Amérique, et
d’une multitude de colonies dont le sang veut être sans
cesse renouvelé, parce que sans cesse une terre marâtre le
dévore.
Mais quelle est la nature des singularités étranges qui
distinguent, favorisent ou quelquefois affligent le 4uif? El
d’abord quelle est celle des immunités qui lui donnent droit
a la vie au milieu des plus mortels fléaux? C’est la peut-être
ce que quelques exemples nous aideront â saisir!
« En ce qui regarde le choléra, tantôt les Juifs en font
répudiait à l’instant, et sans s’inquiéter du nombre ou de la qualité de
ceux qui faisaient de cette erreur un des dogmes de la science mo-
derne. Plusieurs faits do haut magnétisme dont il avait été témoin, et
qu’il avait étudiés avec le mélange de sagacité et de ténacité qui ca-
ractérisait son esprit, le bouleversèrent. Il y a donc autre chose ici-
bas que de la matière! — Peu de temps après, cet éminent docteur
fut mis en rapport avec notre voisin le R. P. Ventura , et bientôt il
nous dit : « Je commence à croire que le bon bout est du côté des ca-
tholiques. » Un peu plus tard, le crépuscule qu’il avait entrevu devint
pour lui pleine lumière, et il se rapjtrocha de Dieu.
Le 9 mars 1867, vers neuf heures du malin, à la suite d’une longue
maladie qui n’avait arrêté ni sa marche ni ses travaux, il nous envoya
par un domestique ce mot de sa main; «Je suis perdu; un prêtre!...»
Nous arrivâmes, et il nous désigna M. l’abbé Depontailler , du clergé
de Saint-Roch. Nous l’aidâmes à recevoir les derniers sacrements, et,
le soir, vers neuf heures, jouissant d’un calme parfait et conservant
la plénitude de son intelligence, il rendait devant nous son âme à
Dieu.
La plus complète biographie que nous connaissions sur la vie scien-
tifique et les travaux du docteur Boudin est celle de M. le docteur
J. A. N. Perier, ancien médecin en chef de l’hôpital des Invalides.
V. Rozier, 39 pages grand in-8®; Paris, 1867; très-fin caractère.
Celte brochure fut lue le 20 Juin 1867 dans la séance solennelle de la
Société d’anthropologie, dont le docteur Boudin avait été le président.
Le père de M. Boudin était officier supérieur; sa mère appartenait
à l’une des maisons nobles de la Bavière. Il était polyglotte, et la
langue allemande lui était aussi familière que la française.
’ Algérie, mortalité, décès sur 1,000 habitants :
1844. Européens. . . . 44,6. Juifs 21,6.
1845. — .... 45,5. — 36,1.
1847. — .... 50,0. — 31,5.
1848. — .... 42,5. — 23, 4.
1849. — .... 105,9. — 56,9.
Docteur Boudin, Non-cosmopolitisme des races humaines, p. 389.
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CHAPITRE DIXIÈME.
397
»euU les Trais', tantôt ils sont pour ainsi dire teuU épar-
gnés, » et ce cas est de beaucoup le plus fréquent. — Depuis
l’année 1832, — « les Juifs ont été souvent complètement
épargnés, lors même qu'ils liahitaient les quartiers les plus
malpropres et les plus agglomérés. Tout le moyen âge s'ac-
corde â signaler l’immunité des Juifs pendant les épidémies
de peste; immunité qui devenait souvent contre eux un
prétexte de jrersécution. En parlant de la peste de 13i6,
Tschudi, ancien historien, dit textuellement que cette ma-
ladie n’atteignit les Juifs dans aucun pays'. » Les Juifs, ob-
serve V International de Londres. « résident dans mie localité
malsaine, insalubre, et c'est ce que savent ceux qui habi-
taient le même district, surtout 'a l’époque où le choléra
exerçait ses ravages. Eh bien, â part trois ou quatre cas de
maladies, tous les Juifs, et nous comprenons dans le nombre
la classe la plus infime et la plus pauvre, otu miraculeuse-
ment échappé au fléau ' . »
« Fra.scator nous montre les Juifs échappant complète-
ment à l’épidémie du typhus de 1503; Rau signale la même
immunité dans l’épidémie de typhus observée â Langgæus,
en 1824; Ramazzini insiste sur l’immunité des Juifs lors de
l’épidémie des fièvres intermittentes observée â Rome en
1691 ; Deguer nous montre les Juifs échappant en 1730 â
l’épidémie dyssentérique de Nimègiie; M. Eisenmann insiste
sur l’extrême rareté du croup chez les enfants juifs; et,
selon Wawruch, le tænia (ver solitaire) ne se rencontre
pas dans la population juive en Allemagne*. »
' « Diverses maladies constituent l’apnage presque exclusif de la
race juive, tandis que d’autres semblent lepargner complètement. » A’on-
eusmofiolitisme, p. 388. Les maladies oplitnalmiques sévissent avec une
certaine prédilection prmi les Juifs. MM. Grellois et Furnari onl
signalé en Algérie l’hjdrophthalmie comme une propriété presque ex-
clusive de cette race. » Docteur Boudin, Gèogr. méd., t. II, p. 140.
Ce qu’il faut remarquer, c'est que l’immunité de ce souffre-douleur est
généralement celle qui l’exemple des maladies mortelles.
" Iselin, Schweizer Historié, 1734 ; Boudin, Gèogr. méd., t. II, p. 1 4t .
•• Arch. israél., XXIV, p. 1063; 1866. En 1849, même phénomène.
' Lire tout ce chapitre; Gétgr. médic. I. 11, p. lit ; 1857; Boudin,
autorités à l’appui, ib.
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398
LES JUIFS.
Mais quelles sont pour les Juifs, cl pour certains expli-
cateiirs de profession, les causes de cette préservation
inexplicable'? Ce sont des causes qui ne peuvent l’élre,
puisque la plupart, dans les circonstances où on les signale,
n’existeiil pas. Ce sera, par exemple, l’observation du régime
religieux alimentaire, que nous voyons la plupart des Juifs
fouler aux pieds aussi lestement que celle du sabbat! ce
sera la circoncision, que nombre d’Israélites commencent k
négliger-, ce seront les ablutions fréquentes et d’autres
causes d’égale justesse*! Car, s’il est un fait avéré, c’est que
dans tous les pays de ce monde, la saleté du Juif est à l'état
proverbial; et, si quelque ville recèle dans son enceinte
une population judaïque, ou plutôt si vous y rencontrez un
quartier malpropre, misérable, effrayant an (>oint de vue
de riiygiène, chacun vous dira, s’il vous arrive de demander :
quel est-il? — Eh! que voulez-vous qu’il soit, si ce n’est le
quartier des Juifs? Car encore, et non pas enfin, chez les
Juifs, où l’on ne se marie guère qu’entre voisins de même
race, la fréquence des mariages consanguins est extrême, et la
statistique s’est armée de chiffres terribles pour établir, non
pas les avantages hygiéniques, mais la multitude des causes
de mort et d’inQrmitésqui sortent de ces néfastes alliances*.
Il importe donc de chercher, dans une direction que n’a
point encore sondée l’œil profane, les causes de ces singu-
larités que l’observateur voit se répéter sous une étrange
variété de formes, et nous ne saurions présenter sous un
> Ce fait avait échappé à Skakespeare, puissant observateur : Hath
not a Jew oyes? red wilh the same food, hurtwith the same wea-
pons, subject In the same diseases, healed by llin same means, war-
med and eooled by the saine winlerand summer as a Christian is?
Merchant of Venice. — Walter Scott montre dans son Ivanohe, à pro-
pos d’Isaac of York et de Rebecca, une profonde "connaissance de
l'éuit du Juif au moyen âge.
* Archives israéiites, .XXIV, p. 1065 ; 1866.
Lire Docteur Boudin, Les Danjers des unions consanguines, H
la nécessité des croisements dans l'espèce humaine; Paris, 186Î,
J.-B. Baillère; brochure in-8» do 8î pages. — Les professions aux-
quelles le Juif se livre l’exposent peut-être i moins de dangers que le
chrétien; ibid., Géogr. médic., t. II. p. 140; mais cette cause de pré-
servation serait bien minime!
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CHAPITRE DIXIÈME. 399
jour trop favorable a la vue une si phénoménale exception.
Oui, sans autre ressource que iui-mémc, « dispersé au
milieu de tous les peuples et sur tous les points de la terre,
loin de la Judée,- incroisé et incroisable, ayant ses maladies
et scs immunités pathologiques à fui, partout acclimaté,
seul peuple véritablement cosmopolite, le Juif représente dans
le temps et l’espace, au physique et au moral, le phénomène
historique et ethnographique le plus surprenant. Partout il est
resté lui-même, gardant ses traditions, ses rites, ses traits, sa
nationalité et son type, semblable au Rhône qui traverse le
lac de Genève, conservant toujours sa trace et la qualité
initiale de ses eaux. »
Oui, « les traits des Juifs sont tellement caractérisés
qu’il est dillicile de s'y tromper. Depuis des siècles, ils font
partie de la population des pays où ils se sont fixés, mais le
climat ne les a point assimilés aux nations parmi lesquelles
ils habitent-, et, ce qu’il y a de plus important, c’est qu’ils
se ressemblent tous dans des climats divers... c’est-à-dire
que tous ont les mêmes caractères de formes et de pro-
portions, en un mot, tout ce qui constilue essentiellement
un type. Aussi les Juifs de ces divers pays se ressemblent
beaucoup plus entre eux qu'ils ne ressemblent aux nations
parmi lesquelles ils vivent' -, » caractère physiologique dont
l’invincible ténacité dans le cours des siècles ne cessa de
les isoler, en les distinguant de tout compatriote non judaïque,
pour les rapprocher de tout Juif étranger à la terre où ils
avaient vu le jour! Nulle des habitudes que produit la natu-
ralisation ne peut, en effet, changer ou altérer en aucun
lieu l’évidence de leur nationalité-, « et le climat', malgré
la longue durée de son action , ne leur a guère donné que
‘ Ibid., p. <28. W. Edwards, Mémoires de la Société ethnologique ,
t. !'*■, p. <3, Paris, 1841 . — Examinez les monuments égynliens les plus
anciens, et à chaque pas vous rencontrez « des groupes (lont les types
sont encore les portraits frappants des Juifs d’aujourd’hui Et si
vous voulez vous contenter d’un espace de trois cente ans, éludiez le
tableau de la Cène de Léonard de Vinci. Dans ce chef-d’œuvre, « les
Juifs d’aujourd’hui sont peints trait pour trait. » Géogr. méd., t. Il,
p. 128-9; — Mémoires ae la Société etftnologique, l. p, 13.
400
LES JUIFS.
des diversités de teint et d’expression, ou peut-être d’autres
modilicalions aussi légères'. »
Ces remarques ont déconcerté plus d’un observateur!
Tout n’est point dit sur le Juif cependant, et non-.seule-
ment l'immunité qui le poursuit et s’attache li sa chair est
un fait dont le physiologiste reste frappé de stupeur et le
chrétien muet d'admiration, mais une seconde anomalie
l'accompagne et se produit à eontre-tem de la frêle apparence
du Juif, et de la faiblesse, de la ténuité de ses membres.
Cette singularité consiste dans sa longévité, c’est-h-dirc dans
la supériorité de sa force vitale sur celle des peuples dont
la vigueur physique surpasse étrangement sa vigueur.
' Docteur Boudin, (léogr. tnéd., p. 1Î8-1 S9. — Que s'il plaît à quel-
ques chrétiens de reconnaître, a’accord avec un grand nombre de
Juif», une action divine dans cet étal exceptionnel , ce sera le cas de
se rappeler le principe, sans cesse rappelé dans nos livres sur la magic,
du parallélisme constant qui existe entre l’ordre divin et l’ordre démo-
niaque dans les choses de ce monde, où le démon e<t appelé le singe
de Dieu. L’application de ce principe se retrouvera sur-le-champ dans
l'espèce actuelle ; car, à côté de ruhiquilé, ou de l’universalité mer-
veilleuse, et des immunités du peuple de Dieu , momentanément mau-
dit et humilié, nous rencontrons dans la race énigmatique des Bolnt-
miens, ces sorciers de la bonne aventure, une universalité et des
immunités parallèles, quoique d’un ordre très-inférieur. Nous livrons
notre idée a ceux qui voudront construire ce parallélisme, dont ils
rencontreront quelques éléments dans le chapitre des Bohémiens du
Traité de géographie et de statistique médicale en France •
« Le nom de Bohémiens a été donné à un peuple errant et vaga-
bond qui, depuis le commencement du quinzième siècle, s’est répandu
dans toute l’Europe. Il paraît aujourd'hui démontré... qu’il est Indien
d’origine; mais on ne trouve aucune trace dans l’histoire de son émi-
gration... » Leur nom varie chez lesdiflérents peuples de 1 Europe, et
ils « sont disséminés dans presque toutes les parties du monde.. . On
rencontre aujourd’hui leurs tentes au Brésil, et mémo dans r.tmériquo
du Nord , et on estime leur nombre total à 600,000 ou à 700.000. »
a Le Bohémien résiste admirablement au froid et à la chaleur, et il
n’est presque jamais malade. Sa sobriété est remarquable, mais il a
un goiH prononcé pour la chair d’animaux crevés. Presque tous les
historiens accusent ce peuple de cannibalisme, et ils attribuent à ses
goûts anthropophages les vols d’enfants qui lui sont imputés. » /6. Iî4.
Nous rencontrerons cette dépravation de goôtdans l'étude des sabbats
diaboliques; chez les Juifs (Bible), chez les Chananéens, chez les ido-
lâtres ou gens à religion démoniaque, et chez les sorciers. Nous au-
rons, comme conséquence, les vols d’enfants, l’assassinat dos adultes,
comme celui du P. Thomas, pour avoir leur sang, et nous verrons se
dessiner les variantes diverses de l’anthropophagie , qui est un crime
sacré. Voir notre livre (momentanément épuisé) Dieu et les Dieux.
DiqijL^ hi C'o(igIc
CHAPITRE DIXIÈME.
401
Et vainement les peuples qui méprisent sa race s’enor-
gueilliront-ils des forces supérieures de leurs muscles et
de leurs membres-, vainement réussiront-ils k les développer
et k les accroître par les savants exercices de la gymnas-
tique et le perfectionnement des lois de l’hygiène; vaine-
ment s'étudieront-ils k lutter de durée avec ce chétif des-
«
Cendant d’Israël -, car, k celui-ci , la vie s’ouvre et se donne
d’elic-méme ; il se sent des racines dans le sol aussitôt
qu’il y plante ses pieds-, il tient k la terre, et la terre le
soutient avec amour lorsque le vent de la mort abat autour
de lui les plus vigoureux rejetons de toute race qui n'est
point la sienne.
Les faits relevés d’après la statistique de la vie eu Angle-
terre, en Prusse et en France, nous dit le docteur Richardson,
conduisent k cette inévitable conclusion : que les consé-
quences de la gymnastique ont amené, dans tous les pays
où la pratique en devient vulgaire, une amélioration géné-'
raie de la vie. « Cependant, le fait le plu» remarquable entre
tous s’aperçoit dans l’histoire d’une race particulière, et je
veux parler de la race juive. Dans aucune période de l'his-
toire de ce peuple merveilleux, nous ne découvrons la moindre
trace d’un système qui tende k développer ses capacités
physiques.
<( Ses propres ordonnances etses lois hygiéniques, parfaites
en certains détails, sont peu définies, ou même négatives,
au sujet des procédés spéciaux dont le hut est de développer
la force et la taille. Il reste ce fait certain que, comme
peuple', il n’a jamais donné la moindre preuve de supé-
riorité physique. » Cependant, fidèle k sa foi, et supportant
le poids des persécutions cruelles et de l’oppression que lui
attirait de toutes parts la vue même de sa faiblesse, il s’est
étendu « sur toute la surface de la terre au milieu des con-
ditions, des climats, des sociétés les plus diverses, et il est
de tous les peuples civilisés le premier au rang de la vitalité! »
* La force et la taille des habitants de Chanaan, qu'ils devaient con-
quérir et détruire, leur étaient jadis un sujet d’épouvante.
26
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402
LES JUIFS.
Les actes de l’étal civil de la Prusse, si ce sont eux par
exemple que nous prenons k titre de comparaison, donnent
pour les Juifs une mortalité de 1,61 pour 100, tandis que,
j)our le reste du royaume, elle est de 2,0. Chaque année la
population chrétienne augmente de 1,36 pour 100, tandis'
que, chez les Juifs, l’augmentation est de 1,73... A Franc-
fort, d’après les relevés du docteur de Neufville‘, « la durée
moyenne de la vie n’est que de trente-six ans onze mois
parmi les chrétiens, tandis que pour les Juifs elle est de
quarante-huit ans neuf mois. »
(c Pendant les cinq premières années de la vie , les décès
d’enfants, chez les chrétiens, ont été de vingt-quatre, et de
douze seulement chez les Juifs... En total, la vie des chré-
tiens arrivait au quart de la vie des Juifs, les premiers
oiïi*ant, en somme, sept ans et onze mois, et les seconds
vingt-huit ans et trois mois. La moitié des chrétiens n’arrivent
'pas à trente-six ans, tandis que la même proportion chez les
Juifs est de cinquante-trois ans trois mois. Au-dessus de
cinquante-neuf ans un mois, on ne trouve en vie que le
quart de la population dirélienne-, le quart, chez les Juifs,
dépasse soixante et onze aus‘. »
Que, dans son style inélégant, celle pièce pèche ou non
par quelque légère exagération, cela se peut, et qu*elle nous
offre un exemple tout exceptionnel de l’exception même
que nous signalons, nous voulons le croire-, mais, dès
lors, elle ne se rapporte que d’une manière d’autant plus re-
marquable aux données générales de la statistique^ elle cor-
robore les observations relatives aux immunités qui sont le
privilège d’Israël ; et , pour sa part, elle démontre une vitalité
singulière, une prodigieuse supériorité de force vitale chez cette
< D’après le docteur C. de Neufville, Francfort, 4855, Lebonsda-
ner, etc., le quart de la population meurt :
Chez les Chrëliens, à 0 ans 41 mois. Chez les Juifs, à 28 ans 3 mois.
La moitié à 36- — 6 — — à 53 — 4 —
Les trois quarts à 59 — 40 — — à 74 — 0 —
Ibid.t Non-cosmopolitisme, p. 390. ,
2 Ce document anglais est reproduit par les Archives israélites, XI,
p. 497-499; 4 868.
>
CHAPITRE DIXIÈME. iOÎ
race de dispersés, si remarquable au milieu des peuples par
l'infériorité de $a force phyeique ! ,
Mais, outre le phénomène d’une invariable et invincible
infériorité de type; outre le phénomène de cette railleute
vitalilé qui SC manifeste en sens inverse de la vigueur des
corps; outre le phénomène de ces immunités qui singu-
larisent une fois de plus le Juif, eu l’exemptant des maladies
et des fléaux, et qui lui impriment au milieu des peuples
un caractère plus indélébile que la rouelle jaune dont les
ordonnances de police le marquaient jadis aux vêtements ;
outre ces phénomènes si bizarres dans leur cours et dans
leur concours, un phénomène non moins inexplicable, et né
d'hier, vient de causer une étrange surprise, un véritable
saisissement , aux investigateurs des comptes rendus de la
statistique, tandis que la soudaineté de sa production semble
le désigner comme un de ces avertissements que la Provi-
dence se plait h donner au monde, et que l’histoire enregistre
sous le titre de signes des temps.
Mais ce signe, quel est-il donc? Ce qu’il est? Nul, dans
quelques années, ne l’ignorera; c’est une anormale multi-
plication de l’espèce , c’est un inexplicable accroissement de
population qui , tout à coup et partout à la fois, s’opère et
s’accuse au foyer d’Israël, dans le sein des peuples divers
auxquels il se mêle. Et cependant ce n’est point à l'atmo-
sphère malthitsienne, dont les miasmes envahissent la .so-
ciété moderne, devenue le milieu du Juif détalmudisé; ce
n’est point à des conditions nouvelles et favorables h l’ex-
pansion de la vie humaine qu’il nous est permis d’attribuer
cette vertu prolifique sortie à l’improviste de la chair d’Is-
raël , et dont l’action s’arrête sous son toit sans en dépasser
la limite, sans se communiquer aux peuples dont le sol lui
prête une patrie.
Est-ce donc, par hasard, qu’une force intelligente, est-ce
qu’une puissance invisible aurait doué les fils de Jacob d’un
privilège qui, sous la chute incessante des siècles et sous le
coup destructeur des révolutions, ne les aurait conservés,
26.
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404
LES JDIFS.
seuls intacts dans le tourbillon des peuples, que pour les
appeler par les voies de cette multiplication subite b de
nouvelles destinées? Est-ce qu'après avoir maintenu, pen-
dant des siècles, sur la surface du globe, le niveau de la
population que nourrissait la Judée lors de la mort du
Christ, cette force inexpliquée voudrait créer au Juif des
ressources dont la grandeur inattendue lui serait une tenta-
tion de conquête, dans ces temps où, passionnés pour l'im-
prévu , les peuples malades et souffrants qui l’hébergent se
délectent des coups de théâtre dont la succession change et
renouvelle la face du monde? Est-ce qu'elle voudrait exciter
à quelque audacieux mouvement celui qui sut, en tout pays,
inculquer ses doctrines antichrétiennes aux plus turbulents
excitateurs des peuples'; ce Juif, en un mot, qui jusqu'ici
ne machinait que dans les ténèbres la résurrection d’un
empire judaïque? Est-ce enfin que cette force invisible et
intelligente, est-ce que cette force, qui jamais ne se fatigua
de marcher d’accord avec le sens des prophéties judaïco- chré-
tiennes, voudrait en quelques années, b côté de la puissance
intellectuelle et métallique d’Israël parvenu tout b coup au
sommet de toutes les positions sociales, doubler, tripler sa
valeur numérique? Est-ce qu’elle voudrait lui créer, toute
prête b se mouvoir au coup de trompette de l’homme qu’elle
appellera son Messie, une armée maîtresse en tous lieux de
l’or et du fer, ces deux métaux qui, sur laVuine des prin-
cipes de la civilisation chrétienne, sont devenus les deux
uniques leviers de nos changements sociaux , les deux rai-
sons dominantes de toute puissance moderne?
Mais abstenons-nous de toute hypothèse -, contentons-nous
de soumettre les chiffres de la statistique au lecteur nourri
des leçons de l’histoire, qui sont celles que nous recom-
mande l’Eglise , et laissons b la sagacité de chacun le soin
des réflexions et des commentaires.
' Voir dans les Revues israéliles que nous citons, l’amour et l'admi-
ration du Juif pour tous les rcvolutionnaiies qui furent et sont le fléau
des sociétés chrétiennes.
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i05
CIIAIMTHE DIXIÈME.
« Dans Ions les pays où nous avons pu nous procurer des
recensemenis rétrospectifs de la population juive , — écri-
vait notre ami, l'illustre président de la Société anthropo-
logique de Paris, — nous constatons un accroissement d’une
rapidité insolite. Et, nous disait-il dans l’intimité de la con-
versation, cette rapidité, de quelques raisons qu’on s’efforce
de l'expliquer, me semblait, ainsi que la vertu cosmopolite
du sang d'Israël , un de ces phénomènes « qui confondent la
raison humaine ' ! » 11 nous importe donc de placer sous des
yeux attentifs quelques exemples de ces faits étourdissants :
Dans la Hollande, en 1830, la population juive recensée
est d3 'io,482; elle est, en 1840, de 51,138.
E l Suisse, 1803, 1,2(57-, 1837, 1,300; 1850, 3,146.
En Bavière rhénane, 1814, 9,951 -, 1829, 13,937; 1835,
14,428.
En Prusse (royaume). 1822, 145,000; 1840, 195,000;
1849, 218,000. '
En Algérie, 1849, 19,028; 1851, 21,048.
En Hongrie, 4785, 75,089; 1805, 127,816; 1840,
241,632; 1848,292,000.
Dans la ville de Peslh , 1840 , 7,721 ; 1843, 12,800;
1848, 16,512*.
Les Israélites de l’Algérie, d’après les Archives israéliks,
étaient, en 1861, au nombre de 28,097, et ce nombre s’est
accru, pendant les cinq dernières années, de 5,855 indi-
vidus’. Or, « un accroissement d’une telle rapidité ne se
< Gèogr. méd., t. II, p. 13t-1.S7; 1857.
* Gèogr . méd., t. II, p. 137, etc., etc.
s Univers israélile, tX, p. 4î3-i; 1867; iJ., VI, p. Ï69; 1868.
D’après le rapport présenté au gouverneur général de l'Algérie, l’aug-
mentation pour les Juifs est dune dans la proportion de 208,39 pour
1,000, tandis que le climat nous y dévore. Le même phénomène
s'éUiit accompli jadis en Egypte en faveur d’Israél , lors de la capti-
vité. La multiplication des fils de Jacob y avait dépassé les limites
ordinaires de la fécondité, et c'est là ce qu'exprime le texte hébraïque.
La traduction latine nous dit : Filii Israël crevcrunl, et, qui si gerroi-
nantes, multiplicati sunt; ac, roborali nimi’s, impleverunt terram. —
Lu mot nimis marque texcès. La traduction française emprunte la
périphrase, impuissante qu’elle est à rendre la force du texte ; a Le»
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i06
LES JUIFS.
voit chez aucun peuple de l’Europe ' ! » Cette fécondité sou-
daine, et renouvelée de l’époque miraculeuse d’Israël ; celte
ubiquité, ce cosmopolitisme exceptionnels, indices du plus
singulier et extraordinaire privilège de constitution physi-
que que riiisloire des peuples ait h nous signaler, et qui,
— nous devons le répéter, — « confond la raison hu-
maine, n’cst-ce point là l’indice plutôt d’une grande mhtion
providentielle qu’un simple hasard '? »
Les Juifs auraient-ils donc encore, ainsi qu’ils l’affirmè-
renl avec Moïse, un ange qui les conduit, et qui, tout en les
châtiant dans la proportion de leurs fautes, conserve ce» élu»
pour une mission providentielle que nous verrions tout h
coup s’étendre 'a toutes les régions de ce monde? Les textes
bibliques sont précis pour le passé : « Je vais envover mon
ange, dit le Seigneur, afin qu’il marche devant vous, et qu'il
vous garde pendant le chemin!... Ecoutez sa voix, et gaixlez-
vous bien de le mépriser, parce qu’il ne vous pardonnera point
lorsque vous pécherez!.,. Si vous entendez sa voix, et que
vous fassiez tout ce que je vous dis, je serai l’ennemi de
vos ennemis, et j’affligerai ceux qui vous affligent’. »
Se lassant de respecter l’ange du Seigneur et d'écouter
-enfants d'Israël s’accrurent comme des arbres, et se multiplièrent comme
des poissons, et, étant devenus extrèmcmeiu forts par leur nombre et
leurs richesses, ils remplirent tout le pays où ils étaient. » Le docte
traducteur ajoute ; « La paraphrase rend ici la force des expressions
du texte hébreu, qui présentent l’idée de ces deux comparaisons. »
Bible de Vence, Exode, ch. i, v. 7 ; t. H, p. 501 -î, .5' édit.; Paris, I8S9.
11 s’agit donc d'un fait de multiplication prodigieuse. Ce fait pré-
pare l’exode, ou la sortie triomphale des Hébreux. Une multiplication
devenue soudainement semblable présage-t-cUe un fait analogue?
Malgré l’oppression des Hébreux et le massacre de leurs enfants
mâles, on voit dans le livre biblique des Nombres, cliap. i, et surtout
V. 45-i6, à quel point s'est accrue leur descendance. Lire, quant aux
miracles qui pullulent dans le livre biblique de l'Exode, l’ouvrage :
/Pensées sur la religion, de notre honorable ami il. J. Thomassy, con-
seiller honoraire à la Uour impériale de Paris. Nous nu saurions trop
.recommander cet ouvrage, remarquable par la beauté du style et la
grandeur do la pensée; 1 vol. in-8" de 5’79 pages; Paris, 1855, Plon.
■ Géogr. méd., l. H, p. 138; ce que démontre le tableau de la
page 65, même volume.
» Ibid., t. 11, p. 131.
f Bible, Exode, t, XXIII, p. 20, etc.
CHAPITRE DIXIÈME.
407
sa voix , le Juif Ta méprisé. Ce mépris est-il , ainsi que le
lui ont dit les peuples, la cause du châtiment qui le pour-
suit? Voyez-le donc, après avoir été partout, depuis sa
chute, le témoin de la vérité des Écritures prophétiques qu’il
colporte sans jamais parvenir â les comprendre, être à la
fois le missionnaire du mal , le cabali&te de gauche , l’apôtre
des traditions primitives de l’occultisme, et l’homme que
la fixité, que la paix, que le repos repoussent. Marche!
marche donc, homme du progrès sinistre.', avance! — Mais
où marcher? — Où tu pourras, âme errante, Juif errant;
car fë peuple, en te voyant passer, te salue de ce nom.
Marche*, marche, enfant de la terre, prince de la terre;
marche, et sans pouvoir y trouver une patrie : marche tou-
jours, et toujours agité, toujours inquiet, toujours souffleté,
conspué, toujours le meme, toujours impassible et im-
muable au milieu de tous les changements!... Si vieux es-tu
que toutes les ruines, â côté des siècles que comptent tes
rides, semblent d’hier; et cependant ta sève étonne et ta
verdeur est une merveille. L’argent que lu adores ne peut
tarir dans tes mains; mais tu le possèdes sans jouir; et ni
ton pied ni ton avoir ne peuvent se fixer au sol. Marche!
marche! car rester en place c’est pour toi porter double le
poids du temps qui te pèse cl te fatigue, mais sans t’user M
Toute nation le reste étrangère; toute nation pourtant le
connaît, et lu les connais toutes; mais ton cœur de pierre
ne s’attache â aucun homme, et nul ne s’attache ’a toi! Aucun
lieu ne t’est domicile, et la lente sons laquelle ton front
s’abrite se promène de pays en pays, déchirée par tous les
vents de tempête. On le reconnaît partout, et partout,
hommes, climats et fléaux, s’ils ne te ménagent l’insulte,
' Le temps n’use pas plus le Juif que les quarante années dans le
désert n’usèrent , d’après la parole de la Bible , ses vêlements et sa
chaussure, lorsqu’il errait sous la conduite de Moïse : « Il vous a
conduits jusqu’ici dans le désert pendant quarante ans : vos vêtements
se sont conservés , et les souliers qui sont à vos pieds ne se sont
point usés pendant tout ce temps. » Bible, Deutéronome, i. XXIX, p. 6.
— Lire Thomassy, ut suprà, sur ces miracles de VEœode.
4U8
LES JUIFS.
épargnent ta vie. Un signe semblable h ceini qui marquait et
préscnait Caïn te marquerait-il donc? Enfin, marchant sans
cesse, et sans cesse attendant , ne sembles-tu pas poursuivi
par cet anathème qui tomba sur toi, mêle au sang du Christ,
le jour de la grande scène du Calvaire : Tu es maudit ,
oui, maudit, mais pour un temps que l’on dirait sur le point
do finir, si nous ne nous trompons aux signes qui se pres-
sent pour réveiller nos yeux as.soupis!... Maudit! et les pro-
phètes de ton ancienne loi te crient que nulle bénédiction
n’égalera la tienne le jour où il te plaira, comme jadis,
d’écouter l’ange du Seigneur; le jour où, régénéré par le
sang du fils de David, tu voudras refaire de la personne le
véritable enfant d’Abraham!
Quoi qu’il en soit, gardons-nous jusqu’à cette heure de
te disputer la supériorité de ton intelligence, et l'étrange
supériorité physique qui fait de ta race la race durable par
excellence, la race cosmoiwlite, celle qui, dans la plénitude
de la santé et de la vie, sûre de ne point perdre son nom à
côté des peuples florissants qui perdent le leur, peut s'as-
seoir en reine sur tous les points du globe, respirer avec
impunité le venin de toute atmosphère, braver toute intem-
périe, toute mystérieuse et délétère influence, prospérer
enfin dans les lieux memes où toute autre colonie humaine
dépérit, condamnée le plus souvent à disparaître si les flots
successifs de l’immigration ne remplacent les flots que le
sol y dévore....
Oui, l’histoire le dit et le veut : le Juif est, par son es-
sence, le peuple le plus indestructible dè ce globe, et par
conséquent le mieux doué pour les entreprises et les négo-
ciations lointaines, pour le* mittion* étrangère*, facilitées en
lui par *a merveilleiue aptitude à parler le* langue* de toute* le*
nation*. Au point de vue physique et intellectuel, le Juif, ce
cosmopolite insigne, est donc, en attendant qu'il le devienne
au point de vue religieux, l’homme le plus universel, c’est-
à-dire le plus catholique qui se puisse concevoir, car tel est
le sens de ce mot (KadoXixofj!
r.lUPlTRE DIXIÈME.
i09
Jusqu’ici l’éclnt de sa supcriorilé iic resplendit encore
que dans les genres qui donnent à l'ambitieux , a l’homme
cupide et sensuel, dont le but unique est la conquête et la
joflissance des biens de ce monde, un irrésistible ascendant
sur autrui : supériorité dans l’art, dans la science d’ex-
ploiter l’homme qui possède, l’homme qui produit, l’homme
qui vend ; supériorité dans l’art de faire suer et circuler l’or,
dans l’association redoutable des capitaux , des bras et des
têtes; supériorité dans l’organisation et la discipline des
sociétés occultes, où les adeptes marchent vers un but que
la plupart ignorent, mais où le génie judaïque excelle, en se
dérobant, h tourner k son prolit l’ambition ou la vanité des
uns, la malice et la sottise des autres; supériorité dans les
arts qiii charment et passionnent les foules-, supériorité ca-
balistique dans les arts de ténèbres et d'audace qui , plon-
geant dans les profondeurs de l’empire du mal, associent
l’action de l’homme k celle des esprits de révolte; supério-
rité dans les sciences transcendantes, celles de la religion et
de la philosophie exceptées; mais supériorité dans l'art pro-
fetsoral(\u sophiste, habile à mêler aux doctrines du théo-
logien et du publiciste les subtilités où l’esprit s’égare, le
venin des doctrines enivrantes qui pervertissent les indi-
vidus et font tomber les peuples en démence; supériorité
singulière k marier le faux au vrai , dans les lois d’une éco-
nomie politique et d’une science sociale destinées k former
k son image les nations qu’il aveugle pour les conduire k ses
fins; supériorité surtout, et c’est Ik l’une des plus insignes
aux yeux de tout observateur sagace, supériorité sans égale
k cacher, soit dans le conseil réfléchi des rois, soit dans le
conseil tumultueux des peuples, leur singulière et infati-
gable influence, la richesse et l’éminence des dons qui s’ac-
cumulent en eux, le génie d’intrigue qui les caractérise,
ou plutôt le surnaturel instinct qni les entraîne, au milieu
de leur aveuglement religieux et moral, vers le but extrême
de domination que tour k tour, pour le malheur et le bon-
heur du monde, il leur est et leur sera donné d’atteindre.
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410
LES JUIFS.
Voilà donc, voilà le Juif, voilà le Juif de nos jours,
c’est-à-dire voilà celui qui nous prépare , à l’ombre des so-
ciétés secrètes dont il est l’âme et le prince , un prochain
et redoutable avenir-, personnage chargé d’un rôle hauffe-
ment prophétisé par l’Église, terrible, lugubre; mais enfant
prodigue, ajoute-t-elle, qui rentre après de rudes épreuves
dans la maison de son père, qui s’y cb'argc d'un rôle admi-
rable, réparateur, et qui dès lors est béni de Dieu pour cire
à jamais béni des hommes.
NOTES FINALES. STATISTIQUE.
Quelques tableaux slalisliques où se trouve décrite la répartition du
peuple juif dans les principales parties du monde, deviennent un
appendice nécessaire à ce chapitre, que nous terminons par ces aligne-
incr.ts de chilTrcs. Lorsque nous aurons comparé ces documents, nous
en pèserons lu valeur à loisir, et nous saurons quelles sont sur ce
globe, aux dates marquées par ces recensements, les forces approxi-
matives et la distribution de l’élément judaïque. Peut-être alors, en
ce temps de surprises révolutionnaires, nous sera-t-il aisé de com-
prendre, en songeant au spectacle que nous donne sur les rivages de
l’Océan le Ilot montant des marées galopantes, avec quelle rapidité
le flot humain doué de telles puissances peut envahir un jour, et peut-
être un jour assez prochain, telle ou telle région de la terre.
Au moment même où nous tenons ce langage, les provinces danu-
biennes de la Roumanie sont en voie de nous donner un important
exemple de ce phénomène. Loin de dédaigner les enseignements
qu’elles nous olfrent, essayons d’y saisir un avertissement que notre
parole ne saurait mettre dans un relief assez saillant pour frapper uti-
lement les regards.
O On divi.se les Juifs répandus en Europe en trois classes : l” Les
Juifs espagnols et portugais, qui se trouvent non-seulement dans la
Péninsule au delà des Pyrénées, mais aussi en France et en Angle-
terre: — éminemment distingués et hors ligne, ceux-ci ne sont guère
Juifs que de sang; î" les Juifs polonais, qui se disent descendants des
Galiléens; 3" les Juifs allemands, ceux de la dernière classe, c’est-à-
dire celle qui se trouve en Souabe et en Alsace ; car les Juifs du nord
de l’Allemagne sont de la même classe que les Juifs polonais '. »
El remarquons, en passant, que l’Israélite allemand, notre proche
voisin, O est le type et le prototype du Juif tel qu’on le dépeint et
que nous le connaissons en général. Il est astucieux, avide et ra[>ace;
sans foi et sans loi, quoique d’une dévotion fanatique lorsqu’il se
' Docteur Boudin, Giogr, rrarûtiyuc, t. I, p. 130; 1857.
CHAPITRE DIXIÈME.
trouve dans les derniers rangs de sa nation : mais s’il prie Dieu , ce
n’est que pour lui demander le bien-être matériel. Il n’est pas vrai
qu’il le prie de l’aider à tromper les chrétiens dans les transactions
qu’il fait avec lui, car il n’a pas besoin du secours divin pour s’en
acquitter avec habileté et succès. Il a une incroyable activité d’intelli-
gence et d’imagination , mais il est fainéant et Iciche. Il n'est propre
qu'une fois par an, à Pessach, ou à la fête de Pâques, parce que c’est
une obligation de sa religion de balayer alors sa maison , de brosser
ses habits, et de faire de fréquentes ablutions '. »
La population juive du globe a été évaluée :
Pur HiLTücliclmauu, en IH33, à (*,598,000
Jülmiion, 1855, à (>,000,(K)0
Groeiwrg, à 5,000,000
Pinkerlon, à 5,(X)0,000
Malle-Brun , i 5,000,000
Baibi, 18*29, à 4,000,000
Berghaiis, 1851, â 4,(XX),000
à 3,930,000
Le Magnn'n catholifjutf â 3,*i(î0,000
L’Annuaire isra^lite de la Hollande, en prenant la moyenne de
ces divers nombres, estime l’ensemble de la population juive à
i,il 1 ,000 Après avoir consulté une masse de recensements officiels
et de documents épars , nous croyons pouvoir proposer le chiffre de
3,900,000 comme se rapprochant assez de la vérité. Les chiffres sui-
vants indiquent approximativement la distribution des Juifs dans les
cinq parties du monde
Europe. . .
A*le
Afrique. . .
Amérique.
Auitialie.
3, ‘2*28, 000
‘200 000
450,000
20,000
2,000
Total. 3,910,000*
Un peu plus tard, dans sa brochure du yon-cosmopoUlisme des
racei humaines , publiée dans le tome l" des Mémoires de la Société
(f anthropologie dont il était le président, .M. le docteur Boudin nous
dit : On compte aujourd’hui environ i,. 300, 000 Juifs, ainsi répartis ;
Europe. .
Afrique. . .
Asie
Amérique,
Ausiralie.
3,000,000
450.000
200.000
48,000
2,000
Total
4,300,000 *.
' Rapporter ces aitertions à leur date; Cerfberr, u( auprd, p. 38; l^rit, 1847.
* Boudin, Géoyr. tt statistique tnéd.^ t. Il, p. I31'132; 1857.
* P. 387, tian-cosmopolitisme.
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412
LES JUIFS.
L’ Almanach israélile de 182.S à 1829, indique :
Kuro|>e 1,699,0(K>
Asie 1,738,000
Afrique I,50i,000
Aiiiéri(|ue 5,700
Aumnilir 100
Total 4,946,800
Mais ce document supporte à peine Texamen
Il y a donc lieu de contester l'exactitude du chiffre que semblent ga-
rantir ios paroles suivantes adressées le 31 mai 1864 à V Alliance israé^
lite par AI. Crémieux: « Savez-vous, me disait en 1831 notre abbé Gré-
r/oire 2, savez-vous que nos statistiques établissent qu’il y a six millions
de Juifs? — Six millions! Vous n'avez jamais atteint ce nombre môme
quand vous étiez une nation florissante , dans les plus beaux temps de
votre histoire. »
Aujourd’hui , c’est-à-dire trente-sept ans après les supputations de
l’abbé Grégoire, et neuf ans après les derniers et très-sérieux cal-
culs de M. le docteur Boudin sur le^ chiffre total de la nation juive
(4,300,000), nous donnons sur les Juifs allemands la statistique sui-
vante ; c’est celle de la Nouvelle carte constitutive de l'Allemagne, pu-
bliée à Munich.
Prusse 260,751
Wurtemberg 1 1 ,610
Graud-duclié de Bade 25,263
La Prusse a conquis par l’annexion
De Nassau et Francfort 20,000 noiiYcauz sujets israelites.
Du Hanorre 15,000 —
De la Hesse électorale 12,000 —
Des six millions d’Israélites répandus sur toute la terre, chiffre adopté
par VUnivers israélite, plus de la moitié habitent l’Europe, à savoir :
Russie l,300,tK)0
Prusse et reste de rAllemagne 316,000
Aiitriclie 900,000
France 80,000
Angleterre 42,000
Saxo 1,200
Syrie et Turquie d'Asie 520,000
Maroc et Afrique du nord 6t0,(X)0
Amérique 250,000
Il y en a un peu en Suède et en Norvège®.
' Boudin, Géoyr. méd., t. II, p. 131-132.
* Notre abbé! expression très-juste. Nous ne saurions disputer aux Juifs cet
évéque assermenté, ce cooTeiuioonel qui traita son roi comme les Juifs ont traité
le leur : Jésus Nazarenus rex Judxorum.
• BrpitHliiit dans VUtiiven Uraélite, IV, p 189; 1866.
CHAPITRE DIXIÈME. 4<3
D’après le premier chiffre du docteur Boudin , dans sa Géographie
médicale, en I8S7, et c'est le plus bas des deux, nous trouvons :
Allemagne, 1,150,000.
Autriche 749,851
Pniste ■vdoi tes anneitoos 226,868
Bavière 69.288
Wurtemberg 11,974
Bide 33.700
Graad^tuebè de Hewe 28.734
Heuc électorale 14,4-22
Nasttu 6,871
Royaiioie de Saie 988
Üraiithiluché de Saie^Weiinar I,i50
Duché de Saxe Cobourg*Gotlia 1.600
Duché de Saxe^MeiDingca. 1 ,508
Duché de Saie*AlleobotirQ 1,100
Hanovre 1 1,563
Duché de Brunswick 980
Gr.ind'duché d'Oldenbourg 1,488
Mecklenibourg*Slréliiz 676
HüUieia-l.aueDbourg. 3,402
Litiemhoiirg (i*r) 326
Limbourg (1849) 1.259
Oiicbé d’Anlialt 1,400
Villes libres, etc 11,656
Total en France, 73,975, à savoir ;
Bas-Rhin 20,935
HiiiU-Rliin 14,882
Seine 10,978
Moselle 7,768
kleurtbe 5,675
Gironde 2,454
Boaches-du^hAne 1 ,37 1
Vosges 1,194
Landes 836
V Doubs « 745
Meute 699
Le reste diminuani beaucoup, par exemple :
Var 79
Aube 21 •
* Doctenr Boudin, Géogr, €t sUHislkfut p. 133*135 ; 1857. — Le A#om/e.
23 août 1869. nont dit sans tndiqner la source : Europe, pius de trois mililoos et
demi. Pologne. 1,700,000, dont 1,100,000 Pologne russe; 400,000 royaume
de Pologne; 200,000 Galicie, 77,000 duché de Posen , 8,000 Gracovie. — En
France, 156.000 (disons moînt de 80,000); en Algérie. 29,000.
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CHAPITRE ONZIÈME.
UNE POPULATION JUIVE DU MOYEN AGE AU PLEIN MILIEU
DU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE.
U.N MOT POUR POSER LA QUESTION. — Le flot juilalque, avons-nous dit,
peut, un certain jour, couvrir un point do l’Europe et se l’appro-
prier. — Qui seraient ces Juifs? Des Juifs du moyen âge, et les voici.
— Leurs prélcnlions^subites, soutenues de tous leurs commtri'otei
du dehors el d'une partie dos puissances de l’Europe. — Comment
et pourquoi. — La Roumanie, tluiâlre do leur invasion. — Lutte des
Roumains, pareille à celle des chrétiens contre le Juif au moyen âge.
— Réaction contre le Juif.
Les dernières lignes de noire dernier chapitre nous ont
dit que les flots grossissants de la population judaïque ])our-
raient un beau jour, et sous un vent de tempête, se soule-
ver, s’accumuler étage sur étage, et tout d’un coup, mon-
tagnes croulantes, fondre sur tel ou tel point de ce globe,
l’envahir, le submerger, y couvrir la terre, et s’y étendre
en paix sur un fond de ruines. Lisons maintenant dans les
pages actuelles, non plus la simple possibilité de ce fait,
mais, nous pourrions nous aventurer h le dire, le commen-
cement de ce fait lui-même. Dans l’audace, dans les mœurs,
et par conséquent dans la foi de la tourbe Israélite qui l’ac-
complit, peut-être reconnaîtrons-nous ce Juif dont on a si
souvent el si singulièrement parlé, le Juif de notre moyen
âge. El s’il nous parait sortir tout vivant de sa tombe, —
où jamais il ne descendit , — voyons si le but providentiel
de cette vision n’est point de ressusciter sous nos yeux l’his-
loire défigurée, massacrée par des historiens étrangers â la
race juive pour la plupart, mais dont un certain nombre pour-
raient s’appeler judaïques'. I.’heure est venue sans doute où,
dans les desseins de la Providence, la connaissance exacte
d’un passé qui se ranime el reprend corps pour frapper nos
yeiLv doit nous donner l’intelligence de l’avenir.
' Ilisloriens ignorants on passionnés et auxiliaires du Juif. A eux
le mot do Joseph de Maistre : a L’histoire, depuis trois cents ans,
n’est qu’une vaste conjuration contre la vérité, s
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CHAPITRE ONZIÈME. 415
C’est aux confins de l’Autriche, et du côté de l’Orient,
que ce passé reprend figure , que le moyen âge se remet à
vivre, et que tous les Juifs de l’Europe, auxiliaires des Juifs
de la localité, s’efforcent pour le moment de diriger nos re-
gards et de tenir en haleine le monde entier. La principauté
de Roumanie, c’est k-dire un vaste démembrement de l’em-
pire du sultan formé des provinces moldo-valaques, voilk le
point topogi'aphique où se débattent ces intérêts nouveaux,
ces prétentions audacieuses du judaïsme^ et le poids des
grandes puissances de l’Europe y est ouvertement poussé
par les mains d’Israël dans la balance des affaires publiques.
Appuyé sur ces forces diverses, le Juif de la Roumanie dit
au Roumain qui vient de l’accueillir sur son sol : Désormais
chez toi je veux être chez moi^ j’y serai ton égal; et chez
toi mou culte sera chez lui , respecté de tous , et l’égal du
lien ‘ .
Car Israël a donné pour le moment au monde révolution-
naire ce mot d’ordre , si peu compris de tant de chrétiens ;
Égalité des cultes! Il le fait retentir de sa voix la plus so-
nore ; (I C’est l’égalité des cultes qui, seule, permet tous les
progrès; » et « la liberté, l’égalité des cultes, sont un des
premiers droits de l’homme*. » Le judaïsme, en effet, ne
saurait établir sur aucun point de la terre un principe plus
favorable h sa cause!
Or, au pohu de vue légal, Israël , en tenant ce langage sur
le sol roumain, se trouve être dans son droit; de même
qu’au point de vue de la raison il est dans l’absurde; et, au
point de vue pratique, dans l’impraticable, dans l’impos-
sible. Mais d’où naît pour le Juif ce droit légal? Le voici :
Les potentats de l’Europe, circonvenus par les Juifs et par
les fauteurs de révolutions, auxiliaires constants d’Israël,
ont inscrit dans une constitution dont ils dotèrent les Rou-
* Nous avons fait voir comment, pour les Juifs, l’égalité implique la
supériorité.
2 Archives israélites, XV, p. 683, 1 867 ; — ibid., XVI, p. 721 , 1 866 ;
discours de ITsraélile Crémieux devant un bureau de la Chambre légis-
lative de Roumanie.
LES JUIFS.
il 6
mains et qu’ils revêtirent du titre significatif d'iniernatio-
nale, ce droit à l'égalité dont le Juif use déj'a quelquefois au
milieu de nous en s’essayant à le tourner contre le libre
exercice du culte que notre nation jirofesse. — {Vide- tuprà.)
On n’eut sans doute point le temps de penser, en improvi-
sant celte constitution, qu’accorder au Juif talmudique de la
Roumanie les droits du Roumain, c’élait déposséder le Rou-
main de ses droits naturels et de son avoir. Car il manque h
cet indigène, pour lutter à armes égales contre le Juif, une
religion semblable k celle du Talmud , c’est-k-dire qui lui
permette et lui fasse un mérite de tromper et de spolier I hoinme
dont la croyance est étrangère k la sienne. Il lui manque
encore une intelligence et des ressources acquises qui le
rendent l’égal du Juif; il lui manque en outre ce «{uc, seul
au monde, possède le Juif, c’est-k-dire non-seulement au
milieu , mais autour de la nation commune, une seconde na-
tion, une nation particulière qui partage sa foi, qui suit de son
sang, et qui, lui donnant en tons lieux l’appui d’une puis-
sante et irrésistible famille, lasse de la cause de tout indi-
vidu la cause d’une nation tout entière! De là le sentiment
de faiblesse et d’infériorité qui décourage, qui désole le
Roumain, et l’excite, comme jadis les populations chré-
tiennes, k se soulever contre des oppresseurs que la loi ne
saurait lui permettre d’atteindre, k se porter contre eux k
des actes de la plus répréhensible violence
Les phases de cette question redeviennent ainsi celles
des grandes luttes du chrétien contre le Juif au moyen âge
et depuis. A mesure qu’elles se déroulent, elles reproduisent
donc, en faveur des habitants du dix-neuvième siècle dont les
yeux consentiraient k ë’ouvrir, une des pages efl’acées de
ces temps aujourd'hui méconnus; elles nous offrent une
leçon d'histoire aussi sure et nécessaire qu’attachante;
• Même cause en Servie, mêmeseiïels.Voir rt'm'cers Israélite, Vltl,
p. 357’ 9; tS57. Mais en vain la loi, en vain Iclranger pesérenl-iis
de tout leur poids en Taveur du Juif; les mœurs, et la nécessité de
vivre en restant le maître chez soi, l’emportèrent en Servie sur toute
autre force : Primo vivere, secundo phitosophari.
Gtigitizec er^'ioo^k'
CHAPITRE ONZIÈME.
i17
veuillons suivre d’un œil atlentif Israël qui la donne et qui
nous la fait payer assez cher!
Israël arrive, se repose, s’établit, s’assoit, prospère, pul-
lule dans les provinces danubiennes, et décrète aussitôt que
le moment est venu pour lui d’exposer et de soutenir ce
qu'il appelle Gèrement ses droits. Il les soutient; il en use,
il cil abuse, et, pour conséquence, voici que tout ’a coup le
sol tremble sous ses pas et refuse de le laisser debout. Israël
est, comme jadis au cœur de l’Europe, renversé, conspué,
soullleté, chassé! La brutalité des sévices dont on l’accable
égale celle que déploient, aux applaudissement» du Juif et de
scs amis, l’Espagne et l’ilalie régénérées, en dépouillant et en
chassant, au nom de la liberté de conscience et des cultes, les
religieux et les religieuses qui réclament dans leur pays le
droit de vivre dans les pratiques de la religion dominante ' !
il est brûlé, bâtonné, noyé, victime d’odieux complots et
de persécutions atroces. Tous les fléaux qui sortent de la
malice et de la scélératesse humaine, — si l'hyperbole ne se
mêle à son langage, — se déchaînent sur sa tête dévouée-, il
s’agite et s'irrite; il se désole et se courrouce; il crie,
pleure, hurle, menace, gémit, tempête; et, descendant ou
remontant la gamme des passions qui s’inspirent de la ter-
reur et de la fureur, sa voix, prompte à varier les tons,
assourdit le ciel et la terre !
> Lire les Revues juives que nous citons passim, et nos journaux
révolutionnaires : le Siècle, etc.
Les persécutions, détails. — Récils el doléances du Juif. — Cris
de détresse, appel à l’intervention des Juifs du dehors et des puis-
sances. — Razzias de Juifs, emprisonnements, expulsions brutales.
— Scènes désolantes. — Quelques mois de répit, et la fureur des
populations se rallume; pillage, violences, synagogues renversées,
sévices affreux.
Écoutons, écoutons les impérieuses doléances de ces
persécutés, car l’électricité télégraphique les adresse au
grand avocat Israélite chargé du soin de donner ’a tout intérêt
87
— 9igilized by Google
4*8
LES JUIFS.
judaïque le plus haut retenlissemeut que puisse atteindre la
parole humaine ; « Un homme, et c'est le premier ministre du
prince, — il se nomme Bratiano, — se permet d’annuler
d’un trait de plume les contrats qui nous sauvegardent; il
déchire ceux même que le gouvernement a passés; il nous
chasse de nos locations : fermes , auberges , maisons publi-
ques; et, presque à portée de ses yeux, la |>olice, exempte
de contrôle judiciaire, exécute avec sa désolante brutalité
des battues de Juifs! Ni l'àge, ni l’état, ni la position, rien n’é-
meut ces exécuteurs. On nous poursuit, ou nous charge de
fers, on nous jette par masses au delà du pas de la frontière,
hommes, femmes, enfants; et lorsque s’élèvent vers le ciel
nos cris de détresse , ce spectacle bienvenu n’est pour la
populace qu’un sujet de risée. Les excitations partent d’en
haut et se multiplient; le fanatisme s’anime, et nous ne
vivons plus que sous la menace d'un massacre général.
Frères de l’Occident, protégez-uous ! inJerren«; accueillez
* nos supplications; sauvez, sauvez vos malheureux frères de
la Moldavie. Hâtez-vous de nous arracher à notre malheu-
reux sort ‘ ! »
A ces doléances, à ces nouvelles désolantes succèdent
d’autres nouvelles, mais rien ne change. « Les arrestations,
les expulsions, d'ahord plus faibles, — et nous transcrivons
les termes mêmes des Revues judaïques, — avaient fini par
prendre de telles dimensions, que leur nombre atteignait
par jour de cent cinquante à deux cents! Au début, elles
ne s'étaient opérées que par des commissaires de police,
sur l’ordre du ministre et sous les auspices du conseil mu-
nicipal; mais à présent, afin de gagner le peuple, on fait
faire nuit et jour des razzias générales dans la ville par des
individus salariés, ainsi qu'en fournit partout la lie du
peuple. Arrestations dans les rues, envahissements des mai-
sons et mauvais traitements , tel fut le mot d’ordre de ces
bandes, et heurenx ceux qui sont arrivés jusqu’aux prisons
sans avoir été par trop maltraités Les prisons sont de-
‘ Sercth, mai *867. itrcâioes israélilet, XII, p. 639; *867, etc.
CHAPITRE ONZIÈME.
149
venues insuffisantes... Le désespoir de ceux qui sont l’objet
de ces persécutions est indescriptible, et la plume se refuse
b retracer des scènes que l’on peut s’imaginer chez des sau-
vages', mais non parmi des chrétiens. Les Israélites excités
ont songé un moment h résister par la force à ces actes de
brutalité;... la peur et le désespoir se peignaient sur tous
les visages ... » Le calme cependant se rétablit, malgré
cette réponse du maire, si propre a le troubler : « Il y a
quelque chose de supérieur uux lois, c'esl notre droit, comme
Roumains et comme possesseurs de ce pays , de vous chasser,
vous autres Juifs qui n’étes ici que des habitants*, » c’est-
à-dire que des étrangers; et quel ramas impur! . . .
Quelques mois se sont écoulés depuis ces lamentables
scènes, mais la fureur des populations contre nous ne s’est
point apaisée, et bientôt nous voyons les mêmes actes se
répéter en variantes infinies. A. Berlad, « un millier d’indi-
vidus, h la tête desquels il y avait quelques instigateurs, se
sont jetés sur les Israélites avec une fureur diabolique, en
pillant ces malheureux jusqu’à la dernière chemise... Dans
la rue où je demeure, le dommage causé aux Israélites
monte à quinze mille ducats... Tout a été détriiit sans pitié,
tant les meubles que les immeubles. Aux artisans, on a
brisé les outils. Toutes les fenêtres, toutes les portes des
Israélites ont été tellement abîmées que nous sommes obligés
de nous couvrir de nattes pour ne pas mourir de froid. Nos
synagogues sont démolies et détruites jusqu’aux fonde-
ments... Les plus riches Israélites sont réduits à la plus
‘ Et les prisons de votre Italie libre! Et les fusillades auxquelles se
sont livrés t'os amis dans le royaume des Deu.v-Siciles, où les fusillés
sans jugement se sont comptés par milliers ! Et les scènes atroces de
la Pologne, où les femmes ne sont pas plus ménagées que les hommes!
Nous avons pour attester ces faits incroyables d’aulres témoins que
des Juifs... Hâtons-nous de dire que ces odieux excès ne peuvent ex-
cuser ceux dont les Israélites, amis et admirateurs des hommes extrê-
mes de révolution et de leurs doctrines, ainsi que le constatent leurs
Revues, se trouveraient être les virtimes.
^ Archives israéliles, XIII, p. 693; 4867. — Ibid,, XV, p. 688. —
Ibid., Jassy, XIII, p. 594.
Î7.
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410
LES JÜIFS.
profonde misère... La main me tremble, car le malheur est
si grand et si effroyable, qu’il m’est absolument impossible
de vous décrire notre terreur et notre effroi '. »
Le Itulleiin iiiternatiomt publie de son coté la note sui-
vante, où se peint une consternation profonde : « Les
dépêclies de Berlad demandent du secours contre les actes
barbares de la populace qui envahit les synagogues, détruit
les maisons et saccage les magasins des Israélites. — Le
banquier Thenen, dont la maison a été dévastée, a échappé
avec peine ù une mort certaine. Le rentier Numts, horrible-
ment maltraité, est dangereusement malade. Les commer-
çants Nachbar et autres , dont les magasins ont été pillés,
sont ruinés totalement. M. Éi)ouiéano , et ceux qui ont
cherché ’a défendre les Israélites, ont été outragés sans que
le préfet ait pris des mesures pour repousser les assail-
lants... U Cependant, « c’est aux gendarmes que les Juifs
doivent leur vie’ ! »
' ytrf/oVes israélites, Ht, p. l2i-5; 1868.
^ lind., p. 1S5. Mais esl-cw que les pendarnnes ne sont point les
instruments du préfet? — A Smyme, vers la même époque, les Juifs
se rendent coupables de faits pareils â ceux dont ils sont ici victimes.
Archives israélites, Vlll, p. 34J-3; 1867.
I.XSTIGATEUBS 00 AOTELRS DE CES PERSÉCOTIOSS ; ACCUSATIONS HARDIES
DO Juif. — Déni de justice du prince, élu de M. de Bismark. —
Son ministre tout-puLssant est Bratiano; ce rlief des démocrates est
le grand persécuteur. — Enormités qu’il commet, scs dénégations
effrontées; il cherche à donner le change à l'Europe. — En un
mol, le grand coupable, au sens du Juif, c’est, comme au moyen
âge, le prince qui ose protéger contre lui ses sujets.
Israël a parlé; nous u’avons point étouffé scs doléances,
et nos paroles n’ont été que les siennes, mais tout n’est |)oint
dit; des persécutions atroces, odieuses, et dont la violence
rappelle celle des siècles les plus reculés, voilà donc le
fait dont retentissent les échos de l’Europe. Mais quel en
est l’instigateur? Qui nous en nommera l'auteur? Serait-ce
le parti que les hommes du libéralisme moderne appellent
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CHAPITRE ONZIÈME.
i24
rétrograde et clérical? Non, pas le moins du monde. Il s’en
fautl et le grand coupable, si les Juifs disent vrai, c’est le
prince lui-méme-, c’est le jeune militaire de la maison de
Prusse que M. de Bismark et Napoléon III ont assis sur
le trône roumain! C’est le jeune protestant que l'avocat
Israélite Crémieux proclame, en s’adressant k Napoléon III,
ua prince « animé des intentions les plus libérales'! » C'est
en outre le ministre tout-puissant de ce prince, c’est-à-dire
Jean Braliano. Mais ce ministre quel est-il? un fanatique, un
ami des prêtres? — Ob! du tout, il est le chef des hommes
du progrès ; il est le grand démocrate de ta Rourrtanie! — Le vrai
persécuteur, ce serait donc, en définitive, le gouvernement
roumain, le prince et le ministère appuyés sur la Chambre
qui représente la nationalité roumaine! Mais laissons, lais-
sons Israël lui-méme nous signaler, en formulant ses ter-
ribles incriminations , ceux qu’il appelle les coupables :
« Ainsi que nous l’avons prévu (date du 25 juin 1867),
la situation devient chaque jour plus intolérable. Le prince
est arrivé le 16, et nul de nous ne peut obtenir une audience!
11 a cependant « passé près de trois quarts d’heure dans le
temple Israélite de Galatz , lors du Te Deum célébré en son
honneur! Il s’est exprimé sur tout ce qu'il a vu d’une manière
bienveillante; mais on peut déduire des paroles mêmes
qu’il a prononcées là, quelles idées son entourage lui insinue
sur les Israélites, » car on lui attribue ces mots : « Les
Juifs moldaves méritent ta persécution, parce qu’ils ne sont
pas seulement nuisibles au commerce, mais encore à la santé
publique! u
Le recours au prince qui gouverne la Roumanie est donc
fermé pour nous. Et que dire de Jean Bratiano, le ministre
tout-puissant, celui qui caresse l’émeute, « qui ne confie
les fonctions ofiicielles qu’aux membres des comités persé-
cuteurs, » l’auteur de l’épouvantable circulaire d’où naqui-
rent toutes les iniquités commises contre les Juifs; ce mi-
nistre contre lequel s’élève de tous côtés le cri des victimes ;
> Archives israélites, XII, p. 544 ; 4867.
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i*2
LES JUIFS.
cet homme sans pitié, qui peuple les prisons d’Israclitcs,
qui les y délaisse sans nourriture; ou qui, les traitant de
vagabonds, donne l’ordre de les jeter au delh des frontières.
Ces énormités ne sont que trop connues; mais peu lui im-
porte, et rien n’émeut cet homme que vous entendez « nier
tous les faits qui se passent à la lumière du soleil. » Le
monde, heureusement, « saitceque valent ses dénégations'. »
Et pourtant cet implacable, ce féroce et fourbe démo-
crate, est l’homme du prince! Son but est de tromper
l’Europe, en même temps qu’il attise les haines contre les
Juifs, et que, dociles à ses ordres, ses fonctionnaires arra-
chent aux paysans des pétitions où le gouvernement est
supplié de sévir contre les Juifs. C’est pourquoi le prince
qui accorde au ministre la plénitude de sa confiance, promet
tout, et rien ne change*! En un mot, « que la persécution
soit le fait du gotwernemeut du prince Charles, on n’en dou-
tera que le jour où il proclamera l'émancipation complète des
Juifs moldo-valaques* . »
Le cri de la nation, qui va tout à l’heure frapper nos
oreilles, repousse et réfute ces incriminations du Juif. Mais,
h son sens, les princes qui refusent de protéger Israël contre
leurs propres sujets, et de l’élever triomphant au niveau des
citoyens indigènes, ce qui signifie de l'asseoir sur les ruines
mêmes de leur royaume , voiUt de nos jours, comme au moyen
âge, les grands coupables, ceux que flétrit l’histoire écrite
par le Juif ou par les amis du Juif.
' Archives Israélites, XIV, p. 659 ; 1 867, etc.; — «J., /trcAïues israé-
liles, X, p. 47t ; 1868.
’ Archives israélites, XI, p. 502; 1868.
“ Voilà le boni de l'oreille. Archives israélites, XV , p. 683 ; 1 867.
A oüi LE.S TORTS? — L’enquête dénote que les provocateurs des excès
commis, ce sont les Juifs. — Les Juifs d'Occidenl, après s'élre faits
les échos du Juif roumain , avouent ne savoir concilier les déposi-
tions. — Le Juif se pose contre la liberté de la presse et de la tri-
bune, dont il est l’ardent champion dans les Etats chrétiens où son
influence domine. — Si le gouvernement se déclare contre te Juif,
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CHAPITRE ONZIÈME.
4S3
il se borne à céder à la pression de la volonté nationale. — Celle
nation roumaine est-elle oarbare? — La Roumanie a toujours été
le refuge des persécutés; son peuple est, d’après l'aveu même des
Juifs, un modèle de tolérance religieuse, de bonté, d’hospitalité.
Paroles de MM. Crémieux et MonleBore. — Si le Roumain n’a pas
changé de mœurs en un clin d’œil, et sans motifs, le tort serait
donc, comme au moyen âge, dans les exactions et les iniquités du
Juif? — Mot de M. de Metiernich sur l'Allemagne, applicable peut-
être demain à ce pays. — Ce qui s’y passe est-il pour l’Europe, qui
a méconnu les vérités de sa vieille histoire, un avertissement pro-
videntiel?
Le prince et son ministre sont donc pour Israël un objet
de méfiance, de terreur et d’horreur. Mais de tels sentiments
sont-ils légitimes? Car, au milieu de ces effroyables scènes,
comment ne point se demander k qui les torts, k qui les
grands torts, k ceux qui provoquent ou de telles persécutions,
ou des accusations si sanglantes?
Écoutons : le erj public éclate, et s’élève contre le Juif :
Arrière, arrière, implacable agresseur!... la présence est
maudite-, et si nous la tolérons, adieu pour nous la patrie;
car la race y pullule, ta race y adluc, et la cupidité sans
frein nous y dépossède, elle ne nous laisse que misère et
que larmes. — Mais k ce cri, qui semble s’échapper des
entrailles mêmes du sol, répond le tapage des accusations et
des doléances du Juif. Ne serait-ce point là, par hasard, la
manœuvre du malfaiteur surpris, et dont l'habileté détourne
sur autrui, par le bruit et la vivacité de ses clameurs, l’atten-
tion du passant? Car d'après le proverbe rappelé contre ces
étrangers par le président de la Chambre législative de
Roumanie, « ce sont eux qui frappent, et ce sont toujours
eux qui crient'. »II faudra même nous résigner k croire qu’il
en est ainsi si nous acceptons la lettre écrite k l'Israélite
sir Montefiore par le ministre des affaires étrangères de la
Roumanie : Je mis en mesure de vous affirmer. Monsieur, que
les troubles dont les Juifs ont souffert, « bien que tris-
regreuables à tous égards, sont loin de présenter la gravité qui
leur a été attribuée très-inexactement. La vérité me force
' Paroles reçues avec applaudissements. Archives israélites, VI,
p. 266; 1868.
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LES JUIFS.
iU
rm‘-me d’ajouter que, d’après les données de Cemjuéte 'a
laquelle on procède, ce scraicnl vos coreligionnaires qui
auraient malheureusement occasionné, «mon provoqué, le
mouvement dont il s’agit'. »
Telle est la réponse d’un gouvernement libéral et progrestif
aux afTreuses doléances que poussent les Juifs de l’Occident ,
sans savoir eux-mêmes ni quels sont les auteurs du mal sur
lequel les Juifs nioldo-valaques leur donnent la mission de
gémir, ni presque quelle en est la nature. Cette vérité diffi-
cile h croire s’échappe de temps en temps de la bouche
d'Israël : «C’est un flot d’affirmations contradictoires; ou
plutôt, — nous dit-il, — c'est un double courant d’infor-
mations opposées qui se fait sentir en Europe. A en croire
les Israélites , il v a persécution continue et organisée sur
une large échelle-, li en croire les Roumains, c’est une pure
affaire de vagabondage et de p(dice municipale* » Com-
ment donc « concilier toutes ces dépositions, >< dont l’une
est la mine de l'autre? Et comment, ajouterons-nous, ue
pas se taire avant d’avoir su de quel côté est la justice?
Mais tandis que le Juif libéral se montre inhabile k dissi-
muler le chagrin que lui causent, dans les États qu’on l’accuse
de désoler, et la libre parole de la tribune, et la libre parole
de la presse*, pour lesquelles il se passionne dans les États
chrétiens que travaillent scs doctrines antisociales; tandis,
disons-nous, que le Juif libéral se récrie contre les libertés
de la presse et conlre l'intolérance du Roumain, gardons-nous
d’omettre la lecture de quelques lignes dont le contenu nous
initie au rôle des potentats qui le protègent, et au caractère
de ses prétendus agresseurs.
Un de nos plus éminents publicistes écrivait, au mois de
mai 1868 : — « On a vu que la Chambre da députés de Bu-
charest a repoussé, comme sans fondement, le reproche adressé
' Signé : Stefan Golescu; Univers israélile, Vill. p. 37 1 ; tS68.
^ Archives israétites, XV, p. 68! ; 1867.
^ Lire les Archives israétites, p. 78, n“ !, 1868; p. 639, n" 15,
1866, etc., etc.
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its
CHAPITRE ONZIÈME.
au ministère d’avoir exercé des persécutions contre les Jmls
de la Roumanie. Ceci répond aux allégations des consuls
étrangers, qui siègent tous h Bucharest, et ignorent ce qui a
pu se passer dans un endroit éloigné. » Nous observerons
d’ailleurs « que l’action collective des consuls ressemble trop
a un parti pris. La Ctuimbre roumaine a publié hier une adresse
au peuple où il est dit que le gouvernement de Bucharest a
bien mérité du prince et de la patrie » Ainsi donc, ces
coupables que le» Juifs accusent, les représentants de la nation
les glorifient!
C’est que « les mœurs et les antécédents des iiopulalions
sont pour beaucoup dans ce qui se passe en Moldo-Valacbie.
Les puissances européennes ont l’air de se plaindre que les
Juifs n’aient pas en Roumanie tous les droits civils et poli-
tiques. Mais, en vérité, ^ qui appartient-il de décider une
telle question? Et n’est-ce pas violenter une population que
de l’obliger k ratifier une égalité qui lui répugne?.... Il ne
faut pas oublier que, dans l’Orient, les Juifs ne sont pas
fondus dans les nationalités qui les ont accueillis. Us vivent
k part, gardant leur caractère national et cosmopolite. Savons-
nous quelles relations existent entre les Juifs elles habitants
des principautés danubiennes? Étudions donc la question
avant de la trancher, et ne fomentons pas des troubles par
une ingérence qui est toujours vue de mauvais œil '. »
Le gouvernement, si son action n’est point libre et spon-
tanée, ne se trouverait donc coupable que de céder a l’irré-
sistible pression de cette volonté nationale pour laquelle
l’Europe progressiste et les amants du suffrage universel
affectent un si tendre et si profond respect. Mais, dans la
grande question des torts, celte volonté se trouvait-elle être
celle d’une population intolérante et barbare?
Jamais, nous dit un admirable manifeste que publièrent
trente et un députés de la Roumanie, jamais ce peuple doux
et bienveillant ne s’est livré dans l’intérêt de sa foi â /a moiiirfre
’ Coquille, l’auteur des Légistes, etc., lei/onde, 19 mai 4868 et
49 juin 4868. Ibid., Correspmulance allemande.
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4S6
LES JUIFS.
persécution religieuse. Loin de là, « depuis les temps les plus
reculés la Roumanie a été le rejuge de tous les persécutés , et
les Juifs ont également profité de notre hospitalité et de
notre tolérance. »
Que si ces lignes, tracées par des plumes roumaines,
étaient récusées comme suspectes, l’exactitude de la pein-
ture offerte U nos yeux serait conûrmée par les Juifs eux-
mêmes, car ils nous représentent la Roumanie comme un
pays « où régnait de tout temps l’esprit de tolérance et la
liberté des cultes , qui est une des vertus de ses habitants ' ! »
« Vingt ans se sont écoulés depuis ma première eutrée
dans la Roumanie, écrit de Jassy l’Israélite J. Byk, et mes
relations avec toutes les classes de ses habitants m’ont mis en
étal d’étudier leur caractère et d’observer leurs penchants
bienveillants. Bien des fois j’avais eu l’occasion d’apprécier
leur bon naturel et leur obligeance. Pieux, attaché ù sa reli-
gion, le Roumain respectait toujours les croyances des autres;
jamais la haine n*a souillé ses nobles sentiments , et jamais les
querelles religieuses rCont troublé son caractère paisible. »
Mais, « plus tard, les différentes opinions politiques ont
commencé à agiter les esprits » Et c’est alors que le
Roumain, si débonnaire, se trouve réduit à défendre son
existence contre les envahissements du Juif. Les luttes écla-
tent*, elles répandent, en éclatant, leur aigreur habituelle,
et cependant l’Israélite Crémieux, qui sollicite l’intervention
de Napoléon llf , lui fait entendre ces loyales paroles : « Le
prince Charles est animé des intentions les plus libérales*,...
et le peuple roumain ne savait pas, il y a quelques années,
ce qu’étaient les haines religieuses*. » Enfin l’un des po-
tentats du judaïsme, sir Moses MonteGore, conûrme dans la
pétition qu’il adresse au prince des Roumains les éloges que
les Juifs ses compatriotes , d’accord avec les représentants
de la Roumanie , décernent à la merveilleuse tolérance de ce
* Archives Israélites, X, p. 462-4; 4868. /6id., p. 470. Manifeste
des Juifs aux puissances européennes.
2 Archives israélites, II, p. 72-3 ; 4867. — Ibid., XII, p. 544 ; 4867.
CHAPITRE ONZIÈME. 4S7
peuple : « Le bruit a couru eu Augleterrc et ailleure que
mes coreligionnaires de la Roumanie ne jouissent plus de
la tranquillité et de la técurilé à laquelle ils avaient été accoutumée
depuis plusieurs générations, gr&ce b Dieu et aux sentiments
<T équité et d’honneur de cette nation'. »
Le changement subit dont les Roumains sont accusés
semble donck peine croyable au négociateur israélite -, et se
serait-il accompli sans motifs? ou bien n’y aurait-il à voir
dans les accusations intéressées du Juif roumain que celles
dont le Juif du moyen âge poursuivait les populations que les
doctrines du christianisme rendaient tolérantes et douces,
mais dont ses exactions et sa tyrannique cupidité poussaient
k bout la patience et déchaînaient un beau jour les fureurs?
Une grande leçon, mais qui depuis longtemps, depuis
que l’histoire, odieusement faussée dans l’enseignement des
peuples, cessa de parvenir k leurs oreilles, une grande le-
çon se répéterait donc k notre profit dans ce coin de l’Eu-
rope; et peut-être avons-nous k voir se réaliser pour ce pays
le mot que tout k l’heure M. de Metternich appliquait au
sien : les Juifs « auront un jour redoutable pour l’Alle-
magiie, probablement suivi d’un jour redoutable |)our
eux » Il semble cependant que, sur ce lambeau de l’Eu-
rope choisi pour théâtre par la Providenee, et comme s’il
s’agissait de nous prémunir contre une immense et pro-
chaine révolution où les Juifs se disposent k jouer un grand
rôle. Dieu veuille offrir k notre dix-neuvième siècle pour
avertissement, au moment où il commence k se passionner
contre les doctrines du catholicisme et en faveur des doc-
trines antisociales du laisser faire, une véridique et irrécu-
sable édition des scènes lamentables dont certains historiens
accusèrent nos ancêtres du moyen âge k l’endroit des Juifs;
scènes atroces, mais où les détails qui se déroulent aujour-
d’hui sous nos yeux nous donnent l’intelligence des siècles
passés, car ils nous retracent, dans l’histoire toute vivante
‘ Archives israélites, XXI, p. 989; 1867.
^ Voir chapitre antérieur.
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LES JUIFS.
4S8
encore du peuple dont le spectacle provoque et rassasie nos
regards, la raison du soulèvement des populations chré-
tiennes contre les Juifs, leurs perfides et implacables op-
presseurs; contre les Juifs sans cesse refoulés et brisés par
les mas.ses qui semblaient devenues leur proie, et sans cesse
victimes des subites fureurs d’un public excédé par eux de
misères.
Ton dictatorial du juif s'adressant aux souverains. — Les Roumains
réduits à ru^c^ contre le Juif, et contre les puissances étrangères
réduites à interv enir en faveur du Juif. — De quelle encre les citoyens
delà nation juive, dignes émules des citoyens du peuple-roi, écri-
vent aux potentats. — Exemple insigne et patience des princes. —
Le Juif, O devant les atrocités » qui se commettent, se lamentes de
l’hypocrisie qui régne en haut et en bas. >
Mais afin que la leçon qui nous est donnée soit complète,
tenons un instant encore les yeux ouverts, et voyons quel
est en ce pays l’aplomb merveilleux du Juif, appuyé sur ses
frères du dehors ; voyons quel est au dehors l’ascendant de
ceux-ci, leur audace, et de quel poids, avec quelle arro-
gance, tous ensemble font peser leur vouloir sur des po-
tentats réduits par eux, — si l’on se fiait aux apparences,
— à violenter la plus formelle volonté d’un peuple.... Deux
lettres diront a ce sujet plus et mieux que nos paroles. I.a
première est écrite de Paris, à la date du 28 juillet 1867,
par l’honorable Israélite Crémieux, au souverain même de
la Roumanie. Elle mesure cinq grandes pages. Les passages
que nous jugeons opportun d’en extraire nous apprennent
de quelle encre singulière aujourd'hui les simples citoyens
de la nation juive, digne* émule* de* citoyen* du peuple-roi,
se prennent à écrire aux princes, eux qui mettaient, il n’y
a qu’un instant encore, leur orgueil ’a nous rappeler quel
triste plastron, dans leur enfance, faisait de leur personne
la qualité de Juif.
H Voilà un an que, dans des conversations que je ne puis
' Voir chapitres antérieurs.
Uigilizod by v^oogl
CHAPITRE ONZIÈME. «9
oublier, Voire Allesse e.xprimail les idées les plus libérales,
dignes d’un prince élevé dans les principes généreux de
noire époque. J’entends encore ces mots : Je ne puis com-
prendre le préjugé contre les Juifs; je mettrai mon hon-
neur et mon devoir h les faire déclarer égaux aux autre)
Roumain). Cependant, j’avais ’a peine quiité Rucharest que
l'émeute grondait autour de la Chambre, et portait le mar-
teau sur le temple des Juifs... Mais j’étais loin de m’attendre
au désolant spectacle dont nous venons d’être les témoins,
et qui, à la stupéfaction de l'Europe occidentale, a présenté
dans la Roumanie le) )cènes barbare) du moyen âge se perpé-
tuant pendant une durée de trois mois...
» Ür, l’auteur de ces persécutions odieuses, c’est «uns
dénégation po)sible votre minhtre de l’intérieur, Rratiano, dont
le nom, devenu européen, reste attaché h sa désastreuse
circulaire!
» L’indignation publique est au comble, prince -, les deux
Chambres d’Angleterre ont jeté avec éclat leur blâme éner-
gique, et la presse de tous les pays' s’est levée avec l’una-
niroilé qui juge )ouverainemenl! ... La France, qui avait tant
contribué à la création de la Rounuinie, la France Consternée
se demande si elle a armé des bourreaux contre une popu-
lation inoiïcnsive, elle qui professe un si grand respect pour
la liberté des cultes.
M Le moment e)t venu, prince, de faire acte de légitime
autorité en brisant cette odieuse trame. Fra|>per Rratiano
d’une révocation absolue; arrêter immédiatement toutes co
moure) )auvage) coutre les Juifs; poursuivre )an) faible))e
loti) le) journaux qui, depuis un an, ne cessent de provoquer
au mépris, à l’assassinat, h l’expulsion des Juifs; révoquer
tous ces lâches fonctionnaires qui ont violemment prêté la
main a l’alîreuse persécution... c’est Ut ce que demandent
les gens de bien, et qui sera le premier bienfait d’une justice
réparatrice*.
* Dont les Juifs sont presque enlièrcmcnl les maîtres.
^ Faite un coup d'Ètat contre la liberté de la presse, contre les
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i30
LES JUIFS.
» J’ose eap<5rer, prince, qu’après cette terrible tourmente.
Votre Altesse voudra donnera la population juive, dont vous
êtes aussi le chef et le protecteur naturel, les gages de con-
corde et (le paix que je réclame en leur nom' !... »
Deux mois après avoir médité les termes de celle lettre
dictatoriale — nous évitons de dire impudente, cette lettre
qui précipita du haut de sa jiosition le ministre inculpe,
mais bientôt après relevé de sa chute, — le prince répon-
dait humblement b une autre lettre de l'Israélite anglais
sir Mosos Monleliorc, puissant patron du judaïsme, et collè-
gue de l’Israélite Cremieux : « Monsieur le baronnet , j’ai reçu
votre lettre du 24 août dernier...^ les Israélites sont l’objet
de toute ma sollicitude, et de toute celle de mon gouver-
nement, et je suis bien aise que vous soyez venu en Rou-
manie pour vous convaincre que la penérution religieuse, dont
la malveillance a fait tant de bruit, n existe point. S’il est
arrivé que des Israélite* fussent inquiétés, ce sont Ib des
faits isolés , dont mon gouvernement n’entend pas assumer
la responsabilité.
» Je tiendrai toujours k honneur de faire respecter la
liberté religieuse, et je veillerai sans cesse b l’exécution des
lois qui protègent les Israélites, comme tous les autres
Roumains , dans leur personne et dans leurs biens —
Cn.VRLES. »
... Cependant, les Archives Israélites ajoutent en repro-
duisant celte même lettre : Jusqu'b ce jour, la mission de
sir Moses Montefiore, qui depuis quelque temps s’est trans-
porté b Bucharest, « n’a nullement réussi; bien au con-
traire! » Ce philanthrope, « aussi estimé des princes que des bour-
geois et même de la basse classe, » est en butte aux attaques
des Journaux roumains’!... Et le Tempt ayant donné quelques
i'ournaux et les fonctionnaires du pays qui ne se donneraient pas aux
uifs, tel est l'ordre qu'intiment à un souverain, en termes superbes,
ces vaillants champions de toutes les libertés.
' Archives Israélites, XIX, p. 88t à 887; 1867.
^ Univers israélite, en tète du n» t ; octobre 1 867.
Archives ûraélites, XX, p. 9X9; 1867.
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CHAPITRE ONZIÈME. 434
coups d’aile, /’t/mW* ùraélite faisait retentir h nos oreilles,
sous le titre de Montiruotitêi roumaines, ces éclatantes
doléances : « Il nous faudrait plusieurs numéros de notre
recueil |>our dire tout ce que nous avons appris sur les
atrocités moldo-valaques, soit par des documents authen-
tiques, soit par des correspondances privées. Ce que nous
voulons constater une fois de plus, c’est l'hypocrisie et la
mauvaise foi qui régnent dans ce triste pays, en bas et en haut.
Autrefois la haine religieuse, le fanatisme, avouait franche-
ment ses actes, ses crimes... Il y avait Ih au moins de la
sincérité... En Roumanie, on commet les excès les plus
sauvages. . . , on foule aux pieds les lois divines et humaines, et
le gouvernement nie audacieusement tous ces faits atroces;
il nie le soleil..., la clarté du jour! Hypocrisie, mensonge,
aveuglement, voilà la force et l’àme de la barbarie roumaine! »
Une dépêche de Bucharest, en date du 15 avril 1868,
disait ;
« I.e gouvernement roumain , dans une note aux consuls
européens, a opposé un démenti aux bruits relatifs à des
persécutions qui auraient été exercées en Moldavie contre
les Israélites. Aujourd’hui, le prince Charles, dans une
audience spéciale accordée au consul général de l’Autriche,
a déclaré que nulle part les Juifs n’avaient été persécutés, et
qu’ils pouvaient avoir une pleine confîance dans sa protection
et dans sa parole'. »
Sachons-lc donc , à côté de ces incroyables dénégations,
les excitations et les persécutions contre les Juifs de Rou-
manie suivent leur cours, provoquées par « le ministère
Bratiano et sa clique; puis, clics sont démenties avec la
plus grande impudencel » Et dans quel but cet indigne
et ridicule manège? Dans le but « ttéviter ainsi des interpel-
lations diplomatiques peu commodes* ! »
' Univers Israélite, IX, p. 443; 4868.
* Archives israélites, XI, p. 504 ; 4868. Car il s’agit, pour ce peuple,
de se défendre à la fois, et contre les Juifs qui l’oppriment, et contre
les puissances dont Israël a su déterminer la politique à le servir.
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43Î
LES JUIFS.
Intervention des puissances dans l’intérêt du Juif, et malgré le
PRINCIPE ANTICIIRÉTIEN DE LA NON-INTERVENTION ADOPTÉ PAR l’Ec-
ROPE LIBÉRALE. — Lc Juif affirme que colle hypocrisie des Rou-
mains a pour cause la crainle des puissances, qu'il somme d’inter-
venir. — Insistance du chef de VAlliauce isruêlite universelle auprès
des gouvernements. — Exemples remarquables, condescendance et
empressement de ceux-ci. — Lettre de M. de Bismark.
« Éviter des interpellations peu commodes », voila le mot
qui échappe a la bouche des Juifs, et qui nous donne la
raison des condescendances apparentes de la Roumanie
a son endroit. Cet État sent sa faiblesse, et compreixd qu’avec
l’Europe, toute fardée de libéralisme, il doit faire usage du
même fard, et promettre ce qu’il ne peut tenir sans se
perdre ; tandis que, parmi les puissances qui lui tiennent
un langage de maître, celle-ci voit qu’elle ne peut se passer
ni de l’or ni de la presse des Juifs, et que, par conséquent,
il lui faut militer en leur faveur^ celle autre espère ou craint
d’eux ce qu'elle n’ose avouer, redoute leur déplaisir, ou se
trouve heureuse de prétextes qui engagent sa politique dans
la direction des intérêts d’Israël. Mais, quoi que pensent ou
que résolvent les puissances, et que les Juifs aient les torts
les plus graves, ou que la justice de leur cause brille de
l’éclat du grand jour, un fait que leurs audacieuses som-
mations placent aujourd’hui dans un splendide relief, le
voici : c’est que la plupart des puissances, réduites a les
servir et souvent entraînées à la remorque des sociétés
secrètes dont ils sont les maîtres, deviennent dans le con-
cert des nations chrétiennes un clavier dont les doigts
d’Israël font à leur gré parler ou crier les notes.
Examinons cependant comment ces puissances euro-
péennes, contraintes par les hommes du progrès à protester
contre le droit d’intervenir d’Élat h État, usent en réalité
de ce même droit en faveur d’Israël, entraînée que se trouve
être leur politique par l’astuce et l’opiniâtre habileté des
fils de Jacob. Il ne nous échappera pas un mot au del'a du
nécessaire, et notre langage continuera d’être celui que nous
empruntons à la bouche même du Juif.
CHAPITRE ONZIÈME. i33
Les événements judaïques éclatent, et le télégraphe en
transmet à peine la nouvelle que « l’infatigable président
de l’Alliance xiniverselle itraélite », M. Crémieux , le »ou-
verain de la franc -maçonnerie française et l'un des sou-
verain! spontanés de la France lors de la phase révolution-
naire de 1848, se met en campagne et obtient une audience
de l’empereur Napoléon. Ce potentat lui promet de rendre
justice aux opprimés. Mais déj'a le ministre des affaires
étrangères, .M. Drouin de Lhuys, a prévenu son souverain;
il s’est empressé d’intervenir, et, non content des paroles
volantes sorties de la bouche impériale, il écrit le 20 juil-
let 1866 au citoyen français de la nation juive qui représente
Israël : « MoiKsieur, vous avez appelé mon attention sur les
actes de violence dont les Juifs de Bucharest ont été récem-
ment l’objet. J’avais été informé de cet incident par la
correspondance de notre agent en Valachie..., et j’ai chargé
notre consul d’exprimer de notre part, au gouvernement
moldo-valaque, le vœu de ne plus voir de semblables scènes se
renouveler à l’avenir, en lui recommandant de réclamer, lorsque
le moment sera opportun, une amélioration à la situation pré-
sente des Israélites de ce pays * . »
... Cependant, de nouvelles doléances parviennent au
président de l'Alliance universelle Israélite, et son activité
redouble. « J’ai vu l’Empereur, écrit-il presque aussitôt; il
était parfaitement au courant de cette tragédie... Je le
trouvai aussi indigné que surpris! Tout eu lui disant que
ses ministres avaieiu pris l'initiative auprès de notre consul
général à Bucharest, je lui demandai son intervetuion person-
nelle. A l'instant même, me répondit-il, je vais écrire par le
télégraphe au prince Charles; c’était mon projet aujour-
d’hui meme. C’est se mettre au ban des nations que de tolérer
une telle persécution dans notre Europe. Je répli(|uai : « Le prince
‘ « M. A. Crémieux vient d’èlre élu souverain grand maitre du rite
écossais de la franc-maçonnerie. C’est la plus haute dignité do l’crrdre
maçonnique en France. » Archives israélltes, VI, p. tS7; t869.
Archives Israélites, XV, p. 66t ; août 1866.
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434
LES JUIFS.
est animé des intentions les plus littérales^ mais eeini qu'il
faut mettre au han des nations, c’est le ministre Bratiauo,
qui se dit pourtant libéral et démocrate. » L’Empereur
ajouta : « Cette oppression ne ;;eut«c£o/trer ni se comprendre,
je vais le témoigner au prince'. — Et moi, Sire..., je vais,
de mon côté, m’adresser à la presse ; je sais que toutes scs sym-
pathies viendront a notre aille*... »
Même langage a retenti dans le parlement britannique,
où le ministre des affaires étrangères « s’est exprimé eu
termes sévères sur les regrettables tendances qui se sont
produites en Moldavie contre les Israélites. » C’est une
affaire, a-t-il dit, « qui touche les chrétiens plus au vif que
les Juifs eux-mêmes; car, si la souffrance tombe sur les
Juifs, c’est le déshonneur qui tombe sur les chrétiens*. F.e
gouvernement anglais, d’accord avec la France et rAiilriche,
a fait parvenir de sages et fermes conseils au sujet de cette
question... Et, pour comble, on assure que le chancelier de
l’empire d’Autriche, M. le baron de Beust, a déclaré qu’il
fallait une solution; que « l’honneur du cabinet autrichien
y .était engagé ‘ ! »
Sur ces entrefaites, le plus habile des gouvernements
germaniques, — s’il est en Germanie d’autre gouvernement
que celui de la Prusse, — traitant avec l’un des |iolcntals
qui représentent la nationalité judaïque, c’est-'a-dire avec
M. Crémieux, l’hoiiorable président de V Alliance israélite
• Et l'oppression autrement terrible et permanente des Polonais ca-
tholiques . Un .M. Crémieux quelconque a-t-il prié l’Empereur et le
ministère d'écrire au souverain de toutes les Russies qu’il no pouvait
la tolérer ni la comprendre?... Et tant d’autres oppressions do popu-
lations catholiques, on Eurofie seulement !
2 Archives israélites, XV, p. 541 ; juin 1867, etc.
^ Ce sentiment est tout à fait le nôtre si la cause des Juifs est juste,
et s'il y a persécution, car nous sommes ennemi de toute violence,
et partisan, qui pis est, du droit d’intervention, ce premier et ce
plus essentiel des principes de la politique conservatrice des sociétés
chrétiennes.
* Archives israélites, X, p. 433-6; 1868. On sait quelle est l’im-
mense et effrayante influence des Juifs dans celte Autriche qui confine
à la Roumanie.
CHAIMTKE ONZIÈME.
i35
universelle, .s’empressait de lui transmeltre ces lignes, et
le nom qui les signe est assez fier ! « J’ai l’honneur de vous
informer, en réponse îi la lettre que vous m’avez adressée
le i courant, que le gouvernement du roi vient d’inviter de
nouveau son représentant à Hucharest h employer tonte son
inlluencc pour assurer à vos coreligionnaires en Roumanie
la position (|ui leur est due dans les pays dont la législation
s’inspire des principes de l’humanité et de la civilisation, etc.
— Berlin , 22 février 1868. — De BisMAnK »
Si donc le principe de non-intervention domine la politi-
que de l’Europe libérale, il est un intérêt plus fort qui
semble dominer cette politique ; cet intérêt est celui de la
maison de Jacob.
Ainsi souffle le vent! et nous prions en toute simplicité
(pii le saura , de nommer dans certains États de l’Europe
un intérêt, concernant hommes ou choses, qui rencontre îi
sou service une plus générale, une plus constante et active in-
tervention que celle dont la nation juive sait disposer et dis-
pose en sa faveur.
Et cependant, sur la bannière (]ue le libéralisme moderne
arbore dans les royaumes européens , il a tracé d’une main
impérieuse ce mot, qui est la ruine de la civilisation chré-
tienne : Plus d’intervention de peuple à peuple ! — Que si
la maison qui touche la tienne, frappée du feu des révolu-
tions, vient h brûler, ô toi qui gouvernes, retiens la main
sacrilège qui s’efforcerait de l'éteindre, car ce feu dévorant
c'est le feu sacré I
^ie jamais intervenir chez autrui, voilà donc le principe
antisocial, c’est-’a-dire antichrélien, qui prend racine sur
le sol de l’Europe. La Révolution l’impose; mais, pour elle,
vivre sans le violer ce serait mourir. C’est pourquoi , par-
tout où semblent l’exiger les intérêts de la République uni-
* Vrtivers israélile, VIII, p. 371 ; avril 1868. — Autre lettre du même
ministre des affaires éiran^ères, et, dans le même e.spril, au conseil
de la communauté juive de Prusse, 18 avril 1868, etc., etc. Univers
Israélite, IX, p. 429; 1868.
28.
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LES JUIFS.
verselle, destinée à s’étendre sur les ruines des empires
chrétiens, nous voyons la Révolution, servie de toutes parts
par les sociétés occultes dont Israël est le prince , tromper
ou entraîner les gouvernements' dans scs voies, intervenir
sous leur égide, et imposer aux peuples contre leur volonté,
contre leur intérêt, contre leur nature , contre leur génie et
leurs mœurs, les principes qui portent au milieu de leur
état social la division, la désolation et la mort.
Sejit monarques, fondateurs de la constitution nouvelle
de la Roumanie, y fondent en faveur du Juif un droit nou-
veau dont le monde révolutionnaire proclame l’excellence ,
mais que repoussent les traditions, les mœurs et les intérêts
de tout un peuple 1 Ce droit fatal ’a l’indigène est tout natu-
rellement violé par lui; le Juif se trouve être insulté, pillé,
menacé par le plus tolérant et le plus doux des hommes,
par le Roumain, qu’il pressure et qu’il exaspère, et le gou-
vernement de la Roumanie ne veut, ne peut ou n’ose prêter,
aux cris de pillage et de mort hurlés contre le Juif, que la
plus sourde oreille!
« O monarques puissants qui régnez sur les peuples', —
s’écrie donc Israël, ce protégé de l'Étranger, — c’est à
vous que s'adresse toute la population juive de la Roumanie;
c’est vert vous que les Juifs du monde en/icr demandent, pour
leurt frères des principautés, secours et protection En
s’adressant ’a cette haute intervention , les Israélites roumains
se fondent sur le droit que leur donne la convention qui a
créé la nation roumaine sous votre puissante garantie ’.... »
Le Juif qui réclame à si grands cris ce secours du dehors
' Toute règle a ses exceptions, et il y a chez tous les peuples des
intérêts d'urgetsce dont l'intérêt judaïque, contraint lui-même d’atten-
dre le bénéfice du temps, essaye en vain de triompher.
t Apostrophe aux souverains de la France, de l’Autriche, de la Tur-
quie, de l’Angleterre, do la Russie (qui, chez elle, les oppresse cruelle-
ment, vide supra), de la Prusse, et à Victor-Emmanuel de la maison rie
Savoie, qui préparèrent les 28 avril et 29 mai 1836 la convention
dite internationale, laquelle fut conclue à Paris le 19 août 18o8.
’ Arc/itues israélites, X, p. 469; 1868, etc. Manifeste des Juifs aux
puissances européennes.
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CHAPITRE ONZIÈME.
437
est donc, loulà coup el sans cause, devenu l’objet de toutes
les violences de la part du peuple roumain?... Croire le.Iuif
sur sa parole, cl contre la parole de tout un peuple, ce se-
rait pousser la naïveté fort au delà de ses bornes. Mais si ,
dans ce pays de tolérance, les lois imposées au nouveau j>ou-
vernement par ses hommes d’Étal libérau.v et par les rois
de l’étranger, sont en butte à de perpétuelles violations au
détriment du Juif, respecté jus(|ii'à ce jour par les babilanls,
que conclure de la cruelle répétition de ce fait? Placés de-
vant ce phénomène, les gens du dehors auront-ils la droi-
ture de reconnaître le danger d’intervenir chez des nations
étrangères, lorsqu’il s’agit de leur imposer des lois qui ré-
pugnent ’a leur foi religieuse ou politique, el contre les-
quelles protestent avec une si terrible énergie leurs intérêts
vitaux el leurs mœurs? Eh quoi ! vous, potentats, pères des
peuples, il vous prend la fantaisie de proférer la parole sa-
cramentelle du mariage entre le peuple roumain et la nation
juive? Mais cette prétendue que vous jetez dans les bras du
Roumain, mieux que vous il la connaît! Elle a vécu sous
son toit, il la méprise, il la trouve hideuse et odieuse, il la
repousse de toutes les puissances de son âme cl lève la
main sur elle lorsque, franchissant le seuil de son domicile,
elle ose réclamer de lui les droits sacrés d’épouse. Est-ce
au nom de vos principes de liberté de conscience que vous
vous faites les pontifes oflicianls de ce mariage forcé, et
prétendez-vous, parce qu’il vous aura plu de la sanctionner,
qu'il ne porte ni fruits amers ni fruits sanglants?
Immense impopclarité du Juif. — Les Juifs traités par la nation
comme la lèpre et les immondices de la terre. — Le pavs qui leur
est livré, et qu’ils couvrent, revêt un air sinistre. — S y déclarer
pour les Juifs, c'est renoncer à toute influence.
Mais revenons au moment où le vigoureux poignet de
Braliano dirige encore le timon de l'Êlat. Non, nous ne
croyons pas réver, l’âme du Roumain, si débonnaire dans
les habitudes de sa vie , s’exhale contre Israël en terribles
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LES JUIFS.
accents; écoutons, prêtons l’oreille aux paroles qui s’éelian-
gcnt entre les intéressés, et retenons notre jugement jus-
qu’à ce que les parties se soient donné la réplique... I.es
Juifs viennent, après tout, d’essuyer un rude échec
Ah! « nous devrions être contents de cette victoire de
Popinioii pnblùiue, s’écrie l’uii de leurs adversaires; et mal-
gré cela nous sommes allligés, car nous ne lui souhaitions
pas un pareil trioitiphe. On discutait hier à la Chamhrc le
projet de constitution; le peuple, en foule, qui ne pouvait
pénétrer jusqu’à la tribune, lit des démonstrations et monta
sur les hauteurs de la métropole, afin de témoigner, à toute
force, qu’il ne, voulait céder aucun droit politique aux Juifs»,
et (]u’il voulait » reprendre » ceux que déjà possédaient ces en-
vahisseurs.
« Un tumulte se produisit alors dans la Chambre, » Le
ministère fut réduit à promettre la radiation de l’article 6
du projet de constitution qui dése.spère les Roumains, et il
déclara en termes ofliciels ; « qu’il ne souffrirait jamais au-
cune espèce d’atteinte non-seulement aux droits, mais en-
core aux intérêts l'oumains en faveur des étrangers en général,
et des Israélites en particulier. »
Grand coupable est en vérité celui qui permet que nos
frontières s’ouvrent aux Juifs, et que la .Moldavie, cette
terre promise dans laquelle leurs flots s’accumulent, de-
vienne leur patrie plus que la nôtre. Comment! r.Allcmagne
de tous côtés se soulève contre les Juifs, les traque, les
chasse, les jioursuit avec des cris de mort, et nous, nous
devrons supprimer l’usage des jrasse-ports pour les attirer et
les accueillir! Celui qui proposa cette supirression, voilà,
voilà l’auteur des maux qui fondent sur la Roumanie,
« provoqués par l'horrible invasion qui l’inonde. »
Et ce n’est pas seulement en Rohéme, en .Moravie,
« qu’on s’est révolté contre cette race impie;... mais, tout
récemurent encore, les Juifs ont souffert à Munich et à
Wurzbourg des maux que nous ne leur souhaitons pas chez
nous. Un honihle carnage aurait certainement eu lieu si la
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CHAPITRE ONZIÈME. 439
police et le commandant de la ville ne fussent intervenus
pour calmer relTervcsccncc du peuple. On leur distribua des
nlilliers de passe-ports dans toutes les provinces allemandes,
et il en est très-peu qui ne se soient pas rendus en llouma-
nie. Toutes les villes d’Alleniague se purgent decc/re tepre;
et seule la Roumanie humaniiairc ouvre les ports et tend les
bras il ces lépreux, qui vont transformer la Roumanie ou un
immense hôpital. Nous demandons à MM. Rosetti et Rra-
tiano si c’est lii un procédé biblique? A couji sûr il n’est ni
convenable, ni national, ni économique' »
.... « Tout ce qu’il y a de hideux, de repoussant, de
mauvais, tout ce que rAllcmagiie rejette vient s’enclaver
dans ce pays, destiné h devenir le réceptacle des immon-
dices de toute l'Europe! Nous voici arrivés au moment où
l’on ne badine plus. Ce qui est arrivé en Rohême, en Mora-
vie, en Silésie, à .Munich, h Wurzbourg et ii Nuremberg, va
aussi avoir lieu chez nous-, et sans doute nous n’aurions pas
eu à en passer par Ih si le gouvernement donnait les moin-
dres preuves de prévoyance. Nous croyons impossible que
les Roumains acceptent les conseils du (journal le) Homa-
iiulu, et qu’ils livrent bénévolement leur pays aux Juifs. Et
la preuve évidente de l’abandon complet du pays entre les
mains des Juifs n’est que trop claire : ii Braïova, Ruebarest,
Ploïschti, et graduellement jusqu’au Pruib, le judaïsme de-
vient tellemcni encombrant, qu'à l’exception de Bucharest,
qui n’est pas encore tout à fait défiguré, tout le reste a re-
vêtu un air sinistre. Nous ne voulons point parler delà partie
du nord de la Moldavie, (]ui n'a plu.'i rien de roumain. A Jassy,
on trouve pour cinq Juifs un chrétien, et la |>roportion des
Roumains en général est de huit contre un Juif. Cet état de
choses n’est plus soutenable, et il n’est |)as douteux que le
gouvernement, le corps législatif et les municipalités ne
doivent prendre des mesures énergiques pour éviter ce mal,
’ Tout ce qui est entre guillemets est textuel. Remarquons çu’à celte
date le ministre Bratiano n’est guère moins vivement accusé par les
Roumains que par les Juifs.
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440 LES JUIFS.
ajin fjiic le peuple n’essaye pas de se faire justice lui-même ‘ . »
« Il est aujourd’hui de notoriété publique que M. Cré-
roieux , en parlant de Bucharest, a juré sur sa foi k ses co-
religionnaires que, dans un an au plus, les Juifs jouiront
du droit naturel et des droits politiques des Roumains,
ajoutant que s’il n’en était ainsi il se pendrait. Celte
question... prend de jour en jour des proportions si consi-
dérables, qu’elle devient pour tous les Roumains une ques-
tion de vie ou de mort. Ceux qui ont fait des courbettes,
des génuflexions k M. Crémieux, ceux qui l’ont conduit dans
l’assemblée des représentants de la Roumanie, où le prési-
dent, M. Épouréano, et le ministre des cultes, M, E. A. Ro-
setti^ l’ont aidé à descendre de voiture pour le conduire appuyé
sur leurs bras, restent les soutiens de cette affaire, qu’ils y
soient intéressés ou non. Comme leur habileté est générale-
ment reconnue, et que le journal le RomamUu est le plus
répandu dans le pays, nous, dans l’impuissance de lutter,
nous ne pouvons employer d’autres moyens que de dire k
chacun : Évitez les embûches^ ne signez rien contre les
Juifs qui ne soit écrit en termes convenables et clairs. »
N’ajoutez aucune foi k ceux qui viennent vous dire que les
demandes dont nous vous soumettons la formule « sont
barbares, qu’elles feront rire toute l’Europe. » Non, car...
« de telles choses se sont faites et se font encore.... même
dans les pays les plus civilisés.... Les vrais barbares ce sont
ceux qui nont ni patrie ni Dieu, qui sont des agents de l’étran-
ger, achetés par lui , et qui nous contraignent k regarder
comment les traîtres vendent aux Juifs notre pauvre pays
martyrisé. » Nous disons ces choses « parce que nous croyons
de notre devoir de ne pas laisser le RomamUu tromper tout
le peuple avec ces mots : civilisation, progrès, dix-neuvième
siècle, humanité, cosmopolitisme, etc.*. »
* Archives israélites, XVI, p. 7H ; -1866, etc., extrait de la Gazette
roumane des Carpalhes.
2 Archives israélites, ibid., p. 717 ; 1866. — La politique du Juif est
nécessairement cosmopolite , et souvent il est intéressé a le reconnaî-
CHAPITRE ONZIÈME. 444
Passionnés admirateurs de tous les liommes extrêmes, et de
tous les faits de révolution ' ; fauteurs imperturbables de tous
les principes qui dissolvent, sans les bouleverser violemment ,
les États chrétiens-, apôtres, lorsqu’il ne s’agit point de leur
propre cause, de toutes les libertés libérales et du principe de
non-intervention, les Juifs, habitués k reprendre coeur au
milieu de l’orage, se répètent l’un a l’autre : Ces menaces
restent et resteront a l’état d’injures écrites, et ne se tra-
duiront pas en actes. « A la suite de l'intervention des gou-
vernements anglais et français, et sous la crainte d’une invasion
des Turcs ou des Russes ses voisins (18CG), le gouvernement
roumain n’aura pas manqué de prendre des mesures cflicaces
pour protéger nos frères contre les menées de quelques clé-
ricaux, que leur impuissance réduira bientôt à néant’.
Les Juifs, dont la parole varie selon le vent qui souille’,
rangeraient-ils par hasard au nombre de ces quelques clé-
ricaux les démocrates? le ministre Rratiano leur chet.^ le
peuple qui ne craignait point de se livrer contre Israël aux
plus redoutables excès, et les hommes d’État dont nous
nous apprêtons a divulguer le Manifeste? Ces quelques clé-
ricaux, dont il n’était jusqu'ici nullement question, forme-
raient donc k eux seuls l’opinion publique? opinion si ferme
et si tranchée que l’avocat Israélite Crémieux la signale en
ces termes : « Le préjugé contre les Juifs en est k ce point,
qu’un candidat k un siège vacant k l'assemblée constituante
s’engageait formellement dans sa profession de foi imprimée,
que j’ai dans mes mains, k voter contre toute proposition
favorable aux Juifs’. <> Mais les Archives Israélites ont mieux
tre : « Notre politique, disent les .^rcliioes dans leur programme, sera
essentiellement universelle, cosmopolite, comme le sont nos lec-
teurs etc. » P. 8, 4"- janvier 4869.
' Lire les Revues juives et jusqu'aux derniers numéros : v4rcAives
israéliles, I, p. 44, 45, 20, 4869 ; id., II, p. S5; id,, VII, p. 495; id.,
X, p. 308; l'a., XI, p. 332, etc., etc., etc.
2 /bld., p. 748.
2 Lire leurs Revues.
’ Ibid., Archives israéliles j XVI, p. 749; 4866. Éü-angers, ils fe-
raient de la Roumanie la Palestine, et de fiucbarest la nouvelle Jéru-
salem. > Ibid.
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LES JUIFS.
JiS
encore îi nous dire au sujet decelle immense impo|>ularilc des
Juifs. Recueillons leurs paroles, et ne les perdons point :
« Ce qu’il y a de plus singulier, c’est que les gens
les plus opposés, les boyards d’une part, et les rouges
d’autre part, auxquels appartient le ministère ffrniinrio, se
reprochent réciproquement leur bienveillance envers les
Juifs, pour se discréditer mutuel lement auprès de la masse qui
exerce le droit de vote. Les boyards prétendent que le gou-
vernement actuel veut accorder aux Juifs les droits civils
prescrits i>ar la constitution; et les journaux dits rouges
reiirocbent aux boyards de protéger les Juifs. C’est ainsi
que SC renouvelle le mot du patriarche, dans le Nathan de
Lessing : Peu importe, le Juif sera brûlé! — Donc, quel que
soit le parti qui domine, la situation du Juif sera triste', »
et, sans l’intervention de l’étranger, que le Juif repousse avec
fureur à Rome et partout où il s’agit des intérêts de la
civilisation cbréticnne, que deviendrait la cause judaïque’?
■ Archives Israélites, n" î, p. 78; t8t8.
On lit dans la Presse de Vienne ; La nation accuse sir Moses -Mon-
lefiore d'être venu dans les prinoipautcfs danubiennes pouren faire une
nouvelle Palestine, pour enlever aux Roumains leur territoire et leurs
produits. Elle engage à signer des [xltitions dont le sens e.st celui de
toutes les demandes du Roumain contre le Juif : Tous les Hébreux en-
trés dans le pays depuis I8i8, sans avoir une occupation personnelle
dans l’industrie, devront être rapatriés dans le pays d'où ils sont ve-
nus. — Tous reiix qui possèdent des manufaclures, des fabriques
pourvues d’ouvriers roumains, et qui exerrent un métier quelconque,
ou qui auront suivi des cours de sciences supérieurs, devront être
tolérés s’ils snivept la marche de la civilisation... A partir de ce jour,
l’entrée des Hébreux dans le pa\s sera interdite pour jamais...
Le gouvernement a interdit la circulation de ces pétitions, au moins
dans les rues et les places publiques. Archives israélites, XX, p. 9Î9-
930; 1867.
La cause de l’immense IMPOPULABITÉ DC JiIF et des PEB.SPXUTtOXS
qu’il subit, est la MêME qu'au moyen ,\ce. — Son attente et ses
espérances de domination sont les mêmes. — Le concert de mé-
pris et de fureurs qui poursuit le Juif ne reste invariable que parce
que le Juif n’a point varié. — Documonls accablanis, et .Manifeste
admiralilc d’hommes d'Etat du jiays contre le Juif. — Dans ce lam-
beau d’histoire actuelle, on retrouve tout vivant le Juif des siècles
anciens. — Terreurs qu'il inspire par ses mœurs insocialiles, par
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CIIAPITUE ONZIÈME. 4*3
l'incessant, l’effrayant accroissement de son nombre. — Action ca-
lamileuse sur les forces vitales du pays : usure effrdnee, monopole,
falsification des rienree.s alimentaires. — Les Juifs sont diamétrale-
ment opposés en toutes choses aux autres hommes; leur tendance
est de s'élever sur les ruines d'autrui. — Ils espèrent se refermer
en nation distincte, puis dominante. — Ils essayent d'ériger dans
la Roumanie cet Etat judaïque qui serait la première réalisation de
leurs voeux... — Projet de loi formulé pour repousser le danger
social qu’expose ce document authentique. — Cris des Juifs; l’Eu-
rope s’émeut. — Lettre deM. de Bismark rassurant ces Juifs contre
les intentions des hommes d'Etat roumains. — Conclusion.
Mais, d’où ce concert étrange de malédictions qui semble
avoir traversé le moyen âge pour s’élever jusqu’h nous, et
dont le Juif lui-même ne peut éviter de se faire l’écho?
D’où cet accord de haines, de mépris et de fureurs contre
le JuiP La cjtise en serait-elle dans l’innocuité de la popu-
lalioti judaïque, dans les services qu’elle a rendus au pays
qui l’accueille, dans ceux qu’il est permis d’espérer de son
flot sans cesse grossissant? Ou bien ce concert de haines, de
mépris, de fureurs, ne reste-t-il invariable, partout oit s’im-
plante ce peuple, (jiie parce que ce peuple insociable reste
lui-même sans varier? C’est lit ce que, dans un instant,
chacun de nous saui'a se dire lorsque nous aurons achevé
de peindre la crainte et l'horreur que ces talmudisants, ipie
ces citoyens de la nouvelle Palestine ont le malheur d’inspirer
autour d’eux, et lorsque nous aurons clos cet exposé par le
succinct extrait de deux pièces. La première découle d’une
plume française, et qui nous sera peu susjiecte, car celui
qui la formule, M. Ernest Desjardins, appartient à litre de
professeur à rUniversité, et voici quelques-unes des con-
clusions que V Indépendance hellénique tire de sa brochure
intitulée les Israélites en Moldavie :
« Pour tout homme impartial, qui lira cette brochure
attentivement, il sera prouvé qu’en Roumanie les Juifs sont
plus de quatre cent mille; qu’ils n’y sont établis (]ue depuis
un certain nombre d'années seulement, qu’ils sont, pour la plu-
part, étrangers au pays de naissance comme de volonté, de
mœurs, d’esprit et de langue, et qu’ils s’obstinent ii de-
meurer tels; qu’ils exploitent furieusement et par tous les
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LES JUIl'S.
Ui
moyent le pays qui leur donne l’Iiospitalilé; qu’ils s’eflbrcenl
d’éluder toutes les lois qui les régissent, et de sc soustraire
à toutes les obligations qu’elles imposent aux citoyens; —
qu’ils sont ignorants, superstitieux, avares, menteurs, usu-
riers, fourbes et hideusement sales : d’où les craintes pour
la santé publique, dans les lieux où ils pullulent; enfin, que
le motif religieux n’a aucune part dans les mesures prises par
le gouvernement, ni dam Chosiilité que la population leur
témoigne. Tel est, en résumé, le résultat de l’enquête con-
sciencieuse ù laquelle s’est livré M. Desjardins. ?ious en
félicitons de tout cœur le peuple et le gouveruement rou-
mains'. »
La dernière pièce dont nous ayons ù citer quelques pas-
sages est celle que les Archives israélites intitulent le Mani-
feste de la persécution au dix-neuvième siècle. Elle a pour
auteurs et pour signataires trente et un membres de la
Chambre législative des États roumains, et l’importance de
cette admirable protestation nous autorise ù la nommer le
Manifeste de la Roumanie. Il nous semble, lorsque nous la
lisons à haute voix, qu’un écho du moyen âge nous renvoie
les doléances des populations chrétiennes courbées sous le
joug oppresseur du peuple de la dispersion ; c’est pourquoi
nous voulons en laisser retentir les accents aux oreilles de
notre public, et rendre de la sorte un soulRe de vie aux
pages les plus oubliées de l’histoire ;
« L’invasion des Juifs en Roumanie, et particulièrement
dans la Roumanie septentrionale, a pris, dam les dernières
années, des proportions si considérables, qu’elle a épouvanté
les pnpulatiom roumaines; car elles se voient inondées d’une
race à part, et hostile, qui a formé, à côté de la nation rou-
maine, une nationalité étrangère et opposée aux intérêts de
celle-l'a (celle-ci). L’indifférence qu’on a montrée jusqu'au-
jourd’hui en présence de cette sourde conquête de notre
terrain économique et national, a produit dans l’économie
' Extrait des /trcAices israélites, n“ V, p. 197-8, 1868, qui s'indi-
gnent de cette apprécialiun.
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CHAPITRE ONZIÈME. 445
(le l’Ëtat (les perlurhations profondes qui s’aggravent de
jour en jour, » et ces envahisseurs'forment pour le moment
« une population flattante de plue de cinq cent mille âmes. »
En considérant ce fait « au point de vue de la population
numérique, nous sentons combien est menaçante pour la Rou-
manie une colonie compacte de cinq cent mille âmes, qui aug-
mente continuellanent, et sur laquelle aucune influence locale
ni sociale du milieu où elle vit n'exerce le moindre pou-
voir. El cela vient de ce que la race Juive se distingue des
Roumains par son origine, scs mœurs, sa langue, ses tra-
ditions, sa religion, sa morale, et surtoutde ce qu’elle s'obstine
à rester absolument isolée de la société, et à se préserver de
toute fusion avec d'autres races étrangères. »
Âu point de vue économique, notre indilTérence « a eu
des résultats funestes. On a laissé se créer au milieu de la
société roumaine un monopole monstrueux, qui a détruit com-
plètement le commerce et la petite industrie... Cette race, par-
ticulièrement en Moldavie, s’est doncsuè]/ùu(’eaux négociants
et aux artisans indigènes de toutes les villes sans exception,
et a pénétré même dans les communes rurales’. »
K Cette substitution a isolé les unes des autres les diffé-
rentes classes sociales, par l’interposition d’un cor|>s étranger
qui refuse toute solidarité avec la population locale, et qui, en
‘ Au lieu d'étro, dans son application polilique et économique, la
protection chrétienne du faible contre le fort, la civilisation judaïque,
ou moderne, fonde, sous prétexte de liberté, le règne sauvage du
despotisme sans remède et de l’oppression à outrance. En politique,
c’est le dogme qui défend à un peuple d'intervenir chez un autre peu-
ple, fùt-ce même pour y mettre un frein aux plus épouvantables dé-
sordres ; et dans l'industrie , c’est la désastreuse et cruelle doctrine
du laisser faire, celle qui donne partout au puissant pleine carrière
contre le faible. L’essence des institutions chrétiennes était de proté-
ter le faible contre le fort, au lieu d’aider à son écrasement; l’essence
e la civilisation judaïque ou saint- simonienne est de créer chez
quelques-uns, par cet écrasement, des richesses exorbitantes, source
a’un luxe outrageant. De ce fait, la ruine morale et la misère du très-
grand nombre, a qui la voix de docteurs homicides ne cesse alors de
crier : O multitudes I vous souffrez de la faim? eh bieni cessez de
croître et de multiplier, et la sU'rilité sera votre soulagement. A quoi
bon partager sans mesure un pain qui ne vous suQlt plus? (Voir, fin
de ce chapitre, notre note sur la Civilisation. )
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U6 LES JÜIFS.
s’clablissanl parmi nous en nombre imposant, a détruit lout
t'équilihre de nos forces nationales. »
... « l.es capitaux produits par le commerce, qui fnicti-
Caient autrefois entre les mains des Roumains et revenaient
par mille canaux alimenter de nouveau les sources de la
production, sont aujourd’hui aliénés et détournés de leur
sphère d’activité nationale^ de Ih cette énervation et cette
inertie qui se font sentir aujourd'hui de tous les côtés'.
... « Possesseurs de sommes immenses , naturellement en-
clins h exploiter ceux d’une autre race, et poussés par leur
instinct prédominant de rapacité, les Juifs sont adonnés à
l’usure sans la moindre réserve, et sur une telle échelle (ju’ils
ont dépouillé et réduit a la misère des milliers de familles
opulentes. L’usure est devenue une plaie affreuse qui s'est
étendue sur tout le corps social, et qui sèche la source même
des forces vitales de la nation. Cette monopolisation des
capitaux est la cause la plus naturelle de la crise monétaire
qui afflige depuis tant d’années le pays*. »
« Les dominateurs ne sentant plus aucune opposition qui
pui.sse contre-halancer leurs instincts, créent des gênes et
des crises factices, et s’ingénient a trouver, même dans la
misère du peuple, tonte sorte de moyens d’extorsion pour
satisfaire leur insatiable avidité pour le gain; car la misère
est productive pour ceux qui ont la cruauté de l'exploiter. »
« C'est ainsi que naît bientôt la plus dure et la plus im-
placable des tyrannies, la tyrannie de l’argent, qui, exercée
sur un peuple par des étrawjcrs, anéantit tous les moyens de
développement, empêche l’élan de ses as|iirations géné-
reuses, et, sans qu’on s’en aperçoive, donne h son avenir
un coup mortel. Les progrès de cette coalition des Juifs sont
allés jusqu’à monopoliser les boissons et les objets d’alimen-
tation publique. Cet accaparement a produit encore des
* Quelles leçons pratiques d’économie politique! El combien diffé-
rentes sont-elles des systèmes judaïques de nos plus renommés écono-
mistes I
2 Lire le développement dans le texte. j4rc/tioes Israélites, IX,
p. 4I3;t8G8.
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CHAPITRE ONZIÈME. •
447
ciï’cls désastreux en temps de disette générale, et la classe
laborieuse est la plus menacée de l’avidité des monopo-
lisateurs, qui emploient mille faUifications et mille mélanges
nuisibles a la santé publique. »
« L’histoire nous prouve que le judaïsme est caractérisé
par la prédomination et par l'exclusivisme le plus sévère. Cette
inclination... qui lui est innée, est la cause puissante qui Ta
fait résister partout, et lui a permis de se conserver sans se
modifier au milieu des nations pendant un espace de vingt
siècles... »
« Les Juifs, forcés par le besoin, se soumettent extérieure-
ment a l’autorité des Ktats non juifs ^ mais Jamais ils ne
peuvent consentir b en devenir une partie intégrante. Ils ne
peuvent effacer de leur esprit l’idée de l'État judaïque, idée
que nous voyons, en toute occasion, ressortir forte et vivace
de toutes leurs actions. » Les Juifs, en effet, «( ne sont pas
seulement une secte religieuse; ils sont surtout l’expres-
sion de certaines particularités indélébiles de race et de cer-
taines croyances invincibles de nationalité. C’est pourquoi le
Juif de l’Espagne, de l’Angleterre, de la France et de la
Pologne, n’est ni Poloiiais, ni Français, ni Anglais, ni
Espagnol ; il reste toujours Juif, comme ses ancêtres des temps
bibliques. »
Car la fusion entre peuples ne s’opère pas seulement par
les simples relations de séjour et de commerce-, elle s’opère
« par le mélange du sang, et par le rapprochement des sen-
timents, chose impOsSsible avec les Juifs... Poussés par une
force instinctive b s'isoler au milieu des peuples qui les en-
tourent, ils sentent qu’ils ne peuvent faire cause commune
avec les peu[>les chrétiens, car ils leur sont, en tout, diamétra-
lement opposés. On a observé, au contraire, que quelque
part qu’on les transporte, soit en grand, soit en petit
nombre, ils introduisent partout, par l’etfet même de leur
présence, des germes de destruction et de dissolution, car
leur tendance est de s'élever partout sur les ruines des autres. »
Et quant a ce qui est de la reconnaissance, ils s'en croient
U8 LES JUIFS.
complètement déliés envers les peuples qui leur ont donné
l’hospitalité, parce qu’ils les regardent comme des usurpa-
teurs. C’est pourquoi ils font usage de tous les moyens
|X)ur acquérir de nouveau tes droits de suprématie et de domi-
nation sur l'univers, droits qu’ils se croient assurés par leur
antique jtacte religieux'! »
Or, lorsque « les croyances et les aspirations de tiuehiues-
uns sont en contradiction avec les intérêts nationaux, r^iat
a le droit de se prémunir par des garanties puissantes |>our
empêcher le mal ; car, si l'État se laissait conduire par un
esprit de cosmopolitisme (l’esprit du libéralisme moderne),
et cherchait h subordonner ’a des intérêts étrangers et isolés
l’intérêt prédominant de la conservation de la nation. Use
renierait lui-même, et il commettrait le crime de lèse-natio-
nalité. »
« Les Juifs peuvent d’autant moins invoquer la tolérance
que leur religion est la plus exclusive et la plus oppressive; car
non-seulement le judaïsme n’admet personne au sein de
sa famille religieuse, mais il condamne à la haine et à ta persécu-
tion perpétuelle tous ceux qui n’appartiennent pas à la race
israélite' . »
« Cet exclusivisme irréconciliable, qui s’est assimilé au
sang de la race judaïque, entretient la guerre continuelle qu’elle
a déclarée aux hautes idées morales dont ionl pénétrées toutes les
institutions des États chrétiens, IDÉES QUI FORMENT L.v BASE
MORALE DE NOTRE SOCIÉTÉ CIVILE! ï
' Archives israélites, IX, p. ttO à 4t7; 1868, sic. — Quiconque aura
lu nos chapitres se figurera volontiers que cette conclusion est de
notre plume. Mais, dans l’intorél de la crédibilité de nos pages, nous
restons fidèles à notre plan d’emprunter à des gens qui ne peuvent
être suspects la fomie ae nos propres jugements, et surtout lorsque
nous les trouvons exposés avec une si profonde connaissance des per-
sonnes et des choses par une pléiade d’hommes d’Etat qui, du matin
au soir de leur vie, ont sous les yeux le spectacle du phénomène hu-
main que nous étudions.
^ Ces notions, que donnent nos chapitres sur le Talmud, sont vulgai-
res dans les pays d'orthodoxie talmudique , où le Juif ne |)ciit, comme
chez nous, exploiter la prodigieuse ignorance des peuples chrétiens et
libéraux, et se donner comme un sectateur de la loi de Morse.
CHAPITRE ONZIÈME. 449
Il est donc surtout injuste et absurde d’invoquer le prin-
cipe de tolérance lorsque, comme au milieu de nous, la
religion de la majorité est douce et humaine, tandis que
la religion des Juifs, « ces sectateurs étrangers, est into-
lérante et sauvage m, au point de considérer notre société
chrétienne « comme impie et sacrilège, et de maintenir
strictement ses adeptes dans l’état de guerre permanente
avec la population qui les a admis dans son sein, m
Nous ne saurions oublier que « les Juifs considèrent le
temps qu'ils passent parmi les autres peuples comme un
temps d’expiation, d’épreuve, d’exil, et les habitants des
pays où ils sont dispersés comme des ennemis, car ils attendent
le moment promis où ils constitueront de nouveau une nation
distincte », et c'est dans cet espoir que les nourrit leur
religion, en leur faisant « entrevoir la perspective d’un
avenir brillant où , finalement, eux seuls domineront sur l'huma-
nité entière! »
Or, « il est pour nous un fait constaté, qui résulte de tous
ces détails comme aussi de la persévérance avec laquelle
les Juifs prennent racine et s’accroissent en Roumanie,
c’est qu’ils essayent d'ériger ici cet État judaïque qui est la
PREMIÈRE RÉALISATION DE LEURS IDÉES DE PRÉDOMINATION SUR
LES PEUPLES CHRÉTIENS. »
La religion judaïque est, en outre, « le plusgrand obstacle »
à ta fusion des Juifs avec les races qui leur sont étrangères,
en ce sens qu’elle est, u en même temps, une constitution
politique et sociale qui suit l'individu dans toutes ses actions
et dans toutes les époques de sa vie. » Chez les Juifs, en
effet, «.la loi religieuse est aussi la loi civile, et vice versa »•,
l’État et l’Église y forment un tout indivisible, « qui se
concentre dans le mot judaïsme. » Le Juif qui renoncerait
^ celte position « serait forcé de se séparer de son Église »,
car il cesserait par l'a même d’être un croyant fidèle. D’où
cette évidence que « le judaïsme, quelque part qu’il se
trouve, est forcé de former un État dans l'État, »
En un mol, « le judaïsme, comme religion, ne peut rester
29
450
LES JUIFS.
dans un juste milieu*, il doit être dominé ou dominateur, car
il constitue un culte spécial qui n’admet dans son sein que
les descendants d’Abraliam, regardant le reste de l’huma-
nité comme hors la loi »
Le peuple roumain est un peuple doux *, et tous les témoi-
gnages s’accordent k reconnaître que jamais « il n’a persé-
cuté personne pour sa confession. Depuis les temps les plus
reculés, la Roumanie a été le refuge de tous les persécutés,
et VÉiar roumain est tolérant pour le libre exercice de tous
les cultes » *, mais il ne peut perdre de vue une religion
« dont les dogmes soîit antisociaux, et dont le but principal
est de ruiner les plus graves intérêts de la nation. »
« Au point de vue de la légalité, -les Juifs ne peuvent
demander des droits égaux à ceux des Roumains, parce
qu’ils ne veulent pas se défaire de leur exclusivisme séculaire,
et se soumettre légalement aux charges et aux obligations
des sociétés modernes^ parce qu’ils veulent..., en un mot,
être traités fraternellement de ceux qu’ils traitent eu ennemis
implacables. » Le judaïsme, qui refuse « la réciprocité, ne
peut donc réclamer des États chrétiens le bénéûcc des
principes de réciprocité. »
Nos anciens princes roumains, en recevant les Juifs qui
fuyaient leurs barbares voisins, leur accordèrent une liberté
complète dans le pays; mais alors les Juifs n’étaient que
des botes reçus k des conditions qui leur permettaient de
vivre en repos et en liberté. ïlt lorsque ces étrangers
<( abusaient de l’asile qui leur avait été accordé en exas-
pérant les Roumains par leurs fraudes, les princes étaient
forcés de les expulser du pays », et les expulsaient.
Tel fut donc, Ik comme ailleurs, l’état des Juifs jusqu’k
l’époque des princes fanariotes... Mais, « comme les Rou-
mains perdirent alors le droit de se gouverner eux-mêmes,
et que le sentiment national fut détruit systématiquement
< Voir à l’appui, nos chapitres sur le Talmud, et tenir compte des
circonstances qui motivent des exceptions souvent plus apparentes
que réelles.
CHAPITRE ONZIÈME. t51
par les princes nouveaux , leur pays devint le théâtre des
occupations armées et économiques de tous les étrangers!
Do cette époque date aussi le commencement de la prospé-
rité des Juifs, attirés par les bénéfices de l’ère de la
corruption qui avait été inaugurée. »
La décadence croissante de la société roumaine, et ta
multiplication des Juifs, marchèrent alors du même pas;
mais l’invasion judaïque prit un furieux développement
en l’année 1828, lorsque le pays, envahi par les Russes et
désolé par des souflrances inouïes, « plia sous une misère
qu'augmentèrent de nouveaux vices et l’établissement d’un
système de bureaucratie corrompue. »
Le nombre des Juifs, qui n’atteignait guère alors que le
chiffre de 25,000, s’élève en i84tà 55,000, en J854 à
160.000, et dépasse aujourd’hui 300,000'! Et « ces chiffres
ont une éloquence irrésistible », car ils nous peignent, â
l’aide de quelques signes arides, les diverses phases de
l’invasion des États chrétiens par les Juifs, non-seule-
ment au moyen âge, mais jusque dans le sein du dix-neu-
vième siècle! Nous voyons, en effet, leur multiplication
« correspondre avec la décadence de nos forces écono-
miques, avec la dénaturalisation des villes de la Moldavie »,
qui de chrétiennes deviennent presque entièrement juives;
« avec la monopolisation du commerce roumain..., avec
la diminution de l’argent, l’accroissement de la crise finan-
cière, et l’ensevelissement des biens fonciers du pays dans
une énorme dette hypothécaire*. »
> It y a là un chiffre pour un autre, car ce même document dit ailteurs
600.000. M. Crëmieux se bornait à 400,000, et M. Üesjardins ajoute
le mol au moins; mais quelque chiffre que l'on prenne, i! est, et sur-
tout il devient énorme.
2 Ibid., Archives israélites, X, p. 46Î j 1 868, etc. — a L’état moral et
matériel de la Moldavie est arrivé à un degré de décadence qu’on ne
peut comparer qu'avec celui de laGallicie, etc., qui gémit sous le
fardeau et la pression hideuse des Juifs. » Ibid., p. 465. Il en fut, il
en est ainsi partout où s'enracinent les orthodoxes du judaïsme.
Exemple : en Hongrie, ce royaume d'une admirable fécondité, la no-
blesse dédaignant de s’adonner s à l’agriculture , ce sont les Juifs seuls
qui font tout le grand trafic , qui afferment les terres et qui tiennent
29.
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462
LES JUIFS.
« Basés sur ces considéralions , basés sur les lois tradi-
tionnelles et sur les lois positives du pays, et considérant
que toutes ces législations ont été dictées par la nécemité
impérieuse de garantir les Roumains de l’exploitation juive et
d’écarter les périls qui menacent notre nationalité; » considé-
rant que les législateurs d’autres pays « se sont également
vus forcés de mettre un terme aux maux causés par les
Juifs; voyant le danger qui menace le peuple roumain tant
sous le rapport économique que sons le rapport national \
danger qui nous impose le devoir d'apporter le plus vite
possible des remèdes elTicaces à un état de choses qui s’ag-
grave sans cesse, les soussignés ont riionncur de proposer
a la représentation nationale le projet de loi suivant : »
Viennent « les signatures de trente et un députés de la
Chambre roumaine, y compris le président de cette Chambre ;
voici leurs noms : Jean Negtiru, D. Prnneu, N. Voinov,
J. G. Leca, A. D. Holban, etc., etc. » (Voir la suite.)
ainsi dans leurs mains presque toute la fortune du pays. Aussi ia plu-
part des grands seigneurs sont-ils endettés pour plusieurs générations,
et l'on peut, dès aujourd’hui, prévoir le moment où la Hongrie ne sera
plus qu’une immense propricU; juive. » Le Monde, 6 décembre 1868,
correspondance allemande, généralement remarquable.
Quelques mois avant cette date , le Madgyar Sigismond Bernatli
demandait, dans une motion à la diète de Hongrie, l'émancipation
politique de tous les enfants de Juda. « Les Israélites, comme on les
appelle fort improprement, no jouissent pas en effet de tous les droits
politiques que la constitution de l’Etat accorde aux chrétiens, ce qui
ne les empêche pas de tenir entre leurs mains presque toute la for-
tune du pays. » « Ils se croient partout en captivité, comme jadis
à Babylone; ils no devraient donc pas être reçus, en bonne justice, à
jouir des mêmes droits politiques que les chrétiens. Cependant, si le
fouvernement de Pesth veut les émanciper entièrement, il serait peut-
tre sage de ne pas les laisser maîtres absolus de tout le commerce de
Hongrie et pour ainsi dire de la fortune publique; car, avant un demi-
siècle, les Juifs pourraient bien faire la loi à la couronne de Hongrie,
comme ils la font en Autriche, où presque toute la richesse est entre
leurs mains. Un ministre prussien nous disait un jour avec beaucoup
de vérité : « Le plus grand fléau do l’Allemagne à notre époque, c'est
le judaïsme. > Que le gouvernement hongrois réfléchisse donc bien
avant d’accorder aux Juifs l'égalité des droits s. Le même, ibid.,a° du
29 juin 1867.
‘ Pas un mot n’est dit du côté religieux de la question! Le reproche
judaïque de fanatisme tombe donc de lui-même.
CHAPITRE ONZIÈME.
iS3
Les Jaifs , de qui nous tenons cet admirable document où
se lit h la fois l'histoire du passé, du présent et de l'avenir,
cette page où se peint en traits si frappants de vérité le ju-
daïsant ortho<loxe en pays chrétien, les Juifs ne nous l'ont
livrée que pour la signaler a la violente réprobation de l’Eu-
rope ' ; k tel point, lorsqu’il s’agit des graves intérêts qui les
concernent, ces hommes entreprenants comptent aujourd'hui
sur l'épaisse ignorance et l'aveugle partialité de notre public!
C’est pourquoi nous apprenons d’eux-mêmes leur dernier
effort et leur plus cher espoir k l’endroit de ce glorieux ma-
nifeste, de cette suprême et généreuse tentative des hommes
d’État de la Roumanie. Ecoutons :
« Le comte de Bismark a fait parvenir la réponse sui-
vante au conseil de la communauté Israélite de Berlin, qui
lui avait adresse une pétition relativement au projet de loi
de proscription contre leurs coreligionnaires en Roumanie.
— Berlin , 18 avril 1868 : « Le roi m’a chargé de répondre
k la pétition du 6 de ce mois, du conseil de la communauté
juive,... pour empêcher la mue en vigueur (tune loi soumise k
la représentation roumaine concernant la position des Israé-
lites,... que la communication du projet de loi en question
avait été présentée contre la volonté du prince Charles;
qu’il n’était pas probable qu'il fût adopté; et que, s'il l'était,
il ne serait pas sanctionné par le gouvernement du prince, etc.
Comte de Bismark* ».
' ArcAiee* israélites, X, p. i6î à t67-47î; 1868.
^ Univers israélite, IX, p. 4X9; 186S. Meme démarche des Juifs en
France; Archives israélites, IX, p. 4Î7-28; 1868.
Note importante. L'Europe a pesé dans la balance de la politique
moldo-valaque; elle s'est montrée favorable aux Juifs... Archives israé-
lites, n° II, p. 34; 1869. Le Juif l'emporte; le ministère Braliano a été
renversé, la Chambre dissoute, les nouveaux préfels appartiennent au
parti du progrès, etc. Ibid., Archives israélites, VI, p. 178; 1869. Le
nouveau ministre de l’intérieur, M. Coealniceano, est de ce même
parti; voici pourtant la circulaire que la force des choses l’oblige
d'adresser à ses préfels sur les Juifs [extrait littéral) :
« D'après les lois du pays, les Juifs ne possèdent pas ledroit de domicile
permanent dans les villages. En conséquence, ils ne sauraient être ni ca-
baretiers ni percepteurs d’accise dans les communes rurales, etc... »
«... Jusqu’aujourdhui , la plus grande partie des Juifs, et surtout
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LES JUIFS.
m
Quoi que veuille le pays, l’Europe libérale saura donc
contraindre ses gouvernements h user en faveur du Juif du
droit d’intervention qu’elle a proscrit; elle saura peser au
besoin sur le prince qu’elle a placé sur le trône roumain,
et, bon gré mal gré, le plier aux exigences d’une politique
sur laquelle on sait quelle est l’influence judaïque! Que s’il
naît de ces désordres une tempête dont le souffle emporte
le Juif,... nous le demanderons alors : A qui la faute?
les émigrés de Gallirie et de l’odolie, consliluenl dans noire pays non
pas une coramunaulé religieuse, mais bien une nationalKé distincte,
ayant sa langue, son costume et ses mœurs en propre; et une triste
expérience nous a proueeijuc, surtout les Juifs de Gallicie et de
l’odolie qui habitent les villages, sont un fléau pour les villageois
roumains... Jo ne puis tolérer l’abus, cl, dans le plus bref délai, nous
devons tous nous elTorcer de sauver le pays du mal qui le menace... »
Faites sentir « combien je suis résolu d'arrêter le mal dans les villa-
ges, de nii'mc que , par contre. Je ferai tout mon possible auprès dos
Chambres pour augrm'nter les droits des Juifs éclairés, et surtout de
ceux qui, par leur naissance, par leurs études faites dans nos écoles,
obtiendront le droit d’étre comptés parmi les fils de notre pays, sans
distinction de religion. » Cogalniceano. n“ 76t, 15 janvier 1869.
En 1 869, le ministre favorable aux Juifs, M. Cogalniceano, est réduit
à reprocher au gouvernement français « de s’immiscer dans les affaires
intérieures de la Roumanie », à l’instigation de M. Crémieux. Lire
/Irchices Israélites, XV, p. i66; 1869. Ce, ministre de l’intérieur écrit
à son collègue dos affaires étrangères, en réponse à la note du
16 juin 1869 de M. le consul de France, une pièce du plus haut inté-
rêt où nous copions ces phrases^. » M. le marquis de la Valette con-
naît mieux que moi les mesures exceptionnelles que dut prendre
Napoléon I", dans l'intérêt de la France, contre les Juifs de l’Alsace et
de la Lorraine... Votre Excellence n’ignore pas quels orages ont éclaté
ù la Chambre toutes les fois qu'un ministre a osé dire un mot dans la
question israélite... Cela prouve une grande irritation de la part des
populations roumaines, provenant de cruelles souffrances et d’une
légitime inquiétude. Car c’est la voix de la nation qui se sent menacée
dans sa nationalité et dans ses intérêts économiques... Pour le pssé
ni pour le présent, je le répète, les Israélites ne peuvent se' plaindre
delà Roumanie.
» Les représentants des puissances qui résident à Jassy ont reconnu
eux-mêmes, j’en ai la conviction, ce terrible fléau, qui ronge l’âme de
la Moldavie Les puissances européennes, en leur qualité de puis-
sances chrétiennes, doivent aussi leur part de compassion aux chré-
tiens de la Moldavie... Je m’estimerais heureux si mes faibles paroles
pouvaient effacer de la conscience des ministres français la fâcheuse
impression qu'y ont produite les dapposts erronés de V Alliance
israélite et de ses correspondances moldaves. » Ainsi parle officielle-
ment le remplaçant du ministre Bratiano, M. Cogalniceano, le plus
habile patron des Juifs I ! I
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CHAPITRE ONZIÈME. *55
Dominateurs de l’Allemagne, maîtres ou auxiliaires oc-
cultes des hommes d’État les plus influents de l’Europe,
inspirateurs et directeurs des sociétés secrètes dont le con-
seil suprême semble être devenu le gouvernement du
monde entier, Israël a donc le secret, lorsque ses intérêts
l’exigent, d’obliger les États libéraux à impoter aux peuples
qui se gendarment contre les Juifs les volontés du judaïsme!
Et lorsque, par hasard, un intérêt contraire ne vient point
jeter une perturbation accidentelle dans le désordre- normal
au sein duquel s’agite l’Europe, il faut, quoi que veuillent
ou soulTrent les peuples, que le judaïsme soit humblement
écouté, qu’il progresse et laisse entrevoir son triomphe!
Or, que veut-il, ce peuple indomptable d’Israël? Où s’ar-
rêtera l’audace de son génie, et que ne pourront un jour, h
tel moment critique, machiner et opérer les Juifs dans Iç
monde entier? Grande et dernière question pour laquelle le
lecteur, à demi renseigné déjà, voudra bien nous permettre
de le renvoyer au chapitre suivant. La lecture attentive de
celui-ci l’y aura préparé sans doute, si d'incurables pré-
jugés n’ont point rendu son esprit imperméable aux rayons
du jour.
RÉSUMÉ-CONCLUSION.
Les documents qui se sont réunis dans ces dernières
pages sont d’un intérêt incomparable, et nous y retrouvons
tout entier le livre que nous venons d'écrire, non plus h
l’état historique, mais 'a l’état d’être vivant. Les faits h peine
croyables que nous avons énoncés et que des témoins em-
portés par la mort ont aflirmés de siècle en siècle, mais que
pouvaient nous contester une foule de gens incapables de
juger des questions d’histoire, parce que leur éducation li-
béràtre les a sevrés d’une saine critique-, ces mêmes faits ,
les voici de nouveau sous nos yeux. Les voici, non plus
d’autrefois, non plus d’hier, mais tels que les produit le
moment actuel, I beure qui est en voie de s'écouler. Ou
plutôt voici le Juif lui-même, voici le Juif en action devant
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t66
LES JOIES.
nos yeux; le Juif antique et pur sang, le Juif indélébile,
celui qui formera jusqu’aux derniers jours du judaïsme
« t indestructible noyau » de la nation. Nous le trouvons k
l’œuvre comme au moyen âge, c'est-k-dire en train de dé-
vorer un peuple et tout commentaire est inutile k qui le
voit opérer. Le voyez-vous, l’entendez-vous, et, parce qu'il
a provoqué de cruelles réactions, qui ne le prendrait pour
une innocente victime? Il se plaint, gémit, soupire, se la-
mente, et mêle aux cris de la douleur les cris de la fureur;
il remplit, il étourdit le monde d’incriminations qui, dans
sa bouche même, se heurtent aux démentis qu’il s’inflige;
il accuse de l’égorger des hommes que le peuple qu’il dévore
n’accuse que de le ménager; il double ses supplications de
l’insolence de ses menaces; il appelle k lui pour le soutenir scs
compatriotes du dehors ; il exige, en invoquant ce qu’il appelle
ses droits, l’intervention des peuples étrangers; son verbe
impérieux réclame la protection souveraine des souverains
de ces peuples; il traite leurs princes de puissance k puis-
sance ; il leur parle du Ion que se permet le supérieur en
s’adressant au subordonné dont l’obéissance hésite; il ose,
k la face de l’Europe libérale, il ose les sommer de briser k
son profit la liberté de la presse et la liberté de la tribune :
ces libertés qui, partout ailleurs, sont dans sa bouche la
personnidcation du progrès social, et pour lesquelles il arme
toutes les milices que toutes les sectes occultes ou patentes
des révolutions mettent d'un bout k l’autre du monde k son
service!
Voilà ce que nous fait voir et entendre, voila ce que nous
fait toucher du doigt et de l’œil le théâtre où nous avons
transporté le lecteur, et sur lequel c’est le Juif lui-méine
qui se produit ; où ses actes se mêlent k sa parole, et où sa
triste et dramatique personne nous donne, au beau milieu
du dix-neuvième siècle, le spectacle complet et perfectionné
du Juif son père au moyen âge!
' Manifesle des trente et un députés de la Roumanie, pièce admi-
rable et officielle.
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CHAPITRE ONZIÈME.
451
Mais, une fois encore, quel est-il donc ce Juif, h la fois
antique et brillant de jeunesse, dont trois ou quatre journées
de vapeur séparent celui qui persisterait à le nier? Quel est-
il? car ce résumé doit le redire : Il est le Juif orthodoxe
que nous avons décrit, et qui foisonne dans un si grand
nombre de pays. Regardez! abaissez les yeux sur cette po-
pulation énorme, florissante, et que vous voyez s’engraisser,
se fortifier, grossir de 23,000 b i ou 5Ô0,000 âmes en
quelques années', et pulluler en dévorant la substance du
peuple qui l’héberge. Il est bien — et qui le contesterait?
— le Juif esclave des traditions pharisaïques; il est le
croyant invariable, dont vingt siècles n’ont pu ni changer
ni modifier les croyances-, il est, par conséquent, le maudit
de vingt siècles, parce que vingt siècles n'oni pu ni changer
ses actes ni modifier ses mœurs. Et la multitude sortie de
ses flancs entend ses docteurs, ses oracles religieux lui
crier ; Patience! ce sol que vous foulez, ce n’est qu’une
Judée provisoire, qu’une terre d’exil ou d'emprunt-, mais
demain vous serez ici chez vous; demain ce sera le jour de
la délivrance; demain apparaîtra le libérateur; demain son-
nera l’heure où, du sein de la patrie reconquise, « senls
vous dominerez l’humanité tout entière. »
Telle est donc la foi de cette population qui, dans les
magnifiques parages du Danube , se dit en train de refaire
sa Palestine, et dont les croyances vigoureuses et redoutables
nous conduisent au chapitre du Messje , ce libérateur qu’il
attend.
* Rot'HANiE. IC Le service sanitaire de la capitale a publie récemment,
par l’organe du docteur J. Fé'ix, un rapport » dont les résultats sont,
en 1867 et 1868, chez les chrétiens : excédant des morts, 1.765 sur
10,537 naissances; chez les Juifs, au contraire, presque deux fois
autant de naissances que de morts!... La capitale est donc condamnée
dans un intervalle de cinquante ans « h devenir une ville purement
juive. D Archives israélites, XIII, p. 393-94; 1869, extrait du Trajan,
11-S3 mai. Ajoutez le flot de l’immigration israélite i ce prodigieux
excédant de naissances judaïques sur tes morts, tandis que le contraire
existe chez les chrétiens « de tous les rites i>, et calculez!
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458
LES JUIFS.
NOTE.
ÜN MOT ESSENTIEL SUR LA CIVILISATION.
Que signifie ce mol civilisation? Car le^ camps les plus opposés,
les plus hostiles, se le disputent, se l’arrachent, comme s’il portait en
lui tout l’honneur de l’homme, comme s’il était la gloire exclusive de
l’époque actuelle!
La civilisation se renferme et repose, tout entière, dans l’ensemble
des principes qui font de l’homme un citoyen {civis) , le digne habi-
tant d’une cité, le membre sain et actif d’une société humaine, c’est-
à-dire un être éminemment sociable. Et depuis longtemps est formulé
ce mot heureux : Nul ne peut être bon citoyen de la terre, s’il ne
travaille à se rendre bon citoyen du ciel!
En d’autres termes, la civilisation consiste dans un lien plein de
force et de douceur, qui, liant l’homme à son senjblable, les lie tous
ensemble à Dieu. Le mot religion (de religare, lier) est le nom de ce
lien; or, en fait do religion, le simple bon sens nous enseigne qu’une
seule peut être vraie, et la moindre réflexion nous apprend que celle
religion vraie ne peut être que la plus ancienne. Elle est, par cela
môme, celle que le Dieu d’Israël grava sur la pierre du SinaF lors-
qu’elle se fut presque effacée de la pierre du cœur humain ; celle que
le Christ, annoncé par elle, est venu compléter et rendre parfaite.
Hors de ce dernier code religieux, la civilisation n’existera jamais, elle
ne sera qu’imparfaite.
Ainsi, les peuples les plus lettrés de l’antiquité, adorateurs de dieux
homicides et infâmes, chez lesquels les passions recevaient un culte,
et pour qui l’homme était un instrument, une proie, une chose
moins qu’une chose; ces peuples, malgré la culture de leur intelli-
gence, n’étaient point des hommes civilisés; ils n’étaient que des
hommes policés, des gens que les lois de leurs cités avaient assez
polis par le dehors pour que le contact leur devînt moins blessant. Au
fond , et par le côté moral, ces hommes , malgré quelques préceptes
échappés à la ruine de la loi naturelle, ne s’élevaient guère au-dessus
des Barbares. Ils se livraient par leur philosophie, qui sapa leur culte,
à toutes les débauches de l’esprit ou de la libre pensée; et, par les
désordres de leur cœur, à toutes les débauches de la morale imlèpen-
dante, c’est-à-dire à la licence que profi'sse de toute nécessité celui
qui renie toute croyance et tout législateur suprême, en d’autres ter-
mes Vhomme sans foi ni loi 2.
Or, pour le Juif, depuis le Christ jusqu’au milieu de ce siècle, la loi
de Moïse n’est que néant à côté des traditions rabbiniques. Car ce
* L’Égtise réprouve l’eKlavage soas toutes scs formes; mais, didacliquemcat,
l’esclave aocien est moins une chose qu’un néant, non tam vilis quam nullus.
Au milieu de ces peuples existaient des hommes qui vivaient d’une vie pure,
parce que les préceptes de la loi naturelle existaient dam leur coeur.
459
CHAPITRE ONZIÈME.
Juif est devenu l’homme du Talmud, code sauvage où les préceptes de
la haine et de la rapine se mêlent aux doctrines do la magie cabaliste,
que professait la haute idolâtrie. Il est donc incivilisable, en tant qu’il
reste immuable. Quant à celui qui commence à changer, à marcher, à
conspuer les traditions rabbiniques, à se mettre à la tête des idées du
progrès moderne, enfantées, nous avoue-t-il, par la philosophie du
dix-huitième siècle, non-seulement se place-t-il en dehors de la civili-
sation véritable, c’est-à-dire do la cMlii-alion chrétienne, mais il en
est le plus irréconciliable ennemi. En un mot, l’essence de la religion
du premier de ces Juifs, et l’essence des principes qui sont la vie in-
tellectuelle et morale du second, c’est la haine la plus implacable des
vérités de la religion chrétienne, .\insi le démontrent, dans leur accord,
les publications et les actes de ces hommes entre lesquels, aujourd’hui, .
la seule foi commune est celle qui se borne à l’unité que forment les
liens du sang et les intérêts de race. C’est pourquoi , désespérant de
lui-même, le judaïsme commence à nous dire : « Toute la religion
juive est fondée sur l’idée nationale M c’est-à-dire sur l’attente d’un
Messie dominateur, homme ou idée, dont le triomphe sera le triomphe
d’Israël. (Voir notre chap. xii.)
Et le triomphe du judaïsme, c’est la ruine de la doctrine chrétienne,
source de la civilisation. Qui donc, parmi nous, en embrassant avec
amour « la réalisation des principes modernes », dont le concile
judaïque de 1869 favorise et bénit « le développement, comme la plus
sûre garantie du présent et do l’avenir du judaïsme et de ses mem-
bres, » se doute qu’il ne travaille guère qu’à fonder, aur dépens de la
seule civilisation jx)ssiblej la domination de Juda ?
* Lévy Biug, Lcurcs; Archives israélites, p. 335 à 350; 1804,
CHAPITRE DOUZIÈME.
PnEMIÈRE DIVISION. — LE MESSIE JIJDXÏQDE.
Le Juif orthodoxe ne cesse d’esp^ror une révolution universelle qui
l’élèvera, par son Messie, au-dessus do tous les peuples. — Israël
a-t-il ou non conservé sa foi naïve cl robuste au Messie? Oui, mais
le Juif, depuis quelques années, n'esl plus, ici et là-bas, semblable à
lui-mème. — Le rabbin Lazard énonce que le rétablissement do Jéru-
salem n’est que chose idéale, qui ne nuit pas, en conséquence, à
leur patriotisme national. — Les réformateurs allemands tiennent le
même langage , parce que parler de ce rétablissement serait un
• obstacle à leur émancipation. — Les Juifs anglais sont plus francs,
et l'immense majorité des Juifs croit au Messie, mais défense est
faite d’en fixer la date. — Le Messie des talmudisants reste le pivut
de la foi judaïque. — Lettre de M. Lévy Bing sur le Messie, chef-
d’œuvre de clarté. — L’unification des peuples doit s’opérer, afin
qu’Israél puisse être, au-dessus d’eux tous, le peuple-Pape. — Le
toast universel. — La patrie de cœur et définitive de tout Juif, c’est
donc encore la Judée. — Ce|iendant le Messie ne sera pas de nature
divine. — Il rebâtira Jérusalem et y ramènera les Juifs délivrés. —
Le Juif talmudique se nourrit de l’espoir de la conquête et de la
spoliation des peuples qui lui donnent droit de cité. — Preuve,
anecdotes. — Pour le Juif progressiste, le Messie est l’époque philo-
sophique actuelle, qui renverse Eglise et Talinud; pour le Juif or-
thodoxe, celle é|)Oque est une des étapes qui préparent le Messie
réel. — GrotC-sques superstitions. — Familles me.ssianiques , des-
criptions.
Les Juifs ont espéré de tout temps leur .Messie, et, tantôt y
songeant, tantôt sans en avoir la conscience, ils ont préparé
l’œuvre de la révolution sociale et universelle dont l’instru-
ment définitif serait ce Messie, et dont le résultat final doit
être et sera, — ne cessent-ils de se répéter l’un h l’autre,
— d’établir leur domination sur tous les peuples de la terre!
Mais nous ne saurions comprendre ni la vivacité de cet es-
poir, ni la force que donne cette foi tradiiiounelle a l’exécu-
tion de leur dessein, si nous n’arrêtions un instant les yeux
sur l’ardeur et la ténacité de la croyance qui lie l'esprit et
le cœur du Juif à l'idée du .Messie.
La question se pose donc pour nous en ces termes : Israël
a-t-il ou non conservé sa foi naïve et ardente au Messie?
Et la réponse que nous donnent les fils de la dispersion est
celle-ci : Malheur! malheur à qui l’a perdue cette foil Ce-
CHAPITRE DOUZIÈME.
464
pendant, parmi les Juifs, les uns croient au Messie d’une
foi franebe et vaillante, tandis que d’autres semblent nier
ce Désiré des descendants de Jacob , et que d’autres encore
altèrent et déforment les traits si vigoureusement accentués
de sa tigure traditionnelle-, plus que jamais sachons donc,
en nous livrant h la recherche du vrai, observer alternative-
ment le pour et le contre^ et, d’abord, rappelons-nous qu'il
ne s’agit plus de s’imaginer que le Juif soit ici , là-bas et
ailleurs, ce qu’il était il y a quelques années encore, c’est-
à-dire toujours et jiaitout égal et identique à lui-même.
Nous nous garderons dès lors de prendre celui qui se trouve
à portée de nos oreilles et de nos yeux pour le semblable
en croyance du Juif, dont la parole et la vue ne nous sont
point familières.
Ce qu’il y a de remarquable , nous dit un habitant de la
capitale de la F" rance, le docte et révérend Père Théodore
Ratisboune, Israélite converti, c’est le soin avec lequel les
Juifs « fuient toute discussion sérieuse et dogmatique. On
écarte surtout la grande question du Messie, la seule qui
s’interpose entre les Juifs et les chrétiens. »
Aujourd’hui « les Juifs n’admettent plus ce point fonda-
mental de la religion de leurs pères; ils rejettent tout en-
semble le mystère du péché originel et la promesse du Ré-
dempteur. Ou bien , s’ils invoquent encore le Messie dans
la récitation obligatoire des psaumes, ils n’attacbent
aucun sens à leurs paroles; ils les regardent comme des
formules surannées; ils déclarent même qu'on ne doit plus
attendre le Messie, ni demander d’autre affranchissement
que celui qu’ils ont obtenu dans leur situation politique. Le
Messie est venu pour nous le 28 février i 790 avu les Droits de
l’homme. Ainsi s’exprimait l’un des organes les plus auto-
risés des Juifs modernes, M. Catien, le traducteur de la
Bible '. »
Ces paroles se restreignent sans doute, dans l’intention du
' La Question juive , p. 48. 4868, 34 pages; et M. Cahen, Archives
isrcsèlites, VIII, p. 804 ; 4847.
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462
LES JUIFS.
(Iode Religieux, aux Juifs lettrés et réformistes d’une partie
de l’Europe ; hommes puissants par leur riehesse , par leur
influence, et souvent meme par une éclatante honorabilité,
mais qui ne forment dans la nation qu’un nombre minime.
Un autre chrétien , dont la plume nous représente la
Terre sainte élevée ‘a la jonction de trois continents comme
une forteresse dont l'enceinle attend Israël , s’exprime en
termes qui méritent d’être rapportés : « La solution dernière
de la question d’Orient, nous dit M. Vercruyssc, ne se fera-
t-elle point par le rélahlissementdu peuple Israélite dans son
pays, la Palestine?... Le rétablissement des Juifs en Palestine
présente deux faces : le côté religieux et le côté politique. »
« Le peuple Israélite, et le peuple arabe ou ismaélite,
sont les peuples qui peuvent prétendre à la idus ancienne
nationalité du monde; ils ont été providentiellement pré-
servés et conservés;... et, nous pouvons en être certains,
les destinées de ces deux nationalités, uniques et mysté-
rieuses, seront encore plus grandet dans l'avenir que éms le
passé U
Cependant MM. Isidore Caben et .Marc Lévy ne citent ces
paroles que pour les combattre avec une singulière audace
de doctrine réformiste. Écoutons : « Nous nous sommes
souvent prononcés sur cette question dans un sens dillérent.
L’histoire ne recommence point, et les Israélites, messa-
gers de l'idée monothéiste, doivenl se disjterser dans le monde,
non se concentrer dans une forteresse'. » Il est d’ailleurs
une calomnie que répètent ’a satiété tous les théologiens du
christianisme, c’est que « les Juifs n’ont pas voulu recon-
naître le Messie dans le lils de Marie, parce qu'ils étaient
charnels, et espéraient en un Messie qui leur donnerait tout
d'abord la domination absolue du monde; assertion gratuite
et contraire à riiistoire. En elfct, l’élection d’Israël n’a rien
de mondain ; il a toujours compris que son rognume n’est pas de
ce monde. Il est le premier parmi les nations, comme le prêtre
est le premier parmi les croyants; U a pour mission de faire
' Archives israétiles, p. 884 ; 45 octobre 4866.
CHAPITRE DOUZIÈME.
463
reconnaître aux hommes la véritable doctrine *, comment les
Israélites auraient-ils pu supposer que Dieu leur soumet-
trait toutes les nations, eux h qui le prophète Daniel venait
■d’enseigner que chaque peuple a son ange gardien, comme
Israël '? Ils étaient bien loin d’avoir cet esprit exclusif et
d’une ambitieuse inlolémnce qu’on veut leur attribuer-, il
n’y avait, il ne pouvait y avoir rien de pareil dans leurs
ranc65 messianiques*. »
En vain, s’écriait du haut de la chaire M. le rabbin
Lazard, en vain chercherait-on ’a rendre à Jérusalem son
ancien éclat. « Il ne s’agit plus pour nous de la repeupler,
mais de tourner vers elle nos pensées, » car elle n’est point
notre ville matérielle, elle n’est que notre « ville idéale. »
Et voil'a comment « la prière quotidienne demandant le ré-
tablissement de Jérusalem ne porte aucun préjudice à notre
patriotisme national*. » En un mot, « notre bannière reli-
gieuse porte (juafre dogmes clairs cl lumineux comme le so-
leil : unité absolue et rigoureuse de Dieu 5 immortalité de
l’ame-, révélation sinaïque, et enfin venue du Messie, » Mais,
par ce dogme de la venue du Messie , il ne faut entendre
que « la perfectibilité indéfinie de Cliumanité^! »
Toute la foi messianique va donc aboutir a cette grotesque
subtilité, contre laquelle proteste une formule qui, chez
tous les peuples, exprime la foi la plus inébranlable et la
plus positive ’a la chose attendue : Je l’attends comme les
Juifs attendent le Messie.
‘ La Bible ne dit-elle pas de cet ange : « 11 ne vous pardonnera
point lorsque vous pécherez. Exode, xxiii, 21.
2 Cet échantillon est un de ceux qui nous montn'iit ce qu’une plume
juive ose faire supporter au papier. Le Talmud , l’hisloire des tradi-
tions rabbiniques, qui sont le catéchisme des Juifs, l’histoire des faux
Messies et des familles messianiques, nous disent ce que nous devons
penser d’un tel arrêt. Voir Marc Lévy, Archives israélites, VI, p. 249,
1867 ; lire la suite, et voir le contraire plus bas.
3 Archives israélites, XVII, p. 810; 1867. Ainsi le Juif cessant d’être
Juif do nation, ne le serait plus que de culte! 1 1 Et ce culte serait
symboli(iue 1... Faites accepter de pareilles énormités à la masse de la
nation.
* Archives israélites,iy 164 ; 1868. Auschcr, rabbin. — O Israël! !!
46i LES JUIFS.
Les réformateurs allemands, nous dit l’Israélite Rabbino-
wicz, voyaient dans « les passages qui parlent du retour des
Juifs dans le pays de leurs ancêtres et du rétablissement
du royaume de David..., un obtiade à C émancipation. » Dé-
terminés h se débarra.sser de cet obstacle, ils prirent donc
bravement le parti de faire bon marché des espérances
messianiques. Telle est la clef du mystère de ce revirement
de bord! Mieux avisés, au contraire, et plus généreux, les
Juifs anglais « ont compris que ce serait la une réforme
qui ferait plus de mal que de bien. » Us trouvèrent juste
de respecter la foi séculaire des Juifs, qui ont droit, <i leur
sens, « de former les vœux la plu* ardents pour une mal-
heureuse patrie, quand même ils seraient décidés à ne
retourner jamais , en personne , dans le pays de leurs
ancêtres'. »
La foi n’est donc plus uniforme chez tous les lils de la
dispersion -, mais les moins aveugles sont ceux qui se dé-
couragent le plus vite lorsqu’il s’agit de croire b leur Messie;
et, dans leur pensée, le crédit de ce personnage va tous
les jours baissant de plus en plus; car « il a laissé passer
sans se montrer toute» les époques que les rabbins ont trouvées
au bout de leurs nombreuses supputations'! » Leur foi sans
cesse déçue s’est, k la longue, fatiguée! Les uns, entrant
dans le sein de l’Église, se sont humiliés devant le Messie
de Belblébem et du Calvaire, et les autres se sont forgé de
toutes pièces un protestantisme tout philosophique, tandis
que d’autres encore semblent se reposer et se rafraichir en
se plongeant dans les profondeurs de l’indifférence. Cepen-
dant, l'immense majorité de la dispersion reste aveuglément
fidèle ’a ses croyances messianiques et à ses rabbins, qui
fort prudemment, et le docte Abrahanel en tête, ont décrété
l’anathème contre quiconque aurait la présomption de fixer
une date b l’arrivée du Messie : qu’il leur suffise de voir
' La réforme Israélite à Londres, 45 novembre t866; Archives israé-
/ites, XXII, p. 984; 1866.
^ Seconde lettre d’un rabbin converti (Drach), p. tOO; Paris, 48Î7.
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CHAriTRE DOUZIÈME.
465
apparaître en son temps cet illustre restaurateur d'Israël!
Mais si cette immense majorité reste ce qu’elle était, qu’élait-
elle donc? Le passage suivant nous l’enseigne eu termes
fort clairs :
K Les sages et les maîtres de la Synagogue terminent
ordinairement, de nos jours, par la pensée de ce triomph\teuk
FUTUR les discours qu’ils tiennent dans leurs assemblées : ils
excitent leurs coreligionnaires h l’ohservancc fidèle de la
loi, en soutenant leur espérance devoir l’ avènement du Messie,
et de jouir de tous les biens promis a Israël. Or, un de ces
biens est le moment désiré du massacre des chrétiens, et
de l’extinction complète de la secte des Nazaréens. » Le
mot est clair, et ce qu’il dit encore aujourd’liui se disait il
y a bien des siècles. Aussi saint Jérôme, qui conuaissait à
fond les doctrines judaïques, écrivait-il à propos de la petite
pierre qui se détache du haut de la montagne pour briser
la statue de Nabuchodonosor : « Les Juifs tournent ce pas-
sage a leur avantage, et refusent de reconnaître le Christ
dans cette pierre. Elle ne désigne pour eux que le peuple
d’Israël devenu tout d’un coup assez fort pour renverser tous
les royaumes de la terre et fonder sur leurs ruines son
empire éternel ' . »
Plus tard, au quinzième siècle, le docte rabbin .4bra-
banel’ annonce dans ses commentaires le règne du Messie,
époque glorieuse où s’accomplira l’ extermimtion des chrétiens
et des gentils'-, cl Rcucblin nous dit : Ils attendent avec impa-
tience le bruit des armes, les guerres, le ravage des pro-
vinces et la ruine des royaumes. Leur espoir est celui d’un
triomphe semblable à celui de Moïse sur les Chananéens,
et qui serait le prélude d’un glorieux retour h Jérusalem,
' L’Eglise et la Synagogue, p. (8-t9; Paris, 4859.
* Quinzième siècle. Personnage fort estimé des Juifs, et qui fut mi-
nistre des finances en Portugal et en Espagne sous Ferdinand le Catho-
lique. Il fut banni avec le corps dosa nation, et, quoiqu’on puisse dire,
ce bannissement des Juifs fut le salut de l’Espagne , dont ils étaient le
fléau, comme ils le sont de la Roumanie.
•* Sur Jérémie, ch. xxx.
30
466
LES JUIFS.
rétablie dans son antique splendeur. Ces idées sont Câme
<les commentaires rabbintques sur les prophètes. Elles ont été
traditionnellement transmises et inculquées dans les esprits de
cette nation^ et ainsi se sont préparés de tout temps les
Israélites h cet événement, terme suprême des aspirations
de la race juive' !
Le Messie des talmudisants , qui n’est point encore un
vaincu, n’était donc nullement un mythe; et M. Félicité
(Vercruysse) peut et pourra longtemps, sans doute, nous
alTirmer que les Israélites ne renoncent point a cette croyance
choyée de génération en génération pendant un si long
enchaînement de siècles*. Car le Messie est « le pivot de
leur foi et de leur espérance; et n’ayant point admis le
Christ pour le prophète promis, ils attendent! mais il est à
espérer qu’un jour ils reconnaîtront leur erreur ; ou bien il
est a craindre qu’un grand nombre ne finissent par admettre
l* Antéchrist pour le Messie. C’est ce que Dieu a prévu, et dont
il a bien voulu les prévenir’... »
Ainsi donc, et malgré de nombreuses défections, ils
attendent pour la plupart, ils se préparent a la réalisation
de cette espérance infatigablement soutenue; et, « toujours
ils s’imaginent qu’ils sont les élus, ou le peuple de Dieu; »
ils se figurent qu’à ce titre « ils sont supérieurs à toutes les
nations (Gojim); qu’ils en diffèrent physiquement et mora-
lement, et que celles-ci devront être exterminées lors de la
venue de leur Messie. •» Aussi le judaïsme n’a-t-il été jus-
. qu’à ce jour, « au point de vue politique, religieux et phy-
sique, qu’un esprit de caste, qui, parla rigueur et l’inexorable
partialité de ses partisans, n’a son égal dans aucune classe
* Buxtorf, Synagogue judaïque , ch.xxxv. Maimonides dans Suren-
heinsius, Mischna, part, iv, p. 464; Abrabanel, Prceco salut is. L'Eglise
et la Synagogue, p. 48-20. — Cette préparation s’opère vigoureuse-
ment aujourd’hui même.
■•^Opuscule intitulé la Régénération du monde, dédié aux douze
tribus d'Israël; Paris, 4860, et dont M. Vercruysse fils nous fit le très-
gracieux présent au congrès de Malines do 48*64; ouvrage fort inté-
ressant, mais dont nous ne saurions adopter toutes les idées.
3 Ibid., Vercruysse, p. 43. Voir la suite.
CHAPITRE DOUZIÈME.
*67
d’hommes en Europe... De Ih vient qu'un antagonisme
permanent entre l’État et le judaïsme est inévitable ' ! »
Ainsi donc, d’un côté du judaïsme reste et se lient debout
l’antique et inébranlable croyance au Messie exterminateur
et spoliateur des peuples-, tandis que de l'antre, tantôt ce
dogme s'évapore, se réduit en symbole, et tantôt on s’en
débarrasse sans façon si le moindre intérêt l’exige-, mais
les docteurs doués de quelque prudence se gardent de re-
pousser brutalement les fidèles qui persistent à le prendre
au sérieux. Les Archives israéliies, dont les rédacteurs se
rangent au nombre de ceux qui tournent en mythe le Messie,
ouvrent donc largement leurs feuilles aux croyances des
orthodoxes, et nous donnent dans la lettre suivante un admi-
rable monument de l’inébranlable attente des Juifs :
Nancy, 21 mars 1864. — « Monsieur, je suis de ceux qui
pensent (]ue notre génération ne verra pas le jour de la
grande réparation [)romise. Et pourtant je ne voudrais pas
affirmer le contraire, en présence des événements et des transfor-
mations auxquelles nous assistons depuis ces quinze dernières
annéesi »
n Vous dites : Nous ne croyons celte idée, — du Messie,
et de son retour triomphal à Jérusalem , — ni réalisable ni
acceptable! Avez-vous bien réfléchi h la gravité de ces
paroles? Car elles constituent la négation complète de notre
foi et de notre mission dans le monde! Telle n’cst certes pas
votre pensée; mais il convient qu’un organe de l’impor-
tance des Archives ne puisse être considéré comme n’ayant
pas toute la conscience des devoirs comme des espérances
d'Israël. Comment! vous ne croyez pas à la mission finale de
la maison de Jacob? Jérusalem serait pour vous un vain
mot? Mais ce serait la le renversement immédiat de notre culte,
de NOTRE TRADITION, de notrc raison d’être; et, h ce compte,
' Kluber, Coup cCceil des délibérations diplomatiques du Congrès de
Vienne, t. III, p. 390; — Goschler, Dictionnaire encyclopédique de la
théologie catholique, par les plus savants professeurs et docteurs en
théologie de l’Allemagne, t. Xll, p. *54 ; Paris, 1861, in-8°.
30.
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i68 LES JUIFS,
il faudrait aussitôt brftler tous nos livres sacrés... Notre
rituel, ordinaire ou extraordinaire, toujours nous parle de la
HÈRE PATRIE; en nom levant, en nous couchant, en nous mettant
à table, nous invoquons notre Dieu pour qu’il hâte notre retour
à Jérusalem, sans retard, et de nos jours' ! Ce seraient donc
là de vaines paroles? La répétition générale, universelle, de ces
paroles n'aurait donc plus de sens? Ce serait de pure forme?
» Heureusement qu'il n’en est pas ainsi-, et vous voyez,
cher Monsieur, que, si beaucoup d’entre nous ont oublié
l’importance du retour. Dieu nous a suscité des frères nou-
veaux qui comprennent parfois mieux que nous-mêmes ce
miracle, UNIQUE datw la vie du monde, û' Un peu ple'toutfiirifr dis-
persé depuis dix-huit cents ans dans toutes tes parties de l’uni-
vers sans se confondre ni se mêler nulle part avec les populations
au milieu des(|uelles il vil! Et, cette conservation incroyable.
faite pour ouvrir les yeux aux plus aveugles, n’aurait aucune
signification, aucune valeur pour nous et pour le monde?
... » Mais regardons l’horizon, et considérons trois signes
éclatants qui nous frappent. Trois mots, trois choses ont le
privilège d’occuper tous les esprits et d’absorber l'allen-
tiun du temps présent : Nationalités, Congrès, Suez.
» Eh bien, la clef de ee triple problème (des peuples qui
entrent en possession d’eux-mêmes pour s’uniflcr,et unifier
à l’aide du fil électrique cl de la vapeur les diverses régions
du monde), la clef de celle triple solution, c’est Israël, c'est
Jérusalem! Je l’ai dit plus haut, toute la religion juive est
fondée sur l’idée natioimle. — El qu’ils en aient ou non con-
science, — il n’est pas une pulsation, pas une aspiration
des fils d’Israël qui ne soit vers la patrie'. Je le répète, il
'faudrait fermer depuis le premier jusqu’au dernier de nos livres
s’il fallait chasser Jérusalem de nos pensées! »
> Voilà qui est bien à la lettre, bien anlisymboliquc, aussi |X)sitif
que précis ; et remarquons ce mot : le retour dans la mère patrie. Que
sont donc pour le Juif ses |>alries d’occasion?
^ Le pays des [)ères! Nous dira-t-on comment les Juifs peuvent
être de vrais citoyens ailleurs, avec cette pensée nécessaire, avec ces
vœux dominants de leur àme?
Die; ■ _
CHAPITRE DOUZIÈME.
469
« Et ces aspirations, ces pensées, ce ne sont pas seulement
une chose intime, personnelle à notre race, mais c’est wn besoin
universel; c’est la réalisation des paroles des prophètes-, que
dis-je P des paroles de Dieu. C’est la preuve de sa présence
éternelle parmi nous, c’est la sanction dont je parlais.
» Si, peu à peu, les vengeances personnelles ont disparu-,
si le préjugé barbare et stupide du duel n’est bientôt plus
qu’un souvenir; si, en un mot, il n’est plus permis de se
faire justice h soi-même, mais plutôt de s’en remettre h des
juges généralement acceptés et désintéressés dans le litige,
n’est-il pas naturel, nécessaire, et bien autrement important,
de voir bientôt un autre tribunal, un tribunal suprême, saisi
des grands démêlés publics, des plaintes entre nations et nations,
jugeant en dernier ressort, et dont la parole fasse foi? Et celte
parole, c’est la parole de Dieu, prononcée par ses fils aînés
(les Hébreux) , et devant laquelle s’inclinent avec respect
tous les puînés, c’esl-k-dire l’universalité des hommes, nos
frères, nos amis, nos disciples^
)) Encore un mot, cher Monsieur... Nous approchons du
jour anniversaire de la sortie d’Égypte des Israélites nos
pères. C’est la soirée du 20 avril que , par toute la terre, un
peuple disséminé depuis bientôt deux mille ans, le même
jour, A LA MÊME HEURE, SOUDAIN, se lève Comme uii seul homme.
Il saisit la coupe de bénédiction placée devant lui, et, d’une
voix fortement accentuée, il redit par trois fois le magnifique
toast que voici : l’année prochaine dans JERUSALEM I Direz-
vous encore que le rétablissement de la nation juive n’est
ni réalisable ni acceptable*? — LévyBing. »
Ce langage est-il assez énergique, assez clair? — Eh
bien, ‘a son tour, le président de l’œuvre de Jérusalem,
‘ We sois le peupIe*Pape! parole étonnante dTsraél, et qui le place au
point de vue le plus ultramontain : li vous faut un juge suprême, et
par conséquent infaillible, ô nations de la terre! Eh bien, me voici, je
dois être, je serai cet arbitre, ce juge. Reconnaissez dans un congrès
judaïque, reconnaissez en moi non-seulement le peuple-roi, mais le
PEUPLE -PAPE.
^ Archives israéiites, p. 335 à 350; 1864. II faudrait lire toute cette
lettre.
CHAPITRE DOUZIÈME. 471
pour un cœur vraiment israélite, une telle pensée ce serait
un crime!
Quelque langage qui se tienne au dehors, il est donc sé-
rieusement, il est impatiemment attendu, ce Messie. Cepen-
dant, et jusque chez les Juifs restés fidèles aux traditions
rabbiniques, la plupart des docteurs nient la nature divine
de celui qu’Israël attend avec cette foi que les siècles ne
peuvent éteindre, et que le moindre soufile ravive. Ce Messie,
— nous dit un ancien rabbin que de profondes études firent
rentrer de nos jours dans le sein de l'Église, et qui s’efforça
de faire participer à son bonheur ses coreligionnaires, — ce
Messie sera, d’après la croyance contradictoire et grotesque
des docteurs, un homme du sang de David, et dont la ma-
nière de naître n’aura rien de miraculeux. « Il sera doué de
l’esprit de prophétie, et il aura l’odorat si fin, qu'au moyen
de ce sens il discernera toutes choses! Cependant il n’at-
teindra lias à la perfection de Mo'ise... » L’objet de sa mis-
sion, ce sera de délivrer Israël dispersé, de l’affrancbir de la
captivité dans laquelle le forcent a gémir les nations, « et de
le ramener dans la Terre sainte après avoir défait Gog et
Magog. » Au peuple élu de réedifier et Jérusalem et son
temple; it lui de rétablir et de consolider « nn règne tem-
porel dont la durée sera celle du monde... Tontes les na-
tions alors .« seront assujetties aux Juifs, et les Juifs dispo-
seront à leur gré des individus qui les composent et de leurs
biens. » Il épousera plusieurs femmes, et ses enfants for-
meront la ligne de ses successeurs après qu’il aura rempli
sa longue et glorieuse earrière. Telle est, pour les Juifs
jndaïsanis, l’une des images de la félicité promise sous le
Messie qu’ils attendent ‘ !
D'après les auiorités judaïques les plus graves, le Juif
franchement talmudique, et surtout le Juif de la foule,
ne nourrit donc encore ses rêves que du doux espoir de la
conquête des nations chrétiennes qui lui donnent le droit de
cité; que de l’assujettissement des misérables épargnés par
' Lire Drach, deuxième lettre , p. 99; Paris, tSî7.
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m LES JUIFS.
son fer; que de la spoliation des vaincus! — Mais une anec-
dote plaisante nous donne la mesure et le degré de verdeur
de celte foi d'Israël; et, si le fait qu’elle porte h notre con-
naissance semble émaner des Juifs du moyen âge, ne nous
figurons cependant point qu’il appartienne aux temps passés;
il est du siècle même que nous habitons. II est de l’époque
où le grand Sanhédrin de 1807 venait de donner au premier
Empire ses fameuses et attendrissantes réponses sur les qua-
lités civiques et l’édifiante charité d’Israël : réponses qu’un
ancien et docte rabbin réduisait â leur juste valeur, mais
qui, sous la plume de M. l’avocat juif Bédarride, vengeaient
enfin la nation juive des siècles de calomnies et d'insultes
dont l’injustice des peuples l’avait abreuvée!
« Dans l’école où j’étais, k Strasbourg, nous raconte
M. Drach, cet ancien rabbin, les enfants prirent la résolu-
tion de faire, h la première apparition du Messie, main
basse sur toutes les boutiques de conGseurs de la ville. On
discuta pour savoir qui serait le dépositaire de ce précieux
butin. En attendant les dragées, il se distribuait force coups
de pied et de poing. Ces arguments ad hominem amenèrent
une convention en vertu de laquelle chacun devait garder ce
dont il s’emparerait. J’ai dressé longtemps, h part moi,
l’état des lieux d’une belle boutique au coin de la place
d’Armes, sur laquelle j’avais jeté mon dévolu'..»
.Mieux que toute parole humaine, le plan naïf, les débats,
les combats et les conventions des jeunes talmudisants de
l’Alsace, condisciples du très-savant Drach, notre vieille con-
naissance, décrivent en traits aussi caractéristiques qu'indé-
lébiles les doctrines positives de la religion que leur inculquaient ^
leurs maîtres.'. .. C’est donc avec tout le sérieux de la foi qui
s’inculque â l’enfance, qu’au dix-neuvième siècle, et dans
l’une des principales villes de cette France qui s’empressait
de les proclamer citoyens français, on voyait s’accentuer
chez les Juifs fidèles â leur loi religieuse la croyance au
' Drach, deuxième lettre, p. 3)9; Paris, tSS7.
O
473
CHAPITRE DOUZIÈME.
Messie talmudique, c’esl-'a-dire au Messie qui doit e.xlenni-
ner et dépouiller les chrétiens !
Que voulez-vous, se récriera-l-on , les Juifs croupissaient
alors dans une si crasse et dégoûtante ignorance! — Mais
non, s’il vous plait-, cette excuse répugne aux Juifs; cl, du
ton le plus ferme, l'organe même de la réforme judaïque
prononce ces paroles : Croyez-lc bien , « si l’instruction de
la jeunesse tient une grande place dans les préoccupations
actuelles, si elle est devenue la question capitale, au point
que d’une extrémité de l’Europe à l’autre il se fait comme
une levée de boucliers contre l’ignorance, on peut affirmer
qu’elle a été de tout tempt en Israël une des questions qui ont
le plus occupé les rabbins et les chefs de la nation; et que
jamais cette ignorance que l’on veut extirper aujourd’hui n’a
existé parmi nous. »
« Exclusivement religieuse jusqu'à cette époque, elle
était pour ainsi dire gratuite et obligatoire. L'émancipation,
en brisant toutes les barrières, en ouvrant un vaste champ
à l’activité des Israélites et en les plaçant sur un pied d’éga-
lité complète avec leurs concitoyens des autres cultes, jeta
le désarroi dans toute leur organisation et dans toutes leurs habi-
tudes, en France surtout, où ils durent abandonner leurs
idiomes particuliers pour adopter la langue du pays. » Enfin
« l’instruction religieuse subit le contre-coup de cet heureux
changement , qui fut pour elle le signal de la décadence ', >i de
même qu’il fut pour les sciences profanes en Israël le signal
du progrès!
Mais cette anecdote que Dracb nous a racontée sans pa-
' Archives israélites, XX, p. 948-46; 1867. Singulier éloge de sa
religion! appeler heureux le changement qui en entraîne la décadence!
— Le lalmudisiuc, c’est-à-dire l'orthodoxie pliarisal'io-rabbinique , y
reçut le plus grave des échecs; car, nous dit l'ancien rabbin üracli :
s Dans les écoles théologiques les cours se bornaient uniquement au
Talni’iil; on négligeait le lexte de la Bible. Le programme des écoles
talmudiques a été depuis actualisé ; mais c'est aux dépens du
Talmud la science talmudique a beaucoup décliné. » Dracb, Harm.
entre l’Eglise et IS Synagogue, t. I, p. 234 ; 1844. L’orthodoxie en est
atteinte; et plus elle s’ctface, plus le Juif se rend acceptable.
47i
LES JUIFS.
railre en seniir l’imporlance , et qui semble nous vieillir de
plusieurs siècles, nous croyons devoir la rapprocher du récit
de M. Crémieux, qui, dans son discours à l’assemblée gé-
némlc de V Alliance uraélite universelle, nous peint, h celte
même date et avec une égale naïveté , l’élat piteux du Juif,
si dilférenl de son état triomphal à l’époque actuelle. — Li-
sons et méditons les récits de ces deux fils d’Israël, où se
révèlent avec une si puissante et si comique énergie la mar-
che et les signes des temps.
« Comme déjà Umt est changé pour nous, Messieurs, en si
peu de temps! Quand j’étais enfant..., je ne poMcaispn* traverser
les rues de ma ville natale sans recueillir guelques injures. Que
de luttes j'ai soutenues avec mes poings! Eh bien, peu d’années
après, je faisais mes éludes ii Paris; et quand je rentrai h
Nimes, en 1817, je prenais ma place au barreau, et je n’étais
Juif pour personne! J’ai vu bientôt les Juifs conquérir des
places élevées, et ma jouissance a été grande. Oui, je vous
le dis. Messieurs, je suis orgueilleux des Juifs, et il faut
qu’on me passe ce .sentiment de vanité; car, lorsque j’étais
enfant, ils ne comptaient pour rien, et à mesure que l’âge est
venu, je les ai vus pleins d’ardeur, pleins de courage, labo-
rieux, bons citoyens, hommes utiles : je lésai vus conquérir
dans toutes les carrières une position élevée; j’ai entendu leurs
noms retentir au milieu des plus beaux noms dont le pays
s’honore. Courage, mes amis, redoublez d’ardeur; quand
on a si vite et si bien conquis le /mésent, que l’avenir est
BEAD ' 1 »
... La vérité messianique remise en lumière conservera
donc aujourd’hui deux sens : d’après le premier, celui de
l’Israélite philosophe et progressiste, le Messie ce n’csl point
un homme, un personnage; c’est l’époque philosophique
que nous voyons prendre forme sous nos yeux, renverser
les superstitions religieuses, les édifices vermoulus de
l’Église et du Talmud, et tout d’un coup marcher, s’avancer
k pas de géant, remplir du bruit de ses (jpetrines réfor-
‘ Archives israéliles, I, p. 43; 4867.
CHAPITRE DOUZIÈME. i75
malrices le lomps et l’espace, et triompher à la }>loire du
Juif qui en est l'apôtre et le héros; tandis que le Messie est
un hoinine, un personnage très-positif, au sens du Juif de
l’orthodoxie bâtarde, et du Juif de la franche orthodoxie ,
resté dans les pays reculés de l’Europe, et dans les vastes
régions de l'Afrique et de l’Asie, ce qu’étaient au commen-
cement de ce siècle les condisciples de MM. Drach et Gré-
mieux. Pour ces Udèles, qui forment la masse de la nation,
l’époque philosophique que nous traversons n’est qu’une
des étapes qui préparent le Messie, l'homme sous la loi du-
quel Israël doit un jour courber le monde'.
Une chose est par là même certaine, quoi qu’il se puisse
' Pcul-étro meme ne sora-t-il pas inutile d'observer cliemin faisant,
et en prenant note de la vitalité des traditions messianiques, que les
plus grotesques superstitions se mêlent providentiellement à l’attente
de la tourbe judaïque et témoignent de l’indéfeotible et prodigieuse
vigueur de la foi popidaire. D»; graves rabbins nous enseignent par
exemple que, i d’après les anciennes prophéties, le Messie est venu
dans le temps marqué; rpi’il ne vieillit pas, et qu’il reste caché sous
terre, oü il attend pour se manifester qu’lsraél ait célébré comme il
faut le sabbat. Les talniudistes ont abusé de ces paraboles en les
interprétant; et ils assurent que ce .Messie donnera à son peuple,
rassemblé dans la terre de Chanaan , un repas dont le vin sera celui
d’Adam lui-mème; lequel vin est conservé par les Anges dans de
vastes celliers, au centre de la terre A ce repas, on servira pour
entrée le fameux poisson Léviathan de doux ou trois cents lieues
de long; » le peuple entier s’en rassasiera.
« Dieu avait, au commencement, créé le mâle et la femelle de ce
singulier poisson; mais, comme leur postérité aurait pu donner lieu à
de grands embarras sur la terre, Dieu se ravisa fort heureusement, et
tua la femelle, qu’il sala pour le repas du Mes.sie. D’autres rabbins
ajoutent qu’on tuera pour ce mémo jour le taureau Behemotb. Il est si
monstrueux qu’il mange chaque jour le foin de mille montagnes. La
femelle de ce taureau fut tuée par la même raison, mais elle ne fut
point salée, attendu qu’on préférait le poisson. — Les Juifs les plus
Ignorants, — les vrais Juifs, ceux des traditions rabbiniques, — jurent
rrtcore dans les affaires imporlanles sur leur part du Benemoth. o Des
Juifs au dix-neuvième siècle, etc., p. iü, par M. Bail, ami des Juifs;
Paris, 1816, î” édit.
Ces absurdités, mêlées d’immoralités dont le nombre et la qualité
sont incroyables, ainsi que nos chapitres l’ont démontré , furent
adoptées à titre de vérités vénérables par l’immense majorité des Juifs
orthodoxes. — Lire dans le grave et docte Drach, ancien rabbin,
lettre deuxième, p. 300 à 330; id.. Harmonie, etc., t. Il, p. 489, etc.
Voir td., tous les écrits où s’est répandue l’encre des rabbins, par
exemple les Evangües apocryphes, par G. Brunet, p, 343-374 ; Paris,
1863, etc., etc.
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i76
LES Jüirs.
(lire, c’est que la croyance au Messie vengeur est vivace, et
prodigieusement enracinée dans les entrailles de la nation
d’un bout à l’autre de la terre. Elle est la base de la religion
judaïque; elle est la dernière consolation du Juif^ et, dans
le cours même de cette année 1866, les documents que
nous transmettent des correspondances étrangères témoi-
gnent de sa fermeté singulière. Phénomène vraiment in-
croyable au milieu de la décomposition providentielle que
les croyances judaïques commencent k subir depuis quelques
années, et de la transformation sensible d’Irael, prélude et
présage d’événements futurs.
Fidèles a cette tradition, les Juifs se rattachent donc
« avec une ardeur et une fermeté extraordinaires k l’espoir
de voir bientôt l'arrivée du Messie » -, et pour la plupart
« ils s’attendent a le voir naître parmi eux, ou plutôt chez
certaines familles privilégiées et bien connues. La principale
habite le point a peu près le plus central de l’Europe, la petite
et affreuse ville de Sada-Gora, dans la Bukowine, véritable
repaire juif, et de la pire espèce'. » Le chef actuel de cette
famille messianique est pour les orthodoxes l’objet d’un
culte religieux et (|iii touche de près au fétichisme-, car
vous ne découvrez dans cet homme que le plus misérable
des idiots. Courbé sous le faix d’une vieillesse prématurée,
les yeux chassieux et encadrés de rouge , Isrolka, — tel est
son nom, — « est le Juif le plus riche de tous les pays slaves;
et quiconque sait ce que les Juifs de la Russie et de la Pologne
amassent de richesses dans leurs masures en ruine, saura
ce que cela veut dire. »
Grâce k l’espoir de l’arrivée prochaine du Messie chez
les Juifs des pays slaves, la famille Isrolka a amassé des
millions depuis un siècle. » Les chefs de cette famille sont
considérés comme des thaumaturges (haalschem) parmi
leurs coreligionnaires. Sada-Gora est actuellement le rendez-
< D’autre» familles messianiques existent à Belz, en Gallicie, à Kozk,
en Podlachie, à Kozienica, gouvernement de Sandomir, et dans plu-
sieurs communautés juives de l’empire des czars, etc.
0
CHAPITRE DOUZIÈME. i77
VOUS universel, le pèlerinage de prédilection, pour ainsi
dire, des Juifs de la Russie, de la Pologne, de la Gallick, de ta
Bukowine, delà Moldavie et de la Valachie. Il est d’un<devoir
de foi rigoureux pour les fidèles de la famille Isrolka, qui se
comptent par centaines de mille, de visiter au moins une fois
dans leur vie le chef de celte famille messianique, et de lui
apporter des cadeaux. Ou attache des bijoux aux corps des
membres de cette famille, comme on ferait au corps d’une
idole; on les comble de ducats et A’impérials. L’avare le
plus endurci s’arrache une pièce d’or pour la sacrifier au
représentant du Messie et se faire bienvenir de sa famille.
Mais ni les Juifs qui donnent volontiers cet or, ni ceux qui
le regrettent, ii’aiment ‘a parler de ces dons; et, h cause
de cela, on sait fort peu de chose, au loin, de ces pèlerinages a
Sada-Gora. En revanche, les Polonais et les étrangers
passant à Sada-Gora ne peuvent assez vanter l’opulence
éblouissante du palais du Messie, qui parait être unique au
monde.
» .\u milieu des maisons misérables et en ruine des
petits marchands et des usuriers, s’élève un palais riche et
grandiose, entouré d’un certain nombre de maisons élé-
gantes, mais plus petites et servant d’habitation aux fils
et filles mariés d’isrolka. Tout ce qu’on peut imaginer de
luxe et de magnificence est rassemblé dans les appartements
splendides de ces maisons. Au palais, il y a un véritable
magasin d’argenterie ancienne et moderne, représentant
une somme de plusieurs centaines de mille lhalers. Les
plus magnifiques tapis turcs, les tentures en damas le plus
riche, se trouvent k profusion dans les pièces qui servent
d’habitation, et ces objets magnifiques sont de pieuses
oiïruudcs des Juifs slaves I Des serres et des orangeries
arrangées avec goût limitent le grand parc. Tout le |>alais
forme une habitation princière, décorée et meublée avec
le luxe le plus raffiné. Au milieu des sales baraques de
Sada-Gora , elle fait l’effet d’un palais de fée égaré et dé-
paysé. Et le possesseur de ces richesses et de ces magni-
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478
LES JUIFS.
ficences, le |>ère qui doit engendrer le Messie attendu -, le
vase sarré d'un avenir glorieux tant espéré; le descendant
de David , dont la vue seule est regardée comme un bonheur
si grand qu’on l’achète au |)oids de l’or, cet homme qu’on
vénère comme un être surnaturel, ressemble ’a un être sans
raison, voisin de l’animal.
» Rehiehc Isrolka est en efTet un homme dé|H)urvu de
toutes facultés intellectuelles. Sous les cheveux blancs qui
recouvrent son crâne, l’esprit, la pensée fout défaut; il est
vieux avant l'âge, caduc sans motif et sans raison. Son lan-
gage ne consiste qu’en sons inarticulés, intelligibles seule-
ment pour sa famille et pour son secrétaire intime. Il est
stupide au plus haut degré, se comporte pres(|ue entièrement
comme une brute, pousse des cris sauvages, et s’assoupit
à la manière des animaux. Cependant, lorsqu'il doit se mon-
trer dans la rue, on le .sait toujours plusieurs heures
d'avance, et toutes les fenêtres et les portes, toutes les rues
et les places se trouvent aussitôt encombrées d’une foule
avide de le voir. On monte sur les toits et sur les arbres
pour contempler le chef de la famille messianique; on se
bat et mise fait écraser pour admirer l’idole.
» Uebiche Isrolka est marié; il a des fils et des filles, et
la plupart de ces dernières sont mariées depuis renfaiice.
Chacun de ses gendres, naturellement choisis parmi les
riches du [lays, est tenu de se. fixer â Sada-Gora, et d’y
bâtir, dans le voisinage du palais paternel, une maison
semblable, mais plus petite. Chez eux, et dans leurs appar-
tements particuliers, ses filles sont toujours habillées de
velours et île riches soieries. Ces cafetans ordinaires de scs
fils et de scs gendres sont faits des étoffes les plus précieuses.
Les petits enliinls ont des bonnes françaises, allemandes,
anglaises et russes, des gouverneurs et des précepteurs
comme de jeunes princes et de jeunes princesses.
Il De nombreux employés veillent aux affaires de la maison,
qui consistent spécialement dans la réception des dons.
Pendant la matinée. Rebiche Isrolka donne des audiences.
D • ' zed byXT'
CHAPITRE DOUZIÈME. 479
c’est-a-dire qu’il reçoit, assisté de son secrétaire intime,
quelques pèlerins annoncés longtemps d’avance, se laisse
bêtement regarder pendant quelques instants, sans prononcer
la moindre parole, et accepte le don traditionnel, qui ne
peut être inl’érienr b dix florins (23 francs). Dans l’après-
midi, il fait sa promenade en voiture. Naguère encore sa
voiture était suivie d’un carrosse rempli de musiciens; mais
cet accompagnement musical n’a plus lieu, probablement
par suite d’une défense des autorités ofTicielles.
» L’aïeul de U<‘biclie Isrolka, il y a plus de quarante ans
de cela, étalait un luxe semblable en Russie, et poussait la
témérité de son orgueil jusqu’b entretenir une garde per-
sonnelle de vingt Cosaques qui accompagnaient continuelle-
ment sa voiture. I.’emi>ereur Nicolas, que le hasard avait
rendu témoin d’une pareille scène, lui interdit catégori(|ue-
nient cet étalage de luxe oriental, et le lit arrêter, puis jeter
dans la prison deKievv, car ce Juif osa braver les ordres du
souverain. Ses nombreux partisans et ses richesses lui ayant
ouvert les portes de la prison , il vint chercher un refuge h
Sada-Gora, dans la Bukowinc autrichienne, où l’empereur
Nicolas le réclama comme sujet russe. Mais l’argent de la
famille Isrolka fut plus fort que l’empereur, et décida douze
• paysans de la Rukowine à affirmer par serinent que le réfu-
gié était né à Sada-Gora.
» Il y a quelques années, Rebiche Isrolka fut accusé d’avoir
fabriqué de la fau.sse monnaie. Des pièces fausses étaient
sorties de chez lui et avaient été mises en circulation. Ce
fut pour les chrétiens une occasion toute trouvée de jouer
un tour à l'arrogant Juif, dont le luxe insolent offusquait
tout le monde. Rebiche Isrolka fut arrêté sans aucun
ménagement, et malgré les récriminations bruyantes des
Juifs. Cette arrestation produisit une véritable émeute.
Isrolka fut mis en prison, et subit plusieurs interrogatoires.
Mais si souvent qu’on l’interrogeât, jamais on ne put tirer
une parole de lui. Comme on devait s’y attendre, les parti-
sans et les membres de la famille d’isrolka se réunirent pour
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LES JUIFS.
se concerter sur les moyens d’obtenir la mise en liberté du
père du Messie. Mais le juge auquel l’afTairc fut conGée
était un de ces hommes sur lesquels les séductions u'ont
pas de prise ; il ne voulut lâcher à aucun prix un prison-
nier contre lequel s’élevaient des accusations aussi graves.
Comme ce fonctionnaire ne put être gagné ni par des pro-
messes ni par des menaces, on chercha li le perdre de
réputation auprès de ses supérieurs, ce qiTon croyait pos-
sible, l'argent aidant. Mais ce plan ne réussit pas.
» Les partisans d’Isrolka eurent alors l'idée de tirer leur
chef des griffes du juge en obtenant la promotion de celui-ci
à une place plus élevée. Une députation munie de recom-
mandations sonnantes et diplomatiques se rendit à Vienne;
le juge fut nommé conseiller ii la cour supérieure, et quitta
le pays. Son successeur relâcha Isrolka, en l’acquittant faute
de preuves.
» La fabrique de fausse monnaie fut découverte plus tard
ailleurs. Il devint donc évident qu’on avait eu grand tort
de croire à la culpabilité d’Isrolka et de sa famille, en tant
que faux monnayeurs. Ces gens sont non-seulement trop
riches, mais encore trop stupides pour commettre un pareil
forfait '. »
Nous croyons devoir donner pour suite à ce récit le très- *
curieux extrait d’un rapport que lit le docteur Buchanan, en
1810, à l’Eglise anglicane, à propos de celle foi messianique
dont la persévérance est non moins remarquable chez let
Igraèlites de CInde que dans la partie la plus centrale de
l’Europe.
« Pendant mon séjour en Orient, /ai partout trouvé des
Juifs animés de l'espoir de retourner à Jérusalem et de voir leur
Messie. Mais deux choses m’ont surtout frappé, c’est le sou-
* E.'.lrailde la Yolks-Ualle de Leipzig, Murvle, i) janvier 1866; —
ibid., en i>arlie, Univers israélite, I, p. 3i; 1866, trailuil du Fretndem-
blatt de Vienne, reproduit par l'Israélite de Mayence du 30 mai. —
hl., Arc/t. israéi., XIII, p. 591; 1866. Celle revue antimessianique
3’etonne que des journaux sérieux d’Aulriche, où se trouve Sada-
Uora, et de France, répètent ces faits sans réserve.
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CHAPITUE DOUZIÈME. 181
venir qu’ils conservent de la deslr^lction de Jérusalem et
res|)érance qu’ils ont de voir un jour cette cité sainte re-
naître de ses ruines. Sans roi, sans patrie, ils s’entretien-
nent sans cesse de leur nation; l’éloignement des temps et
des lieux semble n’avoir affaibli en rien le souvenir dé leur
infortune. Ils parlent de la Palestine comme d’un jiays voi-
sin et d’un accès facile... Ils croient que l’époque de leur
délivrance n’est pas très-éloignée , et regardent les révolu-
tions qui agitent C univers comme des présages de liberté. Un
signe certain de notre prochain affranchissement, disent-ils,
c’est qu’en presque tout pays les persécutions suscitées
contre nous se ralentissent'. »
CONCLUSION.
De toutes parts affluent donc les documents dont la mul-
titude nous entraîne à reconnaître ce que reconnaît une
assemblée de doctes professeurs de théologie, à la tête des-
quels se plaçait un saint prêtre d’origine judaïque, M. l’abbé
Goschlcr : « Les talraudistes, disait-il, sont le noyau indes-
tructible de la nation (jui subsistera jusqu’à la fin dans son
entêtement et dans sa fidélité à conserver les Écritures*. »
Et lorsque nous prêtons l’oreille à ces inébranlables ortho-
doxes, nous acquérons de plus en plus la certitude que le
Messie « est te pivot de leur foi et de leur espérance ’ ! »
Les paroles où se formulent les espérances immortelles
et la foi de l’immense majorité du peuple juif, doivent donc,
se répéter à la fin de ces pages, afin que jamais elles ne
sortent de notre mémoire, si nous prenons quelque souci
de l’avenir : •
Eh quoi! pour nous Juifs, « Jérusalem serait un vain mot.!*
mais ce serait là le renversement immédiat de notre culte,
de notre tradition , de notre raison d’être! Toute la religion
> Partout donc les révolutions et les catastrophes sont l’espoir du
Juif orthodoxe. Hist. des Juifs, par Malo, ft. 523 -o26.
^ Goscliler, Dict. encycl. de la théologie cathol., t. XII, p. i.'iS.
3 S. de Félicité (Yercruysse), la Régénération, p. (3: Courtrai, 1860.
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(82
LES JUIFS.
juive est fondée sur l’idée nationale; il n’est pas une as-
piration, pas une pulsation qui ne soit vers la patrie. En
nous levant, en nous couchant , en nous mettant à table,
nous invoquons Dieu pour qu’il bâte notre retour â Jérusa-
lem, sans retard, de noijourt; et ce seraient Ih de vaines pa-
roles? » Et l’on cesserait de croire l’idée du .Messie
« réalisable et acceptable!... »
« Heureusement il n’en est pas ainsi! » et nous pouvons,
nous devons continuer de dire ; « Je crois fermement que
le Messie doit venir ; et, quoiqu’il tarde, je l’attends! » Nous
l’attendons, et, sans que notre foi défaille, nous répétons
de notre voix la plus ferme le grand toast national : h L’année
prochaine à Jérusalem! a X Jérusalem ' !
' l'iVJc supra, t Beaucoup do Juifs, quand ils arrivent au terme de
teur carrière, tournent leurs regards vers la Judée et viennent, disent-
ils, attendre le. Vessie. Le Juif est tenace et persévérant... » J. B. Morot,
Journal de xxiy. de Paris à Jérusalem, p. 193 ; 1869.
Dans un article intéressant , mais dont nous ne pouvons partager
toutes les idées ni toutes les appréciations, M. l'abbé E. Michaud nous
signale les échecs que reçoit en Israël le Talmud, traité de vieille gue-
nille, de fatras traditionnel, et contraire d'ailleurs â la loi formelle de
Morse, il nous dit co|)endant les efforts d’une nouvelle école pour le
réhabiliter, tandis que « ce qui subit chez la plu/jart des Israélites une
altération grave, c'est le surnaturel, l’inspiration biblique et le carac-
tère sacerdotal. » — Le monothéisme, ainsi qu'il l’observe, constitue
tellement l'israélitisme, .selon quelques-uns, que MM. Strauss et Renan,
par exemple, leur < appraissent comme do véritables Israélites. »
Cependant, ajoute-t-il, a côté de ces ruines <r une double restauration
cherche à s'opérer : la restauration de l'idée messianique, et de la
nationalité juive. » Lire l’article intitulé la Crise israélite en 1867,
dans le Correspondant, 25 décembre 1867.
DEUXIÈME DIVISION. — LE MESSIE JUD.AÏQUE, SUITE,
RÉALITÉS ET CONJECTURES.
L’attente d’un Messie, futur dominateur des peuples, est l’attente v du
noyau indestructible' de la nation, s — Quelques opinions dissiden-
tes chez les réformistes, mais un événement les rallierait aux croyants.
Si quelque séducteur se donnait pour le Messie, les Juifs pe’nche-
raient-ils de son cété ou du côté des Etats qui les ont faits citoyens?
— Rapprts évidents entre le Messie que le Juif attend , et l’homme
Dwi': •
CHAPITRE DOUZIÈME.
48a
que le chrétien désigne sous le nom d'Antéchrist. — Tout se pré-
pare pour la gtande unité cosmopolile dont cet homme doit être
l'expression. — Lorsque s'achèvera l'œuvre do déchristianiser le
monde, le monde nu pourra-t-il accepter pour maître un fascina-
teur de race judafque? — Exemples de dominateurs reiKiussés, puis
unanimement acceptés. — Exemples d'hommes tout a coup sortis
du néant pour s'elever au pinacle en temps de tourmente. —
Du train de vapeur dont vont les idées et les choses, comment
s'étonner que surgisse du sein de Juda celui qui réalisera les idées
de souveraineté cosmopolite dont les Juifs sont les apôtres? —
Quelque Morse ne se mettra-t-il nas à la tête de quelque formidable
exode? — Les Juifs ne peuvent-ils au moins se faire les seconds, et
l'appoint, des forces de quelque conquérant? — Exemples des res-
sources qu'IsraCl sait accumuler sur un même point; possibilités,
facilités. — Coup d'œil jeté des hauteurs de l'histoire sur l'avenir.
L’altente du Messie, telle est donc, aujourd’hui même,
l’attente d’Israël! Et malgré la singulière et prodigieuse dé-
route, malgré l’écroulement qui, de ce côté de 1 Occident,
tout à coup, après vingt siècles d'inébranlable résistance,
vient de s’opérer dans le sein des croyances talmudiques, une
foi vivace en cet immense personnage en reste le pivot , le
point essentiel et indestructible. Mais ce Messie sera-t-il
■ simple mortel? Sera-t-il homme ou homme-Dieu? Telle est,
parmi les croyants, la question litigieuse-, car chacun au-
jourd’hui se fait un Messie et l'habille h sa guise. Uumaiue-
ment parlant enfin, l’avéncment de ce futur dominateur des
peuples est-il un fait admissible et que le monde puisse en-
visager sans se sentir pris d’un accès de fou rire?
La très-grande majorité, le véritable noyau de la race
judaïque, continue, avons-nous dit, de voir en lui l'homme
sur lequel se concentrent les désirs et l'attente des siècles.
Quant à la minorité moins croyante, et aux yeux de laquelle
une époque glorieuse ou messianique aurait la signification
du Messie, le moindre événement sufUrait a réconforter sa
foi défaillante ou boiteuse et k la reconstruire sur le modèle
de la foi de ses pères. Que par exemple le renom d’un
homme extraordinaire vienne à retentir dans le monde, et
. que les croyants orthodoxes, éblouis ou séduits, s’écrient :
Voici l'homme d’Israël, celui qu’lsraël attendait-, voici le
Messie! eh bien, k ce cri religieux et tout national, la miuo-
31.
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m LES JUIFS.
rilé presque tout entière se rallierait au grand nombre, et
cet homme deviendrait pour elle le Messie. Israël pourrait
s’y tromper, ainsi que l’histoire témoigne qu’il lui arriva
vingt fois de le faire dans le cours des siècles, ce qui ne
l’empêcherait nullement de rester prêt à s’y tromiier encore.
Devant cette certitude, voici maintenant la question que
nous nous permettons de poser : Chaque Juif, chez tout
peuple qui lui donne le droit de cité, est-il ou non membre
de deux nations a la fois? Car nul homme ne peut servir
doux maîtres. Est-il membre de la nation juive d’abord par
le sang, et surtout par le culte, avec lequel cette nationalité
se confond; est-il, en outre, par le fait de notre légitlatwn,
s’il se réclame de la France, membre de la nation française?
Et dans ce cas est-il plus Français que Juif ou plus Juif que
Français? Que serait-il, que ferait-il, par exemple, si quel-
que agitateur, si quelque conquérant, levant l'étendard du
Messie et le front couronné de l’auréole qn’y jetterait le
jour glorieux de la victoire, se donnait pour le désiré d'Is-
raël? Et ce qui se demande à pro[K>s du Juif français, nous^
le demandons a propos de tout autre!
Enlin, s’il est un sédncteurà qui les prophéties de l'Église
ont donné le nom d’.\ntecbrist; si les chrétiens croient que
cet aventurier commencera par les Juifs le cours de scs sé-
ductions, parce qu’il est dit qn’Israël doit voir en lui son
Messie, n’cst-ce pas pécher contre le bon sens que de tenir
l>our insensé le Juif qui se berce de sa prédominance future
sur le chrétien?
Ne cherchons dans les mots que les choses, et dès lors,
soit que nous nous placions au point de vue purement hu-
main, ou que nous nous fixions des deux pieds sur le terrain
des prophéties, qui font partie des trésors de science de
l'Église, nous verrons les plus intimes rapports lier l’un h
l’autre, ou plutôt amener à se confondre en nue seule, la
croyance du Juif à son Messie et celle du chrétien h l’homme .
que son langage a nommé du nom d’Antéchrist.
En efl'et, si peu que les saintes Écritures ne soient point
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CIlAPlTHli 1)0 f ZI P. MF. 48.)
aux yeux du chrétien un radotage absurde et suranné; si
peu que demeure en lui cette croyance indispensable à la
civilisation des sociétés humaines ; que l’Église ne peut ni
mentir ni se tromper; songeons que l’Antéchrist n’est pas
plus que le Messie une fable, un mythe, un symbole; rap-
pelons-nous que son règne, leriiblc et fécond en révolutions
inouïes, en prodiges de tontes sortes , est une réutiic future,
ce qui équivaut à dire un fait nécessairement en voie de for-
mation, en train de nous arriver par les roules que, jour à
jour, les événements lui construisent. Mais gardons-nous, en
même temps, d'oublier que ' ce personnage est un domina-
teur tellement semblable à celui que les Juifs allcndenl, qu’il
sera difficile, impossible 'a ce.s aveugles de ne s'y point
tromper; car il p.orte en lui la réunion, la synthèse parfaite
de toutes les aspirations anticalholiques que dix-huit siècles
de judaïsme attribuent au libérateur futur de Jiida.
Songeons en outre, ajoutera le chrétien, que de très-
longs intervalles ne séparent peut-être plus ce personnage
de l’époque où notre vie s’écoule. Déjh, s’il nous agrée
d’envisager l’avenir, tout semble se préparer jiour son instal-
lation, nous voulons dire pour son passage. Et sous nos
yeux, i/'un bout il l'antre de la teire, le monde politique, le
monde économique et commercial, conduit ou entraîné par
les sociétés du inonde occulte dont les Juifs sont les princes,
se sont mis à brasser à la fois de toutes parts et avec une
infatigable ardeur, la grande unité cosmopolite*. .Ainsi se
nomme, dans le langage du jour, le système d’où sortirait
l’abolition de toutes frontières, do toutes patries, ou, si l’on
veut, le remplacement de la patrie particulière de chaque
peuple |iar une grande et universelle patrie qui serait .celle
de tous les hommes. Or, cette unité, qui réclame une tête,
ne prépare-t-elle point, en se formant, le prodigieux avène-
ment d’un unique et suprême dominateur dans lequel les
' Cnificalion des peuples, etc., réalisation partielle du sucialisiiie...
^ a Notre politique sera essentiellement universelle,rosmuputiYr,etc.»
(Sic.) Archives israélites, n» 4, p. 8, janvier 4869.
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i86 LES JUIFS.
Juifs pourraient voir le Messie en même temps que les chré-
tiens y reconnaîtraient l’Antéchrist?
Lorsque le christianisme, graduellement, méihodxquement
chassé du gouvernement et de l’éducation des peuples, et
dès lors repoussé par la licence croissante des mœurs, par
les appétits d’une ambition féroce et d'une cupidité sans
frein, se voyant partout proscrit, honni, vilipendé, ne sera
plus guère, au milieu des masses qu’il avait civilisées, qu’un
■objet de mépris et de haine pensons-nous que ce domina-
leur des peu|)les, que ce conquérant des intelligences faus-
sées et des cœurs corrompus , que ce fascinateur suprême
dont le vœu sera le vœu du genre humain, ne puisse appar-
tenir à la race judaïque? L’obstacle fjourrait-il cire, alors, un
reste de ces sentiments chrétiens qui seront devenus un
odieux préjugé pour les hommes du jour, et dont notre
siècle déjà prend h tâche et se fait gloire de. dissiper les
vestiges?
Que si, dans plusieurs des circonstances que l'imprévu
fit surgir avec la toute-puissance des révolutions modernes
et la vivacité d’un ressort, nous avons vu, de nos yeux, un
homme abandonné comme le doit être d’ahord l’Antéchrist,
sinon repoussé par le peuple auquel il s’offrait en sauveur,
saisi par la force publique, condamné sans qu’une âme
s’émeuve, emprisonné, gracié, repris après nouvelle tenta-
tive et condamné, puis oublié de nouveau, devenir tout à
coup, parce que le souille politique avait changé, l’homme
de la situation, remuer, bouleverser en sa faveur les esprits,
plier sous les millions de suffrages dont l’accablaient les
indifférents ou les ennemis de la veille, se trouver maître en
nn clin d’œil des volontés, de la vie et des forces d'un peuple,
comment arriverions-nous à nier, indépendamment du langage
prophétique de» Écriture» de l'Ëgliic, que, dans des cir-
constances préparées de longue date par le» révolutionnaire» du
monde entier, tin seul homme, un de ces coryphées de révo-
' a l.orsque le Fils (le rhomme viendra, pensez-vous qu’il trouve de
la foi sur la terre? » Saint Luc, ch. xviii, v. 8.
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CHAPITRE DOUZIÈME. 487
lutions qui fascinent et enlrainent les multitudes, puisse,
en un instant, se trouver sur les lèvres, dans les vœux et h
la tête des peuples, ardents a tourner les merveilleuses
aptitudes de sa personne vers le but final de leurs aspirations?
Lorsque s’évanouirent les jours néfastes du siècle dernier,
pour céder la place au siècle que nous occu|K>ns, n'avoiis-
nous point vu des hommes sortis d’une obscurité profonde
dresser fièrement la tête sous les plumes de la toque direc-
toriale, SC draper dans les plis de la toge consulaire, et ne
manquer que d’audace et de génie pour s’élever au pinacle,
pour saisir et s’approprier, aux applaudissements de la foule,
les insignes du pouvoir suprême? N’avons-nous point vu,
tandis que grondait le torrent des idées et des passions
révolutionnaires, surgir du fond de la Corse un homme de
prodiges, un soldat’ sous les regards duquel le monde se
tut, sous la main de qui peuples et rois s'humilièrent? Ne
l’avons-nous point vu porté sur le pavois par le peuple le
plus généreux de la terre? N’avons-noiis point vu ses lieute-
tenants couvrir, sans trop étonner le monde, ou tenter de cou-
vrir leurs épaules du manteau des rois? N’avons-nous point
vu le Gis d’un hôtelier, le séminariste, l’intrépide, le légen-
daire Murat, suivi de près |>ar son camarade Bernadotle ,
pauvre enfant de la Gascogne, faire chacun de la selle de
leur cheval le siège d’un trône? Issu de race judaïque ’, le
maréchal Soult ne se vit-il |>oint au moment de donner à sa
vaillante épée la forme d’un sceptre? Et qui se fût étonné si
le meme désir eût traversé le cœur du Juif Masséna? Cet
enfant chéri de la victoire ‘ était-il inégal à son frère d’armes
et de race par un autre côté que le côté de l’ambition? Eh
' La Corse n'eùl-elle pas alors élê déclarée française, qui demande, en
temps de tourmente, a l'homme dont la main saisit avec vigueur la
barre du gouvernail, son acte de naissance?
Ce qu'afOrme le premier ministre de la Grande-Bretagne, Juif lui-
même d’origine. Lo maréchal Soult se crut au moment de monter sur
le trône de Portugal, dont il rêvait peut-être de se faire un échelon au
trône ibérique.
^ Surnom que le soldat donnait à ce maréchal , dont le nom juif
était Manassé.
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488
LES JUIFS.
bien, que les circonslances redeviennent ce qu’elles furent
alors ^ que la fortune politique ail pour des visages nouveaux
de nouveaux et de plus irrésistibles sourires; qu’il se ren-
contre un sophiste pétri d’iiabileté , un de ces coryphées de
révolutions dont le souille fanatise les peuples, un de ces
retors et valeureux capitaines pour lesquels se passionne le
soldat, et qui, peut-être a l’insu du public, ainsi que Soult
et Masséna, se trouverait être un des rejetons égarés de
la race juive; qu’il surgisse un de ces habiles cl glorieux
inconnus que ses frères de sang sauraient aussi bien recon-
naître que soutenir, et surtout h une époque où les lois de
la civilisation révolutionnaire ont fait dc tout citoyen et par
conséquent de tout Juif un soldat; que cet homme, enfin,
porté par le vent de la tempête, joigne l’audace aux services,
et, qui de nous, après les spectacles dont notre siècle a ras-
sasié nos yeux, s’imaginera que tout à coup un diadème
impérial ne pourrait tomber, s’abattre sur le front de ce
nouveau venu? Qui nous dira la hauteur a laquelle ne
saurait s’élever cet ambitieux, foulant aux pieds les débris
de trônes fracassés par les révolutions et par les batailles?
Et qui pensera que ce nouvel empereur d’une république
universelle et égalitaire, élargissant la voie terrible que
suivirent jadis les empereurs de la république romaine,
ne pourrait inaugurer une nouvelle ère césarienne! Qui
s’étonnei'ait, en un mot, de le voir dicter ses lois au monde,
dont les rênes financières lïottent et ne cesseront de flotter
aux mains d’Israël, en voie de devenir d’un bout à l’autre
de la terre ce qu’il est en Allemagne, c’est-à-dire le distri-
buteur et le régulateur des seules idées que le public libéral et
lettré favorise et acclame ï
Est-ce que déjà les hommes éminents du judaïsme ne
sont point des hommes avoués, recherchés, courtisés? Est-
ce que déjà , dans les comices électoraux de l’Angleterre
ou de la France, le surffage d'élite» c’est-à-dire le suffrage
restreint, et le suffrage confus des masses, c’est-à-dire celui
que l’on nomme universel, hésitent l’un et l’autre à les
CIlAI'lTRIi DOUZIÈME.
489
cicver au pinacleP Est-ce que leurs bamjuicrs, leurs finan-
ciers, hommes d’État véritables pour la plupart, ne sont
]K)int les banquiers et quelquefois les ministres des princes,
les financiers des royaumes, les chefs et les dominateurs de
toutes les entreprises industrielles, de toutes les (traiides et
colottale» compagnies de l’Europe, les arbitres, en un mot,
de la paix et de la guerre, avec lesquels doivent compter,
et plus humblement quelquefois que ne le suppose le vul-
gaire, les élus de la victoire, les têtes couronnées les plus
hautes et les républiques les plus (ièrcs '?
En vérité! du milieu de ces parvenus sans nombre de la
nation juive-, du milieu de ces hommes que l’Europe fait
ses conseillers et ses juges, ses législateurs et scs chefs
d’armée, pourquoi ne se rencontrerait-il pas un beau jour
et au moment d’une crise suprême un homme que les
peuples en s’unifiant feraient le dépositaire du pouvoir
universel? et, que ce pouvoir ait pour titre présidence ou
royauté, protectorat, CÆsarisme ou empire, le mot ferait-il
rien li la chose’?
Pourquoi donc, du train de vapeur ou de foudre dont
partant et se précipitent aujourd'hui les choses, pourquoi,
si les regards se tournent vers les points de l’avenir (|ui me-
nacent l’Europe entière de boulevertements radicau-r, |)our-
quoi s’étonner que du sang de Jacob, tout à coup, surgisse
' Lp Petit Figaro non.? ditle 1î avril 1869, d’après le Réveil, journal
socialiste, il est vrai : « Les héritiers de M. de Rothschild connaissent
enfin le chiffre exact de la fortune du célèbre financier; la somme
totale est d’un milliard sept cents millions. » — « Avec ses frères il
prêtait au monde entier, et commandait, bourse en main, à tous les
souverains. » Le Monde ^ 18 novembre 1868. La fortune de cette
famille peut s’accroître démesurément par des oprations, des mariages,
et s’associer è d’autres fortunes juda'iquesl... Voir la note du ch. X,
div. î*, sur M. de Rothschild.
^ L’émancipation du Juif a produit les effets qu’on en attendait ;
O elle a permis à ce peuple d’entrer dans toutes les carrières. Il a eu
des ministres remarquables, des Gnanciers éminents, de grandi ora-
teurs, des militaires distingués, des ingénieurs habiles, des juriscon-
sultes profonds, de grands artistes; en un mot, il possède tout ce qu’il
faut pour former un milieu indépendant, et se gouverner lui-méme. »
(Ajoulons : et, pour gouverner d’autres que lui-même.) Amédée
Nicolas, Conjectures sur les âges de l'Eglise, p. 37!; Paris, 1858.
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490
LES JUIFS.
au jour inattendu le dominateur qui réaliserait les doctrines
cosmo|)Olites dont Israël est l’apôtre, dont le libéralisme n'est
que l'écho? Où donc, en vérité, puisque les nations dociles
k sa voix tendent à s’unifier, 'a se fondre en un peuple uni-
que, où rencontrer un homme plus apte que le Juif k la po-
sition nouvelle, plus intime k l’universalité des intérêts et
des choses dont il est presque en tous lieux le créateur,
plus cosmopolite, et nous répétons ce terme, car Israël est le
seul homme qui puisse être, grâce au privilège de sa consii-
luiion physique, et qui de tout temps ait été, par le fait
même de la dispersion, le citoyen du globe entier ' !
Quel homme, k quelque point de vue que l’on se place,
aurait de plus justes et légitimes chances que le Juif k se
faire accepter au milieu de populations émues, troublées,
confondues, pressées, poussées par des guerres ou des
bouleversements les unes sur les autres; populations qui ,
formées k maudire le Christ et la loi civilisatrice du dévoue-
ment, ne savent déjà plus k peine apprécier d’autres biens
que les biens de la terre , et dont les furieux appétits se
tournent, comme vers un but final, du côté des richesses,
pour la multiplication desquelles semble créé tout exprès le
génie du Juif.
Au moment donné, comment donc ne |M)int admettre que
la race judaïque fasse sortir de sou sein quelque Joseph
doué des dons nécessaires k rurganisalion et au gouverne-
ment de quelque colossale Égypte? quelque Moïse suscité
pour organiser, pour diriger vers la terre des patriarches*
quelque formidable exode, pour briser l'orgueil de quelque
Pharaon? Comment, au moins, ne point se rabattre k pen-
ser qu’il se rencontre au-dessus de ces lils de Jacob, si nous
les reléguons au rôle secondaire, un grand politique, un
ambitieux, un génie assez fort, grâce k l'appoint des mo-
* Voir au chapiu-c Influences.
Voyez toutes ses tentatives, tous ses préparatifs pour v ménager
son retour. Lire toutes scs Revues : — par exemple, .Jre/iioes isroa-
lites, Univers israèlile, etc., etc.
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CHAPITRE DOUZIÈME. 491
bile.'» et prodigieuses ressources d’Israël, pour gouverner les
foules appelées <i jouer sous ses ordres le dernier acte des
révolutions et pour s’emparer du rôle suprême?
Mais, s’il ne peut se résigner a n’élre que le second de ce
génie ambitieux dont l’étoile ferait luire 'a ses yeux le
triomphe que rêve sa secrète et terrible ambition , où donc
Judn rencontrerait-il ce levier d’Archimède capable de sou-
lever le monde? En quel lieu de la terre sentirait-il se mou-
voir sous sa main la population judaïque nécessaire a cet
exode triomphal , k celte conquête d’un pouvoir universel ,
a l’exercice de cette prodigieuse domination que doivent à
la fois subir et accepter les peuples conquis ou séduits?
Nous ne saurions le dire, et pourtant nous répliquerions
sans le moindre embarras : Ce sera partout; et de plus, s'il
le faut, ce sera dans un lieu déterminé, n’importe lequel I
Ce sera partout; car c’est là que demeure te Juif, ce |)euple
dont le flot mobile et cosmopolite se répand, romme par une
pente naturelle, dans tous les plis de ce globe. Ou bien ce
sera dans un lieu déterminé, si les menées des sectes révolu-
tionnaires, et certaines agglomérations judaïques, ont préparé
soit en Europe, soit ailleurs, la surprise de ces événements.
El leur arrivée peutêlre rapide, car déjà de nos jours, c’est-
k-dire aux débuts de l'ère du progrès des choses matérielles, un
instant de vapeur siiflit sur terre ou sur mer au transport
de multitudes immenses. Déjà même, grûce au cajirice ap-
parent du hasard, ou grâce aux calculs du génie, tout un
peuple de .luifs se trouve, comme s'il s’agissait de l’cxécu-i
lion d’un dessein mûri de longue date, aggloméré dans un
État qui porte un nom redevenu moderne, le nom de Rou-
manie, ce pays qu’Israël et ses adversaires ont appelé d’une
même lèvre la nouvelle Palestine.
Or, ne l’oublions plus : le coin de terre que baigne le
Danube près de se noyer dans la mer Noire, et sur lequel
tout k l'heure s’arrêtait notre regard , héberge et condense
une force que quelques brèves années ont portée de vingt-
cinq k près de cinq cent mille âmes, chifl're qui nous parai-
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1
i92 LKS JUIFS.
trail énormo si nos yeux ne le voyaient croître et se prêter
a un développement aussi rapide que monstrueux; si, de
plus , à (fiielques heures de celte puissante et croissante popula-
tion, la Russie, la Pologne, la Hongrie, l’Autriche ne nour-
rissaient des essaims de ces fils de Jacob dont la fécondité
s’alTumc par un soudain et inexplicable réveil
Résumons-nous donc, et reprenons-nous h nous le de-
mander : cette nation universelle, aidée de tout ce que notre
monde contient et produit de mécontents et de mécréants;
aidée de tout ce qui se dit et se croît philosophe; aidée par
tous les hommes de philanthropie naïve; par tous les rê-
veurs vides d’une croyance déterminée, ou dont l’ignorance
ne prend pour guide qu’un catholicisme sentimental; aidée
par l’association latente de la maçonnerie universelle, dont les
principaux directeurs du judaïsme sont l’âme et la vie; aidée
par l’association patente de V Alliance israélite universelle (jui
rallie et soude h son corps les éléments désagrégés de tous
les cultes; celle nation, disons-nous, n’esl-elle pas en voie,
ne se trouve-t-elle pas h la veille de devenir la première
force du monde? Maîtresse de la presse et de l’enseigne-
ment; maîtresse de l’or eide l’industrie dans la plupart des
royaumes; maîtresse de la vapeur qui donne des ailes à des
nations entières formées en corps d’armée*, et les vomit
sur un point de l'espace, sans plus d’efforts qu’il y a peu
d’années une diligence jetait d’une ville h la ville voisine
quelques familles bourgeoises; en un mot, recrutant toutes
les forces vives des peuples, celte nation pourrait-elle
éprouver un embarras sérieux à laisser, un beau jour, lom-*-
ber comme des nues un essaim de population sur un point
donné de l’Europe : sur la Palestine, si tel est son but ; sur
celle terre désolée , plongée dans un deuil ineffable depuis
qu’elle est veuve d’Israël, et que nous verrions si promple-
' L’Allemagne seule on compte 1,250,000, l’Europe 3,238,000, etc.
Géographie et statistique médicale^, ut suprà, t. II, p. 132-135; 1857.
Le nouveau Fremdemhlatt nous dit, en avril 1869, que la Hongrie, voi-
sine de la Uoumanie, compte 500,000 Juifs.
2 La l’russc à Sadowa ; premier essai, qui sera bien dépassé.
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CHAÇITRE DOUZIÈME. 493
ment restaurée, reprendre ses sourires et sa joie, si, dcrc-
clief, elle s'ouvrait au peuple opulent et induslriciix qui
jadis féconda son sein?
Le jour où il plairait à Israël de mettre a profil, pour
opérer ce rapatriement, l'une des grandes crises (|uc la po-
litique révolutionnaire prépare au monde, avec quelle faci-
lité les légions cl les millions des Juifs ne se laisseraient-ils
point couler vers la Terre sainte 1 Et que le lecteur, mis
sur la voie de se convaincre par sa propre raison, nous per-
mette une liypollièse dans laquelle nous ne feions entrer
pour éléments que les faits rendus |iossil)les par l'état actuel
et la marche des esprits et des choses.
Supposons, par exemple, non point une de ces crises où
il s'agit pour un ministre tel qu'était feu M. de Cavour, de
débuter a la sourdine, et de rallier h sa politique les cou-
reurs d'aventures malsaines des Etats limitrophes, pour les
jeter sur tels et tels territoires de voisins, objet de ses con-
voitises-, supposons, non point encore une de ces crises plus
grandes on il s’agit, pour un ministre tel que M. de Bis-
mark, de briser une seule et unique puissance, en soulevant
à la fois contre elle ses voisins et ses propres sujets; car
ces deux suppositions seraient trop mesquines : mais admet-
tons une de ces crises épouvantables, immenses, une de ces
tourmentes européennes dont la fermentation qui commence
h travailler tous les peuples donne au monde entier le pré-
sage, et qui, tout à coup se déchaînant, précipite et fracasse
les royaumes les uns contre les autres'. Notre hypothèse
est bien posée, bien comprise, nous y sommes! Tout s’agite
et se soulève; un bruit affreux de ruines retentit, car les
pi'emiers coups sont portés. Mais pour un instant la mêlée
cesse-, on s’arrête, on se recueille, la lassitude et l'étour-
dissement donnent un semblant de calme : calme sinistre
pendant lequel les cœurs se préparent à reprendre la partie
' Mélange, par exemple, des questions d’Orient et d’Europe, aux-
quelles s’immiscent l’Amérique et une partie de l’Asie, entraînées par
la Russie et l’Angleterre, etc., etc.
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494
LES JUIFS. ,
jusqu’à ce qu’il en sorte un vainqueur, jusqu’à ce que s’ac-
' complisse l’écrasement final d’une moitié d’un continent....
Un cri part à ce moment et se répète de bouche en bou-
che : Les Juifs, les Juifs entrent en lice! Voici, voici se mou-
voir et apparaître les Juifs, qui tout à coup se dégagent du
sein des nations étrangères, et se dessinent en corps de na-
tion. Une faveur croissante les accueille , car nous savons
que les Juifs, au milieu de ces fouies dont les coups sont
suspendus, comptent de nombreux, d’intéressés et de cha-
leureux amis. Ils comptent ceux que les sociétés secrètes
ont enrôlés dans toutes les ténèbres et dans les conciliabules
des deux mondes-, et nous savons, depuis un siècle, quelle
fut dans les grandes guerres l’action terrible de ces so-
ciétés ' -, ils comptent tout ce qui maudit avec eux le Christ,
tout ce qui rêve avec eux le bouleversement des institutions
et des sociétés chrétiennes-, ils ont enfin à compter, bon gré
mal gré , tout ce qui souffre du mal de la convoitise et de
l’envie-, tout ce qui se nourrit de songes malsains et d’uto-
pies démagogiques^ tout ce qui fermente dans le monde des
idées fausses et des sentiments vicieux 1 — Eux? les Juifs , ar-
river? c’est un rêve! Où cela donc? — Un rêve? nous allons
le voir. Regardez^ car le télégraphe a donné ses mots
d’ordre, et la vapeur a chauffé. Les uns, là-bas, favorisés
par de^ populations ou par des partis , arrivent du pas des
avalanches, après s’être condensés dans certaines régions
de la terre, où, comme dans la proximité des rives danu-
biennes, les espérances dont les flatte l’avenir les ont accu-
mulés par centaines de mille. Du nord et de l’est, de l’ouest
et du sud, dans les champs de bataille de la guerre et de la
politique, voici venir, voici tomber en troupes grossissantes,
et comme la sauterelle du désert, des Juifs de toutes lan-
gues, les arbitres improvisés du mondel... Ces nouveaux
venus, ces inattendus, sont-ils les alliés du Russe, de l’An-
glais, de tout autre? Nous l’ignorons.... Mais tournez les
yeux du côté de la mer, et, dans ces nefs que berce la va-
* Lire le protestant Eckerl, l’abbé Gyr, etc.
CHAPITRE DOUZIÈME.
i95
gue, n’apercevez-vous pas de nouvelles recrues encore? Sur
ce.s puissants vaisseaux? — Oui. — Sur ces llolles immen-
ses? — Oui... Les premiers cinglent des havres de l’Amé-
rique; ils sont chargés d’auxiliaires et de ttipeniüés. Les ports
de tel et tel État de l’Europe ont laissé s’échapper les au-
tres. Équipées par les Juifs, ces villes flottantes s’avancent
chargées de leurs émigrants ramassés sur telle et telle côte,
et du ramas des Garibaldiens de l’époque, heureux de mi-
liter aux gages d’Israël et de couper un accès de leur fièvre
cosmopolite en se livrant à quelque désespérée croisade
contre la Croix, dont se signent quelques peuples encore ' !
Les yeux des hommes se tournent vers le théâtre gran-
diose des événements; et les uns frémissent d’une impuis-
sante indignation, tandis que les autres battent des mains.
C’est alors que, pacifiquement ou non , les expéditions suc-
cessives d’Israël s’unissent aux armées des peuples qui
* L’hisloire des conquêtes de l’Alexandre tarlare, de Tamerlan, res-
semble à un conte oriental. En nous rappelant ce que le monde a vu,
songeons à ce qu’il peut voir aujourd’hui que les événements ne mar-
chent plus, mais qu’ils bondissent et couvrent la terre à la façon des
torrents. Une campagne de quinze jours vient de transformer l’Eu-
rope centrale; et, d’un coup, fut brisé l'empire autrichien comme un
verre, grâce aux indécisions et aux lâchetés, grâce aux trahisons
ménagées par les sociétés occultes de l’Europe entière , et malgré la
force, malgré le courage héroïque de ses armées. Depuis ce jour
sinistre et merveilleux, et c'était hier, que de nouveaux, que d’effray ants
progrès dans l’art de détruire et do dompter les hommes I
Nous avons évité de nous appuyer sur les antiques prophéties de
l’Eglise , que nous examinerons dans un autre ouvrage , et dont les
textes annoncent en termes positifs les faits grandioses qui nous sem-
blent en voie de s’accomplir. A plus forte raison laissons-nous de
côté les prophéties de toute origine qui, de nos jours surtout, tour-
mentent le monde *. Notre unique dessein , sous le tyraniiiquo et
atroce empire de la Politique des faits accomplis, qui date de la ruine
du droit cnrétien ; en d’autres termes, notre but unique, sous le règne
émouvant de l’imprévu qui désole aujourd’hui les peuples arrachés du
soi fixe et solide de la toi chrétienne , c’est de faire apparaître , aux
yeux sains et limpides, un coin du tableau vivant dans lequel se heur-
tent et s’essayent au mouvement les événements que tout observateur
peut juger possibles.
* La plupart sont cooienurt dans trois volumes de 1801, 1862 et 1803, que
nous rimes revenir du Piémont : I Juturidfstini, — Comm«n/i aiU preditioni^ etc.,
— et Jl f^'aUcinaiort, Torino, Mariinrngo.-^Un recueil fraurait, l’oracle de
M. H. Dujardin, availprécédé ces ouvra(;es; Paris, 1840» Camus.
rvifi'ii’*^ hy Google
496
LES JUIFS.
s’unifient pour donner au inonde son maître, et que ses
(lottes s’abattent sur le littoral à demi délaissé de la Pales-
tine, où, voyage par voyage, elles jettent leurs essaims
triomphants.
Oubliant qu’en temps de tourmente et de vertige révolu-
tionnaire les plus étranges conceptions se trouvent être
quelquefois les plus réalisables , on sourit de l’hypotbèse. Oti
sourit, on lève les épaules; moyen facile et banal de trancher
les questions ardues! et cependant, pour sourire, il faut avoir
perdu la mémoire des faits dont on vient d’être le témoin ;
il faut ne vouloir point se rappeler qu’hier encore, une des
plus puissantes nations du monde, la première puissance
maritime de la terre, tremblait devant un fantôme moins
redoutable à coup sûr que celui du judaïsme; fantôme qui,
se dressant devant l’Angleterre, chaque jour menaçait de
prendre corps, et privait de leur sommeil scs hommes (TÉtat et
ses nmrins. Oui, c’était hier; et comment oublier que, d’un
bout 11 l’autre de ses rivages, l’empire* britannique, atten-
dant et redoutant des avalanches de navires hostiles, bra-
quait ses lunettes vers la mer, où le vent qui soufflait du
côté de rilnion se contenta cette foisd’apporterdes menaces!
Est-ce que ces bandes aventurières et improvisées, connues
sous le nom de Fénians, ne furent point, en un moment, la
terreur de l’Angleterre? Est-ce qu'en un clin d'œil, tout
absurdes qu’on les eût déclarées la veille, l’Angleterre ne
se prit pas ’a trembler devant elles? Si, laissant de côté les
prophéties sacrées, qui donneraient au chrétien un trop facile
gain de cause, nous nous bornons à suivre de l’œil la marche
actuelle des événements, est-ce que le progrès des doc-
trines, des influences et des forces judaïques ne nous
montre pas, arrivant sur nous des hauteurs de l'avenir, une
nouvelle sorte de fénians que, soit de la Roumanie, soit de
tel ou tel autre point du globe, le judaïsme aura tirés de
son sang? Et, tôt ou tard, que dire à ces mots, k ce cri : Les
voici lancés par la vapeur dans leurs chariots de guerre , ou
sur des navires armés de leurs millions, couverts de leurs
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CHAPITRE DOUZIEME.
497
soldats, et côte kcôle desquels il faudra sans doute compter
les flottes et les armées de quelque coalition de puissances.
Grand spectacle, et qui, sous cette forme ou sous toute
autre, n'importe laquelle, s’aeeomplira quelque jour, k la sur-
prise immense de ceu^: que la nature de leur esprit et la force
de leurs études préparent si fortement à ne rien voir. — Les
Juifs! les Juifs! criera-t-on presque soudain de toutes parts,
dans une des crises grandioses où les peujiles jetés, lancés les
uns contre les autres, se mêlent ainsi que des corps broyés.
Et les Juifs avancent ! Ne viennent-ils pas de mettre k leur tête
un des leurs? ou du moins ne viennent-ils pas d’acclamer,
et sans lui demander quel est son sang, un conquérant, un
homme doué du génie des fourberies politiques, un sinistre
fascinateur autour duquel se pressent des multitudes fana-
tisées? Tous ensemble ils se prennent k l’appeler le Messie-,
écoutons, écoutons! Tous ensemble ils l’appellent frénéti-
quement le sauveur, la gloire, la paix et la joie ilu monde.
Porté sur le flot roulant de cette force militante, l’étrange
triomphateur apparaît , et ces cris le précèdent ; Gloire et
bonheur a la terre délivrée! Le voilk donc enlin le vrai
Messie; celui qui maudit et chasse ignominieusement le
Christ , cet austère et sombre ennemi de l’homme ; celui qui
écrase l’infâme, celui qui en purge le monde. Il est l'apôtre
et le prince de la fraternité universelle; sa sainte mission
est d’unir les hommes, d’unifier les peuples, et de les com-
bler des biens de la terre. La jouissance de tous les biens
et de toutes les voluptés, voilk sa loi suprême, méconnue,
outragée jusqu’k ce jour par tous les fourbes et tous les
hypocondres qui , sous le signe détestable de la croix , et
sous la crosse des évêques, dociles au gouvernement de la
tiare, ont tyranisé la terre 1
Un instant étonné, le monde s’arrête, hésite; puis, de
toutes parts, les peuples en armes, et k demi brisés,
s’écrient : A nous, k nous le Messie des Juifs; qu’il vive et
qu’il règne! A nous la paix et la joie dont il comble les
hommes, et que toutes les nations de la terre ne soient
32
498
LES JUIFS.
qu’une nation sous son sceptre. 11 est le roi des rois. Heu-
reux et fiers d’êlre ses lieutenants, que nos souverains de
toutes dates s'abaissent sous la force de son bras. Qu’il
soit notre monarque, notre père; non, qu’il soit notre Dieu!
Peuples, genoux en terre, et croyons à sa parole : que
l’humanité, le seul et vrai Dieu delà terre, s'adore elle-même
dans ce représentant du plus admirable et du plus divin de
tous les hommes!
Mais ’a quoi bon ce tableau de fantaisie, dans lequel, évi-
tant toute intervention surnaturelle, et toute impossibilité politique,
on remarquera le soin que nous avons pris de réunir certains
traits que les traditions des peuples attribuent aux jours tour-
mentés de l'Antéchrist? A quoi bon ces éléments réunis, et
auxquels notre plume semble donner par anticipation la
forme définitive de I histoirc? Car s’il est indubitable pour
l’observateur qui tient k se placer en dehors de toute prophétie
que quelque chose de nouveau, d’îucroÿaé!*, d'immense, se
prépare, se brasse dans le monde, s’annonce même en faveur de
la nation juive par des indices avant-coureurs, il n’est
guère moins certain, lorsqu’il s’agit de révolutions dont la
fougue longtemps comprimée menace de bouleverser le
monde, que l'événement attendu sous un aspect , aime k sc
présenter sous un autre, et ne fait son entrée sur la scène
que par une des portes dont les battants semblaient devoir
refuser de s'ouvrir. A quoi bon cette peinture, répéterons-
nous donc, si ce n’est k constater que, dans le monde révo-
lutionnaire nouvellement éclos, les événements indiqués,
loin de revêtir le moindre caractère d’impossibilité, sont
possibles de tous points, et le sont de mille manières ' !
' Soigneux que nous fûmes de ne tenir compte, en fait d’éléments
historiques , que de réalités palpables , nous no nous sommes préoccu-
pés que des Juifs, et nous avons omis, dans la construction do notre
•ypotlièse, l'existence et l’intervention des dix tribus d’Israël. Quel-
ques hommes sérieux et savants prétendent, et nous no l’ignorons
■ullement, que le noyau de ces dix tribus, relégué dans l’une dW oasis
intérieures de l’Afrique, y forme un peuple à part, l'out prêt à venir,
un beau jour, et par une nouvelle exode, jeter un poids inaUendu
dans la tialance des événements
499
CHAPITRE DOUZIEME.
Et c’est devant les chances de cet avenir que, tout en
conservant pour les Juifs les sentiments de sincère frater-
nité que riiomme civilisé doit k tout autre homme, nous
provoquons quiconque a daigné s’initier aux choses et aux
personnes de ce monde, k se former l’idée du rôle immense
et subit que pourrait y jouer le plus tenace et le plus sagace,
le plus antichrétien et le plus cosmopolite des peuples, celui
qui, présent en tous pays, ne cesse d’y rester citoyen d’une
nation étrangère *, celui dont un signe télégraphique peut,
en un instant, agglomérer sur un môme point les (lots
pressés^ en un mot, celui qui tient entre ses mains le prix
de toute chose, et, si l’histoire moderne ne nous trompe,
celui qui tient k peu près le prix de tout homme, le signe de
toute puissance et de toute jouissance, le talisman universel,
le roi des métaux et des empires déchristianisés : l’or.
RÉSUMÉ
THKS-LACO.NIQtE ET NE CONTENANT QtE LA PENSÉE PRINCIPALE DE CHAQUE
CHAPITRE OU DR CHAQUE DIVISION DE CHAPITRE.
Quelles furent, depuis le Christ, les croyances du Juif
orthodoxe, du pur orthodoxe, qui, seul, est celui que nous
appelons le Juif; et quelle est, par cette raison, la source de
ses mœurs? — Ces croyances furent un mélange de tradi-
tions sublimes, immondes, absurdes, œuvre prodigieuse
des rabbins, et qui, formant de leur ensemble le Talmud,
dominèrent, en les écrasant de leur masse et de leur auto-
rité , les livres de Moïse. Le Juif ne peut donc, sans mentir
k l’histoire et k sa foi, nous donner pour sa loi religieuse
ces memes livres mosaïques dans lesquels il ne voit aujour-
d’hui « ni un livre de science ni un livre d* histoire! » (Ch. !•'.)
Le Juif talmudisant est le continuateur de la secte phari-
saïque; c’est pourquoi le Pharisien, ce sectaire tout pétri
d’orgueil et d’hypocrisie que flagelle si durement le Sau-
32.
500
LES JUIFS.
veur, est aujourd’hui même l’admiration et la joie duju-
daïsant orthodoxe. (Ch. II.)
« Il n’y a plus de docteur en Israël ; » tel est le langage
dogmatique d'Israël lui-méme. Et, sur ses lèvres cependant,
le titre de docteur adhère au titre de Rabbin. Israël, ajou-
terons-nous, a perdu son sacerdoce d’institution divine; le
rabbin n'a donc en lui rien du prêtre, et n’est redevable de
son pouvoir, u merveille à jamais humiliante pour Juda!
qu'aux chefs des sociétés chrétiennes. Pourquoi donc le Juif
affecte-t-il de l'appeler son pasteur et son pontife.? Pour-
quoi.? si ce n’est pour donner h son culte un simulacre de
vie, et lui assurer une place dans la considération et dans le
budget des États chrétiens?
Mieux encorel une organisation tout artificielle du ju-
daïsme, opérée aux premiers jours du dix-neuvième siècle
sous les auspices du conquérant qui faisait alors trembler la
terre, a préposé les laïques en Israël à la direction de ce sa-
cerdoce, et marqué pour régulateur de ce culte les ministres
d’un gouvernement chrétien. (Ch. III.) O prodigieux renver-
sement de toute notion religieuse I
Pourquoi donc ce phénomène inimaginable, si ce n’est
que la grande question, pour la partie progressive de Juda,
c’est de sortir et de se dégager h tout prix du Talmud , ce
code religieux qui, pendant des siècles, voua la nation juive
b la haine et au mépris des peuples? Car, expression même
de la Synagogue, et s'inspirant des sinistres mystères de la
Cabale, le Talmud étouffait chez ses fanatiques sectateurs
tout germe imaginable de civilisation. (Ch. IV.)
Nul ne saura donc déchiffrer le Juif s'il ne connaît et ne
pénètre quelques uns des maîtres-secrets du Talmud. Et,
puisqu’il nous est indispensable de nous former une idée
des principaux enseignements de ce livre tahu qu’une partie
d’Israël conspue de nos jours, tandis que l'autre met tout son
art h le glorifler, sachons, pour ne le point oublier, qu'il
donne au genre humain pour père et pour mère non point
le singe et la guenon, scandalisés de l’honneur que leur
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CHAPITRE DOUZIÈME. SOI
COnfèrenl certains coryphées de la science moderne, mais deux
monstres dont la vie débute par les turpitudes les plus hu-
miliantes pour la nature humaine. Retenons en outre la
réponse de ce code religieux lorsque le Juif l’interroge sur
ses rapports avec le reste des hommes ; Tu ne dois con-
naître en ce monde qu’un prochain, et ce prochain c’est le
Juif. Tout être b visage humain, s’il n’est de ton sang, s’il
ne partage ta foi, n’est devant toi qu’une brute impure. Il
y a de ta part mérite b le maudire, mérite b le dépouiller, b
le tuer. (Ch. V.)
Et toi, femme , issue du sang de Jacob, qu’es-tu? N’ou-
hlie jamais que, pour le pur talmudiste, lu n’es qu’une es-
clave; qu’il a le droit de te fustiger; qu’il ne te doit ni fidé-
lité conjugale ni moralité dans ses rapports; que ta personne,
en un mot , est sous sa main « une viande de boucherie que
celui qui l’achète est libre d’accommoder b sa guise. » Et
tel est ton néant , que t’enseigner la loi sainte c’est la pro-
faner et se rendre aussi coupable que de t’enseigner des
obscénités. — Qu’importe b ce maître si , malgré la riche
nature qui te distingue, ta fragilité morale se proportionne b
la valeur de ta foi! (Ch. V.)
.Mille fois supérieur b tout ce qui respire, comment l’ortho-
doxe dérogerait-il jusqu’b se rendre l’esclave d’une promesse,
d'une parole, d’un serment? Non, sa loi lui sauvera l’humi-
liation de cette servitude; et, quoi qu’il ait promis ou qu'il
ait juré, nulle avilissante obligatiou ne l’enchaîne. Au moin-
dre désir de se libérer, le Talmud veut qu’une simple for-
malité le dégage et rende b sa conscience toutes les fran-
chises de la libre pensée. (Ch. V.)
Entre les libertés les plus précieuses du Juif se distingue
l’usure, que, dans le Coran, Mahomet lui reproche b titre
de vol '; l’usure, ce moyen de domination universelle qui
venge le Juif, assujettit b sa loi les brutes humaines age-
nouillées devant son or, et lui permet de se rire de cette
parole par laquelle M. le procureur général du Régent osait
‘ Alcoran, ch. iv, Des femmes, p. 67, Irad. du Ryer; 1775.
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soi LES JUIFS.
flétrir les fils d'Israël : ce sont « les monstres de la société
civile ». (Ch. V.)
.Mais accusé de cette jouissance de tes droits talmudiques
que les gentils nomment des crimes, n’hésite pas à t’eu dé-
fendre, ô fils d'Israël! et repousse avec la plus chaleu-
reuse indignation la parole qui prétend que tu mêles à tes
aliments le sang des chrétiens tombés sous ton fer pour
obéir aux vœux de ton culte. (Ch. VI-VII.) La Bible accusa
tes pères infidèles de cette anthropophagie sacrée -, mais ne
peux-tu soutenir que les fils ne sont point les pères? De-
puis un demi-siècle, d’ailleurs, ô merveille! la foi des tiens
s’est ébranlée, s’est altérée; ils se sont mis en marche, et
se disent les hommes du progrès. Que se passe-t-il donc?
Ouvrons les yeux, écoutons! Immobile, immuable dans
sa croyance dix-huit siècles durant, tout d’un coup le bruit
d'un monde qui s’écroule a fait sortir en sursaut de sa lé-
thargie la nation juive tout entière. Les peuples courent,
sc |)récipitcnt vers de fantastiques et insaisissables horizons.
Le Juif contemple; sa foi, qui le fixe et l’isole, le désole. 11
la repousse et sc mêle h leur course-, il s’anime, et soudain
le voilà, pour prix de ses efforts, déclaré l’égal de ceux qui
le déclaraient ilote. Mais à l’instant, ce peuple resté partout
et dans tous les siècles égal à lui-même, se divise et se
scinde. Celui-ci veut encore et prétend qu’on le dise ortho-
doxe; il se forge une orthodoxie bâtarde ; cet autre porte en
cocarde le mot progrès, et les règles de sa foi ont pour
source le caprice et les variations d’un protestantisme qu’a-
vaient conspué ses pères. Progressiste au delà des limites
imaginables du progrès, ce troisième nomme et salue avec
transport la philosophie du dix-huitième siècle; et, |>ourlui,
l’homme de la libre pensée, et par conséquent de la libre
morale, est un frère que le vrai Juif doit embrasser avec
amour. (Çh. VIII.)
Il estquelqu’un, cependant, devant qui recule la tolérance
soudaine de celui que le monde avait proclamé le plus in-
tolérant de tous lés hommes; et ce quelqu’un, c’est le chré-
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ClIAPiTRE DOüZifeME. 503
lien fidèle à sa foi. Si le Juif se croil fort, malheur au chré-
tien, malheur h ses pontifes, malheur h son Église, quelque
reconnaissance que le fils de Jacoh ait jamais professé lui
devoir. Car jamais sa gratitude, il nous le déclare, ne fut
qu’un piège b l'usage de su politique, et sa haine était im-
placahlc. Elle était, elle devient, surtout dans son sein , un
sentiment moins religieux encore que national. (Ch. IX.)
Ta prudence, ô chrétien! devra donc être désormais ex-
trême, puisque, en déclarant le Juif ton égal, tu l’as déclaré
ton maître ; c’esl-a-dire, puisque lu l’as fait deux fois citoyen,
lorsque lu ne l'es qu’une seule! citoyen de la nation et ci-
toyen de la nation juive, qui, partout indivisible, montre sa
tête en chaque pays, toujours ardente, toujours audacieuse,
toujours prête b peser de tout son poids en faveur de chacun
de ses fils.
Chaque jour donc vojtuis-nous s’accroître au sein des
États chrétiens la prépondérance quelquefois écrasante du
Juif, et chaque jour s’accentuer la supériorité qu’ajoute b
ses avantages naturels les avantages dont sa tenace habileté
lui valut enfin la conquête.
Entre ceux dont il est rare que la vue frappe et captive
nos yeux , se distingue l’organisation naturelle de ces hom-
mes de la dispersion chez les peuples qui les hébergent :
organisation semblable, d’un bout b l'autre de la terre, b
celle des sociétés de l’occultisme. Chacune des sociétés se-
crètes qui se développent au milieu des Étals modernes n’est
en effet tpi’iine copie, qu’une image de la société judaïque
telle (lu'elle existe au milieu des peuples.
El le but des fils de Juda , le dernier mot de la mystérieuse
volonté qui les anime et les relient en corps de peuple, c’est
le dernier mot de la haine implacable que la civilisation chré-
tienne inspire b celui que, dix-huit siècles durant, la Cabale
reconnut pour prince.
Or ce prince, ce grand maître de la Cabale, ce fut le Juif;
c’est le Juif! Et notre stupeur est de voir que nul b peu
près ne s’étonne, au sein des nations chrétiennes, du plus
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LES J LIES.
:S04
«trangc des pliénomèncs ; que nul ne soit frappé de voir
que tonies les sociétés secrètes, dont l’âme est celle du libé-
ralisme progressif, ne pensent que ce que pense le Juif;
ne disent et ne taisent que ce que tait et dit le Juif, ne
veulent, n’exaltent et n’exècrent que ce que veut, exalte et
abhorre le Juif!
D'où ce fait de splendide évidence : que le Libéral trans-
cendant n’est autre qu’un chrétien devenu judaïsateur parce
qu’il fut judaïsé, parce que l’éducation révolutionnaire, ou
antichrctienne, infusa dans son âme le cœur et l’esprit du
Juif moderne, qui ne saurait régner si le christianisme ne
succombe. (Ch. VIII-IX, etc.)
Mais, à l’incomparable puissance des sociétés de l’occul-
tisme, dont le gouvernail éx’oiue sous la main d’Israël , vient
■se joindre la puissance irrésistible de l’or. Car l’or possède
l’homme aussitôt qu’il se déchristianise, et le Juif possède
l’or. Il le possède â ce point qu’ébranler le crédit du Juif,
ce serait ébranler le monde! Est-ce que d’ailleurs le Juif n’a
point doublé dans sa personne cette puissance de l’or de
celle de la parole publique, c’est-k-dire de la parole de la
presse et de celle des hautes chaires professorales , ou de
l’enseignement supérieur des peuples? Car le Juif se l’est
acquise; et c'est par elle qu’il attaque dans sa source la foi
chrétienne, qu’il forme, qu’il pétrit l’opinion, qu’il domine
avec un irrésistible ascendant la plus vaste étendue de
l’Europe. De là cette parole digne de toutes nos médita-
tions, et que nous avons saisie toute vibrante encore sur la
lèvre de l’ex-premier ministre de la Grande-Bretagne, issu
de sang judaïque : « Ce monde est conduit par de tout au-
tres personnages que ne se l’imaginent ceux dont l’œil ne
pénètre point dans les coulisses;... et la puissante révolu-
tion qui se prépare et se brasse en Allemagne , où elle sera
bientôt une wconrfc réforme plu* contidérable que la première, »
' Nom de rechange de la Révolution aniicbrëlienne.
* Voir, ch. X, ci-dessus, première division, première page, les paro-
les mêmes du concile œcuménique judatque de 4869.
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CHAPITRE DOUZIÈME. 505
et par conséquent pins destructive du catholicisme, « prend
son développement sous let auspices du Juif. » (Ch. X.)
De quelles armes, en vérité, si l'on n’est gouvernement,
soutenir la lutte avec une ombre de chance contre un peuple
partout présent, partout h la tête des plus irrésistibles
moyens de domination, et remarquable au milieu de tous
les peuples, dont il est souvent à la fois le propriétaire et
le locataire, par la supériorité multiple de son intelligence;
remarquable par le prod&ge encore inexpliqué de ses supériorités
corporelles.
Car la plus singulière des immunités exempte le Juif de
maladies qui sèment la mort autour de sa tête; le plus carac-
téristique des privilèges élève sa vitalité au-dessus de la
vitalité de tout autre homme; veut enfin qu'aucune terre
ne lui soit marâtre, et ne dévore ses colonies comme elle
dévore celle de toute autre race.
Ainsi se fait-il que ces hommes de ta dispersion, que ces
apôtres intéressés de l'unification des peuples, soient le seul
peuple qui puisse avec vérité se dire cosmopolite, le seul qui
doive â sa nature une aptitude invariable k meubler de sa
population, k plier k scs vœux, k régler, k dominer de sa
propre personne le globe entier! D’où ce fait étrange
qu’après avoir été, par la grâce de ce privilège, le mission-
naire par excellence des doctrines antichréliennes, ce qui
signifie pour nous les doctrines antisociales, et le généra-
lisateur du mal, le lien de toutes les sociétés occultes, c’est
k ce même privilège que le Juif devra d’être le missionnaire
par e.vcellence et le généralisateur du bien! Il lui devra la
gloire de s'emparer de l’empire, auquel il aflirme, et de
fortes raisons engagent k le croire, que l’élèveront un jour
les plus généreux services.
Que si la science moderne démontre ou avoue son impuis-
sance k nous donner la raison de cette supériorité physique,
elle échoue d’une manière tout aussi digne de remarque k
nous expliquer pourquoi, tout k coup, depuis que subitement
et après une immobilité de plusieurs siècles Israël se dé-
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506
LES JUIFS.
lalmuüisu el se met eu marche, sa fécondité redouble et
redevient ce qu’elle était devenue Jadis à la veille de sa sortie
de l’Égypte. Comme si vraiment la Providence voulait que
quelque nouveau Moïse n’eût bientôt plus que son signal à
attendre pour se mettre à la tête d’une seconde et plus gran-
diose exode. (Ch. X.)
La statistique , l’état des choses et des esprits , nous ont
dit, en effet, qu’un flot judaïque peut, dès aujourd’hui, cou-
vrir à l’improviste une plage de l’Europel Et l’on ne s’avisera
guère de nous demander : Mais où donc ces Juifs, et qui
sont-ils? Car nous venons de les voir, et nous les avons-
signalés. '
Ce sont les Juifs du moyen âge; ce sont eux-mémes, re-
trouvés pleins de vie dans le plein milieu du dix-neuvième
siècle, et tout vaillants de leur sève judaïquel Oui, ces Juifs
du moyen âge, cette réalité de toutes les époques convertie par
l’histoire moderne en un mythe absurde, ces hommes d’autre-
fois qu’elle a niés, nous les voyonsâ l’œuvre! Nous les rencon-
trons en train de dévorer un peuple', et nos yeux nous les
montrent tels que l’histoire de tous les temps et de toutes
les nations nous les avait montrés : Des corps de réserve,
des corps d’élite immenses les flanquent ou les suivent,
formés de populations issues du même sang, et qu’inspire
un même esprit national, mais OÙ d’innombrables groupes se
distinguent de leurs frères par des croyances et des mœurs
plus semblables à celle des chrétiens déchristianisés qu’k
celles du Juif judaïsant. (Hongrie, Pologne, Gallicie, Alle-
magne, etc.)
Et le but que ces masses formidables avouent, c’est de
fonder une Palestine nouvelle; en attendant l’exode qui se
prépare vers la Palestine anii<|ue; en attendant le retour
dont le vœu [)ériodique se formule avec tin enthousiasme
religieux à tous les foyers d’Israël par ces paroles nationales :
Il L’année prochaine à Jérusalem! » (Ch. XI.)
Car Israël attend son Messie , et prépare le jour de ce
' La Roumanie; voir aux pièces officieUes produites.
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CHAPITRE DOUZIÈME.
607
futur dominateur du monde. Quiconque dit autrement se
trompe; h moins que sa pensée ne »e limite k quelque frac-
tion des fils de Jacob; il se trompe ou trompe la chrétienté.
Des circonstances plus favorables et plus grandioses, des
coups de théâtre plus inattendus que ceux qui firent un
Alexandre, un Tamerlan, un Napoléon, feront-elles ce con-
quérant? élèveront-elles sur le pavois ce Messie, aidé dans sa
course ascendante par les prodigieuses ressources que les
découvertes de la science et que let secrett de la politique uni-
taire prodiguent aux aventuriers de nos jours pour capter et
s’assujettir les peuples? Ainsi l’espère, ainsi le professe,
ainsi le veut Israël, et que de pages ont démontré, dans
le rapide développement de nos chapitres, la possibiiilé de
cet incroyable prodige! (Ch. XII.)
Une croix de bois a sauvé le monde, disait k la Révolution
haletante au milieu des ruines l'un des hommes d'Ëlat et
des coryphées du libéralisme (M. de Montlosicr). Après
avoir fait toucher du doigt l'imminence et l’énormité du
danger qui menace la civilisation chrétienne (c’est-k-dire
l’ordre qui donne a la vie sociale sa plénitude), nous devons
le ré|iéter k notre tour ; un seul et unique sauveur pourrait
arrêter sur sa pente le monde aujourd’hui presque jiidaïsc :
ce monde que ravagent et poussent de conserve k sa ruine
les doctrines antiphilosophiques de la philosophie du dix-
huitième siècle, et rim|)lacable égoïsme de l’économie et
de la politique déchristianisées. Or, ce sauveur, ce serait
encore et toujours la même croix du Calvaire, horreur et
abomination du Juif.
Mais comment espérer le franc retour des gouvernements
k La Croix , k la foi de nos pères qu’ils ont repoussées ; cette
croix, cette foi, qui repoussent loin de nous les principes de
déraison et d’orgueil, de division et d’asservissement, que
l’Europe doit k la presse, k renseignement, aux infatigables
machinations du Juif son précepteur, et bientôt son maître!
(Voir les menaçants aveux de M. Disraéli, etc.)
O chance inespérée du salut! un concile œcuménique,
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508
LES JUIFS.
composé, formé du sang, de la science et de la piélé de tous
les peuples chrétiens, offre au monde éperdu la plus simple
et la plus solennelle occasion de ce retour. Déjh les peuples
seront-ils trop judaïsés pour qu’il leur reste dans l’esprit le
bon sens de la saisir, eux que nous voyons se prêter si
facilement au laitier faire en ce qui gaspille et attaque la
somme de leurs vraies richesses, de leurs libertés sérieuses
et de leur paix? Ou bien, leurs yeux tout à coup se dessille-
ront-ils ; leur sera-t-il donné de te laitter faire et de se
rendre aux conseils de cette Eglise que distingue le nom
d’cmvERSELLE, paice qu’elle fut instituée par son divin fon-
dateur pour répondre aux besoins de tout let temps, dont tout
let lieux et de tout let hommes? En un mot , sauront-ils mettre b
profit cette large voie de sagesse, de vraie science et de salut?
A peine osons-nous espérer ce bonheur; et pourtant les
nations sontnées guérissables!... Mais, quel que soitle cours
actuel des choses, le Juif, que nos feuilles ont montré rêvant
le rôle de peuple-roi; rêvant mieux encore, et dans un
certain sens rêvant plus juste, mais pour un moins prochain
avenir, c’esl-’a-dire rêvant le rôle de peuple-arbitre, de
peuple-pape, le Juif, tôt ou tard, et cela nous semble indu-
bitable , reprendra sur nous le dessus. Nous le verrons
surgir aidé des innombrables et disparates auxiliaires que
sa parole a disciplinés; ou plutôt, nous le verrons faire
pencher de sa main la balance des événements en faveur de
quelque prodigieux aventurier dont il aura suivi la fortune,
et dont la fourberie, en déjouant ses plans, dessillera ses
yeux. Ainsi nous entraîne k conclure une perspective nou-
velle dont les faibles lointains se sont offerts à notre esprit,
frappé des rapports saisissants qui se manifestent entre les
prophéties de l’Église et les révolutions radicales qui sont en
voie de s’accomplir. Mais, écrit au simple point de vue des
possibilités humaines, notre livre devait naturellement re-
pousser tout aperçu dans lequel se fussent mêlées aux faits
du jour des éléments surnaturels; et tels sont jugés d’un
commun accord, dans les deux camps hostiles, les prophéties
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CHAPITRE APPENDICE.
509
qoe ne cessent de nous tendre d’une même main et la
Synagogue et l’Église.
Nous avons donc refoulé dans notre ()ortcfeuille quelques
chapitres destinés primitivement à donner k notre ouvrage
sa quatrième partie et son complément. Il nous a semblé
plus sage, cette fois, de parler un langage purement profane,
et d’où serait banni cet avenir surnalurellcment annoncé
qu’admettent et attendent chacun sous une forme différente,
le catholique fidèle et le croyant du judaïsme. Nous le regret-
tons sincèrement pour l’honneur du Juif, ce frère ainé du
chrétien, 3l qui nos dernières pages donnaient, en le réin-
tégrant dans toute la noblesse de ses titres, le rôle de dévoue-
ment et de gloire dans lequel entrera, pour le salut et
l’étonnement du monde, le peuple à jamais élu, te plus noble
et le plut auguste des peuples, le peuple issu du sang
d’Abraham , auquel nous devons la Mère sans tache du Sau-
veur, le Fils de Dieu fait homme, le collège entier des
Apôtres , et que combleront alors les bénédictions du Ciel ,
mêlées sans fin aux cris de reconnaissance et aux bénédic-
tions des hommes.
CHAPITRE APPENDICE.
LES DEUX CABALES OU LA SCIENCE DES TRADITIONS.
PREHIÈHE DIVISION, — LA CABALE DIVINE.
' ( Voir p. 100 ci.<lrwui.)
Cabale ou traditions orales de la SjmaKogue antérieures aux livres bibliques.
— Les deux branches de celte cabale d’ordre divin. — La Cabale est
conOée à un rairps spécial de docteurs. — Corruption de la Cabale, de-
venue un réceptacle de superstitions magiques et de goétie.
Le chapitre des Cabales, dont nous formons un appendice, eût
trouvé sa place la plus naturelle après le chapitre du Talmud, car
il nous en eût expliqué la partie mystique; mais il nous a paru
sage de n’élever aucune construction entre l'esprit du lecteur.
CIO
LES JUIFS.
encore tout frappé des étrangetés de ce monstrueux recueil, et
ses conséquences immédiates qui sont les pages oii nous avons vu
se déroulcr.la morale talmudique, celle que le Juif mit en action
dans le cours des siècles.
Quelle est donc, en cet ouvrage, rim|>ortance des deux Cabales,
et surtout de la seconde? Ah! c’est que nul, s’il borne son savoir
au Talmud que domine et pénètre la Cabale de gauche, ne saura
décbilTrer d’une manière sulTisante ni le Juif ni les choses du
judaïsme. Apprenons-lc donc une bonne fois : si le Talmud est
l’àme du Juif, le Talmud lui-mème a pour âme la Cabale, dont le
code principal est le Zohar. Or les admirateurs de ce code reli-
gieux nous disent que s la doctrine cabalistique est le dogme de la
haute magie * 1 »
C'est pourquoi, bien que sous le titre de la Cabale nous ne
puissions offrir au public un chapitre d'actualité saisissante, noos
jugeons indispensable, d'aborder ce sujet dans un livre où il est à
souhaiter que le Juif, cet être mystérieux, se transforme sous nos
yeux en un être transparent que la lumière pénètre dans tous
les sens, et nous rendelenfin diaphane. Mais il existe deux Cabales,
et gardons-nous de les confondre en jetant notre premier regard
sur la plus ancienne, celle qui repousse tout mélange impur, et
que le langage vulgaire ne désigne plus aujourd’hui sous son
nom sacré.
La Cabale ancienne. La Synagogue possédait antérieurement
aux livres de Moïse une tradition orale qui servait en quelque
sorte « d’âme au corps de la lettre sinon le texte eût risqué
tantôt de rester obscur et incomplet, tantôt de se prêter aux
caprices de V interprétation individuelle; et jamais, jusqu'à nos
jours, la Synagogue n'avait toléré cet excès de démence* qui livre
sous nos yeux le protestantisme aux risées du monde. .
Or, tandis que la loi civile reposait en Israël sous la garde de
la nation tout entière, l’enseignement oral fut commis à un corps
spécial de docteurs rangés sous la suprême autorité de Moïse et
de ses successeurs. « Les scribes et les pharisiens, dit le Christ, sont
assis dans la chaire de Moïse ; en conséquence , observez et faites
tout ce qu’ils vous disent, mais ce qu’ils font ne le faites point *. »
' Eliphas Lévi, Histoire de la magie, p. ;>!; Paris, 1860.
• Drach, Hann., t. I, p. ix, etc.; Paris, 1844.
* Matth., ch. ixiii, v. 3, 3.
CHAPITRE APPENDICE.
ÜH
Et cette tradition de la Synagogue ancienne se divisait en deux
branches : l’une patente, et c'était la tradition talmudique, fut
couchée par écrit plus tard, forma le Talmud , un Talmud pur et
distinct de ceux qui furent postérieurs au Christ, et fixa le sens
de la loi écrite. Elle traitait des prescriptions mosaïques; on savait
par elle ce qui était permis, obligatoire, illicite; elle constituait
en outre le côté matériel et pratique de la tradition.
La seconde branche était sa partie mystérieuse et sublime.
Elle formait la tradition cabalistique, ou la Cabale, c’est-à-dire,
d’après le sens étymologique deee mot, l’enseignement reçu par
la parole. Cette cabale traitait de la nature de Dieu, de ses attri-
buts, des esprits et du monde invisible. Elle s’appuyait sur le
sens symbolique et mystique de l’Ancien Testament, • qui était
également traditionnel » ; c’était, en un mot, la théologie spécula-
tive de la Synagogue. Ce qu’il y a.'A' essentiel touchant les mystères
de la sainte Trinité et de ï/nearnation u’y était pas omis; et plu-
sieurs rabbins se ronrertireni à la seule lecture de la Cabale ■.
Mais cette science si vaste se hérisse de dilTicultés, grâce à
l'obscurité des livres où elle se renferme, et la plupart des rab-
bins y restent étrangers, parce que les cabalistes n’y veulent
initier qu'une élite d'adeptes, gens réfléchis, d’un âge mùr, et
qui réunissent en eux certaines conditions énumérées dans le
Talmud. Telle est, nous dit le savant Drach, la Cabale ancienne et
véritable. Nous la distinguerons avec soin de la Cabale moderne,
fausse, condamnable et condamnée par le Saint-Siège; car cette
dernière est l’œuvre des rabbins, qui ont également falsifié la tra-
dition talmudique. Les docteurs de la Synagogue font remonter la
Cabale ancienne Jusqu’à Mo'isc, en admettant toutefois que les
premiers patriarches du monde en avaient connu par la révélation
les vérités principales *.
Que si, parmi les hauts docteurs de l'Eglise, les uns témoignent
à la Cabale le plus grand respect, tandis que d’autres n’expriment
' Drarli, Harm., t. I, p. x-\i; I84i. Aujourd’hui le zèle des
rabbins « va jusqu’à dévouer à la roort ceux qui admettent la doctrine de la
sainte Trinité >. Id., deuxième lettre, p. 27; 1827.
’ Une chose, ajoute Drach, nous a toujours frappé, c’est que dans le
Zohar, ce principal code de la cabale, il se rencontre des traditions relatives
aux sciences physiques , et que ces traditions sont parfaitement d'accord
avec les découvertes des plus profonds génies des temps modernes. Les
Pères de l’Kglise, Pline l’Ancien, et de nombreux savants, attestent par leurs
écrits l’antiquité de la cabale. Ibid., vol. I", Harm., p. xv.
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60
LES JUIFS.
à son égard qu’eflroi, que réprobation et mépris, la cause de
cette singularité ne sera donc plus une énigme; et, nous le répé-
tons, c'en qu'il exùte deux cabales, la première vraie et sans mé-
lange, celle que Vaneisnne Synagogue enseignait et dont le sens
est franchement chrétien; la seconde, au contraire, fausse, pleine
de superstitions ridicules, et devenue entre les mains de la Syna-
gogue infidèle un réceptacle des damnables vanités « de la magie,
de la théurgie et de la goétie »
Les docteurs de rancienne Synagogue enseignent d'une com-
mune voix que le sens caché de l’Écriture fut révélé sur le Sinaï
à Moïse , et que ce prophète transmit par initiation cette connais-
sance à Josué et à ses autres disciples intimes. Cet enseignement
mystique descendit ensuite oralement de génération en généra-
tion sans qu’il fût permis de le mettre par écrit. Et comme la
ligne satanique ne cesse de se poser en parallèle au-dessous de la
ligne d’ordre divin, nous savons que les nations idolâtres, c’est-
à-dire celles dont le culte est démoniaque, suivirent la même voie
et ne livrèrent qu’à des hommes éprouvés les traditions dont se
formait la partie doctrinale de leurs mystères, source légitime des
orgies pour ces croyants.
Cependant la captivité de Itabylone jeta dans le sein d’Israël
une immense perturbation, et la tradition cabalistique orthodoxe
vint alors à lumlwr en oubli. Esdras, au retour des fidèles à Jéru-
salem , reçut en conséquence l’ordre de Dieu de la consigner par
écrit. Mais les soixante-dix volumes dont elle se compose ne
furent point rendus publics, et le prophète eut l’ordre de ne les
point confier à d’autres mains que celles des sages*. Plus tard,
lorsque les temps s’accomplirent, la culpabilité des docteurs de la
Synagogue consista, non point dans les indiscrètes révélations
des dépositaires, mais, loin de là, dans le soin jaloux qu’ils
prirent, et que leur reproche le Sauveur, de cacher au peuple la
clef de la science, l’exposition traditionnelle des livres saints, aux
clartés de laquelle Israël eût reconnu dans sa personne sacrée le
Messie 3.
Observons à ce propos le caractère qui distingue essentiellement
' Drach, Ilarm., vol. II, p. xviii.
’ Ibid., vol. Il, p. XXI.
' Saint Luc , c. xi, v. 61; — ibid., Dracli, vol. II, p. xxi-xxiii. La cabale
parallèle est donc la ciel de la science magique 1
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CHAPITRE APPENDICE.
513
de la loi nouvelle celle qui la précéda : c’est que cette première
avait un enseignement secret auquel le commun du peuple restait
étranger, « mais qui devait être ouvertement prêché lors de la
venue du Messie ». Les cabalistes de l’antique Synagogue, en
répétant les traditions relatives à tel et tel point du dogme chré-
tien , « l’enveloppaient par calcul dans un langage obscur, se ser-
vant de locutions inconnues au vulgaire et même au commun des
docteurs; les adeptes seuls avaient la clef de ces énigmes ». Moïse,
ce symbole vivant, voilait sa face afin de ménager la vue si faible
des Juifs, tandis qu’il plut au Christ de ne se faire voir qu’à
visage découvert. Car il est du caractère de la loi nouvelle que le
dernier des fidèles soit initié dès l’enfance aux plus sublimes
vérités de la religion; et l’enfant qui reçoit d’une bouche chré-
tienne l’enseignement de son catéchisme ne saurait envier au
plus profond philosophe la révélation du moindre mystère *.
Telle est la cabale, dont, au quinzième siècle, Pic et le savant
Juif Paul Ricci « ont les premiers révélé l’existence au monde chré^
tien. II ne faut donc pas s’étonner si l’étude de cette science a
amené un grand nombre de Juifs à embrasser le Christianisme.
En eiîet, à moins de faire violence au texte des morceaux pré-
cieux qui nous restent de la Cabale ancienne, il faut convenir
que le dogme chrétien y est aussi nettement professé que dans
les Pères de rfüglise; et les rabbins s’en sont si bien aperçus qu’ils
ont pris des mesures pour éloigner les Juifs de la lecture de la
Cabale *. »
Vers les derniers temps de Jérusalem, et lorsque la Judée subit
les alTreux ravages de l’idolâtrie, le culte fut misérablement en-
vahi par le pharisaïsrae, dont la plantureuse végétation menaçait
la Synagogue presque tout entière. L’attention des docteurs se
porta dès lors sur la théologie talmudique, qui existait à l’état d’en-
seignement oral et réglait le côté pratique et matériel des pres-
criptions religieuses, tandis que la théologie mystique et spécula-
tive tomba dans le discrédit , par la raison que sa tendance
chrétienne était d’une évidence palpable. Ce mouvement s’accen-
tua surtout lors de la crise suscitée par l’opposition des pharisiens
à la doctrine que prêchèrent le Sauveur et les apôtres. Mais
*
* Drach, Harmonie, t. II, p, xxv.
2 Ibid., t. Il, p. xxxii, etc., y lire une nomenclature de certain» savants
illustre» du judaïsme convertis au christianisme par cette étude.
33
Mi •
LES JUIFS.
déjà , tournant au changcmeut de saveur , cette tradition talmu-
dique était devenue ce que le Talinud appelle le rinaigre fiU du
vin; et, dénaturée dans ta partie essentielle, elle recevait le mé-
lange impur (les rêveries fantastiques des rabbins, de leurs vaines
subtilités, de leurs contes absurdes, grotesques, inimaginables!
l'n peu plus tard, après la dispersion des Juifs, les Rabbins re-
prirent du goût pour les spéculations de la métaphysique; et,
revenant à leur cabale mystique , ils y introduisirent un amalgame
de philosophie grecque et orientale dont les systèmes hurlaient en
se heurtant à la révélation mosaïque. Telle est la cabale moderne.
Les Rabbins y ont admis, presque sans les comprendre, des for-
mules dont l'équivoque se prête au matérialisme grec et au pan-
théisme indien', ou, disons mieux, aux sacrilèges vanités de la
magie des peuples sabéistes, livrés aux doctrines idolàtriques des
descendants de Chain. C'était d'ailleurs au milieu de ces peuples
qu’avant .\braham, et pendant la captivité de Babylone, avaient
vécu leurs pères, habitués à mêler sans cesse le culte du Dieu
saint aux cultes des dieux démons
Si donc , à ne consulter que ses docteurs, la seconde cabale est
d’origine judaïque et relativement moderne, elle remonte aux
temps les plus anciens par les traditions magiques et les supersti-
tions auxquelles clic se relie, et que les Juifs, en se les appro-
priant pour les combiner avec leurs traditions, ont marquées de
leur sceau.
' Dracii, Hnrm.,\. II, jusqu’à sxvii.
• DU gentium titrinonia. l’s. xcv, 5. — Josuê, x\iv, v. 2-1 1, etc., etc.
nECXlèviE DIVISIO.V. — I„V (..\BALE MAGIQCE OU OE G.VUQIE,
c’eST-.V-DTRE la cabale PHABlSA'ioUE.
Elle est le dogme de la magie, la clef des sociétés secrétes ou de l'occul-
tisine. — Puissance souveraine qu’ette donne aux hommes qui la po.ssè-
deiit. — Les Juifs, nos maîtres en magie, en furent les déposilaires les
plus fidèles. — Ses origines. — Elle est a enfantée |iar le besoin d'indé-
pendance », c’est-é-dire de révolte. — Elle donne la connaissance des
e.sprits de ce momie, cl gouverne tout être par la vertu des lettres, des
mots et des nombres. — Ee monde est formé sur le plan imsiique de
l'alphabet. — La caliale est la clef du monde invisible, te secret du
spiritisme antique. — Le rabaliste doit s'unir corps et âme aux anges
qui exercent leur influence sur les astres; et c’est par leur nom qu'on les
CHAPITRE APPENDICE.
515
maîtrise. — Cette magie sidérale est celle des mathématiciens de Rome,
c’est-à-dire des Chaldéens, ou astrologues, qui, après avoir été les oracles
du monde payen, furent presque à toutes les époques des oracles dans le
monde chrétien.
La cabale maudite ou pharisaïque, celle que nous conservèrent
les docteurs du Talraud, enfanta le culte des astres, ces splendides
navires que de puissants génies préposés au gouvernement des
choses de ce monde dirigent et pilotent dans les océans sans
rives de l’espace*. La cabale judaïque est donc le code ou la clef
du sabéisme, cette idolâtrie primitive qui se donnait pour dieux
les génies déchus de l’armée sidérale^.
Longtemps avant de recevoir son nom, elle fut, comme l’en-
fant dans le sein maternel , en voie de formation et douée de l’être;
puis elle eut un corps, sans être nommée, et reçut des noms qui
changèrent. C’est pourquoi, ne cherchant que le fond et l’unité
des choses, nous lui donnons souvent dans nos chapitres le nom
de cabale par anticipation, avant la date où elle le porta.
Les Juifs, doiftelle a précédé l’existence , l’accueillent dès qu’ils
se livrent à des dieux étrangers , à l’adoration des dieux astres,
c’est-à-dire fort antérieurement à l’époque où leurs princes affi-
chent en faveur des divinités de la Chaldée, de l’Égypte et des
pays voisins, le scandale d’un culte public’.
La cabale pénètre alors et infecte les traditions patriarcales,
réduites à chercher un dernier asile au pied de la chaire de
Moïse, dont la vertu repousse l’erreur. Elle s’infiltre dans leurs
livres doctrinaires; elle s’installe dans leur médecine, elle s’insinue
dans leur science sociale, mais en subissant des modifications
successives, et finit par s’enraciner dans leurs mœurs. Ainsi le
Juif, sous l’œil de qui naît le Christ, devient-il, malgré ce foyer
de lumière , et selon la remarque des pères de la magie et des
Pères*de l’Église, le prince de l’hérésie, que le spiritisme magique
imprègne de ses venins*, le missionnaire du mal, le grand maître
de l’occultisme antichrétien. Car « la cabale , nous dit l’oracle des
' Croyance des plus grands philosophes du monde idolâtre, et de la théo-
logie catholique, quant aux astres.
’ Saba, Tzaba, d’où sabéisme, signifie l’armée céleste, et c’est dans ce sens
surtout que le Seigneur est le Dieu des armées. Les dogmes cabalistiques
sont les principes de la science du mage, ou de la magie.
• IV /fois, chap. XXIII, etc.
* Epiphan., Àdv. hœres., p. 55, édit. in-foL, 1622; — id., Iræn., idy.
Valent. y p. 43, 62, 137, édit. 1560, etc.
33.
LES 4U1FS.
54 C
tociétèi secrètes, est la mère des sciences occultes ; et les Gnosticiens,
— ces hérétiques qui poussèrent jusqu’à l’abotnination les erreurs
de l'intelligence et la j>erversion des mœurs , — sont nés des
Cabalistes*. »
Si donc la première et la plus antique tradition religieuse du
monde, connue sous le nom hébraïque de cabale, est d'ordre
divin’, la seconde, celle qui doit la suivre point â point sur une
ligne parallèle, est démoniaque’. C’est, en cITet, parle titre de
dogme de la haute magie que le pseudonyme Eliphas salue, en flé-
chissant le genou devant elle, cette seconde cabale, qui, sous
l'égide des Templiers, « menaça le monde entier d’ui.e immense
révolution, » et qui, brisée devant la tiare par le sceptre qu'elle
s’apprêtait à saisir, se réfugie dans les doctrines et les rites « si
peu connus encore de la maçonnerie ancienne et moderne*. » Aussi
nous est-il dit que « la eabalc, cultivée par les Juifs avec une ar-
deur sans pareille, effaçait presque à elle seule toutes les autres
sociétés secrètes*. » l’eut-ètre eût-il été plus juste de dire qu'elle
les renfermait presque toutes dans son sein fécond.
Aujourd'hui même, malgré les principes de dUision et de raria-
tions qui caractérisent l'erreur, les doctrines secrètes et unitaires
de la magie cabalistique, qui pénètrent et dominent les hauts con-
seils des sociétés occultes, préparent une violente unification des
peuples; et cette immense révolution s’apprête à réaliser l'une des
plus célèbres prophéties des Écritures sacrées.
Quoi qu’il en soit, la cabale, fort antérieure au peuple Juif, est
l'âme et la forme judaïque de la sorte de magie que ce peuple
s’appropria : forme savante, parce que telle fut la religion des
Juifs, dont elle se lit une contrefaçon philosophique; tandis que
la magie vulgaire s’étant presque partout confondue avec le gros-
sier empirisme de la sorcellerie, on se refusait généralement,
malgré son orgueil et ses prétentions, à lui attribuer une valeur
' Ragon, l’auteur le plus accrédité ebez les francs-maçons ; Maçonnerie
occulte, p. 78; Paris, iss*.
’ n5^P répondant i inoSayn, ou à acceplio, enscigneincut reçu verba-
lenient. üracli, Harm., t. 1, p. zi; 1844.
* Uracli., ibid., t. Il, p. xviii. — Le rationaliste Hiefer, Histoire de la
chimie, t. I", p. 543; — Matter, Uist. du gnosticisme, t. 111, p. 184;
— Eliphas Lévi, Hist. de la magie, p. 23; Paris, 1840.
‘ Eliphas, Ibid., p. 23, 222, 256, 273, 399, 407.
‘ Mi!m. sur ta cabale, par de la 3iause, dans les Mim. de T.icadémie
des inscriptions.
CHAPITRE APPENDICE. 517
de bon aloi. Prêtons cependant une oreille attentive aux paroles
que dit et répète avec aplomb le mage Éliphas I.évi ;
S’il existe « une vérité incontestable » c'est qu'il est « une
haute science , une science absolue », donnant « aux hommes
qui la prennent pour règle une puissance souveraine qui les rend
maîtres de toutes les choses inférieures. » Or, « cette science
c’est la magie, dont la cabale est le dogme. » Et peu nous importe,
reprend ce cabaliste , perfide ennemi de l’Église , « si cette asser-
tion semble paradoxale h ceux qui n’ont pas encore douté de l'in-
faillibilité de Voltaire, ce merreilleux ignorant, qui croyait savoir
tant de choses parce qu’il trouvait toujours moyen de rire au
lieu d’apprendre '. »
OniniNES célestes; essence, spiritisme cvbaliste. — Le langage
que nous allons parler est digne de quelque attention, en ce sens
qu’il se trouve être à la fois l’expression de la croyance des pha-
risiens, des rabbins, des Juifs talmudiques ou orthodoxes qui
sont leurs disciples, et des magiciens transcendants qui recon-
nurent pour maîtres les Juifs des siècles antérieurs. Car, nous
dit un de leurs princes , « il est certain que les Juifs, dépositaires
les plus fidèles des secrets de la cabale, ont été presque toujours,
en magie, les grands maîtres du moyen Sge*!
Or, la cabale pharisa'ique , cette science d’une mysticité telle-
ment effrayante que l’œil des simples docteurs ne saurait la
pénétrer, est, au dire des cabalistes, une science noble, sublime,
et qui conduit les hommes à la connaissance des vérités les plus
profondes*. Elle est d'autant plus nécessaire, selon les rabbins,
que, sans elle, l’Écriture sainte ne pourrait être distinguée des
livres profanes dans lesquels se rencontrent des éléments miracu-
leux, et des préceptes d’une morale aussi pure que la loi. Elle
seule aide à pénétrer dans les vérités qui sont cachées sous
l’écorce du sens littéral. Dieu, s’il fallait les croire, fut le premier
maître de cette science dans le paradis ; car il en instruisit les
' Elipbas Lëvi, Htsl. de la magie, p. 3 et 23 ; Paris, IS60.
• Dogme et rit., idem, t. Il, p. 220, 2* édit. ; Paris, ISBI. Au moyen
âgu , l'auteur eût dO ajouter l’époque de la Renaissance, ou du protestan-
tisme, qui fut t la fois, et tout nalurelleinent, une époque de grands magi-
ciens, et de grands hérétiques, ou de grandes révoltes.
* Rouland, Hist. des Juifs, t. VI, supplément de Joséphe; Paris, 1710 ;
ouvrage Irés-savant, imprimé en Hollande, et d'oü l'on supprima certains
passages injurieux à l’Eglise. Nous l’avons déjé cité, et nous en extrayons,
sur la cabale, ce qu’il contient d'essentiel h noire sujet.
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LES JUIFS.
S)8
Anges immédiatement après la chute du premier hnmme. Et,
comme il était important de révéler i l'Iiommc tous les mystères,
Dieu donna mission à l’ange RazicI de lui enseigner les vérités
par le moyen de la cabale. Il donna des Anges pour maîtres aux
patriarches; après .\dam , SophicI fut celui de Seni; Raphaël
enseigna Isaac, Métalron Moïse, et Michaël le roi David. Ainsi,
selon ces docteurs, la cabale est aussi ancienne que le monde et
descend originairement du ciel. On eut le loisir de l’étudier dans
le désert; mais, alors, personne n’osa se permettre de l’écrire.
Siméon Jochaïdes fut le premier qui ne craignit point d’en confier
au papier quelques fragments. Ce fut lui qui composa le fameux
livre du Xohar, que grossirent depuis cette époque de nombreuses
additions, et l’on croit que ce Siméon vivait quelques années
avant la ruine de Jérusalem'.
Ue celte cabale , la première partie s'attache à la connaissance
des perfections divines et des Esprits ou inlelUgencei céUslrt; elle
s’appelle le Chariot, ou.Uercarn, parce qu'fCzéchiel , afiinne-t-on,
en expliqua les principaux mystères dans le chariot miraculeux
qui ligure en tète de ses révélations. La seconde, c’est-à-dire le
Béréschii , ou le commencement, roule sur l’étude du monde
sublunaire. Ce nom lui est donné parce qu’il est le premier mot
de la Genèse, {thid., 3lo-327.)
* Ibid,, p. 3IG-317. — Le mage ou cabaliste fonleinporain, tliplias Lévi,
— pseudonyme bien connu, — donne li peu près la rm'me autiquiie, la même
généalogie à la tradition cabalistique. « Remontons roaintenant aux source.s
de la vraie science, et revenons il la sainte kabbale, ou ti adidon des enfants
de Seth, emportée de Clmldce par Abraham, enseignée an .sacerdoce égyptien
par Joseph, recueillie et épurée par Stoisc, cachée sous des symboles dans la
Bible, révélée par saint Jean, et contenue encore tout entière, sous des Bgu-
res hiératiques analogues à celles de toute l’antiquité, dans l’Apocalypse de
cet apôtre. » Eliptias, llisl. de ta magie, p. tOj; isao. — Saint Jean est
celui des disciples du Christ que les adeptes do l’occultisme, rose-croix ,
Templiers, hauts rrancs-inafons se sont choisis pour apôtre, mais en l’inter-
prétant à leur façon I
« M. Frank... déftnit la science kablialiste « une science mystérieuse
distincte de la Mischna, du Taliniid, des Livres saints; mystique enfantée
par le besoin d’indépendance et de (dido'ophie (c’esl-k-dire science de
révolte et de progrès révolutionnaire), et qui se répandit cher, les Juifs
avant la fin du premier siècle de l’ére clirétienne. » Th. Mangey, préface des
Œuvres de Platon; Uonnetly, Annales de phitosophie, p. 39i, n° 106; 1868.
Or, elle existait, cette science, avant de se répandre; mais peu nous
importe la date de son nom de cabale. Ce qu'elle nous enseigne de la vertu
des nombres la relie par un côté à la doctrine de Pythagore, que ce philo-
sophe magicien, ou théurge, fondateur de l’école italic|ue, avait, puisée dans
l’Orient, source première des vérités religienscs et des révoltes religieuses,
ou des superstitions.
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CHAPITRE APPENDICE. SI9
Les théologiens cabalistes rencontrent et reconnaissent à chaque
pas des mystères ; on ne saurait nommer une lettre qui no renferme
le sien, chacune ayant quelque relation aux Sèphirotlis, c'est-à-dire
aux splendeurs de Dieu , aux ouvrages sortis de ses mains. La
lettre A, par exemple, représente la doctrine, et indique la lumière
inaccessible de la Divinité;... mais elle se trouve composée d'un
vau et de deux iod, ce qui nous dit qu’elle renferme en outre de
grands mystères Et combien d'autres encore reposent sur
le beth! (3). L’un aflirme que cette lettre est une femme, et
que ses deux lignes parallèles sont deux bras , entre lesquels elle
reçoit et embrasse son mari, Tliipheret. Les autres soutiennent
que celte seconde lettre signifie en outre maison , et se doit rap-
porter à la sagesse, qui estia seconde splendeur, le second Séphiroth
de Dieu, etc.
Nous observerons d’ailleurs que les dix premières lettres de
l'alphabet hébra'i'que répondent aux dix séphiroth , et que les
suivantes ont d'autres usages... C’est qu’il est juste que les
créatures aient leur lettre particulière ; autrement elles seraient
déshonorées. Ainsi le P capital est-il le symbole de l’âme intel-
lectuelle, tandis que p final indique les esprits animaux; le tzadi
représente la matière des cieux , et les quatre éléments ; le boph,
les minéraux et les mixtes, etc.; l'R, les fruits, les arbres et tout
ce qui végète; l'S est le symbole des reptiles, et de tout ce qui
vit d’une vie sensitive. Enfin le T, le symbole de l’homme, est la
dernière de l’alphabet, l’homme étant de tous les ouvrages de
Dieu le plus parfait et le plus achevé.
Ce sont les cabalistes pharisa'iqucs , les pères de nos magiciens,
qui nous tiennent ce langage. Gardons-nous bien de l’oublier, et
laissons-les mêler à l’erreur et à la magie la dose de vérité sans
laquelle le mensonge ne saurait vivre ; laissons-les user, dans le
but de masquer le cuivre et son vénéneux oxyde, de quelques-uns
des moyens dont l’antique SjTiagogue se servait pour voiler aux
yeux indignes l’or pur des vérités transcendantes et célestes...
Le monde, continuent ces docteurs, a été formé sur un plan
mystique de l'alphabet hébreu, et l’harmonie des créatures est
semblable à celle des lettres dont Dieu s’est servi pour composer
le livre de vie. C'est un certain assemblage de lettres qui fait la
beauté et l’excellence de l’univers; et, puisque le monde a été
comme façoimé d’après les dictées de l’alphabet, il existe néces-
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5S0
LES JÜIKS.
sairement certaines choses attachées à chaque lettre, et dont
chacune se trouve être le symbole et l'emblème. C'est là ce que
découvrent aisément les initiés de la cabale , mais il leur faut dis-
tinguer les lettres en simples et en doubles. Il en est sept doubles
dont nous aurons à voir la signilication. {Ibid., page 33S à 339.]
Disons-le donc , en répétant leur doctrine : Dieu se sert avanta-
geusement des lettres et des combinaisons de son nom pour agir
sur les Anges; ces Anges influent sur les douze signes du zodia-
que; ceux-ci versent leur influence sur la terre, et président aux
diverses générations qui s'y succèdent. Ainsi les lettres ont origi-
nairement un admirable pouvoir, non-seulement parce qu'elles
aident à découvrir les analogies du monde et certaines harmo-
nies de l’univers, c’est-à-dire des choses terrestres et célestes que
les ignorants ne sauraient voir, mais parce qu elles sont autant de
canaux par lesquels l'action de Dieu opère sur les intelligences*.
Que si telle est la vertu des lettres, quelle ne sera point celle
de leurs composés ? Aussi les cabalistes magiciens se font-ils fort
d'obtenir, par l’arrangement de certains mots dans un certain
ordre , des effets miraculeux ; et ces mots donnent-ils naissance
à des elTets déterminés, selon la sainteté plus ou moins grande
de l’idiome qui les produit. C'est pourquoi la langue hébraïque
l’emporte infiniment sur toute autre. Les miracles se proportion-
nent d'ailleurs à la valeur des mots qui expriment ou le nom
de Dieu ou ses perfections et scs émanations. L’usage est donc de
préférer, dans ce Lot, les Séphiroth ou les noms de Dieu. 11 y a dix
Séphiroth, qui sont: la couronne, la sagesse, l'intelligence, la force
ou la sévérité, la miséricorde ou la magnificence, la beauté, la
victoire ou l’éternité, la gloire, le fondement et le royaume. {Ib.,
p. 3Co.)
Les Séphiroth sont les noms, les attributs de Dieu, ou Dieu lui-
même dans ses attributs, et les Anges qui représentent ces attri-
buts. — Des dix Séphiroth, sept sont les sept Anges de la pré-
sence de Dieu, et trois les splendeurs des trois personnes de la
sainte Trinité. Ce sont là les Séphiroth de la cabale divine. Lors-
que les roots , et particulièrement les soixante et douze noms de
Dieu, sont rangés d'une certaine manière, ils acquièrent une
' Ibid., p. 340-41. Les lettres, en outre, servent de chiffres, et tes nom-
lires qu'elles décrivent ont une puissance extrême. Enlin , les accents ne
sont pas inutiles aux lettres, et, de même que toutes les particules de la
loi, ils sont armés d'énergie et de pouvoir. Ibid., p. Zi4-340.
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CHAPITRE APPENDICE. 6Î1
force irrésistible {Ik., p. 395.) Mais s’il se fait que les mots ne
renferment point la signification dans laquelle réside leur puis-
sance d'agir , il importe de les changer, et il existe des règles
prescrites pour arriver à ce changement. (/!>., 345.)
Ainsi parlent les cabalistes , et , pour le moment , nous nous
contentons de dire que, se prononcer sur ce que contient et ce
que ne contient point la cabale pharisaïque, ce serait une tâche
ardue, âfais ce dont il n'y a point à s'étonner, c’est que son sein
se soit ouvert à des vérités sublimes; et, puisque nous l’avons
donnée pour une contrefaçon de la vraie cabale , nous exprimons
par cela môme que, tout en la déformant, elle doit en rappeler les
traits augustes. Si par exemple la mystique divine renferme dans
certains nombres une incompréhensible vertu *, la cabale magique
accumule aussitôt d'innombrables folies sur ce dogme, sur cette
croyance adultérée dont Pylhagore s’empara dans ses pérégrina-
tions, et dont il rappelle dans ses leçons l'insondable antiquité’.
Mais cette cabale, objectera-t-on, revêt des apparences toutes
magiques! Eh bien, que nous importe? Ignorons-nous que les
plus spécieuses raisons ne sauraient manquer aux cabalistes d’éta-
blir l’innocence de la magic. Et quel scrupule doit arrêter rtiomine
devant la cabale? Elle est sacrée; les saints, nous disent-ils, en
usèrent ; elle fut leur puissance : ce fut par elle que Slo'ise, s’éle-
vant au-dessus des magiciens de l'Égypte, se rendit redoutable
par ses miracles ; ce fut par elle qu'Élie fit descendre le feu du
ciel, que Daniel ferma la gueule des lions, et par elle encore tous
' Dan.s le livre rabbiniqae, Toldns Jeschu , ou vie de JAmis, termi-
nant les Evangiles apocryphes trartiiil.s et ann >té.s par Gustave Drunet ,
Pécrivain judaïque nou.s donne des exemples de la rurec miraculeuse du
nom de Dieu, p. 385-6-S; Paris, 1863.
V Travaux de M. l’abbé Martel sur celte parole de l’ajiétre saint Jean :
Qui babet inlellectuiu coinputet numerum bestiæ. Apocal. cap. xiii,v. 18.
’ Exemple de celle vertu des nouibrc.s : l.a nianirestalion de ce mystère
nous découvre refliracc et les innueuces du nombre sept, par ta vertu du-
quel se sont faites toutes choses; car, selon ces mages de la Synagogue,
sept Sépbirotli versent leurs iniluences sur tes sept tntettigences des sept
planètes, et celles-ci ont un pouvoir immense qui consiste en sept
choses sur l'économie de la terre, et sur les événemenis, etc., etc. Il y a
sept [lortes de l'âme, â savoir : deux yeux , deux oreilles, une bouche et
deux ouvertures au nez; il y eut sept jours employés à la création de
l'univers; il y a sept sabbats depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte, et sept
fois se|it sabbats pour l’année du jubilé. Enfin, le septième millénaire sera
le grand sabbat et le temps de repos pour toutes les créatures! Il fallait
donc qu’il y eût sept lettres doubles auxquelles on pût rapporter ces sept
choses. Ibid., Uist. des Juifs, suppl., p. ââû, etc., etc.
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6M LES JUIFS.
les prophètes découvrirent les événements que recélait un loin-
tain avenir. En vérité, quoi de plus splendide?
Les talmudistes ont renouvelé cette cabale, qui déjà vers le
temps de Jésus-Christ s’était répandue dans la Judée , et dont le
mérite est d'autant plus incomparable, au sens de ses adeptes,
qu elle conduit les initiés à la perfection ; car elle élève Tâme par
degrés à la contemplation de ce qu'il y a de plus parfait dans la
nature. (P. 390 et 411.) Et, si nos yeux s'arrêtent sur ce monde
inférieur, elle nous le montre peuplé d’une multitude d’esprits
de quatre espèces différentes qui résident, o chacun selon sa na-
ture, dans les quatre éléments. Ces esprits sont des deux sexes;
ils ont été créés en qualité d'amis et de serviteurs de l’homme,
et la cabale pratique apprend les moyens de converser avec
eux*. Elle est donc la clef de nos rapports avec le monde invi-
sible. ou le secret du spiritisme antique ; et cotte science admirable
donne, parmi les cinq ordres de cabalistes, le premier rang à ceux
que l’on nomme les contemplatifs, et qui porteraient de nos jours
le nom de spirites.
Ardents à la poursuite dos vérités célestes, ces sages cnlraî-
nent dans la voie que suit leur âme les sens et le corps, délivrés
de toute attache aux objets sensibles. Élevés et mis en étroits rap-
ports avec les Anges, ces canaux spirituels par lesquels la Divinité
coule et verse en nous ses dons merveilleux, ils savent que, si
notre bouche ne s’en approche , l'eau se répand au dehors, et,
sans éteindre notre soif, se précipite et se perd dans les abîmes.
Nous devons donc, corps et time (voir note II, p. 540), nous unir
aux Anges jusque dans les profondeurs de notre être. Ainsi fera
le cabaliste transcendant, ainsi fait le philosophe de la haute
magic. Mais ne voyons là que la première des dispositions exigées
par la cabale, car nous devons y ajouter la prière, une prière
séraphique, dans les embrasements de la(|uclle, indissolublement
unis à Dieu, nous vivons sous le baiser de la Divinité*. Et que le
devoir du cabaliste soit de se tourner vers les intelligences angé-
liques, rien ne semblera plus naturel à l’adepte, puisque, déposi-
taires des dons de Dieu, ces esprits exercent d’invisibles influences
' Lire //ist. de Satan, p. 127 ; tSnl , livre savant, où mallicureusonicut
ae glis.vèrt'nl plusieurs erreurs (par .M. ralilré I.e<auu.)
* Ibid., S9I. Les philosophes d.r l’école d'Alexandrie, les tliéurgcs, sont
de cette école, etc., etc., où la dévotion égarée, où la piété tendre et bon-
dissant d'écarts en écarts, s’unit à la science et aux pratiques inrernales.
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CHAPITRE APPENDICE.
523
sur les astres: puisque, dès lors, il nous importe de les connaître
assez à fond pour changer au besoin leurs noms; car les noms sont
l’instrument de notre action sur ces recteurs de tel ou tel astre, dont
le devoir est de verser en tels lieux, en tel temps, en telle circon-
stance, les influences qu’il entre dans notre volonté de diriger.
Ainsi le contemplatif spirite tournera-t-il ses méditations pro-
fondes sur /e nombre des lettres qui composent le nom de Jéhovah,
sur leurs figures, leurs combinaisons et les noms des Anges que
leurs fonctions y attachent. Mais, humble serviteur de l’homme,
le corps doit unir son action à celle de l’âme; le cabaliste aura
donc tantôt à le tourner d’un côté, tantôt de l’autre; il devra re-
muer sa langue d'une certaine façon , et composer , combiner ses
gestes avec la prononciation de certaines lettres, de certains mots
et de certains noms, en un mot harmonier les mouvements du
corps avec ceux de l’âme * .
Loin de nourrir la crainte de se donner de vains labeurs, le ca-
baliste se sent heureux des voluptés qu’il arrache péniblement du
sein de la science, et du bonheur qui découle pour lui d’une
union tellement intime avec Dieu, qu’il lui arrive quelquefois de
se croire transformé lui-mèifte en divinité. C’est pourquoi les
docteurs qui se sont élevés jusque sur les hauteurs de la cabale
spéculative, en invoquant le nom de Dieu et les noms des Anges,
ne se font qu’un jeu du miracle; nous en prenons à témoin le
miracle du gâteau générateur de merveilles du rabbin IsmaëP....
... Et n’omettons point de mentionner un ordre de cabale
astrologique dont nous ne révélerons point ici les secrets, mais
qui nous enseigne que les cabalistes accordent de grandes in-
fluences aux astres, et particulièrement à la lune, parce qu’elle
est la grange et le réceptacle des autres planètes. Elle communique
avec elles, mais plus encore avec le soleil. Celui-ci la remplit
d’une vertu vivifiante qu’elle laisse retomber de son sein sur les
autres créatures, A elle de régler toutes les révolutions infé-
rieures, car elle est la femme unique des noms de Dieu; et cette
‘ Ibid., p. 892. Crs choses rentrent dans les signes sacramenfanx de la
magie, lorsqu’elle revêt la forme de l’astrologie judiciaire. Lire les anciens
th»hirgcs et Cornélius Agrippa, etc., etc., que nous avons si souvent cités
dans nos ouvrages sur la magie.
* Ces gAteaux magiques rappellent les fromages enchantés dont il est
question dans la Cité de Dieu de saint Augustin. Lire cap. xvin, p. 18; —
voir id., dans notre livre Des hauts phénomènes de la 7«a5rie, chap. v,
2* division, transformations, zoomorphisme, etc., etc.
LES JUIFS.
S2l
femme tient le milieu entre Dieu et la créature, entre les deux
archétypes et les anges, entre nous et le ciel des astres. Son rôle
est celui de médiatrice entre les Anges et l’homme; elle conçoit
et devient grosse en s'unissant au soleil son mari, pour commu-
niquer ensuite ce qu’elle a conçu aux hommes arrosés de la
grâce de Dieu. Elle reçoit en outre de Vénus les vertus nécessaires
à la génération, et de âlars la force et l’humeur bouillante...
Les initiés de la cabale prétendent saisir un enchaînement fatal
entre les causes secondes et les esprits ou les intelligences supé-
rieures. Chaque créature, se figurent-ils, participe aux qualités
d’un être suréminent; ils s’attachent donc à savoir de quelle pla-
nète dépend celle qu'ils ont en vue. Us cherchent ensuite par quels
canaux la planète et l’intelligence versent leurs influences dans
cet objet, et s’elTorcent de démêler les anneaux secrets de la
chaîne qui lie le ciel à la terre. Ont-ils résolu ce problème, ils se
disent maîtres de faire descendre d’en haut ces génies, soit en les
comblant d'honneurs proportionnés à leur rang, soit par l’oblation
d’herbes et d’odeurs conformes à leurs goûts'. Et vous lesenlendez
alTirmcr que cette assistance du génie communique à l’objet ter-
restre une vertu fort étrangère à sâ nature.
Une de leurs croyances est que les âmes sont préexistantes aux
corps’; que, passant par les Séphiroth , elles traversent certaines
sphères; et que du jeu de ces circonstances dépend leur .sort en
ce monde. Dieu, disent-ils, lorsque l'homme naît, lui dépêche un
gardien, un Ange qui le dirige selon les inclinations qu’il a reçues
de la planète sous laquelle il est né ; le cabaliste devra donc
s'évertuer à découvrir quel est ce génie. .Mais si l’homme se sous-
trait à la direction de cet Ange, sa chute dans le crime et dans le
malheur est inévitable. Tel fut le sort de Saül, tel de llalthazar, de
Nabuchodonosor. . . Et, dès lors, brille l’évidence de ce principe, que
pour assurer le bonheur d’un enfant il s’agit, avant tout, d’apaiser
et de flatter l’esprit de la planète sous laquelle il est né. [Ibid,
page 294-96.)
Assez nous semble dit pour faire voir que ce fut grâce à ces
' Lire saint Auioistin, relevant le pliiIosü|>lic Porphyre, Ci7é (le Dieu,
liv. X, cliap. XI. — Shakespeare s’est emparé de ces nntiuns, scène iv des Sor-
cières de iWoc6f//i: «Scale of draiion, lontli of wotf, «etc., et Viraile épuise la
description de ces objets magiques ; ■< Has’ herbas... His ego sæpc, » etc.,
Sclog. VIII.
’ Erreur d’Origène très-connue, et condamnée.
Digitized ùï Liu4>gle
CHAPITRE APPENDICE.
525
détestables et invincibles croyances, grâce à leurs innombrables
variantes, que les cabalistes judaïques, liériliers de la cabole
sidérale^ ou sahéistf, dont la date vsi à Babyhne celle desJiU de Cham*j
répandirent d’un bout à l’autre de la terre les doctrines magiques.
El c’est à l'aide de cette magie sidérale que les Chaldéens, et les
hommes de l’astrologie judiciaire leurs successeurs, s’emparèrent
de Rome payenne et de l’esprit de ses terribles empereurs, infes-*
tèrent les palais des rois, et remplirent de crimes les châteaux de
la noblesse féodale et la demeure des bourgeois opulents jusqu’à
des temps qui confinent oux nôtres. La cabale était donc, à pro-
prement parler, la principale racine de la magie, cet art dont les
maîtres s'’étaieiit déjà rendus lellemeiit experts dh U temps de
Moïse, que ce libérateur eut besoin de la puissance de Dieu pour
s’élever au-dessus de leurs enchantements*.
TBOISIÈUG DIVISION. — LA CABALE
Toiitoà \c9> religions dogmatiques , nous dit un savant cabaliste, sont issues
de la cabule. — n Toutes les aisveiations maçunmgues lui duiveul leurs
secrets et b urs sytnl/(dcs, »*— Ces trudiliuns sont jaluUMini'nt conservées
par le .‘«acerdoce, et, d’après lui, les Clavicules de Salomon sont le riliiel,
dison.s le i:ritnoire irun Pape. — Les principaux rér^eplacles de la cabale
judaïque sont le Zoiiar et le Talinud. — Llle se retrouve chez tous les
peuples, dans tout te qui est mystère, et cette ducirinc mystique descend
des Chaldt'ens issus de Cliam. — Abraham est dit magicien calialiste,
parce qu’il était Clialdéen. — Magie et guétie inséparables delà cabale. —
Les Juifs, qui sont les plus fidèles déjMisilaires des secrets de la cabale,
sont, CD magie, les grands maîtres du moyen âge. — Repré.sentrtnt l’esprit
de ténèbres, ro5 ejt pa/re diabolo, iU étaient les missionnaires et les i
grands maVres de l’occultisme. Les traditions cabalistiques glissent
leur venin dans les diverses branches des connaissances Imm unes en
raison de la part qu’y prennent les Juifs. — Exemple : la médecine exer-
cée par les Juifs; elle est entachée de magie. — Ils mêlent la médecine à
l'astrologie. — Les conciles et les Pères de l’l\gljse contre ces pratiques.
— Pour achever de pervertir la science sociale, les cabalistes, dont les
princes sont des Juifs, font pénétrer la doctrine cabalistique chez les
templiers, que les maçons se donnent pour ancêtres. — Leur but! — Révé-
lations de leurs successeurs.
« Toutes les religions vraiment dogmatiques, nous dit en
Tannée 1861 le professeur de magie Ëliphas Lévi, sont sorties
' Initié, d'après l’opinion des savants, par les entants de Caïn ; voir aux
notes.
. Ibid., p. 4T6. — Lire les papyrus égyptiens que nous avons cités dans
notre livre Dn hnuh phénomhies de ta magie, cliap. i". — I.ire Id., le
Coran, t II, p. Si, IraJ. du Ryer, 1775.
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516
LES JUIFS.
de la cabale, et y retournent. Tout ce qu'il y a de scientifique et
de grandiose dans les rêves religieux de tous les illuminés, Jacob
Bœbne, Swedenborg, Saint-Martin, est emprunté à la cabale;
toutes tes associations maçonniques lui doivent leurs secrets et leurs
symboles. La cabale consacre seule l’alliance de la raison univer-
selle et du Verbe divin, elle a les clefs du présent, du passé et
de l’avenir'. »
Germe primordial de toute magie, et par conséquent des maux
subreptices les plus alTreux que puisse semer l’esprit du mal, la
cabale de gauche, ou sinistre, est donc véritablement digne des
plus hauts hommages de ceux qui professent cette fausse et per-
fide science'. Aussi, rejetant sur ce qu'il appelle la cabale mal
entendue certaines hérésies honteuses que le monde a maudites,
Elijihas ose-t-il nous dire : « L'Ëglise, alors, dut interdire aux
fidèles l'étude si dangereuse de cette science, dont le suprême
.sacerdoce ilevait seul se réserver les clefs. La tradition cabalis-
ti(]ue parait en effet avoir été conservée par les Souverains Pon-
tifes, au moins jusqu'à Léon lit, auquel ou attribue un rituel
occulte, (|ui aurait été donné par le Pontife à l'empereur Charle-
magne, et qui reproduit tous les caractères, même les plus
secrets, des Cfaricu/es de Salomon. Ce petitjlivre, qui devait rester
caché, ayant été divulgué plus tard, dut être condamné par l’Église,
et tomba dans le domaine de la magie noire'. On le connaît
encore sous le nom A' Enehiridion [Manuel] de Léon ///. Mais la
perte des clefs cabalistiques ne pouvait entraîner celle de l’infail-
libilité de l’Église, toujours assistée de l’Esprit-Saint; elle jeta
cependant de grandes obscurités dans l’exégèse , et rendit com-
plètement inintelligibles les grandes figures de la prophétie
d’Ézéchiel et de l'Apocalypse de saint Jean*. »
' Dogme et rites de la haute magie, t. I", p. 05 ; Pari.s, isci, 2> iMit.
otirrfi^i* très-antirâtho!ii{iii). Lorsque nous parlons franc-inaçonnrric, il faut
entendre les hantes logi's, le suprême et sfcret conseil à b tête duquel la
constitulion maçonnique veut que siège toujours une majorité juive.
* Aus^i VCni!>ers Israélite lui-même est réduit à désavouer la cabale, à
nommer le cabalisme une éblouissante débauche de l’esprit. Les doctrines
cabalistiques n*en sont pas moins celles du rituel judaïque et du Talmud,
qui nous enseigne que les caractères de l’écriture, les noms des Anges, et
ceux des mois, sont chaldéens j /6id.,XXI, p. 107-8, 18GG, etc., etc.; id.,
XXII, p. 984, etc.
* Lliphas Lévi reconnaît donc que cette tradition, ou cabale judaïque, a
pour code un grimoire condamné par TEglisc , et célèbre dans le domaine
de la ina^ie noire; mais il lui plaît attribuer la rédaclion è des Papes 1
^ Liipbas Lévi, Histoire de ta magie, p. 232-255; 1860. « Puissent les
Di^...ocyjy _ Ciagi
CHAPITRE APPENDICE.
5*7
O Le souverain propriétaire de ce livre, et sachant s’en servir,
devrait être le maître du monde. » {Ibid., p. *65.) Cependant les
deux principaux réceptacles de la cabale judaïque, à laquelle la
magie prétend intéresser l'Église qu'elle poursuit de sa sourde
haine, ce sont le Zohar et le Talmud. Or, nous afiirme à propos
de ce dernier livre le professeur de magie Éliphas, il existe « une
seconde Bible inconnue, ou plutêt incomprise des chrétiens; un
recueil, disent-ils, de monstrueuses obscénités; un monument,
disons-nous, qui rassemble tout ce que le génie philosophique et
le génie religieux ont'jamais pu faire ou imaginer de plus sublime,
trésor environné d’épines, diamant caché dans une pierre brute
et obscure. Nos lecteurs auront déjà deviné que nous voulons
parler du Talmud'.
Or le Talmud, le Zohar, la tradition rabbinique, la tradition des
magiciens et des initiés de l’occultisme, ont un seul et même
inspirateur, et par là nous révèlent un seul et même esprit !
En effet, continue l’un des plus profonds ennemis de l’Église,
0 à travers le voile de toutes les allégories hiérarchiques et mys-
tiques des anciens dogmes; à travers les ténèbres et les épreuves
bizarres de toutes les initiations ; sous le sceau de toutes les
écritures sacrées, dans les ruines de Niniveet de Thèbes;... sur la
face noircie des sphinx de l’Assyrie et de l’Égypte, etc., etc. ; dans
les emblèmes étranges de nos vieux livres d’alchimie; dans les
cérémonies de réception pratiquées par toutes les sociétés mystérieuses,
on retrouve les, traces d’une doctrine partout la même, et soi-
gneusement cachée’ l a Et cette doctrine sacrée, qui se trouve
être celle de la théurgie ou des hautes initiations magiques, est
à la fois celle de la cabale que les Juifs nous enseignent, après
en avoir reçu le dépôt des Chaldéens sabéistes , issus de Cham ,
successeur» légitimés de saint Pierre, ose à'ire ce professeur de magie,
accepter l'hommage de ce livre, et bénir les travaux du plus humble de ses
enfants qui croit avoir trouvé une de.» clefs de la science, et qui v ient la
déposer au.\ pieds de celui à qui il appartient d'ouvrir et de fermer les tré-
sors de rintelligencc et de la foi. » Ibid., Hist., p. 2S2; ISUO. ,
' Ainsi parle ce cabalisic ennemi perfide de l’Eglise, ecclésiastique défro-
qué, Dogme et rituel, p. 03; ISOI. Voir 3 notre chap. Talmud, ce que le
savant Ürarh iiou.s a dit de ce trésor d'absurdités immondes , et quelquefois
de science et de notions sublimes. — Saint Jérôme, qui connaissait à fond
le Talmud et les Écritures juires, i déclare qu'il y a là tant de fables et de
saletés qu’on avait honte d’en parler. » Suprti, et lire Hist. des Juifs,
Suppl., ibid., t. VI, p. 254» — Moreri est dans toute bibliothèque; voir ce
qu’il dit du Zohar, t. VI, p. 240, reprenant après la p. 652. (1732.)
’ Ibid; Dogm., 1. 1", inlrod., p. 5; édit, de 1854.
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528
LES JUIFS.
et qui . d’après une opinion fort accréditée dans la science,
étaient les héritiers de la doctrine des fils de Caïn *. (En ce cha-
pitre, patsim.)
Il est constant pour M.Matterquc/^s Gnostiquei^ engendrés, ainsi
que nous ne tarderons guère à l'admettre, par le magicien juif
Simon’, avaient a hérité la théurgie des cabalisteset desChaldéens. *
Ainsi nommons-nous les premiers sabéisles, qui mélangeaient le
culte du serpent à celui des astres’ animés par des esprits; et ce
fut du milieu de ces peuples qu'il plut à Dieu d'appeler Abraham,
ce patriarche que les falsificateurs de l'histoire et de la religion,
d'accord avec les rabbins, considèrent comme a l'héritier du se-
cret d'IIénoch, et le |>ère de rinitialion en Israël*. »
Les rabbins nous afiirmeiit en elTet que « tous les membres du
grand Sanhédrin sont des adeptes de la magie; que le patriarche
Abraham, originaire de la ville sabéiste de Vr, fut un nécroman-
cien qui dressa dans son art les fils de ses concubines, et qu'à
l’exemple d’Abraham son père, David fut un astrologue et un
magicien*. »
‘ Les idées de cabale et de Chaldée. de science chaldéenne, d’astrologie sa-
béiste ou idolâtrique, sont tellement liées ensemble, que, dans un roman dont
les héros sont une famille juive, il est dit de l'im des pci'onnages : « Il
savait la Lochèno Koidech (c’est-à-dire le chaldf en), aussi bien qu’un bal-
keholé (ce qui .signifie un docieiir en cabale). — Le roman rellélc la croyance
vulgaire. Feuilleton du journal des Véhah; Paris, du 7 décembie ISCC,
par Erckiiiann Cbatrian, intilulé /e /?/ocu5 (de Pliaisbourg), épisode de la
guerre de 1SI4.
£n utilre, Pidée de l’astrologie judiciaire , ou de la cabale sabéiste, se lie
tellement à celles des traditions rabhiniques, que le Pi'i'eDouhour.s, dans sa
Vie de saint Ignace de Loyola, nous dit, à propos du célébré Guillaume
Poste), que le saint avait adopté (mur novice : Poste! <« s’était mis des
visions en tête, à force de lire les Kabbins et de coutcmpler les astres
Le rabbinisme et l'astrologie judiciaire lui avaient gâté l'esprit. » T. U,
I. IV, p. 6; Palis, 1875. Ignace ayant vainement essayé (>eodantdeu\ ans
« de ramener au l>on sens • ce prodigieux érudit, le renvova de son ordre.
* S. Kpiphan., Adv. /wcres.,p. 55,(.klil., in-fol. dcl622; — frf.,S.lræn.,
Adv.Vntent., etc., p. 43, 67, 137, etc., éd. in fol. de 1560.
* M Malter, dignitaire de PUniversité, Hïst, crït. du Gnosticisme, t.III,
p. 184, 2* éilit. ; Paris, 1843. — Bible, Daniel, chap. xtv, etc., etc.
* Eliphas Lévi, Jlist. de la magie, p 46; Paris, |8G0. Initiation de la
faus-îc cabale. — Hénf>ch, nous dît-il, est le même que l’Hermès Trismégistc
de.s Kg\plicns; ibid., p. 46. Ailleurs, ce Trismégistc est Chaui, ou son lils
Mesranu ..
‘ L' Eglise et la Synagogue, p. 48; 1859. — Jlist. des Juifs, ib.,\. VI,
rbap. VIII, etc. — ï.’l-'glise dit le contraire dans les prières des agonisants :
Libéra animam ejussicut Hberasti Abraham VrChaldœorum. — D’après
les cabaiistes modernes, di-^ciples des Juifs, b cabale ou la magie remonte
au delà d’Aliraham, gui l’exportait de la Chaldée, et dont « elle était la
science, »• tomme aussi la science « d’Orphée, de Confucius cldeZoroastre ! Ce
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CHAPITRE APPENDICE. 5î9
« Abraham , en sortant de la Chaldée , avait emporté les mys-
tères de la cabale », et la cabale se mêle tellement à la magie,
que, d’après << la tradition cabalistique, l’Inde fut peuplée par
les descendants de Ca'in; que plus tard les enfants d’Abraliam
et de Céthura s'y retirèrent », et que, grâce à cette population
cabaliste, a elle fut par excellence le pays de la goétic et des
prestiges*. »
La goétie, la magie, les prestiges démoniaques, les arts et les
associations ténébreuses, sont donc inséparables des dogmes et des
pratiques de la cabale. Rien ne nous semble plus universellement
établi de la bouche des grands docteurs de la science occulte , et
nous en prenons à témoin la parole même d’Ëliphas , que nous
avons entendu s'écrier : « La doctrine cabalistique, gui es/ le dogme
de ta haute magie, est contenue dans le Sepher-Jesirah , le Zohar
et le Talmu(|* » ; affirmation que le rationaliste Hœfer confirme en
ces termes, dont la limpidité ne le cède point au cristal : « Les doc-
trines mgstigues, et les pratiques magiques de V antiquité sont en partie
conservées dans la cabale », dont la date est, selon nous, celle
des premiers fidèles du catholicisme démoniaque, bien qu’il ne fût
rédigé que » vers les premiers siècles de l’ère chrétienne par le
Bahbi Akiba et son disciple Siméon Ben Jocha'i. Les alchimistes
juifs et arabes avaient néanmoins et depuis longtemps connais-
sance des livres de la cabale, qui étaient auprès des adeptes en
aussi grand honneur que les livres d’Hermès Trismégiste’, »
En un mot, et nous ne craignons point de le répéter, » il est
sont les dogmes de la magie qui furent sculptés sur des tables de pierre
par llénot'h et par Trismégiste. Moïse les épura et les revoila; c’est le
sens du mot receler. Il leur donna tin nom eau voile, lorsqu’il fit de la
salnle kabbale l’héritage exclusif du pe'uple d’Israél, et le secret inviolable
de ses prêtres. Les inysières d’Élcusis et de Thêbes en conservèrent parmi
les nations ifuelques symboles déjà altérés, et dont la clef se perdait parmi
les instruments d’une superstition toujours crois.«ante. » Enfin, « le Sau-
veur annoncé aux Anges pur l'éloile sacrée de l'initiation vint déchirer le
voile usé du vieux temple pour donner à l’Égli.se vn nouveau tissu de
légendes et de symboles qui cache toujours aux profanes et conserve aux
élus (les magiciens), toujours la même vérité. » Êllphas Lévi, /lisl. de la
magie, p. 3-4; 1860 On voit avec quelle ténacité les cabalistes couvrent la
vérité dans le manteau de leur fausse science.
' Eliphas, Ibid., HIsl., p. 46-66, 7-8 — Nombreux ouvrages attribués à
Abraham p.vr les rabbins, p. 343-348, etc., voir Gust. Brunet, Fvang.
apocryphes et annotations; Paris, 1803.
’ Ibid., Ilist., p. 58.
’ Hu-fer, llisl. de la chimie, t. I, p. 243. Les livres d’Hermès devaient
contenir une grande partie de la cabale.
34
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530
LES JUIFS.
certain que les Juifs, déposilaires let plut fidiltt det tetrtu de la
cabale, ont élé presque toujours, eu magie, let grande maitret du
moyen âge* . s Représentants sur terre de l’esprit de ténèbres ,
Votex pâtre diabolo*, ils étaient les missionnaires providentiels et
les grands inattres de l'occultisme. Toute société de mystères et
de désordre, en se donnant pour chefs des Juifs cabalistes, se
donnait let eheft et let contertaleurt hèriditairet des doctrines adap-
tées à son but occulte. Voilà ce qu'ignore la plèbe de ces associés ;
mais tout adepte savant, tout initié sérieux se disait en s’incli-
nant devant eux : • Us sont véritablement nos pères dans la
science*. »
Et cette science, dont le pseudonyme Ëliphas Lévi, revêtu iun
nom de guerre judtüfut, s’est constitué de nos jours l’impertur-
bable patron, étant celle de la magie, ne peut être, ainsi que
nous l’enseignent les Pères de l’Église et la longue expérience
des peuples, que la science même du mal* : science habile à créer
de toutes parts, contre les doctrines et la puissance de l'Église
qui la frappe de scs anathèmes, la plus savante et redoutable
agence qui puisse infester la terre.
Empressée de couvrir à nos yeux cette ignominie, et se dra-
pant du manteau de la haute sagesse, la magie cabalistique
affecte de repousser loin d’elle et avec dédain quelques-uns de
ses propres enfants, ceux qui, buvant toute honte et laissant les
terrible» conséquences de leurs principes suivre paisiblement leurs
cours, usent être en plein midi ce que les habiles ne sont que
dans les ténèbres. La magic, nous dit donc Élipbas, ce lévite ré-
volté qui, revêtant la peau de brebis, ose se donner pour un
des respectueux champions de l'Église ; « la magie a aussi ses
hérésiarques et ses sectaires , ses hommes de prestiges et ses sor-
ciers. Nous aurons à venger la légitimité de la science des usur-
pations, de l’ignorance, delà folie et de la fraude*, s
Or, parmi ceux que repousse le mage Éliphas avec un mépris
' Eliphas, Dogm. et rit., t. Il, p. 220, 2> édit.; IS6i.
’ ev. tainl Jean, ch. viii, v. 44.
* Eliphas, Hist. la magie, p. 247, ib.
' Le Coran en mille endroits, et par exemple : <• Il.s ont suivi ce que les
diahles enseignaient au règne de Salomon. Salomon pour cela n'a pas
péché, mais seulement les diables, gui enseignaient la magie au peuple. »
Chap. la Vache, t. !•', p. 392, Irad. du Ryer, 1775.
' Ibid., p. 33. Aussi le magicien Eliphas, et les hommes è prestiges du
spiritisme moderne, font-ils, quoique liés, assez mauvais ménage.
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CHAPITRE APPENDICE.
531
que sa doctrine ne saurait justifier, nous comptons d’abord,
entre les sectateurs cabalistes de la Gnose, les fils adoptifs de
Caïn , c'est-à-dire les hérétiques caïnites issus du Juif Simon le
mage'. Ces misérables se parent du nom de ce premier des ho-
micides, et donnent pour père à Caïn, à Ésaii, àCoré, aux com-
plices et aux imitateurs de leur révolte, aux gens de Soilome...,
la plus haute Vertu du ciell Ils se glorifient d’avoir de tels
hommes pour ancêtres; et leur science, qui est toute cabalistique,
est sublime, disent-ils, incomparable et parfaite. Aussi, lorsque
h grand Architecte de ce monde prétendit les exterminer, se vit-il
dans l’impossibilité de leur nuire ; car ils surent créer des ténèbres
pour se dérober à ses fureurs , et la Sagesse suprême se les assi-
mila. Judas, qu’ils se vantent d’avoir pour frère, fut un de leurs
initiés, et vous les voyez élever respectueusement au-dessus de
leur tète un évangile qui porte le nom de ce divin traître’.
Voilà donc des hérétiques de tordre epiritc qui sont un objet
de pitié pour les gens comme il faut de la magie contemporaine !
et la sentence de ces derniers, aussi brève qu’injuste, est posi-
tive : e Le gnosticisme, l’arianisme, le manichéisme étaient sor-
tis de la cabale mal entendue*, i Non; mal entendue n’est pas le
mot, le mot serait maladroitement dituiguée, et d’autres l’ont dit
en bon français.
Plus nos recherches se sont étendues, et plus il nous a été fa-
cile de voir les traditions pharisaigues de la cabale glisser leur venin
dans les diverses branches des connaissances humaines, et les
pénétrer en raison directe de la part qu’y prenaient les Juifs. Elles
infectent dès la haute antiquité les sciences religieuses, histori-
ques et morales ; elles défigurent les sciences astronomiques et
physiques; pourrions-nous donc sans mauvaise grâce, et d’accord
' D. Epiphan., Adv. hterea., p. 55, cd. 1852, in-fol ; — id., D. Iren.
Adv. Valent., etc., p. 43, 82, 137, etc., édit. 1560, in-fol.
’ Sancii Epipltanii Opéra; Adv. hceret.. t. Il, p. 278; Paris, 1622, in-fol.
Caiani , a poteotiori quadam virtute ac cii-lesli autborilate dertvaluiu esse
Caîanum pnodicant, oec non et Esau, et Core cnni suis, ilemque Sodouû-
las : Abeluiii veroab imbecilliori virtule prodiisse. Quamobreni, etc.
’ Eliphas, Hiit. de la magie, ib., 222. Le mot est clair; mais les caba-
listes gnostiques, issus du Juif niagicieo Simon, ne peuvent-ils renvoyer le
compliment à leurs frères, à ceux de nos cabalistes modernes qui , pour ne
Point blesser les délicatesses de l’époque actuelle, débarrassent è la fois de
incommode et malencontreux personnage du diable, ai souvent nommé
dans le Coran, l’Ëglise, qui s’entête è le réclamer, et la magie, dont, pour
le quart d'heure, il blesse les nerfs et offense rorgueil ! — Voir Elipbas, ib.,
Itisl. p. 14 à 28.
34.
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532
LES JUIFS.
avec les ignorants ou les maladroits amis du progrès et de l’hu-
manité, nous étonner du renom de magie qui s’attache et adhère
à la science médicale du Juif, et qui, dans les siècles d’orthodoxie
talmudique, provoque les rigueurs de l’Église contre le malade
chrétien assez lâche dans sa foi pour se livrer aux mains du mé-
decin talmudisantl
En effet, une des branches de la cabale se prêtait à l’art de
guérir. On la soupçonnait, on l’accusait d’étre greffée sur la ma-
gie, et les Juifs ne s’en détournaient qu’avec peine; souvent
même, lorsqu’ils s’étaient faits chrétiens, on les voyait persévérer
à combattre les maladies et à conjurer les maux imminents, en
attachant une vertu miraculeuse aux nombres, dont les lettres re-
présentaient les chiifres, tantôt en récitant d’étranges formules,
tantôt en se livrant à quelques pratiques bizarres * ; et , chez ce
peuple, l’art curatif semble marcher de front avec l’art de faire
parler les astres.
« Dans les anciens temps, en France, nous dit un maladroit
ami d’Israël, la plupart des médecins et des astrologues étaient
Juifs. Ces connaissances furent fort en vogue chez cette nation,
depuis la captivité de Babylone, On sait que les Juifs étaient en pos-
session de tendre des philtres aux dames romaines , et ils exercent
encore aujourd'hui la médecine dans tout l’Orient. La science de
V astrologie judiciaire dont ils s’enorgueillissaient d’une part, et
leurs richesses de l’autre, furent sans doute les causes de ces
violences épouvantables et de ces persécutions dont l'histoire a
conservé le souvenir. »
Et se retournant contre les peuples qui, fatigués d’étre les
victimes de l’usure des Juifs, devenaient de temps en temps
contre eux les exécuteurs d’une justice terrible et souvent cruelle,
le même écrivain ajoute de sa plume naïve : o Ils avaient affaire
* Hist. des Juifs, t. VI, ib„ p, .394. La cabale étant d’origine probable-
ment Cainite, mais an moins Cliamite, etc., est antérieure aux Juifs et ne
peut leur être particulière. Elle est en honneur chez les savants arabes, et
plus tard elle remplit les pages les plus curieuses de Cornélius Agrippa, de
Paracelse, disciples des théurges alexandrins et des initiés de toutes les
grandes époques de la magie. Hippocrate se moque de certains imposteurs
qui se vantaient de guérir le mal caduc par des oraisons, etc..., L. De
morbo sacro; et Galien rejette ces pratiques comme étant des prestiges
à' Égyptiens et de Chaldéens, c'est-à-dire de sabéistes on de cabalistes.
— L. De slmplici remed. potest. — Thiers, Suprrst., ch. xxxv, p. 41 G, etc.;
1679. — On voit, au contraire, se livrer à ces arts le fameux cabaliste et
hérésiarque Basilides, disciple du Juif de Giton, Simon le Mage.
CHAPITRE APPENDICE.
533
aux héritiers des Goths et des Vandales I Les peuples ignorants et
barbares les considéraient comme magiciens ; on ne faisait guère
le procès à quelque prétendu sorcier qu’il ne s’y trouvât un Juif
impliqué, elpeartout on les accusait de maléfices de toutes sortes', s
Fidèle à son invariable système de l’apologie du juda'isme aux
dépens de l’Église, et ne nous présentant la médecine juive que
par le côté séduisant des cures, M. l’avocat Bédarride, oublieux du
côté cabalistique de la science médicale des Juifs, ses compatriotes,
ne saurait tolérer ces soupçons injurieux que l’histoire de tous les
peuples a cependant traduits en certitude. Aussi ne condescend-il
à nous les expliquer que par la stupide ignorance des chrétiens :
< Les cures que les médecins juifs opérèrent, nous dit-il, et qui
avaient quelque chose de merveilleux dans un siècle d'ignorance;
la langue étrangère dans laquelle étaient renfermés les secrets de
leur art, et qui leur donnait un caractère mystérieux, et sur-
tout la qualité d’infîdèles que portaient ceux qui exerçaient la
médecine, éveillèrent la sollicitude inquiète d’un vulgaire supersti-
tieux. On n’hésita pas à ne voir que sortilège et magie dans le sa-
voir qui distinguait les médecins arabes et juifs; les conciles
excommuniaient donc les chrétiens qui s’adressaient à eux »
Et, pour un écrivain juif, cela va sans dire, les conciles, en proscri-
vant l’art de ces magiciens, ainxt que le firent à Rome les Césars,
les maîtres des peuples les plus policés du monde ancien, feraient
oeuvre de Vandales !
' Bail, Les Juifs au dix-neuvième siècle, p. 91-94, 2' édit.
Ces barbares n’élaient, en agissant de la sorte, que 1rs imitateurs des
peuples les plus policés du paganisme, de Rome payenne qui sévissait sans
cesse contre ces Juifs, ces mathématiciens magiques, ces Clialdéens! La
Chaldée. Babylone fut l’école des Juifs, et le Coran nous y montre les
mauvais anges enseignant la magie. Ibid., 1. 1", p. 392, du Ryer, 1775
• Bédarride, Les Juifs, p. 139, 2* édit. ; Paris, 1861. — M. l’abbé Cioberti,
très-mince autorité dans la question , où son libéralisme antiromain l'égare,
nous tient à peu près le même langage. Nous nous gardons de disputer aux
médecins juifs certains progrès que l’art médical put leur devoir. La chi-
mie ne dut-elle pas elle-même de grands progrès à l’alchimie?... Et de
2nel fonds d’ignorance cette témérité de faire porter sa critique sur les
écrets des évêques et des conciles qui intimaient aux chrétiens malades la
défense da recourir à la science des Juifs? L'étude démontre que l’Eglise ne
s’est en aucun temps composée d’un vulgaire ignare et superstilieux. Mais
devant la malice homicide et les crimes de magie dont l’histoire de tous les
peuples témoigne que le Juif était coutumier, l’Eglise devait trembler è la
fois pour la vie corporelle et pour la vie de l’ême de ses enfants. — Lire è
l’appui le célèbre Traité de la polUe, t. I", p. 279, etc., 4 vol. in-folio;
Paris, 1705, 1710, 1719, 1738.
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534
LES JUIFS.
Nos yeux tournés dès la haute antiquité chrétienne vers l’un
de ces hommes qui furent la gloire et la lumière de l'humanité,
surprennent en effet la médecine eabalitiique, que les Juifs ses con-
temporains avaient reçue de leurs pères , en voie de descendre de
son siècle vers le nôtre le long de la chaîne des traditions mal-
saines qu'ils tendaient à leurs Gis ; et nos oreilles la lui entendent
frapper de ses anathèmes.
< Les démons, s’écriait saint Jean Chrysostomc, ce vaillant père
de l’Église, Aaèi/car non-seulement la Synagogue, mais encore Ut
âmet des Juifs. Rechercheriez-vous la guérison de votre corps au
prix du salut de votre âme? Pourriez-vous, sans exciter l'indi-
gnation de Dieu, le créateur de votre corps, implorer de votre
ennemi votre guérison ? Et comment la science médicale ne
deviendrait- elle pas, entre les mains d’un idolâtre quelconque,
une ressource infaillible pour vous entraîner aux pieds des dieux
des gentils ‘ 7 Souvent aussi les payens ont guéri des maladies de cette
manière et ont rendu aux infirmes la santé; sera-ce une raison
de prendre part à leur impiété •? »
O Si Dieu permet aux démons, comme il le permet aux hom-
mes, d’opérer quelques guérisons, il le permet pour nous éprouver ;
et mieux nous vaut la maladie que la lâcheté de demander à des
moyens impies la délivrance de nos maux. Le démon, môme en
nous guérissant, nous ferait à coup sûr plus de mal que de bien;
car il aurait soulagé notre corps, qui n’en sera pas moins la pâ-
ture des vers, mais il aurait compromis l’éternel bonheur de
notre âme. Les recruteurs d’esclaves offrent aux enfants des
■ Saint Chrysoatoine, lorsqu’il tient ce diaooora, uit ce qu’ignorent ceux
qui s’aventurent à qualifier de fanatiques et de siiperstilieus les chrétiens
cl les eonciles. Il sait qu'une grande partie de la médecine antique, cfaei les
idolâtres, se pratiquait dans les temples, où le prêtre et le médecin se con-
fondaient l’un avec l’antre; il sait que celte médecine était en partie
magnétique, magique, démoniaque, ce que nous exposons dans notre livre
Des médiateurs et moyens de la magie. Or, la médecine cabalistique ou
talmudique du Juif, mêlée qu’elle était de magie, se coafomlail à ce point
de vue avec celle du payen, et s’inspirait des mêmes dieux. Un art
médical également spirite a repris vigueur de nos jours, et particulièrement
grâce â la résurrection du magnétisme. — Lire sur ces points le volume
Pralectiones theologicœ de I8GS, de l’illustre théologien J. Ferrone, <ln
Collège romain, qui nous fait souvent l'honneur-de nous citer.
’ P. a58-36â. Tcrtnllien disait des démons, â l'aide desquels la méde-
cine magique semble nous guérir ; Lœdunt..., remédia præcipiunt ad mira-
colnm nova, sive contraria, laedere desinunt et curasse creduntnr — Ils cau-
sent le mal... et lorsqu’ils cessent de le causer, nous crions â la guérison.
Apolog., ch. XXII.
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CHAPITRE APPENDICE.
S3S
friandises, des pâtisseries, des jeux de dés, des bagatelles,
un millier d’appâts, afin de leur ravir, en les attirant, la li-
berté et la vie. C’est ainsi que les démons nous promettent
la guérison de nos membres , afin de compromettre plus sûre-
ment le salut de notre âme. Oh I ne souffrons pas un tel abus,
mes bien aimés. Ce n’est point parce que Dieu vous abandonne,
c’est afin de faire plus vivement éclater votre vertu , qu’il laisse
quelquefois la maladie vous atteindré. Bndurez-la donc généreu-
sement; fuyez , /uyrs , ou repousiex les Jui/t ; ils ont la prllenlion
<T être les plus habiles médecins du monde , mais leur science médi-
cale n'esi qu’imposture , enchantements, amulettes, et pratiques em-
pruntées à la magie I... de même que leurs synagogues ne sont
que des lieux de débauche, où se rendent des femmes impudiques
et dissolues ' . »
Familiarisé avec les ruses et les superstitions judaïques, no
autre Père de l’Église, saint Ëpiphane, nous apprend que les Juifs
mêlent à leur science les arts démoniaques’; que souvent même
ils ne reculent point devant l’homicide, et mettent en pratique
l’article de foi cabalistique que Thomas de Catimpré rappelait
jadis en ces termes : « Un juif très-savant, converti depuis peu
de temps à la foi, m’affirmait qu’un de scs anciens coreligion-
naires, sur le point de mourir, avait fait aux Juifs cette prédic-
tion : s Vous ne pourrez guérir de la honteuse maladie qui vous
afflige que par ïusage du sang chrétien* »... Car le sang humain
est au fond de toutes les pratiques de la magie I
Il faut à la magie du sang, du sang humain. Il lui faut le sang
de l’homme et des graisses humaines pour accomplir scs rites
' Les amulettes sont une des œuvres principales de la cabale, et un des
principaux instruments de la magie. S. Jean Ciirysustome, ibid., p. :t.'i8.36],
3, 4, etc , cité déjà OEuvres complètes, vol. II, éd. 1865 — Exnnpte de
médecine cabalistique ou magique. Le médecin alchimiste Paracelse « le
plus grand des mages chrétiens, opposait à l’envoûtement les pratiques d’un
envoûtement contraire. Il compos.iit des remèdes sympathiques, et les
appliquait non aux membres sourrrauts mais à des représentations de ces
mêmes membres, formées et consacrées suivant le cérémonial magique. Les
succè.s étaient prodigieux, et jamais aucun médecin n'a approché des cures
merveilleuses de Paracelse. • Eliphas Lévi, Dogme et Rituel, vol. !•',
p. 302. Lire ailleurs ses biographies, et une multilude d’exemples de
cette médecine cabalistique. L'un des plus connus est la fameuse poudre
sympathique de lligbgy, qui guérissait à toute distance et fit merveille elle/
nos graves voisins les Anglais
> Àdoers. hœres. XXX; — l'Eglise et la Synagogue, p. 321.
’ Devita instituenda, I. XI, cap. xxix, art. 23.
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536
LES JUIFS.
et parfaire ses chrêmes sacrés, ses on^ents maléficiaires, tes
taerameniaux, pour atteindre son but sacrilège. Ici , là-bas et ail-
leurs, selon les temps, selon le génie et le degré de civilisation des
peuples, il lui faut ce sang et cette chair , breuvage et moyen de
régénération mystiques. Et, dès l’origine des temps historiques,
la Bible elle-même nous donne, sur le sol de Chanaan, le spec-
tacle de ces odieuses pratiques, de cette anthropophagie sacrée,
de ce sang et de cette chair humaine que mangeaient et que bu-
vaient les juifs avec les cabalistes de Chanaan, et dont leurs incan-
tations exigeaient l'usage*.
Procédés de cabale et de magie, c’est-à-dire moyens démo-
niaques, mais employés à titre de moyens religieux ou teienti/gues,
voilà donc deux choses qui se reproduisent sans cesse chez le
Juif dans l’exercice de l’art de guérir ou de prévenir les maux
du corps. Et, dans l’examen attentif « des meurtres d'enfants
commis parles Juifs », ce qui frappera le plus vivement un sagace
investigateur, ce n’est point toujours et seulement un farouche
sentiment de haines religieuses; non : ce ne sera que trop sou-
vent encore l’intention » de faire servir le sang humain et les
chairs déchirées à des opérations magiques » douées de la vertu
X de guérir Ips maux du corps ou de l’esprit ». Ce sera le ferme
propos X d'obtenir d’abominables effets, » persuadés que sont les
opérateurs » qu’il se trouve dans ce sang et dans ces chairs,
outre let propriétie médiealee , une vertu particulière, une force
occulte, asturant la riustite de leure dieire. »
Quelquefois, et lorsque les circonstances le permettaient, les
pratiques de la médecine cabalistique ou magique revêtaient en
plein soleil une franchise, un cynisme parfait de férocité. C'est
ainsi que nous entendons Rufin , l’illustre contemporain de saint
Jéréme, nommer des médecins juifs qu’une reine de Perse affli-
gée d’une maladie dangereuse a consultés; ces docteurs lui pres-
crivent pour traitement de couper en deux des vierges chré-
tiennes , et de passer entre les moitiés suspendues ; conseil que
la reine accueille avec une aveugle docilité’.
' Bible, Sagesse, ch xn, 4, etc. ; — id., notre livre la Magleau dix-neu-
vième siècle, dern. édit., ch. ir; — id., ci-dessua en ce présent ouvrage, le
cil. VII, H* division : Du sang... -
’ L’Eglise et la Synagogue, p. 313 3 31 S, rtc. Tliom. de Catimpré,
Devita instituenda, I. Il, cap. xxix, art. 33. — Àjjairesde Syrie, ibid.,y. II,
p. 380-84-s, et 390, etc., etc.
’ Hist. eccUs., 1- II, XXIV.
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CHAPITRE APPENDICE. 537
Mais peut-être serait-il temps pour nous d’en finir arec la
cabale, si nous ne devions laisser entrevoir avec quelle opiniâtre
habileté les Juifs ont su tourner contre les institutions chrétiennes
les traditions spirites de l’idolâtrie et de la magie qui les per-
vertirent eux-mêmes, et avec quel art infatigable ils se sont ap-
pliqués , dans le temps et dans l'espace , à mûrir et à parfaire au
milieu du monde chrétien la corruption de la science sociale. Un
seul mot , et qui doit suflire pour le moment , placera le lecteur
sur ta voie de cette vérité.
« L’idée des hiérophantes chrétieas >, c’est-à-dire, d’après le
sens qu’Eliphas attache â ce mot, l’idée des conspirateurs de la
cabale avait été de s'emparer habilement du pouvoir et de le
retenir sournoisement â leur profit. Us devaient donc « créer une
société vouée à l’abnégation par des voeux solennels , protégée par
des règlements sévères, qui se recruterait par l'initiation, et qui,
seule dépositaire des grandt tecret$ religieux et tociaux, feraitdes rois
et des pontifes, sans s'exposer aux corruptions de la puissance. »
Cette idée fut, d’après le cabaliste Ëliphas, « le rêve des sectes
dissidentes de gnostiques ou d'illuminés' qui prétendaient rat-
tacher leur foi à la tradition primitire du ehrislianitme de taint
Jean*. Elle devint enfin une menace pour l'Eglise et pour la
société, quand un ordre riche et dissolu, initié aux myttérieutet
doctrinee de la cabale, parut disposé à tourner contre l’autorité
légitime les principes coneervateurs de la hiérarchie, et menaça le
monde d’une immense révolution. » Ancêtres des sociétés sub-
séquentes de l’occultisme, < les Templiers , dont l'histoire eet si
mal connue, furent ces conspirateurs terribles^. »
Or, ces hommes de l'occultisme auxquels Ëliphas reconnaît le
mérite d’avoir possédé les mystères de la cabale, mais qui se don-
nèrent le tort impardonnable de vouloir absorber dans une aris-
tocratie exclusive la rétolution immense dont ils menaçaient le
monde, ces conspirateurs à la fois blâmés et honorés disparurent
dans une tempête. Mais l’empire des ténèbres n’a que de courts
interrègnes; et bientôt, dans l'épaisseur de l’ombre, il leur naquit
< « Les Juifs sont tous regardés comme docteurs de la loi, cliei les Illu-
minés. » Figuier, Hist. du merveilleux, vol. IV, p. 162, livre anticaUio-
lique; 1860.
* Cathoiic'isme de saint Jean, mot de passe qui désigne le catholicisme
de la révolte et de la magie.
' Ëliphas Lévi, Hist. de la magie, p. 271; Paria, i860.
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538
LES JUIFS.
des successeiirs. Ce sont leurs adeptes eux-mémes qui, de mille
côtés à la fois, aux époques éphémères de leur triomphe, jetèrent
au vent ces révélations. Celui d’entre eux que nous écoutons
de préférence, le pseudonyme Éliphas, est l’un des moins équi-
voques et des plus savants : continuons de prêter l’oreille à son
langage, et sans oublier que les artisans de tous les désordres
antichrétiens ou antisociaux qui agitent le monde, sous le couvert
des sociétés occultes, se rattachent par le lien secret et judaïque
de la cabale à l’immense et universelle association que désigne
le nom récent de franc-maçonnerie*.
« La doctrine cabalistique, nous affirree donc l’adepte Éliphas
qui la professe avec éclat, est le dogme de la haute magie, » et
la philosophie occulte de la magie, « voilée sout le nom de cabale,
est indiquée par tous les hiéroglyphes sacrés des anciens sanc-
tuaires et des rites encore si peu connus de la maçonnerie ancienne
et moderne*. » Mais vers quel but cette association, qui donne à
son visage de si philanthropiques attraits, et dont il faut chercher
le principe de vie dans les dogmes mêmes de la cabale , pousse-
t-elle le monde chrétien? Écoutons, et nous saurons nous répondre
à nous-mêmes, lorsque nous aurons entendu de sa bouche les
aveux les plus positifs :
« La grande association cabalistique connue en Europe sous le
nom de maçonnerie apparaît tout à coup dans le monde au moment
où la protestation contre l’Église^, vient de démembrer l’unité chré-
tienne. » Or, les maçons ont « les Templiers pour modèles, les
Rose-croix pour pères, et les Johannites pour ancêtres^. Leur
dogme est celui de Zoroastre® et d’Hermès, leur règle est l’initia-
tion progressive, leur principe, l'égalité, réglée par la hiérarchie
' La haute Maçonnerie! — Lire surtout ic livre savant et devenu rare du
protestant saxon Eckert, trad. Gyr. 2 vol, in-8® , Liège, 1854.
* Hist. de la magie, p. 23-24; 1860.
’ Cette protestation est le proteslantisme, qui éclate l’époque si bien
dite Renaissance, en tant que naissance nouvelle du paganisme, de sa ()hi-
loaophie, de sa littérature exclusive et de ses arts; les arts et la littérature
ayant été christianisés depuis la chute de l’idolâtrie.
* Les Johannislcs, c’est-à-dire ceux qui métamorphosent l’apôtre saint
Jean en cabaliste, clief des rose-croix, des francs-maçons, etc., et qui
nous apprennent que leur but secret est de briser la tiare, etc., etc.
‘ Ce nom qualiticatif si^mifie astre-vivant, et relierait la cabale C’aïnite de
Cham au sabéisme, ce qui doit être. — Lire, entre autres. Traité de la
police, vol. I»', p. 521, in-folio; Paris, 1705, etc., etc.
* Réserve tacite étant faite contre l'égalité en faveur des chefs de Passo-
ciation; car l’égalité est la destruction de tout ordre, même infernal; voir
CHAPITRE APPENDICE. 539
et la fraternité universelle'. Ce sont les continuateurs de l’école
d’Alexandrie , héritière de toutes les initiations antiques. Ils tolè-
rent toutes les croyances* et ne professent qu’une seule philoso-
phie. Ils n’enseignent que la réalité, et veulent amener progres-
sivement toutes les intelligences à la raison*, » c’est-à-dire au
rationaliste antisocial, à la raison maçonnique, contre laquelle
malheur à qui raisonne I Déjà plus d’une fois on l’a vu; mais mieux
encore le verra-t-on plus tard.
Donc, et d’après les importantes indiscrétions de nombreux
ennemis de l’Église, ces Juifs antiques qu’Éliphas appelle nos pères
dans la science, et que le Christ appelait les fils du démon {vos ex
pâtre diabolo) , c’est-à-dire les pères de l’église démoniaque , ont
pour fils les élus de Juda dans lesquels nous devons reconnaître
les philosophes , les hauts docteurs et les chefs mystérieux de « la
grande association cabalistique connue en Europe sous le nom
-de maçonnerie, » et dont le but est la ruine de l’Église du Christ
et de la civilisation chrétienne. Proudhon, cet ami déclaré du
prince de la cabale, osa nous le dire en termes brutaux ; d’autres
nous le répètent chaque jour en termes perfides ou adoucis.
Donc, ceux qui nout affirment que le conseil universel et suprême,
mais secret, de la maçonnerie, composé de neuf membres, doit
tenir en réserve pour les représentants de la nation juive un
minimum de cinq sièges, parce qu’ainsi le veut la constitution
maçonnique, nous affirment ce que les simples lois du bon sens
nous ont déclaré devoir êtrel Mais nous avons assez dit sur la
cabale et sur ses fruits, sur ses œuvres, ses enfantements et ses
projets d'avenir. Il nous suffit, pour le moment, d’avoir effleuré
ce sujet, auquel nous avons dû consacrer ailleurs un autre
chapitre.
la grande note sur l’égalité dans notre livre Meeun et pratiques desdéinnns-
édit, de tS65, p. 421.
' Sans rette fraternité, qui fonde les théories subversives du cosinopoli-
tisine, en détruisant le principe des patries parliculières, le triam|ilie de
l’association israélile universelle serait impossible, et le règne de l'Ante-
ehrist sur le monde, annoncé furmellement par l’tiglise, ne pourrait être
préparé. Les unités italienne, germanique, slave, eic., en un mot, les
unités partielles fondées sous le litre généralement faux et arbitraire du
principe des nationalités, préparent cMte unité générale, et par conséquent
doivent Ut ou tard fatalement s'accomplir.
> Celle du catholicisme exceptée.
* Elipbas Lévi, ibid.. Histoire de la magie, p. 399-400; 1860.
=•■ ” Sigtlizecl by Google
540
LES JUIFS.
NOTES FINALES DE LA CABALE.
NOTE I. — râYPTR : LES DEUX AMES, L'AME ASTEALB.
On sait quelle immensité de pouvoir et d’inlluencc les Égyptiens allri-
buaient h Isis et k Osiris, etc., etc., c’esLà dire au so/ei^, é In lune, aux
étoiles; si bien que, pour concilier celle doctrine avec celle du franc ar-
bitre, Us donnaient A tout homme deux ânes : Pune d’émanation divine,
et l'autre qui descendait des astres. La première jouissait d’une liberté par-
faite; mais la seconde subissait Pintluence des étoiles et des intelligences
supramondaines. Lire Jamblique, Ve mi/sL, p. 162, sect. 8. — Lire, en
outre, Cornélius Agripiu; (d., Eliphas Lévi, /tit. de la magie, sa doctrine
du fluide astral, cl voir tout ce qui concerne les diverses physionomies de
l’erreur des deux Ames, dans notre livre Médiateurs et mogms de la
magie f troisième partie, le fantôme humain et le principe vital.
Le philosophe magicien Jamblique nous assure que cette opinion régnait
encore de son temps en Égypte, et il suffit d’un coup d’œil sur les pom-
peux éloges que les cabalislcs juifs prodiguent aux astres cl à la lune pour
reconnatlrc chez eux de frappantes similitudes de croyances et de pratiques.
Nous avons largement cité ces auteurs dans notre ouvrage la Magie au
dix^neuvième siècle.
Ces mêmes théologiens de PÉgypte, loin de se borner i consulter les
dieux sur des choses de néant, les inteiTogcaienl sur les hautes questions
relatives k notre purification, à la séparation des corps et au salut de l’Ame.
Semblables d’ailleurs à nos spirites, ils se figuraient, grâce à quelques pré-
cautions niaises, ne pouvoir être entraînés dans l’erreur par les démons qui
les avaient séduits. Ils prétendaient remonter |>ar le canal des esprits jusqu’à
1a nature divine. II y avait simililiide de but , de même que similitude
d’origine, entre leur cabale et cellé que nous ont transmise les fils d’israèl
dont PÉgypte fut remplie après la mort du Christ. Aussi Panliqne renom
des cabalistes de VÊgypte. et de la Chaldée passa-t-il au peuple juif depuis
Pouverture de Père chréticune.
NOTE IL — Pourquoi le culte des arges rApruié jadis par l’cclise.
Les pages où nous nous sommes entretenus des Génies, des Intelligences
célestes, ou des Anges que l’on disait présider aux astres, et par les astres
aux choses de ce monde, nous pcnuettent de juger si ce fut sagesse à
l’Église de réprimer le culte des Anges, en attendant une époque où la cabale
sabéiste eût perdu de son empire.
La science bâtarde et perfide décorée du nom d’astrologie, où l'observa-
tion du ciel se mêle au culte des Anges, est d'une date tellement ancienne
dans le monde que l’histoire ne saurait l'atteindre. Mais nous ne pouvons
ignorer que les premiers sabéistes connus, adorateurs des flambeaux céles-
tes, admirent dès le ptincipe le fait d’une influence qu’exerçaient sur leurs
destinées les esprits recteurs des astres. Et ces esprils qui les séduisirent
CHAPITRE APPENDICE.
541
étaient, diaprés les paroles de PApdtre des Gentils, les anges de malice
princes et puissances de ce monde/ insidiateurs implacables répandus au
milieu de Pair et des corps célestes. (Saint Paul, Ephes., c. vi, v. 12.)
Naviguant avec une vélocité d'éclair dans l’immensité des espaces, les
Anges de Dieu sont les pilotes de ces puissants et lumineux navires qui
peuplent et sillonnent le firmament. Ainsi l’enseignèrent les docteurs de
l’Église, ainsi le crurent les hommes du catholicisme antérieurs à la venue
du Christ; et le Seigneur s’adressant à Job lui disait : « Où étiez-vous
lorsque les astres du matin me louaient tous ensemble, et que tous les en-
fants de Dieu étaient transportés de joie? « (xxxviii, 7.)
Les Anges, les enfants de Dieu, \oilà donc quels étaient les conducteurs
des astres; >érité tellement tournée contre le Seigneur par les Esprits pré-
cipités du haut de leurs trénes dans les régions de l’air, que tout ce qu’il y
eut de peuples idolâtres autour de la Judée se prosterna devant ces lumières
du firmament, les honora, les adora, versa le sang humain sur leurs autels;
que presque tout ce qu’il y eut d’infidèles sur la terre embrassa les super-
stitions détestables de ces Asiatiques; enfin, que la voix des hommes de
Dieu ne cessa de tonner au milieu même d’Israël contre les adorateurs des
Esprits des astres, et de briser leurs autels.
C’est ainsi que le roi Josias extermine « les augures qui avaient été éta-
blie pour les rois d’Israël, et ceux qui offraient de l’encens à Raal, au
soleil, à la lune, aux douze signes, et à toutes les étoiles du ciel. C’est ainsi
qu’il souille et profane le lieu de Tophet, à la porte de Jérusalem, afin que
nul n’y sacrifie son fils ou sa tille au soleil (à Molocli) . C’est ainsi qu’il en-
lève les chevaux donnés au soleil par les rois de Juda, chevaux qui sont à
l’entrée du temple du Seigneur; c’est ainsi qu’il brûle les chariots du soleil..*
qu’il souille et profane les hauts lieux bâtis par le roi Salomon à la déesse
des Sidoniens Astarotb et à Melchom , » c’est-à-dire au soleil et à la
lune... »
Lors donc que nous voyons le peuple élu, ses princes et ses sages en
tète, succomber Aù-mème devant les actes, devant les prodiges opérés jwr
les Esprits qui se disent les recteurs des asttes et les souverains du ciel;
lorsque nous voyons les hommes que le Seigneur lui-même avait éclairés ,
ceux qu’il avait instruits de sa bouche et quotidiennement nourris de
miracles tourner, à l’instigation de ces Esprits, leur liberté contre sa
lumière, succomber quelquefois avant la foule, et l’entraîner dans sa chute;
lorsque le prodige de la science et de la sagesse humaine, Salomon, se
laisse à la fois prendre par le cœur, violenter par les sens et aveugler par ses
passions curieuses; lorsqu’il nous donne l’exemple public de la défaillance
intellectuelle et morale la plus incomparable et la plus honteuse que l’his-
toire de l’humanité nous signale, doutons-nous que le troupeau des sim|iles
fidèles puisse être séduit? Pensons-nous que l’Église ait été sage de poser
une étroite limite au culte si consolant d’ailleurs des bons Anges, nous qui
voyons, au sein des classes éclairées de nos capitales modernes, les rava-
ges incroyables du spiritisme; nous à qui des hommes de science, séduits
• IV liais, chap. xxiii, 5,10, 11, 13, cic.; — Jérémie, vu, 3l, eic. ; xxxn, 35.
Méu)c dêfcute contre ces supcrsiiiions revêtues d’une aitire forme d.iiis les Cupilu-
laires de Charlemagne, ce que nous rappelons ailleurs.
* Lire ÏExode, et, ù ce propo.s, le bel ouvrage «le M. Tliomassy, conseiller ho-
noraire ù la Cour Impériale : Pensées sur la reliyion; 1865, Ploti. ^
Sit
LES JUIFS.
par de vains prestiges et asseï roalheuieux pour faire éeole, proposent cha-
que jooT i'tn/aillibles moyens de discerner les bons Esprits des mauvais! —
Oui, certes, si l’Eglise dans sa hante sagesse n’y eOt mis obstacle, les tra-
ditions du sabéisme ou de la cabale cJialdéenne, c’est-à-dire les traditions du
catholicisme démoniaque primordial (DU gmtium damonia, Ps. v, 95),
source de l’astrologie judiciaire et de la magie théurgique, n’eussent rendu que
trop dangereux le culte des Anges pour les premiers chrétiens. Car, partout
et sans cessa , ces chrétiens étaient exposés aux malsaines influences de la
science des Juils, dont la souterraine activité, lorsque l’idolétrie disparut,
entretint et conserva dans le monde l’empire des arts démoniaques et de la
magie.
Infectés des principes de cette fausse et orgueilleuse science, qui du sein
des mystères immondes du polythéisme primitif s’étaient inflitrés dans leurs
traditions perverties, c’est-à-dire dans leur cabale, et que le père du men-
songe, <levenu le père d’Israël {los ex paire diabolo. Suprà), faisait croître
et prospérer à l’ombre du toit judaïque et de la Synagogue, les Juifs savou-
rèrent alors un double bonheur. Ce fut de donner large carrière à leur
orgueil en répandant autour d’eux, dans tous les royaumes du monde catho-
lique, les princi|>es d’une science devant laquelle se prosternaient les grands,
et qui reconnaissait Judapotsr maître; ce fut, en même temps, de satisfaire
leur sourde et implacable haine contre le christianisme, en portant d’affreux
ravages au sein de l’Église par la diffusion de doctrines et de pratiques qui,
tout en plaçant le chrétien aux pieds du Juif son maille, mêlaient odieu-
sement, dans le cœur de celui que le baptême avait régénéré, le culte du
Christ au culte des esprits de révolte, d'homicide et d’impudicité!
Ainsi, sous le couvert d'une épaisse ignorance, et sous l’empire invétéré
des liabiludes payennes, la sorcellerie se conservait un asile dans les cam-
pagnes et dans les hameaux écartés où l’idolêlrie, trouvant sa dernière
retraite aux pieds du chêne dieu et de la pierre animée, ëp'j'vxo;, qui re-
présentait les dieuxastres lumière et nature ', se propageait à l’aide del’ini-
tiateur empirique et grossier, dont le colporteur juif retrempait sans cesse
le zèle. Partout, en un mot, le Juif jetait en se jouant, les appAts d’une
science qui, sous la perfide et chatoyante multiplicité de ses aspects, flattait
à la fois l’orgueil et la curiosité, irritait les appétits cupides et les appétits
sensnels , et tendait une irrésistible amorce aux aspirations déréglées de
l’homme d’ambition et de l’homme de science ou de plaisir.
Ce n’est donc point sans raison qu’il se répétait de toute antiquité, que,
partout où le Juif posait le pied, la magie prenait racine et sortait de terre.
L’avocat juif Bédarride reconnait lui-même ce fait historique, et l’exprime
en ces termes : • L’empereur Adrien disait qu’il n’avait pas vu en Égypte
un seul Juif qui ne fût mathématicien. > C’est de ce nom, nul écolier ne
l’ignore, que Rome impériale qualifiait les suppOts de la magie ; et l’un des
plus vastes et incandescents foyers de la cabale tliéurgii|ue et de la cor-
ruption à cette époque, l’Égypte, était une fourmilière de Juifs. M. Bédar-
ride ajoute, ce qui d’ailleurs allait sans dire, qu’ils « s’élaient perpétués
en Occident dans cette réputation ’ I •
’ Lanus-Lunn, Ditruus-Diana, elc. Lire noue livre Dieu et les dieux, Paris, 18A4
(momeatanémenl épuisé),
p. 464. — Bautagef i. IV, p. 1:212.
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CHAPITRE APPENDICE.
543
Les doctrines éparses dans la code religieux des Juifs, où foisonaent les
variantes et le* contradictions ^ nous apprennent aussi que « toutes les
étoiles et toutes les sphères célestes sont des êtres animés, qui sont doués
d'intelligence et de raiscMi. Comme elles reconnaissent celui qui est sout^
rainement béni, elles se reconnaissaient elles^psémes, et reconnaissaient
les Anges qui sont au-dessus d'elles. Leur science est inférieure à celle des
Anges, et supérieure à celle des hommes. Maïtuoniües, dans ie Jdoré
Nebuchim, démontre que les étoiles sont animées. »
D'après quelques rabbins, il y a des aug^ mortels et des anges immortels.
Lorsque ces esprits se montrent, ils ont besoin d'une forme, et, s’ils restent
trop longtemps dans cette forme, ils se matérialisent. C’est ce qui est arrÎTé
à Asai et à Azaël. Aux bons anges sont opposés les mauvais, qui sont cepen-
dant en partie les organes nécessaires de l’action divine; et la cabale
admet assez généralement que, parmi les démons, les uns sont créés de
Dieu, tandis que les autres proviennent des bons anges qui se sont propagés
entre eux, ou pollués avec le.s hommes! (Cf. Zend Àvesta.)
A titre d’exemple de la vigueur avec laquelle l’Église attaquait ces vagues
et fausses doctrines, relatives à la nature des esprits célestes et à leur
action sur les astres et sur les habitants de la terre, nous citerons quelques
paroles du concile provincial de Bordeaux en lâ83 :
n Ceux-là commettront un crime exécrable et sont excommuniés, qui,
par l’inspection des astres, à la façon des Chaldéens, et par l’usage sacri-
lège de l’astrologie judiciaire, étouffant la liberté de L’bomme et la provi-
dence de Dipu, etc., etc. » Concile, Ut. 7.
NOTIC ni. — La clff de Salomon et le ibv cabvlistiqcf nt tahot.
N’oinettons point de rappeler, à propos de la cabale, que Martin d’Arles,
dans son traité De superstitione, et Deirio, mentionnent nn livre de magie
dont les Juifs et les Arabes faisaient le plus grand usage en Lspagne
n pour commettre les plus détestables actions. « Or, ce livre qui se
formait de sept parties distinctes, passait de père en fils, et se conservait à
titre de précieux héritage. — On pense qu’il descendait en droite ligne
d’un célèbre rituel hébraique cabalistique ayant pour titre : la Clef de
Salomon, Clavicula Salomonis. Les Juifs ne craignaient point d’attribuer
au roi Salomon’ lul-mème ce livre (dont nous eûmes entre les mains
une copie). Peut-être, en nous rappelant la honteuse idolâtrie de ce sou-
verain, tombé des faites de la sagesse dans no abîme de ténèbres, ne tiou-
veronS’Uous rien d’improbable à ce qu’il ait tracé de sa main ce code impur
de ta magie. Et, que d'autres cabalistes Paient ou non remanié, toujours
est-il que s’y déroulent les moyens orculles employés alors par les Juifs
pour arriver à leurs fins suprêmes : les honneurs, les vengeances, les
richesses, une vie facile, sensuelle et voluptueuse
Que si jamais nous doutions à quel point la magie, issue de la cabale, et
dont les Juifs pharisiens et talmudistcs furent depuis le Christ les docteurs
et les grands maîtres, est une science impie, il noos suffirait, à propos du
’ Bariolocci, Bibliolheca htbra\ca, t. I, p. 703.
544
LES JUIFS.
livre qoi porte le nom de Salomon, de prêter un Instant Poreille an mage
ÉHphas pour chasser tout nuage de nos esprits, u Nous avons dit comment
le nom de Jehova (Dieu) se décompose en soixante-douze noms explicatifs
qu'on appelle- ScUemhamphoras. L'art d'employer ces soixante-douze noms ,
et d'y trouver les clefs de la science universelle , est ce que les kabballites
ont nommé les Clavicules de Salomon. En etfet, à la suite des recueils
d.*évocations et de prières qui portent ce titre, on trouve ordinairement
60ixante*douze cercles magiques formant trente-six talismans. Ces talis-
mans portent chacun soixante-douze noms , avec le signe emblématique de
leur nombre et de celle des quatre lettres du nom de Jéhova à laquelle
ils correspondent. C'est ce qui a donné lieu aux quatre décades du tarot, w
« A l'aide de ces signes, et au moyen de leurs combinaisons, inflnies
comme celles des noms et des lettres, on peut arriver à ta révélation natu-
relle et mathématique de tons les secrets de la nature, et entrer par con-
séquent en communication avec la hiérarchie entière des intelligences et
des génies. » (ÉHphas Lévi, Histoire de la magie, p. 109-110, 1860.)
Les instructioDS de ce grimoire, appelé rituel , se rattachent évidemment
aux doctrines de la secte des pharisiens, où régnait la foi cabalistique à
l'influence des astres. Aussi imposaient-ils à chacun des noms hébraïques
qui répondaient aux différents noms attribués 4 Dieu par les prophètes. Kt
que nos regards s'arrêtent sur la magie savante ou sur la magie grossière-
ment sensuelle et sahl)atique, nous en vo>ons les doctrines et les pratiques
tirer sinon leur origine, du moins « leur perlectionnement, de la Syna-
gogue. » {VÉglise et la Synagogue, p. 325.)
La cabale, cette science des sciences, cette religion des religions, ainsi que
la définit ÉHphas {Dogme et rit., p. 2^4, t. 1, 1H54.) est la science du mage ,
disons-iuême du sorcier, du diseur de bonne aventure. Et le tarot, ce jeu
de cartes oraculaires que maniaient si dextrement le.s doigt.s agiles de la
bohémienne, en contient le langage révélateur. Mais gardez-vous de rire
des merveilles que la cabale nous révèle sur ce trésor scientifique à forme
bizarre , et qui ne s'offre guère à nos yeux que sous la crasse du bohémien -,
car ce jeu de caites cabalistcs, ce livre qui lui sert À consulter le sort, ce
n’est rien moins que « le résumé monumental de toutes les révélations de
l'ancien monde, la clef des hiéroglyphes égyptiens, les clavicules de Salomon,
les écritures primitives d'Hénoch et d'Hermès. Celte clef des initiations,
( les bohémiens) la devaient sans doute à l'infidélité ou à l'imprud« nce de
quelque cabalistc juif. Les boUémiens sont originaires de l'Inde, et le tarot
est venu d’Égypte en passant par la Judée. Ses clefs se rapportent aux
lettres de l'aipliabet hébraïque, et quelques-unes de ses flgures repro-
duisent même la forme des caractères de cet alpliabet sacré. »
Mais qu'étaient donc ces bohémiens si peu connus du vulgaire.^ •< C'était
une secte de gnostiquea indiens, » c'est-à-dire de cabalistcs « que leur
communisme exilait de toute la terre* ; » car le dernier mot de la cabale
et des initiations occultes dont elle e.st i’ftme, c’est, en toutes choses, le plus
radical et le plus immonde des communismes. Le sabbat n’en a pas de
plus complet, et l'histoire nous apprend quejes grandes hérésies qui eurent
les gnostiques en tète le pratiquèrent.
* Éliphai Lévi. Nout loi laissoat la pleine reipontaliililé de tes asseriioot lorsque
nous ne les discutons point. Hiit. de la Magie, p. 322-327, 1860. — Voir ei-des-
su», Bohémiens, chap. X, divis. v.
CHAPITRE APPENDICE.
545
NOTE TRÈS-IMPORTANTE. IV. — Origine cainite of ghahite
DE LA CADALE.
L» GnAse, cette doctrine cib.'tliâUqiie de.s plus inconcevables abomi-
nations, a pour père Simon le mage', que les Samaritains appelaient du
temp.s même des apôtres « la grande vertu de Dieu ». {Actes des Apôtres
VIII, 10.) « Disciple de la cabale, Simon était héritier de la doctrine
des sabéistcs, adorateurs des esprits et des dieux astres et serpents. Les
premiers dépositaires postdiluviens de la cabale furent les fils de Cham et
l’opinion des savants est qu'ils tenaient leurs traditions cabalistiques des
descendants de Caïn. Nous avons écrit quelques pa^es sur ce sujet mais
nous nous bornerons, pour le moment, è citer un simple passage de
M. l'abbé Chesnel, après avoir rappelé ces deux faits : que, parmi les
principales sectes de gnostiques , la GiiAse compte les cainites et les ophites
c’est-à-dire les hérétiques qui tinrent à honneur de porter les noms du
serpent et de Caïn; — et que Simon le mage Jugea devoir donner « à la
giiAse un fond scientifique et philosophique’. »
La GnOse, disons-nous, ne fut que l’ono des formes mobiles du sabéi.sme
ou de l'idolàltie primitive, dont les mystères descendaient de la tradition
reçue des fils de Caïn, c’est-à-dire de la cabale caïnique, professée dans la
Chaldée, son siège primitif, oh nous en retrouvons aujourd’hui même des
traces remarquables. (Voir ci-dessous.) Cette riclie et magnifique contrée
était gouverné dans l’origine par des princes issus de Cham, et leur science
traditionnelle, c’est-à-dire cabalistique, semble avoir été celle du premier
des homicides et du premier des maudits.
Lorsque Satan séduisit les premiers liommes par celte Oalleuse promesse :
• Vous .serra des dieux, il jetait, a dit un Père de l'Église, les fondements
de l’idolàlrie. Cette leçon ne fut pas perdue ; et jamais depuis le monde
n’a cessé d’èire divisé en deux sociétés ennemies : celle dont Dieu est le
chef, et celle qui reconnaît Satan pour maître. > La première se compose
« des enfants de Caïn avant le déluge, et des Chamites depuis, » c’est-à-dire
des enfants de Cham , que de nombreux savants regardent comme les
affiliés des enfants de Caïn’. Lorsque ■ les raers se confondirent, d'autres
noms ont représenté , et d’autres peuples ont perpétué cetle tradition cou-
pable », en d’autres termes cette cabale maudite, » de sorte que le culte do
mal n’a pas cessé un instant d’avoir des » adorateurs’ > La chaîne caba-
listique, ou traditionnelle , du catholicisme démoniaque est, et devait
être en effet, de même que celle du catholicisme divin, sans solution
de continuité.
• Chez les Chamiles. on aperçoit déjà tous les traits généraux, toutes
les formes, toutes les branches de l’idolâtrie telle qu’elle se développa plus
tard dans la gentiUté. Ce sont le sabéisme, et le colle de la nature
terrestre. C’est le mal moral, divinisé par la liturgie et la mythologie; c’est
’ Saint Épiphane, Htznsis primeeps , Simon itle magus vxtitit , Gitthis oriundus.,,
jidv. hares. p. 35. édit. 162i. ia-f*. Parit.
* M. Tabbé Darras, Hitt. générale de tÉglisef t. VII, p. 50-51 , 1866. Paris.
^ Voir idrm l'ouvrage remarquable et raVa/»i(uAi// ; Traité delà police, Delà-
marre. Paris. 1703 à 1738^ 4 vol. in f*; c. 1«% p. 320, etc. Noua avons touché
cette question dans un de nos livres.
35
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546
LIiS JUIFS.
la séparation presque absolue entre ce que Ton conserTe des débris de la
loi naturelle et la religion, qui n^est qu'un système de fables et de céré>
monies; c'est la cruauté de la politique inspirée par des dogmes mobiles
dans leurs fotines, niais immuables dans leur essence. Telle est Tidolàtrie
primitive des Ciiamites », c'est-à-dire des disciples et des fils de Ciiam,
dont la docirine héréditaire, qui fut tôt ou tard appelée cabale, est celle
que les Juifs se sont partiellement appropriée sous ce nom.
« Le culte du mal comme mal, sous le symbole si fréquemment employé
du serpent », qui, dans le sabéisme, se confond avec les astres, la lune et
le soleil, et le culte de l'organe de la sainte multiplication des hommes,
devenu l'organe de la débauche , n voilà qui semble caractériser le cha-
niisme », c'est-à-dire les religions et les sociétés issues de la cabale, ou
de la tradition enseignée par les fils de CUam.
Or, devant ce fait, une observation capitale, et que j.'uiiais nous ne rencon-
trâmes ailleurs, se présente à nou»; la voici : Ces deux choses, le serpent,
cause de la malédiction des premiers hommes aprè^ la création du monde,
et l'organe qui, faisant de la personne de Noé la risée de son inuigne lils,
devint la cause de la malédiction des hommes après la rénooation du
monde par le déluge, ces deux objets de chute, disons-nous, identifiés aux
dieux sidéraux ou sabéistes, ainsi que le témoigne l'histoire des pierres
divines nommées bétyles, deviennent les deux objets principaux du culte
cabalistique ou démoniaque^ En un mot,,» dans tous les lieux, et à quelque
degré qu'on les rencontre, ils trahissent l'influe'. ce soit directe soit indirecte
de cette vieille ctrift.ta/lon satanique. » {Ibid., Ab. Cliesnel, p. U^.) Ils
sont, depuis l’origine du mal, les dieux des mystères et des sabbats ; ils
sont lej Signes sacrés de toutes les associations religieuses et politiques
de roccuUisme; ils sont l'alpha et Voméya, le premier et le dernier mot de
la cabale; ils sont et seront le dieu, le Idason, le signe de ralliement de tous
les initiés jM7)ër(enrs du Temple, de la Kosc-croix, de U haute maçonnerie^.
Tout naturellement donc les Juifs, grands m.tllres de c«lte cabale, sont
devenus les grands maîtres, les princes secrets » de toutes les associations
maçonniques, qui, nous dit l’adepte Kiiplias Lévi, lui doivent leurs secreU
et leurs symboles. » {Dogmes et rites, 7.* édition, 18C1, vol. I, p. 9:i.)
Que si la cabale eut son siège primitif en Chaldée; que si, dans Babylooe
sa capitale, la tour de Babel consacrée à scs dieux le serpent et le soleil,
se dressa sur le lieu élevé. ()ui portait le nom de demeure des démons^
ces faits qui nous 'rappellent les origines de la cabale prêteront quelque
intérêt aux associations primordiales et cabalistiques dont la Clialdée fut
le berceau, et dont nous allons voir qu'elle est restée l'un des centres!
* Voir aux chap. Serpent, Drarontia, Phallus, Üéiylcs, Beih-el, etc., noue livre
Dieu et les dieux, 1853-4, paraissant en même temps, ainsi que le moiiirmi les
comptes rendus de réi>o(]ue, que le livre très-remarquable de M. l'abbc (ihcsnel,
dont nous produisons les passages qui conlirmeni notre opinion : Du /Hi^nnùme,
in-l'i, p. li'id 145, 123, etc., etc. Douuiol.— /d. le dociciir Boudin, Culte du ser-
pent et du phat., 1864, brochure de 88 pages; et autres déjà citées.
* Decouverte que nous croyons avoir faite et prouvée ailleurs.
_^gltû?ed bÿ GTüjglc
CHAPITRE APPENDICE.
517
* NOTE V.
ClIALDCC.tS, ASTROLOCOE8 CABALISTKS OU SABÉI3TR8 ANCIEB8 ET BODEIIXES :
ÉCOLES PUBLIQUES D'ASTROLOCIE , NOSTUADAMDS, PARACEJ.SE, ETC.
Nous lisons dans Dollinger : « L’aslirjlogie, la plus tenace des inlirmitds
de l’esprit humaio, arait acquis une grande vogue par suite du cunlact où
la conquête d’Alexandre mit les Clialdéeiis avec les provinces de l’Occident.
Ces lioiniues trouvèrent un appui dans la pliilosophie stoïcienne, qui en
partant du principe dé l’identité suhstantielle de Dieu et de la nature, en était
venue à regarder les astres cuinine éminemment divins, et plaçait le
gouvernement divin du monde dans le cours immuable des globes célestes.
Le ciel avec ses étoiles, et surtout .ses planètes, était un livre où les iiiilié.- pou-
vaient lire avec fidélité les destinées desborames, La science des Clialdéens qui
déebilfraient ces caractères divins était d’autant moins mise en doute qu’ils
assuraient les avoir étudiés depuis quatre cent soixante-treize mille ans. Du
lemjis d’Alexandre, les mathématiciens, les génétbliaques, les astrologues
des écoles cbaldéenne et alexandro- égyptienne étaient répandus en Asie,
en Grèce et en Italie, lls'cnseignaieot, de concert, qu’une vertu secrète des-
cend sans interruption sur la terre; qu’une sympathie intime existe entre les
planètes, les corps célestes et la terre; avec les êtres qui y vivent, f.es
choses humaines dépendent ubsotament des astres. Les planètes, surtout
président aux destinées de l’homme et evcrccut sur sa nai.ssance, sa vie et
sa mort, une action décisive. Les unes, Jupiter et Vénus, sont bien-
faisantes, etc. Leurs propriétés se lein|(èrent, se modifient par suite de
leurs positions et de leurs aspects divers. De là ce mélange de bien et de
mal qu’ils répandent sur la terre, cl la faculté qu’a riiomme d'augmenter
le bien et de détourner le mal par la prière et les cérémonies religieuses
(disons magiques.) »
A Les planètes ayant dans leurs demeures respectives un pouvoir qu'elles
n’ont pas ailleurs, on peut agir sur elles par la prière, les vœux, le culte
religieux (ou plutét magique). De là les prières astrologiques composées et
usitées en faveur de certains empereurs, d’Antonin par exemple. •>
Auguste, qui défendit aux mathématiciens, c’est-à-dire aux Clialdéens
de parler de vie et de luml, les consultait... Tibère et Othon avaient leurs
astrologues particuliers. Ces devins cabalistes pullulaient dans la capitale
de l’empire « en dépit des bannissements. C’est surtout sous Domitien
que leur inllnence devint désastreuse. Leurs artifices stimulèrent la cruauté
du tyran , et lui indiquèrent les victimes et les moyens de les frapper
Il fit tirer l’horoscope d’un grand nombre d’hommes distingués, et les livrait
au supplice quand l’astrologue prétendait qu’ils étaient destinés à de
grandes choses. Enfin Alexandre Sévère rapporta les décrets des âges passés
et leur permit d’ouurtr des écoles à Rome même. » (Dolliogcr, Paganisme
et Judaïsme, p. à 289; 3 vol. in-s, Paris, 1858, trad. S. de P.)
Et ces écoles cabalistiques se perpétuèrent au sein des sociétés chré-
tiennes, où A la cabale, mère des sciences occultes », ainsi que nous le dit
l’adepte Ragon {tuprà), était a cultivée par les Juifs avec une ardeur sans
pareille, et effaçait presque à elle seule toutes les autres sociétés secrètes •
(Lecanu, suprà), ayant pour a dépositaires les plus Jidèles les Juifs, qui
ont été presque toujours en magie les grands maîtres du moyen âge ! a
(Éliplias Lévy,'suprà, ibid.)
36.
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LES JUIFS.
üi8
H Gaerres rcligtens^s , giiern-s civiles, unilé catholique Tiolcroment
brisée, famine, peste, et, au milieu de la misère et de ^anarchie de presque
tous les États européens, une tendance générale des esprits vers Tétude de
l’astrologie : voilà une des faces du seizième siècle! Je dis « étude de Pastro*
logie », car on regardait en effet cet art cabalistique « comme une science,
et on renseignait publiquement avec le concours de raw^orifr* civile.
Ainsi Cracovie, ancienne capitale de la Pologne, possédait écoles de
ntagie renommées dans toute PAlIemagne. Les étudiants y affluaient de
toutes parts pour assister aux leçons des professeurs, qui leur expliquaient
les figures et les caractères astronomiques des Arabes, des Grecs, des
Perses et des Chaldéens^. »
Peu de Cours, à cette époque de recrudescence cabalistique, et, par
conséquent, de révolutions religieuses et sociales, et peu de personnages
se passaient de leur astrologue. Ces charlatans, ou, {>our nous exprimer
avec plus de justesse, ces sectaires, foisonnaient en France à l’époque de la
Renaissance; et, lorsque nous visitâmes le château si piltoret^quc de Che-
nonceaux, on nous fit observer une chambre qui lie le suiivcuir de Cathe-
rine de Médicis à ces sacrilèges pratiques Les dames <le sa cour appelaient
ces cahalistes, c’est-à-dire ces Juifs ou ces élèves des Juifs, leurs Barons,
dénomination remarquable! car ce mot, qui n’était point alors devenu
comme depuis un vain litre, ne désignait guère encore que l’antique et
haute noblefse, la noblesse de race et primordiale du ro>aume, ainsi que
nous le lisons dans du Gange. (Article Barones.)
Transcrivons à ce propos un passage de Delrio, trop intéressant pour
l’omettre : llactenus patres, quorum aderipsi verba, quoniam, lict't primo
loco, (t juxta contextiis seriem, Aposloliis loqueretur de superstitioso
dienim, mensium et annorum cuitu Judeorum, quos Gaiafæ Jiidaizantes
haud dnbiè imitabanlur, iitpotè cum Græcis Divus Hieionymus et Pri-
masius arbitrati, fleri tamen potest, ut aliquid etiam paganismi simul
irrepserit, ut vidi in Francia, ternpore Catharinæ Mcdiceæ, qiiaodo inter
aulicas matrones adeo liæc vigebant , uinihil inconsuttis astrologis, quos
Barones .vuos nuncupabant, conari aiiderint, etc. Disquis. mag. (L. III,
p. 2, sect. VI.)
Il importe de signaler le célèbre Nostradamus entre ces astrologues, ou,
si nous parlons le langage de Rome du temps des empereurs, entre ces
Chaldèens ou cesmathémaliciens. On leur donnait ce dernier nom à cause
de l’usage cabalistique des nombres, et de l’observation divinatoire des
astres, auxquels ces divinateurs se livraient.
Ce cahaliste insigne, recherché des rois, protégé par Catherine de Médi-
cis, né en 1503, mort en 1566, d'origine judaïque, et dont les ancêtres
étaient mathématiciens et médecins, ainsi qu’un nombre considérable de
Juifs savants, a écrit, sous le titre de Cenfurtes, des prédictions qui traver-
seotles siècles et dépassent Vépoqut actuelle. M. Anatole le Pelletier nuus en
a donné en 1867 (Paris, chez le Pelletier, rue d’Aboukir, 40) une édition
en deux volumes tn-s^*, d’après les textes types des années 1558, 1566,
• Ooctrur d'Etauvillei, r.^n^e Gfirrf/en, t. X, p. 13; Pari», 1856. Notice hist.
sur M. de iVoflrci-Da'iiM» par U. de Maluu{>(ies. — Oo couçoii le bcsoio qu'eut unç
telle époque de la leoue d'un concile (xcuuenique!
CHAPITRE APPENDICE. 549
1568 , et nous en conseillons la lecture aux. rieurs , qui répéteront en chœur,
si bon leur semble , ce jeu de mots si connu :
Nostra damus cum fal»a damus, nam fallere nostrum esi,
K( cutn falta damus, nil nisi nostra damu$ (Nostradamus).
Mais les amateurs sérieux rechercheront ce remarquable ouvrage, et le
placeront dans leur bibliothèque. Ils y trouveront la clef des personnages
désignés, une traduction des quatrains en regard du texte, un dictionnaire
des mots vieillis ou inusités, de savantes scolies, des notes fort curieuses,
beaucoup de science et un singulier intérêt. Les prédictions accomplies
sont quelquefois saisissantes et disons mieux, déconcertantes
L'auteur, que nous n'avions i>oint l’honneur de connaître, eut la bonté,
en nous offrant son ouvrage , de nous expliquer un certain nombre de qua-
trains, surtout de ceux qui regardent l'avenir, et auxquels il serait impru-
dent de donner une explication publique. Nous admirâmes son obligeance,
sa modestie et sa pénétration. Ajoutons à ces louanges, et ])ouron prouver
la sincérité, que nous ne saurions partager certaines opinions que l'auteur
admet dans un autre ouvrage de la même date, et dont notre livre Des
Médiateurs et Moyens de la Magie a combattu quelquc.s-unes par antici-
pation.
Un mot du cahaliste Éliphas résume, dans un triste éloge, la vertu de la
cabale et la puissance des astrologues cabalistcs : « Paracelse a peut-être
été le dernier des grands astrologues pratiques. Il guérissait les malades par
des talismans formés sous les inlluences astrales, et reconnaissait sur tous
les corps la marque de leur étoile dominante. C’était là, selon lui, la
vraie\nédecine universelle , la science absolue de la nature, perdue par la
faute des hommes, et retrouvée par un ])etit nombre d’initiés ». {Dogme
et rit., vol. 1»», p. 236, I85t.) Ah! « combien Dupuis se trompait lorsqu’il
croyait toutes les religions issues seulement de l’astronomie! C’est au con-
traire l'astronomie qui est née de l'astrologie, et l'astrologie primitive
(qui est l'idolâtrie sabéiste) est une des branches de la sainte cabale, la
science des sciences, et la religion des religions ». (Éliphas, ibid., p. 244.)
Il ne manqua malheureusement pas de chrétiens aussi entichés que les
Juifs, leurs maîtres, en faveur de ces moyens d’opérer des merveilles. Ces
naïfs cabali>tes s'étonnaient de nous voir perdre, par notre insouciance et
par la paresse des théologiens , les grandes et merveilleuses lumières que
verse et prodigue leur science! Chacun de nous, à les entendre, devrait se
hâter de tout quitter et de tou^ vendre pour acquérir cette perle de haut
prix. Avec quelle rapidité se convertiraient les impies, si la cabale leur
découvrait ses infinies perfections; si, par exemple, les mystères que ren-
ferment chaque mut et chaque lettre de l'oraison dominic.ale leur révé-
laient les sept périodes de l’Église, son sort, ses révolutions, en un mot
tous les Séphiroth, toutes les splendeurs divines contenues dans cette même
oraison qu'ils récitent chaque jour sans en comprendre ni le sens ni les
merveilles! {Ibid., suppl. à l’hist., p. 351).
A l’appui de cette vertu des noms , le rabbin Salomon Ben-Sevet daigne
nous raconter comme positif le fait suivant. Le bruit s’était répandu jadis,
en Espagne , qu’un enfant chrétien avait été tué dans la maison d’un Juif,
et que les Juifs avaient pris le cœur du cadavre pour célébrer leur Pâque.
550 LHS JUIFS.
n Cette machioatioOf dit le rabbin, attira de grands nialbeurs sur les
Juifs. Toutefois, Salomon Lévite, homme très>&age et très-expert dans Um
secrets cabalistiques , sut heureusement les détourner en plaçant sous la
langue du cadavre le nom ineffable de Dieu. Car ainsi rappela-t-ii à
la vie lu jeune enfant , qui lit connaître les véritables auteurs de sa mort. »
Quoique nous soyons loin de croire à la réalité de résurrections opérées
par les arts occultes, et que nous ayons cité dans notre livre des Média-
teurs et moyens de la magie quelques exemples des fausses et effrayantes
résurrections opérées par cet art, ce récit a une grande importance pour
quiconque recherche les antiques habitudes des Juifs; et la justification
du labbiti ne nous parait propre qu'à démontrer sa science ou ses préten>
tioDS magiques. (Lire l’Église et la Syîiagogue, p. S30.)
C'était, jadis, en plaçant ainsi sous la langue d'un Térapim une lame
d’or sur laquelle élaieut écrites les formules évocatoires et les questions à
résoudre, que h s consultants obtenaient une réponse de la part de [esprit
du mort. Et le savant Kircher admet que les Térapims, qui se confection-
naient en coupant fa tête d'un enfant, peuvent avoir la date même de
Cbam , le dé|>ositaire de la cabale emuite, c’est-à-dire des traditions ma-
giques dos fils üe Caio. (Lire notre livre ; Dieu et le^ dieuT, Paris, JS54,
p. 46-47, livre épuisé, que nous n’avons ]>as encore eu le temps de refaire.
— Fourmont, Réjlex. critiques, 1. I, p. 229-370, etc. Voir sur Gain cl son
fils, inveateursde tousles crimes, riiistoiien Josëpbe, Utstoire, 1. 1, cbap. 2,
et autres savants auteurs.)
NOTE VL — L\ CHi^lokk dk nos jours; traces de la cabale caînite
ou CnAHfQUB BT DES SOCIÉTÉS SECflH'ES PRflIlTlVES.
■ LaChaldée! Ce nom réveilic-l-il dans Fespril des Européens d’autres
images que celles deees évocAteurs d’esprits infernaux , si souvent anathé-
matisés dans la Bible ' », et d’autre pensée que celle de la cabale noire ou de
la doctrine traditionnelle du catholicisme démoniaque, qui, presque dès
l’origine dos temps, chemine à côté de la cabale sainte, doctrine tradition-
nelle du catholicisme divin?
La Chaldée! n les sources de Phistoire le.s plus sûres et les plus antiques
y placent deux fois le berceau de l’humanité. Créé de Dieu dans le voisi-
nage ou dans le sein de la Chaldée, l’homme y renaît et s’y multiplie
encore après les destructions diluviennes Abraham y reçoit le jour, et,
plus tard, sa glorieuse vocation », qui 1 arrache à cette terre vouée au culte
des démons. « Ninns y fonde Ninive; l’impiété conjurée y bâtit Babel et
ses somptueuses demeures : les deux grandes cités qui personnifieront à
jamais la puissance, Porgucil et le faste. * P. 7
« Pauvre Chaldée! infortuné pays! quelle déchéance! Après avoir été le
siège des plus grands empires, la patrie des grands saints, un des plus
* txj Chaldée, etqnisiet hittoriquet univiei de qnrlques réRciions sur l’Orient,
par M. l'abl^ P. Martin, cliapel. de Saint-Louis des Français, à Rome, p. 3,
1867, Rome, imprini. de la Citdttà Cattolka, avec emprunt ù M. le baron Adolphe
d'Avril ; Etude sur la Chaldée chrétienne, Paris, 1864. Beojamia Duprat.
D^ilized _by C^o».
CHAPITUE APPENDICE. 554
beaux fleurons de PÉglise catholique aux premiers siècles de son histoire,
elle est tombée aujourdMiui sous la domioatioa musulmane. Que diS'je? le
démon lui>roéme a chez elle des autels, et son cuite ignominieux nVst
point voilé sous la pompe et la décadence du langage ». Il a vaincu! Dieu
de raotique cabale, il triomphe dans ce premier centre de son empire,
resté, redevenu pour POrient et fort au delà de l'Orient, Pun des grands
centres du culte cabalistique !
« Le lecteur étonné nous pardonnera d'entrer (à ce propos) dans quel-
ques détails sur les Yézidis, plus connus en Europe sous le nom de Sclia-
manites ou de Seroanites Aucun auteur n'a décrit minutieusement les
mœurs de ces peuplades infortunées C'est dans le diocèse d’Akra que se
trouve le centre du culte do ces sectaires, et c'est aussi là que réside leuk
patriarche et leur cheik suprême. » P. 3t-35.
R Au point de vue politique, les Yêxidis sont gouvernés par un émir
suprême de leur secte, qui réside à Schiekan, au nord-e.st de Mossoui
(Minive)... Son pouvoir est absolu en tout,tX il peut user comme il veut
de toutes les femmes de ses sujets. Son épouse légitime est toujours choisie
néanmoins parmi les princesses filles des autres émirs. Au moyen d'émirs
subalternes, il transmet ses ordres à tous les Schamanites répandus dans le
Kourdistan, la Médie, In Mésopotamie et les monts Sindjar. »
« Il est probable même que, par des ramifications mystérieuses , ses
ordres parviennent aux extrémités les plus reculées de l'Asie et pitJT-ê.TBF.
MÈNE DF L'FUtOPF. » P. 37.
Les Gnostiques et les Manichéens conservèrent pieusement les iradi*
lions de cette Maçonnerie primitive, c’est-à-dire sa cabale, dont une
branche avait poussé de profondes racines clnz les Dnises, dans les mon-
tagnes du Liban; et lorsque les croisés de l’Europe inondèrent l’Asie,
ils en infectèrent les ancêtres de nos francs-maçons : les Templiers, les
Rose-croix, les organes de l'occultisme occidental, les chefs et les chefs-
lieux d<; notre cabale démoniaque.
Le cabalisme primitif fut ce que sont ces sectaires, car ils sont restés
sabêistrs; iis adorent le soIeJl, les a-^tres, les esprits des astres, le mauvais
principe, ou le principe, le prince du mai, que les Perses nommèrent
Ahriman. Et cet Aliriman, » quel œil serait assez aveugle pour ne le point
reconnaître sous les voiles transparents n de leurs doctrines, qui * se ratta-
chent an manichétsme par des liens visibles encore », et dont s'élait ;>énétré
le gnosticisme. Il sullit d'une phrase unique pour que le doute à cet ég.trd
s’évanouisse; écoutons :
Chez ces sectaires, « toutes les passions, même les plus honteuses, sont
regardées comme sacrées, et vouloir en arrêter le cours, ce serait se rendre
coupable envers celui qui en est l'auteur et l'exécuteur. Les mots pudeur
et foi eonjuffaten'oni pas de sens dans leur langue et n’éveillent aucune
idée dans leur esprit ' *>.
Le prince du mal, cependant, « le diable, n’est pour eux après tout qu'un
ange déchu... Dieu, disent-ils, est infiniment bon, incapable de faite du
mal aux hommes. Le diable, au contraire, est infiniment méchant, et,
* Ibid., Annit dominic.,xt, 138, mai LaCtmldée. p. 6i. — Ne croit-on paa
lire, en iitam ces lignes, un des Pères de l’Eglise, saint Fpipliane, Advermê hœreses ,
sur les cainiics, les ophiies, les oicolaïlet, etc, ?
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55î LES JUIFS.
dans sa malice, il De se platt qa'à les lortnrer. U est donc de toute pru>
deoce, st Ton veut être heureux iri*bas, d’abandonner le culte de Dieu,
qui ne peut nuire... , et de se placer sous la protection de l’èlre qui senl
peut exempter les hommes des maux de cette vie, puisque seul il a le pou-
voir de les leur infliger >». (/6 , p. 137, lettre du R. P. Rose.)
« SaUo, qu’ils adorent sous le nom de roi souverain ou puissant, Mélek-
el'Kout, n’est donc pour eux que le principe du mal, vaincu par le principe
du bien. Dieu doit régner tranquille et heureux pendant mille ans, c’est-à-
dire pendant une période indéfinie d’aonérs. » Mais •> la guerre, rallumant
ses feux, fournira au diable l’occasion de vaincre ou de faire la paix; et,
dans les deux hypothèses, ses adorateurs y trouveront leur profit ». (P. 3^.)
« lis ont, chaque année, trois jours de jeûne au moins, et une nuitqu'ils
consacrent au roi des abîmes. Hommes, femmes, enfants, vieillards, se
réunissent autour d^un trou dont nul n’a mesuré U profondeur (mundus);
il se prolonge dans leur pensée jusque dans les enfers. Quand minuit arrive,
ils saisissent des torches enflammées et exécutent des danses infernales
autour de la grotte ténébreuse, dans laquelle ils jettent des moulons
vivants, des morceaux de bois allumés, des vêtements , des armes, des
pièces de monnaie, le tout pour en faire boininage au roi des damnés.
Puis, la multitude en délire entre dans un noir souterrain, et là s’accom-
plissent d’abominables orgies », un véritable sabbat magique.
Ainsi le veut leur cabale, formée de leurs dogmes traditionnels. Ainsi
donc, pour les Ycheidis ou Schamanites du Koiirdistan et des ;rays dans les-
quels la liberté n’éprouve aucune entrave, vous les voyez alors recourir
n aux pratiques ibétirgiques les plus extraordinaires, et tout ce gue ia magie
et la sorcellerie ont de plus étrange, de pins effrayant, et, disons le mot,
déplus diabolique, constitue en quelque sorte le fond, l’essence même de
leur culte » et de leur doctrine \ {Ibid- , p. 44‘46.)
Or, nous ne dUons pas de cette doctrine : elle est la cabale sabéUte pure
et primordiale; elle est la cabale caïnique transmise |>ar les descendants
de Chain dans sa pureté primitive; car rien ne se conserve invariable et
pur dans le domaine de l'erreur, condamnée à ne prendre ses développe-
ments que dans l'atmosphère des variations. Mais nous disons que Ci tte
cabale consfree et pro/ia^e dans leur partie essentielle les doctrines et le
culte du catholicisme démoniaque, dont la Chaldée, gouvernée dès l'origine
par des souverains issus de Cliam, fut le théâtre constant et le berceau.
(Bible, Genèse, x, 6, 7, 8, 10, H ; xt,2ô. — Josué, xxiv, 3-14, etc , etc.)
Écoutons : " Tous les cheiks parcourent chaque année les districts con-
fiés à leurs soins pour encourager et instruire leurs fidèles..,. Mais récri-
ture est |K>ur les Schamanites un objet d'abomination... » Vécriture livrée
aux mains «lu public serait trop compromettante pour une telle doctrine,
qui, dès lors, se réfugie dans la cabale, c’est-à-dire dans la tradition.
n Leurs croyances, leurs rites, leurs coutumes, leurs usages, trans-
mettent (donc) uniquement par la tradition orale. Une seule famille a le
privilège de savoir lire; mais jusqu’ici on ignore dans quel livre elle
exerce celle prérogative*. »
' P. 11 en éuil de même dans roccnliisme religicns des Druides, dont
l'origine est égalemeni cbaoané<xhalüslquc.
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CHAPITRE APPENDICE.
553
Enfin, les sectaires de cet occultisme qui, sous notre ciel, se reflète ou se
prolonge dans Poccultisroe cabalistique des sociétés dont le nom principal
est, pour le moment, celui de la haute maçonnerie, obéissent en. aveugles
au mot d*ordre d*un grand matlrt. Les Yézidis sont, en effet, « soumis
au cheik ou vénérable , leur chef spirituel, qui remplit les fonctions de
patriarche et de pontife de la gecte. Il réside dans le village d'Assoian et a
sous sa dépendance des cheiks particuliers qui reçoivent, transmettent et
exécutent ses ordres Le cheik général exerce , même politiquement ,
une tréS'grande influence. C’est lui, en effet, qui gouverne en quelque sorte
tous tes Schamanites. Il fait les lois, définit ce qui est bien, ce qui est
mal, ce qui est permis, ce qui ne Pest pas Une couleur, un fruit qu’il
aura prohibes, deviennent aussitôt illicHts, et tellement illicites qu’on ne
saurait en faire usage sans tomber sous le coup d’une espèce d’excommuni-
cation. Telle est même l’horreur qu’inspire ce qui est ainai prohibé, que,
pour exprimer une imimssibilité, il suffit au peuple de la comparer à l’usage
de l’objet tombé sous le coup de cette interdiction suprême ^ »
Ce despotisme absolu du grand maître de la cabale chaldécnne était celui
du prince des Assissins, dans le Liban, où les Druses conservent les doc-
trines et les mœurs de la cabale, ce que nous exposons ailleurs. 11 est celui
du grand maître secret de la haute maçonnerie, c’est-à-dire de la maçon-
nerie cabalistique que gouvernent les Juifs, n nus pères dans la science », dit
Elipbas Lévi. (Histoire de la Magie, p. 945; Paris, 1860.)
Le mépris et la haine qui poursuivaient, jusque dans le monde idolâtre, les
évocateurs et les adorateurs des esprits du mal , et qui poursuivirent le juif
cabaliste dans le monde chrétien malgré les brillants succès qu’il y obtint,
poursuivent aujouM’hui ces mêmes sectaires. 11 existe donc « entre les
Yézidis et les musulmans une liaine implacable. La loi permettait, il n’y a
pas longtemps encore, aux musulmaus de les tuer partout où ils les ren-
contraient Aussi les consuls européens , ne sachant comment arrêter
l’effusion du sang, demandèrent à la Porte le droit de nationalité pour les
Yézidis, et ils obtinrent pour eûx la même protection que pour les autres
peuples de l’empire ottoman. Mais, si les massacres sont devenus moins
fréquents, la haine qui sépare les deux peuples n’a rien perdu de sa rage
et de sa fureur... Ils sont, à juste titre, plus odieux et plus persécutés que
ne Vont jamais été les chrétiens sons la doiutuatlun turque. » (P. 33,
43, 44, iù.)
Que si le chiffre de cette population cabaliste se trouve qj^si limité dans
le Kourdistan et dans la Mésopotamie, observons que la secte se répand
ailleurs et au loin. Il se dit même « qu'ils ont des temples dans une des
plus grandes capitales du nord de VEurope, et il n’est pas improbable
que la population schamanite répandue dans ces diverses contrées atteigne
le chiffre de plusieurs millions. » (Ibid., p. 45.)
Maintenant, si tels sont ces fanatiques de la cité du mal, ces inféodés
héréditaires de la cabale primordiale, si telle est Pavcugle obéissance
qu’ils prêtent à leurs grands maîtres, à leur dieik, à leur émir, répétons
ce que nous avons dit tout à l'heure à propos de ce dernier :
• Il est probable que, par des ram^ations mystérieuses, ses ordres
parviennent aux extrémités les plus reculées de VAsie, et peut-être même
* P. 38. C'ett U le Tabou de* îles de U mer du Sud, cic.
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LES JDIFS.
55i
de V Europe oü la cabale , qui produisit les Gnostiques , ces frères des
Yézidis, est reconnue comme k la mère des sciences occultes »; où elle
« effaça presque à elle seule toutes les autres sociéU’S secrètes oü toutes
les associations maçonniques avouent lui devoir « leurs secrets et leurs sjm*
bolcs » ; et oü les Juifs, n qui ont été les dépositaires les plus fidèles de ses
secrets, ont été, en magie, le$ grands maflrA ■». (Voir plus haut ces cita-
tions appuyées.)
Arrive, éclate un beau soir une de ces grandes, une de ces formidables
crises qui ébranlent la terre, et que, de longue date, les sociétés de l’occul-
tisme pré|)arent à la société chrétienne, et peut-être alors verra-t-on subi-
tement apparaître et se produire au grand jour, dans le monde entier, toutes
les milices, toutes les sectes fraternelles et inconnues de la cabale. L'igno-
rance, l’insouciance oü nous aurons véen de leur sourde existence, de leurs
affinités, de leurs ramifications immenses, ne les einiK'chera nullement de
se reconnaître, de se donner, sous l.i bannière quelconque d'une alliauce
universelle, le baiser de paix. Elles se rangeront avec einprc'SC'ment sous
un même chef. Plus d’une voix de la haute maçjinnerie, c’est-à-dire de la
maçoQn‘>rie cabalistique, nous rappellera peut-être alors un peu brutale-
ment que la cabale, enfin victorieuse sur toute la ligne, est, selon le mot de
son apdtre actuel, n la science des sdenc.es et la religion de.s religions!
(I^li|iba.H Lévi, Dog. et rit., p. 244, l. Il, 1854.)
Et c'est alors, nous diront ces adeptes, que l’arbre de la science du bleu
et du mal aura porté ses plus beaux fruits I
Toutes ces choses paraîtront d’autant moins étranges au lecteur, étonné
peut-être au premier abord, qu’il voudra bien les relire après avoir
embrassé ;>ar une première lecture l’cnscinble des documents et des pensées
qui sont le corps et l’Ame de notre ouvrage.
FIN.
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TABLE DES MATIÈRES
«
Lettre du R. P. Voisin v
Avis vil
Causerie li
PREMIÈRE PARTIE.
. chapitre premier.
LF.8 TRADITIONS.
Le Juif est le dernier des hommes, — Au contraire, le Juif est le pre-
mier des hommesl — Temps anciens; Iradilions pliarisaïques des
Rabbins ; elles sont la source du Talmud. — Quelles sont les
croyances, et par conséquent quelles sont les mœurs des Juifs? —
Le [leuple juif distinct de lout autre peuple. — Le caractère qui le
distingue varie dès que se manifeste la décadence de sa loi religieuse.
— Celte loi était celle de Moïse. — Elle fut attaquée par l’idolâtrie,
dont les doctrines sont celles de la cabale sabéisie primitive (voir a
la fin de ce livre), et par les traditions rabbiniqiies dont se forme lo
Talmud. — Il y a donc un abiino entre ces traditions talmudiques
et la loi de Moïse, que, depuis le Christ, 1e Juif ne peut appeler sa
loi religieuse sans mentir à l'histoire et â sa foi 1 à 16
CHAPITRE DEUXIÈME.
I.E rllARISIF.N ANCaCN, l’èRE ET TYI'E DD PHARISIEN MODERNE.
Ce que sont les Pharisiens. . — Dévotions, macérations, hypocrisie,
laveur populaire, orgueil, prodige de leur puisianco, exêinple. —
Leur paneei rique dans la Douche du rabbin moderne. — Leur por-
trait, hideux dans t'Evangilo, qui nous dit : Kailes ce qu'ils disent,
et ne faites point ce qu'ils lont I — Pourquoi? — Etrange verni de
la chaire de vérité. Pour le Juif, l’Evangile n'est que légende
malsaine, et c'est gloire pour le Pharisien que d’èlre flétri dans ses
pages — Le tbndateur de la loi d'amour et do fraternité, après les
propliétea, ce n'est pas Jitsus, c’est Hillel, et les Pharisiens sont scs
disciples. — Leur portrait par euv-mémes. — Prodiges de leur
aveuglement. — Puisque le lAiarisien repousse l'Evangile, laissons
de coté les évangélistes, et nïnlerrogeona à son endroit que l'histoire
profane. — Les Juifs seraient-ils de grands misérables; — On est
loin de généraliser une telle aflirmation. — Conclusion : le lecteur
est en mesure de la tirer. ■■...■ 16 â .H
CHAPITRE TROISIÈME.
PREMIÈRE DIVISION. LES RABBINS. , LE GRAND SANBÈDRIN , LES CONSISTOIRES.
Qu’est-ce que le rabbin? Est-ce un pasteur, un prêtre, ainsi que le
dit aujourd’hui le Juif? — C’est un docteur, le plus souvent pétri
d’ignorance, et remplissant quelquefois d’assez singulières fonc-
tions. — Il no fait rien qu’un laïque ne puisse faire ^ sa place I —
Les rabbinsexercent les professions les plus variées, ils peuvent être
bouchers, cordonniers, revendeurs, etc. — Leur éducation. — Elo-
ges que s'entre-donnent les rabbins. — Cruelle sévérité avec laquelle
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S56
TABLE DES MATlfeUES
ilg sont jugés par les oignes mêmes du judaïsme. — Cependant
leÿ Juifsï alin de se donner le semblant d’un culte s<jrieux, et d’obte-
nir de l’Etat que ce culte soit salarié, donnent à ces rabbins le titre
de prêtres, dé pontifes, de pasteurs. — Et ces prôtres juifs sont
d'institution prolane ; ils doivent leur état de ministres de la religion
judaïque à des princes chrétiens. — Phases de l’autorité légale des
ratitiins en Erance. — Mapoléon les utilise pour ^s recrutements
militaires et sa police politique. — En un mot, le rabbin n'est qu’un
docteur; et le l'almurt nous dit que, depuis la dispersion, il n'y a
plus de docteurs en Israël I — El pourlant, jadis, ie Moïse du judaïsme
talmudique décrétait la mort sans jugement contre quiconque niait
la iradiiion des rabbins ao à tiï
Dri'xiévF. mrisiON.
La grande assemblée judaïque de 1806, et le grand Sanhédrin de 1807,
lequel est un faux Sanliédrm. Concordai judaïque , faussant à la
lois la loi de Morse et le Talmud. — Eausso déclaration de cette as-
semblée. — Ce qu’était le véritable Sanliiklrin. — Un mot de M. de
Bonald sur les Jiiits Si à ill
THOISIÉMe DIVISION. — U:S CONSISTOIBES.
Organisation artificielle, prélude de la désorganisation radicale. —
ronclions politiques et policières des consistoires et des rabbins. —
Napoléon 1’^''^ nouveau Morse aux yeux des Juif-^, et leur ivresse. —
Organisation calliolique du rabbiiial. — Les Juilii légalement coiisti-
tués en peuple distinct par la loi même qui prétend les lusionner.
— Lruelles peintures des consistoires, faites de la main des Juifs. —
Cette institution religieuse prépose les laïques, c'est-à dire les ouailles,
a la direction ries iiiVnlilés ou du prétendu sacerdoce de Juda. — -
Doléances. — Eruil do ces doléances; scandales. — « Le sceptre de
Juda devenu un gourdin. » — Le gouvernement chrétien de la
France devenu le régulateur du culte o'Israël. — Un ministre et un
général gouvernant la Synagogue. — Conclusion 6? à 76
chapitre QUATRIÈME.
LE TALMUD.
La cause de la haine et du mépris des peuples pour le Juif est dans le
Talmud. — Le Talmud est le code religieux du Juif. — Qu’est-ce
que ce code? — Qui n’a la clef du Talmud ne peut dccliilîrer le
mystère du Judaïsme. — Devant le Talmud, ou la loi orale et tra-
ditionnelle, la loi de Moïse s'efface. — Quiconque viole cette loi,
cette oeuvre pliarisaïque des rabbins, mérite la mort sans jugement.
— L’orthodoxie d’Israël ébranlée; révolte contre le Talmud. — Juifs
qui n’ont jamais talmudisé ; découverte; Juif contempteur du Tal-
mud. — Mot de M. Renan. — Le Talmud frapjié de réprobation et
brûlé par les rois et par les papes, gardiens de la civilisation. — Le
Talmud étudié en lui-mémc et révélé par des bouches judaïques.
— Scélératesse, cynisme et turpitude de ce code si cher à Juda. —
Ses absurdités. — Il place Dieu au-dessous des rabbins. — Obligés
de supprimer les passages qui révoltent les chrétiens, les Juifs les
lais.sent en blanc et les enseignent de bouche. — Déloyauté de ces
orthodoxes. — Ils sont « le noyau indestructible de la nation. > —
Duel à mort entre les doctrines talmudiques et la civilisation, qui ne
sera sauvée que lorsque la conscience du Juif sera reconstruite sur
TABLE DES MATIÈRES.
557
un autre plan, car le Talmud est l’expression même de la Synagogue;
U contient la doctrine cabalistique « qui est le dogme de la haute
magie » 76 à 1 01
DEUXIÈME PARTIE.
CHAPITRE CINQUIÈ.ME.
paeaiêiiE ditision. — Lt morale du talhud es actiom.
Le premier homme et la première femme; dignité de la race humaine
issue de ces deux monstres. — Jugeons l'arbre à ses fruits. — Nous
connaissons la morale tpii prend sa source dans lesdogmeschrétiens;
celle qui sort des traditions talmudiques y a-l elle quelque rapport?
— Saint Chrysoslome, Père do l’Eglise, sur les mœurs du Juif; pein-
ture prodigieu;:e. — Même description du célèbre Simon Maiol à
l’époque de la Renaissance. — Rien de changé lorsque Delamarre écrit
son monumental Traité de /a œlice (1705.) Cessons un instant déjuger
de la doctrine judaïque par les mœurs du Juif, et jugeons le Talmud
par son texte. — Dieu crée Adam , qui se cherche une compagne ;
nulle ne lui convenant, il en demande une qui soit semblable à lui.
— Eve est digne d'Adam, et nous transmet le venin du serpent. —
Le Talmud étant la loi suprême et la croyance de l'orthodoxe, et
l’homme réglant ses actes d'après ses croyances . le Talmud fait du
Juif ce qu’il est. — Exemple du sentiment paternel dompté en France,
et au dix-neuvième siècle, par le Talmud. — Proscription du pré-
varicateur lOâàlIJ
DEUXIÈME DIVISION. — MORALE DU TALUCD EN ACTION. LA PEMME CHEZ LE JUIF.
La jeune fille dans la maison paternelle à cété de ses frères, en butte
aux explications des turpitudes talmudiques I — Le rabbin et l'élé-
vation de la lèmnio chez le Juif; belles pensées. — Képlique de
l’histoire. — M. Crémieux parle comme l'iiistoire. — Le Talmud
assimile la femme à l'esclave. — Nulle loi, même dans le mariage,
ne lui assure le plus simple respect de la part de son mari, pour
lequel elle est « de la viande de boucherie... » — Elle doit tolérer
la concubine de cclui-ci jusque sous le toit conjugal. — Il sutbt que
cette concubine ne soit pas une intidèle, car alors elle ne serait
qu'une brute aux yeux de la loi. — Bizarrerie de pudeur judaïque.
— Droit de correction manuelle sur la lemme et droit de divorce.
— Devant Dieu et dans les réunions religieuses, la femme compte
pour néant. — Lui apprendre la loi sainte est aussi coupable (|ue lui
apprendre des obscénités. — Portrait de la Juive par un peintre do
sang judaïque. — Défauts et qualités. — Proportion des femmes de
mauvaise vie bien plus grande chez les Juils q^ue chez les Chrétiens
(aveu judaïque). — Le Juif doit au Talmud de fournir au prolétariat
son écume. — Mais la profession du Judaïsme rachète, aux yeux du
talmudisant, toute faiblesse de la femme lia a
TROISIÈME DIVISION. Ly MORALE DU TALMUD EN ACTION, LE PROCHAIN DD JUIF.
Est-il un homme qui soit sans prochain? — Oui, le Juif orthodoxe. —
Hors le Juif, tout autrç homme ne doit être à ses yeux qu’unebrute. —
S'il le tue, il ne tue qu'une bête. — Mots de saint Epiphane , Père
de l’Eglise, et de M. Michelet. — Explication de ce mot : Défense
aux Juifs et aux cochons d'entrer ici. — Faiblesses et passions du
Juif provoquées contre tout étranger à sa foi par ses croyances lal-
• - — BigilUed by : iooglt
558
TABLE DES MATIÈRES.
mudiques. — Exemples. — Jusqu’où va celle haine du Juif, et sur-
loui contre le clin tien. — Voler et luer le chrétien n’csi donc pas
un mal; au contiiiiie. — Nombre des mallaileurs bien plus considé-
rable chez les Juils que chez les ctiréliens. — Uiltércnts liays, diUô-
rents exemples. — Puissance et universalité de leurs moyens de
mallaisancc! — ’Leur allfeusc et li'iinicide cupidité à l'endroilde
l'armde Iraiiçaise dans la désastreuse campagne de Russie. — Re-
connaissance implicite de l’inférionld morale du Juif, dans des pu-
blications judaïques. — Leur malfsiTsance a eié de tous les temps,
depuis le règne des traditions rabbiimiues; elle les lait ranger dans
n le refaut dos peuples » dès le rùgne de Vespasien. — Cuiiclusiun.
— yotes. — Leur terreur de ropimon. <26 à 148
QUATRlf.«E Division. — LE KOL MDnXI. HORALK TALHIDIQCE.
Le Ki)l Nidrai, ou le parjure dans la religion. — Parole siicramentelle;
trois Juifs, les premiers venus, rormcnl un tribunal qui peut dé-
lier Wnit Juif (le ses serments cl de ses enKaKeuients quelconques.
— Ce fait nié. — Cette néKation délniiic. Les trois uni la mdme
autorité que le tribunal de Moïse, mais ils l’ont contre le droit. —
l.e Talniiid fait-il de l’homme moral un homme ù l’envei-s? — Nul
lien social de promesse ou de contrat ne iieut donc enKager envers
le chrétien le Juil avec qui le chrétien s'engaseY — Une cérémonie
religieuse délie chaque année, pour l'avenir et pour le passé, tout
Juil loriiiaiit ou devant lornicrun engapienient. — ■ Formule grotesque
employée par le Juil qui se releve dé. ses enRagements — fours et
forniules qui, dans l’esprit du Juif, ôtent toute validité à ses pro-
messes et laissent sa conscience en paix. — Os mœurs talmudi-
ques expliquent la haine des peuples , et les rigueurs du pouvoir
social contre ces populations roulantes et antisociales. — Un ser-
ment dont les formalités et le texte semblent frapper liabituclleiiicnt
le Juif de terreurs superstitieuses est imposé aux Juifs dans la plu-
part des Etats chrétiens, et subsiste encore dans quol(|ues-uns. —
France. — La cour do Colmar (10 février 1809) et ce serment. —
Itcllcxions 1485158
CI\I}IIÈ«E Division. miRALE TALMCDIQIE. l’csBRE.
Juif et usure, mots associés par une force de cohésion vingt fois sécu-
laire. — Le Juif usurier? — Paradoxe, car il ne peut l’élrel — Ruse
et contradictions. — Les Juifs dévorent la France. — Chassés pour
crime d’usure , ils acceptent avec transport la servitude et les con-
ditions les plus dégradantes pour obtenir le droit de rentrée. — En
quelques années s Ta plus grande partie des biens des chrétiens sont
dans leurdépendance. » — Les chrétiens deviennent fa chose do ceux
donlils ont faitleurs serfs. — La fameuse requête de Pierre de Clugny
contre ces excès. — Le Juif, malgré les persécutions dont il se lamente,
ne veuld’autre paradis que la terre de ses persécuteurs. — Lettre cé-
lèbre et magnifique d'innocent III dénonçant leurs crimes, et enga-
geant les princes à leur faire rendre gorge. — Ces princes souvent
accuséssansjusticede cupidité. — Protection des pontifes s'étendant
sur le Juif qui sollicite leur justice, et sur ses biens, ainsi que sur
le chrétien. — Les Archives de Champagne'. — Exemple : les Juifs
de Troyes , etc. — Taux de leurs usures. — On trouvait bon, cepen-
dant, d'avoir dans les Juifs ■ une corporation damnée d'avance, qui ht
le métier de réprouvé. » — Un concile les condamne à porter une
Diqr-
■I,
TABLE DES MATlEKES.
559
marque qui les distingue. — Bannissement définitif sous Charles VII,
c pour les crimes qu'ils commettent chaque jour, n — lÆuis Xlll re-
nouvelle cet arrêt. — La Lorraine ci l’Alsace, qui sont exceptées,
sonldèvorecs par leurs usures. — Edii de Léopold contre eux en Lor-
raine, en 1728. — Le procureur général du Hcgent, en France, où
beaucoup de Juilssont revenus, les appelle a les monstres de la so--
ciété civile. » — Ce que les Juifs font de l'Alsace. — >apoléon !«''
et les usuriers juifs. — Les Juifs en Alsace, et M. de Bonalü. —
Sentence contre les Juils de ai. Michelet, avec cette finale : « De
soufflets en soufllets, les voilà au trône du monde. — Enrayante
excuse de l'usure. — Elle est, chez le Juif, le fruit de sa croyance
relieieuse. — M. Toussenel et les Juils. — Le roKtiloyen Louis-
Phinppe et les Juifs. — murale de ce chapitre <59 à 184
CHAPITRE SIXIÈME.
l'assassinat talmcdioce.
Assassinats, ou sacrifices de chrétiens, commandés en certains cas
par le Talmud, qui est le renversement du Décalogue. — Ce crime
d’idolétrie magique et d'anthropophagie, signalé dans la Bible, est
traditionnel. — Ces crimes disparaissent dans les centres de civili-
sation; ils ont été de tout temps et de tous lieux cher, les talmudi-
sants.— Le Juif les nie avec son aplomb caractéristique. — Exemples
et autorités. — La plus grave magistrature des chretioiis n'est com-
posée, au dire du Juif, que d ignorants et de bourreaux. — Pièce
authentique qui nous montre les Juils commettant ce crime à ciel
ouvert, parce qu'ils s'imaginent avoir une garantie légale. — Les
princes sans cesse obligés de sévir contre eux, — Un de ces crimes,
œmmis il y a quatre siècjes, semblable dans tous ses détails à celui
dont fut victime, en <840, le Père Thomas. — L'Eglise se prononce
sur ces crimes sacrés comme la magistrature séculière. — Les Juifs
s’appellent peuple au cœur tendre I — Récit parallèle au précédent; as-
sassinai religieux du Père Thomas ei de son domestique. — Menus
détails, interrogatoires, procès-verbaux, horreurs inexprimables. —
Intrigues judaïques contre la justice et contre le consul delTance. ■ —
Députation et pression des Juils d Europe sur le souverain de l'Egypte.
— L'or. — La justice arrêtée : son recul après la condamnai ion des
assa^ins. — iségation tlu crime par tous les Juifs de la terre, mal-
gré la suralKjndanco et la précision des détails. — Paroles du sou-
verain de l'Egypte et hrrnan. — ■ bilencc de la justice obtenu. —
Fureur et ranciine du Juit contre M. Thiers, parce que ce ministre
de LouiS'Fbilip
pe a osé louer à la tribune la conduite du consul de
France contre 1
es assassins. — Ce digne représentant de la France
n'est arrêté ni par les millions ni par les menaces. — Les t)ièces
du procès, où nous puisons, déposées au ministère des affaires étran-
gères. — Ces crimes religieux ont une ressemblance si frappante,
malgré les siècles qui les sé[iarent, que la pensée de dates distinctes
s'elfacedevant la nature des laite.— Conclusion.— Note. I8i à iI9
CHAPITRE SEPTIÈME.
PXEUIÈRB DITIBION. — MORALK TALMUDIQL'B. ANTIQUITÉS BIBLIQUES.
ANTBROPOPIIAGIE SACRÉE.
Toujours entraîné vers le polythéisme, le Juif, dès les temps les plus
anciens, se livre aux pratiques immondes et atroces des Cabalistes
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560
TABLE DES MATIÈRES.
sabëistes, c'pst-è-dire des premiers adorateurs des aslre-i. — Ce
que sont ces idolâtres. — Lii Bible énumère leurs crimes, <iue ni la
loi ni les prophètes ne pourront arrêter. — Celle épouvantable ido-
lâtrie s ctablit avec son personnel et son mobilier jusque dans le pa-
lais des rqig, jusque dans le temple. — Ses actes suprêmes sont les
sacrilices humains, et ranlhropopliasie sacrée, la manducalion delà
chair humaine. — La Bible nous donne l’Iiisloire et la clef de res
supeislilions, que la tradition talmudique transmit aux descendant»
de CCS Juifs prévaricateurs 219 à Ü6
DEtXlÉaE HIT18ION. — DD ET eOOBQBOI.
Lea vraie talmudisants n'immolent les chrétiens qu’afin de recueillir
leur sang; exemples aullientiques. — Usages sacrés de ce saiiK, et
qui varient, coiutnc l'erreur, selon les temps et les lieux ; mais né-
cessité de manger ce sang qui représente rliomme, et qui est ap-
pelé sa vie. — &es vertus, sa valeur inappréciable. — H guérit, il
sanctitie , il sauve. — Développements et preuves. — Dénégations
éternelles du Juif. — Aveux de l u n des plus ci'lèbres rabbins en
plein exercice de lonrlions. — Colère de Revues judaïques contre
cette célebrite nationale traitée de laux prêtre. — Légitime indi-
Kualion des Juils déUiliiiudisês. — Conclusion ti6 à Hi
TROISIÈME PARTIE.
CHAPITRE HUITIÈME.
PREmÈae division, — la marche du juif, orthodoxie occidentale.
Il se crie partout que le Juif est en marche, que scs mœurs changent,
quelle plus grande inorveillc! — Sa croyance a donc changé? —
C’est lii le signe éclatant d'une époque nouvelle. — L'indestructible
noyau du judaïsme reste formé des orthodoxes talmudistes; mais,
au-dessous de ceux-ri se rangent le nouvel orthodoxe, les réfor-
mistes et le libre penseur judaïque. — Fureurs des nouveaux ortho-
doxes contre les adversaires du fanatisme et de l'immutabililé tal-
mudiques. — Attaques du fanatisme Israélite par rillostre rabbin
Jcilinek. — Répliques amères de l'Univers i.sraé/iYe, organe do l’or-
thodoxie. — Le judaïsme n'est plus une religion, il est une chose
marie, etc. — Un grand schi.sme sépare donc Juda en diverses par-
ties, mais, ô merveille! sans les désunir au besoin. — Exemple. —
Raison et ruse des réformisies; elle avorte. — Doliiances. — Plaies
du judaïsme. — Hypocrisie des aînés qui s'entre-déchirent; elle
leur est reprochée par les puînés. — Prosélytisme et changement de
rôle entre les doux partis. — Comment l’orthodoxie est-elle jugée
par les Juifs de nos contrées? — Les faits. — L’illustre grand rab-
bin Klein et M. Isidor, — Ce dernier est élu grand rabbin de
France. — Débats curieux et concluants. — La famille Israélite dé-
génère moralement, et tombe dans une décadence complète; tel est
le cri du journal judaïque la Atuzeil 242 à 254
DEUXIÈME DIVISION. — LES RÉFORMISTES.
Que veulent les réformistes? — Unir le présent au passé ; mais com-
ment?— Ils rejellenl le Talmiid. et la Bible ne leur est qu’un livre
de mythes. — Une religion [retiyare) est, surtout pour eux, une
chose qui ne doit point lier l’homme. — Sottise d’attribuer à Moïse
et à Jésus ce qui appartient à ceux qui les précédèrent ou les suivi-
TABLE DES MATIERES.
564
rent, au progrès du temps, à rhumanilé. — Peut se dire Israélite
quiconque adopte Tunité de Dieu, rimmortalité de Dieu et de Tâme, et
interprèle toute chose à son sens.— De l’ampleur de cette liberté naîtra
la religion universelle, sans troubler aucune conscience. — Trois
exemples curieux de celte tolérance pratique. — Le troisième est du
docteur Sée, professeur à l’Ecole do médecine de Paris, accu^ de
matérialisme et d’athéisme. — Le consistoire central, conseil su-
prême des intérêts religieux et sociaux du judaïsme, n’en croit pas
moins devoir l’admettre dans son sein. — ('.iirieuses révélations. —
Un grand nombre d’Israélit^ cherchent à dissimuler leur croyance.
— Cette sorte d’hommage qu’ils rendent à leur foi est plus commode
que celle du martyre 254 à 262
TROISIÈME DIVISION. — LE JUIF LIBRE PENSEUR.
Passage du Juif réformiste au Juif libre penseur. — Baisers de Lamou-
. rette entre les trois Qlles de la Bible mises face à face par l'Israélite
Hippolyie Ro<irigue. — Un môme temple contiendra tous les cuites
fusionnés, sous les bannières de la Raison et de la Philosophie du
dix-huitiôme siècle. — Ce temple est l’Alliance Israélite universelle,
ouverte au genre humain tout entier, sous la haute direction d’Israël.
— Fait acconapli ; elle anéantit le fanatisme et fonde la grande frater-
nité.— Cequ’^t cette alliance. ---Paroles de M. Crémieux , son pré-
sident, l’une des illustrations de la franc-maçonnerie etdu Judaïsme.
— Elle prépare le Messianisme des nouveaux jours; une « Jérusalem
de nouvel ordre substituée à la double cité des Césars et des Papes; »
car « Israël est la grandeur de Dieu. » Elle est le protecteur de tous
les cultes, fùt-ce « contre les lois encore en vigueur. » — Les peuples
tendent la main à Israël, et lui demandent pardon du passé. -- 11 n’a-
yait plus de centre, mais tout est changé. — Episode. — Exemple
frappant et à peine croyable de libéralisme religieux chez les Juifs.
— Un grand rabbin défenseur intrépide de la libre pensée. — Récit.
— On peut g devenir libre penseur et rester israélite ».-~Méme foi,
mêmes aspirations animant le Juif, le franc-maçon et le libre pen-
seur ou le solidaire. — Quiconque entre dans les sociétés occultes
est rallié dû Juif. — Son amour nouyeau-né pour la liberté ne mé-
connaît que le culte catholique. — Mot d’Eckert. . . . 26g à j7î
CHAPITRE NEUVIÈME.
ERENIÈRE DIVISION. — NOUVELLE MORALE, NOUVELLES MOEURS.
Qualités sociales du Juif à demi dégagé du Talmud, et jugé d’après
les représentants de la presse judaïque. — Observations limitées à
ces deux points : véracité, bienveillance envers le chrétien. — La
simple destruction de l’orthodoxie talmudique sufïit-elle à la régéné-
ration sociale du Juif? — Quels sont aujourd’hui les sentiments des
Juifs pour le chrétien? — Protection que leur accordèrent les empe-
reurs, les Papes et les hautes classes. — Ingratitude universelle. —
Cette ingratitude serait-elle encore la même, et quoique le Juif se
détalmudise? — Exemple. — Cri do mort du Juif contre Rome,
3ui fut de tout temps son plus inviolable asile. — Prétexte et mot
’ordre universel. — L’affaire Morlara. — Un mot sur cette affaire
et comparaisons. — Raison de la fureur jouée des Juifs. Leur pro-
pre exemple. — Intolérance excessive, mensonges haineux et calom-
nies contre l’archevêque d’Alger. — La lettre admirable do ce pré-
' 36
o62
TABLE DES MATIEKKS.
lat, et le Juif. — Faits ünormes. — Los textes. — Traces profondes
de la croyance dans les actes, apres mémo que la croyance a disparu.
— Notes. — Pie IX et la dlplomaiie ourop<!cnne militant en faveur
du Juil. — M. Mirés aux Israélites ses coreligionnaires. — La Kussie
et les Juifs ..7..... Viikm
DElIÜillK DITISIO.N. — SOCTELU; aUDAI£, NOCVEl.LES ECEUKS.
Suite. — Qualités sociales du Juif. — Reconnaissance. — M. Mirés;
son conseil aux Juifs de ne point toucher à l'or de I ÈrIiso, et do lui
témoipner quelque gratitude. — Répon.so astucieuse, et fureurs. —
Reproches amers à propos de l'épouvantable tyrannie qui les mar-
tyrise dans les ghettos. — Œuvre ayant pour but do transporter
tous les Juifs hors de 1 abominable ville do Rome; résultats. —
Uu’est-ce donc que le Ulietto? — Réfutation du Juif par les descrip-
tions ou la parole do M. 1 hiers, ancien nunistre; — de M. Sauzél,
ancien président (le la Chambre des députés; — do ranilcaiholiquc
M. Renan, de l’Institut; — deM. Bail, patron de la cause juive. —
Réfutation du Juif par la di'claration si remarquable de leur plus
erande assemblée dans les temps modernes. — C^e que le Juif doit à
pKglise; curieux et admirable morceau. — Aisance du Juif, même
dégagé des entraves du Talmud, à renier la parole de ses repré-
sentants. — (Jette parole n'ëtait pour lui qu'une ruse de guerre, il
no doit que haine a l’Eglise et à la papauté. — Actes des l'apes et
du clergé romain , défenseurs et protecteurs désintéressés du Juil ;
Ils lui assurent pour son culte une liberté que tant de gouverno-
mcnls relusent aujourd'hui même au catholique. — Le plus impla-
cablo ennemi du Juif nous peindra- t-il mieux qu’il ne le fait lui-
mémo do nos jours son horreur pour toute vente qui le blesse, sa
haine héréditaire pour le cliréiieii'? — Le Juif qui se peint dans ses
pages, toiles que nous les citons, esi-il un homme que la civilisation
Euissc avouer? — Exceptions. — hôtes. — Le tihelto d’Avignon. —
es ghettos (tre glietti) ; celui de Rome i9ü à 3< 0
TBUISIÉSE DIYI8IUX. SUCYELEE MOBAU , t,OL\ta.lEg MOECSS.
Suite. — Tolérance du Juif; ses prétentions, sa présomption née des
défaillances de la foi chrétienne et de la foi talmudique. — Gran-
deurs de son orgueil lorsqu'il compare ce qu’il est depuis qu’il ce.sse
de croire, à ce que deviennent les peuples chrétiens depuis qu’ils
perdent la foi. — 11 se tient pour insulté par les libertés du culte
chrétien. — Curieux exemples. — Appels aux principes de notre
Révolution. — Ses poids et mesures toujours autres pour lui que
pour autrui. — Sa manière atroce d’entendre la liberté des cultes. —
Sa mission. — Pour lui, la liberté du culte c’est la destruction du
culte chrétien. — Loyales protestations do quelques Israélites contre
ce fanatisme. — Cri de I jVllemagne contre le despotisme sauvage
du Juif. — L’égalité ne lui sufllt plus; il domine, et veut des égards
exceptionnels. — Exemple curieux et inoutl — Autre exemple ;
Insolence d’Israël contre l’Empereur lui-même, qu’un instant avant
il appelait son ange, et pourquoi. — Autre exemple : les chrétiens
menacés jusque dans le for do leurs solennités antiques. — Le
même droit lui permettrait de demander la clôture des églises, et la
suppression du nom chrétien. — Ce qu’est le Juif, et ce qu’il était
hier; progrès immense, mot doM. Cré^mieux. — Devoir de l’Israélite
de tourner contre l’Eglise l’étude même de la théologie, et de la
TABLE DE^ MATIÈRES. 563
mettre d'accord avec la philosophie judaïque, qui Mt celle du dix-
huitième siècle. — Homme ou iilée, le -Messie judaïque est pryhe,
il faut que les peuples tombent ses pieds. — <i Jérusalem ville do
l'avenir. » — Le rationaliste Kluber sur le Juif, dans son livre I<u
droit de la Confédéral ion qermunique. — Les théologiens lie l'Alle-
magne sur le Juif. — Résumé du cliapitre, et conclusion.» 3tu à 333
CHAPITRE DIXIEME.
rilFIIIÉIIE DIVISION. — ÀCTI01 DO n'IF SVn L\ aaRCHE DE> CHOSES, OaCSMSSTION
DU JUDAtsHE DSN8 LE MONDE, SES EFFETS.
Le mol du concile ou synode judaïque de 4869. — La constitution
naturelle du Judaïsme. — Le que peut, veut et ose le Juif, —
tirâce aux sociétés secrétes lorrnees à son image, et dont il est l'âme,
chacun des siens est une maille vivante (le l'immense réseau qui
enserre le monde. -- R6le des allidés de leur commerce qui em-
brasse le Kiobe. — Cette organisation née d'elle-mèine. — Néces-
sité d y suppléer plus lard par des as-socialions artilicielles. — So-
ciétO demi-pateiite, l'Alliance itruélile universelle oUre aux Juils un
lien qui les unit en tous lieux; socidtd occulte, la franc-maconnerie
joue parallèlement le m6me rôle. — Rien n'échappe, dans le monde
social, à ce multiple réseau dont les hauts cabalistes du Judaïsme
sont les maîtres. — iXoyau peu nombreux des vrais inities. — La
constitution judaïque de la iranc-matonnone place en majorité dans
ses hauts conseils des Juifs initiés et initiateurs. — Ces sociétés
n’ont d'autre but que le Irioniplie des idées judaïques, qui sont les
idées modernes. — Dehors séduisants de ces I>ociet68. — - Trahisons
et indiscrétions qui démasquent le Juif. — Le Juif et les loges. —
Loges judaïques; cest lâ que se réunissent tous les lils de tous les
événements révolutionnaires qui couvent dans les loges chrétiennes.
— Instruclions. — Aveux piwieux. — Même action judalco-ma-
çonnique dans le nouveau monde. — Le miislere maçonnique est
indispéiisable à la Synajîopue au sein même des républiques les plus
libres. — Mot de kluber. — Antagonisme inévitable entre le
judaïsme et les Etats chrétiens. — Le tnoniplie du Juif sur la civi-
lisation clirélieniic est l'inévitable résultat do cette lutte. 333 A 349
DEUXlèHE DIVISION. — MOÏEN3 d’i NFLl'ENCE , AEXILIAIKES : L’oR.
L’or est le maître du monde; l'or nous possède, et le Juif pos-
sède l or. — Enormité de la puissance que le Juil doit è son or,
à son génie pour le faire suer. — Jamais auUint que de nos jours
l'or ne fut le nerf de la guerre et de la paix, le désiré des familles ,
l'assaisonnement de tout honneur, le couronnement de toute ploire
et de toute nobles^. — Le.s hommes d’Etat de l Europo à penoux
devant le Juif. — Rien sans l'aveu du Juif; comment il trône sous
les especes ou apparences de rois chrétiens. — Par l’or, il Rouverne
les sociétés occultes, qui gouvernent le monde. — Puissance sans
limites de la finance dans un monde où toute croyance religieuse
s'éteint, conspuée par le Juif etpar sesauxiliaires. — Un seul remède
à ce mal immense. — Ces fans, cette puissance nous étonnent;
étonnement qu'en éprouve l'un des premiers rninisires de la lirande-
Bretagne, et son mot qu'il y aurait folie à oublier. — Note linale sur
l’un des potentats du Judaïsme 349 à 357
36.
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564
TABLE DES MATIÈRES.
TROISlèlIE DITIglON. ' — L\ PUOLE PDBLIQUE ET EiCEEICNÀNTE , LE PBEE8E.
Autre puissance dont le Juif se fait un auxiliaire; ses représentants
honorables, et non. — Services que le Juif avoue lui devoir. — Elle
n’a pas encore achevé de judaïser le monde, mais patiencel — Les
diverse» catégories des hommes de la presse. — Despotisme sans
bornes du maître d’un journal. — Dans nombre de journaux, quel
est ce despote? — Mystère 1 — Caractères de sa position. — Son
mérite est la sûreté de sa main dans le choix de ses intendants ou
de ses ouvriers littéraires. — Places où foisonnent ces gens de
haute et de basse paye. — Semblable à toute propriété, tout journal
change sans cesse de maîtres, de locataires, et par conséquent d’es-
prit. — Le Juif achète, exploite ou fait exploiter la pluprt des
feuilles importantes. — Leur influence sur l'opinion , sur tes idées
religieuses, sur les entreprises commerciales, industrielles, poli-
tiqu^ ; le Juif, par elles, trompe et entraîne gouvernements et gou-
vernés. — Malgré le grand nombre des écrivains honnélesj la
Presse est, de sa nature, essentiellement vénale; nul n'est plus in-
^resséque le Juif à l'acheter, et nul n’a plus d'or pour la payer. —
Mais la presse a-t^clIe une valeur sérieuse? — Exemple aussi
éclatant que piquant. — Un gouvernement et un grand journal,
organe de la féodalité linanciere. — tjuelle que ^it la puissance
des journaux, le Juif presque partout en est ou en devient le maître,
mats sans apparaître. — Plus qu'un autre pays, l'Allemagne nous
montre cette puissance du Juil. — Les événements de T'Jiurt)po
dépendent d'une dizaine d'hommes, Juifs ou auxiliaires du Juil. —
Mot effrayant et prodigieux de l’ex-premier ministre de la Urande-
Bretagne' de sang judaïque, Disraeli. — Ce mot et celui de M. le
prince de Metternich confirment nos pages. — Appendice. — Pro-
digieuse dépravation du cleigé autrichien, naguère; elle fut l’œu-
vre du jansénisme et du Juil. — Prodigieuse dépravation des sen-
timents de l'honneur et du patriotisme, et par qui. . . 357 à 388
QDATEIÈHE DITISIOS. — SOPÉElOHITé INTELLECTUELLE DU JUIF SUE LE CUEÉTIEN;
UN MOT SUE LA BCPèBIOBITé MOBALE.
Le Juif, armé de ses moyens d’influence, est aujourd'hui l’homme qui
prime et qui dirige; une lorce irrésistible, et qu'il ajoute aux lorces
que déjà nous lui connaissons, est l'incomparable supériorité de
son intelligence : — Exception. — llulture acharnée de celte supé-
riorité; pourquoi et comment elle s’allirmo dans toutes les carrières.
— Elle est la preuve de son impérissable vitalité. — Lette supério-
rité de nature éclate jusque dans le sein des classes inümes ; des-
cription pittoresque. — Le Juif, si prompt û grandir, n'est cepen-
dant point un parvenu; il est un gentilhomme déchu qui rentre dans
ses droits de noblesse. — Autre peinture, complaisante et vraie,
des étonnantes supériorités du Juif, par le premier ministre de la
Grande-Bretagne, M. Disraeli. — Comment cette supériorité pré-
pare au Juif t'empire du monde, qu’il convoite, et que déjà il exerce
en partie. — La supériorité intellectuelle du Juif sur le cnrétien est-
elle accompagnée de la supériorité morale? 388 à 393
CINQUltME DIVISION. — SCPÉBIORITÉ PHYSIQUE IIP ICIF, SA CONIITITDTION.
Sa constitution tout exceptionnelle et privilégiée ; immunité d’infir-
mités et de maladies qui frappent toute autre famille humaine. —
TABLE DES MATIÈRES. 565
ConBëquence : le Juif, le peuple de la dispersion, est le seul peuple
vraiment cosmopolite, c'èst-à-dire dont chaque individu peut ha-
biter impunément tout lieu qnelconque de la terre. — Lausi'S de ce
priviliige insipne, d'après certains cxplicaleurs imperturbables. —
Second privilëgo; le Juif n’a jamais cultiviS les arts qui fortifient le
corps; ses membres sont généralement grêles et laiblcs; et pour-
lant ses forces vitales, sa Tongévilé, reinportent sur celles des au-
tres peuples. — Exemples, slalistiqucs, autoriies diverses. — Mais,
ouire le phénomène de celte railleuse vilahlé qui se produit en sens
inverse 06 la vigueur des corps, et celui de ses immunilês, un nou-
veau phénomène si|;nale cet unique cosmopolite. — (Jucl est-il ï
Une fécondité subue, que la science ne peut expliquer, et qui
rappelle celle d’Israël en ERypie à l’époque des miracles de l’Exodc.
— • Exemples. — Uette conslilulion qui a fait du Juif errant et dis-
persé l'homme le plus indestriiclible, le plus tenace missionnaire du
mal, l'apôtre universel de l’occultisine , le prédispose-t-elle ou non
à être le plus universel, le plus jenacc et le mieux douti des mis-
sionnaires de l'EvangileT..... — Tableaux statisliqnes de l eiement
judaïque rëpandu clans le monde, et rt’sumé des supériorilés de ce
Miiplo; ce qu'il pourrait oser et faire dans unnnoment donne. —
Exemple au chapitre suivant. ........... 39i à 4<i
CHAPITRE ONZIÈME.
UNF, ropcLiTion jciTt: nn uovdn ack au pi.kix «ilict du Dix-sr.uvitaf. Slùctt.
üx MOT POOR POSER LA Q0E8TI0X. — Le flot judalque, avons-nous dit,
peut, uji certain jour, couvrir un point de l'Europe et se l'appro-
prier. — Qui seraient ces Juifs? Des Juifs dii moyen âge, et les voici.
— Leurs prétentions subites, soutenues de tous leurs compalrioles
du dehors et d'une partie des puissances de l'Europe, — Comment
et pourquoi. — La Koumanie, tnëâtre de leur invasion. — Lutte, des
Roumains, pareille li celle des chrétiens contre le Juif au moyen Hge.
— Hjiaction contre le Juif.. ' 4Û â An
Les PEnsÉct'Tioxs , détails. — Récits et dole'anccs du Juif. — Cris
do diHresse, appel à rinlervention des Juifs du dehors et des puis-
sances. — Razzias de Juife, emprisonnemenls, expulsions brutales.
— Scènes désolantes. — (Juolques mois de répit, et la fureur des
populations se rallume; pifiaRe, violences, synagogues renversées,
sijvices affreux 417 à 480
iNSTICATEraS ou AUTEOBS DE CES PEB8ÉC0T10NS ; ACCUSATIOXS HARDIES
DU Juif. — Déni rie justice du prince, élu de M. de Bismark. —
Son ministre touUpuissan t est BraUano ; ce chef des démocralcs est
le firand persécuteur. — Enormités qu’il commet , ses dénégations
etlronlées; il cherche à donner le chanRe à l’Europe. — En un
mot, le grand coupable, au sens du Juif, c’est, comme au moyen
âge, le prince qui ose protéger conire lui ses sujets. . 4?U à Itt
A oüi LES TORTS? — L’enquête dénote que les provocateurs des excès
commis, ce sont les Juifs. — Les Juifs d’Occident, après s’être faits
les éebos du Juif roumain, avouent ne savoir concilier les déposi-
tions. — Le Juif se pose contre la liberté de la presse et de la tri-
bune, dont il est Tardent champion dans les Etats chrétiens où son
influence domine. — Si le gouvernement se déclare contre le Juif,
il se borne à céder à la pression do la volonté nationale. — Cette
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566
TABLE l>ES MATIÈRES.
nation roumaine osl-cllc barbare? — La Roumanie a toujours ëu?
le refuge des persécutés; .“on peuple est, üaprOs I aveu môme des
Juil-i. un modèle de tolérance' religieuse, de bonlt^, d'Iiostalalité.
Paroles de MM. Oomieux cl Montetiure. — Si le Koumaiii n’a pa.s
changé de mœurs en un clin d'tfil, et sans motifs, le tort serait
donc, comme au moyen ilge, dans les eiactions et les iniquités du
Juif? — Mot do M. do Metlernicli sur l'Allemagne, applicable peut-
être demain à ce i»ys. — C.e qui s'y passe est-il pour l'Kurope, qui
a méconnu les vérités de sa vieille histoire, un avertigsoment pro-
videntiel? iitjl a tiX
To.n uiirrATOM.tL pc Juif s'AUBEyAXT auxsouvkbains. — Les Roumains
rAluits à ruser contre le Juif, et contre les puissances dtrangi'ros
réduites à intervenir en laveur du juil. — De quelle encre les citot'ons
delà nation juive, dignes émules des ntoyens du peuple-roi, Pri-
vent aux potentats. — Exemple insigne et patience deâ princee. —
^ Juif, a devant les atrocité.s » qui commettent, se lainente « de
riiypocrisio qui régne en liant et en bas. ........ 488 i
I.NrEBVENTlOM DKS PUISSANCK8 DA>'S l'iXTÉRÉT DU Julf, ET MALGBÉ LE
PRINCIPE ANTICIIBÉTIEN DK LA WON-INTEEVKNTIOX ADOPTÉ PAS l'Ei:-
rope libérale. — Le Juif oflirme que cette hypocrisie des Rou-
iiLiiiLs a pour cause la tTuiiite des nuisyttiices, gu il suiiitüe d'inter-
tenir. — Insistance du chef de r,d//ianc« israétile universelle auprès
des gouvernements. — IsNemples reniarnuables, condescendance et
eiiipressomcnt de ceux-ci. — Lettre do M. de Bismark. iZi à 437
Immense impopularité du Juif. — Les Juifs traités par la nation
comme la lèpre et les immondices de la terre. — Le pays qui leur
est livré , et qu'ils rouvrent, revêt un air sinistre. — is y déclarer
pour les Juifs, c'est renonr.er à toute inlluence Î37 à
La cacse PE l’immense impopclarité du Juif et ces persécutions
Oe'lL SUBIT, ESr la même qu’au moyen AGE. — Son ATTENTE ET SES
espérances PE domination sont les mêmes. — Le concert de md-
pris et de fureurs qui poursuit le Juif ne reste invariable que parce
que le Juif n’a point varie. — Documents accahlanls, cl Manifeste
admiralde d'hommes d Etat du pays contre le Juif. — Dans ce lam-
beau d'hisloirc actuelle, on relroiivc tout vivant le Juif des siècles
anciens. — Terreurs qu'il inspire par .ses mœurs insociables, par
l incessam, l'cITrayant accroissement de son nombre. — Action ca-
lamiteuse sur les forces vitales du pays : usure effrenee, monopole ,
falsification des denrees alimentaires. — Iais Juifs sont diametrale-
niont opposes en toutes choses aux autres hommes; leur tendance
est de s'élever sur les ruines d’autrui. — Ils espèrent se reformer
en nation distincte, puis dominante. — Ils essayent d'eriger dans
la Kouinanie cet Etat judaïque qui serait la première réaliwition de
leurs vœux... — Projet de loi formulé pour repousser le danger
social qu'expose ce document authentique. — Cris des Juifs; l'Euroiie
s'eineiiî. — ■ Lettre de iM. de Uismark rassurant ces Juifs contre les
iiitentioRs des hommes d'Etat roumains. — Conclusion, ii? à 459
CHAPITRE DOUZIÈME.
PRSHIÉRC nITISION. — LE MESSIE UDAÏQIE.
Le Juif orthodoxe ne cesse d’espdrer une révolution universelle qui
relèvera, par son Messie, au-dessus de tous les peuples. — Israël
567
TABLE DES MATIÈRES.
a-t-il ou non conservé sa foi naïve cl robuste aii Mç;^ie? Oui, mais
le Juif, depuis quelques annto, n’est plus, ici et là-bas, somblablo à
lui-mèmo. — Le rabbin l.aïuird énonce que le rétablissement de Jéru-
salem n'est que chose idéale, qui ne nuit pas, en cunséguence , â
leur palriolisme national. — Les rélonnateurs allemands tiennent le
même langage , parce que parler de ce rélablii^enient serait un
ob.'lade à leur émancipation. — Les Juife anglais sont plus francs,
et l'immense majorité des Juifs croit au Messie, mais déleiise est
laite d'en lixer la date. — Le .Mesrsio des lalmudisants reste le pivut
de la foi judaigue. — Y Rmg sur le Aless-ie, clief-
tl'œuvre de clarté. — L’uniticalion des peuples ftoit s'opérer, alin
quTsrael puis-ic être, au-dessus d'eux tous, le peuple-l’ape. — Le
loast unuerael. — l-a patrie do cœur et üetinilivc de tout Jiiil, c'est
donc encore la Judoo. — Cependant le Me.'isie no sera pas ito nature
divine. — 11 rebâtira Jérusalem et y ramènera les Juils délivrés. —
Le Juif talmudique se nourrit de l’espoir de la conquête et de la
spoliation des peuples qui lui donnent droit de cite. — Preuve ,
anecdotes. — Pour le Juif progressiste, le Messie est l'ép0(|uc philo-
sophique actuelle, qui renverse Lgli.se et Talmud; pour le Juif or-
tliodoae, celle C|>oque est une des étapes qui préparent le Mcssio
réel. — tirolesqiies superstitions. — ramilles messianiques , des-
criptions. ....... 4bo a
DECXIEMB DIVISION. — LE UEcSIE JUDAllIl'i:, EDITE, liÉNLlTÉE ET CONJECTURES.
L’attente d’un Messie, futur dominateur des peuples, est l'atlenle » du
noyau indestructible de la nalion ». — Malgré les opinions dissi-
dentes des rêlormiste.-î, un é\cnenienl les rallierait aux croyants. —
Si quelque séducteur se donnait [Kiur le messie, les Juils pcncho-
raicnt-its de son cdto ou du cÆtc des Etats qui les ont faits citoyensT
— ■ KapporLs éviclenls entre le iMcssie q
ue le Juit attend . et 1 liomme
que le Chrétien désigne sous lo nom 0
l'Antechrisl. — Tout sc pré-
pare pour la grande unité cosmopolite dont cet homme doit être
rexpression. -— Lorsque s'achèvera l'œuvre de déchristianiser le
monde, le monde ne pourra-t-il accepter pour maître un lascina-
leur de race judaïque — Exemples de doniinateurs repoussés, puis
unanimenieiit acreptêa. — Exeiiiples d'Iiuimiivs luut a cuup surtis
du néant pour s'élever au pinacle en temps de tourmente. —
Uu train de vapeur dont vont les idées et les choses, comment
8 étonner que surgisse du sein de Juda celui qui réalisera les idées
de wuveriiincté cosmopolite dont les Juils ^nt les apôtres V —
tjucique Morse ne se mettra-t-il |>as a la tête de quelque lonnidable
exode? — Les Juifs ne peuvent-ils au moins se faire les seconds,
et l’appoint, des forces de quelque conquérant? — Exemples des
ressources ou Israël sait accumuler .sur un même point; possibi-
lités. facilites. — Loup d'œil jeté des hauteurs de ITiistoire sur
l'avenir tVi à 60a
C11AP1TJU-; APPENDICE.
LES DEUX CABALES OU LA SCIENCE DES TR.ADITIONS.
rREMIÉBE DIVISION. — LS CABALE DIVINE.
Cabale, ou traditions orales do la Ss iiagogue antiiricures aux livres bi-
bliques. — Les deux branches de cette cabale d'ordre divin. — La
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568
TABLK DKS MATIKRES.
cabale est confiée à un corps spécial do docteurs. — Corruption de
la cabale, devenue un réceptacle de superstitions magiques et de
goctie 509 à 51 4
DEUXIÈME DIVISION. — lA CABVLE MAGIQUE OU DE GAUCHE, C’EST-A-DIRE LA
CABILE PBARISAÏQUE.
Elle est le dogme do la magie, la clef des sociétés secrètes ou de
l’occultisme. — Puissance souveraine qu’elle donne aux hommes
3ui la possèdent. — Les Juifs, nos maîtres en magie, en furent les
épositaires les plus fidèles. — Ses origines. — Elle est o enfantée
par le besoin d’indépendance », c’est-à-dire do révolte. — Elle
donne la connaissance des esprits de ce monde , et gouverne tout
être parla vertu des lettres, des mots et des nombres. — Le monde
est formé sur le plan mystique de l’alphabet. — La cabale est la
clef du monde invisible, le secret du spiritisme antique. — Le ca-
baliste doit s'unir corps et àmc aux Anges qui exercent leur influence
sur les astres ; et c’est par leur nom qu’on les maîtrise. — Cette
magie sidérale est celle des mathématiciens do Rome, c’est-à-dire
(les Chaldéens ou astrologues, qui, après avoir été les oracles du
monde payen, furent presque à toutes les époques des oracles
dans le monde chrétien 5U à 525
TROISIÈME DIVISION. — LA CABALE MAGIQUE.
Toutes les religions dogmatiques, nous dit un savant cabalisle, sont
issues do la cabale. — « Toutes les associations maçonniques lui
doivent leurs secrets et leurs symboles. » — Ces traditions sont ja-
lousement conservées par le sacerdoce ; et, d’après lui, les Clavicules
(le Salomon sont le rituel , disons le grimoire , d’un Pape. — Les
princiitaux réceptacles do la cabale judaïque sont le Zohar et le
Talmiid. — Elle se retrouve chez tous les peuples, dans tout ce qui
est mystère, cl celte doctrine mystique descend des Chaldéens issus
de Cham. — Abraham est dit magicien cabaliste, parce qu’il était
Chaldécn. — Magie et goétie inséparables de la cabale. — Les Juifs,
qui sont les plus fidèles dépositaires des secrets de la cabale, sont
en magie les grands maîtres du moyen âge. — Représentant l’esprit
de ténèbres, ou de l’occultisme, ils étaient les missionnaires et les
grands maitres do l’occultisme. — Les traditions cabalistiques glis-
sent leur venin dans les diverses branches des connaissances hu-
maines en raison do la part qu’y prennent les Juifs. — Exemple ;
la mcyccinc exercée par les Juifs; elle est entachée de magie. — Ils
mêlent la médecine a l’astrolo^e. — Les conciles et les Pères de
l'Eglise contre ces pratiques. — Pourachever de pervertir la science
sociale, les cabalisles, dont les princes sont des Juifs, font pénétrer
la doctrine cabalistique chez les templiers, que les maçons se don-
nent pour ancêtres. — Leur but. — Révélations de leurs succes-
seurs 5Ï5 à 544
Note très -importante. — Origine , calnite ou chamite de la ca-
bale. — Autres notes imporlantos 545 à 554
PIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.
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édition, enlièirmenl reionduc et fort an«)inenléo. — H. Plon. 1 vol. in*8*. 6 fr.
Ces ouvrages, souvent cités dans le PffrUctinmti ihtùlogie^ da R. P. Petrone.
volume de IK66. portent en léie des lettres importantes.
Bieu'el le» dieux, on un Voyageur rlirétieo devant les objets des cnlles
aneiens. les traditions et la Fable; par’ le cbevalicr Govgixot des Moenevn.
(Édition nomenlanémenl épuisée.)
Les onrrages do Chevalier Goickmit des XIorssEXL'X élrangers i la magie ne te
trouvent point cbci M. Plon, qui néanmoins les prornre.
BIfitoIre de Xleole de Xerviu», d’après les hiitoriens contemporains et les
témoins ocolaires. on le Triomphe dn Saiot Sacrement sur le Démon, à Laon,
CO LVUi; accompagnée do deox brefs des Sonrerains Pontifes S. Pie V et Gré-
goire XIII , rrUlirs k la publication de ce miracle . et précédée d'nue Lettre de
U. le Chevalier GoitD(X'OT ors Mocssevcx ; par M. l'abbé Roger, dirrrlcur au petit
séminaire de Notre-Dame de Liesse. 1 vol. in-8*. omé do /tu-fimiU d’nnr
grande gravure du temps. Prix . . 6 fr.
HlAloIrr du P^ron rt de »utole Roue de Lima (sainle Rose de
Uarie), par XI. lo vicomte Tu. dk BissiEnax. 1 vol. in-S**. Prix 6 fr.
tf'Unde» nnr le» po»»e««Mion» en gémirai, et sur celle de l.oodon co
particulier, par l'abbé I.KRlnni. prêtre du diocèse de Poitiers, précédées d'one
Icllrr adressée h l'auteur par le T. II. P. Ventnra de Raulica, ancien général
de l’Ordre des Tbéatins. examtuateor des évêques et do clergé romain. I joli
volume in-18 raisin. Prix tî fr.
De riuMpirnlion dr» C'amisvard», recherches oonvellcs sur les phéno-
mènes eitraordinaires observt» parmi les protestants des Cévennrs A la fin do
diX'Septièroe siècle, pour servir A l’intelligence de certaines uianifcstalions mo-
dernes. par Uippolyte Bi.vm.^I joli vol. in-18 raisin. Prix fr.
Prnisér» nnr la Rrllgiou, suivies de l’opusrule iniilnlé Jégn-Chriu , par
i. Teoua^v. conseiller 'honoraire A ta cour impéq^e de Paris, etc. S* édition,
corrigée, augmentée. I vol. iit-8«, chef Plon. 1865. . 6 fr.
Mcllonvinlrr lufrmal, répertoire universel des Aires, des persponages. des
livres, des faits et des choses qni tiennent ans esprits aux déaofi.s, aux sor-
ciers. au rommerre dr fenfer, aux divinations, aux maléfices. 1 la cabale rl
aux autres sciences orroltes. aox prodiges, aux imposlnres. aox inperstiliüns
diverses et aox prtmosltrs , aux faits arinels dn spiritisme . cl générairraeni 4
tontes les fausses croyancesjroerveilleuses , surprenantes. mysiérirnBcs et suma-
tttrvlles, par J. CoLtix de Puncv. C* édition , aagmenlée de plus de 700 articles
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PASflüili CARRiTU'
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